Portugal

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38° 42′ N 9° 11′ O / 38.7, -9.183 ()

Le Portugal, en forme longue la République portugaise, en portugais : República Portuguesa, est un pays du sud de l'Europe, membre de l'Union européenne, situé à l'ouest de la péninsule Ibérique. Ce pays, le plus occidental de l'Europe continentale, est délimité au nord et à l'est par l'Espagne et au sud et à l'ouest par l'océan Atlantique. Il comprend également les archipels des Açores et de Madère, situés dans l'hémisphère Nord de l'océan Atlantique.

Fondé au XIIe siècle, le royaume de Portugal devient au XVe siècle siècle l'une des principales puissances d'Europe occidentale, jouant un rôle majeur dans les Grandes Découvertes et se taillant un vaste empire colonial en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. La puissance du pays décline à partir du XVIIe siècle. La monarchie portugaise est renversée en 1910, à l'issue d'un soulèvement militaire qui contraint le roi Manuel II à l'exil. La Première République portugaise (Portugais : Primeira República) est le régime politique en vigueur au Portugal entre la fin de la monarchie constitutionnelle marquée par la révolution du 5 octobre 1910 et le coup militaire du 28 mai 1926. Puis, pendant plus de quarante ans, le pays est soumis au régime autoritaire d'António de Oliveira Salazar, jusqu'à la révolution des Œillets de 1974 qui met fin à la dictature salazariste et ré-installe la démocratie dans le pays.

Le Portugal devient à la fin du XXe siècle un pays développé, économiquement prospère, socialement et politiquement stable. Membre fondateur de l'OTAN en 1949 et de l’OCDE en 1948, il est également membre de l'ONU depuis 1955, du conseil de l'Europe depuis 1976, de l'Union européenne depuis 1986, et de l’espace Schengen. Enfin, il est l'un des pays fondateurs de la zone euro en 1999. En 2011, la dégradation économique mondiale conduit le Portugal à la récession et provoque une crise socio-économique et politique.

Allié des États-Unis, le Portugal entretient également d'importantes relations bilatérales avec le Maroc, le Brésil, l'Espagne et la France qui sont ses quatre partenaires privilégiés.[8]

Dans ce pays qui a connu la dictature de 1926 à 1974, l'économie n'a pris son essor qu'après 1975, amenant près d'un million et demi de Portugais à aller travailler en dehors du pays pour fuir la misère et les guerres coloniales. Les « fortes zones d'immigration » sont le Brésil, la France,[9] le Luxembourg (14,1 % de la population totale du pays)[10], la Suisse,[11] les États-Unis, l'Argentine, le Venezuela, le Canada,[12] ainsi que la principauté d'Andorre (où 15,75 % de la population est portugaise)[13] et divers autres pays. À l'heure actuelle, la diaspora portugaise est l'une des principales diasporas européennes et mondiales.

Le tourisme, principalement balnéaire, est une ressource très importante, notamment en Algarve et dans la région de Lisbonne qui font du Portugal un des pays le plus visité au monde avec plus de 25 millions de touristes chaque année. Le Portugal est également un grand pays viticole, notamment réputé pour le vin de Porto. Le Portugal est par ailleurs le premier producteur mondial de liège.

La capitale, Lisbonne, a accueilli l'Exposition universelle sur le thème des océans en 1998.[14] Le Portugal s'est porté candidat à l'organisation des Jeux olympiques d'été 2020 par l'intermédiaire des villes de Porto et de Lisbonne. Il s'est également porté candidat, conjointement avec l'Espagne, à l'organisation de la Coupe du monde de football de 2018 après avoir été l'hôte du championnat d'Europe en 2004.[15]

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité pré-romaine[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Lusitanie, Ibères, Celtes et Culture des Castros.
Une gravure rupestre de la vallée de Côa

Les plus anciennes traces de civilisation retrouvées au Portugal datent du Paléolithique : peintures et gravures rupestres des grottes d'Escoural (Alentejo), de Mazouco (Tras-os-Montes) et surtout de Vale de Côa, datées entre 22000 et 10000 av. J.-C. La majorité de ces traces se trouvent au nord du Tage et témoignent de l'existence de peuples de chasseurs-cueilleurs. Vers 10000 av. J.-C., les Ibères peuplent l'intérieur des terres de la péninsule. Ce territoire prend, dans l'Histoire, le nom de « péninsule Ibérique »[16].

Entre 4000 et 2000 av. J.-C., le Portugal et la Galice voient se développer une culture mégalithique originale par rapport au reste de la péninsule, caractérisée par son architecture funéraire et rituelle particulière, et par la pratique de l'inhumation collective. On peut encore trouver dans le pays de nombreuses traces monumentales, la plupart dans l'Alentejo : le cromlech d'Almendres près d'Évora, ceux de Vale Maria do Meio ou de Portela de Mogos, ainsi que le dolmen de Zambujeiro[17].

L'âge du bronze voit l'établissement de contacts maritimes entre le littoral atlantique et celui de la Bretagne, et des îles Britanniques alors que le sud de la péninsule entretient des liens commerciaux avec la Méditerranée : des Grecs et des Phéniciens venus de l'actuel Liban, ainsi que leurs descendants carthaginois, y installent de petits comptoirs commerciaux semi-permanents[18]. Le moteur de ce commerce est la richesse de la péninsule en métaux (or, argent, fer et étain), ainsi que le salage du poisson de l'Atlantique, réputé dans le bassin méditerranéen. Les Phéniciens auraient ainsi fondé Lisbonne autour de l'an 1000 av. J.-C.[19].

Citânia de Briteiros, dans la province du Minho, est le mieux conservé âge du fer et du site de culture Celt au Portugal.

Durant l'âge du fer un peuple indo-européen s'établit dans la région : les Celtes. Ils occupent bientôt le centre et l'ouest de la péninsule, vivant regroupés en petits noyaux de population isolés, établis sur les hauteurs avec des habitations circulaires (castros), et pratiquant l'agriculture et l'élevage. Chaque maison (150 environ) est défendue par une enceinte (comme on peut en voir dans la Citânia de Briteiros). On trouve aussi dans ces regroupements un édifice funéraire. Comme ils maîtrisent le fer, le travail de la terre devient plus efficace, les cueillettes augmentent, améliorant par la même les conditions de vie et la démographie. Les Lusitaniens occupent une partie du territoire actuel du Portugal et les provinces espagnoles du León et l'Estremadure. Les Lusitaniens parlent leur propre langue, et s'étendent peu à peu vers l'Estremadure[20].

Conquête germanique[modifier | modifier le code]

Le royaume souabe en vert et le wisigoth en orange

Au début du Ve siècle, les Germaniques envahirent la péninsule Ibérique, à savoir les Suèves et les Vandales (Silinges et Hasdingi) avec leurs alliés, les Sarmates et Alains où ils formeraient leur royaume.

Le royaume des Suèves était le royaume post-romaine germanique, établi dans les anciennes provinces romaines de Gallaecia et le Nord de la Lusitanie. Vers 410 et au VIe siècle, il devint un royaume officiellement déclaré, où le roi Hermeric fait un traité de paix avec les Gallaecians avant de passer sa mort pour Rechila, son fils. En 448 Rechila mourut, laissant l'état de l'expansion à Rechiar. Il a maintenu son indépendance jusqu'en 585, quand il a été annexé par les Wisigoths, et est devenu la sixième province du royaume wisigoth de Hispania.

En l'an 500, le royaume wisigoth a été installé en Hispanie, fourré à Tolède. Les Wisigoths finalement conquis les Suèves et sa capitale Bracara (aujourd'hui Braga) en 584-585. En l'an 700, l'ensemble de la péninsule ibérique a été gouvernée par les Wisigoths, ayant survécu jusqu'à 711, lorsque le roi Roderic.

Gharb Al-Andalus : le Portugal arabo-musulman[modifier | modifier le code]

Après avoir battu les Wisigoths en quelques mois, les Omeyyades sont en période d’expansion à l'ouest et prennent la majeure partie de la péninsule ibérique en 711. Outre la péninsule Ibérique et la Septimanie, les armées arabes s'emparent en 719 de Narbonne, débarquent en Sicile qui est conquise en 720 ; la Sardaigne, la Corse et les Baléares suivent en 724.

Royaumes des Taifas en 1037

Ainsi, à partir de 711 l'actuel Portugal fera partie du vaste empire Omeyyades de Damas jusqu'en 750, date a laquelle l'ouest Ibérique passera sous le joug de Abd al-Rahman Ier avec la création et l’indépendance de l'Émirat de Cordoue, avant de devenir le Califat de Cordoue en 929 jusqu’à la dissolution du dit Califat en l'an 1031. À sa dissolution le Califat est partagé entre 23 roitelets indépendants (Reyes de taifas, muluk at tawaif).

Leurs gouverneurs se proclament émirs et lient des relations diplomatiques avec les royaumes chrétiens. L'essentiel du Portugal tombera sous la main de la Taifa de Badajoz des Aftasies, et de la Taifa de Seville des Abbadis.

L'Empire Almoravide en 1100

La période des Taifas se verra arrêtée par l'avancée des Almoravides venus du Maroc en 1086 avec la Bataille de Sagrajas suivis des Almohades venus également de Marrakech en 1147 à la suite de la Deuxième période de taïfas[21].

Al-Andalus était divisé en différents districts nommés Kura. Gharb Al-Andalus à son apogée est constitué de dix kuras[22] et dont chacune possède une capitale. Les principales villes sont à l'époque Beja, Silves, Alcácer do Sal, Satarém, Lisbonne ou Coimbra.

La population musulmane de la province était constituée d'arabes, de berbères et de latins convertis à l'islam. Les arabes étaient essentiellement originaires du Yémen et bien que minoritaires ils appartenaient à une certaine élite. Les berbères originaires des montagnes d'Afrique du Nord sont quant à eux essentiellement des nomades. Les nouveaux conquérants, qui ne comptent pas plus de quelques milliers de personnes[23], s'installent principalement dans la région de l'Algarve ou plus généralement au sud du Tage[23].

Reconquista et l'expulsion des Musulmans[modifier | modifier le code]

La Reconquista (aussi appelé la conquête chrétienne) est le nom historiographique pour la péninsule Ibérique Chrétienne mouvement à partir du huitième siècle qui visait à récupérer les terres ibériques chrétiennes perdues pour les Arabes envahisseurs au cours de l'invasion musulmane de la péninsule ibérique.

Carte de la Reconquista
Calendrier de l'Expulsion

Traditionnellement, la Reconquista de la péninsule Ibérique commence avec la bataille de Covadonga (soit 718 ou 722), dans laquelle l'élite wisigothique, Pélage, a vaincu une armée islamique et a établi son autorité sur la région dans le nord de la péninsule, le Royaume des Asturies.

En 1139, après une victoire éclatante lors de la bataille d'Ourique contre les musulmans, Alphonse Henriques est proclamé premier roi du Portugal par ses troupes. Les premiers documents où Alphonse s'intitule roi datent, précisément, de 1139-1140. Avant son titre était princeps (prince).

Après plusieurs campagnes, soutenue par les Templiers et les Croisés, la Reconquista continue jusqu'à ce que les Arabes soient définitivement expulsés. L'Inquisition catholique, consistant à l'origine à persécuter et à brûler[réf. souhaitée] tous les musulmans, a joué un rôle majeur dans cet acte. Le repeuplement du nord des Asturies et du sud se poursuit.

En l'an 1449, les Rois Catholiques achèvent la reconquête définitive du Portugal, avec la prise de Faro par Alphonse III. Après l'expulsion des Arabes, la péninsule Ibérique connait une homogénéisation Religieuse, Culturelle et Ethnique.

La reconquête achevée, s'ouvre alors la période de la conquête et de l'âge des découvertes.

Formation du Royaume de Portugal[modifier | modifier le code]

La présence romaine est ancienne et déterminante dans la culture ; les usages et la langue portugaise fortement latinisés. Le peuplement romain proprement dit commence au Ier siècle av. J.-C. après la conclusion de la paix entre les Lusitaniens et Jules César (en 48). Les Romains créent un réseau urbain et de transport qui structure le pays jusqu'à nos jours. Il est spécialement destiné à l'exportation maritime vers la Méditerranée des principales productions du pays : métaux, huile d'olive, vin, conserves de poisson. L'occupation par les Suèves précédant l'époque wisigothique est partielle et discrète[réf. nécessaire].

Au VIIIe siècle les Omeyyades mettent en place une occupation musulmane qui ne se révèle structurante que dans le sud du pays, directement sous influence andalouse et rechristianisé tardivement (vers 1249). Silves connaît un rayonnement culturel jusqu'au XIe siècle et Mertola joue un rôle économique par les échanges maritimes. La population arabo-andalouse reste toutefois limitée en nombre. Son apport essentiel touche à l'irrigation (connaissance des calculs de pente et de débit d'eau) et de l'agriculture : les spécificités portugaises sont les fruits (notamment les pommes, les poires et les figues en Algarve), la vigne car la consommation du vin s'est perpétuée chez les Andalous, les céréales dont le riz en Alentejo, les légumes comme l'artichaut. De cette époque subsiste encore la tradition décorative des azulejos[réf. nécessaire].

Carte politique du Nord-Ouest de la péninsule Ibérique à la fin du XIIe siècle

Sous le règne d'Alphonse Ier, les rois chrétiens des Asturies s'emparent des territoires jusqu'au Douro. Le royaume de León compte au début cinq divisions : les Asturies, le León, la Galice, le Portugal et la Castille. Chacune est dirigée par un comte. Au fur et à mesure des conquêtes, les terres sont divisées en comtés ou en duchés. En 868, Porto et Braga sont reprises. À partir du IXe siècle, le sud de la Galice forme un comté dynamique autour de sa métropole religieuse, Braga, et de son port, Porto. Il porte le nom de « Portucale » ou « Terra portucalensis » (pays de Portucale), rappelant le nom latin de Porto (« Portucale »)[réf. nécessaire].

En 1095, Urbain II lance la première croisade pour libérer les lieux saints et surtout réagir à la menace que représentent les Turcs récemment convertis à l'islam. Déjà, les réformes grégoriennes appellent à s'unir pour lutter contre toutes les croyances païennes et hérétiques. C'est dans ce cadre qu'en 1095 Alphonse VI de Castille et de León, annexant la Galice et le comté de Portugal, réunifie le royaume. Alphonse VI, marié à Constance de Bourgogne, fait appel à sa belle-famille bourguignonne pour l'aider à reconquérir la péninsule. Raymond et Henri de Bourgogne, de la famille royale de France, font partie d'une noblesse en quête de terre et de prestige et répondent favorablement à l'appel[24].

En remerciement, et pour consolider ses liens avec les autres monarchies, il donne à Raymond sa fille Urraque et en fait donc le futur roi de León et de Galice. À Henri, il donne la main de sa fille bâtarde, Thérèse de León et le comté de Portugal en 1093. Dès lors, celui-ci installe sa cour près de Braga, à Guimarães (considéré depuis comme « berceau » du Portugal). Il continue à prêter serment à Alphonse VI tout en bénéficiant d'une certaine autonomie, et poursuit la reconquête jusqu'au fleuve Mondego[réf. nécessaire].

En 1139, Afonso Henriques, fils de Henri de Bourgogne[25], remporte sur les musulmans une bataille historique à Ourique et est proclamé roi par ses troupes sur le champ de bataille[26]. La légende veut que le Christ lui soit apparu pendant la bataille. Cette situation est officialisée par le traité de Zamora (1143) par lequel Alphonse VII reconnaît le royaume de Portugal et son roi Alphonse Ier. Grâce à son habileté politique et militaire, ce dernier a réussi là où d'autres comtés échouent, et gagne ainsi son indépendance[27]

Les découvertes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Empire colonial portugais et Vasco de Gama.
Monument des Découvertes, à Lisbonne

Avec la fin de la guerre, le Portugal lance l'exploration et l'expansion des découvertes grâce à Henri le Navigateur et au roi Jean II. Ceuta est conquise par le Portugal en 1415[28]. En 1474, João Vaz Corte-Real et Alvaro Martins Homem auraient découvert le Groenland et Terre-Neuve[29].

Devenu roi, Jean II (1481-1495) centralise le pouvoir et continue de planifier les grandes expéditions. Jean II est le monarque de la Renaissance par excellence : il met fin à certains privilèges, oblige la noblesse à lui prêter serment, se débarrasse des traîtres. Ainsi, le duc Ferdinand II de Bragance, qui conspire avec les Rois catholiques, est arrêté et exécuté en 1483 ; en 1484, c'est le duc de Beja et de Viseu Diogo qu'il assassine lui-même pour les mêmes raisons. Le pouvoir et le domaine royal s'en trouvent agrandis, au prix de la haine de la grande noblesse. Ce ressentiment est d'autant plus vif que le roi privilégie désormais la poursuite des découvertes de nouvelles terres et surtout de la route des Indes. L'Afrique n'est plus l'enjeu ; il s'agit de la contourner[réf. nécessaire].

Les voyages des explorateurs portugais

La mission en est confiée à Diogo Cão, qui, en 1481, emporte le premier padrão (borne de pierre revêtue des symboles du Portugal plantée dans les terres découvertes). Il remonte le fleuve Zaïre, débarque au Congo, au Gabon, en Angola et en Afrique du Sud enfin, en 1486. Ces coûteuses expéditions ne sont plus royales mais confiées à des commerçants privés, en échange ces derniers doivent découvrir 500 km de côtes par an. Ces commerçants se financent par l'exploitation des terres conquises et par l'établissement de São Jorge da Mina, dans le golfe de Guinée, qui voit converger l'or de la région. Construit en 1482, il vise aussi à interdire aux navires étrangers l'accès aux eaux portugaises. Le traité de Tolède (6 mars 1480) instaure un partage de l'Atlantique avec la Castille, lui abandonnant les découvertes à l'ouest des Canaries et assurant au Portugal le monopole en Afrique. Madère devient un point d'escale. Le vin, la canne à sucre et l'élevage s'y développent grâce à l'arrivée de migrants et d'esclaves. Le blé des Açores sert à ravitailler le pays[réf. nécessaire]. Le Cap-Vert, les îles de São Tomé et de Principe fournissent du sucre et du bétail. Jean II passe une alliance avec le roi du Congo pour enseigner la religion catholique[30]. Le commerce avec les Africains rapporte aussi de l’ivoire et des fruits tropicaux.

C'est ensuite Bartolomeu Dias qui est envoyé en 1487. Il double le cap de Bonne-Espérance (qu'il avait nommé « cap des Tempêtes »[31] avant que le roi ne le rebaptise) le 6 janvier 1488, par hasard, emporté par une tempête. Il atteint l'actuelle Namibie mais une mutinerie l'empêche d'aller plus loin.

Dans le but de préparer le voyage vers les Indes, Jean II envoie en 1488 des émissaires par voie de terre. C'est un moyen de recueillir des informations sur les courants dans l’océan Indien, peut-être même de trouver une trace du mythique Royaume du prêtre Jean. C'est d'abord Pedro de Montanoio et Pedro de Lisboa qui mènent l'expédition. Ils sont suivis de Pêro da Covilhã et d'Afonso de Paiva, qui apportent de précieux renseignements pour le voyage de Vasco de Gama[réf. nécessaire].

Ils partent vers Jérusalem, accèdent au golfe Arabique, à Aden à l'embouchure de la mer Rouge. Ils se séparent ensuite. Paiva part vers l'Abyssinie à la recherche du prêtre Jean. Covilhã part vers les Indes. Il passe par Calicut, puis Sofala, Madagascar, revient au Caire où il apprend la mort de son compagnon. Il envoie ses informations au roi et part pour Ormuz. Il parvient à la cour du négus chrétien, s'y marie et y finit ses jours. Grâce à lui, on fait construire des navires spéciaux : la caravelle va être remplacée par la caraque permettant d'emporter plus d'équipage, d'armes et de ravitaillement[réf. nécessaire].

Pendant ce temps là, les Rois catholiques prennent Grenade et mettent fin à la reconquête (1492). Cette victoire leur laisse les mains libres pour entreprendre des expéditions. Christophe Colomb embarque en leur nom pour atteindre les Indes par l'ouest. Jean II, à qui il s'adresse auparavant, refuse de financer ce voyage, privilégiant la route découverte par Vasco de Gama et estimant, à juste titre, que Colomb se trompe. En 1493, Christophe Colomb revient d'Amérique et c'est à Lisbonne qu'il débarque en premier. Il annonce au roi que les terres découvertes lui appartiennent en vertu du traité d'Alcaçovas. Jean II les revendique donc auprès du pape Alexandre VI. Une bulle papale établit alors une division des terres qui passe à 100 lieues à l'ouest du Cap-Vert. Jean II exige un autre accord : le 7 juin 1494, Espagnols et Portugais signent le traité de Tordesillas qui fixe la limite à 370 lieues. Ce nouvel accord permet au Brésil, qui n'a pas encore été découvert, d'être portugais tout en abandonnant à l'Espagne les nouvelles terres d'Amérique[réf. nécessaire].

Carte anachronique de l'Empire portugais (14151999)

C'est le nouveau roi Manuel Ier (1495-1520) qui tire profit de la politique intelligente de Jean II. Celui-ci, très impopulaire auprès de la noblesse, meurt probablement empoisonné en 1495. Vasco de Gama arrive aux Indes le 20 mai 1498, ouvrant la voie au commerce très fructueux des épices contrôlé jusque là par les Vénitiens. Son voyage a été minutieusement préparé. Mais, à son arrivée à Calicut, il est mal accueilli par le Zamorin. En 1499, une deuxième expédition, commandée par Pedro Alvares Cabral est envoyée avec l'objectif de s'imposer, par la force si nécessaire. Le 22 avril 1500, Cabral aborde au Brésil et en prend possession. Il envoie un messager à Lisbonne et poursuit sa route[réf. nécessaire].

Arrivé à Calicut, il reçoit meilleur accueil mais très vite les Portugais doivent affronter la concurrence des Vénitiens, des Turcs et des Égyptiens. C'est la fin des voyages pacifiques. Les Portugais tirent parti des divisions entre les hindous et les musulmans de la région. Une feitoria est créée à Cochim puis à Cananor, Sofala, Quiloa et Malacca (1511). Elles sont protégées par des forteresses et une armada. On finit par installer une administration et créer un poste de vice-roi des Indes pour maintenir l'ordre dans l’océan Indien : Francisco de Almeida en est le premier, suivi d'Afonso de Albuquerque qui installe de solides forts aux points stratégiques (Malacca, Siam, Goa qui devient la capitale de cet empire, Moluques, Timor, archipel de Socotra, Ormuz) et consolide cet empire naissant. Tout l'océan Indien est bientôt sous contrôle[réf. nécessaire].

Amerigo Vespucci fait partie du premier voyage officiel au Brésil (1501). La découverte du Brésil permet aux commerçants portugais de s’approprier le pau-brasil, un bois de teinture et de construction très recherché. Mais le pays semble peu intéressant au départ jusqu'à ce que la concurrence espagnole et française se fasse sentir. On y envoie des colons, on crée des factoreries. Les Indiens du Brésil, puis de nombreux Africains, sont mis en esclavage pour la culture du sucre. En 1600, le Brésil est le premier producteur mondial de sucre et le principal fournisseur de ressources du Portugal. Au XVIIe siècle, les Bandeirantes découvrent également au sud de la colonie des mines d’or et de diamants qui sont exploitées grâce à une même main-d’œuvre servile. Les découvertes se poursuivent par ailleurs : en 1495, Pêro de Barcelos et João Fernandes Lavrador explorent les côtes du Canada et du Groenland (donnant son nom au Labrador). En 1500, Gaspar Corte Real arrive à Terre-Neuve. En 1513, Jorge Álvares arrive en Chine et Tomé Pires à Pékin[réf. nécessaire].

C'est la naissance d'un véritable empire reposant sur les comptoirs. La Casa da India à Lisbonne contrôle et vérifie les marchandises importées d'Orient. Les richesses venues des colonies (épices, or, pierres…) affluent pendant les siècles suivants. Jamais le pouvoir royal n'a été aussi grand. Manuel Ier réforme d'ailleurs l'administration avec un nouveau code législatif afin de renforcer encore ce pouvoir (les ordonnances Manuelines de 1521). Mais il sait aussi ménager la noblesse (contrairement à son prédécesseur) qui, grâce aux nouvelles colonies, finit par y trouver son compte. En 1555, le pays est considéré comme le plus riche d'Europe. C'est également une période de croissance démographique. Le Portugal compte environ 1,5 million d'habitants ; tout un peuple vit alors impliqué dans le colonialisme. Beaucoup partent vers les colonies. L'esclavage fait que le travail devient une valeur dévaluée[réf. nécessaire].

Il s'agit également d'une période de développement culturel avec le début des grandes constructions influencées par la Renaissance, avec l'installation définitive de l'université à Coimbra. Le style manuélin, gothique propre au pays, se propage sous l'influence de grands architectes (Mateus Fernandes, les frères Diogo et Francisco de Arruda et les Français Diogo Boitaca ou Nicolau de Chanterene). La littérature connaît aussi une époque faste avec les œuvres de João de Barros, Damião de Góis ou Gil Vicente[réf. nécessaire].

Union ibérique[modifier | modifier le code]

Carte de l'Union ibérique (1580–1640)
Article détaillé : Union ibérique.

Le 4 août 1578, la bataille d'Alcácer-Quibir tourne au carnage, avec des milliers de morts et de nombreux prisonniers. Une centaine de rescapés rentrent à Lisbonne. Le roi est mort et son corps n'est pas retrouvé. C'est un désastre militaire, économique et politique : la défaite marque la fin de la dynastie d'Aviz et d'une époque glorieuse, chantée dans Les Lusiades par le poète Luís de Camões, disparu également à cette époque. Quatre siècles d'une indépendance chèrement acquise sont alors remis en cause[32].

Outre la crise politique et économique, c'est une crise morale que connaît le pays : une Couronne endettée, des milliers de morts et des prisonniers dont il faut payer la rançon minent le pays. C'est dans cette atmosphère que vont surgir et prospérer de nombreuses prophéties évoquant le retour du jeune roi : le sébastianisme. Pas moins de quatre imposteurs cherchent à se faire passer pour le roi au cours de cette période, le dernier, un Italien, est pendu en 1619[33]. Le vieux cardinal Henri, dernier fils de Manuel Ier, monte sur le trône le 28 août 1578. Il est chargé de se trouver un successeur. De nombreux prétendants existent dont Philippe II d'Espagne, qui apparaît comme le seul capable d'assurer la conservation de l'Empire portugais. Cette solution a les faveurs de la noblesse et du clergé. Le peuple, lui, favorise un Portugais (dom Antoine, prieur de Crato) mais les Cortes n'arrivent pas à trancher. La grande bourgeoisie penche du côté espagnol pour des raisons économiques. Elle entend profiter des marchés offerts par l'Espagne et ses colonies[34].

Henri Ier meurt sans les départager. Philippe II s'impose avec une démonstration de force face au prieur de Crato lors de la bataille d'Alcántara (25 août 1580). Celle-ci marque la fin de la dynastie d'Aviz et le début de celle des Habsbourg. À l'occasion de la tenue des cortes[Quoi ?] à Tomar (1581), le roi Philippe II joue l'apaisement avec son pardon aux soutiens du prieur de Crato et le respect de l'ensemble des lois et coutumes portugaises ; l'exploitation des colonies et l'administration du pays restent du domaine exclusif des Portugais. Le Portugal fait désormais partie de la Couronne d'Espagne mais garde une autonomie certaine. Il retrouve une certaine stabilité économique mais perd des positions au profit de la Hollande et de la France.[réf. nécessaire] Le conflit entre l'Espagne et l'Angleterre (1588), qui aboutit à l'épisode de l'Invincible Armada, vient à bout de ce qui reste de la flotte portugaise[34]. Les premiers accrocs surgissent à la fin du règne de Philippe II et se poursuivent avec son successeur, Philippe III, qui se désintéresse du Portugal et de l'administration en général. Il délègue ses pouvoirs au vice-roi qui cherche à centraliser le pouvoir et à remettre en cause l'autonomie du Portugal. Le nouveau roi se rend impopulaire en augmentant les impôts, en affichant une certaine tolérance envers les nouveaux chrétiens et en signant une trêve avec la Hollande qui en profite pour conforter sa place dans les colonies portugaises.

Un nouveau code législatif est introduit : les Ordonnances Philippines (1603). Philippe IV bafoue les accords sur l'autonomie du pays et alourdit encore la pression fiscale. Des troubles éclatent. Face à la concurrence des Anglais et des Hollandais, les places portugaises tombent une à une : Ormuz en 1622, Bahia en 1624, Arguin en 1633, São Jorge da Mina en 1637[34]. Dès lors, le Portugal se tourne essentiellement vers le Brésil déjà menacé par les Néerlandais et les Français. L'Espagne devient la cause de tous les maux du pays. Des révoltes éclatent et l'unité nationale en sort renforcée. Les opposants soutiennent le duc Jean de Bragance, ils s’emparent du palais royal de Lisbonne le 1er décembre 1640. Le 15 du même mois, Jean devient roi de Portugal sous le nom de Jean IV[34].

Restauration, absolutisme et libéralisme[modifier | modifier le code]

Acclamation de Jean IV, dit « le Restaurateur »

La restauration de l'indépendance du Portugal est suivie d'une guerre contre l'Espagne qui dure jusqu'en 1668. Avec le traité de Lisbonne, l'Espagne reconnaît définitivement l'indépendance de son voisin[35].

Cette gravure de 1755 montre les ruines de Lisbonne en flammes et le raz-de-marée submergeant les navires du port.

Dans la fin du XVIIe siècle et dans la première moitié du XVIIIe siècle, débute l'exploration minière du Brésil, où il fut découvert de l'or et des pierres précieuses. Ces richesses servaient aussi pour payer des produits importés, majoritairement d'Angleterre (il n'existait presque pas d'industrie textile dans le royaume portugais et tous les tissus étaient importés d'Angleterre). Le commerce externe se basait sur l'industrie du vin et le développement économique du royaume fut impulsé, déjà dans le règne de José I, par les efforts du Marquis de Pombal (ministre entre 1750 et 1777), pour inverser la situation avec de grandes réformes mercantilistes. Ce règne fut marqué par un violent séisme qui a dévasté le Portugal (Lisbonne, Madère et l'Algarve), le Maroc, le Royaume-Uni[36] et d'autres pays le 1er novembre 1755[37].

Pour ne pas briser l'alliance avec l'Angleterre, le Portugal a refusé d'adhérer au blocus continental, en conséquence il fut envahi par les armées napoléoniennes en 1807[38]. La cour et la famille royale portugaise se sont réfugiées au Brésil. Lisbonne n'est plus la capitale du Royaume-Uni portugais, celle-ci étant transférée à Rio de Janeiro[39], où il reste jusqu'en 1821, quand Jean VI est retourné à Lisbonne pour la première Constitution. Dans l'année suivante, le 7 septembre 1822, son fils Pedro IV s'était proclamé empereur du Brésil[40].

Pendant le XIXe siècle, le Portugal a vécu d'importantes perturbations politiques et sociales (une guerre civile et des révoltes ainsi que des soulèvements militaires, comme la Révolution de Septembre, la Révolution du Minho, celle de Patuleia…). Dans la fin du XIXe siècle, les ambitions coloniales portugaises se distinguent de celles des Anglais, différence qui est à l'origine de l'ultimatum britannique de 1890. Les concessions aux exigences britanniques et la croissance des problèmes économiques propulsent la monarchie dans un discrédit croissant.[réf. nécessaire] Charles Ier et le prince héritier Louis Philippe de Bragance sont assassinés le 1er février 1908. La monarchie se maintient pendant deux ans, sous le règne de Manuel II, mais une révolution l'abolit le 5 octobre 1910 à la suite de laquelle le Portugal devient une république[41].

République, Estado Novo et retour à la démocratie[modifier | modifier le code]

1 Escudo commémorant la naissance de la République promue le 5 octobre, escudo frappé en 1914
Le Portugal et ses régions d'Outre-Mer en Afrique, pendant la guerre coloniale (1961–1974)
  •      Portugal actuel
  •      Colonies portugaises
Allégorie de la proclamation de la República Portuguêsa en 1910

Le 5 octobre 1910, peu après la proclamation de la République, le jeune roi Manuel II s'exile en Angleterre. Pendant la première guerre mondiale, le corps expéditionnaire portugais est envoyé en France pour servir aux côté des alliés. Après plusieurs années d'instabilité politique marquées par des luttes de travailleurs, des tumultes, des homicides politiques et des crises financières, l'armée prend le pouvoir en 1926 (coup d'État militaire conduit par le général Gomes da Costa).[réf. nécessaire] Le général Oscar Carmona est nommé président du Conseil puis devient chef de l'État. C'est la fin de la Ire République?

Le régime militaire nomme António de Oliveira Salazar, un enseignant de l'université de Coimbra[42], ministre des Finances, avec pleins pouvoirs budgétaires afin de redresser l'économie du pays, ce qu'il fait de façon spectaculaire en un an. Il est nommé en 1932 président du Conseil par le président de la République, le général Óscar Carmona.[réf. nécessaire]

Salazar consolide le pouvoir autoritaire et introduit en 1933 une nouvelle constitution qui lui donne les pleins pouvoirs. Habile politicien, il écarte du pouvoir tous les généraux du coup d'État de 1926, et définit dans un discours l'orientation du régime : "tout pour la nation, rien contre la nation". Il fonde le parti unique, l'Union nationale. Partis, syndicats et grèves sont interdits. L'Estado Novo (« État Nouveau »), régime à parti unique, nationaliste, proche de l'idéologie du parti fasciste italien (du moins jusqu'en 1945), reste en place pendant plus de quarante ans[43]. Il est neutre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le refus du régime dictatorial portugais de décoloniser les provinces d'outre-mer entraîne une série de conflits coloniaux. La première colonie à se révolter est l'Angola en 1961, suivie par la Guinée-Bissau en 1963 et enfin par le Mozambique en 1964. L'Inde profite de cette situation pour annexer Goa, de Damao, de Diu et des îles Anjidiv lors de l'opération Vijay en décembre 1961. Entre 1974 et 1975, le Portugal doit donner l'indépendance à toutes ses colonies, seules deux régions n'ont pas pris l'indépendance : Madère et les Açores. Le 10 septembre 1974, les deux premières colonies qui ont pris leur indépendance vis-à-vis du Portugal sont le Cap-Vert et Guinée-Bissau[44]. Le Timor oriental fut aussi une colonie portugaise jusqu'au 28 novembre 1975, où il acquiert son indépendance. Mais neuf jours plus tard, l'Indonésie l'annexe militairement[45].

Manifestation du 25 avril 1983 à Porto

Avec un coup d'État militaire, le 25 avril 1974, le gouvernement instauré par Salazar et dirigé par Marcelo Caetano depuis 1968 (Salazar ayant quitté le pouvoir à la suite d'un accident cérébral, dont il meurt deux ans plus tard) est renversé. La foule manifeste dans la capitale portugaise pour soutenir les militaires dirigés par le général António de Spínola. Les jours suivants, les prisonniers politiques sont libérés, la censure de la presse est levée et le secrétaire général du parti socialiste, Mário Soares[46], rentre de son exil en France. Il est élu deux fois comme président de la République, la première fois en 1986 et la seconde en 1991[47].

Dans les années 1940-1960, le Portugal est parmi les membres fondateurs de l'OTAN, de l'OCDE et de l'AELE. Il quitte cette dernière en 1986 pour entrer dans la Communauté économique européenne en même temps que l'Espagne.[réf. nécessaire]

En 1999, le Portugal adhère à la zone euro, et le 20 décembre de la même année, le gouvernement portugais rend le territoire de Macao à la Chine[48]. Depuis son entrée dans l'Union européenne, le pays a présidé le Conseil européen trois fois et en 2007, la capitale du pays voit la signature du traité de Lisbonne[49].

Spécificités géopolitiques du Portugal[modifier | modifier le code]

Frontières terrestres internationales actuelles[modifier | modifier le code]

Borne frontalière n.º 198, à Soutelinho da Raia.

D'un point de vue juridique, le Portugal est le pays ayant les plus anciennes frontières terrestres internationales d'Europe et du monde encore en vigueur[50]. La Raia, frontière entre le Portugal continental et la Castille (fondue dans l'Espagne actuelle), date de 1297, avec le Traité d'Alcanizes[51] (plus ancien traité international définissant des frontières encore en vigueur).

Dans les siècles suivants, les accords de démarcation entre les souverains portugais et castillans, puis espagnols, concernent l'organisation de communautés locales autonomes dites « transraianas » au statut particulier : les villages de Santiago, Rubiás e Meaus, par exemple, dits Couto Misto[52]. Ils ne modifient pas le tracé de la Raia. L'Union des couronnes ibériques (1580-1640) n'a pas d'incidence sur le tracé de la frontière luso-castillane, puisque le Portugal maintient son existence en tant qu’État souverain (l'union n'est pas politique mais personnelle, in persona regis (en la personne du roi) : les souverains castillans règnent au Portugal sous un nom de règne portugais, avec stricte séparation des administrations, monnaies, armées et Empires).

Enfin, la ville d'Olivença, administrée par l’État espagnol depuis 1801 et violemment castillanisée sous le franquisme, reste un territoire juridiquement portugais, reconnu comme tel par l'Espagne depuis les traités de Cadix (1810) et de Vienne (1817), et soumis à rétrocession (bien que sans cesse repoussée par Madrid)[53]. Une partie des travaux publics dans la région est d'ailleurs à la seule charge du Portugal (restauration du pont da Ajuda en 1994-2000). Et un nombre important d'habitants d'Olivença possèdent la nationalité portugaise (à laquelle ils peuvent prétendre au même titre que les Lisboètes, sans que celle-ci puisse leur être légalement refusée)[54]. En 2008, Olivença, les villes frontalières (raianas) portugaises d'Arronches, Campo Maior, Estremoz, Portalegre et Elvas d'un côté, et les villes frontalières espagnoles de La Codosera, Alburquerque et Badajoz de l'autre, sont arrivées à un accord en vue de la création d'une euro-région mixte incluant Olivença, afin de trouver une solution innovante au problème.

Les frontières insulaires du Portugal (anciennes Ilhas Adjacentes)[55] datent quant à elles du milieu du XVe siècle : 1419 pour Madère, 1427-1432 pour les Açores, et enfin 1438 pour les Ilhas Selvagens[56].

Le Portugal dans le cadre ibérique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Espagnes médiévales.

Dans le cadre ibérique, l’État portugais est un reliquat historique, dans le sens où il est le dernier État chrétien né de la Reconquista, et le seul héritier actuel des Espagnes médiévales, les autres nations et royaumes ibériques ayant été absorbés, démembrés et castillanisés sous l'autorité de Madrid depuis les décrets de Nueva Planta (1707-1716)[57].

L'État-nation portugais[modifier | modifier le code]

« Le Portugal est communément considéré comme le plus vieil État-nation d'Europe[58].

Indépendant de facto depuis la fin des années 1120 (Bataille de São Mamede), disposant d'un roi reconnu dans ses frontières dès 1139[59], l’État portugais, obtient la reconnaissance formelle de son indépendance de jure avec le traité de Zamora le 5 octobre 1143.

Couverture de la première édition des Lusiades (1572), chef-d'œuvre littéraire qui raconte et glorifie la naissance et le destin de la nation portugaise.

La langue portugaise, marqueur fondamental de la nationalité, apparaît comme langue littéraire différenciée du latin dès 1198, avec la Cantiga da Ribeirinha, écrite par le troubadour Paio Soares de Taveirós[60]. Une quinzaine d'années plus tard, le testament du roi Alphonse II, daté de 1214, est rédigé dans un portugais compréhensible pour un lusophone du XXIe siècle[61]. Ce texte est communément considéré comme le plus ancien document littéraire long en prose rédigé en langue portugaise[62]. À partir de 1255, le portugais est adopté comme langue de registre (língua de registo) dans la Chancellerie Royale (Chancelaria Régia), sous le règne du roi Alphonse III. Enfin, en 1385, avec l'arrivée de la dynastie d'Avis, le portugais devient la seule langue officielle du royaume pour les actes juridiques et administratifs (cinquante ans avant les normes de la Chancellerie anglaises[63] et plus de 150 ans avant l'Ordonnance de Villers-Cotterêts). La précocité et l'homogénéité linguistique du Portugal permettent le développement rapide d'une littérature très riche, qui contribue à l'émergence d'un sentiment national (comme en attestent les chansonniers médiévaux, ou Cancioneiros, encore étudiés de nos jours dans les lycées portugais, avec les cantigas de amigo, les cantigas de amor et les cantigas de escárnio e maldizer)[64].

La nation portugaise, quant à elle, émerge dès le XIIe siècle[65] et se manifeste en tant qu'entité politique autonome de ses souverains vers le milieu du XVe siècle. Dès 1254, les trois ordres du Royaume sont associés à la gestion du pouvoir, avec la convocation de la noblesse, du clergé et du peuple aux Cortes de Leiria[66] par le roi Alphonse III de Portugal. En 1372, le petit peuple, surnommé « arraia-miúda », intervient violemment sur la scène politique pour s'opposer au mariage du roi Fernando Ier de Portugal et Éléonore Teles de Menezes, avec des tumultes et une rébellion populaire[67]. Lors de la crise de Succession au Trône de 1383-1385, les trois ordres prennent parti pour Jean Ier de Portugal et défendent l'indépendance du pays face aux prétentions du roi Jean Ier de Castille[68]. Le peuple (artisans, bourgeoisie et population de Lisbonne), sur-représenté dans le « partido nacionalista », prend une part active dans les Cortes de Coimbra de 1385[69] et est le grand bénéficiaire du changement de dynastie.

Du point de vue des sources écrites, alors que le concept moderne de Nation émerge en Europe occidentale fin XVIIIe-début XIXe siècle, avec la Révolution française, la Déclaration des Droits de l'Homme de 1789 et les Guerres napoléoniennes, les chroniques et les textes littéraires portugais mentionnent dès la Renaissance une « Nation portugaise », entité collective cohérente politiquement et culturellement, dont l'occurrence est fréquente dans tous les textes classiques du XVIe siècle, par exemple dans les épîtres de Diogo do Couto (« Só a esta nossa nação portuguesa faltou esta glória »[70]), les chroniques de João de Barros (« a nação portuguesa (…), que mais se apressa de fazer que dizer (…) »[71]), les textes de Luís de Camões (dans Les Lusiades notamment, Chant V, strophe 97, où Vasco de Gama est l'incarnation de la Nation conquérante), et partout dans la Pérégrination de Mendes Pinto. Les bases de la culture portugaise actuelle sont d'ailleurs fixées pour l'essentiel aux XVe et XVIe siècles (bases de la culture culinaire, musicale, littéraire, religieuse, architecturale, de la mythologie nationale, de l'imaginaire collectif, etc.), pendant l'âge d'or du Portugal et son expansion outre-mer.

La précocité de l'État-nation portugais et ses conséquences sont l'objet de nombreuses études historiques[72]. »[73]

Le Portugal et l'océan Atlantique[modifier | modifier le code]

Reliquat de son immense empire colonial et de sa domination passée des océans, le Portugal, pays aux dimensions modestes, possède aujourd'hui une gigantesque zone économique exclusive, puisqu'il exerce sa souveraineté sur un espace maritime de plus de 1 720 000 km2 (soit plus de 18 fois sa superficie terrestre). Le Portugal, qui occupe la 111e place en termes de superficie terrestre, possède la 11e plus grande zone d'exclusivité maritime du monde, devant l'Inde et la Chine. Celle-ci est en voie d'être agrandie au-delà des 350 miles actuels, ce qui accroîtrait considérablement ses dimensions et créerait une ZEE continue entre le Portugal continental, les Açores et Madère[74]. Dans le cadre de l'Union européenne, le Portugal est le pays qui possède la plus grande juridiction maritime située dans l'UE (c'est-à-dire en excluant les lointains territoires britanniques d'outre-mer et les territoires français d'outre-mer, situés hors-Union européenne).

Conséquence de cet état de fait, 53 % du commerce extérieur de l'Union européenne transite par les eaux portugaises, 60 % du commerce extérieur portugais se fait par voie maritime, et 70 % des importations nationales sont acheminées par la même voie (dont la totalité du pétrole et les 2/3 du gaz portugais). Acteur important dans l'océan Atlantique, l’État portugais s'est compromis à assurer les recherches et sauvetages maritimes (Search And Rescue) sur un espace de responsabilité de presque 6 millions de kilomètres carrés (soit plus de 63 fois sa surface terrestre)[75]. D'un point de vue militaire, l’État portugais affecte une part importante de ses forces navales et aériennes au service des missions de l'OTAN dans l'Atlantique nord, assurant la protection des voies maritimes et aériennes pour le renforcement de la sécurité européenne. D'un point de vue économique, le pays continue à tirer une part importante de ses richesses de la mer, puisque 11 % de son PIB, 12 % de ses emplois, 17 % de ses recettes fiscales[76] et 90 % de ses recettes touristiques sont liés aux océans[77].

La vocation océanique traditionnelle du Portugal est l'objet d'innombrables études dans les milieux universitaires, en histoire, en géographie, en géopolitique et en économie[78]. D'après l'historien Virgilio de Carvalho, une des étapes essentielles de la viabilisation de l’État-nation portugais a été son « atlantisation », aux XIVe et XVe siècles. Son prédécesseur, l'historien Jaime Cortesão[79] a résumé l'histoire du Portugal dans la formule : « L'histoire portugaise peut se résumer en une série d'efforts pour la mise à profit des possibilités atlantiques du territoire [...]. », la réalisation de ces efforts ayant « forgé l'Individualité » du Portugal et « influé sur l'histoire de l'humanité. »[80]

Quelques données géopolitiques et historiques[modifier | modifier le code]

  • Le Portugal est le premier grand État européen et le cinquième territoire au monde à abolir la peine de mort (après le Tibet, le Grand-Duché de Toscane, la République de Saint-Marin et le Venezuela). La peine de mort pour délits politiques est abolie constitutionnellement en 1852, durant le règne de Marie II. La peine de mort pour délits civils est abolie en 1867, sous le règne du roi Louis Ier. Maintenue à titre exceptionnel dans l'armée jusqu'en 1911[81], son abolition définitive est indiquée dans la nouvelle Constitution de la Première République Portugaise (1911), et réitérée dans la Constitution républicaine de 1976 : « la peine de mort ne sera appliquée sous aucune circonstance ». La dernière exécution pour délits politiques date de 1834, et de 1846 pour des délits civils (à Lagos, dans l'Algarve). Selon les registres officiels, la dernière exécution d'une femme au Portugal date du 1er juillet 1772.
  • Le Portugal est le premier État européen ayant fondé un empire mondial, avec un ensemble de territoires répartis sur cinq continents. L’empire portugais, qui dure six siècles, est par ailleurs considéré comme le plus long des empires coloniaux européens modernes (1415-2002). Le Portugal est le dernier grand État européen à clore son processus de décolonisation, en Afrique avec les indépendances de l'Angola, du Mozambique, de la Guinée-Bissau du Cap-Vert et de Sao Tomé-et-Principe au milieu des années 1970, et en Asie avec la rétrocession de Macao à la Chine en 1999 et la prise d'indépendance du Timor oriental en 2002.
  • Le Portugal est le seul État européen dont la capitale a été située hors d'Europe, avec le transfert de la cour en 1807 à Rio de Janeiro et la constitution du Royaume-Uni du Portugal, du Brésil et de l'Algarve. Rio de Janeiro a été la capitale du Portugal de facto entre 1807 et 1815, et de jure entre 1815 et 1822. Pendant cette période, les principales institutions du royaume, la banque du Portugal, l'état-major portugais, l'ensemble de la haute noblesse et de la famille royale résidaient sur le continent américain. Le roi de Portugal est par ailleurs le seul souverain régnant européen à s'être déplacé personnellement dans sa colonie américaine, et à y avoir régné durablement, légiférant pour le Portugal depuis l'autre côté de l'Atlantique (la reine Marie Ire et le roi Jean VI).
  • Le Portugal est le premier État européen à se lancer dans la traite négrière dans l'Atlantique, avec l'arrivée d'un premier lot d'esclaves noirs à Lisbonne dès 1441, amené par le navigateur Antão Gonçalves (esclaves achetés sur la côte de l'Argüim la même année). Le Portugal est le premier État européen à dévier massivement les circuits de la traite négrière africaine vers les îles de l'Atlantique puis vers les Amériques. Les Portugais sont le seul peuple européen à pratiquer massivement et systématiquement la chasse aux esclaves dans l'Atlantique (avec les pombeiros en Angola, les bandeirantes au Brésil, l'achat et la capture d'esclaves dans le Golfe de Guinée), l'océan Indien et le Pacifique (avec les prazeiros[84] au Mozambique, les Ferengis dans golfe du Bengale et les Fu-lang-chi en Chine)[85]. Le Portugal est la principale puissance esclavagiste européenne de la période moderne. Il fonde le système des plantations dès le XVe siècle à Madère, transposé le siècle suivant au Brésil, qui devient le plus grand Empire esclavagiste d'Amérique (et le dernier à abolir l'esclavage le 13 mai 1888)[86].
  • Le Portugal est le premier grand État européen à abolir strictement l'esclavage sur son territoire métropolitain et dans ses possessions de l'océan Indien[87]. Le 12 février 1761, sous le règne du roi Joseph Ier, le Marquis de Pombal abolit l'esclavage dans le royaume de Portugal et dans les Indes portugaises (partie asiatique de l'Empire portugais). Le Brésil lui-même n'échappe pas à cette première vague d'abolitions pombalines, initiées sur son sol. En 1755, le marquis de Pombal avait libéré les Indiens du Brésil et promulgué des mesures en faveur de leur intégration dans la société coloniale (Diretório dos Índios)[88], sans toutefois toucher à la condition servile des Noirs ou à la traite négrière (en raison de leur importance capitale pour l'économie brésilienne). Le congrès de Vienne et l'opposition des Anglais font de l'abolition de la traite et de l'esclavage au Brésil et en Afrique une question à résoudre d'urgence pour Lisbonne. Le trafic et le commerce d'esclaves sont abolis dans tout l'Empire portugais en 1836. Les esclaves de l'État sont libérés par décret en 1854 et ceux de l’Église par décret en 1856. La loi du 25 février 1869[89] proclame l'abolition totale de l'esclavage dans tout l'Empire portugais, jusqu'à son terme définitif de 1878[90].
  • La marine de guerre portugaise est la plus ancienne branche des forces armées du monde encore active[91]. Elle est en activité de facto au moins depuis 1180, sous le règne d'Afonso Henriques, lorsqu'elle remporte une victoire face à une escadre musulmane au large du cap Espichel. D'un point de vue strictement juridique, la fondation de la marine de guerre portugaise (en tant qu'institution) date du début du XIVe siècle. En 1312, le roi Denis Ier donne une organisation permanente à la Marine Royale portugaise[92], dont le genevois Manuel Pessanha[93] est nommé premier amiral en 1317.
  • Le Portugal est l'un des premiers États européens modernes à s'être doté d'un arsenal de marine, avec la fondation des Tercenas Navais de Lisbonne, dont les structures apparaissent sous le règne du roi Denis Ier (1279-1325), et qui sont fondées formellement et organisées en 1377, sous le règne du roi Fernando Ier[94]. L'arsenal des Tercenas est rebaptisé Arsenal da Ribeira das Naus sous le règne du roi Manuel Ier, puis Arsenal Real da Marinha au XVIIIe siècle et enfin Arsenal da Marinha de Lisboa en 1910. Il est désactivé et remplacé par l'Arsenal do Alfeite en 1938. L'arsenal de Lisbonne permet l'émergence d'une flotte de guerre très tôt dans l'histoire du pays, et sert à équiper les armadas portugaise tout au long de l'expansion outre-mer du Portugal.
  • Conséquence de ses innombrables campagnes militaires menées un peu partout dans le monde pendant six siècles, le Portugal est traditionnellement considéré comme un pays novateur dans le domaine de la médecine. Dès le XVIe siècle, le pays se dote d'un réseau d'hôpitaux royaux et de Maisons d'Assistance Publiques, les Saintes Maisons de la Miséricorde (Santa Casa da Misericórdia), qui visent à remettre les soldats sur pied, et qui s'étendent rapidement dans tout l'empire. L'Hôpital Royal de Goa, dans l'Orient portugais, est notamment considéré comme un modèle du genre aux XVIe et XVIIe siècles. Organisé suivant un règlement précis, avec des hiérarchies médicales de personnel qualifié et non-qualifié, on y impose des mesures d'hygiène telles que le lavage de mains et des ustensiles médicaux, la désinfection des vêtements et des chambres des malades, une nourriture saine et équilibrée[95]. Pendant toute la période moderne le travail de consignation systématique de la flore et de ses propriétés curatives, effectué tantôt par des intellectuels comme l'apothicaire Tomé Pires dans sa Soma Oriental, tantôt par de simples aventuriers ou soldats, tantôt par des jésuites, notamment en Inde, en Malaisie et au Brésil, permet des progrès décisif pour la pharmacologie[96]. Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'abbé José Custodio da Faria, un Portugais de Goa dont Alexandre Dumas fera un personnage-clé du roman Le Comte de Monte-Cristo, marque fortement de son empreinte la pratique du magnétisme animal et de l'hypnose en Europe[97]. Cette tradition d'excellence se poursuit jusqu'au XXe siècle. En 1883, le médecin et chercheur à l'École médico-chirurgicale de Porto António Teixeira de Sousa est récompensé du prix Macedo Pinto pour sa thèse « Enervação do coração »[98].En 1949, le médecin, neurologue et chercheur Egas Moniz reçoit le prix Nobel de médecine pour ses travaux déterminants sur le cerveau humain et la chirurgie cérébrale. Et aujourd'hui encore, en dépit d'un grand nombre de défaillances dans son système médical, le Portugal est considéré comme un pays précurseur dans la recherche scientifique et dans des domaines précis, imposant de nouveaux modèles, notamment dans sa lutte contre la toxico-dépendance[99].

Division administrative[modifier | modifier le code]

Les principales divisions administratives portugaises sont les 18 districts du continent et de ses régions autonomes des Açores et de Madère[100], qui se subdivisent en 308 municipalités et 4 257 paroisses (pt)[101]. Les districts constituent la plus importante subdivision du pays. Ils servent de base pour diverses divisions administratives, comme les cercles électoraux.

Avant 1976, les deux archipels étaient aussi intégrés dans la structure générale des districts portugais avec toutefois des spécificités administratives tenant compte de leur statut de districts indépendants des îles adjacentes, décret-loi no 36453, du 4 août 1947 qui se traduit par l’existence de trois districts indépendants aux Açores et un pour Madère :

Depuis 1976, les Açores et Madère sont devenues des régions autonomes, avec un statut politico-administratif[102] et des agences du gouvernement propres (article 6.º, paragraphe 2, de la Constitution de la République portugaise). Actuellement, la division administrative se résume par le tableau suivant :

Districts[103]
District Superficie Population Carte numérotée des districts du Portugal. District Superficie Population
01 Lisbonne 02 761 km2 2 124 426 10 Guarda 05 518 km2 173 831
02 Leiria 03 517 km2 477 967 11 Coimbra 03 947 km2 436 056
03 Santarém 06 747 km2 445 599 12 Aveiro 02 808 km2 752 867
04 Setúbal 05 064 km2 815 858 13 Viseu 05 007 km2 394 844
05 Beja 10 225 km2 154 325 14 Bragança 06 608 km2 148 808
06 Faro 04 960 km2 421 528 15 Vila Real 04 328 km2 218 935
07 Évora 07 393 km2 170 535 16 Porto 02 395 km2 1 867 986
08 Portalegre 06 065 km2 119 543 17 Braga 02 673 km2 879 918
09 Castelo Branco 06 675 km2 208 069 18 Viana do Castelo 02 255 km2 252 011
Régions autonomes
Région autonome Superficie Population Gentilés
19 Açores 02 333 km2 243 101 açoréen(ne)(s)
20 Madère 00 801 km2 244 098 madérien(ne)(s), madérois(e(s))

Le Portugal est aussi divisé en trois régions NUTS de premier niveau[101] (séparant le territoire métropolitain des deux régions autonomes). Le second niveau NUTS est constitué par les 18 districts de la métropole, mais ne subdivise pas les anciens districts des Açores qui constituent une seule région NUTS-2 comme aussi Madère : il y a donc 20 régions NUTS de niveau 2, de population relativement équilibrée (à l’exception des districts de Porto et Lisbonne qui sont 5 à 20 fois plus grands que les autres). Cette division, élaborée à des fins statistiques, est entrée en vigueur dans tous les pays de l’Union européenne.[réf. nécessaire]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Organisations des pouvoirs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Portugal.

Le Portugal est un État unitaire à régime semi-présidentiel unicaméral fondé sur la Constitution portugaise du 2 avril 1976 (constitution modifiée en 1982, 1989, 1992, 1997, 2001, 2004 et 2005).[104][105]

Les trois principales composantes du pouvoir sont le président de la République et le gouvernement, l'Assemblée de la République, et la justice. La Constitution accorde la division ou la séparation des pouvoirs entre les branches législative, exécutive, et judiciaire. La République du Portugal est un État laïque. Le président de la République, élu pour cinq ans, assume un rôle exécutif, qu'il partage avec le Premier ministre. L'actuel président est Aníbal Cavaco Silva, élu en janvier 2006 et réélu en janvier 2011. Le pouvoir législatif est détenu par l'Assemblée de la République (Assembleia da República), parlement unicaméral composé de 230 députés élus pour quatre ans (dont quatre représentent les Portugais de l'étranger).

Le gouvernement est dirigé par le Premier ministre, qui, depuis les élections du 5 juin 2011, se nomme Pedro Passos Coelho, président du PSD.[106]. Le Premier ministre nommé par le président désigne les membres de son gouvernement, qu'il propose au chef de l'État. L'actuel gouvernement est entré en fonction le 21 juin 2011.

Le pouvoir judiciaire est divisé en trois ordres: judiciaire, administratif, et financier. Le Tribunal suprême de justice constitue la plus haute juridiction judiciaire du pays, le Tribunal administratif suprême étant la plus haute juridiction administrative. Tous deux statuent en cassation.[107] Par ailleurs, le Tribunal constitutionnel veille à la conformité des lois avec la Constitution.

L'âge minimum requis pour voter est fixé à 18 ans. Les femmes ont obtenu le droit de vote en 1931 par un décret-loi (Decreto-lei 19694 de 5 de Maio de 1931),[108] mais seulement les femmes ayant un diplôme de l'enseignement supérieur; enfin toutes les femmes obtiennent le droit de vote en 1945. La peine de mort a été abolie en 1867, la dernière exécution eut lieu en 1849.[109]

Dirigeants actuels[modifier | modifier le code]

Le président de la République, Aníbal Cavaco Silva.
Le Premier ministre, Pedro Passos Coelho.

Le 22 janvier 2006, à l'issue de l'élection présidentielle, l'ancien Premier ministre Aníbal Cavaco Silva est élu président de la République face au poète Manuel Alegre, dissident socialiste, et Mário Soares, ancien président de la République (1986-1996), candidat officiel du Parti socialiste, avec 50,54 % des suffrages exprimés au premier tour puis réélu le 23 janvier 2011 face au candidat socialiste Manuel Alegre avec 52,95 % des suffrages exprimés. Il prend ses fonctions le 9 mars 2006, succédant au socialiste Jorge Sampaio.

Le 15 juin 2011, à la suite des élections législatives, Pedro Passos Coelho est nommé Premier ministre par Aníbal Cavaco Silva ; le Premier ministre et les membres du gouvernement ont prêté serment le 21 juin suivant.

Le 21 juin 2011, la députée Assunção Esteves, ancien juge à la Cour constitutionnelle, est élue présidente de l'Assemblée de la République ; elle fut la première femme élue présidente du Parlement.

Conflits territoriaux[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Olivenza et Îles Selvagens.

Deux conflits territoriaux opposent encore actuellement le Portugal et l'Espagne ; en effet, le Portugal ne reconnaît pas la municipalité d'Olivença comme territoire espagnol[110]. À la suite du traité de Vienne, l'Espagne a manifesté la volonté de faire rétrocession de ses territoires occupés. La constitution portugaise dans son article 5, alinéa 3, rend impossible que ce territoire soit reconnu comme espagnol[111].

Il existe également un conflit non clarifié au sujet de la zone économique exclusive du Portugal dans les eaux territoriales des îles Selvagens (un petit archipel au nord des îles Canaries), sous autorité portugaise. L'Espagne les réclame au motif qu'elles ne se trouvent pas sur une plaque continentale distincte, en accord avec l'article 121[2][112] de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Le statut des îles Salvagens en tant que simples rochers ou au contraire en tant qu'îles est donc au cœur du débat. Ces îles constituent aujourd'hui une réserve naturelle dont les seuls résidents sont deux gardes du Parc naturel de Madère. Année après année, les autorités portugaises ont saisi des bateaux de pêche espagnols naviguant dans ces zones pour cause de pêche illégale et plusieurs survols non autorisés des forces aériennes espagnoles ont été dénoncés aux gouvernements concernés.[réf. nécessaire]

Indépendance et fusion[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Ibérisme et Galice.
Proposition pour le drapeau de l'État Fédéraliste Ibérien

Au Portugal, il a existé des mouvements indépendantistes aux Açores[113] et à Madère entre la Seconde Guerre mondiale et 1976 quand ces archipels ont obtenu le statut de région autonome. D'autres mouvements réclament la fusion de l'Espagne et du Portugal ou encore celle de la Galice (région espagnole) et du Portugal.

Pour la fusion entre l'Espagne et le Portugal, ce sont surtout les Espagnols qui, plus que les Portugais, sont favorables à une éventuelle union entre les deux pays. Presque la moitié des Espagnols se déclarent pour contre un peu plus d'un quart des Portugais. Un sondage public effectué en 2006 a révélé que 45,6 % des Espagnols sont pour la fusion ; parmi ceux-ci, 43,4 % défendent le nom d’Espanha pour l’hypothétique entité mais 39,4 % sont pour le nom Ibéria. Pour 80 % des partisans de l’union, ils souhaitent que la capitale soit Madrid, contre à peine 3,3 % pour Lisbonne[114].

Certains mouvements galiciens minoritaires et dits réintégrationnistes tels l'AGAL, revendiquent une union entre les peuples du Portugal et de Galice en militant pour ré-introduire le galicien comme dialecte de la lusophonie. D'autant que le Portugal et la Galice ont des langues issues de l'ancien galicien, le galaïco-portugais[115] qui de fait a deux variétés modernes : le portugais et le galicien. Quelques projets transfrontaliers existent entre la Galice et le Nord du Portugal, en particulier dans le cadre de l'euro-région de Galice/Nord-Portugal (Galicia - Norte de Portugal, communidade de trabalho)[116]. Il est envisagé d'autoriser la réception des chaines de télévision portugaises en Galice, parmi les six présentes, cinq sont en langue castillane ou espagnol et une seule en galicien[117],[118]. Le 10 juillet 2008, le secrétaire exécutif de la CPLP a fait une déclaration dans laquelle il garantit que la Galice, n'étant pas un pays, peut toutefois prétendre à être membre associé de la CPLP, grâce à l'accord du gouvernement espagnol, et qu'il en a informé les autorités galiciennes[119].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Portugal
Carte topographique du Portugal.
Carte administrative du Portugal.
Carte topographique de l'archipel de Madère
L'archipel de Madère
Carte topographique de l'archipel des Açores
L'archipel des Açores
L'île principale de l'archipel des Berlengas

Dans le Nord du pays, le paysage est plutôt montagneux dans les zones intérieures avec des plateaux, intercalés par des secteurs qui permettent le développement de l'agriculture.[réf. nécessaire]

De Lisbonne, jusqu'à l'Alentejo, le relief est plutôt caractérisé par des plaines[120]. Le Portugal est traversé par plusieurs fleuves, certains prenant leurs sources en Espagne comme le Douro, le Minho, Guadiana et le plus célèbre le Tage. D'autres fleuves importants naissent, eux, au Portugal comme le Mondego, le Sado et Mira[121]. Le pays compte plusieurs écorégions dont la Forêt sclérophylle et semi-caduque ibérique.

Les îles des Açores sont localisées sur un rift au milieu de l'océan Atlantique. Quelques-unes de ses îles sont entrées dans une réaction volcanique récemment comme à São Miguel en 1563 et Capelinhos en 1957, ce qui a permis un agrandissement de la superficie de l'île de Faial. Avec toutes ces éruptions volcaniques, une nouvelle île pourrait surgir dans un futur proche.[réf. nécessaire]

Le point culminant du Portugal est le Ponta do Pico dans l'île du Pico[122], c'est un ancien volcan qui est entré trois fois en éruption depuis le XVIe siècle, et une incertaine en 1963[123], la plus probable serait en 1720, il s'élève à 2 351 m mètres. Mais, sur le Portugal continental, le plus haut sommet, la Serra da Estrela, est situé dans le district de Guarda et culmine à 1 993 m.[réf. nécessaire]

L'archipel des Berlengas est situé à 10 kilomètres des côtes portugaises, dans l'océan Atlantique. Cet archipel est composé de Berlenga Grande, des îles Estelas et Grande Farilhão. Il est situé à exactement 5,7 milles de Cabo Carvoeiro[124].

Les îles de Madère, au contraire des Açores qui sont localisées sur un rift au milieu de l'océan Atlantique, sont situées sur une plaque africaine[125].

Le Portugal continental possède 1 230 kilomètres de côtes, les Açores en comptent 667 kilomètres, et Madère 250 kilomètres (incluant les îles Desertas, Selvagens et celle de Porto Santo). Une caractéristique importante de la côte portugaise est l'existence de la Ria de Aveiro, l'estuaire du fleuve Vouga, près de la ville d'Aveiro, avec environ 45 kilomètres de longueur et un maximum de 11 kilomètres de largeur, qui contient une grande richesse de poissons et d'oiseaux marins.[réf. nécessaire]

Le pays présente une superficie de 92 906 km2 pour le Portugal continental, 2 355 km2 pour la région des Açores, 741 km2 pour la région de Madère et le Portugal possède une des plus grandes zones économiques exclusives (ZEE) d'Europe, qui recouvre une surface d'environ 1 683 000 km2.[réf. nécessaire]

C'est la troisième plus grande zone exclusive de l'Union européenne et la onzième à l'échelle mondiale. Les régions protégées au Portugal incluent un parc national, 12 parcs naturels, 9 réserves naturelles, 5 monuments naturels et 7 paysages protégés, s'étendant du Parc National de Peneda-Gerês jusqu'au Parc naturel de la Serra da Estrela et à la Réserve naturelle de Paul de Arzila. En ce qui concerne les forêts portugaises, le pin (plus particulièrement le Pinus pinaster et le Pinus pinea), le châtaignier, le chêne-liège, le chêne vert, le chêne du Portugal, et l'eucalyptus sont très répandus.[réf. nécessaire]

Le Portugal est une escale importante pour les oiseaux migrateurs, sur les sites du cap Saint-Vincent et de la Serra do Monchique, où des milliers d'oiseaux qui volent de l'Europe vers l'Afrique en automne ou sur la direction opposée peuvent être vus au printemps.[réf. nécessaire]

Il est également possible d'observer des phénomènes de remontée, particulièrement sur la côte Ouest, qui fait la richesse de la gastronomie portugaise et de la biodiversité. Les eaux marines portugaises sont en effet parmi les plus riches en biodiversité au niveau mondial.[réf. nécessaire]

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Principales villes[modifier | modifier le code]

Lisbonne (qui compte en 2011[126] 547 733 habitants pour la ville, 2 244 984 pour le Grand Lisbonne et 3 050 000 pour la région de Lisbonne) est la capitale du Portugal depuis le XIVe siècle, car jusqu'en 1385 la capitale du Portugal fut Coimbra[127]. Lisbonne est la plus grande ville du pays, le principal pôle économique, possédant les principaux port maritime et aéroport du pays. C'est aussi la ville la plus riche du Portugal avec un PIB supérieur à la moyenne européenne.[réf. nécessaire]

Porto (1 237 865 habitants et 1 800 000[126] dans le Grand Porto en 2011[126]) est la seconde ville du Portugal. Il y a aussi d'autres grandes villes comme Aveiro (considérée comme la Venise portugaise)[128], Braga (la ville des Archevêques), Chaves (ville historique et millénaire), Coimbra (avec son université, la plus vieille du pays et l'une des premières en Europe), Guimarães (Ville Berceau), Évora (Ville musée), Faro, Setúbal ou encore Viseu.

Classement Ville Population
1 Lisbonne 2 158 423
2 Porto 1 243 612
3 Braga 801 756
4 Sintra 603 133
5 Amadora 412 563
6 Cascais 275 500
7 Coimbra 191 069
8 Guimarães 180 526
9 Setúbal 164 303
10 Maia 156 845
11 Gondomar 153 040
12 Funchal 142 291
13 Viana do Castelo 107 181
14 Leiria 99 846
15 Viseu 112 354
16 Aveiro 89 350
18 Ponta Delgada 69 703
19 Póvoa de Varzim 68 515
20 Vila do Conde 59 745
21 Loulé 59 934
22 Évora 42 159
23 Faro 41 859
24 Portimão 40 643
25 Castelo Branco 40 270
26 Vila Real 38 148
27 Bragança 37 625
28 Covilhã 36 772
29 Lagos 35 433
30 Alenquer 34 649

Dans l'aire métropolitaine de Lisbonne, il existe des villes avec de grandes densités comme celles de Agualva-Cacém et Queluz (municipalité de Sintra), Amadora, Almada, Amora, Seixal, Barreiro, Montijo et Odivelas. Dans l'aire métropolitaine de Porto les plus grandes municipalités sont Vila Nova de Gaia, Maia, Matosinhos et Gondomar. Dans la région autonome de Madère, la principale ville est Funchal, c'est la capitale de l'île. Dans la région autonome des Açores il existe trois grandes villes Ponta Delgada, dans l'île de São Miguel, Angra do Heroísmo dans l'île Terceira et Horta dans l'île de Faial.[réf. nécessaire]

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat du Portugal est de type méditerranéen selon la classification de Köppen. D'après cette classification, le climat est caractérisé essentiellement par des étés chauds et secs et des hivers plus ou moins doux. En hiver, les mois les plus « froids » sont janvier et février, mais les températures restent douces. Ainsi, pourtant située à 700 mètres d'altitude, la ville de Bragance dans le nord-est du pays présente une moyenne de 4,5 °C en janvier[129], valeur comparable à la basse vallée du Rhône. Cela n'exclut toutefois pas des vagues de froid périodiquement comme dans toutes les régions méditerranéennes. En été, les mois les plus chauds et les plus secs sont juillet et août, avec une température moyenne supérieure à 20 °C presque partout au mois de juillet, atteignant des pics de plus de 45 °C dans certaines régions.[réf. nécessaire]

Le record de chaleur est de 47,4 °C.

Toujours selon Köppen, le pays connaît deux nuances :

  • La zone Csa qui s'étend sur la moitié sud du pays. C'est le climat méditerranéen-type, caractérisé par des étés très chauds et secs, et des hivers doux. La neige et les gelées sont rares et l'ensoleillement annuel est souvent supérieur à 2 500 heures ;
  • La zone Csb s'étend sur la moitié nord du pays. C'est la variante « galicienne » du climat méditerranéen. Les étés demeurent secs (d'où la classification de Köppen), mais sont moins caniculaires qu'au sud, tout en restant assez chauds. La moyenne de juillet est de 20 °C à Porto[130], ce qui est assez élevé (comparable à la moyenne vallée du Rhône ou au sud-ouest français). Le cumul des précipitations annuelles y est toutefois plus élevé qu'au sud du pays, surtout sur les reliefs. L'ensoleillement est moindre, mais encore élevé (souvent entre 2 000 et 2 500 heures).

Au Portugal comme ailleurs, l'effet de l'altitude peut se faire sentir, surtout sur les hautes collines du nord-est du pays où la neige peut apparaître, influence qui reste néanmoins modérée. Plus on va vers le sud, plus cette influence se fait rare voire inexistante dans la région de l'Algarve. On peut également citer le cas des territoires « d'outre-mer », telles les îles (Açores et Madère) qui bénéficient d'un climat océanique ou tropical suivant les localités.[réf. nécessaire]

Économie[modifier | modifier le code]

Le palais de la Bourse à Porto.
Article détaillé : Économie du Portugal.

Depuis 1985, le pays est entré dans un processus de modernisation et a rejoint l'Union européenne en 1986[131]. Les gouvernements successifs ont réalisé plusieurs réformes, ont privatisé de nombreuses sociétés contrôlées par l'État et ont libéralisé les espaces-clefs de l'économie, y compris les secteurs des télécommunications et financier. Le pays a développé une économie de type capitaliste de plus en plus fondée sur les services. Le Portugal fait partie des onze États de l'UE fondateurs de l'euro, en 1999[132].

Le pays fait ainsi disparaître l'ancienne monnaie nationale, avec l'application d'une parité de 200,482 escudos pour un euro. Pendant la majeure partie des années 1990, la croissance économique portugaise est supérieure à la moyenne de celle des pays de l'Union européenne.

En partie avec des fonds de l'Union européenne[133], le pays réalise durant les vingt dernières années d'importants investissements dans ses infrastructures et dispose d'un réseau de voies routières et ferroviaires de qualité.

Début 2006, le Portugal souffre d'un taux de chômage de 7,7 %, qui atteint 8,7 % chez les femmes et 16,2 % chez les jeunes de moins de 25 ans. Néanmoins, deux des régions européennes les moins touchées par le chômage sont portugaises : les Açores et Madère avec un taux de 2,5 %[134].

Avec un passé majoritairement agricole, et après les évolutions de ces dernières années, l'économie est fondée actuellement sur les services et sur l'industrie, qui représentent respectivement 67,8 % et 28,2 % du secteur économique portugais. L'agriculture portugaise bénéficie d'un climat et d'un relief favorables et de sols fertiles.

Les dernières décennies ont permis d'intensifier la modernisation de l'agriculture et de la pêche, bien qu'encore 13 % de la population active y travaille toujours[135]. Les oliviers (qui s'étendent sur 4 000 km2), les vignobles (qui occupent 3 750 km2), le blé (sur 3 000 km2) et le maïs (qui représentent 2 680 km2) sont les principales cultures par la surface cultivée.

Tonneau de vin de Madère.
Liège en Algarve.

Les vins (les plus célèbres étant le vin de Porto[136], le vin de Madère et le vinho verde[137]) et les huiles portugaises sont appréciés grâce à leur qualité. Le Portugal est également un pays producteur de fruits, notamment les oranges algarviennes, la pêra-rocha de l'Ouest, la cerise du Gardunha et la banane de Madère. Il existe aussi d'autres productions comme l'horticulture, la fromagerie et la floriculture, comme la betterave rouge, le fromage da Serra[138], l'huile de tournesol et le tabac. Le Portugal produit 52,5 % de la production mondiale de liège[139], des eucalyptus, du vin, du cuivre… C'est aussi un important importateur de produits alimentaires. Les importations proviennent de l'Union européenne à 76 %, 4 % de l'Amérique du Nord et 1 % des pays lusophones. Le secteur primaire (agriculture) représente 2,8 %, du PIB portugais, le secteur secondaire (industrie) 24,8 % et le secteur tertiaire (services) 72,4 %[140].

Le tourisme est un secteur très important, comptant pour 8 % du PIB. Les Espagnols (49 %) constituent la principale origine des touristes, suivis des Britanniques (14 %).

Exportations de produits portugais dans le monde (2006)

Les principales exportations portugaises sont le textile, les voitures, les produits manufacturés, des composants (pièces) informatiques et électroniques et des matériaux de construction.

Depuis 1962, l'usine PSA de Mangualde produit des véhicules, en 2010 47 369 véhicules ont été produits et elle a la particularité d'être en production majoritairement manuel[141]. Renault-Nissan ont débuté au second trimestre de 2011 la construction de véhicules électriques[142],[143]

Le commerce extérieur du Portugal se concentre essentiellement dans l'Union européenne. Aujourd'hui, 80 % des exportations portugaises sont à destination des pays de l'Union européenne, 5 % pour l'Amérique du Nord, les pays lusophones représentant 4 % des exportations.

Les exportations de biens manufacturés comme le textile, les vêtements, les chaussures, le liège, les machines-outils, les équipements de transports, la pâte à papier, les dérivés du papier et les produits chimiques représentent 70 % des exportations totales.

L'Union européenne et les Fonds Monétaire International sont venus en aide au Portugal, à hauteur d'un prêt de 78 Milliards d'Euros[144]. La crise économique de 2011 a eu pour conséquences:

  • La diminution du salaire des fonctionnaires de 14,29 %
  • La diminution des pensions de retraite également de 14,29 %
  • Un taux de TVA fixé à 23 %
  • Une diminution du PIB de 1,5 % en 2011, et une prévision (source FMI) de 3,3 % en 2012
  • 36,4 % des jeunes sont sans emploi

Énergie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie au Portugal.

Le Portugal est fortement dépendant de ses importations en matière d'énergie, en particulier pour les combustibles fossiles[145].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Le gouvernement portugais affirmait qu'en 2010 45 % de l'électricité serait produite à partir des sources renouvelables[146].

  • L'hydroélectricité est la principale source d'énergie renouvelables; le Portugal estime qu'il n'exploite à l'heure actuelle que 46% de son potentiel hydroélectrique. [2]

Le barrage d'Alqueva, dans l'Alentejo (servant à l'irrigation des champs et à produire de l'énergie hydroélectrique) a créé le plus grand lac artificiel d'Europe de l'Ouest et a représenté un des plus grands investissements du pays.

  • En 2007, fut inaugurée une des plus grandes centrales solaires photovoltaïques du monde[147], située à Brinches, municipalité de Serpa. Mais de nos jours la plus grande centrale solaire photovoltaïque est située dans le village d'Amareleja[148], commune de Moura, elle devrait être complètement achevée en 2010.
  • En matière d'énergie éolienne, le Portugal affichait fin 2013 une puissance installée de 4 724 MW [3], une des plus importantes puissance éoliennes par habitant installée au monde.

Le pays compte de nombreux parcs éoliens, dont le plus grand d'Europe depuis 2008[149].

Transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport au Portugal.

Les transports ont constitué une priorité dans les années 1990 en parallèle avec l'utilisation croissante des véhicules automobiles et le processus d'industrialisation.

La première autoroute portugaise date de 1944 et reliait Lisbonne au Stade National (l'actuelle A5). Malgré la construction de nouveaux tronçons dans les années 1960 et 1970, c'est véritablement à la fin des années 1980 que fut commencée la construction d'autoroutes à grande échelle. De nos jours, le réseau d'autoroutes portugaises couvre la presque totalité du territoire, reliant tout le littoral et les principales villes.

Le pays compte également les réseaux des Itinerários Principais (IP) et des Itinerários Complementares (IC) qui peuvent être constitués d'autoroutes, de voies rapides et de routes nationales. Le pays possède 68 732 km de réseaux routiers, dont 2 600 km forment le réseau d'autoroutes du pays. À l'horizon 2012, le réseau autoroutier devrait atteindre 3 187 km.

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Les deux principaux noyaux urbains possèdent des systèmes de métro : le métro de Lisbonne et le Metro Transportes do Sul pour Lisbonne et le métro de Porto.

Le transport ferroviaire de passagers et de marchandises s'effectue sur les 2 791 km de lignes actuellement en service, dont 1 430 sont électrifiés et environ 900 permettent des vitesses de circulation supérieures à 120 km/h. Le réseau ferroviaire est géré par la REFER (Rede Ferroviária Nacional, Réseau ferroviaire national), tandis que les transports de passagers et de marchandises relèvent de la responsabilité des Caminhos de ferro Portugueses (Chemins de fer portugais), devenus Comboios de Portugal (CP) en 2004. Il s'agit de deux entreprises publiques. En 2006, la CP a transporté 133 millions de passagers et 9,75 millions de tonnes de marchandises. La première ligne de chemin de fer a été créée en 1856 et il fut construit avec un écartement des rails de 1,674 m, comme en Espagne[151].

Les appels d'offres pour la construction et l'exploitation d'un réseau ferroviaire à grande vitesse, avec les liaisons Lisbonne-Madrid, Lisbonne -Porto et Porto-Vigo, devaient débuter en 2008 pour la première, et en 2009 pour les deux autres. Les travaux devraient commencer en 2013 pour les liaisons Lisbonne-Madrid et Porto-Vigo et en 2015 pour la liaison Lisbonne-Porto. L'investissement prévu pour ces trois liaisons est de 7 790 millions d'euros. Deux autres lignes à grande vitesse sont encore à l’étude : Aveiro-Salamanque et Évora-Faro[152].

Lisbonne occupe une position géographique qui fait d’elle une escale pour de nombreuses compagnies aériennes étrangères. Le projet d'un nouvel aéroport international à Alcochete qui remplacera l'actuel aéroport de Portela à Lisbonne est actuellement à l'étude. Les principaux aéroports sont ceux de Lisbonne, de Faro, de Porto, de Funchal (île de Madère) et de Ponta Delgada (archipel des Açores).

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Portugal.
Population portugaise (INE, Lisbonne)
Porto
Lisbonne
Année Total Variation Année Total Variation
1422 1 043 274 - 1900 5 423 132 +7,4 %
1527 1 262 376 +21,0 % 1911 5 960 056 +9,9 %
1636 1 100 000 -12,9 % 1920 6 032 991 +1,2 %
1736 2 143 368 +94,9 % 1930 6 825 883 +13,1 %
1770 2 850 444 +33,0 % 1940 7 722 152 +13,1 %
1776 3 352 310 +17,6 % 1950 8 441 312 +9,3 %
1801 2 931 930 -12,5 % 1960 8 851 289 +4,9 %
1811 2 876 602 -1,9 % 1970 8 568 703 -3,2 %
1838 3 200 000 +11,2 % 1981 9 852 841 +15,0 %
1849 3 411 454 +6,6 % 1991 9 862 540 +0,1 %
1864 4 188 410 +22,8 % 2001 10 356 117 +5,0 %
1878 4 550 699 +8,6 % 2011 10 562 178 +2,0 %
1890 5 049 729 +11,0 % Sources :[153],[154],[155]

Les Portugais sont, à l’origine, des Celtes et des Ibères, des Celtibères et, majoritairement, des Lusitaniens. Les Gallaeci sont d'origines celte et germanique. Autres influences importantes : les Romains (la langue portugaise dérive du latin), les Wisigoths et les Suèves ; tous ont peuplé ce qui constitue aujourd'hui le territoire portugais. De moindre influence, citons aussi les Grecs et les Phéniciens-Carthaginois, les Vandales (Sillings et Hasdings), les Alains (tous deux expulsés ou partiellement laissant la place aux Wisigoths) et les Berbères du Nord africain.

La population portugaise est composée de 16,3 % de personnes ayant entre 0 et 14 ans, 66,1 % entre 15 et 64 ans et 17,6 % pour les plus de 65 ans[156]. L'espérance de vie moyenne est de 78,21 ans, 81,69 ans pour les femmes et 74,95 ans pour les hommes[157]. 93,3 % des Portugais, 95,5 % pour les hommes et 91,3 % pour les femmes, savent lire et écrire[158], le taux d'analphabétisme diminuant au long des années. La croissance de la population se situe dans les 0,305 %. On compte 10,45 naissances pour 1 000 habitants et 10,62 décès pour 1 000 habitants. La population du pays n'est pas donc renouvelée, le taux de fécondité au Portugal n'étant que de 1,49 enfant/femme. Le Portugal est l'un des pays où le taux de mortalité infantile est le plus bas du monde (5 pour mille)[159]. Selon l'ONU, en 2010, 60 % des Portugais résident dans le milieu urbain et 40 % résident dans le milieu rural[160].

Même si le Portugal est un pays développé, il y existe encore des populations qui n'ont pas accès à l'eau courante et à l'électricité, même si les populations concernées ont beaucoup diminué de nos jours. L'assainissement de base n'inclut encore pas tout le territoire, étant particulièrement développé dans les régions de l'Alentejo et de Lisbonne, ainsi que la vallée du Tage où se concentre la plus grande partie de la population bénéficiant d'un accès. À l'heure actuelle, il existe encore un grand nombre d'habitations non reliées à un réseau public d'assainissement (tout-à-l'égout), quelques-unes étant mêmes dépourvues de tout système d'assainissement. L'accès à la santé est garanti pour toute la population, l'accès aux médicaments étant garanti à la quasi-totalité de la population.

Près de 550 000 immigrés vivent au Portugal, représentant environ 5 % de la population portugaise, une grande partie en provenance du Brésil (66 700). Vient ensuite l'Ukraine (65 800) puis le Cap-Vert (64 300). On trouve aussi d'autres nationalités, venant par exemple de Moldavie, de Roumanie, de Guinée-Bissau, d'Angola, du Timor oriental, de Mozambique, de Sao Tomé-et-Principe et enfin de Russie[161].

À la suite de la crise de la zone euro, les Portugais ont officiellement migré en Angola et au Brésil[162].

Évolution de la population portugaise entre 19612003 (nombre d'habitants en milliers; Source FAO, 2005).

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Portugal.
Chanteurs de fado

La culture du Portugal trouve ses racines dans la culture latine de la civilisation romaine, avec également un héritage celtibère (mélange de culture celtique pré-romaine et ibérique).

Le Portugal, pays de longue histoire qui a connu de nombreuses influences de civilisations étrangères, abrite des bâtiments à l'architecture remarquable, des arts, ameublement et collections littéraires qui sont des miroirs des événements qui ont forgé ce territoire et ses habitants. Les Portugais possèdent de nombreux sites culturels allant des musées jusqu'aux vieilles églises qui témoignent de son héritage culturel.

Architecture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Architecture du Portugal.

L'architecture du Portugal est l'architecture qui a existé et qui se pratique sur le territoire du Portugal, c'est-à-dire bien avant la fondation du Portugal en tant que pays au XIIe siècle. Le terme s'étend aussi à des bâtiments créés sous l'influence de la culture portugaise ou par des architectes portugais du temps de l'empire portugais.

L'architecture portugaise, à l'instar de tous les aspects de la culture portugaise, est marquée par l'Histoire du pays et des peuples qui se sont installés avec leur culture sur le territoire actuel portugais. Parmi eux, les Romains, les Germains, les Arabes, mais aussi l'influence des principaux centres artistiques européens qui a introduit dans le pays les différents styles architecturaux aussi bien roman, gothique, Renaissance, baroque que classique. On peut citer comme principales manifestations de l'architecture portugaise, le style manuélin, version locale du Gothique tardif, et le style pombalin, mélange de baroque tardif et de néoclassicisme qui s'est développé après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755.

Architecture des premiers temps[modifier | modifier le code]

Anta (dolmen) à Cabeção près de Mora dans l'Alentejo.

Des exemples précoces d'activités de bâtisseurs au Portugal datent du Néolithique et sont des sites associés à la culture des mégalithes. L'intérieur du pays comporte un grand nombre de dolmens (appelés antas ou dólmens), de tumulus (mamoas) et de menhirs. La région de l'Alentejo est particulièrement riche en monuments mégalithiques comme l'Anta Grande do Zambujeiro` situé non loin d'Évora. On trouve des pierres levées, soit isolées, soit disposées en cercle (cromlechs). Le cromlech des Almendres, lui aussi près d'Évora, est le site le plus étendu de la péninsule ibérique, avec près de cent menhirs formant deux ellipses orientées est-ouest.

Des villages fortifiés préhistoriques datant du Chalcolithique se trouvent le long du Tage telle le site de Vila Nova de São Pedro près de Cartaxo et le Castro do Zambujal près de Torres Vedras. Ces sites furent occupés environ de 2500 à 1700 avant J.-C. et étaient ceints de murs et de tours en pierre, signe d'hostilités à cette époque.

À partir du VIe siècle av. J.-C., le Nord-Ouest du Portugal, tout comme la région voisine de la Galice en Espagne, connut le développement de la culture des Castros (cultura castreja). Cette région était couverte d'habitations fortifiées (appelées citânias ou cividades) qui, pour une grande part, continueront d'exister sous la domination romaine quand la région sera annexée à la province de Gallaecia. Citânia de Sanfins près de Paços de Ferreira, Citânia de Briteiros près de Guimarães ou Cividade de Terroso près de Póvoa de Varzim sont des sites archéologiques notables.

Période romaine[modifier | modifier le code]

L'architecture s'est développée de façon significative avec l'arrivée des Romains au IIe siècle av. J.-C. qui appelèrent Hispanie la péninsule Ibérique. Les villages et lieux d'implantation conquis furent souvent modernisés selon les modèles romains avec la construction de forum, de rues, de théâtres, de temples, de bains, d'aqueducs et d'autres bâtiments publics. Un réseau efficace de routes et de ponts fut créé pour mettre en relation les villes et les autres zones colonisées.

Braga (Bracara Augusta) fut la capitale de la province de Gallaecia et possède encore des vestiges de bains publics, une fontaine publique (appelée la fontaine de l'Idole) et un théâtre. Évora a la particularité de posséder un temple romain très bien conservé, probablement dédié au culte de l'empereur Auguste. Un pont romain traverse la rivière Tâmega à Chaves (Aquae Flaviae). On trouve aussi les vestiges d'un théâtre aux environs de l'Alfama à Lisbonne (Olissipo).

Les vestiges les mieux conservés de villages romains sont ceux de Conimbriga situés près de Coimbra. Les fouilles ont révélé des murs d'enceinte, des bains, un forum, un aqueduc, un amphithéâtre, des logements pour la classe moyenne (insulae) de même que des villas luxueuses (domus) avec une cour centrale décorée de mosaïques. Un autre site de fouilles important de village romain est Miróbriga près de Santiago do Cacém possédant un temple romain bien préservé, des bains, un pont et les vestiges du seul hippodrome romain connu au Portugal.

Période pré-romane[modifier | modifier le code]

La domination romaine sur l'Hispanie prit fin avec les invasions germaniques (Suèves et les Wisigoths) à partir du Ve siècle. Très peu de bâtiments ont été conservés de cette période de domination wisigothe (de 580 à 770), surtout à cause des modifications ultérieures ; néanmoins, il subsiste la chapelle de São Frutuoso de Montélios près de Braga qui faisait partie d'un monastère wisigoth construit au VIIe siècle. Ce monument présente un plan en forme de croix grecque avec des branches rectangulaires et une coupole centrale ; coupole et branches sont décorées d'arcs en relief. La chapelle révèle une nette influence de l'architecture byzantine comme le mausolée de Galla Placidia à Ravenne.

Après 711, lors de la période de domination de la péninsule ibérique par les Maures, beaucoup de chrétiens (les Mozarabes) vivaient sur les territoires maures et avaient le droit de pratiquer leur religion et de construire des églises. Le royaume resté chrétien des Asturies (de 711 à 910), situé au nord de la péninsule, sera le point de départ de la Reconquista. L'architecture asturienne et l'art mozarabe vont influencer les monuments chrétiens du futur Portugal. Le plus important est sans doute l'église de São Pedro de Lourosa, située près d'Oliveira do Hospital, qui porte gravée l'inscription de 912 comme année de sa construction. Cette église est une basilique avec trois nefs séparées par des arcs outrepassés, un narthex en façade et des fenêtres à meneaux et à arc outrepassé d'influence asturienne sur l'aile centrale.

Période mauresque[modifier | modifier le code]

Vue de Silves et son château mauresque.

La conquête de la péninsule Ibérique par les Maures venus du Maghreb en 711 mit fin à la domination wisigothe en Hispanie, renommée Al-Andalûs par les nouveaux arrivants. La présence mauresque va profondément influencer l'art et l'architecture sur le territoire portugais, surtout au sud où la Reconquista ne s'achève qu'en 1249. Cependant au Portugal, contrairement à l'Espagne voisine, peu de bâtiments mauresques sont parvenus intacts jusqu'à nos jours. L'habitat traditionnel dans beaucoup de villes et de villages du Portugal a de simples façades blanches qui donnent à l'ensemble une allure du type des villages d'Afrique du Nord. De nombreux villages et quartiers de ville ont gardé le réseau viaire de la période islamique, comme le quartier de l'Alfama à Lisbonne avec ses rues étroites et ses petites maisons et immeubles, qui sont trace du Coran[163]. Les bâtiments mauresques étaient souvent construits en pisé (taipa) et adobe, et blanchis à la chaux.

Les Maures ont construit des châteaux forts et des fortifications en de nombreuses villes, mais, bien que beaucoup des châteaux médiévaux du Portugal soient originaires de cette période, dans la plupart des cas, ils ont été profondément remaniés après la reconquête chrétienne. Cependant un des mieux préservés est le château de Silves, ancienne capitale de l'Al-Gharb, l'Algarve d'aujourd'hui. Bâti entre les VIIIe et XIIIe siècles, le château de Silves a conservé ses murailles et ses tours carrées de la période mauresque, ainsi que ses citernes du XIe siècle qui servaient à ravitailler la ville en eau en cas de siège. Le vieux centre de la ville – l'Almedina – était défendu par des murailles, des tours fortifiées et des portails dont certaines parties existent toujours.

Vue de Mértola et de son église.

Beaucoup de mosquées furent construites sur le territoire portugais durant la période de domination musulmane, mais elles ont toutes été transformées en églises ou cathédrales, et les caractéristiques de l'art islamique sont difficilement identifiables maintenant. Ainsi les cathédrales de Lisbonne, Silves et Faro, par exemple, ont certainement été construites à l'emplacement d'une grande mosquée après la Reconquista.

L'église principale de Mértola dans l'Alentejo constitue la seule exception. La mosquée de Mértola a été construite durant la seconde moitié du XIIe siècle et reste, même si elle a connu de sévères modifications, la mosquée médiévale portugaise la mieux conservée[164].

À l'intérieur son plan est pratiquement carré avec quatre branches et un total de 12 colonnes supportant des croisées d'ogives manuélines du XVIe siècle.

Même si le toit a été modifié et quelques ailes supprimées au XVIe siècle, l'espace intérieur labyrinthique avec sa forêt de piliers est clairement affilié aux autres mosquées d'Espagne et du Maghreb qui lui sont contemporaines. Les murs intérieurs portent encore un mihrab, la niche décorée indiquant la direction de La Mecque[165].

Style manuélin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Style manuélin.

L'architecture gothique tardive du Portugal se caractérise par l'émergence d'un style somptueux appelé manuélin en l'honneur de Manuel Ier sous le règne duquel la plupart des bâtiments de ce style furent construits ou commencés. Le style manuélin combine des aspects du gothique tardif avec d'autres de la Renaissance, et la décoration montre l'influence de la Renaissance espagnole (plateresques, isabellines), italienne et flamande, mais aussi les emprunts à la tradition islamique grâce à son voyage au Maroc[166].

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Les édifices de style manuélin sont aussi souvent décorés de motifs naturalistes typiques de l'époque des Grandes Découvertes, tels les motifs en spirale rappelant les cordes utilisées dans la navigation, et aussi les compositions opulentes faites de motifs animaux et végétaux.

Le premier bâtiment connu de style manuélin est le monastère de Jésus de Setúbal. L'église du monastère fut construite entre 1490 et 1510 par l'architecte Diogo Boitaca considéré comme l'un des principaux créateurs de ce style. La nef tripartite de cette église conserve la même hauteur sur toute sa largeur, comme une tentative d'unification de l'espace intérieur qui atteindra son apogée dans la nef de l'église santa Maria du monastère des Hiéronymites à Lisbonne, terminée dans les années 1520 par l'architecte João de Castilho. La nef du monastère de Setúbal est supportée par des colonnes torsadées, ce qui est une des caractéristiques du style manuélin et qu'on retrouve d'ailleurs dans la cathédrale de Guarda et les églises paroissiales d'Olivenza, de Freixo de Espada à Cinta et de Montemor-o-Velho entre autres. Les bâtiments manuélins ont aussi habituellement des portails élaborés avec des colonnes torsadées, des niches et des motifs décoratifs empruntant à la Renaissance et au gothique, comme le monastère des Hiéronymites ou le monastère de Santa Cruz à Coimbra[167].

Style pombalin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Style pombalin.
Praça do Comércio avec l'arc marquant l'entrée dans la rua Augusta à Lisbonne.

Le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, suivi d'un raz-de-marée et d'un incendie, détruisit en grande partie la ville. Joseph Ier de Portugal et son premier ministre Sebastião José de Carvalho e Melo, marquis de Pombal, demandèrent à des architectes et des ingénieurs de reconstruire les parties endommagées de Lisbonne, dont le quartier de Baixa[168].

Le style pombalin est une architecture utilitaire et laïque marquée par le pragmatisme. Il suit le style dépouillé des ingénieurs militaires avec ses arrangements réguliers et rationnels, mélangé à des détails rococo et une approche néoclassique pour la composition générale. Baixa fut reconstruit par Eugénio dos Santos et Carlos Mardel. Le marquis de Pombal imposa des règles de reconstruction. Des maquettes architecturales servirent de test en simulant autour d'elles un tremblement de terre en faisant juste à côté marcher au pas des troupes, faisant des bâtiments pombalins les premiers exemples de construction antisismiques. La praça do Comércio, la rue Augusta et l'avenida da Liberdade sont les exemples par excellence de ce style. La praça do Comércio a une composition régulière et rationnelle en accord avec la reconstruction de Baixa[169].

Le style pombalin se retrouve aussi à Vila Real de Santo António, une ville nouvelle dans l'Algarve construite par Reinaldo Manuel dos Santos. Le style est bien visible dans la composition urbaine et surtout dans la place principale.

À Porto, sous l'impulsion du gouverneur de la prison João de Almada e Melo, la rue de São João fut reconstruite, de même que la cour des lois Relação, la cour d'appel Gaol et la prison. Les commerçants britanniques introduisirent l'architecture palladienne avec la praça da Ribeira, la fabrique (1785-1790) et l'hôpital São Antonio (1770).

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature lusophone.

Écrite en portugais ou dans d'autres langues, la littérature portugaise est remarquable par la douceur de sa poésie lyrique et l'esprit mordant de sa prose satirique.

La littérature portugaise peut être divisée en quatre époques[170] :

  • de 1200 à 1415, l'âge des troubadours,
  • de 1415 à 1580, floraison de l'humanisme, rivalisant avec la Castille,
  • de 1580 à 1820, période peu productive,
  • depuis 1820, renouveau romantique.

La littérature portugaise fut l'une des littératures occidentales qui se développèrent le plus tôt, par les textes et les chansons. Jusqu'en 1350, les troubadours galaïco-portugais ont étendu leur influence littéraire à la majeure partie de la péninsule Ibérique. Gil Vicente fut l'un des fondateurs des traditions dramatiques portugaise et espagnole.

Le poète Luís de Camões a écrit des poésies épiques. Son œuvre la plus connue, Os Lusíadas (Les Lusiades), est publiée en 1572 et raconte la naissance et le destin de la nation et de l’empire portugais. Pour mesurer l'importance de ce poète et de cette œuvre pour le pays, il suffit de savoir que la fête nationale portugaise est fixée à la date anniversaire de sa mort[171].

La poésie portugaise moderne est enracinée dans des modèles néoclassiques et contemporains, à l'exemple de l'œuvre de Fernando Pessoa. La littérature portugaise moderne est représentée par les auteurs tels que Camilo Castelo Branco, Almeida Garrett, Eça de Queiroz, Sophia de Mello Breyner Andresen et António Lobo Antunes. Particulièrement populaire et distingué, José Saramago s'est vu remettre le prix Nobel de littérature en 1998[172],[173].

Musique[modifier | modifier le code]

La musique traditionnelle portugaise est variée et très riche. Du folklore avec les danses du vira (région du Minho), du pauliteiros de Miranda (région Mirandaise), du corridinho de l'Algarve ou encore du bailinho de Madère. Les instruments typiques sont le cavaquinho, la cornemuse, l'accordéon, le violon, les tambours, la guitare portugaise (instrument caractéristique du fado) et toute une variété d'instruments à vent et de percussion. Dans la culture populaire existent encore les groupes philharmoniques qui représentent chaque localité et jouent des styles de musique différents, du populaire au classique.

Le style de musique portugais le plus connu est le fado, dont l'interprète la plus célèbre fut Amália Rodrigues[174],[175]. D'autres chanteurs comme Alfredo Marceneiro, Vicente da Câmara, Nuno da Câmara Pereira, Frei Hermano da Câmara, António Pinto Basto et Hermínia Silva se sont distingués en tant que fadistes. Ces dernières années, le fado a vu apparaître de jeunes chanteurs qui ont connu un grand succès, comme Camané, Mariza, Ana Moura, Mafalda Arnauth et Mísia entre autres, ainsi que de jeunes guitaristes comme Bernardo Couto.

Récemment, grâce aux Madredeus et à des chanteurs comme Mariza, Cristina Branco ou Dulce Pontes, la musique portugaise a atteint un niveau de reconnaissance international, contribuant à diffuser la langue portugaise dans le monde entier[176]. Citons également Paulo Alexandre et sa chanson Verde Vinho, vendue à 200 000 exemplaires au Portugal, dont paroles et refrain ont fait le tour du monde[177].

Chez les instrumentistes, on remarque la carrière et les compositions du guitariste Carlos Paredes, le plus connu des maîtres de la guitare portugaise[178].

Comme référence à la chanson de la fin du XXe siècle (surtout de la période pré- et post-révolutionnaire), on trouve entre autres Zeca Alfonso, Sérgio Godinho, Os Trovante. Même si le fado reste le genre le plus connu au-delà des frontières, la « nouvelle » musique portugaise a aussi un rôle important et fait preuve d'une grande originalité[179]. Mafalda Veiga, Pedro Abrunhosa, David Fonseca, Lúcia Moniz, Jorge Palma, Rui Veloso, Aurea, Clã, GNR, Ornatos Violeta, Xutos & Pontapés, Tarantula, Moonspell, The Gift, Da Weasel, Tiago Bettencourt, Fingertips, Per7ume, Mão Morta et Primitive Reason font partie des plus connus.

Maria de Medeiros Actrice portugaise et chanteuse au Festival de Cannes 2007.

D'autres styles de musiques existent au Portugal, comme le Pimba, ce genre musical créé au milieu des années 1990 par le chanteur Emanuel avec sa chanson Pimba en 1995 ; pour d'autres, Quim Barreiros serait à l'origine de ce genre musical. Ce style musical emprunte beaucoup à la variété, la pop et avec l'accompagnement de l'accordéon, du synthétiseur et des trompettes. Les plus grands de cette catégorie sont Emanuel, Quim Barreiros, José Malhoa, Luis Manuel et Ruth Marlene.

Les styles dance, electro, house et techno apparaissent tout à la fin du XXe siècle. La dance fait son apparition en 1998 au Portugal, avec le groupe Santamaria qui rencontre un franc succès. La house et la techno sont très présents au Portugal avec des DJ tels que Rui da Silva, Mastiksoul, DJ Vibe, Pete Tha Zouk, Pedro Cazanova, Diego Miranda

Depuis une dizaine d'années, les sons Afro et Latino, comme le kuduro, le reggaeton, le kizomba et la zumba sont à la mode. En 2010, le chanteur portugais Lucenzo devient numéro un dans plusieurs pays dans le monde avec son titre Danza Kuduro.

Le grand phénomène portugais de l'électro actuelle est le groupe Buraka Som Sistema qui a réussi un mélange de hip-hop, de kuduro et d'electro/dance.

Le Portugal participe au concours Eurovision de la chanson depuis 1964 sans jamais le gagner[180].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Chaque région du Portugal possède ses spécialités culinaires spécifiques, s'inspirant souvent des produits locaux. Les aliments de base dans cette cuisine sont la viande (de mouton, de porc et de volaille), diverses espèces de poissons et de coquillages (grande variété d'assiettes de morue - il existe 365 variantes de recettes pour la morue[181]). La caldeirada de peixe (une sorte de bouillabaisse) est un plat typique de la municipalité de Peniche[182] : il est composé de poissons, patate, oignons, tomates et de piments. Les fromages les plus populaires sont le fromage da Serra da Estrela et le fromage de Azeitão[183]. Bien sûr, il y a d'autres fromages populaires portugais sous l'appellation d'origine protégée.

Le Portugal est un pays fortement vinicole, les vins les plus célèbres sont les vins du Douro, de l'Alentejo et du Dão, les vins verts du Minho, et les liquoreux de Porto, Lourinhã et Madère. Dans les pâtisseries il existe une liste énorme de variétés de recettes traditionnelles, les plus célèbres étant les pastéis de nata (le secret de la recette est toujours bien gardé), les ovos moles d'Aveiro, les pastéis de Tentúgal, le pão-de-ló, et encore beaucoup d'autres.

Parmi les plats typiques du pays, les plus populaires et qui font partie intégrante de la cuisine portugaise sont le cozido à portuguesa, le bacalhau à Brás ainsi que le bacalhau à Gomes de Sá ou encore le cochon de lait cuit à la mode du Bairrada rojões d'Aveiro et du Minho.

La cuisine portugaise a également influencé d'autres gastronomies, comme celle du Japon, avec l'introduction de la friture qui a donné plus tard le tempura[184].

Sport[modifier | modifier le code]

Football[modifier | modifier le code]

Le football est le sport le plus connu, aimé et pratiqué au Portugal. Le légendaire Eusébio était un grand symbole du football portugais et les plus récents phénomènes de popularité sont Luís Figo, Hugo Valente, Rui Costa, João Vieira Pinto, Pedro Miguel Pauleta et Cristiano Ronaldo, qui font partie des nombreux footballeurs de réputation mondiale nés au Portugal.

Le Sporting, Porto et Benfica sont les trois plus grands clubs de sport par leur popularité et en termes de trophées gagnés. Ils ont gagné 12 titres dans les concours européens, ils étaient présents dans beaucoup de finales et ont été les compétiteurs réguliers aux dernières étapes de presque chaque saison.

Supporters de la Selecção pendant l'Euro 2004 à domicile.
Équipe Sport Création Ligue Stade Capacité Entraîneur
Sport Lisboa e Benfica (SLB) Football 28 février 1904 Championnat du Portugal de football Estádio da Luz 65.200 Jorge Jesus[185],[186]
Futebol Clube do Porto (FCP) Football 28 septembre 1893 Championnat du Portugal de football Estádio do Dragão 50.431 Paulo Fonseca
Sporting Clube de Portugal (SCP) Football 1er juillet 1906 Championnat du Portugal de football Estádio José Alvalade 50.095 Leonardo Jardim

La Selecção est restée en deuxième place à l'Euro 2004, c'est le Portugal qui avait accueilli le tournoi européen de football cette année-là[187]. L'équipe avait réussi à atteindre la troisième place lors de la Coupe du monde de football de 1966 et atteint la quatrième place de la Coupe du monde de football de 2006, ce sont ses meilleurs résultats en concours jusqu'à présent.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Le cyclisme portugais possède actuellement le champion du monde 2013 Rui Costa. Il est un des tout meilleurs cyclistes actuels et possède un très beau palmarès (Il est triple vainqueur du Tour de Suisse, 2012, 2013, 2014). Chaque année, a lieu le Tour du Portugal. C'est la plus longue épreuve en terme d'étape (11) après les 3 Grands Tours.

Formule 1[modifier | modifier le code]

Le Portugal a aussi accueilli le Grand Prix automobile. Le Grand Prix automobile du Portugal fut une épreuve du championnat du monde de Formule 1 entre 1958 et 1960, puis de 1984 à 1996 où il se disputa sur le circuit d'Estoril, situé au nord de Lisbonne.

Rink-hockey[modifier | modifier le code]

En rink-hockey, l'équipe du Portugal est la plus titrée au Monde[188], c'est un sport qui est très populaire et pratiqué dans tout le pays[189]. Ils sont avec l'Italie et l'Espagne les trois uniques pays à posséder un championnat professionnel dans ce sport.

Jeux Olympiques[modifier | modifier le code]

Le Portugal a participé à toutes les éditions des Jeux olympiques d'été depuis 1912 mais n'a participé que quatre fois aux Jeux olympiques d'hiver depuis 1952.

Les athlètes portugais ont remporté 23 médailles aux Jeux olympiques d'été et aucune médaille aux Jeux olympiques d'hiver. Ils ont remporté la plupart de leurs médailles en athlétisme, en voile et en équitation.

Religion[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire de Notre-Dame de Fátima.

L'Église et l'État sont formellement séparés pendant la première République portugaise (1910 à 1926), séparation réitérée dans la constitution portugaise de 1976. Le Portugal est un État séculier. En dehors de la constitution, les deux documents les plus importants concernant la liberté religieuse sont le Concordat du 18 mai 2004 (succédant à ceux de 1940 et de 1886) entre le Portugal et le Saint-Siège[190] et la « Loi de liberté religieuse » de 2001.

Le Christ Roi, un monument religieux dédié au Sacré-Cœur de Jésus.
Synagogue à Porto.

La majorité des Portugais (environ 84,5 %) sont de confession catholique[191]. Selon une étude de l'Église catholique romaine, les catholiques pratiquants représentent 18,7 % de la population totale.

Le Portugal est divisé en vingt diocèses, regroupés en trois provinces : Braga, Lisbonne et Évora.

Environ la moitié des mariages au Portugal sont des mariages catholiques. Le divorce est autorisé par le Code civil portugais, par consentement mutuel ou sur demande auprès d'un tribunal par un des conjoints.

Au Portugal sont également pratiquées d'autres religions issues du christianisme. Il existe actuellement une communauté de 100 000 évangéliques et les Témoins de Jéhovah y comptent près de 50 000 fidèles. De plus, en 2009 environ 100 000 personnes ont assisté à leur célébration annuelle de la Commémoration de la mort du Christ.

Les anglicans sont organisés en Église catholique apostolique évangélique lusitanienne, fondée en 1880.

La communauté juive reste présente au Portugal malgré le décret du 5 décembre 1496 de Manuel Ier qui obligea la communauté juive à choisir entre la conversion ou l'expulsion du pays[192] et le massacre de 1506[193]. La culture juive s'est développée dans la ville de Belmonte où il y a encore une communauté juive et où un musée juif a été ouvert en 2005. En 2006, il existe au Portugal une communauté d'environ 8 000 juifs.

L'islam est de plus en plus présent au Portugal avec environ 65 000 fidèles (en 2009). Selon l’Instituto Nacional de Estatística, en 1991, il y avait une communauté de 9 134 musulmans dans le pays. La majorité de cette population provient des anciennes régions ultramarine, comme le Maroc, la Guinée-Bissau et le Mozambique. L'augmentation du nombre de fidèles musulmans a entraîné une forte augmentation du nombre de mosquées, d'écoles, de collèges et de salles de prières dans le pays[194].

La principale mosquée du pays est la mosquée centrale de Lisbonne. À Mértola, il existe encore une mosquée, mais elle fut convertie en église catholique après la Reconquista[195].

Langue portugaise[modifier | modifier le code]

Publicité en portugais angolais

La langue officielle de la République portugaise est le portugais[196], avec plus de 240 millions de personnes qui la parlent dans le monde entier en 2008. C'est alors la sixième langue la plus parlée au monde et la troisième langue européenne la plus parlée dans le monde. Elle est officielle au Portugal, au Brésil, en Angola, au Cap-Vert, en Guinée-Bissau, à Macao, au Mozambique, à Sao Tomé-et-Principe et au Timor oriental, mais elle est aussi parlée dans l'ancienne Inde portugaise (Goa, Daman et Diu et Dadra et Nagar Haveli) et dans certains territoires contestés (comme Olivença[197], en Espagne) ou limitrophes de pays lusophones (comme l'Uruguay[198] avec le Brésil).

Le portugais possède aussi un statut officiel dans l'Union européenne[199], dans l'Union des nations sud-américaines, dans l'Union latine, dans le Mercosur, dans la Communauté de développement d’Afrique australe et dans l'Union africaine[200]. Le portugais est parfois désigné comme la « langue de Camões » (Luís de Camões, auteur de Os Lusíadas).

Plaque rédigé en mirandais.

D'autres langues sont aussi reconnues officiellement :

Le Portugal apparaît homogène sur le plan linguistique, car 96 % des habitants ont comme langue maternelle le portugais ; mais il en existe aussi plusieurs variétés dialectales, notamment l'açorien, l'algarvio, l'alentejano, le Minhoto, le beirão, le madérien, le dialecte de la Beira Alta et du Mondego, le dialecte de Castelo Branco et de Portalegre et enfin le dialecte de Trás-os-Montes[202].

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Plus grand arbre de Noël d’Europe, Porto, 2007.
Fêtes et jours fériés au Portugal
Date Nom Observations
1er janvier Nouvel An Jour de l'an.
Février Carnaval Mardi-gras.
Mars - Avril Vendredi saint Célébration chrétienne de la passion et de la mort du Christ.
Mars - Avril Pâques Célébration chrétienne de la résurrection du Christ.
25 avril Révolution des Œillets Fête de la liberté (anniversaire de la fin de la dictature le 25 avril 1974).
1er mai Fête du Travail Fête des travailleurs.
13 mai Notre-Dame de Fátima Anniversaire de la première des six apparitions de la Vierge Marie à Fátima.
Mai - Juin Fête-Dieu Célébration catholique du corps et du sang du Christ.
10 juin Fête nationale Anniversaire de la mort du poète Camões en 1580.
15 août Assomption Célébration catholique de la montée au paradis de la Vierge Marie.
5 octobre Instauration de la République Fête de la République (instaurée en 1910).
1er novembre Toussaint Fête catholique de tous les saints.
1er décembre Restauration de l’indépendance Fête de l’indépendance (restaurée en 1640 après 60 ans d’union avec l’Espagne dans l’Union ibérique).
8 décembre Immaculée Conception Fête catholique de la conception de la Vierge Marie, patronne du Portugal depuis 1646.
25 décembre Noël Célébration chrétienne de la naissance du Christ
Fête de la famille.

Médias[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Station de radio locale de Lourinhã.

La radio apparait lors de la première partie du XXe siècle. Les premières émissions sont réalisées en 1932, par la Emissora Nacional (Émetteur national), fondée officiellement en 1935, mais existante depuis 1930, lors d'un décret qui a créé la Direcção dos Serviços Radio eléctricos (Direction des Services Radio électriques), autorisant, en simultané, l'acquisition des premiers expéditeurs de Moyenne fréquence et la haute fréquence au Portugal. En 1934, sont réalisées les premières émissions en haute fréquence. Conçue dans un cadre politique interne et externe où les radios nationales jouaient surtout un rôle de véhicule des intérêts du Gouvernement, cette caractéristique s'est accentuée davantage dans le cas portugais en fonction du régime totalitaire qui a perduré jusqu'en 1974.

Après ce régime, les postes radiophoniques sont nationalisés et fut ensuite créée la RDP (Radiotelevisão Portuguesa). Son évolution a continué, avec des réorganisations internes et des réformes, en 2004, elle fut appelée la RTP (Radio-télévision du Portugal). Actuellement, la RTP, entreprise publique d'état, comporte trois émetteurs : Antena 1, Antena 2 et Antena 3. Outre celles-ci, il existe d'autres stations de radios privées comme la Radio Renascença, la Rádio Comercial, RFM, MEGA FM, Best Rock FM, Cidade FM et la Rádio Clube Português. Il existe aussi une centaine de stations locales et régionales.

Télévision[modifier | modifier le code]

La télévision est apparue au Portugal pendant les années 1950. À l'initiative du gouvernement portugais, la RTP SARL est créée le 15 décembre 1955. Les émissions expérimentales de la RTP (ultérieurement, connue comme la RTP1) ont été initiées en 1956, à partir de la Feira popular, à Lisbonne. Néanmoins, les émissions ne seront effectives qu'à partir de 1957. Devant la nécessité d'organiser la programmation de manière à satisfaire les téléspectateurs, RTP créa en 1968 une nouvelle chaîne : RTP2.

En 1975, la RTP fut nationalisée, en la transformant en une société publique. À la fin du XXe siècle, l'État a accordé une licence pour la création de deux chaînes de télévision indépendantes : la SIC en 1992 et la TVI en 1993[203].

À l'heure actuelle RTP1, RTP2, la SIC et TVI sont les seules quatre chaînes nationales existantes au Portugal. Outre les chaînes nationales, il existe aussi deux chaînes régionales, celle de RTP Açores qui fut créée en 1975 et RTP Madeira qui fut elle créée en 1972. RTP et SIC possèdent des chaînes internationales et aussi par satellite, les chaînes internationales sont TVIi, RTPi et SICi. Au Portugal il est aussi possible de capter les chaînes par câble et via satellite. Avec les évolutions technologiques, il est désormais possible de voir la télévision à travers internet et par téléphone[204].

Le réseau principal du câble portugais est TV Cabo qui propose de nombreuses chaines thématiques (MTV Portugal, SIC Radical, Sport TV…).

Presse[modifier | modifier le code]

Quelques parutions de l'Expresso.

L'Açoriano Oriental est le journal le plus ancien du Portugal. C'est aussi l'un des dix plus vieux du monde. Il fut fondé le 18 avril 1835, dans une période qui correspond à un âge d'or du journalisme aux niveaux national et international.

Quatre mois avant l'apparition de cette première publication, fut promulguée la première loi de liberté de la presse au Portugal. Depuis cette loi, plusieurs journaux sont apparus au long des années, dont les plus connus sont O Século, le Diário de Notícias et le Jornal de Notícias.

Au Portugal, il existe plusieurs revues, aux sujets variés ; les principaux périodiques portugais sont :

Codes[modifier | modifier le code]

Le Portugal a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  55. http://pt.wikipedia.org/wiki/Ilhas_Adjacentes
  56. Reconnues en 1438 par le navigateur Diogo Gomes, les Ilhas Selvagens sont entourées d'un flou de souveraineté pendant le XVe et le début du XVIe siècle avant d'être définitivement placées sous la dépendance de Madère dans la première moitié du XVIe siècle. L'Espagne fait valoir ses droits ce territoire depuis 1881, comme faisant partie intégrante des Canaries.
  57. « Disparition des royaumes d'Espagne, le territoire sera redistribué en provinces, sous l'autorité de Madrid. Du point de vue administratif, ont été créées les intendances et on a étendu les corregimientos aux anciens royaumes aragonais. » en Contextos de Artehistoria.com
  58. Elikia M'Bokolo, historien affecté à l'EHESS. Information donnée lors du cours d'histoire du XIXe siècle, Prépa Sc. Pô. ISTH-ES, 1997.
  59. Dom Afonso Henriques est proclamé roi de Portugal par ses nobles et ses soldats le 25 juillet 1139 à la bataille de Ourique.
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  63. Henri IV est le premier roi d'Angleterre dont la langue maternelle est l'anglais. Et le « droit français », mâtiné de tournures anglaises, ne sera définitivement aboli des Cours de Justice anglaises qu'en 1731. Voir : Le français et les langues historiques de la France, d'Hervé Abalain, éditions Jean-Paul Gisserot, p. 80.
  64. Voir les manuels scolaires Aula Viva, português 11° ano, Porto Editora, publiés dans les années 1990 et 2000.
  65. Histoire du Portugal, de Jean-François Labourdette, Fayard, 2000.
  66. http://pt.wikipedia.org/wiki/Afonso_III_de_Portugal
  67. Les historiens portugais considèrent que bourgeoisie urbaine portugaise prend conscience à cette occasion de la puissance politique des masses révoltées. Voir MARQUES, A. H. Oliveira, Breve História de Portugal, Lisboa, Presença, 1998, p. 113-119
  68. http://www.eselx.ipl.pt/ciencias-sociais/CS_UniCur02_TXT.htm
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  72. Histoire du Portugal, de Jean-François Labourdette, Fayard, 2000, où l'auteur fait de la précocité de la constitution du peuple portugais comme nation le fil de sa démonstration. Voir également les nombreux articles dans des revues telles que Lusotopie, par exemple l'article « Une identitée dans la longue durée » de Michel Cahen, in Lusotopie 2002/2, p. 115-119.
  73. « Le modèle d’expansion portugais à la fin du XVe siècle », d'A. de O. Brites, in L'Empire portugais d'Orient, laboratoire SEDET, université Paris VII, 2012.
  74. Le Portugal obtiendra une extension de sa ZEE au-delà des 350 milles si le protocole des Açores est confirmé par les Nations unies.
  75. http://ema.marinha.pt/PT/Documents/Portugal_uma_nacao_maritima.pdf
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  77. Insituto Nacional de Estatisticas, 2004.
  78. Certains de ces travaux sont cités dans l'article, lui-même consacré à cette question : « Le Portugal entre l’Atlantique et l’Europe », de Maria Manuela Tavares Ribeiro, Université de Coimbra, Centre d’études interdisciplinaires du XXe siècle, Pôle Sud 1/2005 (no 22), p. 3-9. url : http://www.cairn.info/revue-pole-sud-2005-1-page-3.htm
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  80. http://www.lume.ufrgs.br/bitstream/handle/10183/15718/000682253.pdf?sequence=1, p. 34.
  81. Dans le Code de Justice Militaire. Elle est rétablie pendant la Première Guerre mondiale, en 1916, pour des délits de trahison exclusivement en temps de guerre. Elle est ensuite complètement abolie en 1976 sous le nouveau régime démocratique.
  82. Séminaire interdisciplinaire L’empire portugais, entre l’Amérique, l’Afrique et l’Asie : Perspectives coloniales et post-coloniales (XVe-XXIe siècles), organisé par la Délégation en France de la Fondation Calouste Gulbenkian, l'École française d’Extrême-Orient, l'École pratique des hautes études, l'École des hautes études en sciences sociales. Conférence du 26 novembre 2012, "Des conquêtes plus lointaines que celles des Grecs et des Romains" : aspects politiques et militaires des conquêtes de Goa et de Malacca (1510-1512)., présentée par João Paulo Oliveira e Costa, Directeur, Centre d'Histoire d'Outre-mer (CHAM) de l'Université nouvelle de Lisbonne. École française d'Extrême-Orient<;
  83. Voyage de Pyrard de Laval aux Indes orientales (1601-1611) : contenant sa navigation aux Maldives, Moluques, Brésil, les divers accidents, aventures et dangers qui lui sont arrivés en ce voyage… Suivi de la relation du voyage des Français à Sumatra de François Martin de Vitré (1601-1603), préface de Geneviève Bouchon, notes de Xavier de Castro, éditions Chandeigne, 1999.
  84. http://pt.wikipedia.org/wiki/Prazos_da_Coroa
  85. Corsários de piratas portugueses, de Alexandra Pelucia, éds. Esfera dos Livros. Voir aussi les chapitres de la Pérégrination de Mendes Pinto consacrés aux activités des Portugais à Ningbo, dans le tome I.
  86. Cours d'histoire de l'Amérique latine, de J. Piel, séminaire consacré à « l'Empire portugais du Sucre », université Paris 7-Paris Diderot, 2003.
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  91. En accord avec une bulle papale datant de l'époque de la ''Reconquista''.
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