Cahiers du cinéma

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Cahiers du cinéma
Image illustrative de l'article Cahiers du cinéma

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Mensuelle
Genre Revue de cinéma
Prix au numéro 5,90 €
Diffusion 21 142 ex. (2013[1])
Fondateur André Bazin
Jacques Doniol-Valcroze
Joseph-Marie Lo Duca
Léonide Keigel
Date de fondation 1951
Ville d’édition Paris

Rédacteur en chef Stéphane Delorme
ISSN 0008-011X
Site web www.cahiersducinema.com

Les Cahiers du cinéma sont une revue de cinéma française créée en avril 1951 par André Bazin, Jacques Doniol-Valcroze, Joseph-Marie Lo Duca et Léonide Keigel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Son histoire est en partie liée avec celle du Septième Art, notamment en raison d'une génération de cinéphiles enthousiastes et provocateurs qui donnèrent naissance à la Nouvelle Vague, en instaurant préalablement la politique des auteurs.

Les jeunes cinéphiles Jean-Luc Godard, François Truffaut, Éric Rohmer, Jacques Rivette, Claude Chabrol et bien d'autres y écrivent leurs premières critiques, avant de devenir cinéastes pour certains d'entre eux.

En avril 2008, le groupe La Vie-Le Monde a mis en vente la société éditrice des Cahiers, les Éditions de l'Étoile.

En janvier 2009, le groupe d'édition d'art Phaidon, dont le siège est à Londres, en est devenu propriétaire. En juillet de la même année, Stéphane Delorme est nommé rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et Jean-Philippe Tessé, rédacteur en chef adjoint.

Création[modifier | modifier le code]

La revue des Cahiers du cinéma est créée en 1951 par Joseph-Marie Lo Duca et Jacques Doniol-Valcroze, avec un soutien économique de Léonide Keigel. André Bazin rejoint l'équipe dès le second numéro. Elle succède à La Revue du cinéma de Jean George Auriol qui a cessé de paraître en octobre 1949. Sa couverture comme son contenu reste dans le même esprit. Le titre du magazine est proposé par Doniol, qui a tout d'abord du mal à convaincre Bazin et Keigel.

Éléments biographiques des fondateurs[modifier | modifier le code]

Jacques Doniol-Valcroze, avant les Cahiers, est secrétaire de rédaction à Cinémonde (fondé en 1928), puis rédacteur en chef adjoint de la Revue du Cinéma de 1947 à 1949. Il anime le ciné-club Objectif 49, auquel André Bazin participait. Il est aussi critique de cinéma à L'Observateur, et rédacteur en chef dans la revue Monsieur. En 1949, il crée le festival du film maudit de Biarritz. Il est en outre auteur (Les portes du baptistère, 1955) et réalisateur (L’eau à la bouche 1959, Le viol 1967, L’homme au cerveau greffé 1971…).

André Bazin a abordé le cinéma par des débats dans les ciné-clubs, des cours et des conférences. Sa principale idée est que la critique doit prendre en considération l’évolution d’un public de plus en plus « cinéphile ». Il écrit dans des magazines, notamment dans L'Écran français (créé en 1945). Puis il participe aux Cahiers du cinéma.

Lo Duca (Giuseppe Maria Lo Duca devenu Joseph-Marie Lo Duca) est, comme Doniol, un ancien de La Revue du Cinéma, et également, journaliste, écrivain, historien, critique, opérateur, rédacteur de sous-titres, réalisateur. Il a écrit Histoire du Cinéma (Que sais-je ?), et Technique du Cinéma, Le dessin animé chez Prisma, avec une préface de Walt Disney. Dans les années 1960, il dirige la Bibliothèque internationale d’érotologie chez Pauvert. Ses ouvrages ont souvent défié la censure.

Léonide Keigel est né à Batoum en 1904, il est mort à Paris en 1957. Ingénieur chimiste, il est arrivé à Paris en 1933. Il fut exploitant de salles (le Broadway aux Champs-Élysées) et distributeur, à la tête du circuit Cinéphone[1]. Il est le beau-père du réalisateur Léonard Keigel.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Dès sa création, le magazine affiche une volonté de critique aigüe, pour un cinéma français recherché et non médiocre, qui n’abrutit pas le public. Le contenu consiste en entretiens, documents, avec une grande place pour la technique cinématographique. Malgré tout, la ligne éditoriale n’est pas réellement fixée à ce moment-là. C’est en 1952 que les Cahiers prennent un tournant décisif.

Au 21e numéro des Cahiers, François Truffaut commence à apporter sa contribution aux articles. Son premier article affirme un détachement du cinéma français dit "de qualité" au profit d'un cinéma d’auteur, le cinéma américain notamment (Howard Hawks, Alfred Hitchcock). Les nouveaux contributeurs à la revue, surnommés « jeunes turcs » par Bazin, vont jusqu'à s’opposer aux fondateurs des Cahiers. Ce sont Maurice Schérer (Éric Rohmer), Jacques Rivette, Claude Chabrol et Jean-Luc Godard.

Un article de Truffaut notamment achèvera d’affirmer la nouvelle ligne des Cahiers, en janvier 1954. Il s’agit de « Une certaine tendance du cinéma français », article dans lequel il critique fortement le conformisme du cinéma français. La Politique des auteurs, qui met en avant des cinéastes américains (Hitchcock, Hawks) et quelques européens (Jean Renoir, Roberto Rossellini), est à son apogée lorsque, en 1957, Éric Rohmer remplace Lo Duca au poste de rédacteur en chef.

En 1959, il existe quatre principales revues de cinéma : les Cahiers du Cinéma, en « guerre » avec Positif ; Cinéma, et Image et son. Beaucoup de revues émergent alors, mais la plupart n’iront pas jusqu’au quatrième numéro. À cette époque, de nombreux critiques de cinéma, futurs réalisateurs, écrivent pour les revues (Bertrand Tavernier, Jean Eustache…). Les hebdomadaires (L’Express, Le Nouvel Observateur) ont aussi leurs critiques, plutôt des hommes de lettres.

L'ouverture à la modernité et l'ère Mao[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, tandis que certains rédacteurs des Cahiers quittent la revue pour réaliser leurs films, Éric Rohmer occupe le poste de rédacteur en chef jusqu'à son éviction par Jacques Rivette en 1963. En 1964, au moment où le jeune Serge Daney, qui allait devenir le critique le plus influent de sa génération, entre aux Cahiers, des parts de la revue sont rachetées par Daniel Filipacchi, qui entre en conflit avec la rédaction pour vouloir imposer sa conception éditoriale : plus de couverture jaune, nouveau format de 22 x 27,5 cm. Une nouvelle génération de critiques s'impose et ouvre la revue à la modernité, à de nouvelles cinématographies et aux courants théoriques qui bouleversent la vie intellectuelle de l'époque : structuralisme, psychanalyse, marxisme, sémiologie. Les Cahiers rencontrent Jacques Lacan, Michel Foucault, Roland Barthes... et se politisent peu à peu. Le début de l'année 1968 est marqué par le soutien à Henri Langlois, menacé à la Cinémathèque française, puis les "états généraux du cinéma" et enfin les événements de mai.

Dans les années 1970, la revue se radicalise et politise par là même le débat esthétique, en souhaitant participer à la refonte des liens entre politique et esthétique (dans le sillage des films militants de Jean-Luc Godard). La revue se rallie au maoïsme, ne considère plus l'actualité des films (à l'exception des films militants), ne publie plus de photos de films, des collaborateurs en désaccord avec cette ligne sont écartés et son tirage devient confidentiel, ce qui menace sa survie.

Renaissance[modifier | modifier le code]

À la fin de la décennie, Serge Daney et Serge Toubiana reprennent la revue en main et imposent un "retour aux films", mais aussi aux images, à la couleur et au cinéma américain. Moins politique et davantage adressée aux amateurs et cinéphiles, la revue est rajeunie, plus accessible, dans les années 1980, alors que beaucoup d’autres disparaissent pour ne pas avoir su évoluer avec son temps (promotion télévisuelle, public plus jeune). En 1981, Serge Daney quitte les Cahiers pour Libération. Il fondera dix ans plus tard la revue trimestrielle Trafic. En octobre 1992, Thierry Jousse succède à Serge Toubiana. Il part en 1996. Les rédacteurs en chef se succèdent : Antoine de Baecque (1996-1998), Charles Tesson (1998-2001, à l'époque du rachat de la revue par le groupe Le Monde), Charles Tesson et Jean-Marc Lalanne (2001-2003), Emmanuel Burdeau (2003-2009) puis Stéphane Delorme.

Rédacteurs en chef[modifier | modifier le code]

Sur Internet[modifier | modifier le code]

Collaborateurs actuels des Cahiers du cinéma[modifier | modifier le code]

Les membres actuels du comité de rédaction sont suivis de la mention (CR):

Anciens collaborateurs des Cahiers du cinéma[modifier | modifier le code]

Les éditions de l’Étoile[modifier | modifier le code]

En 1981, la maison éditrice des Cahiers du Cinéma se lance dans l’édition de livres spécialisés dans le 7e art, avec l'ouvrage Correspondance New-Yorkaise par Alain Bergala et Raymond Depardon.

Depuis, les éditions de l’Etoile ont gagné en notoriété et sont devenues une référence. En effet, c’est la seule maison d’édition entièrement consacrée au cinéma. Aujourd’hui, elle édite en moyenne vingt-cinq nouveautés par an. L’édition et la revue ne se centrant pas uniquement sur les cinéastes français, leur reconnaissance est mondiale. Il existe des versions des Cahiers dans sept langues différentes (français, italien, espagnol, turc, japonais, anglais et arabe). Une partie de la production éditoriale est traduite comme la collection Grand Cinéaste.

La spécificité de la maison d'édition ne la rend pas nécessairement accessible. Des aléas financiers ont conduit les Cahiers à être rachetés par le groupe Le Monde en 1998, puis par l'éditeur de livres Phaidon Press (en) en 2009. Les nouveaux actionnaires respectent cependant toujours l'image de la revue.

Les livres édités sont répartis en treize collections : Albums, La petite bibliothèque, Les petits cahiers, Collection littéraire, Auteurs, Essais, Atelier, Coédition festival de Locarno, Écrit sur l’image, Hors-collection, 21e siècle, Grand cinéaste.

Par ailleurs, des fac-similés compilant les archives des premiers numéros sont réalisés.

On compte aussi deux collections de DVD : « 2 films de » (qui regroupe à chaque fois deux films d’un réalisateur) et « DVD collector » (qui rassemble des classiques du cinéma).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf Jacques Doniol-Valcroze, Léonide Keigel, Cahiers du cinéma, no 74, septembre 1957

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine de Baecque, Cahiers du Cinéma, histoire d'une revue (Tome 1 : Les Cahiers à l'assaut du cinéma ; Tome 2 : Cinéma, tours, détours), Paris, Éd. des Cahiers du Cinéma, 1991, 316 p. + 382 p.
  • (en) Emilie Bickerton, « Adieu to Cahiers », New Left Review, no 42,‎ novembre-décembre 2006 (lire en ligne)
    • Traduction française : Emilie Bickerton (trad. Étienne Dobenesque), « Adieu aux Cahiers (1er épisode) », La Revue des livres, no 1,‎ 17 septembre 2007 (lire en ligne)
  • Emilie Bickerton (trad. Marie-Mathilde Burdeau), Brève histoire des Cahiers du cinéma, Paris, Les Prairies ordinaires, coll. « Penser/croiser »,‎ 2012, 190 p. (ISBN 9782350960562)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]