Pont Alexandre-III

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Pont Alexandre-III
Pont Alexandre III et le Grand Palais au fond.
Pont Alexandre III et le Grand Palais au fond.
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Paris
Localité Paris
Coordonnées géographiques 48° 51′ 49″ N 2° 18′ 49″ E / 48.863611, 2.313611 ()48° 51′ 49″ N 2° 18′ 49″ E / 48.863611, 2.313611 ()  
Fonction
Franchit La Seine
Caractéristiques techniques
Type Pont en arc
Longueur 160 m
Largeur 30 m
Matériau(x) Acier
Construction
Construction 1896-1900
Architecte(s) Cassien-Bernard, Cousin,
Résal, Alby
Historique
Protection Logo monument historique Classé MH (1975)[1]

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Pont Alexandre-III

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Pont Alexandre-III

Le pont Alexandre-III est un pont franchissant la Seine entre le 7e et le 8e arrondissement de Paris.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Invalides. En outre, il est desservi par la gare des Invalides de la ligne C du RER.

Historique[modifier | modifier le code]

Le projet[modifier | modifier le code]

Inauguré pour l'Exposition universelle de Paris en 1900[2], la première pierre fut posée par le tsar Nicolas II de Russie en 1896, et était destiné à symboliser l'amitié franco-russe, instaurée par la signature de l'alliance conclue en 1891 entre son père, l’empereur Alexandre III (1845-1894) et le président de la République française Sadi Carnot. La construction de cet ouvrage d'art fut confiée aux ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby, ainsi qu'aux architectes Cassien-Bernard et Gaston Cousin[3].

Construit dans l'axe de l'esplanade des Invalides, il conduit de celle-ci aux Petit et Grand Palais également construits pour l'exposition universelle.

Sur la colonne, rive droite en aval, fut gravée cette inscription : « Le , Émile Loubet président de la République Française a ouvert l'exposition universelle et inauguré le pont Alexandre III ».

La réalisation[modifier | modifier le code]

Coupe transversale.

En 1824, Navier commença la réalisation d'un pont suspendu à cet emplacement. Des complications techniques obligèrent à le détruire, en 1828, avant son achèvement.

Lors de la décision d’organiser une Exposition Universelle en 1900, il fut décidé de détruire le Palais de l’Industrie pour le remplacer par deux palais, de part et d'autre d'une voie qui prolongerait la place des Invalides.

Le cahier des charges prévoyait qu'il soit suffisamment plat pour qu'on puisse voir entièrement les Invalides depuis les Champs-Élysées. Il ne devait pas entraver la navigation et avoir un tirant d'air au moins égal à celui des ponts les plus modernes. Sa largeur devait être proportionnée à celle de l’avenue qu’il prolongeait : d'abord envisagée à 50 m, elle fut arrêtée à 40 m pour ne pas trop perturber la navigation. Il devait être symétrique et décoratif (d'où une largeur imposée des quais de 22,50 m).

La construction du pont Alexandre III. Toile de Georges Souillet, réalisée à la fin du XIXe siècle (musée Carnavalet, Paris).

Le pont fut réalisé en acier moulé. Afin de résister à l'énorme poussée horizontale, il fut doté de culées très massives.

Les fondations furent creusées sous caisson pressurisé grâce au procédé Triger. Il y eut 29 accidents de décompression plus ou moins sérieux, mais aucun mortel. Un seul ouvrier périt dans les caissons à la suite d'un accident.

Il est classé au titre des monuments historiques depuis le 29 avril 1975 ; il est également labellisé « Patrimoine du XXe siècle » et situé dans le périmètre du secteur sauvegardé du 7e arrondissement de Paris[1], ainsi que dans le site naturel inscrit « Ensemble urbain à Paris »[n 1], inscrit par arrêté en 1975[4].

Description[modifier | modifier le code]

Structure du pont, en sous-face du tablier.

C'est un pont métallique de 40 mètres de large composé d'une seule arche de 107 mètres comprenant trois points d'articulation, permettant de franchir la Seine sans point d'appui intermédiaire. Deux tunnels en pierre se situent à ses extrémités.

Le pont a plusieurs fois changé de couleurs ; il est passé du gris au vert-brun puis au gris perle. Il a repris ses couleurs d'origine lors de son unique restauration en 1998[5].

Ses contreforts côté rive droite abritent depuis septembre 2006 une boîte de nuit appelée le Showcase, aménagée dans un hangar à bateau désaffecté. Ce lieu, ouvert au grand public à la mi-décembre 2006, peut être utilisé comme salle de concert ; des émissions de télévision y sont depuis enregistrées.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le pont au moment de son inauguration à l'occasion de l'exposition universelle de 1900.
Pont Alexandre III - 1.jpg
  • Matériau : acier
  • Longueur totale : 160 mètres
  • Longueur de la travée principale : 107,50 mètres
  • Largeur de la poutre : 40 mètres
  • Flèche : 1/17 (rapport hauteur/portée)
  • Entreprises : Groupe Fives-Lille parmi d'autres
  • Classement aux Monuments historiques : 1975

Du fait de sa grande portée pour une faible hauteur, le pont Alexandre III exerce une importante poussée latérale. Afin d'éviter l'écartement des ancrages, les berges ont été considérablement renforcées au moyen d'immenses massifs de béton, sans doute les plus importantes fondations jamais réalisées. Les colonnes monumentales semblent des allumettes en comparaison : leurs fondations étant indépendantes de celles du pont, leur rôle est d'ailleurs uniquement esthétique.

Décoration[modifier | modifier le code]

Les architectes, Joseph Cassien Bernard et Gaston Cousin, ont été désignés à la fin de 1896 et entrèrent en fonction en mars 1897, après l'adjudication des travaux de la partie métallique. Sur cet ouvrage, les architectes n'ont été en charge que de la partie décorative, la structure ayant été décidée bien avant, en 1895, au moment où les ingénieurs Résal et Alby ont été mis à la disposition des services de l'Exposition.

Le caractère urbain de l'ouvrage servant de référence à l'Exposition universelle a conduit à traiter soigneusement sa décoration. Les deux architectes ont donné un décor abondant qui permet de vérifier ce jugement de Jean Résal : «On a le droit, et en certains cas le devoir, d'orner et de décorer des ouvrages, à condition de ne pas les dénaturer : il faut s'interdire de façon absolue le camouflage et le maquillage ... Toute mesure qui facilite la claire intelligence d'un ouvrage est bonne ; toute mesure prise à l'encontre de ce but est mauvaise[6]

Les quatre renommées au sommet des pylônes d'entrée représentent :

La France de la Renaissance par Jules-Félix Coutan.

Les décorations à la base des quatre pylônes ont pour thèmes :

Les groupes de lions conduits par des enfants aux entrées du pont ont pour auteurs :

Les différents groupes en bronze ou cuivre s'échelonnant sur le pont sont :

Cinéma[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • La chanteuse britannique Adele y tourne le clip de sa ballade Someone like you (2011)

Galerie[modifier | modifier le code]

Autres vues du pont
Décorations et sculptures

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le site naturel inscrit « Ensemble urbain à Paris » englobe les 11 premiers arrondissements, ainsi que les 16e et 17e arrondissements et une partie des autres arrondissements extérieurs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Pont Alexandre-III », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Pont Alexandre-III », sur www.insecula.com (consulté le 27 août 2010).
  3. Remarque : En réponse à la construction du Pont Alexandre III, le président Félix Faure, aux côtés de Jules Goüin (président des Batignolles), posèrent en 1897 la première pierre du Pont de la Trinité à Saint-Pétersbourg, construit par une entreprise française, la Société de construction des Batignolles, toujours dans le cadre de l’alliance franco-russe ; ce pont fut inauguré en 1903.
  4. « Sites inscrits », sur www.ile-de-france.ecologie.gouv.fr (consulté le 27 août 2010).
  5. « Narration Pont Alexandre-III », sur www.otua.org, Office Technique pour l'Utilisation de l'Acier (consulté le 27 août 2010).
  6. Jean Résal, Considérations sur 'esthétique des constructions métalliques, p. 253-272, Annales des ponts et chaussées, 1918 Gallica
  7. Notice sur la base e-monumen
  8. a, b et c Anne-Charlotte de Langhe et Aude Vernuccio, « Le cinoche à la trace », in Le Figaroscope, semaine du mercredi 10 au 16 avril 2013, page 6.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Résal, Amédée Alby, Notes sur la construction du pont Alexandre III - Première partie, p. 165-214 et planches 4 à 8, Annales des ponts et chaussées, Dunod, Paris, 1898, 1er trimestre Gallica
  • Jean Résal, Amédée Alby, Notes sur la construction du pont Alexandre III - Première partie (suite), p. 245-286 et planches 30 à 34, Annales des ponts et chaussées, Dunod, Paris, 1898, 2e trimestre Gallica
  • Jean Résal, Amédée Alby, Notes sur la construction du pont Alexandre III - Deuxième partie, p. 311-328 et planche 26, Annales des ponts et chaussées, Dunod, Paris, 1898, 3e trimestre Gallica
  • Bernard Marrey, Les ponts modernes. 18e-19e siècles, p. 256-260, Picard éditeur, Paris, 1990 (ISBN 2-7084-0401-6)
  • Guy Lambert, Les ponts de Paris, p. 218-218, Action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1999 (ISBN 2-913246-05-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

En aval Situation sur la Seine En amont
Pont des Invalides
Situation sur la Seine dans Paris
Pont de la Concorde