Soudan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Soudan (homonymie).
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec République soudanaise.

République du Soudan

جمهورية السودان (ar)

(Jumhūrīyat as-Sūdān)

Republic of the Sudan (en)

Drapeau
Drapeau du Soudan
Blason
Armoiries du Soudan
Description de l'image  Sudan (orthographic projection) highlighted.svg.
Devise nationale
« النصر لنا »
« An-nasr lanā »
« La victoire est à nous »
Hymne national نحن جند لله جند الوطن
Nahnu Djundulla Djundulwatan
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Omar al-Bashir
Langues officielles Arabe, Anglais
Capitale Khartoum

15° 31′ N 32° 35′ E / 15.517, 32.583 ()

Géographie
Plus grande ville Omdourman
Superficie totale 1 886 068 km2
(classé 17e)
Superficie en eau 5,2 %
Fuseau horaire UTC + 3
Histoire
Indépendance Du Royaume-Uni
Date 1er janvier 1956
Démographie
Gentilé Soudanais, Soudanaise
Population totale (2014) 35 482 233 hab.
(classé 46e)
Densité 19 hab./km2
Économie
Monnaie Livre soudanaise (SDG​)
Divers
Code ISO 3166-1 SDN, SD​
Domaine Internet .sd
Indicatif téléphonique +249
Carte du Soudan avec la capitale Khartoum.
Statue d'un roi nubien (Soudan)

Le Soudan (en arabe as-Sūdān, السودان), en forme longue la République du Soudan (Jumhūrīyat as-Sūdān, جمهورية السودان), est un pays arabe d'Afrique du Nord.

Le pays est bordé par la Libye et l’Égypte au nord, la mer Rouge, l'Érythrée et l'Éthiopie à l'est, le Tchad et la République centrafricaine à l'ouest et par le Soudan du Sud au sud. La langue officielle du pays est l’arabe.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom vient de l'arabe balad as-sūdaan, qui signifie littéralement « pays (balad) des Noirs » (sūdaan, ce terme étant le pluriel d'aswad)[1] ; cette expression désigne le Soudan, une région d'Afrique plus grande dont fait partie l'ouest du pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Soudan.

Dans l'Antiquité, le pays correspondait en grande partie à l'ancienne Nubie (voir l'article détaillé sur l'histoire du Soudan).

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1820, l'Égypte est gouvernée par le Pacha Méhémet Ali. L'Égypte étant une province de l'Empire ottoman, il est en théorie vassal du Sultan de Constantinople, mais s'est en pratique libéré de la tutelle de celui-ci et mène une politique indépendante d'expansion territoriale.

Après d'infructueuses tentatives pour conquérir la Palestine et la Syrie, il se lance avec succès à la conquête du Soudan dans les années 1820.

En 1885 le chef religieux Muhammad ibn Abdallah, s'étant proclamé « le Mahdi » (« l'attendu »)[2], tenta d'unifier les tribus de l'Ouest et du centre du Soudan contre la domination égyptienne. Il prit la tête d'une révolte religieuse que le gouvernement égyptien s'avéra incapable de réprimer et infligea une défaite écrasante à l'armée envoyée contre lui par Le Caire : commandée par le colonel anglais Hicks, celle-ci commit l'imprudence de s'aventurer dans le désert à la poursuite du Mahdi qui, lorsqu'elle fut bien épuisée et démoralisée, se retourna contre elle et l'anéantit.

Cette victoire, outre qu'elle laissait l'Égypte presque sans moyen militaire, apporta au Mahdi les moyens qui lui manquaient pour donner à l'insurrection une plus grande ampleur : le ralliement de nouvelles tribus et surtout des milliers de fusils Remington, 5 millions de cartouches et des pièces d'artillerie. Jusque là cantonnée au désert et à des opérations de guérilla, l'insurrection mahdiste pouvait désormais s'attaquer aux villes et garnisons égyptiennes du Soudan, à commencer par la capitale : Khartoum. Le Khédive d'Égypte demanda l'aide de la Grande-Bretagne, mais le gouvernement de Gladstone refusa d'engager des troupes dans une aventure qui ne le concernait pas. Il consentit tout au plus à mettre à la disposition de l'Égypte le général Gordon avec pour mission d'organiser l'évacuation des garnisons égyptiennes du Soudan, abandonnant le pays au Mahdi.

Si Gordon connaissait bien le Soudan (dans les années 1870, il en avait été gouverneur général, nommé par le Khédive) et s'il était un chrétien convaincu, il ne comprit pas vraiment la signification de la révolte, ni la raison pour laquelle elle mobilisait largement la population. Pour reprendre les remarques d'un des meilleurs observateurs britanniques de l'époque Wilfred Scawen Blunt[3], il ne réalisa pas que tous les gens de bien au Soudan étaient du côté du Mahdi.

Encerclé à Khartoum, il refusa de l'abandonner et organisa la défense, persuadé que l'opinion publique britannique et en particulier la très influente Ligue contre l'esclavage exerceraient sur le gouvernement une pression telle que celui-ci se verrait contraint d'envoyer des troupes à son secours, ce qui fut le cas.

L'expédition de secours, commandée par Sir Garnet Wolseley, arriva malheureusement trop tard et se trouvait encore à quelques jours de marche de Khartoum lorsqu'elle apprit la chute de la ville et la mort de Gordon (janvier 1885). Les instructions qu'avait reçues Sir Garnet étaient claires : sa mission était de sauver Gordon, pas de conquérir le Soudan. Il fit donc demi-tour et regagna l'Égypte, ramenant avec lui les dernières garnisons égyptiennes : le Mahdi restait maître de tout le pays. Le Mahdi ne profita guère de sa victoire : il mourut quelques semaines plus tard (peut-être d'une méningite). Dirigé par le Khalifa Abdullah, le pouvoir mahdiste survécut jusqu'en 1898 où il fut anéanti à la bataille d'Omdurman par une armée anglo-égyptienne commandée par Sir Herbert Kitchener. Cette bataille fit 11 000 tués du côté soudanais et 48 du côté anglo-égyptien, ce qui en fait un massacre plus qu'une bataille, et personne ne s'interrogea sur le fait que presque aucun des 16 000 Soudanais blessés ne survécut[4]. Kitchener était en route vers Fachoda et sa dramatique confrontation avec l'expédition française du Commandant Marchand.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1916, défaite et mort d'Ali Dinar, dernier sultan du Darfour.

L'indépendance fut proclamée en 1956, mais le gouvernement de Khartoum revint sur les promesses faites aux provinces du Sud de créer un État fédéral, ce qui conduisit à une mutinerie menée par des officiers du Sud, qui à son tour déclencha une guerre civile de dix-sept ans (1955-1972).

Des élections eurent lieu en avril 1965 mais les gouvernements successifs furent incapables de se mettre d'accord sur une constitution permanente ou de résoudre les problèmes de la lutte entre factions, de la stagnation économique et de la dissidence ethnique. Le mécontentement amena un second coup d'État militaire le 25 mai 1969. Son meneur, le colonel Gaafar Muhammad Nimeiri, devint Premier ministre, et le nouveau régime supprima le Parlement et interdit tous les partis politiques.

Des luttes entre les marxistes et les non-marxistes à l'intérieur de la coalition militaire au pouvoir provoquèrent un nouveau coup d'État en juillet 1971, dirigé par le Parti communiste soudanais. Quelques jours après, des troupes anti-communistes restaurèrent Nimeiri.

En 1972, l'accord d'Addis-Abeba mit fin à la guerre civile Nord-Sud et instaura un certain degré d'autonomie régionale.

En septembre 1983 le président Nimeiri annonça sa décision d'étendre le domaine du droit musulman, cantonné depuis la colonisation au droit personnel, au droit pénal[5].

Cette décision est l'élément déclencheur d'une guerre civile qui oppose le Gouvernement (GOS) à des groupes armés du Soudan du Sud. Ce conflit s'analyse le plus souvent comme une guerre de religion entre le Nord — islamique — et le Sud — chrétien. Si cette dimension religieuse existe certainement, comme en témoigne le déclenchement de la guerre civile consécutif à l'instauration de la charia par le gouvernement du Nord, il n'en demeure pas moins qu'elle est à tempérer, le Sud étant minoritairement chrétien et plutôt animiste. Ce sont donc plutôt deux cultures, une tribale traditionaliste au Sud et une arabo-musulmane au nord, qui s'opposent. On peut aussi y analyser une opposition entre le Centre et la périphérie, expliquant ainsi aussi les moteurs des conflits au Darfour, à l'ouest du pays, et dans le Béjaland, à l'est du pays.

Après une pénurie de pain et d'essence, une insurrection grandissante dans le Sud, une période de sécheresse et de famine, en 1985 un autre coup d'État mené par le général Souwar ad-Dahab restaura un gouvernement civil. Cependant la guerre civile faisait de plus en plus de morts et la situation économique continuait à se dégrader.

En 1989, à la suite d'un coup d'État, le général Omar al-Bashir devint chef de l'État, premier ministre et chef des forces armées. La loi pénale de 1991 institua des peines sévères dans tout le pays, telles que l'amputation et la lapidation. Bien que les États du Sud non musulmans soient officiellement exemptés de ces dispositions, la loi permet cependant une possible application future de la charia dans le Sud.

La guerre civile a déplacé plus de quatre millions d'habitants du Sud et fait deux millions de morts. Certains ont fui dans des villes du Sud comme Djouba, d'autres ont cheminé vers le nord jusqu'à Khartoum ou ont pris le chemin de pays voisins comme l'Éthiopie, le Kenya, l'Ouganda ou l'Égypte. Ces gens ne pouvaient pas produire de la nourriture ou gagner de l'argent pour se nourrir, et la malnutrition et la famine se sont répandues. Le manque d'investissement dans le Sud a également abouti à ce que les organisations humanitaires internationales appellent une « génération perdue », mal éduquée, sans accès aux soins de base et sans grandes chances de trouver un emploi productif que ce soit dans le Sud ou dans le Nord.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Rébellion de 2005[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile au Darfour.

Les pourparlers de paix entre les rebelles du Sud et le gouvernement ont fait des progrès notables en 2003 et au début de l'année 2004, même si des accrochages se seraient encore produits dans certaines régions méridionales.

Une nouvelle rébellion dans la province occidentale du Darfour a commencé début 2003. Le gouvernement et les rebelles ont été accusés d'atrocités au cours de cette guerre. En février 2004, le gouvernement a proclamé sa victoire sur la rébellion mais les rebelles disent garder le contrôle des zones rurales et certaines sources indiquent que des combats continuent à de nombreux endroits. Les milices janjawids sont accusées du massacre de plus de cinquante mille personnes, le conflit ayant fait, en trois ans, plus de trois cent mille morts et trois millions de déplacés et réfugiés, selon certaines estimations.

Accord de paix de 2005[modifier | modifier le code]

Le 9 janvier 2005, un accord de paix a été signé à Nairobi entre John Garang (APLS) et le vice-président Ali Osmane Taha, représentant le gouvernement soudanais. Il met fin à vingt-et-un ans de guerre civile dans l'État, dominé par les musulmans et les miliciens chrétiens de Garang. Cet accord prévoit un régime d'autonomie de six ans au Soudan du Sud, période à l'issue de laquelle un référendum d'autodétermination sera organisé.

Le 9 juillet 2005, la nouvelle constitution, élaborée grâce aux accords de Nairobi, est appliquée et permet le retour du mouvement de John Garang à Khartoum. Un gouvernement d'union nationale est instauré pour cette période de transition.

Le 31 juillet 2005, John Garang meurt dans l'accident de l'hélicoptère ougandais qui le transportait, dans le sud du Soudan. Cela provoque plusieurs jours d'émeutes dans la capitale ainsi qu'à Djouba entre les partisans de Garang et ceux du gouvernement. Les partisans de l'ancien chef rebelle John Garang ne croient en effet pas à la thèse officielle du gouvernement selon laquelle l'hélicoptère a été victime de problèmes techniques. Ils déclenchent des émeutes à Khartoum, provoquant les représailles de militants nordistes. Ces violences font, d'après le bilan du Croissant-Rouge soudanais (en), cent trente morts et plus de trois cent cinquante blessés.

Le référendum d'autodétermination du Soudan du Sud prévu par les accords de paix a eu lieu le 9 janvier 2011[6]. Les votants se sont exprimés en faveur de la sécession à 98,83 %[7]. Le 8 février 2011, Omar el-Béchir a officiellement reconnu ce résultat[8]. Ce nouvel État a accédé à son indépendance dès le 9 juillet 2011[9]. En perdant plus d'un quart de son territoire, le Soudan perd également son « statut » de plus grand état d'Afrique (au profit de l'Algérie) qu'il détenait depuis son indépendance en 1956.

Selon certains observateurs[10], la sécession du sud ne manque pas d'alimenter une certaine inquiétude au sein de la population quant à l'avenir du pays. Jusqu'ici, le gouvernement central profitait des ressources pétrolières du Sud (qui assurait 85 % de la production nationale) pour, « acheter » la paix civile avec les différents groupes rebelles qui sévissaient dans le Nord. Avec des revenus en baisse, il lui sera difficile de poursuivre ce type de politique. Ainsi, selon Fouad Hikmat, analyste à l'International Crisis Group : « Dans un an, si le NCP (le Congrès national au pouvoir à Khartoum) ne change pas, n'adopte pas une nouvelle approche plus fondée sur l'intégration que sur la sécurité, le Soudan va affronter de sérieux problèmes ». Cette manne pétrolière permettait également de limiter les conséquences économique de la crise en jugulant l'inflation, garantissant une certaine « paix sociale ».
Face à ces nombreux défis intérieurs, ces mêmes observateurs craignent que les durs du régime, « débarrassés » du Sud chrétien et animiste, n'en profitent pour se radicaliser en accélérant l'islamisation du reste du pays, comme le président Bashir l'avait laissé entrevoir[11], d'autant plus que les effectifs des communautés chrétiennes se trouvant dans le Nord se sont largement réduits par le fait que l'essentiel de leurs membres, originaires du Sud, ont regagné leur région d'origine en prévision de l'indépendance de celle-ci[12].

Politique[modifier | modifier le code]

Palais présidentiel, Khartoum
Article détaillé : Politique au Soudan.

Le Soudan est une république de type présidentiel dont l'actuel président est Omar al-Bashir. Avec son parti, il contrôle le pays depuis le coup d'État militaire du 30 juin 1989.

De 1983 à 1997, le pays était divisé en cinq régions dans le Nord et trois dans le Sud, chacune dirigée par un gouverneur militaire. Les parlements régionaux ont été suspendus après le coup d'État militaire du 6 avril 1985. Le Conseil révolutionnaire a été aboli en 1996 et le Front national islamique au pouvoir a pris le nom de Congrès national. Après 1997, les structures administratives régionales ont été réformées vers un système de 26 États. Les membres des exécutifs régionaux sont nommés par le président de la République. Le budget des États est entièrement dépendant du pouvoir central de Khartoum.

À la suite d'une décision de la cour pénale internationale (CPI), Omar al-Bashir est désormais sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

Du 11 au 15 avril 2010 ont eu lieu les premières élections régionales, législatives et présidentielle tenues depuis 1986. Les deux principaux rivaux du général Omar al-Bashir, Yasser Arman, un musulman laïque soutenu par le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes) et Sadek al-Mahdi, ancien Premier ministre et chef du parti Umma (nationaliste) ont décidé de boycotter le processus électoral et retiré leur candidature. Entaché de graves irrégularités mais porteur d'espoir aux dires de Mme Véronique de Keyser[13], chef de la mission d'observation de l'Union européenne, le scrutin a reconduit le général Omar El-Béchir dans ses fonctions de chef de l’État.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Soudan.

Le Soudan est situé dans le Nord de l'Afrique, en bordure de la mer Rouge, entre l'Égypte et l'Érythrée. Il est traversé de part en part par le Nil.

Avec une superficie de 1 886 068 km2, le Soudan est le troisième plus grand pays d'Afrique après l'Algérie et la République démocratique du Congo. Avant l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, le Soudan était le plus grand pays d'Afrique.

Le Soudan est une très grande plaine entourée à l'est et à l'ouest par des montagnes. Le climat y est semi-aride dans le Sud et désertique dans le Nord, avec la saison des pluies d'avril à octobre. La désertification qui s'étend vers le sud et l'érosion des sols sévissent sur le pays.

À gauche : image satellite du Soudan. À droite : le Lac Marra Deriba. À gauche : image satellite du Soudan. À droite : le Lac Marra Deriba.
À gauche : image satellite du Soudan. À droite : le Lac Marra Deriba.


Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Le Soudan est un état fédéral divisé en dix-sept États ou wilayat.

Carte du Soudan montrant sa subdivision en États. Les numéros correspondent au tableau ci-contre. En 2012, deux États supplémentaires sont créés dans la région du Darfour[14].
# État Nom local Translittération Transcription Capitale Superficie
(km²)
Population
(2012)
Densité
(hab./km²)
1 Al Djazirah الجزيرة al-ǧzyrh Al Djazirah Wad Madani 27 549 3 667 000 133,11
2 Al Qadarif القضارف al-qḍārf Al Qadarif Gedarif 75 263 1 387 000 18,43
3 Darfour-Central
4 Darfour du Nord شمال دارفور šmāl dārfwr Chamal Darfour El Fasher 296 420 2 098 000 7,08
5 Darfour du Sud جنوب دارفور ǧnwb dārfwr Djanoub Darfour Nyala 127 300 4 218 000 33,13
6 Darfour-Occidental غرب دارفور ġrb dārfwr Gharb Darfour Geneina 79 460 1 320 000 16,61
7 Darfour-Oriental
8 Kassala كسلا ksl Kassala Kassala 36 710 1 898 000 51,73
9 Khartoum الخرطوم al-ḫrṭwm Al Khartoum Khartoum 22 142 5 828 000 263,21
10 Kordofan du Nord شمال كردفان šmāl krdfān Chamal Kourdoufan El Obeid 185 302 2 976 000 16,06
11 Kordofan du Sud جنوب كردفان ǧnwb krdfān Djanoub Kourdoufan Kaduqli 158 355 1 425 000 9,00
12 Mer Rouge البحر الأحمر al-bḥr alʾḥmr Al Bahr el Ahmar Port-Soudan 218 887 1 462 000 6,68
13 Nil نهر النيل nhr al-nyl Nahr an Nil Al-Damar 122 123 1 150 000 9,42
14 Nil Blanc النيل الأبيض al-nyl al-aʾbyḍ An Nil al Abyad Rabak 30 411 1 890 000 62,15
15 Nil Bleu النيل الأزرق al-nyl al-ʾzrq An Nil al Azraq Al-Damazin 45 844 834 000 18,19
16 Nord الشمالية al-šmalyh Ach Chamaliyah Dunqula 348 765 697 000 2,00
17 Sannar سنار snār Sannar Sannar 37 844 1 310 000 34,62
Total 1 886 068 32 161 000 17,05

Économie[modifier | modifier le code]

Carte des concessions et infrastructures pétrolières et gazières des deux Soudan.
Article détaillé : Économie du Soudan.

L'agriculture est la principale activité économique locale du pays, bien que 90% des ressources économiques proviennent du pétrole que contient ses sols et qui est exploité par d'autres nations (ce qui explique les tensions et/ou conflits dans ce pays).

La superficie des terres cultivables au Soudan est estimée à 840 000 kilomètres carrés. Seulement 18 % sont actuellement exploités. Seule une paix dans ce pays lui permettrait de devenir le grenier à blé de l'Afrique.

Les principaux produits agricoles sont le coton, le sésame, l’arachide, la gomme arabique dont le Soudan est le premier producteur mondial et le sucre (troisième pays producteur de sucre en Afrique).

Le cheptel, le deuxième du continent africain, est à la base d'un intense trafic clandestin avec les pays voisins.

L'exploitation pétrolière a commencé dans le Sud et modifie les conditions économiques du pays.

Le Nord possède les raffineries et contrôle la répartition des profits.

Ordres et décorations[modifier | modifier le code]

  • Insigne d'Honneur (uniquement pour le rang de Chef d'État)
  • Ordre de la République
  • Ordre des Deux Nils

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Soudan.

En 2014, la population du Soudan est estimée à environ 35,5 millions d'habitants[15].

Le Soudan est majoritairement peuplé d'Arabes (70 %), de Nubiens, de Fours, de Bejas et de Noubas.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion au Soudan.

Le Soudan est un pays majoritairement musulman dont la constitution prévoit la liberté de religion ; cependant, en pratique le gouvernement soudanais traite l'islam comme la religion d'État et certains préceptes de la charia sont en vigueur dans tout le pays.

À la suite de la sécession du Soudan du Sud, peuplé d'animistes et de chrétiens qui se sont affranchis du régime islamique et de la charia, à la suite du référendum d'autodétermination du 9 janvier 2011, le président Omar el-Béchir a annoncé un renforcement de la charia dans les régions septentrionales du pays restant sous le contrôle de Khartoum[16].

Il y aurait au Soudan 93 % de musulmans (majorité de sunnites, et minorité chiite), 5 % de chrétiens coptes (il y a une cathédrale de l'église copte à Khartoum), les 2 % restants sont composés d'animistes, de protestants, et de baha'is[réf. souhaitée].

Le jeudi 14 mai 2014, un tribunal de Khartoum a condamné une femme enceinte de huit mois à la pendaison, pour avoir adopté la religion chrétienne. Née de père musulman, Meriam Yahia Ibrahim Ishag est mariée à un chrétien. Elle a été aussi condamnée Pour cela à 100 coups de fouet, cette union étant considérée comme un adultère. Elle est actuellement emprisonnée avec son enfant de 20 mois. En juillet 2014, elle a été reçue par le pape au Vatican.

Culture[modifier | modifier le code]

Mains peintes au henné et Jabana (pot à café)
Article détaillé : Culture du Soudan.
Littérature

Tayeb Saleh, Mansour Khalid, Jamal Mahjoub et Abdallah Al-Tayeeb sont les principaux visages de la littérature soudanaise et arabe.

Peinture

Adam D. H. Hinawi dit Adam Dalfalla et Nezar Musa Noreen sont les peintres contemporains les plus connus.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Fête nationale Indépendance du Soudan
27 mars Fête de l'Unité Commémore l'accord d’Addis-Abeba de 1972
Varie selon le calendrier lunaire Aïd el-Fitr Fin du mois musulman du Ramadan
Varie selon le calendrier lunaire Aïd el-Kebir Fin du pèlerinage musulman à la Mecque
25 décembre Noël Naissance de Jésus Christ pour les chrétiens

Langues officielles[modifier | modifier le code]

Carte linguistique du Soudan et du Soudan du Sud

Les langues officielles de la République du Soudan sont l'arabe et l'anglais. Selon l'article 8 de Constitution de 2005 :

  1. Toutes les langues autochtones du Soudan sont des langues nationales et doivent être respectées, développées et promues ;
  2. La langue arabe est la langue nationale largement parlée au Soudan ;
  3. L'arabe, en tant que langue principale au niveau national, et l'anglais seront les langues de travail officielles du gouvernement national et les langues d'enseignement pour l'éducation supérieure ;
  4. En plus de l'arabe et de l'anglais, la législature de tout niveau de gouvernement infranational peut adopter une autre langue nationale comme la langue de travail officielle complémentaire à son niveau ;
  5. Il n'y aura aucune discrimination contre l'usage de l'arabe ou de l'anglais à n'importe quel niveau de gouvernement ou d'enseignement[17].

Codes[modifier | modifier le code]

Le Soudan a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  2. Film « Khartoum »
  3. Gordon at Khartoum. Being a personnal narrative of events, Stephen Swift & Co. Londres, 1911
  4. Sven Lindqvist, Exterminez toutes ces brutes ! Le Serpent à Plumes, Paris, 1998.
  5. Hervé Bleuchot, « L'étude du droit musulman : jalons pour une convergence (entre l'islamologie juridique et l'anthropologie juridique) », Droit et Société n° 15, 1990, p. 193-205 (en particulier p. 200).
  6. cf. Jacques Leclerq, article « Soudan », in L'aménagement linguistique dans le monde, Québec, TLFQ, Université Laval, 28/04/2010, article en ligne
  7. Résultats du référendum d'autodétermination au Soudan du Sud favorables à 98,83 % pour l'indépendance (site officiel).
  8. L'indépendance du sud entérinée.
  9. A la Une : Sud-Soudan, c’est le jour J. Un nouvel État est né
  10. Anxiété à Khartoum à la veille de la sécession sudiste, Le Nouvel Observateur, article du 6/7/2011]
  11. El-Bechir annonce qu'en cas de sécession du Sud, la charia sera renforcée au Nord - France 24 - Article du 24/12/2010
  12. Les chrétiens de Khartoum craignent de tomber dans l'oubli - La Croix - Article du 1er avril 2011
  13. Discours de la chef de mission Véronique De Keyser - eurodéputée belge - à Khartoum le 17 avril 2010
  14. (en)Bashir establishes two states in Darfur, reshuffles governors
  15. (en)CIA World Factbook - Sudan
  16. Article de France 24 du 20/12/2010
  17. TLFQ

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bibliothèque du portail Soudan : article présentant livres, articles en ligne, etc. consacrés au Soudan
  • (en) Kwame Essien et Toyin Falola, Culture and customs of Sudan, Greenwood Press, Westport, Conn., 2009, XIX-193 p. (ISBN 978-0-313-34438-1)
  • (en) Peter Gwynvay Hopkins (dir.), The Kenana handbook of Sudan, Kegan Paul, Londres, 2007, 884 p. (ISBN 978-0-7103-1160-3)
  • (fr) Charles Saint-Prot et Zeina el Tibi (dir.). Géopolitique du Soudan. Paris : OEG- Études géopolitiques 6, 2006 [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]