Salle du Manège

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48° 51′ 55.16″ N 2° 19′ 38.16″ E / 48.8653222, 2.3272667 ()

La salle du manège sur le plan de Turgot.
La salle du manège sous la Révolution.

Le Manège est un lieu, situé à Paris, en France, où se réunissait l’Assemblée nationale sous la Révolution française.

Avant l'installation de l'Assemblée Nationale[modifier | modifier le code]

Lors de l’enfance de Louis XV on avait construit un vaste manège aux abords des Tuileries abandonné par la suite à un écuyer du roi, François Robichon de La Guérinière qui y exploita une académie équestre de renom. Il passa de main en main, moyennant un droit de reprise reposant sur des ajouts divers qui finissaient par constituer une sorte de propriété privée sur ce qui n’avait jamais cessé d’être, de fait, une propriété de la Couronne de France. C’est à ce titre qu’il fut récupéré par l’Assemblée nationale lorsqu’elle chercha à s’établir ailleurs qu’au palais de l’archevêché de Paris, impropre à la contenir.

Occupation par les Assemblées[modifier | modifier le code]

Trois assemblées siégèrent successivement au Manège :

Les couvents et le passage[modifier | modifier le code]

Du fait d’avoir opportunément voté l’abolition des biens du clergé, l’Assemblée nationale, en s’installant au Manège, s’étend sur les deux couvents qui le jouxtent : celui des Capucins et celui des Feuillants.

Le couvent des Capucins est d’une allure modeste quand le couvent des Feuillants étale un certain luxe architectural par son entrée qui se trouve dans l’axe même de l’actuelle rue de Castiglione (à la hauteur de la rue Saint-Honoré). Séparant les deux couvents, un étroit passage s’ouvre au fond de la cour des Feuillants et parvient au jardin des Tuileries, constituant, par l’usage une sorte de passage public.

Le bâtiment du Manège n’est pas de taille à recevoir l’ensemble des services qui accompagnent l’Assemblée nationale. On les distribue dans les bâtiments conventuels. Les archives de l’Assemblée nationale étaient logées dans la belle bibliothèque du couvent des Feuillants, le trésor des dons patriotiques dans le logement du prédicateur, le bureau du géographe dans le cloître et l’imprimerie dans la réfection des capucins.

Pour relier les bureaux à la salle de l’Assemblée nationale on avait dressé, dans le jardin des feuillants, un passage en planches, et couvert de coutil rayé, qui menait à une porte qui était celle du personnel. La grande porte ouvrait sur une cour (emplacement rue de Rivoli) que bordaient divers bâtiments du corps de garde.

La salle[modifier | modifier le code]

Le public trouvait place aux deux extrémités de la salle ou encore dans les loges, si bien que l’assimilation avec le théâtre ne pouvait que se renforcer, d’autant que le public d’alors était très friand de débats politiques et allait à l’Assemblée nationale comme on allait au spectacle.

Il ne fallut d’ailleurs pas longtemps pour que, dans un pamphlet intitulé Les Chevaux au manège, les députés influents se trouvent jugés, avec autant de concision que d’impartialité, à l’aide de noms de chevaux :

Au milieu des longs côtés, le bureau du président faisait face à la tribune où s'exprimaient les orateurs. Les députés siégeaient de part et d'autre de ces deux structures sur des bancs. Les députés conservateurs siégeaient à la droite du bureau du président, les députés les plus favorables à la Révolution à sa gauche.

Sous la Convention, à partir d'octobre 1792, la disposition des députés est moins évidente. Les « Montagnards » choisirent les bancs les plus élevés à droite du président : on parle même de Crêtois en l'an III. De leur côté, les Girondins placent sur les bancs à gauche du président. Enfin, le tiers parti du « Marais », également appelé la « Plaine », occupe les rangs inférieurs, entre les deux autres groupes.

Principaux évènements intervenus dans la salle du Manège[modifier | modifier le code]

  • 21 octobre 1790 : le drapeau tricolore remplace le drapeau blanc de la royauté.
  • 10 août 1792 : en raison de la prise des Tuileries, la famille royale s'y réfugie, en se cachant dans la loge du greffier (car il lui était interdit de se trouver dans les locaux de l'assemblée).
  • 21 septembre 1792 : abolition de la royauté.
  • 22 septembre 1792 : proclamation de la république ; début de la datation du calendrier révolutionnaire.
  • 11 décembre 1792 début du procès de Louis XVI.
  • 17 janvier 1793 : vote de la mort du roi par La Convention.
  • 17 avril 1793 : Condorcet présente le projet de constitution dite de l’an I.

Après le départ de l'Assemblée[modifier | modifier le code]

L’Assemblée nationale resta au Manège jusqu’au . À cette date, la Convention décida de siéger aux Tuileries : cette décision fut prise tant pour des raisons pratiques que pour mieux marquer, par son installation dans l’ancien palais royal, qu’elle possédait désormais la plénitude du pouvoir anciennement détenu par le roi.

Sous le Directoire, de 1795 à 1799, le Conseil des Cinq-Cents siégea au Manège.

La salle fut démolie en 1802 lors du percement de la rue de Rivoli.


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