Jean Moulin

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Jean Moulin

Description de l'image  Resistance.jpg.
Alias
Romanin (nom d'artiste)
Joseph Jean Mercier
Rex
Max
M. X
Alix
EX. 20
Régis
Richelieu
Joseph Marchand
Jacques Martel[1]
Naissance 20 juin 1899
Béziers, Hérault (France)
Décès 8 juillet 1943 (à 44 ans)
en Lorraine aux alentours de Metz (France)
Nationalité France Français
Profession Préfet
Dessinateur
Activité principale Commissaire du CNF
Membre du Comité national français
Délégué du général de Gaulle en France
Membre Chef emblématique du CNR
Distinctions
Ascendants
Antoine-Émile Moulin (père)
Blanche Élisabeth Pègue (mère)
Famille
Laure Moulin[2] (1892-1975) (sœur)

Compléments

Ses cendres ont été transférées au Panthéon.

Les Clayes-sous-Bois (Yvelines) - Monument Jean Moulin.

Jean Moulin, né le 20 juin 1899 à Béziers (Hérault) et mort le 8 juillet 1943 à Metz (Moselle), est un haut fonctionnaire (préfet de l'Eure-et-Loir) et résistant français.

En septembre 1941, il rejoint la France libre à Londres en passant par l’Espagne et le Portugal. Il est reçu par Charles de Gaulle à qui il fait un compte rendu de l’état de la Résistance en France et de ses besoins, notamment financiers et en armement.

À l'issue de quelques entretiens, il est envoyé à Lyon par Charles de Gaulle pour unifier les mouvements de la Résistance. Il est arrêté à Caluire, dans la banlieue de Lyon, le 21 juin 1943 et conduit au siège de la Gestapo. Il meurt dans le train qui le transporte en Allemagne peu avant le passage de la frontière, le 8 juillet 1943. Son décès est enregistré en gare de Metz.

Il dirigea le Conseil national de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Il est souvent considéré comme l'un des principaux héros de la Résistance. Il est nommé général de brigade à titre posthume lors de la Libération, puis général de division en novembre 1946[3].

Un cénotaphe lui est dédié au Panthéon où se trouvent les tombeaux des grands hommes de la République française. Son corps n'a jamais été identifié avec certitude, et l'urne transférée au Panthéon ne contient que les « cendres présumées de Jean Moulin ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la guerre[modifier | modifier le code]

Acte de naissance de Jean Moulin le 20 juin 1899 à Béziers (Hérault).

Jean Pierre Moulin naît le 20 juin 1899 au 6 rue d'Alsace à Béziers (Hérault)[4], fils d'Antoine-Émile Moulin, professeur d’histoire-géographie dans cette ville, et de Blanche Élisabeth Pègue. Antoine-Émile Moulin est un ensignant laïque à l’Université populaire, et franc-maçon à la loge Action sociale[5]. Il est baptisé le 6 août 1899 par le père Guigues en l'église Saint-Vincent de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône)[6], village d'origine de ses parents : son parrain est son frère Joseph Moulin et sa marraine est sa cousine Jeanne Sabatier[7]. Il passe une enfance paisible en compagnie de sa sœur Laure et de son frère Joseph, et s'adonne à sa passion pour le dessin, où il excelle, au point de pouvoir vendre dessins, aquarelles ou caricatures à des journaux. Au lycée Henri IV de Béziers, il est un élève moyen.

Plus tard, et dans la lignée de son père, élu conseiller général de l'Hérault en 1913 sous la bannière radicale-socialiste, Jean Moulin se forge de profondes convictions républicaines, suivant avec assiduité la vie politique nationale.

En 1917, il s'inscrit à la faculté de droit de Montpellier, et grâce à l'entregent de son père, il est nommé attaché au cabinet du préfet de l'Hérault sous la présidence de Raymond Poincaré.

Mobilisé le 17 avril 1918, Jean Moulin est affecté au 2e régiment du génie (basé à Metz après la victoire)[8]. Après une formation accélérée, il arrive dans les Vosges à Charmes le 20 septembre et s'apprête à monter en ligne quand l'armistice est proclamé. Il est envoyé successivement en Seine-et-Oise, à Verdun, puis à Chalon-sur-Saône ; il est tour à tour menuisier, terrassier, téléphoniste au 7e régiment du génie et au 9e régiment du génie. Il est démobilisé début novembre 1919 et se présente tout de suite à la préfecture de Montpellier, où il reprend ses fonctions le 4 novembre 1919.

La qualité de son travail l'amène à être promu chef-adjoint de cabinet fin 1920. En 1921, il obtient sa licence en droit. Parallèlement, il devient vice-président de l'assemblée générale des étudiants de Montpellier (section locale de l'UNEF) et membre des Jeunesses laïques et républicaines.

Le 6 février 1922, il entre dans l'administration préfectorale en tant que chef de cabinet du préfet de la Savoie, à Chambéry, poste très important pour son âge, sous la présidence d'Alexandre Millerand. Au soir des élections législatives de mai 1924, il se réjouit de la victoire du cartel des gauches en Savoie comme dans tout le pays.

De 1925 à 1930, il est sous-préfet d'Albertville. Il est à l'époque le plus jeune sous-préfet de France, sous la présidence de Gaston Doumergue.

En septembre 1926, il se marie avec Marguerite Cerruti ; mais celle-ci s'ennuie dans la sous-préfecture et quitte Jean Moulin pour aller vivre à Paris ; il demande le divorce et l'obtient deux ans plus tard[9].

En 1930, il est promu sous-préfet de 2e classe à Châteaulin dans le Finistère. Il y fréquente des poètes locaux comme Saint-Pol-Roux à Camaret et le poète et peintre Max Jacob à Quimper. Il est reçu chez le sculpteur Giovanni Leonardi et commence à collectionner les tableaux.

Il est également illustrateur du morlaisien Tristan Corbière pour son recueil de poèmes Armor. Parallèlement, il publie des caricatures et des dessins humoristiques dans la revue Le Rire et dans Candide sous le pseudonyme de Romanin. Sa passion pour l'art et notamment l'art contemporain s'exprime aussi à travers son amitié pour Max Jacob et sa collection de tableaux où sont représentés Chirico, Dufy et Friesz[10].

En décembre 1932, Pierre Cot, homme politique radical-socialiste, le nomme chef adjoint de son cabinet aux Affaires étrangères sous la présidence de Paul Doumer.

En 1933, il est sous-préfet de Thonon-les-Bains et occupe parallèlement la fonction de chef de cabinet de Pierre Cot au ministère de l'Air sous la présidence d’Albert Lebrun. Il est promu sous-préfet de 1re classe, et le 19 janvier 1934, il est nommé sous-préfet de Montargis mais n'occupe pas cette fonction, préférant demeurer au cabinet de Pierre Cot. Au début avril, il est rattaché à la préfecture de la Seine, s'installe à Paris, puis, le 1er juillet 1934, il prend ses fonctions de secrétaire général de la préfecture de la Somme à Amiens.

En 1936, il est à nouveau nommé chef de cabinet de Pierre Cot au ministère de l'Air du Front populaire, et avec le ministre, conformément à la politique décidée par Léon Blum, aide clandestinement les républicains espagnols en leur envoyant des avions et des pilotes[11]. Il participe à cette époque à l'organisation de nombreux raids aériens civils comme la traversée de l'Atlantique Sud par Maryse Bastié, la course Istres - Damas - Le Bourget. À cette occasion, il doit remettre le chèque aux vainqueurs (équipage italien) parmi lesquels se trouve le propre fils de Benito Mussolini.

En janvier 1937, à l'âge de 38 ans, il est nommé préfet de l'Aveyron ; c'est à l’époque le plus jeune préfet de France. Ses actions en faveur de l'aviation lui permettent de passer cette même année du Génie à la réserve de l'Armée de l'air. Il est affecté à partir de février 1937 à la base de Marignane avec le grade de caporal-chef (mars 1937), puis en février 1938 au Bataillon de l'Air no 117 basé à Issy-les-Moulineaux. Il est nommé sergent de réserve le 10 décembre 1938[8].

La Résistance[modifier | modifier le code]

Monument Jean-Moulin à Chartres.

La révocation de sa fonction de préfet[modifier | modifier le code]

En janvier 1939, il est nommé préfet d'Eure-et-Loir à Chartres. Après la déclaration de guerre, il demande à plusieurs reprises à être dégagé de ses fonctions de préfet, persuadé, comme il l'écrit, que sa « place n'est point à l'arrière, à la tête d'un département essentiellement rural »[12]. Il se porte donc candidat à l'école des mitrailleurs en allant à l'encontre de la décision du ministère de l'Intérieur. Il passe sa visite médicale d'incorporation à l'école le 9 décembre 1939 sur la base 117 d'Issy-les-Moulineaux. Il est déclaré inapte le lendemain pour un problème de vue. Il force alors le destin en exigeant une contre-visite à Tours qui, cette fois, le déclare apte. Mais le ministère de l'Intérieur l’oblige dès le lendemain à reprendre immédiatement son poste de préfet, d'où il s'emploie, dans des conditions très difficiles, à assurer la sécurité de la population. Devant l'arrivée imminente des Allemands dans Chartres, Jean Moulin écrit à ses parents, le 15 juin 1940 : « Si les Allemands — ils sont capables de tout — me faisaient dire des choses contraires à l'honneur, vous savez déjà que cela n'est pas vrai »[13].

Il est arrêté le 17 juin 1940 par les Allemands parce qu'il refuse d'accuser une troupe de tirailleurs sénégalais de l'Armée française d'avoir commis de prétendues atrocités envers des civils à La Taye, un hameau près de Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes de bombardements allemands. Frappé à coups de poing et enfermé pour refus de complicité avec les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre. Il évite la mort de peu et conservera une cicatrice qu'il cachera sous un foulard sur des clichés pris après sa guérison, à la préfecture de Chartres[14].

En raison de ses idées républicaines marquées à gauche comme radical-socialiste, il est révoqué par le régime de Vichy du maréchal Pétain le 2 novembre 1940 et placé en disponibilité. Il se met alors à la rédaction de son journal, Premier combat, où il relate sa résistance contre les nazis à Chartres de manière sobre et extrêmement détaillée ; ce journal sera publié à la Libération et préfacé par le général de Gaulle.

Décidé à entrer dans la clandestinité, il quitte Chartres le 15 novembre 1940 et s'installe dans sa maison familiale de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) d'où, pressé par le besoin de « faire quelque chose », il s'impose deux buts : tout d’abord il veut se rendre compte de l’ampleur de la Résistance française et ensuite aller à Londres afin d’engager les pourparlers avec la France libre[15]. Il possède une fausse carte d'identité au nom de Joseph Mercier, professeur de droit. Il s'installe à Marseille, à l’Hôtel Moderne et rencontre, dans plusieurs villes du Midi, des résistants parmi lesquels Henri Frenay, le chef du mouvement de Libération nationale, ainsi qu'Antoinette Sachs qui lui facilite les contacts[16].

L'unification des mouvements de résistance[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative de la création des Mouvements unis de la Résistance, à Miribel, début 1943.

Après avoir réussi à obtenir un visa et un faux passeport, le 9 septembre 1941, il rejoint Londres en passant par l’Espagne et le Portugal, par ses propres moyens, sous le nom de Joseph Jean Mercier. Il est reçu par le général de Gaulle qui l'impressionne vivement et en qui il reconnaît « un très grand bonhomme. Grand de toutes façons »[17]. Il lui fait un compte-rendu controversé de l’état de la Résistance en France et de ses besoins, notamment financiers et en armement. Son compte rendu donnera lieu à de nombreuses contestations de la part des mouvements de résistance intérieure comme étant tendancieux avec des visées personnelles tout en perturbant les actions de renseignements au profit de l’armée britannique et le système, en contrepartie de financement et de fourniture d’armes au profit de chacun d'entre eux[18]. À Londres, il suit un entraînement pour apprendre à sauter en parachute, tirer au revolver et se servir d'un poignard.

Misant sur l’ambition et les capacités de réseau de Jean Moulin, de Gaulle en fait son délégué civil et militaire pour la zone libre ; il le charge d’unifier sur le territoire français les trois principaux mouvements de résistance, Combat, dirigé par Henri Frenay, Franc-Tireur, et Libération-Nord-Libération-Sud, ainsi que tous leurs différents services (propagande, renseignements, sabotage, entraide), afin d’en faire une armée secrète chaperonnée par les forces françaises libres complètement placées sous les ordres du général[19]. Avec des ordres de mission, des moyens financiers et de communication radio directe avec le général de Gaulle à Londres, il est parachuté, en compagnie de Raymond Fassin, dans les Alpilles dans la nuit du 2 au 3 janvier 1942 à 15 km de Saint-Andiol qu’il rejoint à pied. Il prend le pseudonyme évocateur de Rex dans la Résistance. Pour accomplir sa mission, Jean Moulin rencontre, entre autres, Henri Frenay à Marseille et Raymond Aubrac à Lyon. Il est aidé dans sa tâche par Daniel Cordier qui s'occupe de la logistique, et par Colette Pons[20].

Le 27 novembre 1942 est créé le Comité de coordination de la Zone Sud à Collonges-au-Mont-d'Or dans le but de coordonner, avec la mouvance communiste, les trois mouvements principaux de résistance de la zone libre ; ce regroupement donnera naissance aux Mouvements unis de la Résistance (MUR) (membre du directoire et secrétaire général : Pierre Dumas) le 26 janvier 1943, lors d’une réunion au domicile d’Henri Deschamps à Miribel[21] (en banlieue lyonnaise). Dans ce nouveau mouvement, Jean Moulin cherche, non sans mal, à contenir les velléités de commandement d’Henri Frenay, chef du mouvement Combat, d’Emmanuel d’Astier de La Vigerie, chef de Libération-Sud et de Jean-Pierre Lévy, chef de Franc-Tireur.

Il utilise ensuite ses dons artistiques pour se créer une couverture de marchand de tableaux et ouvre la galerie d’art « Romanin » — pseudonyme d’artiste de Jean Moulin — au 22, rue de France à Nice[22],[23]. En février 1943, il retourne rendre compte de sa mission à Londres avec le général Delestraint, le chef de l’Armée Secrète (AS) choisi d'un commun accord par les mouvements de résistance et par le général de Gaulle pour diriger uniquement leurs actions militaires sous l’ordre direct de ce dernier. Toutefois, si les mouvements de résistance ont accepté l'unification des mouvements pour améliorer leur efficacité ainsi que leur financement, leurs chefs n'acceptent que difficilement la tutelle militaire de Londres : Henri Frenay en particulier souhaite garder le contrôle de la résistance intérieure et mène une violente campagne contre le général Delestraint, dont il refuse de reconnaître l'autorité à la tête de l'Armée Secrète.

La création du Conseil national de la Résistance[modifier | modifier le code]

Le 14 février 1943, Jean Moulin va à Londres rendre compte de sa mission à Charles de Gaulle qui le décore de la Croix de la Libération et le nomme secrètement ministre membre du Comité national français et seul représentant de ce comité pour l'ensemble du territoire métropolitain.

Il revient en France le 21 mars 1943, chargé de créer le CNR (Conseil national de la Résistance), tâche complexe, car il est toujours peu reconnu par les mouvements de résistance. En particulier le responsable de la zone Nord, Pierre Brossolette, suscite bien des difficultés. Cependant, les sujets de discorde sont résolus, et la première réunion en séance plénière du CNR se tient à Paris, 48[24] rue du Four, le 27 mai 1943.

Jean Moulin parvient à se faire admettre comme chef du CNR qui réunit les dirigeants de tous les groupes de la résistance française. Le CNR représente alors l'unité des forces résistantes françaises aux yeux des Alliés et l'embryon d'une assemblée politique représentative. Le CNR reconnaît en de Gaulle le chef légitime du gouvernement provisoire français et souhaite que le général Giraud prenne le commandement de l'armée française.

Moulin participe avec le mouvement Franc-Tireur à la création du maquis du Vercors, également contesté par les hommes de Combat[25]. Cependant les motifs d'inquiétude s'accumulent : le commandant Henri Manhès est arrêté à Paris en mars 1943, quelques mois avant l'arrestation du général Charles Delestraint, l'Armée secrète est décapitée, et Jean Moulin lui-même se sait traqué, comme il l'écrit au général de Gaulle : « Je suis recherché maintenant tout à la fois par Vichy et la Gestapo qui n'ignore rien de mon identité, ni de mes activités. Ma tâche devient donc de plus en plus délicate, alors que les difficultés ne cessent d'augmenter. Si je venais à disparaître, je n'aurais pas eu le temps matériel de mettre au courant mes successeurs[26]. »

L'arrestation à Caluire-et-Cuire[modifier | modifier le code]

Maison « du docteur Dugoujon » à Caluire-et-Cuire.

L'arrestation de Jean Moulin est l'un des aboutissements d'investigations et de manipulations menées par différents services allemands. Elle a lieu le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire (Rhône), dans la « maison du docteur Dugoujon » (en fait louée par le docteur Dugoujon), où s'est tenue une réunion avec plusieurs responsables de la Résistance dont André Lassagne, Albert Lacaze, Raymond Aubrac et Bruno Larat. La venue de René Hardy à la réunion alors qu'il n'y est pas convoqué a amené nombre de résistants à suspecter ce dernier d'avoir, par sa présence, indiqué à Klaus Barbie le lieu précis de cette réunion secrète. René Hardy, arrêté puis relâché par la Gestapo quelques jours auparavant, est d'ailleurs le seul à s'évader lors de cette arrestation, n'étant pas menotté mais ayant eu juste les poignets entravés par de simples liens. René Hardy sera accusé d'avoir dénoncé Jean Moulin aux Allemands, et comparaîtra dans un procès en 1947.

Jean Moulin est interné avec les autres responsables de la Résistance à la prison Montluc, à Lyon. Après avoir été identifié, il est quotidiennement conduit au siège de la Gestapo à l’École de santé, avenue Berthelot à Lyon afin d'être interrogé et torturé par le chef de la Gestapo, Klaus Barbie. Il est ensuite transféré à la Gestapo de Paris, avenue Foch. Il meurt de ses blessures le 8 juillet 1943 en gare de Metz, dans le train Paris-Berlin qui le conduisait en Allemagne.

Cénotaphe au Panthéon de Paris contenant les « cendres présumées de Jean Moulin ».

La légende[modifier | modifier le code]

Jean Moulin a d'abord été inhumé le 11 février 1944 au cimetière parisien du Père-Lachaise, puis ses « cendres présumées » ont été transférées au Panthéon le 19 décembre 1964, lors de la célébration du vingtième anniversaire de la Libération, sous la présidence du général de Gaulle. En réalité il s’agit d’un cénotaphe, car son corps n'a jamais été identifié avec certitude.

Le discours d’André Malraux[modifier | modifier le code]

Le 19 décembre 1964, un discours solennel et émouvant fut prononcé lors de la grande cérémonie officielle où André Malraux, ministre de la Culture, fait entrer Jean Moulin au Panthéon des grands Hommes de la République française. Il fait de lui à cette occasion « le symbole » de l'héroïsme français, de toute la Résistance à lui seul en l'associant à tous les Résistants français, héros de l'ombre, connus et inconnus, qui ont permis de libérer la France au prix de leur souffrance, de leur vie, et de leur idéologie de liberté. Ce discours composé et prononcé par André Malraux fait partie des plus grands discours de la République française.

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle — nos frères dans l'ordre de la Nuit… »
« C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »

Ce discours légendaire fut suivi de façon magistrale et grandiose par le chant des Partisans interprété par une grande chorale devant le Panthéon.

Il fut prononcé dans des conditions rendant difficile la prise de son (le vent soufflait fort) et fut notamment retransmis en direct dans de nombreux lycées. Des enregistrements ont été réalisés, on peut notamment l'écouter à l'audiothèque du centre Georges-Pompidou ainsi que sur le site de l'INA[27]. Le texte intégral est par ailleurs disponible sur Wikisource[28].

Le manuscrit original de ce discours est conservé et présenté au public au musée de l’Ordre de la Libération situé dans l'Hôtel des Invalides à Paris aux côtés de la tenue de préfet de Jean Moulin, de son chapeau, sa gabardine et son écharpe.

L'hommage de Charles de Gaulle[modifier | modifier le code]

Dans une note datée du 1er juin 1946, le général de Gaulle rend hommage à la conduite héroïque de Jean Moulin, alias Max :

« MAX, pur et bon compagnon de ceux qui n'avaient foi qu'en la France, a su mourir héroïquement pour elle.

Le rôle capital qu'il a joué dans notre combat ne sera jamais raconté par lui-même, mais ce n'est pas sans émotion qu'on lira le JOURNAL que Jean Moulin écrivit à propos des évènements qui l'amenèrent, dès 1940, à dire NON à l'ennemi.

La force de caractère, la clairvoyance et l'énergie qu'il montra en cette occasion ne se démentirent jamais. Que son nom demeure vivant comme son œuvre demeure vivante [29]! »

Plus tard, dans ses Mémoires de guerre, Charles de Gaulle rend de nouveau hommage à Jean Moulin en ces termes :

« Cet homme, jeune encore, mais dont la carrière avait déjà formé l'expérience, était pétri de la même pâte que les meilleurs de mes compagnons. Rempli, jusqu'aux bords de l'âme, de la passion de la France, convaincu que le « gaullisme » devait être, non seulement l'instrument du combat, mais encore le moteur de toute une rénovation, pénétré du sentiment que l'État s'incorporait à la France Libre, il aspirait aux grandes entreprises. Mais aussi, plein de jugement, voyant choses et gens comme ils étaient, c'est à pas comptés qu'il marcherait sur une route minée par les pièges des adversaires et encombrée des obstacles élevés par les amis. Homme de foi et de calcul, ne doutant de rien et se défiant de tout, apôtre en même temps que ministre, Moulin devait, en dix-huit mois, accomplir une tâche capitale. La Résistance dans la Métropole, où ne se dessinait encore qu'une unité symbolique, il allait l'amener à l'unité pratique. Ensuite, trahi, fait prisonnier, affreusement torturé par un ennemi sans honneur, Jean Moulin mourrait pour la France, comme tant de bons soldats qui, sous le soleil ou dans l'ombre, sacrifièrent un long soir vide pour mieux « remplir leur matin »[30]. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque à la mémoire de Jean Moulin en gare de Metz.

Plusieurs écoles (Marignane...), collèges (Chartres et Rodez où il fut préfet, à Chateaulin où il fut sous-préfet de 1930 à 1933, Brive-la-Gaillarde, Sannois, Toulouse, Villefranche-sur-Saône, Vannes, Chaville, Domont, Saint-Amand-Montrond, Montceau-les-Mines, Draguignan, etc.), lycées (à Béziers, sa ville natale, à Albertville où il fut sous-préfet de 1925 à 1930, Torcy, Metzetc.) et une université (Lyon III) portent le nom de Jean Moulin. Son nom figure dans les premiers rangs des appellations de rues dans le pays. La quarante-troisième promotion de commissaires de police issue de l'école nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1993, porte également son nom.

Jean Moulin est devenu le résistant le plus célèbre et le plus honoré de France. Comme l'explique son biographe Jean-Pierre Azéma, c'est le seul dont pratiquement tous les Français connaissent le nom et le visage, en particulier grâce à sa célèbre photo en noir et blanc, celle à l'écharpe et au chapeau mou. Cela au risque de faire parfois oublier d'autres grands organisateurs de l'armée souterraine, et de reléguer dans l'ombre d'autres martyrs héroïques de la lutte clandestine tels que Pierre Brossolette, Jean Cavaillès ou Jacques Bingen. Jean Moulin est ainsi devenu le symbole et le visage même de la Résistance.

La journaliste Ghislaine Ottenheimer affirme que Jean Moulin aurait été franc-maçon[31], mais aucun historien n'a pu le confirmer. En revanche les ouvrages de Daniel Ligou et André Combes confirment que son père Antoine-Émile Moulin l'était[32],[33].

Le portrait de Moulin[modifier | modifier le code]

Plaque apposée sur un immeuble de la Grand rue Jean Moulin à Montpellier.

La célèbre photographie de Jean Moulin, portant un chapeau, réalisée en noir et blanc, est prise par son ami Marcel Bernard, au cours de l'hiver 1939, à Montpellier, en contrebas du château d'eau du Peyrou[14].

Le photographe est un ami d'enfance et voisin, résidant au no 4 de la rue d'Alsace, en face du Champ-de-Mars, à Béziers. Jean Moulin est né au no 6 de la même rue. Bernard habite au no 4 jusqu'à sa mort en 1991. Par une ironie de l'histoire, des résistants du Maquis de Fontjun (venus des villages des environs, Capestang, Montady, Puisserguier, etc.) ont été fusillés par l'occupant allemand sur la place du Champ-de-Mars, le 5 juin 1944.

Controverses[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il vint à la réunion de Caluire, René Hardy, qui avait déjà été arrêté par la Gestapo, puis libéré, aurait été suivi par celle-ci. Certains estiment qu'il s'agissait d'une trahison, d'autres d'une imprudence fatale. Certains résistants tentèrent plus tard d'assassiner Hardy. Ayant rejoint d'autres secteurs de la Résistance, il passa deux fois en jugement après la Libération à cause de cette suspicion qui pesait sur lui, mais fut acquitté les deux fois, au bénéfice du doute.

Frenay, lui, a la conviction que Lydie Bastien, maîtresse de Hardy, joua un rôle très trouble dans cette affaire[34].


La controverse est relancée au cours du procès de Klaus Barbie. Son avocat, Me Jacques Vergès, insinue que les Aubrac ont trahi Jean Moulin et fait signer à Barbie un « testament ». Quelques historiens et quelques journalistes reprennent ce testament à leur compte ou s'appuient sur des documents du KGB pour dénoncer ce qu'ils pensent être des relations entre le stalinisme et la résistance. Aujourd'hui, les thèses contestées de ces historiens ont été largement réfutées : il n'est pas fait grand crédit aux déclarations prêtées par Vergès à Barbie.

Il faut par exemple citer, dans le même registre, le livre controversé du journaliste et historien lyonnais Gérard Chauvy, paru en 1997. Malgré le soutien de Stéphane Courtois, universitaire et spécialiste du communisme, lors du procès en diffamation intenté par les Aubrac[35], et malgré la longue hésitation d'un certain nombre d'historiens de l'Institut de l'histoire du temps présent (François Bédarida, Jean-Pierre Azéma, Henry Rousso), beaucoup se sont prononcés sans ambiguïté contre Chauvy et ses méthodes, prenant parti pour les Aubrac.

Jacques Baynac soutint quant à lui la thèse d'une arrestation créditée au seul engagement policier de la Gestapo, sans aucune dénonciation[36].

Par ailleurs, certains, comme Henri Frenay[37], chef du réseau Combat, ou l'avocat et historien Charles Benfredj[38] accusent Jean Moulin d'avoir été cryptocommuniste, c'est-à-dire d'avoir par ses relations dans les milieux radicaux secrètement favorisé les intérêts pro-soviétiques en France en détournant notamment l'aide anglo-américaine aux mouvements de résistance ; ils évoquent ses liens avec Pierre Cot, lui-même proche du communisme, et d'autres sympathisants issus de la CGT, du mouvement de résistance communiste Front national et du Parti communiste proprement dit qui seront représentés au sein du CNR[39] (sur les dix-neuf participants à la réunion fondatrice du CNR, deux représentent le Parti communiste et le Front national et un la CGT). Henri Frenay lui reproche également d'avoir voulu réhabiliter les partis de la IIIe République au sein du CNR, au détriment des mouvements de Résistance qui, pour certains, se voulaient seuls légitimes à diriger la France à la Libération.

Thierry Wolton met en avant quant à lui les liens existant entre Jean Moulin et Harry Robinson, chef clandestin (Residenz) d'un des principaux réseaux de renseignement de l'Armée rouge en Europe, notamment au travers du communiste Maurice Panier[40].

Les défenseurs de Jean Moulin font remarquer qu'il avait accepté de s'entourer d'hommes venus de tous horizons — ses deux plus proches collaborateurs, son secrétaire Daniel Cordier et son successeur Georges Bidault, sont ainsi à l'époque issus l'un de l'Action française royaliste, l'autre de la démocratie-chrétienne — et qu'il aurait été comme tout le monde assez méfiant envers les communistes, depuis l'épisode du pacte germano-soviétique, ayant plutôt cherché à les contenir et à les ranger sous la discipline commune d'une Résistance unifiée.

Pour répondre aux diverses critiques entourant Jean Moulin, et démentir notamment les accusations de cryptocommunisme, son ancien secrétaire Daniel Cordier a entrepris à la fin des années 1970 une biographie en six volumes. Refusant l'emploi des souvenirs personnels et des témoignages oraux facilement imprécis ou déformés par le temps, Daniel Cordier s'est appuyé sur les archives de Jean Moulin en sa possession, sur une patiente étude critique des documents écrits, et sur un effort de rétablissement de la stricte chronologie des faits. Publiée entre 1989 (Jean Moulin – L'inconnu du Panthéon, t. 1, J.Cl. Lattès) et 1999 (Jean Moulin – La République des catacombes, Gallimard), la somme de Daniel Cordier, et son apport à l'histoire de la Résistance intérieure française, dont il ne cherche pas à gommer les aspérités et les difficultés, ont été discutés, notamment par Charles Benfredj, historiographe d'Henri Frenay[41]. Dans un documentaire de 2003 (Jean Moulin, lettre à un inconnu), réalisé par William Karel et produit par Point du jour, diffusé par la chaîne TV Histoire, il déclare que l'Annuaire de la Résistance ne mentionne curieusement pas le nom de Jean Moulin.

Décorations[modifier | modifier le code]

Officier de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération Médaille militaire
Croix de guerre 1939-1945 Chevalier du Mérite Agricole Médaille Interalliée 1914-1918
Médaille commémorative de la guerre 1914-1918 Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 Médaille d'or de l'Education physique
Médaille d'argent de l'Assistance publique Médaille d'argent des Assurances sociales Médaille d'argent de la Prévoyance sociale
Chevalier de la Couronne d'Italie Ordre de la Couronne yougoslave Ordre du Jade Brilliant

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Premier combat, journal posthume de Jean Moulin, préface du général de Gaulle, publié aux éditions de Minuit en 1947. Ce journal, récit des événements qui se sont déroulés à Chartres du 14 juin au mois de novembre 1940, a été écrit par Jean Moulin à Saint-Andiol après sa révocation par le gouvernement de Vichy le 2 novembre 1940 ; il y relate notamment l’épisode tragique des 17-18 juin, lorsqu’il refusa, sous les coups, de signer un document accusant à tort les tirailleurs sénégalais de massacres sur les populations civiles, et tenta de se suicider pour défendre leur honneur[42].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Musées Jean Moulin[modifier | modifier le code]

  • Paris : Mémorial du maréchal Leclerc et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin[43].
  • Bordeaux : Centre national Jean Moulin - Musée et centre de documentation de la Seconde Guerre Mondiale[44].
  • Lyon : Centre d'histoire de la Résistance et de la déportation - Cellule de Jean Moulin dans la prison Montluc[45].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christine Levisse-Touzé et Dominique Veillon, Jean Moulin : artiste, préfet, résistant, Éditions Tallandier, 2013.
  2. « Lettre du général de Gaulle à Laure Moulin - 8 avril 1947 », sur charles-de-gaulle.org (consulté le 25 août 2013).
  3. Décret du 14 novembre 1946 du ministère des Armées, Journal officiel du 25 novembre 1946.
  4. Registre d'état civil de Béziers (1899), Archives départementales de l'Hérault.
  5. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 11.
  6. « Jean Moulin », sur saint-andiol.fr.
  7. Acte de baptême no 18 (1899) de la paroisse de Saint-Andiol, archidiocèse d'Aix-en-Provence, cité par Thomas Rabino, L'autre Jean Moulin : l'homme derrière le héros, Paris, Perrin, 2013.
  8. a et b Registre Matricule n° 993, recrutement de Béziers, classe 1919, Archives Départementales de l'Hérault, 1 R 1328 pages 319/325.
  9. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 14.
  10. Dessins et aquarelles de Jean Moulin, présentés par Jacques Lugand, Montpellier, Presses du Languedoc, 1993, à l'occasion de l'exposition Jean Moulin, peintre et dessinateur au Musée des beaux-arts de Béziers, qui possède la collection d'art de Jean Moulin, donnée à sa ville natale par sa sœur Laure Moulin en 1975 ; rééd. Paris, Éditions de Paris, 2005 (ISBN 2-84621-068-3).
  11. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 61.
  12. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 72.
  13. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 75.
  14. a et b « Autour d'une photographie – Jean Moulin face à l'ennemi, par Christine Levisse-Touzé », sur fondationresistance.org, Fondation de la Résistance (consulté le 9 juin 2007).
  15. Daniel Cordier, Jean Moulin – La République des Catacombes, Gallimard, p. 62.
  16. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 87 à 90.
  17. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 98.
  18. cf.La nuit finira, Mémoires, Henri Frenay chez Plon[réf. incomplète].
  19. Voir le fac simile de l'ordre de mission signé par le général de Gaulle dans Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 104-105.
  20. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 102 à 109.
  21. « Structuration de l'Armée Secrète et unification au sein des Mouvements Unis de la Résistance » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), académie de Lyon, sur ac-lyon.fr. Consulté le 1er juillet 2011 [PDF] (mis en cache par wikiwix, vérifié le 25 août 2013).
  22. « Nice rend hommage à Jean Moulin », sur nicematin.com, Nice-Matin,‎ 8 février 2013 (consulté le 25 août 2013)
  23. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 107 à 109.
  24. « L’unification de la Résistance intérieure autour de l'homme du 18 juin », sur le site france-libre.net, consulté le 9 juin 2013.
  25. cf. « La nuit finira », tome 1 des Mémoires d'Henri Frenay chez Plon[réf. incomplète].
  26. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 118.
  27. Discours sur le site de l'INA.
  28. André Malraux, Discours du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon,‎ 1964 (lien lire sur Wikisource)
  29. Zamponi, Bouveret, Allary 1999, p. 133.
  30. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome 1, L'Appel 1940-1942, Plon, p. 233.
  31. Ghislaine Ottenheimer, « Le vrai pouvoir des franc-maçons », L'Express, 2 avril 1998.
  32. Daniel Ligou, Dictionnaire de la Franc-maçonnerie, PUF,‎ 1998 (ISBN 2-13-048639-8) ; réédition de 2006, p. 836.
  33. André Combes, La Franc-maçonnerie sous l'Occupation, Éditions du Rocher,‎ 2001 (ISBN 978-2-268-04112-4), p. 173.
  34. Pierre Péan, La Diabolique de Caluire, Paris, éditions Fayard, 1999, 261 p., 20 p. de planches illustrées (ISBN 2-213-60402-9).
  35. François Delpla, « Aubrac, les faits et la calomnie ».
  36. Jacques Baynac, Les Secrets de l'affaire Jean Moulin. Archives inédites sur la Résistance. Contexte, causes et circonstances, Le Seuil, 1998 (ISBN 2-02-033164-0).
  37. L'Énigme Jean Moulin, 1977.
  38. L'Affaire Jean Moulin, la contre-enquête.
  39. Charles Benfredj, Henri Frenay, la mémoire volée, éd. Dualpha.
  40. Thierry Wolton, Le Grand recrutement, Paris, Bernard Grasset, 1993.
  41. Cf. son ouvrage Henri Frenay, la mémoire volée éd. Dualpha, p. 60 et ss.
  42. L'outre-mer français dans la guerre 39-45, Petit journal de l'exposition, Mémorial du général Leclerc et de la Libération de Paris / Musée Jean Moulin, Éditions Paris Musées, 2011.
  43. « Musée du général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin », sur paris.fr (consulté le 19 août 2013).
  44. « Le centre Jean Moulin », sur bordeaux.fr (consulté le 19 août 2013).
  45. « La prison Montluc – La prison Montluc sous l'occupation », sur chrd.lyon.fr,‎ 27 février 2013 (consulté le 19 août 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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