Marseille

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Marseille
En haut, basilique Notre-Dame-de-la-Garde. En bas à gauche, la Calanque de Sugiton, à droite un bateau sur le Vieux-Port, la Tour CMA-CGM sur le port de la Joliette.
En haut, basilique Notre-Dame-de-la-Garde. En bas à gauche, la Calanque de Sugiton, à droite un bateau sur le Vieux-Port, la Tour CMA-CGM sur le port de la Joliette.
Blason de Marseille
Blason
Marseille
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (préfecture)
Département Bouches-du-Rhône (préfecture)
Arrondissement Marseille (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de vingt-cinq cantons
Intercommunalité Marseille Provence Métropole (siège)
Maire
Mandat
Jean-Claude Gaudin (UMP)
2014-2020
Code postal 13001 à 13016
Code commune 13055 et de 13201 à 13216
Démographie
Gentilé Marseillais, Marseillaise
Population
municipale
850 636 hab. (2011)
Densité 3 535 hab./km2
Population
aire urbaine
1 721 031 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 43° 17′ 47″ N 5° 22′ 12″ E / 43.296346, 5.36988943° 17′ 47″ Nord 5° 22′ 12″ Est / 43.296346, 5.369889  
Altitude Min. 0 m – Max. 652 m
Superficie 240,62 km2
Localisation

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Marseille
Liens
Site web www.marseille.fr

Marseille[N 1],[N 2] est une commune du sud-est de la France, chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Depuis 2000, Marseille fait partie de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, qui regroupe 1 039 739 habitants[1].

Par sa population, Marseille constitue la deuxième commune de France[2], avec 850 636 habitants, et la troisième agglomération avec 1,56 millions d'habitants en 2011[3]. Son aire urbaine, de 1,72 millions d'habitants, est également la troisième de France[4].

Plus ancienne ville de France[5], fondée sous le nom de Μασσαλία (Massalía) vers 600 av. J.-C. par des marins grecs originaires de Phocée, Marseille est depuis l'Antiquité un important port de commerce. Elle connait un essor commercial considérable au cours du XIXe siècle. Profitant de l'expansion de l'Empire colonial français, elle devient alors une ville industrielle florissante et le premier port français vers les colonies. Elle reste aujourd'hui encore le premier port français, le deuxième port méditerranéen[6] et le quatrième port européen[7].

Souffrant de difficultés économiques à partir des années 1960 à la suite des processus de décolonisation et de désindustrialisation, ainsi que d'une mauvaise image liée à son grand banditisme, la ville connait néanmoins un renouveau urbain, économique et culturel depuis la fin des années 1990. Elle fait aujourd'hui l'objet du projet Euroméditerranée, l'une des plus grandes opérations urbaines d'Europe, accueille le siège du Conseil mondial de l'eau et fut désignée Capitale européenne de la culture en 2013.

L'ouverture de Marseille sur la mer Méditerranée en fait depuis ses origines une ville cosmopolite d'échanges culturels et économiques avec l'Europe du Sud, le Proche-Orient, l'Afrique du Nord et l'Asie. Elle est d'ailleurs parfois considérée comme la « Porte de l'Orient »[8]. Sa population, construite sur des vagues d'immigrations successives venues principalement du bassin méditerranéen depuis la moitié du XIXe siècle, reste aujourd'hui fortement marquée par le multiculturalisme.

Sommaire

Toponymie[modifier | modifier le code]

Obole de la cité antique de Massalia.

Le nom de Marseille provient du grec Μασσαλία (Massalía, accent tonique sur le « i »), nom sous lequel est fondée la ville par des Grecs venus de Phocée (Φώκαια / Phṓkaia). Plusieurs hypothèses existent pour expliquer l'origine de ce nom.

La première donne Mas Saliens, la résidence des Salyens[9], mais mas est un mot provençal d'origine latine[10] et Saliens est celte. Une autre explication donnerait le nom comme issu du grec Mάσσα (Massa), les Phocéens ayant rapporté d'Asie Mineure l'habitude de donner ce nom à des villes, châteaux, rivières, etc. (on trouve par exemple plus de trente Massa en Italie). Le mot μάζα ou plutôt μᾶζα (avec une hypothétique variante μᾶσα) correspond au latin libum, offrande de gâteaux sacrés, et la finale - λεις, serait un formatif des adjectifs, les Massaliotes étant des sacrificateurs et la ville, celle des sacrifices.

Une explication plus plausible est celle proposée par Ernest Nègre, qui pense que le lieu est baptisé par les Phocéens, à partir d’un hydronyme courant en Grèce, Massalia[11]. Les Fénié, autres toponymistes, pensent à un nom ligure[12].

À l'époque romaine, Massalia devient Massilia (accent tonique sur le premier i), puis Marselha en occitan provençal[11] dont le nom français « Marseille » est issu (le « a » final semi-sonnant, étant transposé en « e »).

Le nom actuel en provençal ou en occitan est toujours Marselha pour l'orthographe classique ou Marsiho pour l'orthographe mistralienne (prononcé /maʀˈsijɔ/ dans les deux cas)[13],[14]. On appelle la ville Marsiglia en italien, Marsella en catalan et en espagnol, Marselha en portugais, Marseilles ou Marseille en anglais, on l'a appelé Massilien autrefois en allemand mais Marseille de nos jours et enfin مرسيليا (Marsilya) en arabe, où le mot arabe marsa veut dire « port ».

Parmi les surnoms donnés à la ville, Marseille est appelée selon Chateaubriand « L'Athènes des Gaules » durant l'Antiquité[15], la « cité phocéenne » en référence à sa fondation par les Phocéens, « la Ville Rebelle » du fait de son opposition répétée au pouvoir parisien au cours de son histoire[16][17] ou encore la « Porte de l'Orient » pour sa situation comme port des colonies. Pendant la Convention, en punition de son implication dans le mouvement fédéraliste, Marseille est temporairement débaptisée : du 6 janvier au 12 février 1794, elle est officiellement ville « sans nom » et ainsi désignée[18],[19].

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Marseille vu par le satellite Spot

Située au sud-est de la France, en Provence, Marseille est bordée par la Méditerranée à l'ouest, enserrée par le massif de l'Estaque et le massif de l'Étoile au nord, le Garlaban à l'est, le massif de Saint-Cyr et le mont Puget au sud-est et le massif de Marseilleveyre au sud. De par sa position, Marseille est, par voies express, à 775 km de Paris, 316 km de Lyon, 204 km de Nice, 405 km de Toulouse, 400 km de Gênes, 373 km de Turin[N 3] et 501 km de Barcelone.

Près de la moitié de la superficie communale est en territoire naturel inconstructible et la ville s'étale sur un territoire extrêmement vaste : Marseille s'étend sur plus de 240,62 km2, ce qui en fait la cinquième commune de la France métropolitaine par sa superficie (2,5 fois plus grande que Paris, 5 fois plus grande que Lyon). Sa densité (3 536 habitants par kilomètre carré) est largement inférieure à des villes entièrement urbanisées telles que Lyon (10 118 hab./km2) ou Paris (21 229 hab./km2), comparable à celle de Toulouse (3 735 hab./km2) ; toutefois si on prend en compte uniquement sa zone habitable (150 km2), sa densité atteint 5 672 hab./km2, ce qui est comparable à Lille (6 533 hab./km2).

Marseille est une ville très accidentée, avec des rues parfois très pentues : le quartier le plus haut de Marseille, Les Trois-Lucs (12e arrondissement), culmine à 242 m d'altitude. Le point le plus élevé du territoire marseillais est le sommet de l'Étoile à 652 m dans le massif du même nom[20].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'Huveaune et son affluent le Jarret, entièrement recouvert dans la partie urbaine de la ville, sont, avec le ruisseau de la Caravelle qui passe aux Aygalades, les principaux cours d'eau traversant Marseille. L'Huveaune et la Caravelle sont des fleuves côtiers au débits relativement faibles. Le système hydrographique du bassin de la ville est propre au milieu méditerranéen : le débit d'eau est faible mais ses cours d'eau connaissent des crues importantes en cas de pluie. L'eau est très fortement canalisée, souvent à la source même de ces cours d'eau et irrigue l'ensemble du bassin[21]. Dans le cas des cours d'eau marseillais, ceux-ci sont ré-alimentés en eau par le trop-plein du canal de Marseille.

Depuis plus de dix ans l'Huveaune, juste après le point de confluence avec le Jarret, est déviée vers la station d'épuration des eaux de Marseille car son embouchure polluait les plages de la ville. L'eau traitée est ensuite rejetée au sud de la ville, dans les Calanques, par l'émissaire de Cortiou.

Marseille est alimentée en eau potable à 75 % par le canal de Marseille (eaux de la Durance) et à 25 % par le canal de Provence (eaux du Verdon).

Mer[modifier | modifier le code]

La commune de Marseille a une façade maritime de 57 kilomètres dont 24 kilomètres de calanques.

Les calanques de Marseille s'étendent sur plus de vingt kilomètres de côtes sur la mer Méditerranée entre le village des Goudes, au sud-ouest de la ville et Cassis. C'est un des sites les plus remarquables de France et une zone majeure de ressources naturelles et d'activités sportives. Les calanques comptent un million de visiteurs par an.

À l'issue d'un processus entamé en 1999, un Parc national des calanques a été créé en 2012[22], afin d'en protéger le patrimoine naturel en terre et sur mer. Il regroupe un territoire de 11 100 hectares sur terre, entre les communes de Marseille, Cassis et La Ciotat et 141 300 hectares en mer[23]. C'est le premier parc national périurbain d'Europe.

Les principales plages sont les plages du Prado, Les Catalans, la Pointe Rouge, la plage du Prophète. Les plages du Prado, officiellement plages Gaston Defferre, ont été aménagées par les remblais obtenus par le creusement des tunnels du métro.

Marseille compte également près de 100 sites de plongée sous-marine[24], les plus renommés étant l'archipel de Riou, l'archipel du Frioul et l'île de Planier.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Vue d'une partie du centre-ville.
Article détaillé : Urbanisme à Marseille.

Longtemps cantonnée au nord de l'actuel Vieux-Port, la ville a fait l'objet d'un premier agrandissement au XVIIe siècle puis s'est développée principalement au XIXe siècle avec l'essor économique du port.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale et des années qui suivent, une grande partie des quartiers anciens sont détruits alors que dans les années 1960 et 1970 des grands ensembles sont construits, principalement dans les Quartiers nord. De grandes autoroutes urbaines sont construites à travers la ville à cette époque.

Depuis les années 1990, une partie de la ville fait l'objet de l'opération Euroméditerranée.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Si la région Provence-Alpes-Côte d'Azur comporte des zones à risques sismiques, en particulier dans les régions de Nice et d'Aix-en-Provence, les risques semblent négligeables pour Marseille[25].

Climat[modifier | modifier le code]

Mistral sur l’archipel du Frioul et le château d'If

Le climat de Marseille est typiquement méditerranéen. La ville bénéficie d'une durée exceptionnelle d'ensoleillement, avec plus de 2 800 heures de soleil par année, notamment grâce au mistral, vent froid et sec qui souffle en moyenne 93 jours par an. Il y a en moyenne 515 mm de précipitations par an – elles sont les plus faibles de France au sein de la rade marseillaise, moins de 300 mm par an sur l'île Pomègues[26] – et 57 jours de pluie (dont 39 dépassant 2,5 mm) principalement en automne-hiver. La température moyenne à Marseille est de 15,5 °C.

Malgré un climat généralement clément, des épisodes extrêmes sont enregistrés. Ainsi, le thermomètre a atteint - 16,8 °C le 12 février 1956 et +39,7 °C le 26 juillet 1983 à la station de l’aéroport Marignane (soit 25 km à l’intérieur des terres)[27] mais le record de chaleur du centre-ville de Marseille est de 36,6 °C le 7 août 2003. Le 14 janvier 1987[28] et le 7 janvier 2009 on a mesuré plus de 10 cm de neige, ce qui a complètement paralysé la ville[N 4],[29].

Les relevés météorologiques sont fait à l'aéroport internationale de Marignane, à 25 km de la ville de Marseille à l'intérieur des terres.

Relevé météorologique de Marseille, Aéroport international de Marignane
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,9 3,6 6 9,1 13,1 16,5 19,1 18,7 15,7 12,4 7,2 3,9 10,8
Température moyenne (°C) 7,2 8,1 11 13,9 18 21,9 24,8 24,4 20,6 16,7 11,2 8 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11,2 11,8 15,7 18,3 22,4 26,3 29,4 29,1 25,5 20,5 15 11,5 20,2
Record de froid (°C) −12,4 −16,8 −10 −2,4 0 5,4 7,8 8,1 1 −2,2 −5,8 −12,8 −16,8
Record de chaleur (°C) 19,9 22,1 25,4 29,6 34,9 37,6 39,7 39,2 34,3 30,4 25,2 20,3 39,7
Nombre de jours avec gel 9,1 5,7 1,8 0 0 0 0 0 0 0 2,1 7,1 25,8
Nombre de jours avec température maximale ≥ 25 °C 0 0 0 1 8,7 21,5 29,5 29,1 18,2 3,4 0 0 111,4
Nombre de jours avec température maximale ≥ 30 °C 0 0 0 0 0,6 6,5 17,3 14,9 1,7 0,1 0 0 41,1
Nombre de jours avec température maximale ≥ 35 °C 0 0 0 0 0 0,2 0,9 0,9 0 0 0 0 2
Ensoleillement (h) 145,1 173,7 238,7 244,5 292,9 333,4 369,1 327,4 258,6 187,1 152,5 134,9 2 857,8
Record de vent (km/h) 130 122 130 119 101 115 112 162 137 119 112 119 162
Précipitations (mm) 48 31,4 30,4 54 41,1 24,5 9,2 31 77,1 67,2 55,7 45,8 515,4
Record de pluie en 24 h (mm) 63 54,2 41,2 65,7 62 43 51,6 85,6 96 161,3 64 52,3 161,3
Nombre de jours avec précipitations 6,5 6 5,5 5,3 4,9 3,5 1,6 3 3,6 5,8 5,1 6 56,8
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 5 mm 2,7 3,1 2,8 2,7 2,2 1,7 0,9 1,4 2,2 3,3 2,9 2,9 28,8
Humidité relative (%) 75 72 67 65 64 63 59 62 69 74 75 77 68,5
Nombre de jours avec neige 0,8 0,4 0,1 0 0 0 0 0 0 0 0,2 0,7 2,2
Nombre de jours d'orage 0,6 0,9 1 1,2 2 2,6 1,7 2,9 2,7 2,5 1,5 0,7 20,3
Nombre de jours avec brouillard 2,1 1,4 0,9 0,3 0,2 0 0,1 0 0,7 1,3 1,7 2,3 11
Source : [3], [4]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
11,2
2,9
48
 
 
 
11,8
3,6
31,4
 
 
 
15,7
6
30,4
 
 
 
18,3
9,1
54
 
 
 
22,4
13,1
41,1
 
 
 
26,3
16,5
24,5
 
 
 
29,4
19,1
9,2
 
 
 
29,1
18,7
31
 
 
 
25,5
15,7
77,1
 
 
 
20,5
12,4
67,2
 
 
 
15
7,2
55,7
 
 
 
11,5
3,9
45,8
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Panorama de la ville depuis Notre-Dame-de-la-Garde avec « table d'orientation virtuelle ».
Communes limitrophes de Marseille
Le Rove Les Pennes Mirabeau
Septèmes-les-Vallons
Simiane-Collongue
Plan-de-Cuques
Allauch
Cadolive
Marseille La Penne-Sur-Huveaune
Aubagne
mer Méditerranée Cassis

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La topographie première du site de la Marseille grecque est encore largement perceptible de nos jours, malgré les importantes modifications du XIXe siècle. Promontoire environné par la mer, le site est dominé par trois buttes successives : la butte Saint-Laurent (26 mètres d'altitude en 1840), la butte des Moulins (42 mètres) et la butte des Carmes (environ 40 mètres)[30].

L'occupation humaine du site est ancienne, comme en témoigne la découverte, entre 1985 et 1991, de la grotte Cosquer par Henri Cosquer, occupée entre 27 000 et 19 000 avant le présent. Par ailleurs, en juin 2005[31], des fouilles ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique qui remonte à 6 000 avant notre ère, près de la gare Saint-Charles, autour de la rue Bernard du Bois[32].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marseille antique.

Massalia, cité grecque[modifier | modifier le code]

Fondation de la ville : la légende de Gyptis et Protis[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Mythe fondateur de Marseille.

La fondation de Marseille, qui remonte aux environs de 600 av. J.-C., est le fait de colons grecs venus de Phocée (aujourd'hui Foça en Turquie) ; ce peuplement fut notamment favorisé par les Phocéens fuyant les invasions perses en 546 av. J.-C.. La date de - 600 est donnée par différents auteurs antiques avec des variantes et les découvertes archéologiques ne la contredisent pas. Les conditions exactes de la fondation de la ville sont inconnues si ce n'est la légende rapportées par deux auteurs antiques : Justin et Aristote.

D'après Justin, le territoire qui forme aujourd'hui Marseille était occupé par une tribu des Ligures, celle des Ségobriges, qui se serait implantée vers l'actuelle Allauch. Deux navarques grecs, Protis et Simos, arrivèrent avec leur flotte pour établir une base commerciale dans le port naturel du Lacydon et participer au commerce de l'étain et de l'ambre. Le jour de l'arrivée des Grecs, le chef de la tribu ligure, Nanos, organisa un festin au cours duquel sa fille Gyptis avait à choisir son époux en lui tendant une coupe d'eau. Les Grecs furent invités à se joindre au banquet et le jeune chef de ceux-ci, Protis, fut choisi, scellant ainsi la fondation d'une nouvelle cité qu'il érigea sur les bords de la corne du Lacydon[33].

Évolution de Massalia[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques ont révélé les vestiges des premières traces de l'habitat grec directement au contact d'un sol vierge sur la partie la plus occidentale de la butte Saint-Laurent. Très vite la ville s'agrandit et s'étend jusqu'au versant oriental de la butte des Moulins. Enfin, elle englobe la troisième butte (des Carmes) avant la fin du VIe siècle av. J.-C.. Une dernière extension à l'époque hellénistique lui permet d'atteindre une surface d'environ 50 hectares, que la ville ne dépassera plus avant le XVIIe siècle.

Le jardin des Vestiges, découvert en 1967 durant des travaux de construction du Centre-Bourse sur l'emplacement du premier port de la ville antique.

La fortification grecque de la fin du VIe siècle av. J.-C. a été retrouvée en deux points de la ville : au jardin des Vestiges et sur la butte des Carmes, lors de fouilles d'urgence dans les années 1980. Une reconstruction a lieu à l'époque grecque classique, dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. et, vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., l'ensemble de la fortification est reconstruite en grand appareil de calcaire rose. Ce rempart est encore visible dans le jardin des Vestiges[34].

L'intérieur de la ville est découpé en îlots, avec des rues à angle droit qui constituent des ensembles cohérents, adaptés à la topographie naturelle du site. Ainsi le long du rivage les voies ont-elles des axes changeants, tandis que les pentes de buttes sont quadrillées de façon régulière[35].

À l'extérieur des murs, les fouilles récentes ont mis en évidence une cadastration établie dès la fin du VIe siècle av. J.-C., ainsi que l'exploitation de carrières d'argile que l'on trouvait abondamment dans le substrat géologique (site de l'Alcazar) ; par la suite se développe au même emplacement une culture de la vigne et probablement d'autres plantations[36]. Les nécropoles sont connues soit par des découvertes anciennes soit par la fouille, en 1990, du parc Sainte-Barbe[37].

La Marseille grecque connaît une forte croissance et devient une cité prospère, vivant des relations commerciales fortes avec la Grèce, l'Égypte, l'Asie Mineure puis Rome. La ville est indépendante et s'administre librement : elle est gouvernée par un directoire de 15 « premiers » choisis parmi 600 sénateurs (Strabon, IV, 1,5). Trois d’entre eux avaient la prééminence et l’essentiel du pouvoir exécutif.

Marseille est le point de départ de la diffusion de l'écriture chez les peuples gaulois, qui ont appris à transcrire leur propre langue en caractères grecs. C'est aussi probablement par Marseille que sont introduits en Gaule les premiers vignobles[38].

Marseille et Rome[modifier | modifier le code]

Au cours du IIe siècle av. J.-C., Marseille se retrouve confrontée à la puissance grandissante de ses voisins gaulois, en particulier des Salyens. Pour faire face à leur menace, la cité fait appel à son alliée Rome, devenue la grande puissance méditerranéenne.

Cliente de Jules César et de Pompée, Marseille refuse en -49 de prendre parti dans la Guerre civile, tout en accueillant les émissaires de Pompée. Battue en mer et assiégée par trois légions pendant deux mois par César puis par son légat Gaius Trebonius, la ville est prise (Bellum Civile, livre I, 34-36, etc.), privée de ses colonies[39] et doit se soumettre à Rome. Les Romains la rattachent à la province Narbonnaise.

À l'époque d'Auguste, la ville connaît une nouvelle grande phase de construction. L'agora-forum est reconstruit comme en témoignent les fragments de dallages découverts par Fernand Benoit au sud des Caves de Saint-Sauveur. Le forum est bordé à l'ouest par un autre grand édifice, le théâtre, dont quelques gradins ont été conservés jusqu'à nos jours dans l'enceinte du collège du Vieux-Port[40]. Des thermes sont installés le long du port : les vestiges, remontés sur la place Villeneuve-Bargemon, sont aujourd'hui visibles quasiment à leur emplacement d'origine derrière l'Hôtel de Ville[41].

Pendant le Haut Empire, la zone portuaire est considérable[42] : elle s'étend sur la rive nord de la calanque du Lacydon, en suit la corne du port (Jardin des Vestiges) dont le quai est reconstruit à l'époque flavienne et se prolonge au fond du Vieux-Port actuel. Dans cette zone, les fouilles de la place Général-de-Gaulle ont dégagé une grande esplanade empierrée qui peut correspondre à des salines aménagées. De nombreux entrepôts à dolia sont connus ; une partie de l'un d'entre eux a été conservée en rez-de-chaussée du Musée des docks romains.

Puis, durant le Bas Empire, la ville semble décliner légèrement au profit vraisemblablement d'Arles.

Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

Marseille se développe à nouveau à partir du Ve siècle de notre ère. À l'intérieur de la ville, la construction d'une première grande cathédrale marque la puissance de l'évêque, probablement Proculus, qui tient à rivaliser avec Arles. Deux basiliques funéraires ont été retrouvées en fouille[43]. L'une, hypothétique, fouillée pour moitié dans l'emprise des immeubles du cours Belsunce par J. et Y. Rigoir en 1959 et par G. Bertucchi dans la construction du Centre Bourse en 1974. La seconde est clairement attestée par la fouille de M. Moliner, rue Malaval (2003-2004), avec la découverte d'une memoria intacte sous le chœur[44].

Sur la corne du port, comblée, se développe un habitat dont on retrouve la trace, hors les murs, jusqu'à l'actuelle bibliothèque de l'Alcazar (fouille M. Bouiron). Sur ce site, on a pu mettre en évidence une continuité directe avec les constructions romaines ; un groupe de bâtiments se développe progressivement entre le Ve siècle et le VIIe siècle, avec dans un dernier état, un vaste bâtiment de type entrepôt. Les bâtiments sont abandonnés au début du VIIIe siècle[45].

La vitalité du commerce est perceptible par les découvertes de productions céramiques venant de toute la Méditerranée, témoins privilégiés des marchandises qui affluent à Marseille durant la période ostrogothique et mérovingienne. Puis, prise dans les remous des conflits entre rois francs, la ville semble perdre de son importance à partir de la reprise en main de la Provence par Charles Martel et le pillage de la ville qui l'accompagne.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge et Moyen Âge central[modifier | modifier le code]

Marseille est pillée par les Sarrasins en 838 et par les pirates grecs en 848[46].

En 904, l'abbaye Saint-Victor se voit dotée de la rive sud du port par le roi de Provence Louis l'Aveugle. L'époque reste incertaine, avec les démêlés des derniers carolingiens tout entiers tournés vers l'Italie et n'hésitant pas à traiter avec les Sarrasins lorsque leurs ambitions le nécessitent. Ces derniers en 923 dévastent le monastère de Saint-Victor et le territoire marseillais. À partir du milieu du Xe siècle, la situation se stabilise. Le comte de Provence choisit un frère de l'évêque Honoratus de Marseille, fils d'Arlulf de Marseille, Guillaume, comme vicomte de Marseille. Ses descendants seront pendant plusieurs générations soit évêque soit vicomtes de Marseille.

La topographie de l'époque est difficilement perceptible[47]. Il existe une fortification réduite sur le sommet de la butte Saint-Laurent, c'est le château Babon (castrum Babonis) des textes du XIIe siècle. Le nom de Babon fait référence à un évêque, mentionné à propos d'un polyptyque perdu de l'abbaye de Saint-Sauveur et qui pourrait avoir exercé au cours du IXe siècle. La délimitation de cette enceinte est difficile car cette fortification a déjà pratiquement disparu à la fin du XIVe siècle et aucun vestige n'en est connu. Englobant une partie de la ville haute appartenant à l'évêque, elle devait contenir la zone du fort Saint-Jean et arriver jusqu'à la rue Fontaine-des-Vents, au voisinage de l'actuelle place de Lenche. M. Bouiron a mis en évidence, au contact de cette fortification, un deuxième ensemble fortifié centré autour de la Major, le bourg de la Major qui contient une partie de la butte des Moulins. La mention dans la charte de 904 d'un castrum a été interprétée anciennement comme une mention du Château Babon. Il semble plus vraisemblable de voir, en association avec d'autres mentions d'archives, une troisième fortification, celle-ci relevant du comte, autour de l'ancienne porte d'Italie et du Tholonée, lieu de perception du péage. Ainsi se dessine une ville multipolaire, à l'image de tant d'autres villes du haut Moyen Âge.[réf. nécessaire]

Durant la première moitié du XIe siècle, la stabilité politique et le développement de l'abbaye de Saint-Victor renforcent le développement de la cité. L'indivision entre évêques et vicomtes profite à l'ensemble de la cité, dont la division héritée du Haut Moyen Âge s'estompe progressivement. La refondation du couvent de Saint-Sauveur (à l'emplacement de l'église des Accoules), vers 1030, au centre de l'espace situé entre l'ancienne ville comtale et l'ancienne ville épiscopale, a dû s'accompagner d'une renaissance de l'habitat dans cette zone.[réf. nécessaire]

Passé l'an mille, Marseille se révèle à nouveau un port florissant qui participe aux Croisades. Les Marseillais sont présents en Afrique du Nord et possèdent un quartier à Saint-Jean d'Acre. Si la prise de cette dernière met un terme à l'aventure en Terre sainte, leur présence est largement attestée en Méditerranée tout au long du Moyen Âge.

De nombreux conflits émaillent par ailleurs l'histoire entre les comtes de Provence et Marseille, qui jouit d'une certaine indépendance commerciale :

L'indépendance économique et politique de Marseille par rapport à la France perdure jusqu'à la fin du XVe siècle et Charles Ier d'Anjou.

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Marseille en 1575

La grande peste pénètre en Europe par le port de Marseille en 1347. En 1423, la prise de la ville par les Catalans et la destruction qui s'ensuit occasionnent un profond déclin à la fin du Moyen Âge.

Le 15 décembre 1437, le comte de Provence René d'Anjou, qui a succédé à son frère Louis III d'Anjou, comme roi de Sicile et duc d’Anjou, arrive à Marseille et favorise par des privilèges le relèvement de la ville, qu'il considère comme une base maritime stratégique pour reconquérir son royaume de Sicile.

Les Marseillais, en contrepartie, se chargent de la reconstruction des remparts. Le roi René, qui souhaite équiper l'entrée du port d'une solide défense, décide de faire construire sur les ruines de l’ancienne tour Maubert, une nouvelle tour plus importante. Jean Pardo, ingénieur, en conçoit les plans et Jehan Robert, maçon de Tarascon, exécute les travaux. Cette construction s’échelonne de 1447 à 1453. Le roi fait édifier les fondations du piédestal, puis les travaux sont suspendus faute de crédits et c’est finalement grâce à l’aide des habitants de Marseille et notamment de la corporation des pêcheurs qu’ils peuvent reprendre. Cette tour, dite tour du roi René, sera englobée au XVIIe siècle dans le fort Saint-Jean construit sur ordre de Louis XIV.

En 1516, François Ier, en pèlerinage dans la région, est attiré par la curiosité de voir un rhinocéros (cet animal est un cadeau du roi du Portugal Emmanuel Ier au pape Léon X, le navire faisant escale sur l'île d'If). François Ier rend une visite à la ville et en profite pour en étudier la situation géographique et estime alors qu'elle manque de défense.

En 1524, l'armée Française perd la dernière bataille d'Italie et se replie, poursuivie par ses ennemis et leurs alliés. l'armée du Saint-Empire romain germanique pille les environs et assiège Marseille. La ville résiste et permet à l'armée française de se réorganiser et de contraindre l'armée du Saint-Empire de retourner sur ses terres. La prise de la ville est évitée de peu et rend encore plus évidente la nécessité de renforcer les défenses de la ville. François Ier ordonne la construction de deux forts royaux, l'un sur l'île d'If et l'autre, à Notre-Dame de la Garde. Il fait ainsi bâtir le château d'If entre 1526 et 1529 et fait ériger un rempart en pierre à Notre-Dame de la Garde. En 1536, les travaux de Notre-Dame de la Garde sont achevés, à temps pour défendre la ville contre les troupes de Charles Quint, qui est lui aussi repoussé.

XVIe et XVIIe siècles : la ville rebelle[modifier | modifier le code]

Charles de Casaulx qui contrôle la ville de 1591 à son assassinat en 1596

Lors des guerres de religion, Marseille parvient dans un premier temps à se tenir à l'écart des conflits et accueille de nombreux réfugiés des combats. Elle adhère toutefois à la Ligue catholique en 1589. À la mort d'Henri III, Marseille refuse de reconnaitre son successeur Henri de Navarre : « une gigantesque procession menée par les consuls se [rend] à la porte Réale » et érige une croix en signe de défiance de la « première [ville] christianisée du royaume. »[48]

En octobre 1591, le leader des ligueurs radicaux, Charles de Casaulx, est élu premier consul. À l'automone 1592, le Conseil de ville rejette l'autorité du Parlement d'Aix et déclare ne plus obéir qu'à l'autorité du duc de Mayenne, chef de la Ligue. Casaulx prend alors des initiatives menant la ville sur la voie de l'indépendance : construction d'un fort à l'entrée du port, rétablissement d'un grenier à sel et affranchissement de la gabelle, création d'une imprimerie. En juillet 1593, Henri de Navarre abjure la foi protestante ; il est reconnu roi par le pape puis, en janvier 1596 par le duc de Mayenne. Seule Marseille refuse de se soumettre et Casaulx demande l'aide de Philippe II d'Espagne. Le 17 février 1596, des troupes françaises se massent devant les remparts de la ville ; alors qu'il accourt sur place, Casaulx est assassiné par Pierre de Libertat, qui fait ensuite ouvrir les portes de la ville. En apprenant la réduction de la ville Henri IV aurait dit : « C'est maintenant que je suis roi de France[48]. »

Marseille continue toutefois dans les années qui suivent à contester le pouvoir royal. En 1615, la population attaque le bureau de perception de la taxe foraine, tuant les commis et brulant les registres. En 1634, une émeute de pêcheurs conteste la hausse du sel. En 1635 puis en 1644, des habitants se révoltent contre de nouveaux règlements royaux concernant les monnaies. En 1652, profitant de la Fronde aixoise, les Marseillais prennent les péages de Bouc-Bel-Air, d'Aubagne et des Pennes. En 1659, un émissaire du roi est pris à partie par la foule et mis en pièces[49].

Louis XIV se rend alors sur place pour mettre fin aux troubles. En 1660, établi à Aix, il annonce que Marseille sera soumise à une occupation militaire et que les institutions municipales seront complètement réformées. La porte Réale, devant laquelle les comtes de Provence puis les rois de France devaient jurer de respecter les libertés de la ville avant d'y pénétrer, est abattue. Pour surveiller la ville, le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas sont construits à l'entrée du port. Le 2 mars 1660, Louis XIV fait symboliquement son entrée dans Marseille par une brèche ouverte dans les remparts, comme si la ville était conquise[49].

XVIIe et XVIIIe siècles : l'essor commercial[modifier | modifier le code]

Plan de Marseille en 1720

Si Marseille a pratiquement ignoré la Renaissance, elle se transforme à partir du XVIIe siècle, entre esprit classique et baroque, sous l'influence notamment de Pierre Puget[50]. Après la soumission de la ville par Louis XIV, l'agrandissement en est décidée. Pour la première fois, Marseille s'étend au-delà de ses murailles médiévales. Le cours (aujourd'hui cours Belsunce et cours Saint-Louis), est construit en 1670.

En mars 1669, Jean-Baptiste Colbert fait de Marseille un port franc, supprimant la quasi-totalité des droits. En 1685, un édit interdit aux marchandises du Levant d'entrer dans le royaume par un autre port que Marseille, qui se retrouve ainsi en situation de monopole. La Chambre de commerce, la plus ancienne de France, fondée en 1599, reçoit la gestion du commerce français avec le Levant et la Barbarie. Ces dispositions attirent une nouvelle prospérité grâce au commerce méditerranéen. À partir de 1700, Marseille se lance dans le commerce océanique, d'abord dans le trafic d'argent avec l'Amérique du Sud, puis des alcools, sucre et café avec les Antilles[51].

À la fin du XVIIIe siècle, Marseille est le premier port de Méditerranée, devant Gênes. Si la peste de 1720 porte un rude coup à la démographie de la ville (38 000 victimes sur 75 000 habitants)[52], celle-ci se rétablit vite et atteint son niveau d'avant la peste dès 1730[51].

En dehors de la cité, le terroir marseillais, comprenant d'une cinquantaine de villages et de riches familles exploitantes agricoles, profite de cette prospérité. La principale richesse du terroir est le vin, qui est vendu en ville où aucun vin étranger n'est autorisé[51].

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

Marche des Marseillois chantée sur différents théâtres

Il faut attendre la Révolution française et l'uniformisation du territoire français (langue, monnaie, droit) pour que Marseille perde cette spécificité qu'elle a toujours tenté de conserver. Ce n'est sans doute pas pour rien que le chant révolutionnaire de Rouget de Lisle plaît aux Marseillais et est appelé la Marseillaise.

Révoltée contre la Convention, Marseille est officiellement débaptisée et désignée du 6 janvier au 12 février 1794 comme la ville « sans nom » [53].

La Marseillaise[modifier | modifier le code]

En 1792, Rouget de Lisle, jeune officier du génie, compose à Strasbourg le Chant de guerre de l'Armée du Rhin. Cet hymne, qui a été édité, parvient à Marseille qui a accueilli la Révolution avec enthousiasme. La ville, envoyant à Paris 500 volontaires, leur offre un banquet, au cours duquel un certain François Mireur chante l'œuvre venue d'Alsace. Elle soulève l'enthousiasme et les assistants la reprennent en chœur. Quand ils défilent dans les rues de Paris, leurs voix chaudes de Méridionaux, qui lancent à toute volée les strophes enflammées, électrisent la foule. Le nouvel hymne trouve aussitôt son nom : c'est la Marseillaise. Une plaque commémorative de Rouget de Lisle est visible rue Thubaneau au centre de Marseille.

Du XIXe au début du XXe siècle : Marseille, port des colonies[modifier | modifier le code]

De 1860 au début de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle, avec son cortège d'innovations industrielles (dont l'apparition de la navigation à vapeur), la fin de la piraterie barbaresque et les traités de libre échange des années 1860, les conquêtes coloniales de la France à partir de 1830 puis le percement du canal de Suez en 1869, stimulent le commerce maritime et la prospérité de la ville, qui passe d'environ 300 000 habitants en 1870 à environ 600 000 habitants en 1940. La zone portuaire déborde de son périmètre historique (le Vieux-Port) et s'étend à partir de 1844 aux rivages Nord. Les actuels bassins de la Joliette sont ouverts en 1853, ceux du Lazaret et d'Arenc en 1856. La banque de Marseille la plus réputée est alors celle créée par Pierre Pascal II au début de l'Empire.

L'économie de la ville est alors basée sur le négoce et l'industrie : production de corps gras, huile et savons, sucre, semoulerie, chimie, tuilerie, réparation navale et construction mécanique[54]. Si la fin du XIXe siècle est moins florissante, la période précédant la Première Guerre mondiale est le point culminant de ce système « industrialo-portuaire » marseillais : l'année 1913 est celle où le tonnage portuaire est le plus important, notamment les oléagineux. À cette époque se développent de petites entreprises créées par de nouveaux venus (sud de la France, Italie, Empire ottoman)[55] et d'abord spécialisées vers la négoce et la transformation des produits coloniaux, puis des armateurs, négociants, fabricants d'huile, raffineurs de sucre et savonniers, voire banquiers. Dans ce système concurrentiel et de spéculation de marchés, défini par l'individualisme industriel, l'activité repose souvent sur un système familial. Très attachés à ce modèle libéral, bénéficiant d'une main d'œuvre étrangère peu qualifiée, ces patrons marseillais sont contre toute intervention « parisienne » du type d'investissement de capitaux privés ou de mise en place de réglementations publiques[56]. Marseille célèbre cette richesse à travers les expositions coloniales de 1906 et 1922, qui connaissent un vif succès.

Grands chantiers[modifier | modifier le code]

Le quai de la Joliette et les Messageries maritimes dans les années 1890.

L'accroissement territorial et démographique de la ville est à l'origine d'un chantier majeur : l'adduction des eaux de la Durance, décidée dès 1834 par le maire Maximin Consolat. Cette mesure s'impose d'autant plus que sévissent cette année-là une grande sécheresse et une épidémie de choléra. La construction par 5 000 ouvriers du canal de Marseille, long de 87 km, demande onze ans de travaux et l'eau de la Durance arrive le 8 juillet 1847 à Marseille. En 1862, afin de commémorer cet événement, l'architecte d'origine nîmoise Henry Espérandieu (1829-1874) est chargé de réaliser un vaste monument « à la gloire de l'eau » ; c'est le palais Longchamp, qui est inauguré en août 1869.

Ce dernier a également édifié la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde à partir de 1853 (consacrée en 1864) et est intervenu aussi sur le grand chantier de construction de la nouvelle cathédrale de La Major, sur les quais de la Joliette. Il a réalisé également de 1864 à 1874 le palais des Arts situé place Carli et a participé à la construction de la monumentale préfecture.

L'autre grand chantier est, comme partout en France à cette époque, l'arrivée du chemin de fer. Marseille est reliée à Avignon au début de l'année 1848, à Lyon en 1854, à Paris en 1857. La gare terminus, établie sur la butte Saint-Charles, fait l'objet de nombreux remaniements et aménagements jusqu'à la fin du siècle[57].

En 1871, pendant le soulèvement de la Commune de Paris, la ville connaît une insurrection similaire qui dure quinze jours. La préfecture est bombardée et le chef des insurgés, un avocat modéré, Gaston Crémieux, fusillé six mois plus tard, au Pharo.

En 1884 sévit une nouvelle épidémie de choléra. En 1891 débutent les travaux d’un réseau d'assainissement aboutissant à la construction d'un grand collecteur.

Début XXe siècle[modifier | modifier le code]

La rue Noailles et l'ancien tramway de Marseille dans les années 1910.

Au début du XXe siècle, la bourgeoisie issue de l'industrialisation négociante est peu présente dans les postes politiques. L'entre-soi familial met à distance, hormis quelques exceptions, les élites locales et les représentants de l'État[58]. De même dans la ville, plutôt que d'intervenir au centre où se concentre l'espace industriel et ouvrier, ces industriels et négociants locaux s'installent dans les quartiers résidentiels du sud, renforçant une division de la ville entre quartiers populaires au nord et bourgeois au sud. Cette bourgeoisie ne mène pas de politique de logement ouvrier. La vaste opération du percement de la rue de la République renforce d'ailleurs la prudence des investissements immobiliers après de grandes difficultés de rentabilité dues à la faillite des frères Péreire et à la reprise par les grandes familles locales.

La ville fait ainsi face à un surpeuplement important, découlant du faible nombre de logements construits entre 1880 et 1914 et renforcé par le peu d'impact de la loi sur les habitations à bon marché (HBM) en raison du faible investissement du patronal local dans ces nouveaux organismes, contrairement à ce qui se réalise à cette époque ailleurs en France[59]. La poussée démographique ouvrière et immigrée rend l'urbanisation dispersée avec un morcellement des propriétés rurales, l'éclatement urbain par des lotissements et un phénomène important d'auto-construction de maisons modestes. Cet éclatement urbain dans une commune à la superficie aussi vaste rend sa gouvernance difficile : « Le rapport entre une population aux revenus assez faibles et une surface énorme à entretenir, assainir et équiper, s'amenuise et rend pratiquement impossible la gestion municipale »[60]. Pourtant, la période voit également l'essor industriel et des infrastructures portuaires. Ainsi, pour relier les quais du Port et de Rive Neuve, le pont transbordeur de Marseille est construit en dix-neuf mois, entre juin 1904 et décembre 1905.

Chaos de l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En 1938, Marseille connaît un terrible incendie qui détruit totalement le magasin des Nouvelles Galeries, cause la mort de 73 personnes et endommage quelques immeubles de la Canebière. Devant l'ampleur du sinistre, les sapeurs-pompiers de Marseille, mal équipés et mal entraînés se montrent impuissants à éteindre l'incendie. Édouard Daladier qui est présent pour le congrès du Parti radical et logé dans l'hôtel de Noailles faisant face aux Nouvelles Galeries en flammes, déclare : « N'y a-t-il donc personne pour faire régner l'ordre dans cette ville ? ». Le bataillon militaire de marins-pompiers est créé par un décret-loi de juillet 1939 et la ville, ayant par ailleurs de lourds problèmes financiers, est mise sous tutelle et dirigée par un administrateur extraordinaire jusqu'à la Libération en 1944.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Destruction du quartier du Vieux-Port janvier 1943
Dynamitage du quartier du Vieux-Port en janvier 1943

Le 1er juin 1940, un bombardement allemand cause la mort de 32 Marseillais et en blesse une soixantaine d'autres, le jour même où le bataillon de marins-pompiers, récemment créé, quitte la caserne provisoire de la rue de Lyon et prend possession de celle du boulevard de Strasbourg[61].

À la suite du débarquement américain en Afrique du Nord, le 11 novembre, les troupes allemandes franchissent la ligne de démarcation et Marseille se retrouve occupée le 12 novembre 1942, comme le reste de la Zone libre. La ville souffre grandement de l'occupation et en particulier, lors de la Rafle de Marseille, le quartier du Panier au nord du Vieux-Port qualifié de « quartier criminel » par les nazis. Dans la nuit du 22 au 23 janvier 1943, plusieurs milliers de personnes sont arrêtées et deux jours plus tard, le 24 janvier, le général SS Oberg, assisté du préfet René Bousquet, ordonne aux habitants du quartier du Vieux-Port d'évacuer leur domicile dans les deux heures, avec 30 kg de bagages. 30 000 personnes sont expulsées. Dans les deux semaines qui suivent, 1 500 immeubles sont dynamités, laissant un champ de ruines jusqu'à la Libération. Marseille subit également plusieurs alertes aériennes. Le bombardement américain du 27 mai 1944 est particulièrement dévastateur et cause la mort de près de 2 000 personnes, en blessant environ 3 000. Quelques 400 Allemands des troupes d'occupation trouvèrent également la mort[61].

Le 15 août 1944 a lieu le débarquement en Provence. À cette occasion, l'occupant fait sauter les installations portuaires : plus de 200 navires sont coulés et le célèbre pont transbordeur de Marseille détruit[62].

Les FFI de Marseille (et parmi eux Gaston Defferre) préparent la libération de la ville. Le 21 août, ils lancent l'insurrection accompagnée d'un mot d'ordre de grève générale. Mais mal armés et peu nombreux, leur position est critique jusqu'à l'arrivée des tirailleurs algériens du général de Monsabert et les goumiers marocains du général Augustin Guillaume qui pénètrent à Marseille le 23. Les combats avec l’armée allemande se poursuivent plusieurs jours, jusqu’à la capitulation du général Hans Schaefer le 28 août. Le 29, le général de Lattre de Tassigny assiste au défilé de l’armée d'Afrique sur la Canebière[61].

Des années 1950 à 1980 : les difficultés[modifier | modifier le code]

Après guerre, l'urbanisation de la ville s'accélère. De grands ensembles sont construits dans les Quartiers nord et une grande place est laissée à la circulation automobile par la construction d'autoroutes jusqu'au cœur de la ville.

Mais à partir des années 1970 et 1980, l'indépendance progressive des colonies françaises met à mal l'économie de la ville. Marseille souffre également d'une mauvaise réputation liée à l'insécurité et aux affaires de grand banditisme (French Connection, assassinat du juge Michel, etc.).

En 1962, Marseille est le lieu de transit de la majorité des Pieds-Noirs fuyant l'Algérie indépendante. Beaucoup s'installent ensuite dans la ville et sa région.

En 1973, dans un contexte de tensions autour de l'immigration et après l'assassinat d'un chauffeur de bus par un Algérien déséquilibré, la ville est le théâtre de violences racistes.

En 1977 est mis en service le métro.

Depuis les années 1990[modifier | modifier le code]

Le MuCEM.

Dans les années 1990, le projet Euroméditerranée de développement économique et de rénovation urbaine est lancé. De nombreuses infrastructures nouvelles et rénovations sont réalisées dans les années 2000 et 2010 : le tramway, la rénovation de l'Hôtel-Dieu en hôtel de luxe, Le Silo, l'agrandissement du Stade Vélodrome, la tour CMA CGM, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM) ou encore la Villa Méditerranée. En 2013, Marseille est capitale européenne de la culture. Cette opération reçoit près de 10 millions de visiteurs[63].

L'OCDE note que la ville connait aujourd'hui un dynamisme économique dans le cadre du développement de son aire urbaine mais le rapport pointe encore l'importance des inégalités sociales et la fracture économique entre le sud de la ville et les Quartiers nord[64].

De même, Marseille souffre aujourd'hui encore, comme au cours du XXe siècle, de problèmes d'insécurité et de grand banditisme liés au trafic de drogue. La ville fait ainsi régulièrement la une de la presse française avec les règlements de compte qui s'y produisent (on comptait encore 20 assassinats en 2013)[65].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Paysage politique[modifier | modifier le code]

Histoire politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Marseille.
Gaston Defferre en 1959.

Ville industrielle, Marseille est très tôt un territoire d'implantation du socialisme en France : Clovis Hugues y est élu premier député d'un parti ouvrier en France en 1881 et Siméon Flaissières, le premier maire socialiste de la ville, est élu en 1892.

Durant la majeure partie du XXe siècle, Marseille est acquise à la gauche. Après la Libération, la SFIO et le Parti communiste sont les deux principales forces politiques de la ville et le socialiste Gaston Defferre s'allie un temps à la droite contre les communistes pour conquérir la mairie. Il l'occupe jusqu'à sa mort en 1986.

La domination de la gauche s'estompe progressivement à partir des années 1980. Aux élections de 1983 déjà, Gaston Defferre recueille moins de voix que son adversaire de droite Jean-Claude Gaudin et n'est réélu qu'à la faveur du découpage électoral. Robert Vigouroux succède à Gaston Defferre après son décès ; il est largement élu aux élections de 1989, remportant l'ensemble des secteurs en tant que dissident socialiste. En 1995, Jean-Claude Gaudin est élu maire et fait basculer la ville à droite pour la première fois depuis 1953. Il est réélu en 2001, 2008 et 2014[66]. Ce basculement se produit également lors des scrutins nationaux : le candidat de droite arrive en tête à Marseille lors du second tour des élections présidentielles en 1995, 2002 et 2007.

Les scrutins à Marseille sont également caractérisés par un fort vote protestataire : en 1981, Georges Marchais y arrive en tête au premier tour, ainsi que Jean-Marie Le Pen en 1995 et 2002.

Géographie électorale[modifier | modifier le code]

Le résultat des élections de 2014 par secteur

Le vote à Marseille est géographiquement divisé.

Le nord de la ville (2e, 3e, 13e, 14e, 15e et 16e arrondissements) est globalement acquis à la gauche. Les bastions communistes, comme la Belle de Mai, y ont été progressivement remplacés par le vote socialiste dans les années 1990 et 2000.

Le sud, à l'inverse, est dominé par la droite (6e, 8e, 9e et 10e arrondissements). Les quartiers est (11e et 12e arrondissements), longtemps socialistes, ont récemment basculé à droite à la faveur de la désindustrialisation de la Vallée de l'Huveaune et de changements sociologiques.

Le grand centre-ville (1er, 4e, 5e et 7e arrondissements) est actuellement l'objet des batailles électorales les plus serrées, comme lors des dernières élections municipales et législatives.

Le Front national réalise ses meilleurs scores dans l'est de la ville et les Quartiers nord, notamment les 13e et 14e arrondissements (où le frontiste Stéphane Ravier s'impose au second tour des élections municipales de 2014).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Secteurs, arrondissements et quartiers[modifier | modifier le code]

Le découpage des arrondissements et des secteurs de Marseille

Marseille est l'objet de la loi PML et est, comme Paris et Lyon, découpée en arrondissements. Ceux-ci sont au nombre de 16 et sont regroupés par deux en huit secteurs. Chaque secteur dispose de son conseil et de son maire de secteur.

Chaque secteur élit donc ses conseillers (303 au total), dont un tiers siège également au conseil municipal et élisent le maire de la ville :

Nombre de conseillers élus par secteur
Secteur I II III IV V VI VII VIII Total
Conseillers de secteur 22 16 22 30 30 26 32 24 202
Conseillers municipaux 11 8 11 15 15 13 16 12 101
Nombre total d'élus 33 24 33 45 45 39 48 36 303

Cantons et circonscriptions[modifier | modifier le code]

Marseille est découpée en 25 cantons et sept circonscriptions.

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Marseille est la grande ville française la plus endettée avec 1,806 milliard d'euros de dette en 2013, soit un endettement de 2 103 euros par habitant (contre 1 080 euros par habitant en moyenne pour les grandes villes en France)[67].

Justice[modifier | modifier le code]

Marseille est le siège d'un tribunal de grande instance, d'un tribunal d'instance, d'un tribunal de commerce, d'un tribunal de police, d'un conseil de prud’hommes, d'un tribunal administratif et d'une Cour administrative d'appel de Marseille. La Cour d'appel se trouve à Aix-en-Provence.

Marseille abrite la prison des Baumettes, construite en 1934. En 2006, les conditions de vie de ce centre pénitentiaire ont été jugées choquantes[68] et en 2012 le Contrôleur général des lieux de privation de liberté y dénonce « une violation grave des droits fondamentaux des personnes privées de liberté[69] ».

Sécurité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Milieu marseillais.
L'Évêché, l'Hôtel de police de la ville

Le grand banditisme et les règlements de comptes entre gangs sont associés à l'image de Marseille. En 2012, 24 des 50 règlements de compte entre malfaiteurs ayant eu lieu en France se sont produits dans les Bouches-du-Rhône[70]. En 2011, selon la préfecture, 15 règlements de comptes ont été recensés à Marseille faisant 23 victimes dont 13 décédées[71] et selon France 3, il y a eu 20 règlements de compte en 2011 et 24 en 2012[72]. Si les règlements de compte sont nombreux à Marseille, leur nombre a baissé au cours des années, il était de 45 en 1985[73].

La forte présence dans les médias nationaux de l'actualité des faits divers à Marseille, en particulier des règlements de compte, est accusée de donner une mauvaise image de la ville et conduit certains à parler de désinformation[74],[73]. Deux autres facteurs expliquent la surmédiatisation des règlements de compte à Marseille : le fait que les banlieues font administrativement partie de la ville de Marseille, et le fait que les règlements de compte sont généralement surmédiatisés, alors qu'ils ne représentent que 10% des homicides commis en France chaque année[73].

En effet, si la ville de Marseille connaît un taux de meurtres liés à la drogue proportionnellement presque aussi élevé que celui de New York[75] avec notamment des vols avec violence (en particulier contre les femmes) et des vols à la tire qui dépassent la moyenne nationale, la circonscription de sécurité publique de Marseille[N 5] ne détient pour l'année 2008 que le 13e plus fort taux de délinquance (sur plus de 400 circonscriptions métropolitaines), derrière notamment Nice, Avignon ou Cannes, avec un taux de faits de délinquance constatés de 114,04 pour 1000 habitants, soit les deux-tiers de la moyenne nationale[76],[77]. Nice[78], par exemple, connaît proportionnellement plus de crimes[79],[80].

Le sentiment d’insécurité[81] a toutefois poussé le gouvernement en 2012 à doter les Bouches-du-Rhône d’une Préfecture de police de plein exercice, la seule de France avec Paris.

Défense[modifier | modifier le code]

Marseille est le siège de l'état-major d'une circonscription militaire de défense, de l'état-major zonal de la Gendarmerie nationale et de l'escadron de gendarmerie mobile 11/6. Y sont stationnés l'état-major de force n° 3, le commissariat de l'armée de terre de Marseille et le groupement de soutien de la base de défense expérimentale de Marseille, le 4e régiment de dragons, le 72e bataillon d'infanterie de marine, le 3e groupement logistique du commissariat de l'armée de terre. Marseille abrite également l'Hôpital d'instruction des armées.

Le Bataillon de marins-pompiers de Marseille constitue le corps municipal des pompiers de Marseille. Commandé par un officier général, c'est une unité de la Marine nationale d'un effectif de 2 400 personnes. Il a été créé en 1939 à la suite de l'incendie des Nouvelles Galeries qui fit 73 morts l'année précédente. Il remplace le Bataillon de sapeurs-pompiers de Marseille, dissout à la suite de cette catastrophe. Le bataillon de marins-pompiers de Marseille est la seule unité militaire de l'armée française qui agit selon les ordres et les directives d'un maire.

International[modifier | modifier le code]

Marseille est le siège de quelques organismes internationaux et de recherche tels que l'Institut de recherche pour le développement (IRD), la Commission Méditerranée de Cités et Gouvernements locaux unis (CGLU) ou le Conseil mondial de l'eau. Y sont également implantés le bureau local de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), une antenne de la Banque mondiale, un bureau de l'Organisation internationale pour les migrations.

70 consulats sont établis à Marseille, soit la deuxième représentation consulaire de France après Paris[82].

Le 9 septembre 2011, les ministres des finances du G7 se sont réunis au Palais du Pharo.

Jumelages et partenariats[modifier | modifier le code]

Marseille est jumelée avec quatorze villes[83] et a également signé des pactes d'amitié et de coopération avec vingt-neuf villes de par le monde[84].

  • Jumelages
Année Ville Pays
1958 Abidjan Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
1958 Anvers Drapeau de la Belgique Belgique
1958 Copenhague Drapeau du Danemark Danemark
1958 Gênes Drapeau de l'Italie Italie
1958 Haïfa Drapeau d’Israël Israël
1958 Hambourg Drapeau de l'Allemagne Allemagne
1961 Kobe Drapeau du Japon Japon
1968 Dakar Sénégal Sénégal
1972 Odessa Drapeau de l'Ukraine Ukraine
1984 Le Pirée Drapeau de la Grèce Grèce
1987 Shanghai Drapeau de la République populaire de Chine Chine
2004 Marrakech Drapeau du Maroc Maroc
2006 Glasgow Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
2007 Nador Drapeau du Maroc Maroc
2010 Bruxelles Drapeau de la Belgique Belgique
  • Accords de coopération
Ville Pays
Agadir Drapeau du Maroc Maroc
Alexandrie Drapeau de l'Égypte Égypte
Alger Drapeau de l'Algérie Algérie
Bamako Drapeau du Mali Mali
Barcelone Drapeau de l'Espagne Espagne
Beyrouth Drapeau du Liban Liban
Le Cap Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Casablanca Drapeau du Maroc Maroc
Erevan Drapeau de l'Arménie Arménie
Gdansk Drapeau de la Pologne Pologne
Ville Pays
Istanbul Drapeau de la Turquie Turquie
Izmit Drapeau de la Turquie Turquie
Jérusalem Drapeau d’Israël Israël
Limassol Drapeau de Chypre Chypre
Lomé Drapeau du Togo Togo
Lyon Drapeau de la France France
Meknes Drapeau du Maroc Maroc
Montevideo Drapeau de l'Uruguay Uruguay
N'Djamena Drapeau du Tchad Tchad
Nice Drapeau de la France France
Ville Pays
Nîmes Drapeau de la France France
Rabat Drapeau du Maroc Maroc
Sarajevo Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Sousse Drapeau de la Tunisie Tunisie
Thessalonique Drapeau de la Grèce Grèce
Tirana Drapeau de l'Albanie Albanie
Tripoli Drapeau du Liban Liban
Tunis Drapeau de la Tunisie Tunisie
Varna Drapeau de la Bulgarie Bulgarie

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Après une grave crise dans les années 1970 et 1980 qui a vu la population passer de plus de 900 000 à moins de 800 000 habitants (malgré un solde naturel assez positif), la population augmente de nouveau à partir des années 2000[85].

Avec plus de 850 000 habitants, Marseille est la 2e commune de France. Son unité urbaine est cependant la 3e du pays (après Paris et Lyon) avec 1 560 921 habitants (2011), incluant Aix-en-Provence au nord, Istres, Martigues et Vitrolles à l'ouest et Aubagne à l'est. L'aire urbaine de Marseille est la 3e de France après celle de Paris et juste en dessous de celle de Lyon. L'agglomération marseillaise a même récemment absorbé la commune de Saint-Zacharie, qui fait partie du Var. En revanche, La Ciotat, qui fait partie de la communauté urbaine de Marseille, a été absorbé par l'unité urbaine de Toulon.

En 2011, la commune comptait 850 636 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
108 374 96 413 99 169 109 483 145 115 146 239 154 035 183 186 195 258
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
233 817 260 910 300 131 312 864 318 868 360 099 376 143 403 749 442 239
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
491 161 517 498 550 619 586 341 652 196 800 881 914 232 636 264 661 407
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
778 071 889 029 908 600 874 436 800 550 795 518 839 043 850 636 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[86] puis Insee à partir de 2004[87].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges de la ville de Marseille en 2009[88] 
En nombre d'individus
Hommes Classe d’âge Femmes
1 645 
90 à plus
5 381 
27 178 
75 à 89
46 622 
51 230 
60 à 74
61 289 
74 956 
45 à 59
83 874 
82 014 
30 à 44
88 414 
84 949 
15 à 29
88 287 
78 872 
0 à 14
75 891 
Immigration

En 2008, la ville compte 108 392 immigrés soit 12,7 % de sa population (dont 2,2 % nés en Europe et 10,5 % nés hors d'Europe, principalement au Maghreb)[89]. Par ailleurs, en 1999, 41,8 % des jeunes de moins de 18 ans avaient au moins un parent immigré (dont 23 % d'origine maghrébine, subsaharienne ou turque)[90]. Cette proportion dépassait les 50 % (dont 40 % d'origine maghrébine) en 2005 dans les trois premiers arrondissements de la ville[91],[92].

De fortes inégalités[modifier | modifier le code]

La Castellane, l'une des nombreuses cités des quartiers nord de Marseille

Avec un coefficient de Gini de 0,436, Marseille est une des villes les plus inégalitaires de France[93], une partie de sa population étant très pauvre tandis que les grandes fortunes y sont également nombreuses. Ces inégalités se sont d'ailleurs aggravées récemment : alors qu'en 2000, l'échelle de revenu était de 1 à 10, elle est de 1 à 14 en 2012[94].

D'un côté, la commune connaissait un taux de pauvreté de 25 % en 2011 qui dépassait même les 40 % dans les quartiers nord de la ville. En comparaison, ce premier chiffre est identique à celui de Lille ou de Montpellier, mais de loin supérieur à celui de Lyon (15%). Cela s'explique en partie par le fait que les banlieues populaires de la ville se situent au sein de la commune, contrairement à d'autres grandes villes de France : les banlieues parisiennes, lyonnaises ou lilloises connaissent en effet une pauvreté comparable[95].

De l'autre côté, environ 3 200 contribuables sont soumis à l'impôt de solidarité sur la fortune avec un patrimoine moyen de 2,56 millions d'euros, ce qui en fait la deuxième ville hors Île-de-France et la cinquième ville de France en nombre de redevables à l'ISF[96],[97]. De la même manière, quinze familles marseillaises figurent dans les 500 premières fortunes professionnelles en France selon le magazine Challenges. Le sociologue André Donzel parle de Marseille comme d'une « métropole duale » proche des configurations urbaines des pays en développement où se côtoient les plus riches comme les plus pauvres[98].

Géographiquement, la population la plus riche se trouve principalement au sud et à l’est de la ville : le revenu médian par unité de consommation y dépasse les 19 500 euros. Le 8e est l'arrondissement le plus aisé, avec 22 718 euros, suivi par le 7e (20 853 euros), le 12e (20 080 euros) et le 9e (19 898 euros).

À l'inverse, le nord et le centre de la ville sont plus pauvres. Le 3e arrondissement est le plus pauvre de toute la ville, avec 7 316 euros de revenu fiscal médian, soit à peine le tiers de celui du 8e arrondissement. Plus de 37 % de sa population bénéficie de la CMU complémentaire contre moins de 5 % dans le 8e arrondissement. Les ménages du 2e arrondissement sont à peine moins pauvres, en approchant les 9 000 euros de revenu médian. Ceux des 1er, 14e et 15e sont inférieurs à 10 000 euros.

Quant aux 13e et 16e arrondissements, ils regroupent à la fois des zones pauvres et d'autres plus favorisées plus disparates[N 6].

Ces contrastes se retrouvent dans le taux de personnes non-diplômées : en 2006 il s'élève à 25,27 % pour la ville (contre 19,5 % pour la France métropolitaine)[99] mais dans les 3e, 14e et 15e arrondissements, il dépasse les 40 %. Le taux de diplômé du supérieur atteint dépasse les 20 % dans les 1er, 6e, 7e et 8e arrondissements mais s'établit à moins de 5 % dans les 3e, 14e et 15e.

De même pour le chômage : au recensement de 2006, le taux de chômeur s'élève à plus de 30 % dans les 2e et 3e arrondissements, plus de 25 % dans les 1er et 15e, plus de 20 % dans les 14e et 16e[100].

Ville d'immigrations[modifier | modifier le code]

La famille d'Yves Montand, venue d'Italie, a immigré à Marseille lorsqu'il avait deux ans.

Marseille est une ville dont la population s'est construite sur des vagues migratoires importantes successives.

Avant 1850 : une minorité étrangère déjà importante[modifier | modifier le code]

Ville portuaire, Marseille est depuis sa fondation une ville de passage et d'installation pour des gens venus d'ailleurs. Dès l'Antiquité, elle abrite des minorités étrusques, ligures, celtes, salyennes et romaines[réf. nécessaire].

À la fin du XVIIIe siècle siècle, l'historien Michel Vovelle estime que les Italiens sont 5 à 6 000, pour une population totale de 100 000 habitants. Ils représentent alors 70 % des étrangers résidents dans la ville. Les Espagnols, les Grecs, les Levantins ou les Nord-Africains occupent également une place non négligeable dans la population étrangère d'alors[101]. Des Mameluks sont également ramenés d'Égypte par Napoléon et s'installent dans le quartier du port mais en 1815, ils sont victimes de violences au moment de la chute du régime napoléonien, faisant une douzaine de morts[102].

Des années 1850 aux années 1910[modifier | modifier le code]

À partir du milieu du XIXe siècle, l'extension du port vers le nord et la construction de la voie ferrée du PLM a lieu avec l'aide d'une main-d'œuvre principalement italienne. Marseille est alors une ville avec une forte minorité transalpine : en 1851, sur 200 000 habitants, on compte environ 16 000 Italiens. Les historiens Émile Témime et Renée Lopez parlent même d'« invasion italienne » entre les années 1850 et 1914 tant leur immigration est importante dans la ville[103]. En 1911, ils sont autour de 94 000, soit 17 % du total, et leur proportion domine largement la population étrangère (88 %). Parmi les autres communautés étrangères de l'époque, on dénombre 5 000 Espagnols et 2 000 Algériens, qui sont alors de nationalité française. Les Grecs, les Turcs et les Levantins constituent toujours une minorité notable[104].

Selon la radio NPR, il y aurait aujourd'hui 300 000 personnes d'origine italienne à Marseille, soit environ 35 % de la population, ce qui ferait des Italiens représenteraient donc la première communauté d'origine étrangère de la ville[105].

Des années 1920 aux années 1940[modifier | modifier le code]

Dans les années 1930, on observe une nouvelle augmentation du nombre d'étrangers et un renouvellement de la population qui renforce le caractère cosmopolite de la ville[104]. Ainsi en 1935, si la population italienne reste considérable (15 % du total et 62 à 63 % des étrangers), elle est en recul par rapport aux dernières décennies. De plus, deux groupes représentent désormais plus de 10 % de la population étrangère : les Espagnols et les Arméniens, qui ont fui l'Empire ottoman suite au génocide (aujourd’hui encore, 10 % de la population marseillaise serait constituée de descendants d'Arméniens[106]). La population algérienne continue d'augmenter et ils seraient 9 500 en 1936[104].

Entre les années 1920 et 1940, de nombreux Corses s'établissent dans les quartiers traditionnels d'immigration, le Panier et la Porte d'Aix[102]. En 1965, on estimait que plus de 100 000 Corses vivaient à Marseille, ce qui lui valait alors le surnom de « capitale des Corses »[107].

Depuis les années 1950[modifier | modifier le code]

À partir des années 1960, la reprise économique favorise une importante immigration maghrébine et plus particulièrement algérienne. Au recensement de 1975, 60% des étrangers sont d'origine maghrébine, reprenant une partie des emplois et des quartiers qu'occupaient autrefois les Italiens[104]. Les immigrés nord-africains et leurs descendances représenteraient aujourd'hui selon NPR 200 000 personnes (soit 23% du total)[105].

Par ailleurs, à la fin de la guerre d'Algérie en 1962, la ville accueille les Pieds-Noirs. Marseille est le lieu d'arrivée et de transit de la quasi-totalité d'entre-eux, dont une partie s'établit définitivement dans la ville et sa région. L'arrivée des Juifs séfarades d'Algérie modifie d'ailleurs grandement la communauté israélite de Marseille, qui s'élèverait aujourd'hui à 80 000 personnes[108], soit la troisième communauté juive d'Europe, après celles de Paris et de Londres[109].

À la fin du XXe siècle, consécutivement à l'indépendance des Comores en 1975, une importante communauté originaire de ces îles s'installe également dans la ville, dans des proportions faisant de Marseille la « plus grande ville comorienne » devant Moroni, avec une population de 50 000 à 100 000 personnes selon des estimations de 2004, soit près de 10 % de la population marseillaise[110],[111],[112].

Une ville multiculturelle[modifier | modifier le code]

Ces vagues migratoires successives ont construit l'identité de la ville, définissant sa population comme un « peuple pluriel »[113]. Les quartiers de Noailles et du Panier par exemple, qu'ont occupé beaucoup de ces nouveaux entrants à leur arrivée, sont restés multiculturels par essence, avec leurs magasins et restaurants italiens, corses, libanais, marocains, etc.[114] Pour beaucoup d'observateurs étrangers, les rapports entre les communautés sont moins conflictuels à Marseille par rapport au reste de la France[115],[116],[117].

Toutefois, les vagues d'immigrations successives ne résultent toutefois pas en un métissage : selon l'historien Yvan Gastaut « les minorités intégrées sont restées fortement structurées autour de leurs références successives[118]. »

L'histoire de Marseille est également marquée par des poussées de violences racistes, notamment les violences contre les Mameluks de 1815[102], les Vêpres marseillaises de 1881 contre les Italiens ou les ratonnades de 1973 envers les Algériens.

Économie[modifier | modifier le code]

Entre 2010 et 2012, l'aire urbaine de Marseille a enregistré la deuxième plus forte croissance d'emploi des métropoles européennes de l'OCDE avec +2,1% par an[119]. La métropole d'Aix-Marseille est selon l'OCDE la 40e ville la plus innovante au monde et compte dix pôles de compétitivité. Elle pèse 2,8% du PIB français.

Entre 2000 et 2012, le chômage est passé de 14,3 à 10,1% dans l'aire urbaine, mais le taux de chômage y reste toutefois 2 points plus élevé qu'en France, et elle connait un déficit d'emplois jugé à 62 000 par rapport à la moyenne des métropoles françaises comparables[64].

Ville portuaire[modifier | modifier le code]

Le port de Marseille vu de L'Estaque
Vieux port de Marseille et bateau de pêche.

Marseille a de tout temps été une ville tournée vers la mer et le port a joué et joue encore un rôle de premier plan dans l'économie de la ville.

Au XIXe siècle, la ville est à une situation clef pour les échanges entre la France et ses colonies : elle est au carrefour des routes commerciales qui relient l'Europe à l'Afrique, au Moyen-Orient mais aussi à l'Asie à partir de l'ouverture du canal de Suez en 1869. Le trafic portuaire explose alors, passant de 600 000 tonneaux exportés en 1820 à plus de 7 millions en 1900[120]. L'extension des activités portuaires, jusqu'alors concentrées dans l'actuel Vieux-Port, est alors nécessaire pour faire face à ce flux grandissant de marchandise : durant le Second Empire, de nouveaux bassins agrémentés de quais sont créés à la Joliette, au Lazaret ou à Arenc.

Le port est de nouveau agrandi au XXe siècle, mais vers l'ouest, à l'extérieur de la ville. En 2013, le Grand port maritime de Marseille, qui s'étend de Marseille à Fos-sur-Mer, traite 85 millions de tonnes de marchandises, principalement des hygrocarbures (60 % des trafics)[120]. Il s'agit ainsi du premier port français, du deuxième en Méditerranée[121] et du cinquième en Europe[122]. La croissance du trafic de conteneurs depuis 1990 a été très faible comparativement aux principaux concurrents méditerranéens, la part de marché du port de Marseille passant de 18,6 % en 1989 à 5,5 % en 2006[123],[124],[125] même si depuis 2012 le trafic est en forte augmentation (+15% de 2011 à 2013) grâce notamment à la mise en service de nouveaux terminaux[120].

Marseille est par ailleurs le premier port de croisière de France : en 2013, plus d'un million de croisiéristes ont visités la ville, dont le port de croisière est devenu en 2013 le sixième plus important en Méditerranée[126].

Marseille est aussi parmi les trois premiers complexes de plaisance d'Europe et compte quatre ports de plaisance importants :

  • Le Vieux-Port (3 200 places à quai avec 6 mètres de tirant d'eau)
  • La Pointe Rouge (1 200 places à quai avec un tirant d'eau de 4 à 6 mètres)
  • Le Frioul (650 places à quai dont 150 anneaux réservés aux plaisanciers de passage)
  • L'Estaque (1 500 places dont 145 pour la plaisance).

Marseille est enfin un des principaux ports de pêche de la côte méditerranéenne française. Cependant, les pêcheurs se sont raréfiés ces dernières décennies : pour tout le quartier maritime de Marseille, on ne compte plus que 260 marins pour 125 navires pratiquant une pêche traditionnelle. Les apports annuels sont d'environ 1 000 tonnes[réf. nécessaire].

Industries[modifier | modifier le code]

Entre le XVIIe siècle et le XXe siècle, Marseille était une importante ville industrielle, produisant notamment du savon, des tuiles et de la céramique, des produits alimentaires (huiles ou pâtes), de la construction navale.

Toutefois, la décolonisation et la crise de l'industrie française ont grandement affecté le secteur industriel de Marseille. En mars 2009, la fermeture de l'Union Naval Marseille marque probablement la fin de la filière de la réparation navale à Marseille, qui employait encore plus de 6 000 personnes il y a trente ans[127].

Marseille compte trois sites classés Seveso[128].

La mode est un secteur relativement important à Marseille. Une soixantaine de marques locales (dont Kaporal, Le Temps des Cerises, Kulte, American Vintage, Kothai) totalisaient un chiffre d'affaires à l'export de 229 millions d'euros en 2011[129].

Commerces et tourisme[modifier | modifier le code]

Le Centre Bourse, ainsi que la rue Saint-Ferréol, la rue de la République, la rue de Rome et le bas de la rue Paradis constituent le cœur commercial de Marseille avec des boutiques de vêtements, chaussures et mode pour l'essentiel. Marseille compte trois centres commerciaux importants à la Valentine, Grand Littoral, la Joliette ; plusieurs autres sont en travaux à la Capelette et au Prado destiné à permettre à la ville de capter la consommation qui se fait jusqu'à alors sur les territoires alentours[130]. Depuis 2012, les commerces du centre-ville sont autorisés à ouvrir le dimanche[131]

Le Vieux Port, le cours Julien et les alentours des plages du Prado concentrent de nombreux restaurants.

Marseille est l'une des villes les plus visitée de France : environ cinq millions de visiteurs s'y sont rendu en 2013, contre 2,8 millions en 1996[132], notamment grâce à la Capitale européenne de la culture[133]. Marseille est par ailleurs la deuxième ville de congrès en France et la 74e au niveau mondial[134]

Grandes entreprises[modifier | modifier le code]

Parmi les sociétés de renommée dont le siège est à Marseille, on trouve :

  • CMA-CGM (l'un des leaders mondiaux du transport maritime).
  • la Comex (explorations sous-marines).
  • les Eaux de Marseille (quatrième groupe français dans le secteur de l'eau).
  • ONET (numéro 1 national du nettoyage).
  • Pernod Ricard (deuxième groupe mondial des spiritueux).
  • la Sodexo, qui est le leader mondial des services de restauration.
  • la SNCM (compagnie de navigation qui a en particulier assuré jusqu'à présent la continuité territoriale avec la Corse).
  • le Groupe Snef (génie électrique et climatique).
  • Gemalto (anciennement Gemplus, leader mondial de la sécurité numérique).

Recherche[modifier | modifier le code]

La délégation Provence et Corse est le second pôle régional du CNRS après l’Île-de-France. Elle emploie près de 1 900 personnes dont 856 chercheurs auquel il faut ajouter le personnel de l'université d'Aix-Marseille et des autres organismes de recherche tels que INSERM ou l'INRA[135].

Marché du travail[modifier | modifier le code]

Le quartier d'affaires de la Joliette.

En 2008, sur les 300 831 Marseillais ayant un emploi, 257 794 travaillaient dans la commune, 36 929 dans une autre commune du département, 2 693 dans une autre commune de la région, 3 086 dans le reste de la France métropolitaine[136].

Parmi ceux qui détenaient un emploi à temps complet à Marseille en 2008, 75,7 % avaient un contrat à durée indéterminée (y compris les titulaires de la fonction publique), 9,4 % étaient en contrat à durée déterminée, 6,3 % travailleurs indépendants, 3,8 % étaient employeurs, 1,6 % étaient apprentis, 1,5 % étaient intérimaires, 1,1 % en autres contrats aidés, 0,5 % stagiaires rémunérés[137].

Le nombre d'emplois dans la commune est passé de 297 830 en 1999 à 338 530 emplois en 2008[138], dont 80 736 occupés par des travailleurs habitant hors de la commune.

Marseille est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence (membre de la Chambre régionale de commerce et d'industrie Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse) qui gère l'aéroport Marseille Provence à Marignane[139].

Transports[modifier | modifier le code]

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Le nouveau tramway, mis en service en 2007.
Rame de métro à La Fourragère.
Le Vélo.

La Régie des transports de Marseille (RTM), régie publique, gère les transports urbains au sein de l'organisme Transmétropole de la Communauté urbaine.

Réseaux[modifier | modifier le code]

Marseille compte 119 lignes de bus qui desservent l'ensemble de la ville ainsi qu'Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes-les-Vallons sur un réseau de 950 km. Les parcours et la numérotation des lignes de bus reprennent encore en grande partie ce qu'étaient le réseau de l'ancien tramway de Marseille presque entièrement supprimé à partir des années 1960. Des trolleybus ont circulé à Marseille jusqu'en 2004, où ils ont été remplacés par des bus classiques.

En raison de l'étendue de la ville et des difficultés de circulation, la vitesse moyenne des bus de Marseille est relativement lente, à 12 km/h. Un dispositif de vidéo-verbalisation est mis en place afin de libérer les voies de bus du stationnement et améliorer la fluidité du trafic des autobus[140].

Le réseau de métro comporte deux lignes représentant 21,5 km et 30 stations. La première ligne a été ouverte en 1977, la dernière extension date de 2010. Une station supplémentaire (Capitaine-Gèze) est en travaux sur la ligne 2, après le terminus actuel de Bougainville.

Le tramway compte deux lignes totalisant 11,5 km et 28 arrêts. Le réseau a été ouvert en 2007 et fait encore l'objet de travaux d'extensions.

Trois lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) sont en travaux, représentant une vingtaine de kilomètres.

Le système de vélopartage « Le Vélo » a été mis en place en 2007. Il comporte 130 stations, situées principalement en centre-ville, et fonctionne 24h/24 depuis 2013.

De mars à septembre, un service de navette maritime est mis en place entre le Vieux-Port et la Pointe Rouge et le Vieux-Port et L'Estaque.

Ligne du ferry boat.

Gare routière[modifier | modifier le code]

La principale gare routière de Marseille est située à Saint-Charles. Elle est exploitée par la RTM et accueille la majorité des autocars desservant les Bouches-du-Rhône (Cartreize), la région PACA (LER Provence-Alpes-Côte d'Azur) ou l'Europe (Eurolines) ainsi qu'une navette vers l'aéroport de Marignane.

Ferry-boat[modifier | modifier le code]

Le ferry-boat permet de traverser le Vieux-Port de Marseille de l'Hôtel de ville à la place aux Huiles. Cette ligne, mise en service en 1880, est parfois considérée comme la plus courte liaison maritime commerciale du monde, avec 283 mètres. Elle est exploitée depuis 2010 par un ferry électro-solaire et a un usage principalement touristique.

Chemins de fer[modifier | modifier le code]

La gare de Marseille-Saint-Charles, aboutissement de la ligne Paris-Lyon-Marseille, est inaugurée en 1848. La gare devient alors et pendant longtemps le point de passage obligé des voyageurs vers l'Afrique ou le Moyen-Orient. L'électrification de la ligne est achevée en 1962. L'ouverture de la LGV Sud-Est en 1981 signe l'arrivée du TGV. La ligne est prolongée en 2001 par la LGV Méditerranée, qui met Paris à trois heures de Marseille.

La gare Saint-Charles est également le terminus de la ligne de Marseille à Vintimille et accueille le trafic TGV vers l'ouest et le nord de la France et Intercités du sud-ouest via Montpellier et vers la Savoie et la Suisse via Grenoble. Elle est également au cœur du réseau de Transport express régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur (TER) dont la ligne vers Aix-en-Provence a été récemment rénovée et celle vers Toulon est en train d'être triplée.

Marseille est également desservie par dix autres gares dont les plus importantes sont celles de la Blancarde et de L'Estaque.

Routes[modifier | modifier le code]

Les accès à Marseille.

Marseille est le point d'aboutissement sud de la grande transversale nord-sud constituée par les autoroutes A1, A6 et A7 reliant Lille à Marseille via Paris et Lyon, ainsi que de toutes les autoroutes affluentes, dont l'A9/A54 en provenance de Nîmes et l'A51 d'Aix-en-Provence. L'autoroute Nord est ainsi la principale porte d'entrée routière de la ville : elle traverse tout le nord de la ville et aboutit en centre-ville, à la porte d'Aix.

Deux autres autoroutes pénètrent dans Marseille :

La jonction de ces deux autoroutes s'effectue par le tunnel sous le Vieux-Port et l'ensemble constitue une traversée de la ville quasiment sans interruption.

L'A507, dite L2, est un semi-périphérique en construction depuis de nombreuses années. Elle doit relier l'autoroute Nord à l'autoroute Est en traversant le 12e arrondissement, elle sera ouverte en 2017.

Les anciennes nationales 8 (route de Marseille) et 113 par lesquelles on accédait à Marseille depuis le nord n'ont plus qu'un intérêt local et ont été déclassées en départementales. Trois autres routes rayonnent à partir de la ville : la D568 (ex-N568, la route du Rove) au nord-ouest, la D908 (ex-N8bis) au sortie nord-est et la D559 (ex-N559, route de la Gineste). Toutes trois sont sinueuses et ont un profil accidenté, mais sont largement utilisées pour les trajets domicile-travail des habitants des banlieues qu'elles desservent (Côte bleue, bassin de Valdonne-Fuveau, Cassis).

Desserte aérienne[modifier | modifier le code]

Entrée du terminal MP2 de l'aéroport Marseille-Provence.

L'aéroport international de Marseille-Provence se situe à 25 kilomètres du centre de Marseille, sur la commune de Marignane, au bord de l'étang de Berre. C'est le troisième aéroport de province[141]. Il a accueilli en 2012 8,3 millions de passagers et plus de 53 000 tonnes de fret.

Son trafic est principalement orienté vers Paris, la Corse, l'Europe, et l'Afrique du Nord. L'ouverture en octobre 2006 de l'aérogare MP2 entièrement consacrée aux compagnies à bas prix a permis de développer le nombre de passagers et de destinations, notamment vers l'Europe.

En plus des liaisons vers Montréal et Toronto, une liaison vers New York a été ouverte en 2013.

L'aéroport est desservi par des navettes d'autocars qui le relient à la gare Saint-Charles et, depuis 2008, par la gare de Vitrolles-Aéroport-Marseille-Provence.

Liaisons maritimes[modifier | modifier le code]

Les liaisons maritimes régulières sont au nombre de 220, la moitié étant vers la Méditerranée, l'Afrique et le Moyen-Orient. Elles relient le port de Marseille à 400 ports de 120 pays différents[142]. Marseille est l'un des principaux points d'accès à la Corse dans le cadre de la continuité territoriale.

Le Vieux-Port de Marseille, vu depuis le parc du Pharo.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Peinture de main humaine dans la grotte Cosquer, datée de 27 000 ans avant notre ère

La grotte Cosquer, découverte en 1992, est une grotte ornée paléolithique fréquentée entre 27 000 et 19 000 avant le présent dont l'entrée est située sous la mer.

Peu de traces existent encore de la ville grecque ou romaine. Les plus visibles sont celles du port antique, situé au nord-est de l'actuel Vieux-Port, dans le Jardin des Vestiges. On peut tout de même y trouver des restes des fortifications grecques, de la tour de défense, de la voie dallée romaine, du bassin d'eau douce ou des terrasses funéraires.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Marseille compte de très nombreux lieux de culte. Le plus célèbre est la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, construite sur la colline du même nom par les architectes Henri-Jacques Espérandieu et Henri Révoil de 1855 à 1870 en style romano-byzantin et dominée par une statue en cuivre doré de la Vierge, œuvre du sculpteur Eugène-Louis Lequesne. Autre édifice romano-byzantin, la cathédrale de la Major dans le quartier de La Joliette, achevée en 1893 sur le site de l'ancienne Major du XIIe siècle dont subsiste le chœur et la travée.

L'abbaye Saint-Victor, dont les parties les plus anciennes datent du XIe siècle, a été construite sur ce qui est peut-être le lieu de culte chrétien le plus ancien de France. L'abbaye a eu une importance considérable dans l'histoire de Marseille et de la Provence.

Patrimoine militaire[modifier | modifier le code]

Des deux forts construits à l'entrée du Vieux-Port par Louis XIV pour surveiller la ville au XVIIe siècle, seul le fort Saint-Nicolas est encore occupé par l'armée. Le fort Saint-Jean, dont la tour carré fut construite dès le XVe siècle par René d'Anjou, est aujourd'hui occupé par le musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.

De l'arsenal des galères qui occupait la rive sud du port, seul subsiste aujourd'hui la capitainerie.

Patrimoine industriel[modifier | modifier le code]

Marseille garde de nombreuses traces de son histoire industrielle. La manufacture des tabacs, construite en 1868 dans le quartier de la Belle de Mai est, après avoir été longtemps à l'état de friche, occupée par un lieu culturel, les Archives municipales et un Pôle média. Le silo à céréales d'Arenc a été reconverti en salle de spectacle et les immenses docks ont, quant à eux, été entièrement rénovés et convertis en bureaux.

De l'industrie de la savonnerie, seule subsistent trois usines en fonctionnement dans les Quartiers Nord. D'autres usines, parfois en friche, parsème le nord et l'est de la ville.

Bastides[modifier | modifier le code]

Le Château de la Buzine, une bastide marseillaise.

Les bastides sont un élément caractéristique du terroir marseillais. Domaines secondaires de campagne de la bourgeoisie marseillaise, on en dénombrait plus de 6 500 en 1773. Cette pratique était tellement répandu que Stendhal considérait que « c'est pour cela qu'il n'y a pas de spectacle le samedi : ce jour-là, dès que la Bourse est finie, chacun s'enfuit à sa Bastide [...] »[143]

On en recense aujourd'hui encore 254 mais si certaines comme la Buzine ont été rénovées ou reconverties, beaucoup sont en décrépitude et menacées de destruction[144].

Architecture contemporaine[modifier | modifier le code]

Terrasse de la Cité radieuse du Corbusier

Beaucoup de monuments marseillais ont été construits lors de la seconde moitié du XIXe siècle, alors que la ville était en plein essor économique, en particulier durant le Second Empire. C'est notamment le cas de l'Hôtel de préfecture des Bouches-du-Rhône, du palais de la Bourse, du palais Longchamp ou du palais du Pharo. À la même époque est percée la rue de la République, ornée de bâtiments haussmanniens et qui relie le Vieux-Port au nouveau port de la Joliette.

L'architecte Fernand Pouillon a construit de nombreux bâtiments dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale. Il fut notamment chargé de la reconstruction du quartier du Vieux-Port détruit durant la rafle ou du Contrôle sanitaire, aujourd'hui occupé par le musée Regards de Provence.

Le Corbusier a construit en 1952 à Marseille sa Cité radieuse (appelée localement « Le Corbusier »), exemple de l'architecture brutaliste et de son principe d'Unité d'habitation. L'immeuble, ainsi que la terrasse panoramique, peuvent être visités aujourd'hui.

Dans le cadre de son renouveau urbain, la ville voit aujourd'hui la construction d'édifices au style moderne comme le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée ou la Villa Méditerranée.

Monuments remarquables[modifier | modifier le code]

La Canebière est l'artère emblématique de Marseille. Elle devient célèbre mondialement à partir de la fin du XIXe siècle, les marins étrangers s'arrêtant dans les nombreux cafés et bars de la rue : le Café turc (1850), le Café de France (1854), le Café allemand (1866), ou encore le somptueux Café Riche. Elle débouche sur un autre lieu célèbre de la ville, le Vieux-Port.

La Corniche qui longe la mer au sud du Vieux-Port a été aménagée au XIXe siècle puis élargie de 1954 à 1968. Elle est bordée à l'est de villas du XIXe et accueille également le marégraphe de Marseille construit en 1883.

Sur les plages du Prado, les Sept Portes de Jerusalem de David Soussana symbolisent l'ouverture de Marseille vers la ville trois fois sainte. Sur la Corniche se trouve le monument aux morts de l'Armée d'Orient. Le parc du 26e Centenaire abrite l'Arbre de l'Espérance qui symbolise la tolérance entre les religions et les communautés de la ville.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Marseille est entourée par les massifs montagneux : à l'est, le l'Étoile et le Garlaban, au sud, le massif de Marseilleveyre, au sud-est le massif de Saint-Cyr et au nord, la chaîne de l'Estaque.

Marseille compte également plusieurs parcs urbains, notamment le parc Borély, aménagé entre 1860 et 1880 et au sein duquel se situent le château Borély, les plages du Prado situées à proximité, le parc de la Maison Blanche, bâti en 1840 et qui abrite une bastide, ou encore le parc du 26e Centenaire inauguré en 2001.

Les calanques de Marseille constituent une zone naturelle majeure : elles accueillent presque 2 millions de visiteurs par an[145] et forment depuis 2012 un parc national, le premier parc national périurbain d'Europe[146].

Culture[modifier | modifier le code]

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des musées de Marseille.
La cour intérieur de l'hospice de La Vieille Charité qui abrite le Musée d'archéologie méditerranéenne.

Marseille possède de nombreux musées :

Beaucoup d'entre eux ont été rénovés ou créés à l'occasion de la Capitale européenne de la culture.

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

Marseille compte 8 bibliothèques municipales au total[148]. La plus importante d'entre elles, l'Alcazar, est une ancienne salle de spectacle. Les sept autres sont celles du Merlan, de Bonneveine, des Cinq-Avenues, de la Grognarde, de Saint-André, du Panier et de Castellane[149].

Théâtres et salles de spectacle[modifier | modifier le code]

Entrée du théâtre du Gymnase.

Le théâtre du Gymnase est un théâtre à l'italienne construit dès 1804. L'Opéra de Marseille a été construit en 1920 à la place du Grand-Théâtre de 1786, détruit par un incendie en 1919. L'ancienne criée aux poissons est devenue un théâtre national en 1981. De nombreux autres théâtres existent comme le Merlan, le Gyptys, les Bernardines et le Toursky.

Marseille abrite un ballet national depuis 1972. Le Dôme, Le Silo, l'Espace Julien, la Friche Belle de Mai et les Docks des Suds sont les principales salles de spectacle de la ville.

Culture locale[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

IAM à l'Olympia de Montréal.

Au XIXe siècle et au XXe siècle, Marseille est l'une ville-phare du cabaret et du music-hall, comme l'atteste le succès de l'Alcazar où débutent Yves Montand, Tino Rossi, Maurice Chevalier, Félix Mayol ou encore Fernandel.

La ville est devenue à partir des années 1980 et 1990 une des principales scènes du hip-hop en France. Parmi les artistes les plus connus se trouvent IAM, la Fonky Family, Faf Larage, Keny Arkana, Psy 4 de la rime (dont est membre Soprano), 3e Œil et Kenza Farah.

Dans des styles plus traditionnels, Massilia Sound System, Moussu T e lei Jovents et Lo Còr de la Plana s'attachent à faire vivre la langue occitane.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Marcel Pagnol, célèbre romancier et metteur en scène marseillais.

Marseille et sa région ont donné naissance à de nombreux acteurs et réalisateurs, notamment Fernandel, Marcel Pagnol et plus récemment Robert Guédiguian et Ariane Ascaride. Yves Montand, qui émigra dans la ville alors qu'il n'avait que deux ans, ainsi que Tino Rossi passèrent une partie de leur vie à Marseille où il se firent connaitre.

L'histoire du cinéma marseillais est marqué par la représentation populaire construite autour de la ville. Ainsi, elle est tantôt décrite au travers de comédies, souvent dramatiques, accompagnées de leurs Marseillais populaires (la Trilogie marseillaise de Marcel Pagnol, La Bonne Étoile de Jean Boyer ou À la vie, à la mort ! de Robert Guédiguian), tantôt à travers son milieu mafieux (À bout de souffle de Jean-Luc Godard, Borsalino de Jacques Deray, La table aux crevés d'Henri Verneuil, ou French Connection de William Friedkin)[150],[151].

Récemment, Marseille est devenue la deuxième ville de France la plus filmée : elle a accueilli plus de 1 200 tournages en dix ans[152]. C'est également à Marseille qu'est tournée la série Plus belle la vie, dans les studios de la Belle de mai.

Littérature[modifier | modifier le code]

Edmond Rostand, auteur du célèbre Cyrano de Bergerac.
Antonin Artaud est particulièrement connu pour le Théâtre de la cruauté qu'il a inventé.

Marseille a vu naitre à travers son histoire plusieurs écrivains célèbres, parmi les plus fameux Pétrone, Edmond Rostand, Marcel Pagnol ou Antonin Artaud. Mais elle a également accueilli et inspiré des écrivains voyageurs qui y ont fait escale, souvent avant de partir vers l'Orient[153].

Dans l'Antiquité, Pétrone, auteur supposé du Satyricon, est né à Massilia en 14 après J.-C. Au Moyen Âge s'illustre Folquet de Marseille, célèbre troubadour, puis Robert Ruffi à la Renaissance.

Au XIXe siècle, la ville reste à l'écart de la renaissance félibréenne mais est toutefois le siège d'une importante littérature ouvrière en provençal, sous l'inspiration du poète Victor Gelu et dont les auteurs s'auto-proclament troubaire marsihés[154]. Marseille accueille et inspire par ailleurs des voyageurs romantiques comme Stendhal, Alexandre Dumas (qui y situe son roman Le Comte de Monte-Cristo), Gustave Flaubert, Chateaubriand, Arthur Schopenhauer, etc. À la fin du siècle, le Marseillais Edmond Rostand écrit le célèbre Cyrano de Bergerac (1897). C'est également à Marseille qu'Honoré de Balzac situe la résidence de la baronne de Macumer dans Mémoires de deux jeunes mariées ou que le père de Modeste Mignon de La Bastie revient avec sa fortune retrouvée dans Modeste Mignon.

Antonin Artaud marque lui le début du XXe siècle avec Le Théâtre et son double dans lequel il développe le concept de Théâtre de la cruauté. Albert Londres, qui voyage à Marseille au même moment, écrit Marseille, porte du sud en 1927. André Suarès publie quant à lui en 1932 son fameux Voyage du condottière.

Marcel Pagnol devient célèbre avec son œuvre théâtrale la Trilogie marseillaise, composé de Marius (1929), Fanny (1931) et César (1946), qu'il adapte ensuite au cinéma. Également célèbre, son autobiographie romancée est formée de La Gloire de mon père (1957), du Château de ma mère (1957), du Temps des secrets (1960) et du Temps des amours (1977, inachevé). Enfin, son diptyque L'Eau des collines, composé de Jean de Florette et de Manon des Sources, est publié en 1963.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les surréalistes, avec dans leurs rang André Breton, se cachent à Marseille pour fuir l'avancée des Allemands et y créent le Jeu de Marseille. René Char a également vécu et étudié à Marseille.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Jean-Claude Izzo situa plusieurs de ses romans noirs dans sa ville natale.

Peinture et sculpture[modifier | modifier le code]

Pierre Puget, célèbre sculpteur marseillais.
La mer à l'Estaque, 1878-1879, Paul Cézanne, huile sur toile, 73 x 92 cm, Musée Picasso de Paris.

Pierre Puget, célébré comme « le Michel-Ange de la France » aux XVIIIe siècle et XIXe siècle siècles et natif de Marseille, est l'un des représentants de l'esprit classique français du Grand Siècle dans la sculpture, avec des œuvres comme Milon de Crotone ou la Vieille Charité. Il est en outre l'un des introducteurs de l'Art baroque en France.

Autre sculpteur célèbre de la ville, Auguste Carli est l'auteur de l'Escalier monumental de Saint-Charles.

La peinture marseillaise est quant à elle représentée par Adolphe Monticelli, Joseph Garibaldi ou Henri Pinta. Néanmoins, les paysages naturels et industriels du quartier de L'Estaque ont été une source d'inspiration pour de grands peintres français qui y ont séjourné entre 1870 et 1914, à l'image de Paul Cézanne, Georges Braque (1906 à 1910), André Derain (1905), Raoul Dufy, Othon Friesz (1907), Albert Marquet (1916 à 1918), et Auguste Renoir. Les œuvres impressionnistes de Cézanne, premier de ces peintres à fréquenter L'Estaque, ont eu une forte influence sur ses amis et les artistes contemporains.

Événements culturels[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Le Pôle média de la Belle de Mai est le lieu consacré aux activités de l’image, du son et du multimédia de la ville.

Marseille abrite les sièges de France 3 Provence-Alpes, de La Chaîne Marseille (LCM), la télévision locale d'informations, et d'OM TV, la chaîne officielle de l'Olympique de Marseille.

France Bleu Provence, la radio régionale de Radio France, est la 3e radio en nombre d'auditeurs et la 2e en part d'audience, avec 98 100 auditeurs à Marseille (9,9 % d'audience cumulée et 10,2 % de part d'audience). Parmi les radios locales on compte Radio Grenouille, Radio dialogue, Radio Star.

Le principal quotidien régional diffusé à Marseille est La Provence, issu de la fusion du Provençal et du Méridional, propriété depuis 2013 du groupe Hersant et de Bernard Tapie. La Marseillaise, quotidien fondé en 1943 par le Parti communiste, Le Ravi, journal satirique, ainsi que CQFD sont également publiés à Marseille.

Langues[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Parler marseillais, Provençal et occitan.
Les dialectes de l'occitan parmi lesquels figure le provençal.

Jusqu'au début du XXe siècle, la langue principale de Marseille est le provençal. Aujourd'hui, malgré le très fort déclin de son usage, il subsiste de nombreuses associations culturelles, écrivains et groupes de musique utilisant cette langue à Marseille (Massilia Sound System, Moussu T e lei Jovents ou Lo Còr de la Plana pour les plus réputés).

Le provençal a en outre laissé d'importantes traces dans la toponymie ou la gastronomie locale mais également dans le français très caractéristique parlé par les habitants de la ville. En effet, le parler marseillais est influencé par le substrat linguistique provençal sur lequel il s'est greffé, mais aussi par les apports linguistiques dus aux diverses immigrations. L'accent marseillais est ainsi reconnaissable à une prononciation particulière :

  • prononciation des -e terminaux, normalement muets, comme des -a atones ;
  • simplification de -è ouverts en -é fermés (il n'est fait aucune distinction entre les, lait, laid, lais ou laie et les mots marseillais, très, après, etc. se prononcent /maʁ.sɛ.je/, /tʁe/, /a.pʁe/) ;
  • nette distinction entre brun et brin, un et hein ;
  • élision des -l- mouillés : mi-(ll)-ion, esca-(l)-ier[155],[156] ;
  • diphtongaison du -i ou du -y après un a- ou un e- : île Maïre (« Mail-re »), Béouveyre (« Béouveil-re »), les Aygalades (« Éïgalades »).

Le parler marseillais se distingue également par un vocabulaire propre et un grand nombre d'expressions dont certaines sont entrées dans les dictionnaires usuels[157]. Il emploie également de nombreuses interjections caractéristiques : « Tè ! » (tiens), « Vé ! » (vois), « Vaï ! » (vas), « Zou ! » (Allez, hop !), etc. qui sont généralement toutes directement reprises du provençal. Cette forme particulière de français a donné lieu à une importante production littéraire et musicale (Marcel Pagnol, Jean-Claude Izzo, Philippe Carrese, Quartiers Nord, IAM, etc.).

Si la langue majoritaire est aujourd'hui le français, Marseille abrite également une multitude de langues, en raison notamment des vagues successives d'immigration : l'arabe, l'arménien, le kabyle, le comorien et, dans une moindre mesure aujourd'hui, l'italien et l'espagnol mais également le corse.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Espadon à l'huile d'olive et ratatouille

Les spécialités culinaires de Marseille sont nombreuses, parmi lesquelles l'aïoli (sauce à base d'ail et huile d'olive), la tapenade (littéralement « la câprée », « tapena » signifiant « câpre » en occitan ; préparation à base de câpres, d'anchois et d'olives broyées), la bouillabaisse (plat à base de poissons de roche, de sauces et de légumes), la panisse (galette de farine de pois chiche), la navette (biscuit dur et aromatisé à la fleur d'oranger en forme de barque), la pompe, la fougasse ou encore les pieds et paquets, préparés avec des tripes de mouton, des pieds de mouton et du lard.

Le pastis est la boisson emblématique de la ville : c'est une boisson alcoolisée à base d'épices et d'anis.

Héraldique et devise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armoiries de Marseille.

Le drapeau de Marseille a la particularité d'être antérieur à son blason. La croix est une référence aux drapeaux des Croisés, tandis que l'azur est la couleur de la ville. Attesté depuis le XIIe siècle, c'est l'un des plus vieux drapeaux français et européens. La première représentation conservée des armoiries de Marseille date, elle, de la fin du XIIe siècle.

Les armoiries sont supprimées le 21 juin 1790 sous la Révolution car jugées associées à la noblesse. L'ancien écusson est à nouveau utilisé à partir de 1809 sous le Premier Empire[158].

La devise officielle de Marseille est « Actibus immensis urbs fulget massiliensis » : en français « La ville de Marseille brille par ses hauts faits » et en provençal « Toustèms pèr si grand-fa resplendiguè Marsiho ». Elle date de 1257 et se disait à l'époque en provençal médiéval « De grands fachs resplend la cioutat de Marseilles ». Elle a pris en 1691 sa forme actuelle en latin[159].

Une autre devise datant de 1675, « Massilia civitas » (« ville de Marseille »), a également figuré sur les armoiries entre 1826 et 1883[160],[158].

D'autres devises ont également existé : « Sub cujus imperio suma libertas » (devise antérieure à la prise de Marseille par Louis XIV en 1660, qui se traduit par « Sous quelqu'empire que ce soit liberté entière »), « Victor deffend verrauoment Marseille et lous cioutadans », « Massiliam vere victor civesque tuere » (1691), « Fama volat » (1704), « Illustrat quos summa fides » (1705), ou encore « Eximia civitas » (1816)[161],[162].

Sports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport à Marseille.

Marseille possède 200 000 licenciés[163].

La ville compte 172 courts de tennis, 45 gymnases municipaux, 22 piscines, 72 stades municipaux, 139 boulodromes, 30 clubs de tennis, 3 terrains de golf, 3 bases nautiques, 8 dojos, 3 rampes de skateboard (dont le Bowl de Marseille), 3 stands de tir, 2 hippodromes, 5 centres équestres, 2 murs d'escalade et un fronton de pelote basque. La ville abrite aussi cinquante sites de plongée[164].

Vue panoramique du stade Vélodrome à la mi-temps du match Olympique de Marseille-MSK Žilina (octobre 2010).

Principaux clubs[modifier | modifier le code]

Nom Sport Division Stade/Salle Fondation Titres nationaux
Olympique de Marseille Football Ligue 1 Stade Vélodrome 1899 9
Groupe sportif Consolat Football National Stade La Martine 1964 0
Union sportive Marseille Endoume Catalans Football Division d'Honneur Stade Francis Di Giovanni 1925 0
Cercle des nageurs de Marseille Water-polo Division 1 Piscine Jean Alezard 1921 34
Marseille Beach Team Football de plage National Beach Soccer 2012 1
Bonneveine Beach Soccer Football de plage National Beach Soccer 2010 2
Marseille XII beach-soccer Football de plage National Beach Soccer 2010 1
Stade Marseillais Université Club Basketball Championnat de Pré-Nationale Gymnase Henri Bergasse (Stade Jean Bouin) 1923 5
Marseille XIII Avenir Rugby à XIII Nationale 1 Stade Roger Couderc 1946 1

Équipements sportifs[modifier | modifier le code]

Le stade Vélodrome a été construit en 1937 et a une capacité de 60 000 spectateurs, qui sera portée à 67 054 pour le championnat d'Europe de football 2016. Son club de football résident est l'Olympique de Marseille, le seul club français à avoir remporté la Ligue des champions de l'UEFA. Le stade Vélodrome a accueilli les coupes du monde de football de 1938 et 1998 et la coupe du monde de rugby à XV 2007.

Le Palais des sports de Marseille, inauguré en 1989, est une salle omnisports d'une capacité de 7 400 places qui accueille chaque année le tournoi de tennis Open 13, le Trophée Massalia de gymnastique ou Callenge Jeanty de fleuret dames.

Le Palais omnisports Marseille Grand Est, inauguré en 2009, contient deux patinoires, dont la plus grande de France[165] et un skatepark qui compte la plus grande rampe d'Europe[166]. Il a accueilli les championnats de France de patinage artistique 2010 et est le lieu de résidence du Massilia Hockey Club.

Événements sportifs[modifier | modifier le code]

L'Open 13 est un tournoi de tennis masculin de l'ATP World Tour. Le tournoi accueille 32 participants : 25 entrants directs, 4 joueurs issus des qualifications et 3 joueurs bénéficiant d'une wild card.

La ville accueille chaque année le semi-marathon de Marseille-Cassis depuis 1979. Il réunit chaque année 15 000 coureurs. Depuis 1990 est organisée, la veille de la course, « l'Autre Marseille-Cassis », une randonnée pédestre reliant également les deux villes, mais par le massif des calanques. En 2006, la Marche sportive a fait son apparition. Elle permet aux marcheurs de participer également à la course.

Le Mondial la Marseillaise de pétanque est une compétition bouliste annuelle organisée par le journal La Marseillaise. Ce concours de pétanque, créé en 1962 par Paul Ricard, se dispute chaque année sur 5 jours, à partir du premier week-end de juillet. Le tournoi est, hors compétitions officielles, le tournoi le plus prestigieux au niveau mondial[167].

La ville accueille également le World Séries 13 de beach-volley, le triathlon international de Marseille, a accueilli le Tour de France cycliste 12 fois depuis 1947 et accueille chaque année le Tour de France à la voile.

Santé[modifier | modifier le code]

Marseille est un très important pôle régional de santé. L'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) est le centre hospitalier régional de Marseille et gère les cinq hôpitaux publics de la ville :

L'AP-HM emploie 1 200 personnes dont 1 885 médecins[168].

Autre hôpital public, Laveran est un hôpital d'instruction des armées.

Les principales institutions hospitalières privées sont l'Institut Paoli-Calmettes (centre régional de lutte contre le cancer), l'hôpital Paul-Desbief, l'hôpital Saint-Joseph, et l'Hôpital européen.

Selon un classement établi par le magazine Capital, parmi les 150 meilleurs professionnels de santé recensés en France, 10 exercent à Marseille[169].

Marseille est par ailleurs une station thermale avec la station de Camoins-les-Bains.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Les établissements d'enseignement supérieur de la région sont répartis entre Marseille, où les enseignements portent traditionnellement sur les sciences exactes et la médecine, et Aix-en-Provence, consacré aux sciences humaines, aux lettres et au droit. Marseille comptait, en 2011-2012, 51 578 étudiants[170].

L'université d'Aix-Marseille a été créée le 1er janvier 2012 par la fusion des trois universités précédentes. Ses principaux campus marseillais se trouvent à Luminy (sciences et sport), Saint-Charles (sciences et lettres), Saint-Jérôme (sciences), Château-Gombert (sciences), La Timone (santé), Canebière (droit et économie) et Colbert (économie). L'université accueille en son sein Polytech Marseille et l'École de journalisme et de communication d'Aix-Marseille.

Parmi les autres établissements d'enseignement supérieur et de recherche de Marseille se trouvent l'École centrale, l'École nationale supérieure d'architecture, l'École des Beaux-Arts, l'École nationale supérieure maritime et un pôle régional de l'EHESS.

Plusieurs lycées de Marseille accueillent des formations supérieures, BTS ou classes préparatoires, notamment le lycée Marie-Curie, le lycée Saint-Charles, le lycée Jean-Perrin et le lycée Thiers, le plus ancien lycée de la ville.

Cultes[modifier | modifier le code]

Christianisme[modifier | modifier le code]

L'Abbaye Saint-Victor de Marseille, haut lieu du catholicisme dans le sud de la France depuis 1 500 ans.

Diocèse depuis le IVe siècle, le siège de Marseille a été érigé en archidiocèse en 1948. L'archevêque actuel est Mgr Georges Pontier. En 2008, la ville compte 116 paroisses catholiques.

Marseille est un des trois diocèses français de l'Église apostolique arménienne et compte une cathédrale et sept églises arméniennes. À l'église Saint-Cannat, la liturgie est célébrée par l'Église orthodoxe roumaine. L'église de la Dormition-de-la-Mère-de-Dieu est une église grecque, c'est la plus ancienne de toutes les églises orthodoxes de France, ouverte aux fidèles en 1845.[réf. nécessaire] La ville compte également une église copte orthodoxe et deux églises russes orthodoxes.

Marseille compte quatre paroisses de l'Église protestante unie de France[171] : les temples de Marseille-Grignan, inauguré en 1825, de Marseille-Provence, de Marseille-Nord et de Marseille-Sud-Est.

Islam[modifier | modifier le code]

Selon une étude réalisée en 2011, « Au regard de toutes les autres grandes villes françaises, Marseille se distingue par l’importance de sa population ayant un lien avec l’islam » et les musulmans constitueraient un tiers de la population totale[172]. Selon le quotidien La Provence, il y aurait aujourd'hui environ 200 000 musulmans à Marseille, dont 70 000 pratiquants[173]. Une enquête réalisée en 2000–2001 parmi les lycéens en établissement public estime la proportion de musulmans entre 30 et 40 %[174].

Du fait du commerce de la ville avec le Levant et l'Afrique du Nord, les contacts avec l'islam sont très anciens à Marseille[175] : on rapporte par exemple la présence d'un « cimetière des Turcs » dès le XVIIIe siècle[176] mais l'Égyptien Rifa'a al-Tahtawi indique en 1826 que « dans cette ville vivent beaucoup de chrétiens égyptiens et syriens qui ont quitté l'Égypte en même temps que les Français. Mais il est difficile d'y retrouver des musulmans. »[177]. Ainsi la population musulmane à Marseille reste faible jusqu'à la fin du XIXe siècle et la majeure partie des musulmans de Marseille est issue des vagues migratoires des années 1960 et 1970 venues du Maghreb, puis du Liban et des Comores.

Toutefois, les musulmans marseillais faisaient face à de « grandes inéquités en matière d'éducation, d'emploi et de logement[172],[N 7] ».

La ville compte une demi-douzaine de mosquées et une soixantaine de salles de prière. Le projet de construction d'une grande mosquée est récurrent depuis plusieurs décennies à Marseille. Dès 1937, Gaston Castel dessine les plans d'un centre islamique. En 2006, le conseil municipal autorise la construction d'une Grande mosquée dans le quartier Saint-Louis. Cependant, le projet est toujours suspendu aujourd'hui[178].

Judaïsme[modifier | modifier le code]

La Grande Synagogue de Marseille

La présence de juifs à Marseille est très ancienne. Leur présence est attestée à Marseille dès le VIe siècle et Grégoire de Tours rapporte que le juif Priscus, serviteur du roi Chilpéric Ier, maria son fils à une juive de la ville[179]. Selon Augustin Fabre, Marseille fut longtemps l'une des villes les plus propices pour les Israélites, grâce au « contact de tant d'hommes d'origines, de mœurs et de croyances diverses, sans cesses rapprochés par les relations du commerce[180]. »

Les juifs de Marseille avaient au XIIIe siècle les mêmes droits que les chrétiens et les statuts municipaux de la ville arrêtés en 1236 decrète que tous les habitants de la ville avaient les mêmes franchises, peu importe leur confession[181]. En 1257, les juifs sont même qualifiés citoyens de Marseille[182].

À partir de 1498 cependant, la population juive à Marseille diminua sensiblement lorsque Louis XII expulsa les juifs du France. Ils furent à nouveau tolérés plus tard et peu d'années avant la révolution de 1789, on leur permit d'avoir un temple rue du Pont[180]. Aujourd'hui, une grande partie de la population juive de la ville est issue de l'immigration des sépharades du Maghreb dans la seconde moitié du XXe siècle[109].

Aujourd'hui, il y a 39 synagogues à Marseille[183], dont la Grande Synagogue située rue Breteuil, construite en 1864. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, la ville abriterait la deuxième population israélite de France avec 80 000 juifs, soit plus de 9% de la population[108],[N 8]. Cela représenterait la troisième communauté juive d'Europe, après celles de Paris et de Londres[109].

Autres cultes[modifier | modifier le code]

Il existe à Marseille une pagode bouddhiste dans le 15e arrondissement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Prononcé [maʀ.ˈse.jə ]Prononciation du titre dans sa version originale Écouter avec l'accent marseillais et [maʁ.ˈsεj ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter en français standard.
  2. En occitan provençal Marselha ou Marsiho selon la graphie, prononcé [maʀˈsijɔ ].
  3. Distance Marseille - Turin : 373 km en passant par Briançon, 485 km en passant par Vintimille.
  4. 40 à 50 cm sur la chaîne de l'Estaque au niveau de Vitrolles et Marignane, des valeurs jamais observées… (Le Monde : Pics de froid en Europe : Marseille paralysée par la neige)
  5. Elle comprend également les communes d'Allauch et Plan-de-Cuques.
  6. Les zones favorisées sont le nord du 13e arrondissement (quartiers Château-Gombert, Palama, Les Médecins, Les Mourets et une partie de Saint-Mitre) et une partie du quartier de l'Estaque dans le 16e arrondissement.
  7. vast inequities in education, employment, and housing [1]
  8. La population de Marseille était d'environ 850 000 habitants en 2011.
  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

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  16. http://global.ralphlauren.com/fr-fr/rlmagazine/editorial/summer13/Pages/marseille.aspx? Marseille [...] est également connue pour être une ville rebelle, une distinction reçue au 16e siècle lorsque certains citoyens contestèrent l'autorité royale française
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Antoine Hermary, Antoinette Hesnard, Henri Tréziny, Marseille grecque : la cité phocéenne (600-49 av. J.-C.), Paris, Errance, 1999 (ISBN 978-2-87772-178-3)
  • Michel Calapodis, La communauté grecque à Marseille ; Genèse d'un paradigme identitaire (1793-1914), Paris, L'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-13206-1) Lire en ligne
  • Alain Blondy, Bibliographie du monde méditerranéen. Relations et échanges (1453-1835), Paris, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 2003, 301 p. (ISBN 2-84050-272-0)
  • A. Hermary, H. Tréziny éd., Les Cultes des cités phocéennes, actes du colloque international Aix-en-Provence/Marseille, Marseille, Édisud, 2000 (Études massaliètes, 6) (ISBN 978-2-7449-0229-1)
  • Marc Bouiron, Henri Tréziny éd., Marseille : trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René, actes du colloque international d'archéologie, Marseille, 3-5 novembre 1999, Marseille, Édisud, 2001 (Études massaliètes, 7) (ISBN 2-7449-0250-0)
  • Dossier spécial Marseille, de la grotte Cosquer à la grande peste, 27 000 ans d'histoire in Archéologia, no 435, juillet-août 2006, p. 18-75
  • Alèssi Dell'Umbria, Histoire universelle de Marseille - De l'an mil à l'an deux mille, Marseille, Agone, 2006 (ISBN 2-7489-0061-8) (lire le prologue)
  • Jean Contrucci, Histoire de Marseille illustrée, Toulouse, Le Pérégrinateur Éditeur, 2007 (ISBN 2-910352-49-8)
  • Pascal Blanchard et Gilles Boëtsch, (ss. la dir. de) Sud-Est. Marseille porte Sud. Immigration et histoire coloniale, La Découverte/Jeanne Laffite, 2005, 240 p., avec une préface d'Émile Temime.
  • Charles-Laurent Salch et Anne-Marie Durupt, Nouvel Atlas Châteaux et fortifications des Bouches-du-Rhône (13), Strasbourg, Châteaux forts d'Europe,‎ 2008, 156 p. (ISSN 1253-6008)
    no 46/47/48, 2008 Marseille, p. 72 à 80
  • Châteaux-forts de Marseille du XIe au XVIe siècle, Strasbourg, Castrum Europe, Châteaux-forts d’Europe (ISSN 1253-6008)
  • Alain Blondy, Malte et Marseille au XVIIIe siècle , La Valette, Fondation de Malte, 2013. (ISBN 978-1-291-43546-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Marseille.

Liens externes[modifier | modifier le code]