Place de la Concorde

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Concorde et Place de la Révolution (homonymie).
8e arrt
Place de la Concorde
L'obélisque, place de la Concorde.
L'obélisque, place de la Concorde.
Situation
Arrondissement 8e
Quartier Champs-Élysées
Morphologie
Longueur 359 m
Largeur 212 m
Historique
Création 1772
Dénomination 1830
Ancien(s) nom(s) Louis XV, Révolution, Louis XVI, Charte

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place de la Concorde

48° 51′ 56″ N 2° 19′ 16″ E / 48.8655, 2.3211 ()

La place de la Concorde, avec 8,64 hectares, est la plus grande place de Paris. Le nom aurait été choisi par le Directoire pour marquer la réconciliation des Français après les excès de la Terreur.

Localisation[modifier | modifier le code]

Située sur la Rive droite, dans le 8e arrondissement, au pied des Champs-Élysées, elle relie ceux-ci, qui montent vers le nord-ouest, aux jardin des Tuileries qui s'étendent vers le sud-est. Par la rue Royale, elle ouvre au nord sur la Madeleine et au sud, par le pont de la Concorde qui traverse la Seine vers le 7e arrondissement, sur le palais Bourbon. Administrativement, la place elle-même est située dans le quartier des Champs-Élysées, dont elle est l’extrémité orientale. Mais les deux bâtiments qui la bordent au nord, de part et d’autre de la rue Royale, sont dans le quartier de la Madeleine, toujours dans le 8e arrondissement. Tandis que le jardin des Tuileries qui la jouxte est situé dans le quartier Saint-Germain-l'Auxerrois du 1re arrondissement.

Proche du centre de Paris, la place occupe une position privilégiée, car elle ponctue deux grands axes :

Description[modifier | modifier le code]

Plaque de la place de la Concorde

Cet ensemble monumental est, au point de vue de l'aménagement urbain, la plus importante création du Siècle des Lumières dans la capitale. Il exprime un moment privilégié dans l'évolution du goût français : celui qui voit, vers le milieu du XVIIIe siècle, le déclin du style rocaille et la naissance d'un nouveau classicisme dont Ange-Jacques Gabriel, son architecte, et Edme Bouchardon, le sculpteur de la statue équestre de Louis XV érigée au centre de la place et détruite à la Révolution, sont parmi les pionniers.

Sa dénomination a changé de nombreuses fois, traduisant l'instabilité des régimes politiques de la France depuis 1789 et une série d'événements joyeux, tragiques ou glorieux, certains d'une grande portée historique, qui se sont déroulés sur son sol. Elle s'est appelée place Louis XV, puis place de la Révolution après le 10 août 1792, place de la Concorde sous le Directoire, le Consulat et l'Empire, à nouveau place Louis XV puis place Louis XVI sous la Restauration, place de la Charte en 1830, pour reprendre enfin sous la Monarchie de Juillet le nom de place de la Concorde. De même les monuments qui ont orné ou auraient dû orner son centre : statue équestre de Louis XV, statue de la Liberté, statue de Louis XVI, obélisque de Louqsor.

Les aménagements, modestes sous la Révolution (installation des chevaux de Marly en 1794), ont été importants sous la Monarchie de Juillet (en 1836, érection de l'obélisque, travaux d'embellissement de Hittorff : les deux fontaines, les statues des huit principales villes de France (les huit « matrones » vêtues à la grecque et couronnées de tours, leurs socles logeant des fonctionnaires et leur famille en attendant l'érection des statues[1]), les lampadaires et les colonnes rostrales). Le Second Empire supprima les fossés pour améliorer la circulation. Le dernier aménagement sur le plan de l'architecture a été en 1931 la disparition de l'hôtel Grimod de La Reynière, construit en 1775 dans le respect de l'ordonnance de Gabriel, mais défiguré au fil du temps par des adjonctions successives, et son remplacement par l'ambassade des États-Unis dans le respect du projet originel. Depuis 1937, aucun changement notable ne peut plus affecter la place qui est classée dans son ensemble. Signalons un dernier embellissement en 1998, à l'initiative de l'égyptologue Christiane Desroches Noblecourt, la mise en place du pyramidion doré de l'obélisque.

Histoire[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le projet de Gabriel pour la place Louis XV.

Au XVIIIe siècle, ce n'était qu'une esplanade entourée, à moitié d'un fossé qui servait de magasin pour les marbres et communiquait par une barrière, un poste de gabelle et le port aux marbres[2]. Deux grands égouts découverts traversaient les deux extrémités de ce terrain, l'un coulant dans le fossé des Tuileries, l'autre le long des Champs-Élysées[3]

La Ville de Paris, en la personne de ses échevins et de son prévôt des marchands, décide, en 1748, d'ériger une statue équestre de Louis XV pour fêter le rétablissement du roi après la maladie dont il a été atteint à Metz. Un concours est lancé pour trouver le meilleur emplacement, concours auquel participent dix-neuf architectes, parmi lesquels Germain Boffrand, Gabriel de Lestrade et Jacques-Germain Soufflot. L'un d'eux, Ange-Jacques Gabriel, propose de retenir une simple esplanade de terre battue, sans fonction, sans dessin, qui se situe au bout du jardin des Tuileries, et qu'on appelle « esplanade du Pont-Tournant », en référence à un pont de bois qui enjambe alors le fossé bordant la terrasse des Tuileries. Bien qu'excentré, l'endroit peut servir à l'urbanisation des nouveaux quartiers qui tendent à se construire vers l'ouest de la capitale, dans le faubourg Saint-Honoré.

Le Roi est propriétaire de l'essentiel de ces terrains, ce qui permet de limiter les expropriations nécessaires. Avant même que la décision ait été officiellement prise, des négociations ont été engagées avec les héritiers de John Law, propriétaires de terrains qui empiètent sur l'emplacement nécessaire à la création, à cet endroit, d'une place royale, inscrite dans le vaste réseau de places royales qui vont, à Rennes, Rouen, Bordeaux, Dijon, Nantes ou Montpellier, théâtraliser la représentation équestre de Louis XV. Espace de parade pour la statue, ces places se développent selon un principe qui va rester, à Paris, très ouvert, parce qu'elle s'inscrit dans une zone encore vierge d'urbanisation. Valorisée par les façades dessinées par Gabriel, la place Louis XV devient un intermède architectural entre les frondaisons des Tuileries et l'échappée verte des Champs-Élysées.

En 1753, un concours est ouvert pour l'aménagement de l'esplanade, réservé aux membres de l'Académie royale d'architecture. Gabriel, directeur de l'Académie en sa qualité de Premier architecte du Roi, est chargé d'établir un projet empruntant les meilleures idées émises par les concurrents. Bénéficiant du soutien de Madame de Pompadour, qui supervisera l'ensemble des travaux, son projet est accepté en 1755. L'accord entre la Ville de Paris, les représentants du Roi et les héritiers de Law est signé en 1758. En échange des terrains qu'ils cèdent, les héritiers recevront le bâtiment situé au nord-ouest de la place ainsi que les terrains à construire de part et d'autre de la future rue Royale. Ils consentent à payer la construction des façades de tous les bâtiments dont ils auront la propriété et acceptent la servitude de galeries publiques sur la place.

Le projet d'aménagement de la place Louis XV par Bernard Poyet (1789).

Commencée par Edme Bouchardon et achevée par Jean-Baptiste Pigalle, la statue équestre de Louis XV est inaugurée le 20 juin 1763. Elle est placée au centre de l'esplanade, face à l'est, à l'intersection de l'axe de la nouvelle rue Royale, qui relie la Madeleine à la Seine, et de l'axe du jardin des Tuileries et de l'avenue des Champs-Élysées. Le roi est vêtu à la romaine, coiffé d'un catogan et couronné de lauriers. Le piédestal, dû à Jean-François-Thérèse Chalgrin, est orné de bas-reliefs et, à chaque angle, d'une statue de bronze évoquant les vertus du Roi : la Force, la Justice, la Prudence et la Paix. Comme le monarque est devenu, à l'époque de l'inauguration de la statue, largement impopulaire, on la chansonne en ces termes :

Ah ! la belle statue, ah ! le beau piédestal,
Les vertus sont à pied et le vice à cheval.

Le 30 mai 1770, la place est le théâtre d'un événement dramatique : alors qu'un feu d'artifice est tiré en l'honneur du mariage du dauphin et de l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche, 133 personnes périssent piétinées et étouffées lors d'une panique provoquée par un incendie déclenché par la chute d'une fusée.

Ce n'est qu'en 1772 que la place est achevée. Une enceinte octogonale, pourvue d'une balustrade, bordée de fossés de 20 mètres de large et cantonnée de guérites, est créée pour ceindre ce vaste espace. Seul le côté nord de la place est bâti, ce qui dégage la vue sur la Seine. Une partie du programme ne sera toutefois jamais réalisée : ainsi, Gabriel avait prévu de surmonter les guérites de groupes sculptés représentant des trophées, et de créer deux fontaines de part et d'autre de la statue ; en outre, les deux grands bâtiments au nord de la place devaient être encadrés, légèrement en retrait, par deux hôtels plus petits et identiques. La place est baptisée place Louis XV. En 1776, l'espace intérieur est divisé en quatre compartiments de gazon entourés de barrières peintes en vert.

En 1789, l'architecte Bernard Poyet propose au roi un aménagement de la place Louis XV avec l'édification de bâtiments aux quatre angles de la place. L'opéra eût été installé dans le bâtiment du nord-est, mais ce projet n'a pas de suite[4].

Révolution[modifier | modifier le code]

L'exécution de Louis XVI. À droite, le piédestal de la statue de Louis XV.

Au temps de la Révolution française, la place est le lieu de passage obligé des convois, qu'ils soient improvisés ou ritualisés par le protocole des fêtes. Elle sera l'un des grands lieux de rassemblement de la période révolutionnaire, surtout lorsque la guillotine y sera installée. C'est aussi là que Louis XVI et Marie-Antoinette ont été exécutés.

Dès le 12 juillet 1789, les bustes de Jacques Necker et de Philippe d'Orléans y sont exhibés ; le prince de Lambesc et ses dragons chargent les manifestants. Le lendemain, la foule pille les armes du Garde-meuble (situé dans le bâtiment nord-est) pour « aller à la Bastille ». Le 6 octobre, Louis XVI, Marie-Antoinette, et le dauphin (futur Louis XVII), ramenés de Versailles à Paris par le peuple, font leur entrée au palais des Tuileries en traversant la place Louis-XV.

Le 11 août 1792, la statue de Louis XV est renversée de son piédestal puis envoyée à la fonte. Elle est remplacée par une statue de la Liberté de François-Frédéric Lemot et la place Louis XV est alors rebaptisée place de la Révolution.

La place devient le grand théâtre sanguinaire, le champ de mort, de la Révolution avec l'installation de la guillotine qui y est déplacée depuis la place du Carrousel pour y décapiter, sur le lieu même de leur forfait, certains des voleurs du diamant bleu de la Couronne[5]. Elle y vient, mais provisoirement, en octobre 1792, pour l'exécution des voleurs de bijoux de la Couronne au Garde-meuble. Elle réapparaît le 21 janvier 1793 pour l'exécution de Louis XVI ; elle est alors dressée à mi-distance du socle de la statue de Louis XV et de l'entrée des Champs-Élysées. C'est enfin le 11 mai 1793 qu'elle s'y fixe à demeure, pour y rester jusqu'au 9 juin 1794, et cette fois entre le centre de la place et l'entrée du jardin des Tuileries. Sur les 2 498 personnes guillotinées à Paris pendant la Révolution, 1 119 le sont place de la Révolution. Parmi elles, outre Louis XVI, on retiendra les noms de Marie-Antoinette, Charlotte Corday, madame Roland, les Girondins, Philippe d'Orléans, Madame Du Barry, Danton, Malesherbes et Lavoisier
La guillotine est ensuite transférée place du Trône-renversé (actuelle place de la Nation) et ne revient place de la Révolution que pour l'exécution de Maximilien de Robespierre et ses amis (10 thermidor an II - 28 juillet 1794).

En août 1793, la statue de Louis XV est remplacée par une effigie de plâtre représentant la Liberté coiffée d'un bonnet rouge et tenant une pique dans la main droite. Elle sera retirée en juin 1800. Par ailleurs, les chevaux dits de Marly, œuvre de Guillaume Coustou, sont installés à l'entrée des Champs-Élysées en 1795.

Avec la fin de la Terreur, le gouvernement décide de rebaptiser la place de la Révolution place de la Concorde (1795).

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fontaines de la Concorde.
La place de la Concorde, avant les transformations du règne de Louis-Philippe, peinte par Giuseppe Canella en 1829.

Marquée par le souvenir sanglant de la Terreur et de l'exécution de la famille royale, la place de la Concorde pose un problème politique aux gouvernements du XIXe siècle. La statue de la Liberté ayant été retirée sous le Consulat, et les projets consistant à édifier une statue de Charlemagne, puis une fontaine, ayant été abandonnés, c'est finalement Louis XVIII qui envisage de bâtir au centre de la place un monument à la mémoire de son frère Louis XVI : la statue du roi martyr, encadrée d'une chapelle et d'un saule pleureur. Charles X pose la première pierre le 3 mai 1826. La même année, la place de la Concorde est rebaptisée place Louis XVI (l'inscription était toujours visible à l'angle de la rue Boissy-d'Anglas jusqu'à récemment). Mais la statue projetée ne sera jamais élevée, interrompue par la révolution de juillet 1830, qui redonne à la place son nom définitif de place de la Concorde.

Érection de l'obélisque de Louxor sur la place de la Concorde.

En 1831, le vice-roi d'Égypte, Méhémet Ali, offre à la France les deux obélisques qui marquent alors l'entrée du Temple de Louxor à Thèbes. Seul le premier d'entre eux sera transporté vers la France et arrivera à Paris le 21 décembre 1833. C'est Louis-Philippe qui décide de l'ériger sur la place de la Concorde où « il ne rappellera aucun événement politique ». L'opération, véritable prouesse technique, est réalisée le 25 octobre 1836 sous la direction de l'ingénieur de la marine Apollinaire Lebas, en présence de plus de 200 000 personnes. Le roi et la famille royale, incertains du succès de l'opération, ont préféré y assister depuis les salons de l'hôtel du Garde-meuble, ne paraissant sur le balcon que pour recueillir les applaudissements de la foule au moment précis où le monolithe se dresse à la verticale.

Fontaine de Jacques Hittorff sur la place de la Concorde.

Entre 1836 et 1846, la place est transformée par l'architecte Jacques-Ignace Hittorff qui conserve le principe imaginé par Gabriel. Il ajoute deux fontaines (qui ont l'audace d'être en fonte de fer) monumentales — la Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves — de part et d'autre de l'obélisque et ceinture la place de lampadaires et de colonnes rostrales. La place se veut ainsi une célébration du génie naval de la France, en référence à la présence, dans l'un des deux hôtels édifiés par Gabriel, du ministère de la Marine. Les deux fontaines — inaugurées le 1er mai 1840 par le préfet Rambuteau — célèbrent la navigation fluviale (fontaine nord, avec des figures assises représentant le Rhin et le Rhône et les récoltes de raisins et de blé) et la navigation maritime (fontaine sud, avec la Méditerranée, l'Océan et la pêche). Pour la réalisation des statues ornant ces fontaines, l'architecte fera appel à de nombreux artistes : Jean-François-Théodore Gechter, Honoré Jean Aristide Husson, François Lanno, Nicolas Brion, Auguste-Hyacinthe Debay, Antoine Desboeufs, Jean-Jacques Feuchère, Antonin-Marie Moine, Jean-Jacques Elshoecht (dit Carle Elshoecht) et Louis-Parfait Merlieux. Les colonnes rostrales portent des proues de navire, qui évoquent également l'emblème de la Ville de Paris. Les statues allégoriques de huit villes françaises dessinent le contour de l'octogone imaginé par Gabriel. Celle évoquant Strasbourg, par James Pradier est drapée de noir à partir de 1871, date du rattachement de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne.

En 1854, les fossés, qu'Hittorff avait conservés, sont comblés pour mieux adapter la place à la circulation.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Le 6 février 1934, la manifestation des ligues d’extrême-droite se concentre place de la Concorde. Les affrontements avec les forces de l'ordre font 20 morts et 2 300 blessés.

La place de la Concorde, avec son sol, ses fontaines, ses statues, ses guérites, ses balustrades, ses colonnes et ses lampadaires fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par arrêté du 23 mars 1937[6].

  • Le 1er décembre 1993, à l'occasion de la Journée mondiale du Sida, l'association Act Up-Paris revêt l'obélisque d'un préservatif géant de 30 mètres et rebaptise symboliquement la place : place des morts du Sida.
  • En l’an 2000, le grimpeur urbain français Alain Robert escalade l’obélisque, sans avertir personne et sans aucun dispositif de sécurité.
Vue panoramique de la place de la Concorde en 1919 (des canons sont disposés derrière les rambardes).

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le terre-plein central en 2011.
  • Le 6 mai 2007, comme en 1995 pour l'élection de Jacques Chirac, la place est utilisée pour fêter la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle. Elle sert également de lieu de meeting en plein air pour le président-candidat Nicolas Sarkozy le 15 avril 2012 pour contrer un rassemblement à l'esplanade du château de Vincennes de François Hollande au même moment.
  • Durant l'été 2007, la place est vidée de ses passants pour les besoins du tournage du film d'Éric et Ramzy, Seuls Two.

Architecture[modifier | modifier le code]

La place a été conçue par Ange-Jacques Gabriel en 1755 comme un octogone bordé par les Champs-Élysées et le jardin des Tuileries. Les fontaines, ajoutées par Hittorff, sont inspirées de celles de la basilique Saint-Pierre de Rome.

La principale particularité de la place de la Concorde est qu'elle est limitée par du « vide » sur trois côtés (contrairement à la plupart des places qui sont entourées par des bâtiments sur tous les côtés) : les Champs-Élysées, le jardin des Tuileries, et la Seine.

Hôtels[modifier | modifier le code]

Le bâtiment situé à l'ouest abrite en partie l'hôtel de Crillon et le siège de l'Automobile Club de France.
À gauche, l'hôtel de Coislin (à ne pas confondre avec l'hôtel de Crillon), à droite l'hôtel de la Marine et au centre la rue Royale.
Le numéro 8 a conservé le dessin de la numérotation de 1805.

À l'extrémité nord, deux larges bâtiments identiques en pierre ferment la perspective. Divisées par la rue Royale, ces structures sont parmi les meilleurs exemples de l'architecture du XVIIIe siècle.

Seules les façades ont été dessinées par Gabriel et érigées entre 1766 et 1775. Elles s'inspirent de la colonnade du Louvre édifiée par Claude Perrault par le principe d'une colonnade élevée sur un soubassement fortement marqué (ici par de vigoureux bossages), le grand entablement, les pavillons d'angle, et aussi par des éléments de décor comme les médaillons ovales ornés de guirlandes. Les frontons sont décorés d'allégories de l'agriculture, du commerce, de la magnificence et de la félicité publique par Michel-Ange Slodtz et Guillaume II Coustou.

  • Le bâtiment, situé à l'est de la rue Royale communément appelé hôtel de la Marine, a été bâti sur des plans de Gabriel sous la direction de Jacques-Germain Soufflot et fut, dès l'origine, entièrement propriété de la Couronne. D'abord affecté au Garde-Meuble, dont les galeries étaient ouvertes au public tous les premiers mardis de chaque mois de la Quasimodo à la Saint-Martin entre 9 heures et 13 heures, il accueillit à partir de 1789, le ministère de la Marine qui, sous la direction de Denis Decrès, développa considérablement ses bureaux jusqu'à occuper tout le bâtiment. Les décors intérieurs, d'une grande magnificence, sont l'œuvre de l'architecte Jacques Gondouin et constituent une étape importante dans l'évolution du goût au XVIIIe siècle. Ils ont malheureusement été profondément dénaturés par les transformations effectuées sous le Second Empire, même si les grands salons d'apparat et la Galerie Dorée conservent encore quelques éléments d'origine.
  • Le bâtiment situé à l'ouest de la rue Royale devait originellement abriter le nouvel hôtel des Monnaies dont la construction était projetée depuis 1768. Mais cet emplacement fut en définitive jugé trop éloigné du quartier des affaires, et un arrêt du Conseil décida que le nouvel édifice s'élèverait à son emplacement actuel sur le Quai de Conti. Le terrain situé derrière la colonnade occidentale fut alors divisé en quatre lots qui furent cédés à des particuliers, à charge pour eux d'élever des hôtels particuliers derrière la façade de Gabriel :
    • L’hôtel de Coislin (no 4), le plus proche de la rue Royale, ne conserve du décor original que des boiseries en chêne ornées de guirlandes et de fleurs dans les salons de l'étage.
    • Les deux hôtels, parfois appelés hôtel de Plessis-Bellière (no 6) et hôtel Cartier (no 8), donnant sur la colonnade ont été construits par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux, le premier pour l'un de ses amis, Rouillé de l'Estang (écuyer, secrétaire du roi et trésorier-général des deniers de la Police), et le second pour lui-même. Ils ont été réunis après 1901 pour le compte de l'Automobile Club de France et transformés en 1912 par l'architecte Gustave Rives.
    • L’hôtel d'Aumont (no 10), à l'angle de la rue Boissy-d'Anglas, a été construit par l'architecte Louis-François Trouard, le décor intérieur étant réalisé par Pierre-Adrien Pâris. En 1788, l'hôtel est acheté par le comte de Crillon. En 1907, le bâtiment est racheté par la Société des Grands Magasins du Louvre et transformé en un luxueux hôtel de voyageurs, l'hôtel de Crillon, par l'architecte Walter-André Destailleur. Celui-ci laisse intact l'escalier d'honneur, édifie les façades sur cour dans le style de Gabriel, mais fait démonter la plupart des décors intérieurs d'origine. Ainsi, dans le salon des Aigles du premier étage, modèle de salle à l'antique conçue par Pâris, il ne laisse en place que la sculpture du plafond, mais fait copier les boiseries, les six portes monumentales et leurs encadrements et la glace, œuvre de l'ébéniste Bellangé, tandis que les originaux sont réinstallés dans l'hôtel de La Tour d'Auvergne (actuelle ambassade du Chili), avenue de La Motte-Picquet. D'autres boiseries se trouvent au Metropolitan Museum of Art de New York et à la Villa Île-de-France, édifiée à Saint-Jean-Cap-Ferrat pour Béatrice Ephrussi de Rothschild. C'est dans cet hôtel que fut élaboré, du 3 février au 11 avril 1919, par le président Wilson et les délégués alliés, le pacte constitutif de la Société des Nations (plaque commémorative).

Conformément au dessein de Gabriel, des lettres patentes des 21 juin 1757 et 30 octobre 1758 (toujours en vigueur) prescrivirent que les bâtiments situés aux angles nord-est et nord-ouest de la place soient construits selon des principes similaires.

  • Au nord-ouest de la place, du côté de la rue Boissy-d'Anglas, s'élevait jusqu'en 1775 le Dépôt des marbres de la Couronne. Après la suppression de celui-ci, le terrain fut concédé au fermier général Laurent Grimod de La Reynière, à charge pour lui d'édifier un bâtiment analogue à l'hôtel de Saint-Florentin, connu sous le nom d’hôtel Grimod de La Reynière. Le peintre Charles-Louis Clérisseau y exécuta le premier décor à l'antique inspiré des découvertes archéologiques faites à Pompéi et Herculanum. L'hôtel abrita ensuite le Cercle impérial, puis le Cercle de l'Union artistique. Défiguré par des adjonctions successives, l'hôtel a été rasé et remplacé par un pastiche de style néo-classique édifié entre 1931 et 1933 par les architectes William Delano et Victor Laloux pour abriter l'ambassade des États-Unis. Cet hôtel, qui répond bien à l'Hôtel de Talleyrand, rétablit la symétrie du côté nord de la place telle que Gabriel l'avait initialement envisagée.

Il est à noter que les hôtels de la place de la Concorde conservent les plus anciennes numérotations de Paris. Elles ont été mises en place en 1805, à la suite du décret du 4 février 1805 par lequel le préfet Frochot met en place des numéros de rue dans Paris intramuros[7].

Obélisque[modifier | modifier le code]

Obélisque de la place de la Concorde.

L'obélisque égyptien de Louxor, vieux de 3 300 ans (XIIIe siècle av. J.-C.), fut transporté en France en 1836, offert par l'Égypte en reconnaissance du rôle du Français Champollion qui a été le premier à traduire les hiéroglyphes. Le roi Louis-Philippe le fit placer au centre de la place lors son l'aménagement par l'architecte Hittorff. Haut de 22,86 mètres, le monolithe, en granite rose de Syène, pèse 227 tonnes. Il est érigé sur un socle de 9 mètres et est coiffé d'un pyramidion doré de plus de trois mètres et demi. Les hiéroglyphes qui le recouvrent célèbrent la gloire du pharaon Ramsès II.

Le sommet de cet obélisque est surmonté d'un pyramidion de plus de 3,50 m, ajouté en juillet 1998, aussi pointu qu'étincelant, fait de bronze et de feuilles d'or. Il est censé remplacer un précédent ornement sommital, emporté lors d'invasions en Égypte au VIe siècle.

L'obélisque se situe sur la ligne de l'axe historique de Paris qui va de l'Arc de triomphe du Carrousel à l'Arche de la Défense en passant par le jardin des Tuileries et l'avenue des Champs-Élysées.

L’obélisque sert aussi de gnomon à un cadran solaire dont les chiffres romains et les lignes sont tracés au sol par des incrustations de métal dans le revêtement du centre de la place[8].

Statuaire[modifier | modifier le code]

Statue de Strasbourg.

En 1794, les deux groupes sculptés par Antoine Coysevox représentant la Renommée et Mercure montés sur le cheval ailé Pégase furent placés aux Tuileries et remplacés par les chevaux de Marly de Guillaume Coustou qui décoraient l'abreuvoir du château de Marly. Ceux-ci furent ensuite placés à l'entrée de l'avenue des Champs-Élysées en 1795 à l'initiative du charpentier Huzard, qui redoutait le vandalisme qui les menaçait. Les quatre groupes ont été remplacés en 1984 par des moulages[9].

À chacun des coins de la place octogonale se trouve une statue représentant une ville française :

Fontaines[modifier | modifier le code]

La fontaine des Fleuves.
Article détaillé : Fontaines de la Concorde.

Les deux fontaines de la place de la Concorde sont situées de part et d'autre de l'obélisque. L’œuvre de l'architecte Jacques Ignace Hittorff qui ajoute ces deux fontaines monumentales - la Fontaine des Mers placée au sud (côté Seine) et la Fontaine des Fleuves au nord (côté rue Royale).

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La place de la Concorde n'est pas une place, c'est une idée. » (Curzio Malaparte)

Quelques personnes qui furent guillotinées place de la Révolution[modifier | modifier le code]

La place de la Concorde de nuit.
Article détaillé : Exécution de Louis XVI.

Au début, les corps étaient transportés au cimetière de la Madeleine (aujourd’hui square Louis-XVI) et y reposent toujours.

À partir de 1794, les dépouilles des condamnés furent transférées au cimetière des Errancis. Depuis les travaux d'urbanisme au XIXe siècle, leurs ossements ont tous été retirés de ce cimetière et entreposés pêle-mêle dans les catacombes.

Desserte[modifier | modifier le code]

(M) Ce site est desservi par la station de métro Concorde. qui a repris le nom de la place.

Photographies[modifier | modifier le code]

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Au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Concorde
  2. http://www.paris-pittoresque.com/rues/76.htm Quai de Billy, aujourd'hui avenue de New York, XVIe arrondissement de Paris
  3. Nouvelle histoire de Paris et de ses environs par M J De Gaulle 1839 page 394
  4. Yvan Christ, Paris des Utopies, 2011, éd. Nicolas Chaudun, p. 141.
  5. Franck Ferrand, « La malédiction du diamant bleu » dans l'émission Au cœur de l'histoire, 27 avril 2011.
  6. « Notice no PA00088880 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Philippe Krief, Paris Rive Droite, Paris, Massin, coll. « Petites histoires et grands secrets »,‎ 2004, 213 p. (ISBN 2-7072-0488-9), p. 138.
  8. Cadrans solaires de París, Andrée Gotteland, Georges Camus, CNRS Éditions, 1993, (ISBN 2271050359)
  9. Les originaux ont été déposés au Musée du Louvre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]