5e arrondissement de Paris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ancien 5e arrondissement de Paris et 5e arrondissement.
5e arrondissement de Paris
« arrondissement du Panthéon »
Administration
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Quartiers
administratifs
Saint-Victor (17)
Jardin-des-Plantes (18)
Val-de-Grâce (19)
Sorbonne (20)
Maire
Mandat
Florence Berthout
2014 - 2020
Code postal 75005
Code Insee 75105
Démographie
Population 60 800 hab. (2011[1])
Densité 23 937 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 46″ N 2° 20′ 41″ E / 48.846197, 2.34461548° 50′ 46″ Nord 2° 20′ 41″ Est / 48.846197, 2.344615  
Altitude Min. 27 m – Max. 61 m
Superficie 2,54 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Paris

Voir sur la carte Paris administrative
City locator 14.svg
5e arrondissement de Paris

Géolocalisation sur la carte : France

Voir sur la carte France administrative
City locator 14.svg
5e arrondissement de Paris

Le 5e arrondissement de Paris est le plus ancien quartier de la ville : il recouvre la plus grande partie du quartier latin, construit par les Romains sous l'Antiquité. Il est situé sur la rive gauche, au bord de la Seine. Il est bordé au nord par la Seine et le 4e arrondissement, à l'ouest par le 6e arrondissement, et au sud par les 14e et 13e arrondissements.

Aux termes de l'article R2512-1 du code général des collectivités territoriales (partie réglementaire), il porte également le nom d'« arrondissement du Panthéon[2] », mais cette appellation est rarement employée dans la vie courante.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque romaine[modifier | modifier le code]

La construction de la ville romaine (Lutèce) date du Ier siècle av. J.-C. Elle fait suite à la conquête de la cité gauloise (peut-être située sur le territoire de l'actuelle commune de Nanterre) par les Romains. La ville romaine est alors organisée autour du cardo maximus, axe nord-sud qui se retrouve dans tous les plans romains, actuelle rue Saint-Jacques, selon un plan constitué de rues perpendiculaires. Le centre de la ville est fixé au niveau des 172 et 174 de la rue Saint-Jacques, ce qui correspond au sommet de la montagne Sainte-Geneviève. Le decumanus, axe est-ouest, n'a pas de tracé clair à Paris.

Le forum de la ville est construit au Ier siècle à l'emplacement actuel de la rue Soufflot, entre le boulevard Saint-Michel et la rue Saint-Jacques. Ce forum s'étendait alors approximativement de la rue Cujas à la rue Malebranche.

La ville antique comportait aussi des thermes à l'angle du boulevard Saint-Michel et du boulevard Saint-Germain, ainsi qu'à proximité de l'actuel Collège de France, ainsi qu'un amphithéâtre, les arènes de Lutèce, situé à la sortie sud-est de la ville de l'époque. À l'est de la ville, la Bièvre contournait la montagne Sainte-Geneviève pour se jeter dans la Seine au niveau du Petit-Pont.

Les constructions romaines s'étendaient au sud jusqu'à l'actuelle rue du Val-de-Grâce, et à l'est jusqu'à la rue du Pot-de-Fer.

Époques médiévale et moderne[modifier | modifier le code]

La montagne Sainte-Geneviève doit son nom à la légende selon laquelle une jeune Nanterrienne aurait, juchée sur le sommet de cette colline, harangué la foule terrorisée par l'approche des Huns. La prière commune dirigée par la jeune fille aurait épargné à la ville d'être saccagée. Au sommet de la montagne, dans l'église Saint-Étienne-du-Mont, se trouve la châsse où seraient conservés les restes de sainte Geneviève. Sur l'emplacement de l'actuel lycée Henri-IV s'étaient établis des moines dits « génovéfains » en référence au nom de leur abbaye. Clovis aurait été enterré dans cette abbaye. Néanmoins, aucune sépulture royale n'y a été mise au jour.

La rive gauche de Paris est entièrement détruite en 885 par les Normands. La ville ne se reconstruit vraiment qu'au XIe siècle. Au XIIe siècle, l'enceinte de Philippe Auguste se situe au niveau de la rue des Fossés-Saint-Jacques, de la rue de l'Estrapade, de la rue Descartes, de la rue du Cardinal-Lemoine et de la rue des Fossés-Saint-Bernard. Les principales portes étaient sur l'emplacement de l'actuel boulevard Saint-Michel, la porte Saint-Jacques (rue Saint-Jacques) et juste au nord de la place de la Contrescarpe. Au-delà en suivant le tracé d'une ancienne voie romaine, sur les rives de la Bièvre s'étend le bourg Saint-Médard qui demeure encore marqué par son église et le faubourg Saint-Marceau construit sur une grande nécropole gallo-romaine dans laquelle avait été conservé la tombe de saint Marcel (saint Marcel de Paris fut le 9e évêque de Paris) actuellement rue de la Collégiale, boulevard Saint-Marcel et rue des Fossés-Saint-Marcel.

La ville ne s'étend au-delà qu'à partir de l'époque moderne. Les différentes « écoles » de l'université de Paris étaient installées dans ce secteur et sont à l'origine du nom « Quartier Latin » (où l'on parlait latin). Le collège fondé par Robert de Sorbon, plus tard appelé la « Sorbonne », date de 1257.

À l'époque médiévale, le quartier, hanté par des étudiants avinés, bagarreurs et sans-le-sou, était connu pour être bruyant et assez mal famé.

Le bâtiment de l'actuel Panthéon a été construit au XVIIIe siècle pour être l'église Sainte-Geneviève. Déconsacré à la Révolution, il abrite les restes des « Grands Hommes » comme l'indique l'inscription du fronton : « Aux Grands Hommes, la Patrie reconnaissante ».

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

De nombreux courants révolutionnaires tiennent leur nom des lieux de réunion qu'ils avaient choisis dans le quartier : les Cordeliers (dans le 6e) et les Jacobins qui se réunissaient dans l'ancienne abbaye Saint-Jacques.

Au XIXe siècle, le fonds de l'immense bibliothèque des Génovéfains constitua le fonds de départ de la bibliothèque universitaire Sainte-Geneviève, tandis que les bâtiments de l'abbaye abritaient un lycée nommé plus tard Henri-IV.

Les limites actuelles du 5e arrondissement ont été fixées en 1860, à la suite de la loi du 16 juin 1859 donnant lieu à un nouveau découpage de Paris en 20 arrondissements. Elles comprennent une grande partie de l'ancien 12e arrondissement et une toute petite partie du 11e (entre la rue saint-Jacques et le boulevard Saint-Michel).

En mai 1968, le quartier latin a été le centre de la révolte étudiante, avec notamment l'occupation de la Sorbonne. Les barricades restées les plus célèbres sont celles de la rue Gay-Lussac. Tout au long des années 1970, des affrontements plus ou moins violents ont lieu à plusieurs reprises dans le quartier entre jeunes d'extrême gauche et la police. Ainsi, le 27 mai 1970, la Gauche prolétarienne organise une émeute à l'occasion du procès de Jean-Pierre Le Dantec, le directeur de La Cause du peuple. Le 21 juin 1973, la Ligue communiste attaque le meeting organisé par Ordre nouveau à la Mutualité. Le 13 mai 1980, un autonome meurt sur le campus de Jussieu en essayant d'échapper à la police.

Depuis 1977, des catholiques traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X occupent l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet (square de la Mutualité). En 1981, une cérémonie officielle a lieu au Panthéon pour célébrer l'élection de François Mitterrand à la présidence de la république. En novembre 1995, une émeute éclate autour du campus de Jussieu pendant la grève des fonctionnaires. En 1998, l'École normale supérieure est occupée à l'occasion du mouvement des chômeurs.

Aujourd'hui, le 5e arrondissement est avant tout un quartier universitaire et intellectuel (nombreux éditeurs et librairies), mais c'est aussi un quartier très touristique (très importante concentration de restaurants entre la Seine, le boulevard Saint-Germain, le boulevard Saint-Michel, et la rue Saint-Jacques). C'est aussi un quartier animé le soir (nombreux pubs rue Mouffetard et rue Descartes).

Politique[modifier | modifier le code]

Traditionnellement un arrondissement conservateur et intellectuel (beaucoup d'universitaires, de journalistes et d'écrivains habitent le quartier), le cinquième tend à basculer à gauche depuis 2004 et les élections régionales et européennes. Ainsi, en plaçant Ségolène Royal en tête au second tour face à Nicolas Sarkozy par 50,89 % des suffrages, l'arrondissement a voté pour la première fois à gauche lors d'une élection présidentielle en 2007. Néanmoins, un mois plus tard, les électeurs de l'arrondissement réélisaient Jean Tiberi, le député gaulliste de la circonscription depuis 1968. Lors de l'élection présidentielle de 2012, François Hollande remporte 56,22 % des voix au second tour contre Nicolas Sarkozy à 43,78 %[3].

L'arrondissement fut par ailleurs la circonscription d'élection de Jacques Chirac lors des élections municipales en 1977, 1983 et 1989.

Député[modifier | modifier le code]

En 1956, le député de l'arrondissement quartier latin est alors Jean-Marie Le Pen (Union et fraternité française) réélu en 1958 sous l'étiquette du Centre national des indépendants et paysans (CNI) et battu en 1962 par René Capitant (UNR).

De 1968 à 2012, le député de la deuxième circonscription de Paris (englobant le 5e arrondissement et la partie sud du 6e arrondissement depuis 1986) est Jean Tiberi (UDR puis RPR à partir de 1977 et UMP à partir de 2002).

À l'issue des élections législatives de 2012, l'ancien premier ministre François Fillon bat le chercheur Axel Kahn (investi par le Parti Socialiste) et devient le député d'une deuxième circonscription remodelée (comprenant le 5e arrondissement, une partie du 6e arrondissement et une partie du 7e arrondissement).


Maire[modifier | modifier le code]

La mairie du 5e arrondissement.
Liste des maires successifs depuis 1983
Élection Identité Parti Notes
1983 Jean Tiberi RPR Élu en 1983, 1989 et 1995.
1995 Jean-Charles Bardon RPR En remplacement de Jean Tiberi, élu maire de Paris.
2001 Jean Tiberi UMP Élu en 2001 et 2008.
Il est le plus ancien maire d'arrondissement de la capitale.
2014 Florence Berthout UMP Élue en 2014.

Conseillers de Paris au titre du 5e arrondissement[modifier | modifier le code]

Le cinquième arrondissement envoie quatre élus au Conseil de Paris. Depuis mars 2014, ceux-ci sont :

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2006, la population était de 61 475 habitants pour 254 hectares, soit une densité moyenne de 24 203 hab/km².

Année
Population Densité
(hab. par km²)
1861 107 754
1866 104 083
1872 96 689 38 067
1911 (pic de population) 121 378 47 768
1936 107 120 42 173
1954 106 443 41 907
1962 96 031 37 793
1968 83 721 32 948
1975 67 668 26 630
1982 62 173 24 468
1990 61 222 24 094
1999 58 849 23 160
2006 61 475 24 203

Population par quartier[modifier | modifier le code]

Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 30 128 création
Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 18 022 création
Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 26 402 création
Année
Population Densité
(hab. par km²)
Croissance
annuelle depuis
le dernier
recensement
1861 41 934 création

Sites particuliers[modifier | modifier le code]

Institutions publiques[modifier | modifier le code]

Principaux monuments[modifier | modifier le code]

le Patio de la Mosquée de Paris.

Voirie de l'arrondissement[modifier | modifier le code]

Principales voies[modifier | modifier le code]

Plan du 5e arrondissement

Quartiers administratifs[modifier | modifier le code]

Transports en communs[modifier | modifier le code]

Metro 5to arrondissement.png

Culture[modifier | modifier le code]

Le 5e arrondissement de Paris, de par son histoire, ses monuments et ses diverses institutions culturelles, est l'un des plus riches de la capitale, ouvert à tous les domaines artistiques et éducatifs.

Musées[modifier | modifier le code]

Parmi les principaux musées et institutions culturelles, le Jardin des plantes abrite les différentes galeries du Muséum national d'histoire naturelle, dont la Grande galerie de l'évolution. Attenant à l'Université Pierre-et-Marie-Curie, l'Institut du monde arabe propose de nombreuses expositions thématiques tout au long de l'année. Le Musée du Moyen Âge – Thermes et hôtel de Cluny est le conservatoire des arts de cette période, abritant notamment la célèbre tapisserie de La Dame à la licorne. Enfin le Panthéon de Paris abrite les tombes des grands hommes de la France.

Par ailleurs, le Musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris est dédié à l'histoire des hôpitaux de Paris et le Musée du service de santé des armées de l'Hôpital du Val-de-Grace à celle des armées. Il existe également deux musées « administratifs » avec le Musée de l'Enseignement public, situé rue Gay-Lussac, et le Musée de la Préfecture de Police, rue des Carmes. Enfin, le quai Saint-Bernard accueille en permanence le Musée de la sculpture en plein air de la Ville de Paris.

Des centres culturels variés sont également situés dans le 5e, tels que le Centre culturel irlandais de Paris et l'Institut finlandais, rue des Écoles. Depuis sa réouverture en 2007, le collège des Bernardins est devenu un important centre de conférences, d'expositions, et d'enseignement du diocèse de Paris.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le 5e arrondissement possède une très forte densité de salles d'art et essai avec dix-huit cinémas indépendants, représentant plus de trente salles. Parmi les plus importants et actifs se trouvent le cinéma du Panthéon (l'une des plus vieilles salles de Paris, ouverte en 1907), l'Espace Saint-Michel, l'Accatone, le Reflet Médicis, le Grand Action, Le Champo - Espace Jacques-Tati, La Clef, L'Épée de bois, et Le Desperado (ex-Action Écoles) notamment. L'arrondissement est également un lieu fréquent de tournage de films, que ce soit dans le quartier Mouffetard ou au Jardin des Plantes.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Quelques petits théâtres se trouvent dans le 5e dont le Théâtre de la Huchette, le Théâtre de la Vieille-Grille et le Théâtre Mouffetard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]