Concert

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Un concert à la cour de Prusse, fin du XVIIIe siècle

Un concert est une représentation musicale d'un ou plusieurs musicienschanteurs et/ou instrumentistes —, en public, gratuite ou non, dans un lieu aménagé à cette occasion — une salle, un jardin, une église, une place, etc.

Le but essentiel d'un concert est l'audition de la musique par un auditoire.

Par exemple, si une chorale interprète des negro spirituals en public, dans une église, il peut s'agir d'un véritable concert ; mais si cette même chorale, dans cette même église, interprète les mêmes œuvres dans le cadre d'une cérémonie religieuse, il ne s'agit plus d'un concert, mais d'un élément de la liturgie.

Histoire du concert[modifier | modifier le code]

Il est difficile d'assigner au concert une date de naissance précise, et l'on a pu considérer que les concerts avaient été inventés à l'époque de Néron. Les spectacles des jongleurs au Moyen Âge, comprenant des interventions instrumentales et vocales, peuvent aussi préfigurer le concert.

Il semble cependant que le concert ait été créé en Italie à la fin du XVIe siècle, plutôt comme rencontre conviviale entre instrumentistes dans le cadre de réunions prenant un peu la forme de salons.

Au XVIIe siècle, le concert se répand en Allemagne avec les soirées musicales de Lübeck dans les années 1620, exemple suivi ailleurs en Allemagne et en Suisse. En Angleterre, de nombreux concerts ont vu le jour à partir de 1640 environ, d'abord organisés dans des tavernes, puis dans d'autres types de salles, conduisant au développement de sociétés musicales (dites aussi Collegium musicum). En France, dans la première moitié du XVIIe siècles, des musiciens de renom (souvent des musiciens du Roi) commencent à organiser chez eux des concerts à destination des nobles et des bourgeois : on trouve des exemples de telles pratiques chez les La Barre ou les Sainte-Colombe. Ce sont des concerts domestiques, semi-privés, mais qui préfigurent le développement de cette pratique par la suite.

Le XVIIIe siècle est celui du développement du concert dans toute l'Europe occidentale. À Paris, le privilège de l'Académie royale de musique limite la possibilité de concerts publics, mais le Concert Spirituel connaît un important succès à partir de 1725. Dans les années 1770, des concerts qualifiés de semi-publics voient le jour : Concert de la Loge Olympique et Concert des Amateurs.

Dans les autres villes de France, comme à Grenoble, à Lyon, à Nantes ou à Bordeaux, des concerts sont organisés, souvent par des académies ou par des loges maçonniques. Ces sociétés de concerts rassemblent souvent au départ des amateurs et des musiciens professionnels, qui prennent peu à peu le dessus. Les premiers concerts réguliers se développent, complétés par des « concerts à bénéfice » et par des concerts spirituels à l'instar du concert parisien. Le modèle du Concert Spirituel ne se répand pas seulement en province, mais aussi dans d'autres capitales comme Vienne et Moscou.

En France, la Révolution a des effets contradictoires sur les concerts : si elle conduit à la disparition de certaines académies, elle suscite parallèlement un développement des théâtres, dont certains trouvent intéressant de présenter des concerts, comme le Théâtre Feydeau à Paris.

Les territoires soumis à la colonisation européenne, tels les États-Unis, Saint-Domingue ou le Brésil, adoptent le concert sur le modèle de ce qui se fait en métropole.

Parallèlement, le XVIIIe siècle voit la naissance de spectacles qui donneront naissance au café-concert, même s'ils ne portent pas encore ce nom.

Le XIXe siècle voit une diversification des concerts, avec des concerts purement vocaux ou inversement purement instrumentaux, voire de concerts réalisés par un seul instrumentiste, qui prennent le nom de récital. Avec la création de l'orchestre moderne naissent les grands concerts d'orchestre. En 1800, le Conservatoire de Paris inaugure ses « exercices d'élèves » qui sont de véritables concerts attirant jusqu'en 1815, sous la baguette de François-Antoine Habeneck, de nombreux auditeurs. En 1828, le même Habeneck fonde la Société des concerts du Conservatoire. Avant 1850 apparaissent aussi la Philharmonic Society of London (1813) et la Société philharmonique de Vienne à Vienne (1812).

Dans la seconde moitié du siècle, d'autres ensembles musicaux se créent, avec la volonté de rendre le concert plus accessible, tant sur le plan musical que sur le plan financier, avec les Concerts Lamoureux et les Concerts Colonne. Les villes de province organisent également des concerts, souvent avec un orchestre municipal et l'appui du conservatoire local.

Le XIXe siècle est aussi celui de l'apogée du café-concert, mais, à partir de la Troisième République, une partie des salles de café-concert évolue vers une salle de spectacles sans consommation de boissons. La Belle Époque voit arriver de nombreux chanteurs à succès, qui vont lancer le genre de la musique de variétés.

Le concert prend un essor plus grand encore au XXe siècle. Certes, le concert classique subit la concurrence du disque et de la radio (laquelle contribue aussi parfois à diffuser les concerts). Cela n'empêche pas les concerts de se multiplier, s'ouvrant de plus en plus à l'ensemble des époques de l'histoire de la musique tout en continuant à diffuser la musique contemporaine. Le phénomène atteint l'ensemble des pays développés, notamment Chine et Japon.

Les chanteurs organisent des concerts et programment des tournées dans leurs pays et même à l'étranger. Dès son arrivée en Europe après la Première Guerre mondiale, le jazz se diffuse par les concerts, comme le rock le fera plus tard. À partir des années 1950, sans doute en s'inspirant de ce qui se fait à la télévision, les concerts des chanteurs insistent sur la dimension de spectacle du concert, qui reçoivent le nom anglais de show.

Madonna a été une ambassadrice du concert tel que l'on connaît aujourd'hui. On l'a parfois qualifié d'inventrice du concert : plus qu'un concert, le Blond Ambition Tour (sa 2ème tournée mondiale) est un véritable spectacle visuel et musical.

Types particuliers de concerts[modifier | modifier le code]

Si dans une représentation musicale, la dimension visuelle prend une certaine importance par rapport à la dimension purement musicale, le mot « concert » est délaissé au profit du terme désignant plus précisément le genre musical concerné, et l'on parle alors dans ce cas, d'opéra, d'opérette, de comédie musicale, de ballet, etc.

Toutefois, les concerts de certains types de musiquepop, jazz, variétés, etc. —, s'accompagnent fréquemment d'éléments scéniques très sophistiqués, tels que costumes, figurants, rayons laser, etc... comme pour des concerts d'artistes comme Lady Gaga ou Madonna sans parler de la participation active du public. Dans ce cas, les mots « concert » et « spectacle » peuvent être indifféremment employés.

Le concert en musique classique[modifier | modifier le code]

En musique classique, lorsqu'un concert est organisé autour d'un seul interprète, on parle plus volontiers de « récital ».

Par exemple, un « récital de mélodies », un « récital de piano », etc.
  • Lorsqu'une œuvre musicale primitivement destinée à la scène est interprétée, sans mise en scène, sans décors, etc., on dit que celle-ci est exécutée « en concert » ou « en version de concert » ; inversement, lors des exécutions « en version scénique », où la musique provient d'un orchestre enregistré à l'avance, et il n'y a pas d'orchestre présent à la représentation;

Le concert comme forme musicale[modifier | modifier le code]

Le mot concert, en musique ancienne, sert aussi à désigner un groupe d'instrumentistes (il se rapproche alors de l'anglais consort ou de l'italien concerto). Ainsi, lorsque Jean-Philippe Rameau publie ses Pièces de clavecin en concert, cela signifie qu'elle peuvent se jouent non seulement au clavecin mais aussi avec d'autres instruments (flûte, violon, viole de gambe...).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hans Erich Bödeker, Patrice Veit et Michael Werner (dir.), Le Concert et son public : mutations de la vie musicale en Europe de 1780 à 1914. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2002. 493 p. Actes du colloque de Göttingen, juin 1996. (ISBN 2-7351-0914-3). [Communications en allemand, anglais, français, résumées dans les deux autres langues].
  • Danièle Pistone, Jean-Pierre Mialaret et Damien Ehrhardt (dir.), L'observation des pratiques de concert : actes de la journée du 30 mars 2002. Paris : Observatoire musical français, 2003.
  • Michel Brenet, pseud. de Marie Bobillier. Les concerts en France sous l'Ancien régime. Paris : Fischbacher, 1900. In-16, 407 p. Reprint : New York : Da Capo Press, 1970. Numérisé par archive.org
  • Constant Pierre, Histoire du Concert spirituel : 1725-1790, préf. de François Lesure. Paris : Paris : Société française de musicologie, 1975. 4°, 372 p. (Publications de la Société française de musicologie ; 3e série, 3). [Contient la liste des programmes du Concert spirituel de 1725 à 1790]. Réédité en 2000.