Jean-Pierre Houël

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Houël.
La Prise de la Bastille par Jean-Pierre Hoüel (1789).

Jean-Pierre Louis Laurent Houël, né le à Rouen et mort le à Paris, est un graveur, dessinateur et peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d’artisans prospères, Houël fit connaître de bonne heure son goût pour l’art du dessin, dont il commença l’étude à l’âge de quinze ans à l’école des Beaux-Arts de Rouen, sous la direction de Jean-Baptiste Descamps. Il y acquit une familiarité avec les œuvres des peintres néerlandais et flamands qui fut déterminante sur le choix qu’il fit de se spécialiser dans la peinture de paysages.

Placé ensuite chez un habile architecte, il y étudia la perspective ; puis, toujours poussé vers son art de prédilection, il alla à Paris, où il entra dans l’atelier de Le Bas, le fondateur de la belle gravure à l’eau-forte. Devenu l’un des meilleurs élèves de ce maître, Houël, encouragé par un amateur des plus distingués, M. Dazincourt, reçut des leçons de Francesco Casanova et se livra à l’exercice de la peinture sans néanmoins négliger la gravure ; puis, mettant à exécution le projet, qu’il avait formé depuis longtemps, d’aller se perfectionner en Italie, il obtint une pension du roi et partit pour Rome.

Juste avant de partir, il peignit en 1769 des dessus-de-porte pour le duc de Choiseul, dans son château de Chanteloup[1]. En compagnie du marquis d’Havrincourt, il se mit en route pour l’Italie qu’il visita entre 1769 et 1772, muni des meilleures recommandations.

À peine avait-il posé le pied sur cette terre désirée des artistes, qu’Houël sentit son génie s’enflammer et s’agrandir à la vue des monuments de l’Antiquité et des beaux sites de cette contrée, qu’il se mit à peindre à la gouache avec une grande facilité et beaucoup de talent. Il poussa sa curiosité jusqu’à Malte en 1770.

Revenu en France en 1773 après quatre années d’études, Houël séjourna quelque temps à Aix-en-Provence et y fit apprécier favorablement sa manière de peindre, surtout pour les paysages et les animaux et travailla dans ce genre pour plusieurs cabinets d’amateurs de Rouen et de Paris. Il exécuta ainsi en 1774 une commande de six panneaux représentant des paysages italiens[2] pour le nouvel hôtel parisien du fermier général d’origine rouennaise Philippe Charles Legendre de Villemorien (1717-1789), no 20[3] rue du Faubourg-Saint-Honoré. On peut imaginer qu’il reçut cette commande par l’intermédiaire de l’architecte du financier Guillaume-Martin Couture, né à Rouen comme Houël et élève d’Antoine Matthieu Le Carpentier, autre architecte rouennais qui avait travaillé pour le beau-père de Villemorien, le fermier général Étienne-Michel Bouret.

Animé du désir de visiter l’Italie une seconde fois, il partit de nouveau et parcourut le royaume de Naples, la Sicile, les îles de Malte et de Lipari en 1776. Ce fut dans ce voyage qu’il amassa les matériaux de son grand ouvrage pittoresque, ouvrage dont, à son retour en France, il grava, d’après ses propres dessins, cent soixante-quatre planches à l’aquatinte et rédigea le texte explicatif, qu’il publia de 1782 à 1787 (4 volumes in-folio). Certaine de ses planches sont achetées par Catherine II de Russie et sont conservées au musée de l'Ermitage[4]. pendant son voyage il a visité les villages au cœur de la Sicilie tels que Centuripe, Troina, Sperlinga, Nicosia

Houël était agrégé à l’Académie de Peinture, membre correspondant de l’Académie de Rouen, de la Société d’Émulation de la même ville, de la loge maçonnique des Neuf Sœurs et de plusieurs sociétés savantes. Outre son Voyage Pittoresque des Isles de Sicile, de Malthe et de Lipari[5], son principal ouvrage, Houël a encore publié : Histoire des Éléphants de ta ménagerie nationale, etc., Paris, 1798, in-8°. fig. ; Histoire naturelle des deux Éléphants mâle et femelle du Muséum de Paris, etc., 1798, in-4°, fig. ; Explication du monument public la Colonne Trajane ; Exposé du concours du 20 décembre 1807.

Les tableaux de Houël, qui figuraient dans les premiers catalogues du Musée de Rouen, sont : Vue de la Côte de Sainte-Catherine, prise du Pré aux Loups ; Vue de l’entrée de l’intérieur d’une Cave taillée dans le roc, servant d’entrepôt de sels, à Dieppedalle, près de Rouen ; Vue d’un lieu connu près de Duclair, vulgairement appelé la Chaise de Gargantua ; Vue de la Porte Cauchoise, en dedans de la Ville, avant sa démolition.

Un portrait de Houël, peint par Vincent, se trouve au musée de Rouen ; un portrait gravé se voit également dans la collection de la Bibliothèque de la même ville.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musée du Louvre[modifier | modifier le code]

Le Châtaignier des cent chevaux sur les pentes de l’Etna, gouache et pierre noire, 1777.
Département des Peintures
  • Halte de voyageurs,
  • L’Ermitage,
  • Paysage d’Italie,
  • Danse de paysans,
  • Le Gué,
Département des Arts graphiques
  • Le Châtaignier des cent chevaux sur les pentes de l'Etna,
  • Bergère et ses bêtes près d’une fontaine
  • Carrière d’où l’on tirait les pierres des temples de Sélinonte
  • Façade et dôme des Invalides vus du boulevard
  • Intérieur de la grotte des Eaux à Syracuse
  • Intérieur de la grotte l’oreille de Denys le Tyran à Syracuse
  • Intérieur du temple de la Concorde à Agrigente
  • La Fontaine d’Aréthuse, à Syracuse
  • La Grotte des chèvres à Micate
  • La Grotte L’oreille de Denys le Tyran au lieu-dit Le Paradis à Syracuse
  • La Partie septentrionale du golfe de Naples
  • Le Cratère du Stromboli
  • Le Détroit de Messine et les côtes de la Calabre
  • Le Promontoire et une partie de la ville de Castel d’Iaci
  • Le Temple de Junon Lucinienne à Agrigente
  • Le Temple de Ségeste
  • Les Bains antiques d’eau chaude, dits de Saint Calogeno, à Lipari
  • Les Écueils des Cyclopes appelés Farailloni, près du port de la Trizza
  • Les Ruines du théâtre de Syracuse
  • L’Etna et un des faubourgs de Catane vus de La Porta d’Aci
  • L’Île de Volcano vue de Lipari
  • Partie latérale du temple de Minerve à Syracuse, transformé en cathédrale
  • Partie méridionale du golfe de Naples
  • Paysage de la vallée de Caltagirone
  • Personnages à pied ou en barque auprès d’un pont enjambant un cours d’eau
  • Ruines de Gela
  • Ruines de la colonne de triomphe appelée la Guglia
  • Ruines de la Dogana (la douane) à Contorbi
  • Ruines des bains antiques d’Aderno, sur les flancs de l’Etna
  • Ruines des bains antiques de Santa Croce, en Sicile
  • Ruines du grand temple de Sélinonte
  • Ruines du petit amphithéâtre de Syracuse
  • Ruines du petit temple d’Agrigente
  • Ruines du pont de Lilybée
  • Ruines du temple de Castor et Pollux à Agrigente
  • Ruines du temple de Jupiter Olympien à Agrigente
  • Ruines du temple de la Concorde à Agrigente
  • Ruines du temple de Segeste
  • Ruines du temple d’Hercule à Agrigente
  • Ruines du théâtre de Catane
  • Ruines d’un édifice antique de Taormine
  • Ruines d’un monument triomphal situé entre Agosta et Syracuse
  • Ruines d’un monument triomphal sur la route d’Agosta à Carlintini
  • Ruines d’un petit temple de Saint Philippe d’Argino
  • Ruines d’un temple de Sélinonte
  • Tombeau présumé de Théron, tyran d’Agrigente
  • Un bain antique au couvent des Carmes de l’Indrizzo à Catane
  • Un château et ses dépendances en haut d’une colline plantée d’arbres
  • Un des écueils des Cyclopes près du port de la Trezza
  • Un promontoire de lave au bord de la mer, près de Catane
  • Un tombeau antique à Aderno situé dans le champ du chamoine Ciancio
  • Une partie de l’intérieur des ruines du théâtre de Syracuse
  • Vue des environs de Naples
  • Vue du lac Averne près de Baies
  • Vue d’une église gothique, avec deux vaches et une paysanne
  • Vue d’une rivière coulant entre un parc et une chaumière
  • Vue du château de Sperlinga en Sicile qui a abrité les Angevins pendant les Vêpres Siciliennes

Références[modifier | modifier le code]

  1. Musée des beaux-arts de Tours.
  2. Deux toiles d’un format presque carré qui furent placées au fond de la pièce, face aux fenêtres, et quatre autres plus étroites en hauteur de part et d’autre des trumeaux de glace, envoyées au musée du Louvre lors de la démolition de l’hôtel en 1854 (inv. MI265 à MI270)
  3. Ccorrespondant au no 53 actuel.
  4. A. Blondy (2001) p. 9.
  5. Le titre complet est Voyage Pittoresque des Isles de Sicile, de Malthe et de Lipari, où l’on traite des Antiquités qui s’y trouvent encore ; des principaux Phénomènes que la nature y offre ; du Costume des habitants, & de quelques usages, Imprimerie de Monsieur à Paris (M.DCC.LXXXII à M.DCC.LXXXVII).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Alain Blondy, « Les Temples de Malte et l’émergence de la notion de Préhistoire en France 1770-1840 », « Malte du Néolithique à la conquête normande », Dossier d’Archéologie, no 267, octobre 2001.
  • Théodore-Éloi Lebreton, Biographie rouennaise, Rouen, Le Brument, 1865, p. 190-1.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Vloberg, Jean Houël, peintre et graveur, 1735-1813, Paris, Jean Naert éditeur, 1930.
  • Madeleine Pinault, catalogue de l’exposition, Hoüel, Voyage en Sicile, 1776-1779, Paris, musée du Louvre, (ISBN 2-7118-2349-0).
  • Madeleine Pinault-Sorensen, catalogue de l’exposition, Jean Hoüel, (Rouen, 1735-Paris, 1813), Collections de la Ville de Rouen, Rouen Musée des Beaux-Arts, 2001.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :