Charles Percier

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Charles Percier
Image illustrative de l'article Charles Percier
Portrait de Charles Percier par Robert Lefèvre, 1807
Présentation
Naissance 22 août 1764
Paris
Décès 5 septembre 1838 (à 72 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Mouvement(s) Néoclassicisme
Activité(s) Architecte, décorateur, enseignant
Formation Antoine-François Peyre
Ses élèves Bruno Renard
Jean-Jacques-Marie Huvé
Jacques Hittorff
Œuvre
Réalisations Arc de Triomphe du Carrousel
Château de Malmaison
Distinctions Prix de Rome (1786)
Académie des beaux-arts (1811)
Compléments
Associé à Pierre-François-Léonard Fontaine

Charles Percier (Paris, 22 août 1764 - Paris, 5 septembre 1838) est un architecte néoclassique français, décorateur, qui travailla en association avec son camarade d'études Pierre-François-Léonard Fontaine à partir de 1794, jusqu'au point où il est inutile d'essayer de distinguer le travail de l'un et de l'autre. Ensemble, Percier et Fontaine furent les inventeurs et les principaux représentants de cette version du néoclassicisme riche et consciencieusement archéologique : le style Empire.

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Vue d'une maison romaine, aquarelle de Percier pendant son séjour à Rome.

Élève de Antoine-François Peyre (comme Pierre-François-Léonard Fontaine), Charles Percier gagna en 1786 le grand prix de l'Académie royale d'architecture, et retrouva son camarade au palais Mancini. Une de leurs premières collaborations fut Palais, maisons et autres édifices modernes dessinés à Rome, qui attira l'attention de leurs futurs clients, à leur retour à Paris. Fin 1792 (pendant la Révolution française), Charles Percier supervisait les décors de l'Opéra de Paris, un poste à la pointe de l'« avant-garde ». Au retour de Pierre-François-Léonard Fontaine de Londres, où il s'était exilé, ils restèrent à l'Opéra jusqu'en 1796. Ils faisaient équipe avec Charles-Louis Bernier.

La théâtralité du style Empire, son agressive opulence restreinte par un sens aride et correct du goût antique, ainsi que ses valeurs néo-romaines qui étaient toutes les deux étrangères à l'ancien régime, dictaient leur esthétique à Napoléon Bonaparte. Il les nomma ses architectes personnels, et les garda à son service : Percier et Fontaine travaillèrent sur les projets impériaux jusqu'à la toute fin. Comme un certain nombre d'artistes impliqués politiquement dans l'Empire[1], Charles Percier prit du recul par rapport à ses fonctions officielles et se tourna vers l'enseignement, tandis que Pierre-François-Léonard Fontaine poursuivit sa carrière jusqu'au Second Empire. Il ouvrit donc son atelier aux Beaux-Arts ; pendant les 22 ans que dura son enseignement, son atelier remporta 18 prix de Rome.

Charles Percier fut élu en 1811 à l'Académie des beaux-arts - 3e section (architecture), au fauteuil V (occupé précédemment par Charles de Wailly et Jean-François Chalgrin).

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Sous le Consulat, ils mirent au point le dessin des façades de la rue de Rivoli.

Ils travaillèrent entre 1802 et 1812 sur le palais du Louvre (résidence royale parisienne délaissée par les rois au profit de Versailles) pour permettre à l'empereur d'être au cœur de Paris, Versailles était devenu de toute façon inhabitable à la suite de la Révolution. Ils intervinrent sur le palais des Tuileries, en face du Louvre (démoli pendant la Commune de Paris). On leur doit en particulier la conversion de la salle de la Convention en salle de spectacle, ou l'aile septentrionale de la cour des Tuileries. Ils furent également à l'origine du curetage de la cour du Louvre (qui contenait plusieurs rues). On leur doit un projet de réunion du Louvre et des Tuileries.

En aboutissement de la perspective des Champs-Élysées, Percier et Fontaine dessinèrent l'arc du Carrousel (1807-1809), en commémoration de la bataille d'Austerlitz.

Ils remanièrent le Château de Malmaison pour Joséphine. Ils firent des transformations et des décorations dans les châteaux de Compiègne, Saint-Cloud et Fontainebleau.

Percier et Fontaine dessinaient chaque détail de leurs intérieurs : de la table de nuit aux chandeliers en passant par les papiers-peints et les tentures. On a même fait appel à Percier pour dessiner des porcelaines pour la manufacture de Sèvres, en particulier un grand vase dans le goût grec, le vase de Londonderry (Art Institute of Chicago), à peine achevé en 1814, et que Louis XVIII offrit au marquis de Londonderry pendant le congrès de Vienne.

Publications[modifier | modifier le code]

Ensemble, Percier et Fontaine publièrent :

  • 1798 - Palais, maisons et autres édifices modernes dessinés à Rome[2].
  • 1801-1812 - Recueil de décoration intérieure concernant tout ce qui a rapport à l'ameublement, avec les fameuses gravures au trait qui diffusèrent leur style au-delà de l'Empire, et influencèrent le style Régence anglais[3].
  • 1811 - Description des cérémonies et des fêtes qui ont eu lieu pour le mariage de Napoléon Ier avec l'archiduchesse Marie-Louise.
  • 1809 - Choix des plus célèbres maisons de plaisance de Rome et de ses environs
  • 1833 - Résidences des souverains de France, d'Allemagne, de Russie, etc.

On doit également à Charles Percier les illustrations d'Horace et de La Fontaine, dans l'édition de Didot.

Postérité[modifier | modifier le code]

Fin 1804, Charles Percier arrête sa carrière officielle pour se consacrer à l'enseignement. Voici quelques-uns de ses élèves :

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille posthume à l'effigie de Percier fut exécutée par le graveur Joseph François Domard en 1840, sur commande des amis et anciens élèves de l'architecte. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0410).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le peintre Jacques Louis David, par exemple, partit en exil à cette période.
  2. disponible sur Gallica
  3. disponible sur Gallica

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Philippe Garric, « Partie II. Les recueils du début du XIXe siècle : chapitre 5. Percier et Fontaine et leurs imitateurs », dans Jean-Philippe Garric, Recueils d'Italie : Les modèles italiens dans les livres d'architecture français, Sprimont, Pierre Mardaga,‎ 2004, 319 p. (ISBN 2-87009-877-4 et 978-2-87009-877-6, OCLC 57231745, notice BnF no FRBNF39912552), p. 127-164
    Texte basé sur la thèse de doctorat en urbanisme de l'auteur, Paris 8 : 2002
  • Jean-Philippe Garric, Percier et Fontaine : les architectes de Napoléon, Paris, Belin, coll. « Portraits »,‎ 2012, 213 p. (ISBN 2-7011-5569-X et 978-2-7011-5569-2, OCLC 782927560, notice BnF no FRBNF42643017)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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