Paul Gauguin

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Paul Gauguin

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Paul Gauguin en 1891

Nom de naissance Eugène Henri Paul Gauguin
Naissance 7 juin 1848
Paris, Drapeau de la France France
Décès 8 mai 1903 (à 54 ans)
Atuona, Hiva Oa,
Îles Marquises, Drapeau de la France France
Nationalité Français
Activités Peintre
Maîtres Camille Pissarro
Mouvement artistique Postimpressionnisme
École de Pont-Aven

Paul Gauguin (né le 7 juin 1848 à Paris — mort le 8 mai 1903, à Atuona, Hiva Oa, Îles Marquises) est un peintre postimpressionniste. Chef de file de l'École de Pont-Aven et inspirateur des nabis, il est considéré comme l'un des peintres français majeurs du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Autoportrait (c 1875-1877)
Appartement de Gauguin rue Carcel 1881

Eugène Henri Paul Gauguin est né à Paris en 1848. Son père est Clovis Louis Pierre Guillaume Gauguin (1814-1851), un journaliste républicain au National[1]. Sa mère, née Aline Chazal (1825-1867), était la fille de Flora Tristan et donc, selon certains auteurs, la petite-fille de Simón Bolívar et de Thérèse Laisnay. Elle descendait de propriétaires terriens espagnols d'Amérique du Sud et même, selon la légende, d'un vice-roi du Pérou[1].

Le peintre a d'ailleurs passé les années de sa plus tendre enfance à Lima où son père, mort durant le voyage en 1851 au large de Punta Arenas et enterré à Puerto del Hambre, fuyait le régime politique de Napoléon III auteur du coup d'État lui confortant son pouvoir la même année[1]. De retour en France à l'âge de 7 ans où il fait ses études à Orléans, notamment au Lycée Pothier. Gauguin est embarqué sur le clipper Luzitano en qualité de novice/pilotin en décembre 1865, il est inscrit au Havre sous le matricule 790-3157. Il obtient le grade de lieutenant et embarque en 1866 sur le trois-mâts Chili, dont il est le second. Il effectue par la suite (1868) son service militaire dans la marine nationale, embarqué sur la corvette Jérôme-Napoléon[2],[3]. Il participe à la guerre de 1870 et prend part à la capture de six navires allemands. Après son retour à Toulon le 23 avril 1871, il quitte la marine[3]. Il devient agent de change à la Bourse à Paris et connaît un certain succès dans ses affaires. Il partage alors une vie bourgeoise confortable avec son épouse danoise, Mette-Sophie Gad (1850-1920), et leurs cinq enfants : Émile, Aline, Clovis, Jean-René (1881-1961), sculpteur et Paul-Rollon. Il s'installe avec sa famille en 1877 dans le XVe arrondissement de Paris, d'abord rue des Fourneaux (actuelle rue Falguière), puis rue Carcel[4].

Son tuteur, Gustave Arosa, homme d'affaires et grand amateur d'art, introduit Gauguin auprès des impressionnistes. En 1874, il fait la connaissance du peintre Camille Pissarro et voit la première exposition du courant impressionniste. Comme son tuteur, il devient amateur d'art et s'essaye alors à la peinture. Il expose par conséquent avec les impressionnistes en 1876, 1880, 1881, 1882 et 1886.

Paul Gauguin et les impressionnistes[modifier | modifier le code]

Rue Jouvenet à Rouen, 1884. Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid

En 1882, il abandonne son emploi de courtier en bourse (qui est dans une phase de mauvaise conjoncture) pour se consacrer à sa nouvelle passion, la peinture. De janvier à novembre 1884, il s'établit à Rouen, où Camille Pissarro, qui l'avait guidé dans son approche de l'Impressionnisme, vivait également. Pendant ces 10 mois passés à Rouen, il réalise près de quarante tableaux, principalement des vues de la ville et de ses alentours. Cela ne suffit pas pour vivre et il part vivre avec sa femme et ses enfants dans la famille de celle-ci à Copenhague. Le courant passe mal avec la belle-famille. Ses affaires ne vont pas bien. Il retourne à Paris en 1885 pour peindre à plein temps, laissant femme et enfants au Danemark, n'ayant pas les moyens d'assurer leur subsistance. Il est déchiré par cette situation. Il participe de 1879 à 1886 aux cinq dernières expositions du groupe des impressionnistes.

Le symbolisme et son voyage initiatique en Amérique[modifier | modifier le code]

La Cueillette des Fruits, ou Aux Mangos (1887)

En 1886, Gauguin effectue son premier séjour à Pont-Aven en Bretagne, où il rencontre Émile Bernard, le tenant du cloisonnisme. De retour à Paris, il rencontre pour la première fois Vincent van Gogh en novembre de la même année.

En avril 1887 il s'embarque avec le peintre Charles Laval pour le Panama où ils vont travailler au percement du canal. Ils y rencontrent des conditions de vie particulièrement difficiles et décident de partir dès qu'ils auront réuni suffisamment d'argent pour la Martinique, que Gauguin avait découverte alors qu'il était marin.

Il restera à la Martinique dans des conditions précaires de juin à octobre 1887, à l'Anse Turin au Carbet à deux kilomètres de Saint-Pierre, où se trouve, toujours aujourd'hui, un musée[5] qui lui est consacré. Enthousiasmé par la lumière et les paysages, il peindra douze toiles lors de son séjour. Il y aura une fille naturelle[6].

Malades de dysenterie et du paludisme, et sans ressources pour vivre, Gauguin et Laval rentrent en métropole en novembre 1887.

Le synthétisme à Pont-Aven[modifier | modifier le code]

La danse des quatre bretonnes (1888)
Neue Pinakothek - Munich

De retour en France, il se remet à Paris, avant de rejoindre, début 1888, la Bretagne, où il est le centre d'un groupe de peintres expérimentaux connus comme l'école de Pont-Aven. Dans une lettre de 1888 écrite à Émile Schuffenecker, Paul Gauguin lui exprime son credo qui sera l'âme des contestations artistiques à venir : « Un conseil, ne copiez pas trop d'après nature, l'art est une abstraction, tirez là de la nature en rêvant devant, et pensez plus à la création qu'au résultat. C'est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer ».

Sous l'influence du peintre Émile Bernard, son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique. Il cherche son inspiration dans l'art indigène, dans les vitraux médiévaux et les estampes japonaises. Cette année-là il peint La vision après le sermon aussi appelée La Lutte de Jacob avec l'ange, qui influencera Pablo Picasso, Henri Matisse et Edvard Munch.

Il découvre ces dernières à travers Vincent Van Gogh en 1888 alors qu'ils vivent ensemble deux mois (d'octobre à décembre) à Arles, dans le sud de la France, passant leur temps à peindre. Ils travaillent ensemble et peignent alors la série sur les Alyscamps. Les deux amis sont très sensibles, connaissent des moments de dépression et Gauguin, comme Van Gogh, tentera de se suicider plus tard. Leur cohabitation tourne mal et se termine sur le fameux épisode de l'oreille coupée de Van Gogh.

Vie en Polynésie[modifier | modifier le code]

Autoportrait, (1893)
Musée d'Orsay, Paris

En 1891, ruiné, il habite un temps à l'hôtel Delambre, au no 35 de la rue du même nom dans le 14e arrondissement, puis s'embarque pour la Polynésie, grâce à une vente de ses œuvres dont le succès est assuré par deux articles enthousiastes d'Octave Mirbeau. Il s'installe à Tahiti (c'est là qu'il peindra le portrait de Suzanne Bambridge) où il espère pouvoir fuir la civilisation occidentale et tout ce qui est artificiel et conventionnel. Il passera désormais toute sa vie dans ces régions tropicales, d'abord à Tahiti puis dans l'île de Hiva Oa. Il ne rentrera en métropole qu'une seule fois. Les caractéristiques essentielles de sa peinture (dont l'utilisation de grandes surfaces de couleurs vives) ne connaissent pas beaucoup de changements. Il soigne particulièrement l'expressivité des couleurs, la recherche de la perspective et l'utilisation de formes pleines et volumineuses. Influencé par l'environnement tropical et la culture polynésienne, son œuvre gagne en force, il réalise des sculptures sur bois et peint ses plus beaux tableaux, notamment son œuvre majeure, aujourd'hui au musée des beaux-arts de Boston : D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, qu'il considère lui-même comme son testament pictural.

À Tahiti, il fait la connaissance de Téha'amana (appelée aussi Tehura), jeune fille native de Rarotonga dans les îles Cook, à l'ouest de la Polynésie française (Gauguin la croyait originaire des îles Tonga)[7]. Celle-ci âgée de treize ans, qui devient son modèle et sa compagne[8]. Il est très inspiré et peint soixante-dix toiles en quelques mois. Mais après quelques années de bonheur, des soucis administratifs et plus personnels (mort de sa fille Aline en 1897, la préférée de ses cinq enfants) le minent. Il a également des problèmes de santé : une blessure à la jambe qui ne guérit pas depuis 1894, une crise de syphilis, si bien qu'il déprime et tente de se suicider.

Il décide alors de partir pour les Marquises afin de retrouver l'inspiration. En 1901, le voici donc à Atuona (sur l'île de Hiva Oa), dans les îles Marquises. Il lui semble être au paradis. Il va vite déchanter en se rendant compte des abus des autorités et en essayant de se battre pour les indigènes. Malgré ce fait, il laisse sur place une amertume des habitants et reste peu apprécié des Polynésiens en général et des Marquisiens en particulier, qui ont l'impression d'avoir eu affaire à un homme qui s'est servi des Polynésiens, surtout des femmes, comme si cela lui était dû. Affaibli, fatigué de lutter, il meurt le 8 mai 1903. Il est enterré dans le cimetière d'Atuona. La tombe de Jacques Brel côtoie la sienne.

Ses expérimentations sur la couleur et l'ensemble de son œuvre influencèrent l'évolution de la peinture, notamment le fauvisme du XXe siècle.

Influence de Gauguin[modifier | modifier le code]

Autoportrait au Christ jaune 1889, Paris, musée d'Orsay

En marge des Impressionnistes, Gauguin fut sans doute, avec Paul Cézanne et Vincent van Gogh, le peintre de cette fin de XIXe siècle qui eut le plus d'influence sur les mouvements de peinture du XXe siècle. Cette influence réside probablement moins dans sa peinture que dans ses écrits, lesquels contiennent des formules qui, comme le dit Léon Gard, « flattent ce penchant des hommes pour les recettes mirifiques, en même temps que leurs instincts de garnements déchaînés qui se saoulent d'indiscipline[9] » : « Comment voyez-vous cet arbre ? Écrivait Gauguin, Vert? Mettez-donc le plus beau vert de votre palette; et cette ombre? Plutôt bleue? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible », ou encore : « Ne copiez pas trop d'après nature. L'art est une abstraction. » ou encore : « Vous connaissez depuis longtemps ce que j'ai voulu établir : le droit de tout oser[10]. »

Gauguin anima les mouvements mystiques et symbolistes de Pont-Aven, puis des Nabis où ses théories sur le cloisonnisme et le synthétisme étaient appuyées par les peintres Émile Bernard, Paul Sérusier et Maurice Denis et par le critique symboliste Albert Aurier. À la mort de Gauguin, à l'occasion d'expositions lui rendant hommage, ses idées s'étendirent, non sans extrapolation souvent, au Picasso de la période bleue et rose, puis aux groupes des fauves (André Derain, Raoul Dufy), des cubistes (Roger de La Fresnaye), des expressionnistes allemands (Jawlensky, Otto Mueller, Ernst Ludwig Kirchner, Paula Modersohn-Becker…) et le groupe Die Brücke.

La première rétrospective eut lieu en Europe à Weimar organisée par le Comte Harry Kessler lequel était en relation avec Gustave Fayet, collectionneur qui lui prêta de nombreuses toiles. Gustave Fayet a sans doute été le collectionneur français détenant le plus grand nombre d'œuvres de Gauguin (70 à son décès en 1925)[11].

Gauguin en littérature[modifier | modifier le code]

  • Paul Gauguin est le héros (avec Flora Tristan) du roman du prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa. Dans ce roman qui retrace sa vie à Tahiti, il est appelé « Koké le Maori » en référence à son désir de devenir un véritable « sauvage », de quitter la civilisation européenne qui l'aurait détruit. Y est décrite la conception du tableau que l'écrivain considère comme le chef-d’œuvre de Gauguin et qui s'intitule Manao Tupapau (Elle pense au revenant ou Le revenant pense à elle).
  • Somerset Maugham s'est inspiré de la vie de Paul Gauguin pour son personnage Charles Strickland dans L’Envoûté (The Moon and Sixpence).
  • La nouvelle Le Maître du jouir de Victor Segalen a pour protagoniste une version romancée de Gauguin. Victor Segalen est aussi l'auteur d'un article paru au Mercure de France en juin 1904 sous le titre "Gauguin dans son dernier décor". Il a écrit, en 1916, un "Hommage à Gauguin" pour servir de préface à l'édition des lettres de Gauguin à son ami Georges-Daniel de Monfreid[12].

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Signature de Gauguin
Manao Tupapau (L'esprit des morts veille), 1892
Nave Nave Mahana (Jour délicieux), 1896

De nombreuses toiles de Paul Gauguin sont peintes sur les deux faces (des deux côtés). À l'instar de nombreux peintres du XIXe siècle, en particulier pour des raisons pécuniaires ou de disponibilité de toiles neuves, Paul Gauguin retournait certaines toiles qu'il possédait de peintres de son époque pour y composer ses propres œuvres. C'est le cas, par exemple, du nu de la collection Slomovic comportant au verso la vue d'une chambre. Un autre cas est la nature morte Villa Julia de l'ancienne collection Lefort des Ylouses montrant un nu (inachevé et non identifié) de l'autre côté.

Cote de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Musées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Paul Gauguin jouant de l'harmonium à l'atelier d'Alphonse Mucha, rue de la Grande-Chaumière, Paris (vers 1895).

De Gauguin[modifier | modifier le code]

Correspondance[modifier | modifier le code]

Carnets[modifier | modifier le code]

  • Le Carnet de Paul Gauguin [fac-simile des carnets de 1888-1891], éd. par René Huyghe, Paris 1952.
  • Paul Gauguin. Carnet de croquis = A sketchbook [fac-simile des carnets de 1884-1889], éd. par Raymond Cogniat et John Rewald, New York, 1962.

Catalogues raisonnés[modifier | modifier le code]

Sur Gauguin[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) My Father, Paul Gaugin par Pola Gauguin, ed. Alfred A . Knopf, New York, 1937, p. 3-11.
  2. [Claude et Jacqueline Briot avec la collaboration de François Renault, Les clippers français, Le Chasse-Marée,‎ 2003 (ISBN 2.903708.46.0[à vérifier : isbn invalide]) Page 199]
  3. a et b « Paul Gauguin », dans Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, 2002, p. 205-206.
  4. Paul Gauguin dans le XVe arrondissement. Résumé d'un article de Jeanine Podloubny et Michel Périn in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Paris – no 4.
  5. « Centre d'interprétation (ex musée) Paul Gauguin »
  6. Paul Gauguin a par ailleurs deux autres enfants naturels. Voir Base de Roglo - descendance de Paul Gauguin.
  7. Noa Noa, Paul Gaugin - édition Jean-Jacques Pauvert & Cie - Paris, 1988 (ISBN 2-87697-030-9), annotée et présentée par Pierre Petit, page 143
  8. http://www.paul-gauguin.com/
  9. Héritage de Gauguin, article paru dans la revue Panorama en 1943
  10. Oviri, écrits d'un sauvage, par Gauguin
  11. . Voir Mario d'Angelo, La musique à la Belle Époque. Autour du foyer artistique de Gustave Fayet -Béziers, Paris, Fontfroide-. Paris: éd. du Manuscrit, 2012.
  12. Gilles Manceron, "Segalen et l'exotisme" in "Essai sur l'exotisme" de V. Segalen, Le Livre de Poche, bilio essais, p. 21
  13. (en) Bailey M, Revealed: Art Institute of Chicago Gauguin sculpture is fake, Art Newspaper, 12 décembre 2007.
  14. http://maisonmuseedupouldu.blogspot.fr/

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]