Premier Empire

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Empire français
Premier Empire


&&&&&&&&&&&036189 ans, 10 mois et 26 jours

&&&&&&&&&&&&01093 mois et 17 jours

Drapeau
Drapeau.
Blason
Armoiries.

Devise : Aucune[B]

Hymne : Aucun[C]

Description de cette image, également commentée ci-après

L’Empire à son apogée en 1812 (en bleu foncé, la France ; en bleu clair, ses territoires vassaux).

Informations générales
Statut Empire, règne personnel de Napoléon Ier.
Capitale Paris
Langue Français
Religion Catholicisme
Monnaie Franc germinal
Superficie
Superficie 1812 860 000 km2
Histoire et événements
L’Empire est proclamé. Il est confirmé par plébiscite le 6 novembre.
Sacre de Napoléon Ier
- Campagne d’Autriche : victoire incarnée à la bataille d'Austerlitz.
Bataille de Trafalgar
Dissolution du Saint Empire
- Campagne de Dalmatie, Campagne de Prusse et de Pologne : victoire consacrée à la bataille d'Iéna (Prusse) et de Friedland (Pologne).
- Guerre d'indépendance espagnole : retraite consacrée à la bataille de Bailén.
- Campagne d'Allemagne et d'Autriche : victoire consacrée à la bataille de Wagram.
- Campagne de Russie : retraite et pertes importantes consacrées à la bataille de la Bérézina.
- Campagne d'Allemagne : échec et retraite consacrée à la bataille de Leipzig.
- Campagne de France : victoire tactique française, mais victoire stratégique des coalisés. Première abdication de Napoléon Ier, exilé sur l'île d'Elbe.
Débarquement de Napoléon au Golfe Juan, début des Cent-Jours
- Campagne de Belgique : échec consacré à la bataille de Waterloo. Seconde abdication, exil à Sainte-Hélène
Séparation de la Commission Napoléon II. Chute de l'Empire.
Empereur des Français
- Napoléon Ier
- Napoléon Ier
- Napoléon II

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Empire français, appelé à postériori le Premier Empire[A], est le régime impérial de la France du , date de la proclamation de Napoléon Bonaparte Empereur des Français par senatus consulte, jusqu'à sa première abdication le , puis de son retour à Paris le jusqu'à la séparation de la Commission Napoléon II le . Il fait suite au Consulat sous la Première République, est entrecoupé par la Première Restauration avant le rétablissement de son autorité lors des Cent-Jours, et est suivi par la Seconde Restauration.

Le Premier Empire se distingue des autres régimes politiques de l'Histoire de France d'abord par son originalité (il inaugure un système politique alors inédit en France, l'Empire), ensuite par sa belligérance (les guerres napoléoniennes voient la France affronter successivement cinq coalitions de 1805 à 1815). Ces conflits permettent à Napoléon de conquérir la majeure partie de l'Europe continentale, hors Scandinavie et Balkans ottomans, contrôlant à son apogée en 1812 un territoire s'étendant de Lisbonne à Moscou. Portée à son extension continentale maximale (860 000 km2 annexés), la France compte alors 134 départements, des villes comme Rome, Hambourg, Barcelone, Amsterdam ou Raguse devenant chefs-lieux de départements français.

Incarnés par de nombreuses et spectaculaires victoires militaires (Austerlitz, Iéna, Auerstadt, Eylau, Friedland, Wagram, la Moskova), ces succès continentaux se payent au prix de lourdes pertes en hommes (800 000 hommes du côté français) et d'un recul sur le plan colonial, conduisant à la disparition du Premier Empire colonial français, à la vente de la Louisiane en 1803 s'ajoutant la conquête des colonies antillaises par le Royaume-Uni, ennemi héréditaire de la Révolution et maîtres des mers. Les récurrents échecs français à conquérir les Îles Britanniques (expéditions d'Irlande, campagne de Trafalgar) laissent en effet les Anglais financer les successives coalitions qui viennent en 1814 à bout des armées impériales, après le tournant décisif de la campagne de Russie, échec stratégique dont la Grande Armée ne se relèvera pas.

C'est le premier des deux empires français établis au profit de la dynastie des Bonaparte.

L’Empire commence le , quand le sénatus-consulte proclame Napoléon Bonaparte « empereur des Français ». Le plébiscite du confirme cette désignation.

Le Premier Empire s'achève le 6 avril 1814 (abdication de Napoléon à Fontainebleau, après sa déchéance prononcée à Paris le 2 avril par le Sénat, et départ le 20 avril pour l'île d'Elbe). Il est suivi par la Restauration bourbonienne, interrompue par l'épisode des Cent-Jours du 20 mars au .

Histoire[modifier | modifier le code]

Ingres, Napoléon sur son trône impérial.
Mayence annexée par la France.

Du Consulat à l'Empire[modifier | modifier le code]

En 1799, Napoléon Bonaparte est nommé Premier Consul. Chef d'État d'une République qui redevient prospère sous sa direction, il se présente comme l'homme providentiel sur lequel la France peut compter. Le , le sénat, se fondant sur le péril d'une restauration monarchique suite au complot royaliste de Cadoudal du mois de février 1804, n'hésite pas à lui proposer la constitution d'une forme de gouvernement à transmission héréditaire.

Le 18 mai 1804, un sénatus-consulte confie le gouvernement de la République au Premier Consul, avec le titre d'Empereur des Français. Le résultat définitif du plébiscite, proclamé le 6 novembre 1804, entérine cet acte sénatorial avec 3 572 000 voix pour le « oui » contre seulement 2 572 voix pour le « non ». Ainsi la Constitution de l'an XII instaure l'Empire français. Il y est déclaré que le gouvernement de la République est confié à un empereur héréditaire dans sa descendance naturelle, légitime ou adoptive ou, à défaut, dans celle de ses frères Joseph ou Louis, celle de Lucien et celle de Jérôme ayant été écartées (ceux-ci ayant été déchus par leurs mésalliances).

La République ne disparaît pas immédiatement dans les actes officiels de ce nouveau régime politique : la référence à la République perdure un temps, dans le serment de l'Empereur lors de son sacre (2 décembre 1804), dans l'énoncé officiel des lois (jusqu'en juillet 1807), dans les actes d'état-civil (jusqu'à fin 1805), et sur les pièces de monnaie (le Franc Germinal, jusqu'en 1808). Le Senatus Consulte du 19 août 1807 supprime le Tribunat et modifie la Constitution de l'an XII qui a établi ce régime impérial. Les lois proclamées commençaient jusqu'à cette date par « NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions de la République, EMPEREUR DES FRANÇAIS, à tous présens et à venir, SALUT ». Après août 1807, on trouve l'énoncé suivant : « NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions, EMPEREUR DES FRANÇAIS, ROI D'ITALIE et PROTECTEUR DE LA CONFÉDÉRATION DU RHIN, à tous présens et à venir. SALUT ». L’Empire français devient le centre d'un système politique continental, qui lui associe des états vassaux, sous l'autorité suprême d'un seul homme, Napoléon.

Les débuts de l'Empire (1804)[modifier | modifier le code]

Le , Napoléon signe un décret qui établit la préfecture du département de la Vendée en la ville de La Roche-sur-Yon, qui est ainsi refondée par un grand projet urbanistique. Cet acte vise à mettre un terme à l'instabilité de la Vendée.

Le 15 juillet, la première cérémonie de remise de la Légion d'honneur a lieu.

Le sacre du 2 décembre 1804[modifier | modifier le code]

Napoléon Ier est sacré Empereur en la cathédrale Notre-Dame de Paris par le pape Pie VII. Il est réellement sacré puisque le sacre consiste à être oint par le saint-chrême ce qui fut fait effectivement par le pape aux endroits habituels pour les souverains. Ainsi, le fait qu'il plaça lui-même la couronne au-dessus de sa tête n'a rien à voir avec le sacre puisque la couronne n'est qu'un objet représentant le pouvoir impérial, tout comme le globe ou l'épée.

N'étant pas pratiquant, l'Empereur ne communie pas lors de la messe. Il se couronne donc lui-même comme dit évoqué plus haut, se souvenant sans doute de l'épisode du couronnement impérial de Charlemagne. Il couronne ensuite son épouse Joséphine, qui devient alors impératrice. Cette scène est représentée par le célèbre tableau de Jacques-Louis David Le Sacre de Napoléon.

Le sacre impérial est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l’Empire nécessite la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens.

Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens, et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des Capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux, doit faire apparaître que l'Empereur est l’héritier de leur pouvoir. Napoléon veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatrième dynastie », celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens. D’autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi Napoléon tient-il un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur. Son épée et son sceptre sont dits « de Charlemagne » : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.

L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l’aigle éployée. La couleur rouge du manteau impérial est une référence directe à la pourpre de l’imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l’Empire romain et de Charlemagne.

Serment prononcé par Napoléon Ier lors de son sacre ;

« Je jure de maintenir l'intégrité du territoire de la République ; de respecter et de faire respecter les lois du concordat et la liberté des cultes ; de respecter et faire respecter l'égalité des droits, la liberté politique et civile, l'irrévocabilité des ventes des biens nationaux ; de ne lever aucun impôt, de n'établir aucune taxe qu'en vertu de la loi ; de maintenir l'institution de la légion d'honneur ; de gouverner dans la seule vue de l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français. »

Napoléon devient aux yeux du peuple un chef d'État représentant à la fois le consensus politique d'une nation et un monarque choisi et protégé par la grâce de Dieu. Toutefois, il est considéré à l'étranger comme l'héritier d'une révolution fondamentalement antimonarchique. Cette ambiguïté est sans aucun doute le point faible du régime.

L'expansion de l'Empire napoléonien (1805–1812)[modifier | modifier le code]

C'est par ses victoires et alliances militaires que Napoléon Bonaparte parvient à faire de l'Empire la puissance dominante de presque la totalité de l'Europe continentale, brisant successivement les différentes coalitions que les souverains de l'Europe, soutenus militairement ou financièrement par l'Angleterre, lui opposent.

En 1805, face à la Troisième Coalition, qui regroupe l'Empire russe, et l'Empire d'Autriche, financés par les Britanniques, Napoléon commence la première campagne d'Autriche, La Grande Armée marche sur l'Autriche, Après avoir passé le Rhin, les sept corps d'armée de Napoléon déferlent sur l'Allemagne. L’Empereur pousse son adversaire Karl Mack à s’enfermer dans Ulm. Mack capitule le 19 octobre. C'était une victoire éclatante pour Napoléon, mais il fallait encore battre les Russes de Koutouzov et les autres armées autrichiennes.

À la nouvelle de la défaite d'Ulm, l'archiduc Charles est contraint de se replier sur Vienne, la Grande Armée entre en Moravie, mais elle ne peut empêcher la jonction des troupes de Koutouzov avec celles d'Alexandre Ier et de François Ier d’Autriche à Austerlitz.

Napoléon Ier veut faire croire à l'ennemi qu'il est trop faible pour le pousser à une offensive téméraire pour le vaincre. Pour ce faire, il utilise de nombreuses ruses (organiser le repli de ses troupes lors d'affrontements ou d'escarmouches, demander à être reçu par les autres empereurs pour un semblant de négociation, etc.). Les ennemis pensent alors que Napoléon ne dispose que de 40 000 hommes. Koutouzov n'en est pas persuadé, mais les jeunes généraux veulent briller devant leur empereur, et foncent dans le piège…

Le , à la bataille d'Austerlitz, malgré son infériorité numérique, Napoléon Ier et ses 73 000 hommes infligent une défaite humiliante aux coalisés austro-russes (86 000 hommes), en appliquant son plan considéré comme un chef-d'œuvre tactique.

Le 26 décembre, l’Autriche signe le traité de Presbourg. La France a alors les mains libres pour réorganiser l’Allemagne : Napoléon Ier forme la Confédération du Rhin qui dissout de facto le Saint-Empire romain germanique. Enfin, l’Autriche doit payer une indemnité de quarante millions de florins, soit un septième de son revenu national.

La Prusse n'accepte pas que la suprématie française s’étende, avec la Confédération du Rhin, à ses propres frontières et, le 9 août 1806, le roi Frédéric-Guillaume III, poussé par la Russie et le Royaume-Uni, décrète la mobilisation afin de faire la guerre à la France.

Une Quatrième Coalition contre Napoléon se forme au mois d'octobre 1806, composée de la Prusse, du Royaume-Uni, de l’Empire russe, de la Saxe et de la Suède.

Napoléon doit alors préparer une nouvelle campagne militaire, En septembre, il concentre son armée sur le Rhin. Le 25 septembre, il avance vers la Saxe avec environ 160 000 hommes (effectif de départ, augmentant au cours de la campagne). Le premier choc a lieu lors de la bataille de Saalfeld, durant laquelle le prince Louis-Ferdinand de Prusse est tué.

L’avancée rapide de l’armée française est telle qu’elle permet d’annihiler l’armée prussienne, qui comptait 250 000 hommes. En effet, Napoléon et le maréchal Davout la mettent en déroute lors des batailles d’Iéna et d’Auerstadt, le . L'armée prussienne perd dans la même journée environ 43 000 hommes, et toute son artillerie. Ces défaites jettent les Prussiens dans le désarroi. Ainsi, on vit 500 hussards français commandés par le général Lasalle capturer à eux seuls et sans résistance la ville fortifiée de Stettin, le 29 octobre. L'armée prussienne n'existe plus.

Le 27 octobre, Napoléon fait son entrée à Berlin à la tête de la Grande Armée. Au total, Napoléon n'a mis que dix-neuf jours du lancement de son attaque sur la Prusse jusqu'à son entrée dans Berlin.

Le , Napoléon Ier décrète l'établissement d'un blocus continental envers l'Angleterre.

Après cette victoire sur les Prussiens, Napoléon décide d'envahir la Pologne prussienne avant que n'arrive l'armée russe. Le dernier partage de la Pologne ayant eu lieu 11 ans plus tôt, les soldats de Napoléon sont accueillis en libérateurs dans toutes les villes et dans toutes les campagnes, d'autant que, parmi eux, se trouvent les anciens des Légions polonaises de l'armée d'Italie de Dombrowski. L'insurrection des provinces polonaises contre les occupants prussien et russe fournit à Napoléon 30 000 hommes.

Devant Varsovie, les Russes se dérobent, et refusent de livrer bataille. Murat s'empare de Praga, faubourg de la capitale. Napoléon arrive le 19 décembre à Varsovie. Obligé d'hiverner en Pologne, Napoléon passe, ainsi, tout le mois de janvier 1807 à Varsovie, où il rencontre la comtesse Marie Walewska. En fait, l'armée française a besoin de repos et de réorganisation ce qui lui interdit d'affronter immédiatement l'armée russe. Elle se replie alors sur la Vistule pour ses quartiers d'hiver et recevoir les renforts de France. Heureusement, de mémoire de Polonais, jamais l'hiver n'a été aussi clément. Pour les Français, la température est plus douce qu'à Paris en cette saison.

Le général russe Bennigsen attaque à la fin du mois de janvier 1807, ce qui oblige Napoléon à engager la terrible et indécise bataille d'Eylau le 8 février. Les Russes se replient, malgré de lourdes pertes dans les deux camps.

L'armée française contre-attaque. Le 10 juin, à la Bataille d'Heilsberg une charge impressionnante de la cavalerie de Murat contraint l'armée de Bennigsen à nouveau à se replier. Les Français les poursuivent et, le 14 juin, remportent une victoire décisive à la bataille de Friedland. Modèle de manœuvre et de jugement, comparable à Austerlitz dans sa conception, la bataille de Friedland marque la victoire sans appel de l'armée française.

Le 7 juillet, les deux chefs d'état signent, à Tilsit, le traité du même nom. La Russie devient alliée de l'Empire français, l'Autriche abandonne ses territoires en Méditerranée, les îles Ioniennes en particulier, et elle adhère au Blocus continental comme la Russie. Le traité est catastrophique pour le Royaume de Prusse : il perd ses territoires à l’ouest de l’Elbe, qui formeront le royaume de Westphalie, avec, à sa tête, le frère de l’empereur, Jérôme. Il doit céder ses possessions en Pologne afin de constituer le grand duché de Varsovie, et doit verser une lourde indemnité de guerre. Jamais l’empereur Napoléon n’a atteint un tel degré de puissance.

À partir de la fin de l'année 1807, l'engagement de la France dans les affaires de la péninsule Ibérique (invasion du Portugal pour le forcer à appliquer le blocus continental, ingérence dans la crise dynastique espagnole) déclenche la Guerre d'Espagne, un conflit brutal qui s'étalera sur plus de six ans, et qui affaiblira l'Empire de manière importante.

Le traité de Fontainebleau entre la France et l'Espagne permet l'intervention de la France dans la péninsule ibérique pour contrôler le Portugal : le roi Jean VI de Portugal s'enfuit le avec sa cour vers le Brésil avec l'aide de la flotte britannique. Quelques mois plus tard et tandis que des troupes françaises dirigées vers le Portugal contrôlent plusieurs villes espagnoles, Napoléon obtient à Bayonne, après l'annonce du soulèvement du à Madrid, l'abdication du roi Charles IV d'Espagne et le renoncement à leurs droits de son fils Ferdinand VII et des frères de ce dernier. Ce traité de Bayonne permet à Napoléon de placer son frère Joseph Bonaparte sur le trône espagnol. Cependant, le contrôle du pays est rendu très difficile par le soulèvement de la population espagnole - notamment par les guérillas - ainsi que par l'intervention du Royaume-Uni qui expulse l'armée française du Portugal (Convention de Cintra du ). Les armées françaises ne parviendront jamais à soumettre le Portugal.

En 1809, la France et l'Autriche s'affrontent à nouveau. La France triomphe de cette Cinquième Coalition à la bataille de Wagram, et impose le traité de Schönbrunn aux Habsbourg.

L'apogée de l'Empire (1812)[modifier | modifier le code]

Découpage administratif de la France en 1812

À son apogée en 1812, l'Empire Français compte 130 départements et plus de 44 millions de sujets. Il est capable de déployer, avec ses alliés, 600 000 hommes contre la Russie. Il maintient une présence militaire étendue en Allemagne, Italie, Espagne et sur le Duché de Varsovie. La Prusse et l'Autriche sont ses alliées. Enfin les provinces illyriennes sont directement rattachées à l'Empire, sans être cependant départementalisées (le projet de départementalisation ayant été abandonné en 1811), tandis que la Catalogne est détachée du royaume d'Espagne en janvier 1812 pour être directement soumise à l'autorité de l'Empereur.

Le déclin et la chute de l'Empire (1812-1815)[modifier | modifier le code]

En février 1808, Murat prend le commandement de l'armée française stationnée en Espagne, pour appuyer l'invasion du Portugal. Le 2 mai, le peuple de Madrid, inquiet de voir la famille royale espagnole convoquée à Bayonne par Napoléon, se soulève contre l'armée française (Dos de mayo). Une terrible répression de la part de Murat s'abat alors dans la nuit du 2 au 3 mai. De 1809 à 1810, la lutte de la guérilla espagnole est indécise. De 1811 à 1812, les défaites françaises se multiplient en Espagne, tandis qu'une tension diplomatique augmente entre l'Empire français et l'Empire russe, du fait des rivalités économiques amplifiées par la logique du Blocus continental et l'application du traité de Tilsit.

Le 24 juin 1812, ces tensions croissantes entre la France et la Russie aboutissent à l'invasion du territoire russe par Napoléon et sa Grande Armée constituée de soldats de vingt nations. La campagne de Russie se révèle catastrophique pour l'Empire français. Les russes utilisent la tactique de la terre brulée, qui consiste à détruire leurs vivres et leurs maisons pour éviter que les soldats ennemis ne puissent se ravitailler ou s'abriter. La Grande Armée se dissout quasi-totalement (600 000 hommes au départ et environ 30 000 soldats encore opérationnels au retour) tandis que les alliés de la veille redeviennent des adversaires : la Prusse en février 1813 et l'Autriche en août suivant.

En 1813, la guerre contre la sixième coalition aboutit à l'expulsion des forces impériales de l'Allemagne (défaite de Leipzig le 19 octobre), à quelques places fortes près. De janvier à mars 1814, la campagne de France voit la France envahie par les coalisés. Autrichiens, Prussiens et Russes occupent le pays après l'abdication de Napoléon, le .

Son ultime retour, du 20 mars au 22 juin 1815, lors des Cent-Jours s'achève par la déroute de l'armée française à Waterloo (18 juin).

Article détaillé : Cent-Jours.

Un bilan contrasté[modifier | modifier le code]

L’Empire se veut, au moins à ses débuts, l'héritier du Consulat et de la République. Les victoires de son armée exportent dans les pays conquis nombre d'acquis de la Révolution. La justice et la solde seigneuriales sont abolies partout où passe l'armée française. Les privilèges aristocratiques sont éliminés sauf en Pologne. Le Code napoléonien est introduit dans de nombreux pays, en particulier aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie, rendant tout un chacun égal devant la loi. Il établit le système du jury et légalise le divorce.

L’Empire est aussi le creuset d'une nouvelle noblesse héréditaire. À l'occasion du redécoupage de la carte de l'Europe auquel se livre Napoléon, sa famille et ses proches reçoivent les trônes de différents pays d'Europe tandis que ses principaux collaborateurs sont dotés de titres copiés sur ceux de l'Ancien Régime.

Dates marquantes du Premier Empire[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Article connexe : Ministres de Napoléon Ier.

Sous l'Empire, chaque ministre travaille directement pour Napoléon Ier : tous les pouvoirs sont entre ses mains[2]. Ils sont réduits à de simples agents d'exécution dépourvus d'initiative, leur travail consiste à surveiller l'application des lois[3].

Pour aider les ministres, néanmoins débordés de travail, il va être créé des administrations dirigées par des conseillers d'État, appelées Directions générales. Ces dernières sont quasiment autonomes face aux ministères. Ainsi sont créées la Direction générale des Postes en 1804, la Direction générale des Forêts en 1805, la Direction générale des Revues et Conscription militaires en 1806, la Direction générale des Vivres de guerre en 1808, la Direction générale des Mines en 1810, rejoignant les Directions générales créées sous le consulat[3].

Les départements[modifier | modifier le code]

La France en 1804

Lors de la proclamation de l'Empire le 18 mai 1804, la France compte 106 départements. En plus des Provinces de l'ancien Régime divisées en quatre-vingt-trois départements et le Comtat Venaissin, elle compte les conquêtes de la révolution française avec la Belgique et le Luxembourg divisés en neuf départements, la rive gauche du Rhin divisés en quatre départements, la réunion du duché de Savoie, du comté de Nice et de la république de Genève donne trois départements, le Piémont appartenant auparavant au royaume de Sardaigne est divisé en six départements.

Provinces illyriennes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Provinces illyriennes.

Les Provinces illyriennes sont créées par le décret du 14 octobre 1809 de la réunion de plusieurs territoires hétérogènes (la Dalmatie occupée depuis 1806, une grande partie de la Croatie, la Carniole, la Carinthie et un bout du Tyrol)[4]. Cette annexion avait pour objectif d'affaiblir l'Autriche, d'interdire Trieste aux Britanniques fermant ainsi toute la côte Adriatique orientale aux marchands anglais et de disposer d'un État Slave contre le Tsar[5].

Le pays est divisé en dix puis en 1811 en sept provinces administrées chacune par un intendant qui a les mêmes pouvoirs qu'un préfet, ces provinces sont elle-même divisées en districts avec les équivalents des sous-préfets à leur tête. Tout en haut de l'administration se trouve le gouverneur général assisté d'un intendant général des finances[4].

L'administration met en place les acquis de la Révolution dans ces territoires, mais la plupart ne sont pas acceptés par les populations. L'égalité devant l'impôt est assez mal accueillie par la population habituée à des exceptions sous la domination autrichienne. La conscription, introduite le 15 avril 1811, est l'objet d'émeutes en Croatie et de fuite en Autriche ou dans les îles de Quarnero d'habitants et leur famille fuyant les prochaines levées[5]. La religion fut aussi l'objet de tensions exacerbées par le clergé local qui ne supporte pas la suppression des dîmes[6].

Si la francisation est de mise particulièrement dans l'enseignement, les autorités respectent les langues locales et l'[Quoi ?]apprennent[6]. Les autorités comptent particulièrement sur l'enseignement pour assimiler les populations. Par l'arrêté du 4 juillet 1810, chaque commune doit posséder une école primaire pour garçons et chaque canton une école primaire pour filles. Plusieurs lycées sont prévus avec pour langue d'enseignement exclusive le français, mais sur les sept projets seulement deux sont créés (à Laybach et Raguse). Une école supérieure est installée à Laybach. De nombreux Illyriens sont envoyés dans les grandes écoles françaises[7].

Œuvre institutionnelle[modifier | modifier le code]

En 1801, le Concordat est signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII. Le , le Code civil français est promulgué. En 1806, le conseil de prud'hommes[8],[9] est créé. En 1808, Napoléon crée l'Université, institution d'état.

Droit[modifier | modifier le code]

Grands travaux[modifier | modifier le code]

Arc de Triomphe commandé par Napoléon Ier en l'honneur de la Grande Armée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. ^ Jusqu'en 1852, date de création du Second Empire, les historiens et hommes politiques français utilisaient l'expression d'« Empire » seulement pour le régime instauré en France par Napoléon Bonaparte en 1804, qui a remplacé le Consulat.
  2. ^ L'Empire abandonne la devise de la République (« Liberté, Égalité, Fraternité »), sans qu'elle soit remplacée par autre chose : les Armes de l'Empire sont muettes, le grand sceau de l’État n'indique que « Napoléon Empereur des français » ; comme la monnaie, qui a en revanche, sur sa tranche, les mots « Dieu sauve la France ». Les deux ordres nationaux de l'Empire, l'Ordre de la Légion d'Honneur et l'Ordre de la Réunion, ont des devises particulières : « Honneur et Patrie » pour le premier, « Tout pour l'Empire » pour le second.
  3. ^ Jean Tulard, « Hymnes officiels », dans Dictionnaire Napoléon, Fayard, 1989, p. 90, cite principalement Veillons au salut de l'Empire, mais aussi le Chant du départ et la Marche consulaire.

    Références[modifier | modifier le code]

    1. Actes constitutifs du Premier Empire
    2. Histoire et dictionnaire du consulat et de l'Empire, André Palluel-Guillard, p. 297
    3. a et b Histoire et dictionnaire du consulat et de l'Empire, André Palluel-Guillard, p. 299
    4. a et b Le Grand Empire 1804-1815, Jean Tulard, p. 320
    5. a et b Le Grand Empire 1804-1815, Jean Tulard, p. 321
    6. a et b Le Grand Empire 1804-1815, Jean Tulard, p. 322
    7. Le Grand Empire 1804-1815, Jean Tulard, p. 323
    8. Archives de France
    9. Paris.fr

    Annexes[modifier | modifier le code]

    Articles connexes[modifier | modifier le code]

    Liens externes[modifier | modifier le code]

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    1804-1814
    Restauration bourbonienne