J.M. Weston

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J.M. Weston

Description de l'image  JMWeston.png.
Création 1891
Fondateurs Édouard Blanchard
Forme juridique S.A.S
Siège social Drapeau de France Limoges (France)
Direction Descours
Actionnaires EPI
Activité Chaussures & Maroquinerie
Produits Chaussures pour hommes
Société mère EPI (holding)
Effectif 220 au siège
Site web http://www.jmweston.com/

J. M. Weston, appelée communément Weston et qui malgré la consonance anglo-saxonne de cette marque est une entreprise de chaussure de luxe française, est fondée en 1891 à Limoges par Édouard Blanchard, bottier. Elle est connue entre autres pour ses mocassins destinés aux hommes et présente la particularité de vendre ses chaussures avec un choix de 3 à 7 largeurs de pieds, en plus des demi-pointures.

Historique[modifier | modifier le code]

Le fils du fondateur Édouard Blanchard, Eugène, se rend aux États-Unis en 1904, plus particulièrement à Weston dans le Massachusetts, pour apprendre les dernières techniques de production. Il y reste trois ans. Il importe la technique du cousu Goodyear qui permet de monter et ressemeler les chaussures, et de les rendre plus résistantes. C'est lui également qui, en 1919, à la mort de son père Édouard, décide de limiter la production de 600 à 80 paires quotidiennes[1].

En 1922, Eugène Blanchard s'associe avec M. Viard[2], dandy parisien rencontré sur les champs de courses. Ensemble ils déposent la marque J.M. Weston, communément appelée Weston de nos jours, et ouvrent une première boutique parisienne au 98 boulevard de Courcelles[3], puis en 1932 sur les Champs-Élysées. Si le nom Weston rappelle la ville américaine, on ignore la raison du J.M[4].

En 1960, la mode du mocassin permet au modèle « 180 » créé vers 1946, appelé « Mohican » mais aussi plus communément Janson-de-Sailly, de devenir un incontournable de la marque J.M. Weston[1].

L'entreprise est acquise en 1974 par Jean-Louis Descours, puis entre sous le giron du holding familial EPI en 1976[5].

L'entreprise achète en 1981 la tannerie végétale Bastin & Fils (située à une vingtaine de kilomètres de Limoges), fondée en 1860[6], dont la cheminée datant de la révolution industrielle est classée aux Monuments historiques. Cette tannerie fournit les peausseries, pour les semelles uniquement, depuis les débuts d'Édouard Blanchard[4], et traite environ 130 tonnes de peau de vache par an venant d'Allemagne et d'Autriche[7]. La peausserie déjà colorée pour le dessus de la chaussure vient de la tannerie française du Puy-en-Velay[8].

De nos jours[modifier | modifier le code]

L'entreprise est présidée par Christopher Descours : « Aujourd’hui, ce sont les valeurs d’artisanat, de pérennité, de qualité et de transmission des savoir-faire français que le groupe EPI s’emploie à perpétuer dans chacune de ses autres acquisitions, toutes héritées de l’esprit particulier de cette marque de souliers. »[9] À part la coupe du cuir réalisée au laser, la fabrication est entièrement manuelle et nécessite de 150 à 200 étapes[1].

Depuis 2001, Michel Perry en est le directeur artistique[9].

2006 est l'année de la première collection de maroquinerie et bagagerie. Suivra une petite collection, marginale, pour femmes[8]. La gamme de maroquinerie sera largement étendue durant la fin de l'année 2012[10].

En 2008, bien que la manufacture ait été déplacée en 1991, l'entreprise est toujours installée à Limoges[11] où elle produit environ 100 000 paires[1] de chaussures pour un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros[4], avec 220 employés dont 190 ouvriers[8].

Les 1 800 paires de bottes que la société fournit annuellement à la gendarmerie (dont la Garde républicaine[12] et les motards de la Gendarmerie mobile) et à la police nationale[4] représentent environ 5% de la production. La marque est également connue pour chausser les hommes d'État français comme Laurent Fabius ou François Fillon, ainsi que les présidents de la République français Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy[1].

En décembre 2010, J. M. Weston obtient la fermeture d'une usine de contrefaçon[13] située à Canton en Chine.

La marque dispose d'un quinzaine de points de vente en France, dont les Grands Magasins parisiens, et 25 à l'international.

Groupe EPI[modifier | modifier le code]

L'entreprise fait partie depuis 1974 du groupe familial EPI (Société européenne de participations industrielles), fondé par Christopher Descours, qui détient également les enseignes de vêtements pour enfants Bonpoint et de chemises Alain Figaret[4]. La holding EPI possède aussi les marques François Pinet, Michel Perry et le Château La Verrerie (AOC Côtes du Luberon)[14]. Michel Perry est par ailleurs Directeur artistique des chausseurs J. M. Weston et Michel Perry.

Le Groupe EPI est propriétaire des marques de Champagne Piper-Heidsieck, rachetées en mai 2011 au Groupe Remy Cointreau.

Le groupe EPI n'est pas coté en bourse et refuse de dévoiler tout chiffre d'affaires.

Collaborations annexes[modifier | modifier le code]

La marque collabore de temps en temps avec d'autres afin de commercialiser des produits différents de la gamme habituelle ; on peut noter plus particulièrement ses participations avec Kitsuné[15], Joséphine de La Baume pour le modèle Derby 463, ou avec la boutique colette.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bertrand Fraysse, « Le mythe Weston : Marche à suivre », Challenges, no 282,‎ 5 janvier 2012, p. 80 à 82 (ISSN 0751-4417, lire en ligne)
  2. Onglet Histoire sur le site officiel de la marque
  3. Chronologie en 12 dates sur Les Échos.fr, Groupe Les Échos
  4. a, b, c, d et e Le Monde, "J.M Weston, qui chausse présidents et gendarmes, refuse de quitter Limoges pour préserver sa qualité" de Nicole Vulser, 5 mai 2009.
  5. « Les Descours filent vers le luxe » sur journaldunet.com.
  6. « La tannerie Weston » sur L'Expansion, 1er septembre 2006.
  7. Provenance d'Allemagne ou d'Autriche justifiée par le fait que le cuir est plus épais que celui disponible en France.
  8. a, b et c Agathe Azzis, « Dans les ateliers de J. M. Weston » sur journaldunet.com
  9. a et b Frédéric Martin-Bernard, « J.M. Weston, l'art d'être constant et moderne » sur Madame Figaro, 8 novembre 2011.
  10. Thiébault Dromard, « Ces grands chausseurs qui s'entourent de luxe », Challenges, no 306,‎ 21 juin 2012, p. 34 (ISSN 0751-4417) De la chaussure à la maroquinerie, il n'y a qu'un pas que vient de franchir la marque Weston.
  11. Frédéric Martin-Bernard, « un mocassin cousu main » Madame Figaro, 23 août 2007.
  12. Frédéric Martin-Bernard, « Le luxe aux pieds de la garde républicaine », Style, sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 19 octobre 2012 (consulté le 20 octobre 2012)
  13. « Weston gagne la bataille de la contrefaçon » sur Europe1.fr, 26 janvier 2011.
  14. Newzy, Le charme discret d'EPI, mai 2010.
  15. Richard Bridgman, « J.M. Weston x Kitsuné 2011 » Matérialiste-Paris, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]