Avenue des Champs-Élysées

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8e arrt
Avenue des Champs-Élysées
Avenue des Champs-Elysées vue de la place de la Concorde.
Avenue des Champs-Elysées vue de la place de la Concorde.
Situation
Arrondissement 8e arrondissement
Quartier Champs-Élysées, Faubourg-du-Roule
Début Place de la Concorde
Fin Place Charles-de-Gaulle
Morphologie
Longueur 1 910 m
Largeur 70 m
Historique
Création 1670
Dénomination 2 mars 1864
Ancien(s) nom(s) Allée du Roule ; avenue de Neuilly
Géocodification
Ville de Paris 1736
DGI 1733

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Avenue des Champs-Élysées

48° 52′ 11″ N 2° 18′ 27″ E / 48.8697, 2.3075

L’avenue des Champs-Élysées (ou simplement les Champs-Élysées, parfois même les Champs) est une grande et célèbre voie de Paris. Elle est considérée par beaucoup[1] comme la plus belle avenue de la capitale[2], et, selon une expression couramment utilisée en France et principalement par les Parisiens, comme la plus belle avenue du monde[3]. Elle tire son nom des champs Élysées, le lieu des Enfers où séjournaient les âmes vertueuses dans la mythologie grecque. C'est aussi un des principaux lieux touristiques de la capitale. Elle s'étend de la place de la Concorde à la place Charles-de-Gaulle dans le 8e arrondissement.

Description[modifier | modifier le code]

Vue occidentale de jour.

L'avenue des Champs-Élysées est située dans le 8e arrondissement de Paris, dans le nord-ouest de la ville. Elle s'étend sur 1 910 mètres, d'est en ouest, reliant la place de la Concorde, où se dresse l'Obélisque, et la place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l'Étoile), située au sommet de la colline de Chaillot (ce qui explique le dénivelé entre les deux extrémités), au centre de laquelle se trouve l’arc de triomphe de l'Étoile[4]. Sa largeur est de 70 mètres (30 mètres sont occupés par une 2x4 voies, tandis que le reste accueille deux trottoirs de 20 mètres chacun).

Son tracé rectiligne offre une longue perspective née du palais du Louvre, dans laquelle s'alignent la statue équestre de Louis XIV dans la cour Napoléon du Louvre, l'arc de triomphe du Carrousel, le jardin des Tuileries, l'Obélisque, l'arc de triomphe de l'Étoile, et plus loin à l'ouest, en dehors de Paris, l'arche de la Défense. Il s'agit de l'axe historique de l'ouest parisien.

Dans sa partie inférieure, à l'est du Rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, l'avenue est bordée par des contre-allées (baptisée « Promenade des Champs-Élysées ») longeant les jardins des Champs-Élysées que l'avenue traverse ainsi sur toutes leurs longueurs (soit 700 mètres).
Ces jardins, larges de 300 à 400 mètres, sont divisés en espaces rectangulaires appelés carrés :

À l'exception du dernier, chacun de ces carrés comporte, depuis les aménagements effectués sous la direction de l'architecte Jacques Hittorff en 1840-1847, une fontaine.

Dans la partie supérieure de l'avenue, à l'ouest du rond-point, on trouve de nombreuses boutiques de luxe, des lieux de spectacle (des cinémas, notamment les UGC Normandie et George-V ; le Lido ; de célèbres cafés et restaurants (Fouquet's)...

L'avenue a inspiré la création du Paseo de la Reforma à Mexico (Mexique) en 1860, de la Avenida 9 de julio à Buenos Aires, de la Benjamin Franklin Parkway à Philadelphie (Pennsylvanie) en 1917 et du Corso Sempione à Milan.

Trottoir nord de l'avenue des Champs-Élysées.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, les Champs-Élysées ne sont que des terrains marécageux et inhabités. Marie de Médicis décide d'y faire aménager au-delà du palais des Tuileries, le long de la Seine, une longue allée bordée d'ormes et de tilleuls : le cours la Reine, s'inspirant de la promenade florentine des Cascine, est ouvert en 1616[5].

Louis XIV, vers 1670, charge André Le Nôtre, le paysagiste du château de Versailles et, à Paris, du jardin des Tuileries, de poursuivre l'aménagement de ces terrains. Celui-ci trace dans l'axe du pavillon central du Palais des Tuileries, depuis l'actuelle place de la Concorde jusqu'à l'actuel rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault, en direction de la montagne du Roule — qui se situait à l'emplacement de l'actuelle place de l'Étoile — une belle avenue bordée de terrains où sont aménagés des allées d'ormes et des tapis de gazon. On l'appelle le Grand-Cours pour la distinguer du cours la Reine, ou encore la Grande allée du Roule, l’avenue de la Grille Royale (1678), l’avenue du Palais des Tuileries (1680) et les Champs-Élysées, nom qui apparaît en 1694 mais qui n'est définitivement fixé qu'en 1709 comme en attestent les comptes royaux[6]. Ce nom est choisi d'après le terme mythologique probablement en opposition à la partie basse marécageuse, malsaine où étaient signalées des femmes de petite vertu[7].

Au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La nouvelle avenue se développe au-delà de l'enceinte de Louis XIII et franchit (au niveau de l'actuelle rue Marbeuf) le Grand-Égout, qui suivait le tracé d'un petit ruisseau descendant de Ménilmontant pour se jeter dans la Seine au niveau de l'actuel pont de l'Alma. Ce n'est qu'en 1710 que le duc d'Antin, surintendant des Bâtiments du Roi, fait jeter un pont de pierre au-dessus de cet égout. Ce pont permet de prolonger l'avenue jusqu'à ce que l'on appelait alors l'étoile de Chaillot — correspondant à l'ensemble du tracé actuel. Cette entreprise est achevée en 1724[8].

En 1722, le roi avait annexé le village du Roule aux faubourgs de Paris. En 1765, il permet la construction de bâtiments de part et d'autre de l'avenue des Champs-Élysées. En 1770, le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, Arts, Jardins et Manufactures, fait entreprendre le nivellement de la montagne du Roule, renouvela les plantations et fait tracer les actuelles avenues de Marigny et Matignon ainsi que l'allée des Veuves (actuelle avenue Montaigne). En 1774, il fait élargir l'avenue et la fait prolonger à l'ouest jusqu'à la Seine, au niveau du pont de Neuilly, par les actuelles avenues de la Grande Armée à Paris et Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine. On parle alors d’avenue de la Grille royale jusqu'à la barrière de Chaillot et d’avenue de Neuilly au-delà de celle-ci.

Malgré ces travaux, les Champs-Élysées ont longtemps mauvaise réputation. C'est un lieu de médiocres guinguettes qui attirent de mauvais garçons, des prostituées et même des brigands. Quelques baraques de foire y sont installées[9]. Un luxueux parc de loisirs ou vauxhall, le Colisée, est inauguré en 1771 au niveau du rond-point des Champs-Élysées, mais il ne tarde pas à péricliter car le public hésite à se rendre le soir dans ce qui est encore une partie de Paris excentrée et surtout mal famée, et l'établissement fait faillite dès 1780. Les promeneurs préfèrent diriger leurs pas le long du cours la Reine, qui suit le tracé de la Seine et où l'on peut jouer aux quilles, à la paume ou aux barres. Au bout du cours la Reine, se trouve d'ailleurs un établissement populaire, quoique de mauvaise réputation, le Petit Moulin-Rouge, bâti sur des terrains appartenant à Madame du Barry[10]. Pour améliorer la sécurité des Champs-Élysées, un poste de Gardes Suisses contigu à la barrière de Chaillot[11] est établi en 1777.

La popularité des Champs-Élysées, qui prennent alors leur dénomination définitive d’avenue des Champs-Élysées (1789), ne décolle véritablement que sous la Révolution française. C'est par les Champs-Élysées que passe le cortège de mégères qui, le 5 octobre 1789, sous la conduite de Théroigne de Méricourt et de Reine Audu, se dirige vers Versailles pour ramener la famille royale à Paris[12]. C'est aussi par les Champs-Élysées que la famille royale est ramenée dans Paris le 25 juin 1791 après la fuite à Varennes, entre deux haies de gardes nationaux qui rendent les honneurs la crosse en l'air. Sous la Terreur, la place de la Concorde est le théâtre des exécutions capitales. Au bas de l'avenue, Huzard fait placer, sur des socles dessinés par le peintre David, les groupes de chevaux en marbre exécutés par Guillaume Coustou pour l'abreuvoir du château de Marly. Sur le plan administratif, la section des Champs-Élysées est créée en 1790, circonscription qui devient en 1795 le quartier des Champs-Élysées. (Le territoire du quartier administratif des Champs-Élysées s'étend alors au nord et au sud de l'avenue du même nom. Après le redécoupage de 1860, le quartier de ce nom sera d'une surface plus restreinte et essentiellement au sud de l'avenue).

Le restaurant Ledoyen construit en 1792

Le Directoire fait élargir l'avenue centrale, fermer quelques bouges et combler les caves et souterrains où se réfugiaient les malfaiteurs pour échapper à la police. Des cafés élégants ouvrent leurs portes comme le café des Ambassadeurs[13], dont les plans auraient été dessinés par Jean-Jacques Rousseau, ainsi que des restaurants comme celui du traiteur Dupe, ouvert en 1800 et qui attire toutes les célébrités de l'heure, à commencer par Barras, dans une jolie maison blanche à volets verts là où s'élève aujourd'hui le restaurant Ledoyen[14]. Les Champs-Élysées deviennent un lieu de promenade élégante, point de passage pour aller prendre l'air à la campagne, vers Longchamp. Le pèlerinage à l'abbaye de Longchamp durant la Semaine sainte redevient une sorte de chevauchée mondaine qui suscite les protestations de l'archevêque de Paris.

Les aménagements de Jacques Hittorff au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

C'est par l'avenue que s'effectue, le 15 décembre 1840, le retour des cendres de Napoléon Ier, devant 100 000 spectateurs.
Mobilier urbain : détail d'un luminaire, après la rénovation de 1994

Le quartier des Champs-Élysées reste cependant peu sûr : en 1804, la veille du sacre de Napoléon Ier, Philippe Lebon, inventeur du gaz d'éclairage, est assassiné dans un fourré des jardins des Champs-Élysées. Le 2 avril 1810, c'est par l'avenue, parée pour l'occasion d'un arc de triomphe factice, que la nouvelle impératrice des Français, Marie-Louise d'Autriche, fait son entrée dans la capitale. C'est par le même chemin qu'elle la quitte le 29 mars 1814. Le surlendemain, le tsar de Russie, Alexandre Ier, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III et le prince de Schwarzenberg prennent place dans une tribune dressée à proximité du Palais de l'Élysée pour assister au défilé des troupes alliées. Celles-ci[15] bivouaquent dans les jardins qu'elles laissent dans un état déplorable.

Louis XVIII le fait remettre en état[16] et ouvrir l'avenue Gabriel. Pour poursuivre l'aménagement de l'avenue, le préfet de la Seine, le comte Chabrol de Volvic, par une loi des 20-27 août 1828, fait affecter l'ensemble des jardins à la Ville de Paris : «Sont concédés à la ville de Paris, à titre de propriété, la place Louis XVI et la promenade dite des Champs-Elysées, telles qu’elles sont désignées au plan annexé à la présente loi, y compris les constructions dont la propriété appartient à l’Etat et à l’exception des deux fossés de la place Louis XVI qui bordent le jardin des Tuileries. Ladite concession est faite à la charge de la ville de Paris :

  1. ° de pourvoir aux frais de surveillance et d’entretien des lieux ci-dessus désignés ;
  2. ° d’y faire, dans un délai de cinq ans, des travaux d’embellissement jusques à concurrence d’une somme de deux millions deux cent trente mille francs au moins ;
  3. ° de conserver leur destination actuelle aux terrains concédés, lesquels ne pourront être aliénés en tout ou en partie »[17].

La Ville construit les premiers trottoirs. À partir de 1834, l'architecte Jacques Hittorff est chargé de réaménager les jardins des Champs-Élysées, parallèlement à son intervention sur la place de la Concorde.

Avec l'accord du nouveau préfet de la Seine, le comte de Rambuteau, Hittorf entreprend de créer des massifs à l'anglaise et de faire de nouvelles plantations. Il élève quatre fontaines[18] de style homogène :

  • la fontaine des quatre saisons, dite aussi fontaine du Cirque, est la première installée en 1839. Elle est ornée d'un groupe de quatre enfants, symbolisant les saisons. Elle est l'œuvre du sculpteur Barre ;
  • la fontaine de Diane, fut confiée au sculpteur Desprez[19] ;
  • la fontaine de Vénus, appelée parfois fontaine des Ambassadeurs, érigée comme la précédente en 1840 est l'œuvre de Duret ;
  • la quatrième, appelée fontaine de la grille du coq, est d'une facture plus simple, elle ne possède pas de sculptures et date aussi de 1840.

Hittorf dessine également les réverbères en fonte toujours en place mais alors alimentés au gaz et qui achèvent de donner aux Champs-Élysées, selon la Revue de l'Art: « l'effet le plus agréable qu'il soit donné de voir »[20].

Le 22 février 1848, un grand banquet se tient aux Champs-Élysées, ce sera le point de départ de la Révolution de 1848[21].

Sculptures et réverbères profiteront à partir de 1856 du système de cuivrage industriel, mis au point par Léopold Oudry, qui assurera leur protection[22].

Dans le projet qu'il soumet au conseil municipal de Paris en 1835, Hittorff propose également de créer un Panorama, un cirque, des restaurants et cafés de grand luxe[23] et un théâtre.

Le Cirque d'été et la fontaine des Quatre saisons
  • Le Panorama des Champs-Élysées, construit pour remplacer celui édifié en 1831 dans la rue des Marais, se situait dans un espace circulaire situé entre le cours la Reine et le grand carré des Jeux, à l'emplacement où se dressent aujourd'hui le Grand et le Petit Palais. C'était une vaste rotonde de 40 mètres de diamètre et 15 mètres de hauteur. Hittorff en avait lui-même donné les plans et en avait confié la direction artistique au peintre Jean-Charles Langlois (1789-1870). La nouvelle attraction, édifiée en quelques mois, ouvrit ses portes en mai 1839 avec L'incendie de Moscou, réalisé par Langlois, qui remporta un grand succès public. En 1855, le Panorama fut intégré aux bâtiments de la première exposition universelle comme salle d'exposition où étaient présentés les productions des manufactures de Sèvres et des Gobelins ainsi que les joyaux de la couronne de France. Il fut démoli l'année suivante afin de créer une allée reliant le Palais de l'Industrie au cours la Reine. Un nouveau Panorama fut alors édifié en 1860 par l'architecte Gabriel Davioud, toujours avec le concours de Langlois, à l'angle de l'avenue d'Antin (Voir théâtre du Rond-Point).
  • En 1855, Hittorff fit construire par l'architecte Gar dans le carré Marigny, à l'angle de l'avenue Gabriel et de l'avenue Marigny, à l'emplacement du spectacle de « physique amusante, fantasmagorie et curiosité » proposé depuis 1835 à cet emplacement par un prestidigitateur, le théâtre Marigny, doté de 600 places, et confié pour cinq ans à Jacques Offenbach. Il est remplacé en 1880 par l'édifice actuel, plus vaste, construit par l'architecte Charles Garnier et transformé par Édouard-Jean Niermans.
  • Un peu plus bas, dans le carré de l'Élysée (no 8 avenue Gabriel), Hittorff fit construire en 1841 l’Alcazar d'été célèbre café-concert où s'illustrèrent la chanteuse Thérésa et le chansonnier Paulus. C'est aujourd'hui le Pavillon Gabriel.
  • Plus bas encore, dans le carré des Ambassadeurs, le café des Ambassadeurs fut également construit par Hittorff à l'emplacement d'un restaurant dont la création avait été originellement autorisée en 1772 par l'abbé Terray et qui était tenu en 1816 par la Veuve Rouget. Reconstruit en 1841, cet établissement se développa et accueillit, à partir de 1897, des spectacles de revues avant d'être démoli en 1929 pour être remplacé par le théâtre des Ambassadeurs et le restaurant du même nom. C'est aujourd'hui l’Espace Cardin.
  • De l'autre côté de l'avenue se trouvait un autre café-concert, le concert de l'Horloge, situé d'abord vers l'extrémité ouest du cours la Reine, à l'emplacement où s'installa ensuite, en 1896, le Jardin de Paris (V. Place du Canada). Il dut être démoli en 1852 pour permettre la construction du Palais de l'Industrie et fut transféré par sa propriétaire, Mme Picolo plus à l'est, là où commence aujourd'hui l'avenue Edward-Tuck. Il présentait l'agrément d'un toit mobile formé de deux parties coulissantes qui permettait de mettre le public à l'abri des intempéries.
  • Les restaurants Laurent et Ledoyen s'installèrent respectivement dans les carrés Marigny et Ledoyen dans des pavillons à frontons et colonnes polychromes dessinés par Hittorff lui-même.

Les Champs-Élysées sous le Second Empire[modifier | modifier le code]

Affiche de Jules Chéret pour la patinoire du Palais de Glace au Rond-Point des Champs-Élysées, 1893.
Rond-point des Champs Elysées, vers 1880
L'avenue des Champs Élysées, vue par Crafty en 1870[24].

L'ingénieur Jean-Charles Alphand, sous Napoléon III, est à son tour chargé de l'aménagement des jardins[25]. Grâce à ses efforts, conjugués avec ceux de Hittorff, lors de l'Exposition universelle de 1855, les Champs-Élysées sont devenus le lieu à la mode. Alors que l'avenue ne comptait que six maisons en 1800[26], elle est bientôt bordée d'immeubles, d'hôtels particuliers et de maisons bourgeoises tandis que deux nouveaux lotissements se construisent au nord et au sud, à l'emplacement des anciens jardins Beaujon[27] et Marbeuf[28].

Le Second Empire est une période faste pour les Champs-Élysées. L'avenue, bordée de luxueuses demeures, devient le haut-lieu de la vie élégante parisienne. L'avenue est desservie par la ligne C de l'Omnibus Louvre Pont-de-Neuilly, ainsi décrit en trois vers.

C, trottant tout le long des Champs-Elyséens,
Glanant bonnes d'enfants, promeneurs, lycéens,
Du beau Pont-de-Neuilly jusqu'au Louvre les roule.[29]

À partir de 1853, le grand carré des Jeux est occupé par le Palais de l'Industrie, gigantesque construction de 200 mètres de long, édifiée par l'architecte Victor Viel et inauguré le 15 mai 1855 par Napoléon III. Le bâtiment sert aux expositions universelles de 1855, 1878 et 1889, et est utilisé pour divers salons, expositions agricoles et horticoles, concours hippiques, fêtes et cérémonies publiques... Pour préparer l'exposition universelle de 1900, l'édifice est détruit à partir de 1896 pour laisser place au Petit et au Grand Palais. Sa disparition permet de relier l'Hôtel des Invalides au Palais de l'Élysée par le pont Alexandre-III.

En 1898, toujours dans le cadre de la préparation de l'exposition de 1900, le restaurant du Petit-Paillard ouvre ses portes dans le carré de l'Élysée dans un pavillon en pierre de style éclectique construit par l'architecte Albert Ballu (aujourd'hui Pavillon de l'Élysée) à la place de l'ancien restaurant Langer, d'abord modeste café concédé en 1866 à Thollier, devenu propriété de la famille Moène. Pour le décor de la salle à manger, consistant en un élégant plafond peint inscrit dans un écrin de staff, Ballu fit appel à l’un de ses collaborateurs privilégiés Jean-Baptiste Hugues (1849-1930), grand prix de Rome de sculpture en 1875[30].

Les Champs-Élysées au XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'Avenue des Champs-Élysées est la première au monde à recevoir un revêtement en bitume, en 1938.

Les Champs-Élysées ont bénéficié d'un réaménagement coûteux (250 millions de francs) mais nécessaire en 1994, avec l'intervention de Bernard Huet (urbaniste), Jean-Michel Wilmotte et Norman Foster (designers de mobilier urbain). Cela s'est traduit, entre autres, par la suppression des contre-allées, remplacés par des trottoirs larges d'environ 20 mètres.

Économie[modifier | modifier le code]

Avenue des Champs-Élysées street sign, Paris, France - 20100619.jpg
Avenue des Champs-Élysées vue de l'Arc de Triomphe.
Avenue des Champs-Élysées en hiver.
Avenue des Champs-Élysées.
Avenue des Champs-Élysées au printemps, avec vue sur l'Arc de Triomphe.

Jusque dans les années 1950, l'avenue comprenait essentiellement des boutiques chics. Puis progressivement, ces dernières ont laissé place à des sièges sociaux de groupes en quête de prestige. L'arrivée du RER A modifie la donne : de nombreux parisiens et franciliens de toutes conditions pouvant accéder facilement aux Champs-Élysées, les boutiques d'enseignes plus populaires vont alors se multiplier, notamment en 1998 avec l'ouverture de Virgin[31]. La rénovation lancée en 1994 par le maire de Paris de l'époque, Jacques Chirac, en relation avec Roland Pozzo di Borgo (Comité des Champs-Élysées), va donner à l'avenue une nouvelle image de marque. Mais elle reste le reflet de la mixité de la population qui la fréquente avec une distinction entre les deux trottoirs. Le trottoir nord — côté pair — est le côté ensoleillé mais aussi celui qui connaît la plus forte fréquentation en partie du fait qu'il se situe dans le prolongement de la sortie RER. Les boutiques et galeries commerçantes y sont plus nombreuses. Le côté pair « soleil » des Champs-Élysées a une fréquentation 30 % plus élevée et voit ses loyers des surfaces de commerces en rez-de-chaussée s'établir entre 8 000 et 10 000 euros le mètre carré par an (hors taxes et charges)[31]. L'ouverture de la plupart des magasins jusqu'à minuit et le dimanche participe aussi au succès commercial de l'avenue. En 2012, en moyenne, 300 000 piétons, dont un quart d'étrangers, s'y pressent chaque jour[32] - jusqu'à 600 000 à l'approche des fêtes de fin d'année - et les 120 boutiques de l'avenue génèrent un chiffre d'affaires annuel d'un milliard d'euros, avec un revenu moyen par touriste étranger de 1160 €, tous pays confondus, alors qu'il n'était que de 950 € en 2007. Le secteur des Champs-Élysées représente 12 % du chiffre d'affaires des ventes détaxées de Paris[33]

L'avenue a longtemps été l'adresse incontournable des marques de luxe, la portion située entre l'avenue George-V et le rond-point des Champs-Élysées est toujours la limite nord du « triangle d'or ». Si certaines avaient eu tendance à déserter l'avenue dans les années 1970, la plupart sont revenues. Les compagnies aériennes, elles, ont presque toutes disparu, mais la plupart des marques automobiles y disposent d'un espace d'exposition souvent couplé à un bar ou à un restaurant. Les restaurants et les cinémas contribuent d'ailleurs fortement à la fréquentation de l'avenue. Les cinémas, 29 salles, dont l'essentiel de la programmation est en version originale, y organisent des premières. Pour beaucoup d'enseignes, une installation sur les « Champs », même si elle est très coûteuse, présente un double intérêt : la publicité par l'emplacement, mais aussi de fortes ventes de par la fréquentation touristique.

Les commerçants de l'avenue sont regroupés en une association, le Comité Champs-Élysées, créé en 1860 sous le nom de Syndicat d'initiative et de défense des Champs-Élysées, qui a pris son nom actuel en 1980. Cette association a pour objectif de maintenir une image prestigieuse de l'avenue. Pour y parvenir, le comité intervient auprès des autorités locales pour obtenir des mesures favorisant l'embellissement des lieux (éclairage, décorations, etc.) et l'activité commerciale (horaires d'ouverture des magasins, qui par dérogation sont beaucoup plus étendus qu'ailleurs à Paris et en France). De plus, ce comité a un rôle purement consultatif sur les demandes d'installation de sociétés ou de commerces sur l'avenue. Le président qui a redynamisé le comité et l'avenue a été Roland Pozzo di Borgo qui a collaboré à la modernisation de l'avenue voulue par Jacques Chirac.

Prestigieuse et populaire, mais aussi luxueuse, l'avenue des Champs-Élysées est donc de plus en plus chère. Les prix de l'immobilier y sont tels, et la spéculation immobilière si forte, que seule une poignée de personnes y résident encore, les étages supérieurs des immeubles de l'avenue étant généralement occupés par des bureaux[34]. Cependant, les prix ne sont pas uniformes. Par exemple, le côté nord (trottoir droit en montant) est plus cher car mieux exposé au soleil et plus fréquenté que le côté sud, où les vitrines sont dans l'ombre des bâtiments. Mais depuis les années 2000 les prix ont tendance à se rapprocher, le côté Sud ayant été choisi par des marques telles que Lancel, Lacoste, Hugo Boss, Louis Vuitton, Nike, Omega, Eden Shoes et le palace parisien le Fouquet's Barrière et le côté Nord par Cartier, Guerlain, Montblanc, McDonald's, Adidas, et le célèbre et seul hôtel ayant son entrée sur l'Avenue : le Marriott.

L'avenue des Champs-Élysées est un des emplacements les plus chers du monde. En 2013, l'avenue se classait en troisième position en termes de valeur locative (13 000 euros le m²) après Causeway Bay, un quartier de Hong Kong et la Cinquième avenue à New York[35]. Le montant élevé des loyers pourrait nuire à la diversité commerciale. Les magasins de textile et ceux dits de luxe font partie des rares commerces à pouvoir les absorber. Selon une étude commandée par la mairie de Paris, 20 % des magasins de l'avenue sont dévolus au textile. Si on y inclut les commerces des galeries commerciales, ce chiffre est proche de 39 %. « C'est un maximum, selon une adjointe au maire. Au-delà, il n'y a plus de diversité commerciale »[36].

Le comportement des propriétaires fonciers de la célèbre avenue pourrait ainsi nuire à l'attrait de l'avenue sur les visiteurs, et ironie du sort, affaiblir leurs investissements à moyen terme. Mais à ce jour, seules des mesures politiques incitées par le militantisme associatif semblent pouvoir, à court terme, sauver la diversité unique des Champs-Élysées qui est l'un de ses attraits majeurs. Bien que les augmentations de loyer sont réglementées, les sociétés propriétaires de locaux ont trouvé une parade en refusant de renouveler leur bail. Dans ce cas, elles versent au locataire une indemnité d'éviction, généralement de 10 à 12 fois le loyer annuel et font payer un droit d'entrée équivalent au nouveau locataire[37].

De même, il ne reste plus que sept cinémas (quarante écrans) fin 2006 contre treize en 1985 avant la fermeture annoncée de l'UGC Triomphe, qui connaît un succès public, mais est déficitaire à cause de la pression des loyers. D'autres activités culturelles pourraient être menacées.

Habitants célèbres[modifier | modifier le code]

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • no 25 : Hôtel de la Païva : Cet hôtel particulier, l'un des derniers de l'avenue, a été construit entre 1856 et 1866 par l'architecte Pierre Manguin pour Esther Lachmann, marquise de Païva, dite La Païva (1818-1884), célèbre courtisane du Second Empire, sur un terrain laissé libre par la faillite de l'ancien Jardin d'hiver et acquis de Mme Grelet, née Lemaigre de Saint-Maurice[46]. D'un luxe exceptionnel, l'hôtel, célèbre pour le faste de sa décoration intérieure, constitue l'un des meilleurs exemples conservés d'architecture privée du Second Empire. Après la mort de La Païva, l'hôtel fut vendu à un banquier de Berlin puis, en 1895, au restaurateur Pierre Cubat. Depuis 1904, il abrite un cercle privé, le Travellers. Il a récemment fait l'objet d'une restauration extensive.
  • no 36 : Hôtel de M. G. Béjot (en 1910)[40]. Subsiste mais très dénaturé.
  • no 37 (angle de la rue Marbeuf) : Résidence de Béatrice Charlotte Antoinette Denis de Kérédern de Trobriand (1850-1941). Elle était la fille du comte Régis de Trobriand (1816-1897), aristocrate français naturalisé américain et général des armées de l'Union durant la Guerre de Sécession, et de Mary Jones, riche héritière, fille de Mary Mason Jones, grand-tante d'Edith Wharton. Tandis que son mari vivait à New York, la comtesse de Trobriand résidait la plupart du temps à Paris[47] ainsi que sa fille qui épousa à Paris le 9 décembre 1869 John Burnett-Stears, fils du créateur de l’usine à gaz qui alimentait les réverbères de Brest à la fin du XIXe siècle. Ils possédaient plusieurs propriétés en Bretagne dont le château de Ker Stears, grosse demeure bourgeoise construite par John Stears père et transformée ultérieurement, et le manoir de Leuhan sur la commune de Plabennec. John Burnett-Stears mourut à Brest le 16 janvier 1888 et sa veuve se remaria le 20 novembre 1900 à Paris avec le comte Olivier Marie-Joseph de Rodellec du Portzic, hobereau de campagne de vingt-cinq ans son cadet. Dans la soirée du 2 août 1906, après une réception au château de Ker Stears, on constata de la disparition d’une bague ornée d’un diamant d’une valeur de 50 000 francs or. Le bijou fut retrouvé vingt jours plus tard caché dans le flacon de dentifrice du diplomate attaché à l’ambassade de Russie qui avait participé à la fête. Faute de preuves, celui-ci fut laissé libre mais, en juillet 1907, le diplomate intenta un procès en diffamation aux époux de Rodellec du Portzic. Ce procès public occasionna un déballage de mauvais goût sur la vie privée des deux parties et causa un scandale mondain dans la presse. La comtesse vécut séparée de son époux après cette affaire[48]. Cet épisode a inspiré à Maurice Leblanc le chapitre 2 intitulé « Le diamant bleu » de son roman Arsène Lupin contre Herlock Sholmès (1908).
  • no 42 : Citroën C42.
  • no 63 : Abritait en 1910 l'Aéro-Club de France[44] qui se trouve aujourd'hui no 6, rue Galilée.
  • no 68 : Immeuble construit en 1913 par l'architecte Charles Mewès pour le parfumeur Guerlain[49]. Décor intérieur.
  • no 76-78 : Arcades du Lido : L'immeuble élevé à cette adresse comporte au rez-de-chaussée une galerie marchande qui donne d'un côté sur les Champs-Élysées et de l'autre sur la rue de Ponthieu. Les Arcades des Champs-Élysées, « une kermesse permanente de commerces de luxe », furent construites en 1925 par l'architecte Charles Lefèbvre et ses associés Marcel Julien et Louis Duhayon à l'emplacement de l'ancien hôtel Dufayel. La parcelle de terrain, étroite, entre l'avenue et la rue de Ponthieu, avait été acquise par le diamantaire et promoteur immobilier Léonard Rosenthal. Les Arcades furent inaugurées le 1er octobre 1926. Quelques colonnes en marbre, provenant de l'ancien hôtel Dufayel, sont utilisées dans la réalisation. La décoration de la galerie est l'œuvre du ferronnier René Gobert, des maîtres-verriers Fernand Jacopozzi et René Lalique, auteur de fontaines de verre, aujourd'hui disparues. Le sous-sol du passage abritait le Lido jusqu'en 1976. Inaugurés en 1928, il s'agissait à l'origine de salons de beauté avec une piscine mondaine. Ils avaient été conçus par l'architecte René Félix Berger. Transformés en cabaret en 1946, ils furent à l'origine du nom actuel du passage, les Arcades du Lido.
  • no 92: Pendant l'Occupation allemande, siège du magazine Der Deutsche Wegleiter für Paris[51]. destiné aux troupes d'occupation.
  • no 99bis[52] : « Vers 1900, Mme Sorel n'avait eu encore que peu d'occasions d'opposer sa crânerie aux brocards de la ville. Les brocards dont elle commençait à se vêtir étaient ceux du répertoire de l'Odéon, où elle débutait, obscurément sinon modestement. Elle débutait un peu moins modestement dans le Tout-Paris, car elle avait déjà maison montée, au coin de l'avenue George-V, juste au-dessus de l'actuel Fouquet's. Un universitaire chevronné, Gustave Larroumet, venait ici lui donner des leçons particulières pour l'initier aux secrets des grands classiques. [...] quand elle s'était attardée en quelque maison de couture pour ses affaires d'atours, on pouvait apercevoir, sur le balcon de Mme Sorel, Gustave Larroumet, guettant le retour de son élève, impatient de reprendre la leçon interrompue. »[53] L'immeuble abrite au rez-de-chaussée la célèbre brasserie Fouquet's et, dans les étages, l’Hôtel Fouquet's Barrière, inauguré en octobre 2006.
  • no 103 : Élysée-Palace : Hôtel de voyageurs construit en 1898 pour la Compagnie des wagons-lits par l'architecte Georges Chedanne. Ce fut le premier des grands hôtels de voyageurs édifiés sur les Champs-Élysées. Il fut bientôt suivi par l'hôtel Astoria (1904) et l'hôtel Claridge (1912). Auparavant, les palaces se trouvaient dans les quartiers proches du Louvre et de l'Opéra. Le décor original a été détruit par le Crédit commercial de France, qui a acquis l'immeuble en 1919 pour y installer son siège social[49].
  • no 114 : Alberto Santos-Dumont (1873-1932), pionnier de l'aviation, a habité cet immeuble devant lequel il fit atterrir en 1903 son dirigeable no 9 (plaque commémorative).
  • no 119 : Hôtel Carlton : Construit en 1907 par l'architecte Pierre Humbert. Devenu en 1988 le siège de la Compagnie Air France.
  • no 120 : James Gordon Bennett junior (1841-1918), propriétaire du New York Herald et mécène de l'aérostation, habitait cet immeuble[54].
  • no 121 : Cet imposant immeuble haussmannien fut construit en 1907 par l'architecte Pierre Humbert.
  • no 122 : Le comte Henry de La Vaulx (1870-1930), pionnier de l'aviation, a habité à cette adresse de 1898 à 1909 (plaque commémorative[55]).
  • no 124 (et no 2, rue Balzac) : Hôtel particulier construit peu avant 1858 pour Santiago Drake del Castillo, l'un des rares exemples conservés des hôtels qui bordaient l'avenue sous le Second Empire.
  • no 127 (et no 26 rue Vernet) : Cet immeuble fut construit par Pierre Humbert et abrite aujourd'hui le flagship Lancel.
  • no 133 : Drugstore Publicis fut le premier Drugstore à ouvrir en Europe le 16 octobre 1958 au rez-de-chaussée d'un immeuble du début XXe siècle. celui-ci sera ravagé par un incendie dans la nuit du 27 au 28 septembre 1972, sinistre qui causera la mort d'une personne. Le bâtiment sera reconstruit en verre et acier par l'architecte Pierre Dufau[56].
  • no 136 (et no 1, rue Balzac) : Hôtel particulier de Mme C.B. de Beistegui (en 1910)[57]. Aujourd'hui le rez-de-chaussée est occupé par le showroom des automobiles Peugeot, malgré tout il a conservé un riche décor dans les salons du premier étage.
  • no 138 : Hôtel de William Kissam Vanderbilt (1849-1920) : « il réunissait dans les salons du 138 une inestimable collection de tableaux et d'objets d'art, mais qu'il ne consentait à faire admirer qu'à certains privilégiés. »[58]
  • no 142 : Maison du Danemark
  • no 144 : entrée du tunnel de l'Étoile, tunnel routier reliant l'avenue de la Grande-Armée en passant sous l'arc de triomphe de l'Étoile
  • no 152 (angle de la rue Arsène-Houssaye) : Dans cet immeuble, construit à l'emplacement de l'hôtel Musard, Mme de Loynes tint au début du XXe siècle, à l'entresol[59], un influent salon littéraire et politique dont le critique Jules Lemaître était le grand homme.

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

  • no 15 : Hôtel de Morny : L'agrandissement, à l'initiative de l'industriel Marcel Dassault, de l'hôtel Le Hon (V. no 9, rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault) en 1962[60] a fait disparaître le petit hôtel que le duc de Morny avait fait construire pour lui-même en 1844 à côté de celui de sa maîtresse, la comtesse Le Hon, et qui avait été surnommé plaisamment à l'époque « la niche à Fidèle ». Il s'ouvrait sur les Champs-Élysées et se composait à l'origine d'un rez-de-chaussée percé d'une large fenêtre encadrée de sculptures. Morny le légua à sa fille naturelle, Léopoldine (1838-1931), mariée en 1858 au prince Stanislas Auguste Frédéric Poniatowski. Celle-ci fit surélever l'hôtel d'un étage. L'hôtel fut ensuite la résidence d'Edmond Archdeacon (1864-1906), agent de change et député de Paris, et de son épouse née Anne-Françoise de Rocquigny du Fayel. Celle-ci « recevait beaucoup et donnait des bals fort élégants »[61]. Il abrita ensuite un décorateur. Dans les années 1970, la façade a été remontée dans le parc du château que Marcel Dassault possédait à Coignières dans les Yvelines.
  • no 27 : Ancien hôtel Binder (V. le no 102 ci-dessous).
  • no 31 : Hôtel Dutuit : Hôtel des collectionneurs Eugène (1807-1886) et Auguste (1812-1902) Dutuit dont la collection, léguée en 1902 à la mairie de Paris par Auguste, est aujourd'hui au Petit Palais[62].
  • no 33 : « Au 33, le salon très mondain de Mme Victor Pignatel[63] ouvrait ses fenêtres à l'endroit où s'étaient élevées les hautes verrières du Jardin d'Hiver, qui s'étendait jusqu'au rond-point. »[64]
  • no 42 : Hôtel du prince de Saxe-Cobourg[65].
  • no 50 (angle de la rue du Colisée) : Hôtel de Poilly : Hôtel de style XVIIIe siècle de la baronne de Poilly qui y « possédait une belle galerie de tableaux anciens. Seigneurs et marquises Louis XV et Louis XVI animaient ce décor plusieurs fois l'an, car la baronne de Poilly avait le goût du bal costumé. Elle donnait aussi des réceptions où le monde tout court côtoyait le monde des lettres. On y vit le bon Coppée, Montesquiou l'extravagant, Paul Bourget, le professeur Pozzi (mais où ne le voyait-on pas ?) et, vers la fin de sa vie, le "Connétable" Barbey d'Aurevilly lui-même. »[66]
  • no 52 (angle de la rue La Boétie) : Hôtel de Massa.
  • no 53 : « Les victorias, les landaus et les coupés qui paradaient sur la chaussée, affrontaient l'examen sévère du maître carrossier de l'époque, M. Mülbacher, qui habitait au 53, et qui se distrayait de la construction des huit-ressorts en composant une collection des maîtres français du XVIIIe siècle. Plus tard, on nota dans le même immeuble la présence de Polaire qui battait alors les deux records de la taille la plus mince et des perles les plus grosses de Paris. »[64]
  • no 66 : Hôtel particulier de M. Amodru (en 1910)[44].
  • no 68 : Hôtel particulier de la comtesse Blanc (en 1910)[44].
  • no 74 : Hôtel Sommier : Il avait son entrée au no 57, rue de Ponthieu[44].
  • no 76 :
    • Hôtel d'Espagne, puis d'Uzès: En 1880, la duchesse d'Uzès (1847-1933), devenue veuve en 1878, décide de vendre l'hôtel familial de la rue de la Chaise pour s'installer rive droite, probablement pour se rapprocher du bois de Boulogne où elle monte à cheval et mène ses équipages quotidiennement. Elle fait l'acquisition de l'hôtel particulier construit pour la reine Marie-Christine d'Espagne (1806-1878) à l'emplacement d'une maison ayant appartenu à la duchesse de Caumont-La Force. Il s'agit d'un hôtel entre cour et jardin, construit sur une parcelle de deux tiers d'hectare s'étendant jusqu'à la rue de Ponthieu et donnant sur l'avenue par une porte cochère. La duchesse l'achète pour 3 millions de francs, dont elle règle une partie en œuvres d'art (plusieurs toiles de Meissonnier), à un industriel suisse, M. Secrétan, qui va s'installer rue Moncey. Le prix est jugé excessif pour un hôtel « médiocre et mal construit ». L'hôtel comporte des plafonds peints par Fortuny. Progressivement, la duchesse le modernise et en fait une des demeures les plus confortables de Paris : cette « demeure [...] passait, vers 1900, pour être une des plus remarquables du Paris moderne [...] Le salon de l'avenue des Champs-Élysées fut bientôt le rendez-vous de toutes les notabilités d'alors. Et la petite histoire a enregistré les entrevues mémorables qui eurent lieu ici entre la grande dame et le général Boulanger »[67]. Elle y installe son atelier de sculpture[68].
    • Hôtel Dufayel : En 1902[69], la duchesse d'Uzès vendit son hôtel à Georges Dufayel (1855-1916), propriétaire des Grands magasins Dufayel (26, rue de Clignancourt) depuis 1892, amateur d'art et collectionneur, domicilié un peu plus haut sur l'avenue, au no 90. L'hôtel d'Uzès fut démoli en 1905 et remplacé par un nouvel hôtel particulier construit par l'architecte Gustave Rives[70]. Le commanditaire n'habita jamais son nouvel hôtel, jugé par le New York Times « l'un des plus chers et des plus prétentieux hôtels au monde »[71]. Georges Sorel, dans une lettre du 21 mai 1918 à Roberto Michels le qualifie de « type de l'architecture du parvenu »[72]. « Les Parisiens d'alors [...] baptisèrent par dérision [le nouvel hôtel] palais de la beauté. »[69] Décor sculpté de Laurent Marqueste et Lucien Schnegg ; plafonds peints par Édouard Detaille. Durant la Conférence de Paris de 1919, l'hôtel fut utilisé par le gouvernement comme une sorte de club luxueux pour les délégations et la presse étrangères. Il fut acquis en 1920 par la Standard Oil et démoli en 1925.
  • no 77 : « Somptueux hôtel »[73] de Louis Louis-Dreyfus (1867-1940), financier et homme politique (en 1910)[44].
  • no 90 : Hôtel Dufayel : Georges Dufayel, directeur-propriétaire des Grands magasins Dufayel (V. le no 76), y résida jusqu'en 1906. L'hôtel fut alors acquis par le patron de presse Pierre Laffitte (1872-1938) et bientôt rebaptisé « la Maison des magazines » où, aux côtés de la librairie et d’un studio de photographie, il ouvrit, l’année suivante, « la Salle des fêtes de Fémina-Musica » devenue rapidement le théâtre Fémina, actif jusqu’en 1929. Les concerts, conférences et spectacles de ce lieu de divertissement se complétaient d’un conservatoire destiné aux amateurs, placé sous la direction du compositeur Xavier Leroux où enseignèrent entre autres Raoul Pugno (piano) ou Nadia Boulanger (accompagnement).
  • no 92 (angle de la rue de Berri) : Hôtel de Langeac : Élégante folie bâtie vers 1773 par l'architecte Chalgrin pour la comtesse de Langeac, maîtresse en titre du comte de Saint-Florentin. Celle-ci, pressée par des ennuis d'argent, vendit la maison en 1772 au comte d'Artois qui y logea sa maîtresse, l'actrice Louise Contat. De 1785 à 1789, Thomas Jefferson loua l'hôtel pour y installer l'ambassade des États-Unis en France. Vendu en 1793 comme bien national, l'hôtel fut démoli en 1842 et remplacé par l'hôtel de Belleyme-Trévise, où résida le prince Napoléon (Jérôme) et qui fut lui-même démoli en 1898.
  • no 102 : Hôtel Binder : Hôtel de Louis Germain Binder (1821-1910), de la maison de carrosserie Binder Frères, habité après lui par ses enfants, Charles Henri Maurice Binder (†1944) et Marguerite Sophie Julie Marie Binder, épouse de Pierre Paul Laffleur de Kermaingant[45]. André Becq de Fouquières évoque cette demeure qui existait encore en 1953 et était encore habitée par la même famille : « Peu de temps avant la guerre de 1870, M. Binder, qui habitait, en face, au 27, un hôtel assez sombre, suivit le conseil de son médecin, le Dr Grouby, et acquit pour la somme de 300 000 francs cet autre hôtel du 102, bien exposé au soleil. Mlle Binder devait épouser M. de Kermaingant, auteur de plusieurs ouvrages historiques [...] Et, fidèle au soleil, à cette demeure qui n'a pas changé d'aspect, les Binder et les Kermaingant opposent un démenti formel à un bouleversement si total qu'un homme de ma génération, qui aurait poussé par ici son cerceau, ne reconnaîtrait plus rien de ce qu'il vit alors. »[74]
  • no 103 : Deux hôtels jumeaux en pierre et briques construits par Henry Fontenilliat (1793-1864), Régent de la Banque de France, pour ses deux filles : Camille (1823-1912), Mme Auguste Casimir-Perier, et Jemmy-Mary (1825-1903), duchesse d'Audiffret-Pasquier par son mariage avec Gaston d'Audiffret-Pasquier (1823-1905). « Le premier des deux beaux-frères (Audiffret-Pasquier) était, à la Chambre, leader du centre droit, le second (Casimir-Perier) leader du centre gauche. Leurs demeures étaient séparées par une cour qui allait devenir, dans le Paris de 1879, comme la baraque de Pan-Munh-Jonh (Panmunjeom) dans la Corée de 1953 : une zone démilitarisée pour les négociations d'un armistice entre la droite et la gauche. C'est en effet par cette cour qu'allèrent et vinrent les émissaires des deux partis jusqu'à l'accord qui fit du Sénat "le grand conseil des communes de France". »[75] Jean Casimir-Perier, futur Président de la République française vit le jour en 1847 dans l'un de ces hôtels. Les deux hôtels furent détruits en 1898 pour construire l'hôtel Élysée Palace.
  • no 104 : Hôtel « où la baronne de Mesnil offrait à ses invités l'audition de rares musiques »[65]. Ensuite magasin d'exposition des automobiles Talbot.
  • no 116bis : Hôtel de M. A. Dufaur (en 1910)[57].
  • no 125 : « Maison construite en 1836 par l'architecte Levicomte et décorée de cariatides, œuvres du sculpteur Aimé Millet. (propriété de Mme Revenaz). »[57]
  • no 127 :
    • Hôtel de la marquise de Lambertye[57].
    • Hôtel de M. Wanamaker construit en 1905[57]. « Mon condisciple de la rue de Madrid, rapporte André Becq de Fouquières, Jean de Gouy d'Arsy, habitait là, avec sa mère remariée au marquis de Beauvoir[76], un de ceux qui se montrèrent toujours dévoué aux Princes d'Orléans. À peine âgé de vingt ans, M. de Beauvoir avait accompagné le jeune duc de Penthièvre dans son voyage autour du monde. Il publia, de cette expédition, un récit brillant qui eut le plus vif succès, l'honneur des gros tirages et celui d'être couronné par l'Académie française. Plus tard, Jean de Gouy d'Arsy devait épouser la fille naturelle du duc de Penthièvre[77]. L'hôtel qu'habitaient les Beauvoir avait été construit en 1905 sur l'emplacement de celui de la marquise de Lambertye, par M. Wanamaker, un riche américain qui possédait à New York de multiples magasins. Plus une trace, bien entendu, de cette opulente demeure : les chemins de fer nationaux, un organisme de tourisme, y débitent des invitations au voyage. »[78]
  • no 133 :
    • Hôtel du duc de La Force[57].
    • Hôtel Astoria : Hôtel de voyageurs construit en 1907. Selon le marquis de Rochegude : « l'élévation exagérée et agressive de cet hôtel détruit la belle harmonie de la place de l'Étoile »[57].
  • no 140 : Hôtel du baron Édouard de Rothschild (1868-1949) (propriété Bischoffsheim) (en 1910)[57]. « Parmi les acquisitions du baron Édouard de Rothschild, on pouvait voir un admirable van Dyck qui, par la grâce des héritiers du baron, est devenu un des joyaux du Louvre : le portrait d'une fille de Henri IV, Henriette de France, qui devait épouser Charles Ier d'Angleterre. »[58]
  • no 142 : Hôtel de M. Soubiran (en 1910)[57].
  • no 152 (angle de la rue Arsène-Houssaye) : Hôtel Musard : Hôtel du chef d'orchestre Philippe Musard (1792-1859)[65].

Événements[modifier | modifier le code]

Les Champs-Élysées sont le théâtre des grands événements historiques français : défilé de la Libération en 1944 ou rassemblement des Parisiens pour célébrer la victoire lors de la coupe du monde de football en 1998.

Dans un registre plus grave, les Champs-Élysées ont été le théâtre de deux attentats meurtriers en 1986. Le 20 mars, une bombe explose dans la galerie Point Show des Champs-Élysées à Paris faisant 1 mort et 51 blessés. le 14 septembre, une bombe est découverte au Pub Renault avenue des Champs-Élysées à Paris sous une table du restaurant par un maître d'hôtel, Jean-Claude Blanger. Celui-ci prend le paquet suspect, le descend au sous-sol, remonte. Il prévient deux policiers en faction, au moment où ils redescendent tous les trois, la bombe explose. 2 personnes tuées et une blessée.

Manifestations exceptionnelles[modifier | modifier le code]

Antoine Bourdelle, Le Centaure mourant.

La notoriété nationale et internationale de l'avenue, son accessibilité (métro et RER) et sa dimension en font un lieu pour certaines grandes manifestations au caractère exceptionnel :

  • Du 11 avril au 9 juin 1996, « Les Champs de la Sculpture », exposition de sculptures d'artistes contemporains ;
  • Du 15 septembre au 14 novembre 1999, « Les Champs de la Sculpture 2000 », exposition de sculptures d'artistes contemporains ;
  • Le dimanche 5 juin 2005, l'avenue des Champs-Élysées se transforme pour la journée en un immense terrain de sports avec piste d'athlétisme, bassins aquatiques, tatamis, etc. pour mettre en valeur la candidature de Paris pour l'organisation des Jeux olympiques de 2012. Immense succès populaire avec plus de 700 000 spectateurs (selon la mairie de Paris) ;

Manifestations récurrentes[modifier | modifier le code]

Chaque année, à l'occasion de la fête nationale française le 14 juillet, le principal défilé militaire de France, terrestre et aérien, a lieu sur les Champs-Élysées. Les troupes des quatre armées, armée de terre, marine nationale, armée de l'air et gendarmerie, de la police et des pompiers civils et militaires, descendent l'avenue et passent devant le président de la République, le gouvernement et les ambassadeurs étrangers rassemblés sur une tribune officielle montée place de la Concorde, face à l'avenue.

Chaque année depuis 1975, la dernière étape du Tour de France se termine sur les Champs-Élysées par une véritable parade après plus de trois semaines de course. Les coureurs parcourent entre six et dix tours d'un circuit montant et descendant l'avenue avant de se disputer une arrivée prestigieuse, diffusée en direct dans plus de 150 pays.

Chaque année, de fin novembre à début janvier, le comité Champs-Élysées offre les illuminations de l'avenue, tradition mise en place sous la présidence de Roland Pozzo di Borgo.
Le coup d'envoi étant donné par une célébrité, tels Alain Delon, Catherine Deneuve, Johnny Hallyday, Patrick Bruel, Florent Pagny, Lara Fabian, Monica Belucci, Vanessa Paradis, ou Marion Cotillard, la dernière en date étant Laetitia Casta en 2013.

L’avenue est également fermée à l’occasion des cérémonies du 8 mai 1945 et du jour du Souvenir (11 novembre), qui se déroulent à la statue du général de Gaulle à la place Clemenceau et à la tombe du Soldat inconnu, sous l’Arc de triomphe.

Chaque année, au soir du 31 décembre, les Champs-Élysées sont réservés aux piétons pour célébrer la nouvelle année.

La signalisation habituellement au milieu de l’avenue est prévue pour être facilement démontée à l’occasion de ces événements.

Films[modifier | modifier le code]

De nombreux films, au moins pour quelques scènes, ont eu les Champs-Élysées comme décor. Parmi les scènes mythiques tournées sur l'avenue :

Parmi les tournages réalisés sur l'avenue, citons notamment :

  • Durant l'été 2007, pendant une matinée seulement, l'avenue la plus fréquentée de Paris, profitant de la répétition du défilé du 14 juillet, a été vidée de ses passants pour les besoins du film d'Éric et Ramzy, Seuls Two.
  • Dans Les vacances de Mister Bean, on le voit traverser l'avenue au milieu de la route en se faisant klaxoner par les automobilistes.
  • 2008 : Les Champs-Élysées -et tout particulièrement le Lido - marquent l'aboutissement de l'épopée dérisoire d'Elias, le héros ballotté par les événements du film de Costa-Gavras, Eden à l'ouest
  • 2009 : Coco

Tourné en studio, le film de Sacha Guitry, Remontons les Champs-Élysées, retrace avec fantaisie l'histoire de l'avenue de la place de la Concorde en 1617 à la place de l'Étoile en 1938.

Stations du métro qui desservent l'avenue des Champs-Élysées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carnet de notes sur l'Occident, Shuchang Li, Kangqiang Shi, Viviane Alleton..., ed. MSH, 1988.
  2. Une semaine à Paris, Edwin Faxon Bacon, ed.American book Co., 1901
  3. L'Artiste, Achille Hermant: Les fêtes publiques, ed. Aux bureaux de L'Artiste, 1856
  4. Georges Monmarché, Denise Bernard-Folliot, Paris : Hauts-de-Seine, Seine-St. Denis, Val-de-Marne, Hachette,‎ 1972, p. 320
  5. Pierre Lavedan, Jeanne Hugueney, Philippe Henrat, L'urbanisme à l'époque moderne XVI-XVIII siècles, Librairie Droz,‎ 1982, p. 150
  6. Jean-Marie Cassagne, Mariola Korsak, Origine des noms de lieux de Paris et grande couronne, J.-M. Bordessoules,‎ 2009, p. 14
  7. Alfred Fierro, Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, Parigramme,‎ 1999, p. 350
  8. Thierry Halay, Paris et ses quartiers, Éditions L'Harmattan,‎ 1998, p. 132
  9. Les premiers chevaux de bois sont installés en juin 1777. Le fameux guignol des Champs-Élysées ne remonte, lui, qu'à 1818.
  10. Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Vie et histoire du VIIIe arrondissement, Paris, Éditions Hervas, 1991, p. 26-27
  11. emplacement de l'actuel no 73 de l'avenue
  12. Chateaubriand, témoin de la scène, l'a rapportée dans un passage célèbre des Mémoires d'outre-tombe (Livre V, chapitre 10).
  13. devenu aujourd'hui l'Espace Cardin
  14. Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Op. cit., p. 28
  15. Les cosaques russes en 1814, puis les troupes anglaises du 7 juillet 1815 au 1er janvier 1816.
  16. Les allées furent exhaussées et sablées et les arbres, replantés.
  17. [PDF] Conseil d'État, « Avis sur la propriété et la domanialité du Grand Palais », Conseil d'État,‎ 25 juillet 2005 (consulté le 28 août 2011)
  18. Les fontaines de Paris: l'eau pour le plaisir, Marie-Hélène Levadé, Hughes Marcouyau, ed. chapitre douze, 2006
  19. Louis Desprez (1799-1870), sculpteur, Prix de Rome en 1826
  20. cité par Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Op. cit., p. 28
  21. Colling 1949, p. 239
  22. Les merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes, Louis Figuier, ed.Furne, 1868
  23. « des établissements plus particulièrement destinés aux différents genres d'exploitation auxquels leur situation pouvait les rendre plus propices » (cité par Andrée Jacob et Jean-Marc Léri, Op. cit., p. 33)
  24. Le Voleur, 18 mars 1870.
  25. Les promenades de Paris, Adolphe Alphand, Emile Hochereau, ed.J. Rothschild, 1873
  26. Source : Avenup des Champs-Élysées – Les jardins sur le site Mon village : le faubourg du Roule et ses environs (consulté le 2 janvier 2009)
  27. Voir Nicolas Beaujon.
  28. Voir rue Marbeuf.
  29. A. B. C. des Omnibus ou l'alphabet qui court les rues,Paris, 1856 (consulter sur Gallica)
  30. « Les deux hommes avaient déjà décoré ensemble une brasserie parisienne, le Café Riche (bas-relief en céramique polychrome pour la devanture, la Danseuse de café-concert). Le statuaire, qui ici se confrontait pour la première fois à un décor plafonnant, s’associa les services d’un sculpteur ornemaniste du nom de Poulain. Cependant, il était par ailleurs fortement sollicité pour d’autres travaux liés à l’exposition (statue pour la gare d'Orsay, frise de dix bas-reliefs pour le Petit Palais). Aussi réadapta-t-il des motifs conçus pour la façade du palais voisin, créant ainsi entre les deux bâtiments des liens plus étroits qu’un simple voisinage. Une figure, intitulée le Vin, fut notamment reprise telle quelle, la pose ayant été simplement inversée par rapport au sujet original ; d’autres éléments semblent provenir de la même source. De fait, au-delà du gain de temps et d’argent qu’implique le remploi de formes préexistantes, le procédé montre la grande liberté du sculpteur et la confiance de l’architecte. » (Laurent NOET in : Evolution et diffusion de la gypserie en France (du XVIIe au XIXe. Siècle.), consulté le 3 janvier 2009)
  31. a et b ECONOMIE SOCIÉTÉS (ARCHIVES) Par Mathilde Visseyrias, « Les Champs-Élysées, une chère vitrine »,‎ 20 août 2010
  32. Soit 100 millions par an.
  33. Étude de l'agence Global Blue citée dans « Les Champs-Élysées prospèrent », Direct Matin, numéro 1196, page 10, mercredi 5 décembre 2012.
  34. En 2008, les loyers se situent entre 6 000 et 10 000 euros par mètre carré et par an.
  35. (en) Main Streets Across The World 2013-2014, rapport de Cushman & Wakefield, 13 novembre 2013
  36. Les loyers élevés menacent l'identité des Champs-Élysées, Mustapha Kessous, Le Monde, 24 décembre 2006
  37. Jean-Michel Guérin, « Les Champs-Elysées, troisième avenue la plus chère du monde », sur France Info,‎ 20 décembre 2013
  38. André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens. Vol. 1, Paris, Pierre Horay, 1953, p. 17
  39. André Becq de Fouquières, Op. cit., p. 122
  40. a et b Rochegude, Op. cit., p. 85
  41. André Becq de Fouquières, Op. cit., p. 121
  42. André Becq de Fouquières, Op. cit., p. 123
  43. André Becq de Fouquières, Op. cit., p. 16
  44. a, b, c, d, e et f Rochegude, Op. cit., p. 86
  45. a et b Rochegude, Op. cit., p. 88
  46. Rochegude, Op. cit., p. 83, s'inscrivant en faux contre l'allégation d'Arsène Houssaye dans ses Confessions selon laquelle ce dernier aurait été le propriétaire, et ajoutant que le terrain n'appartenait pas davantage à Émile Pereire.
  47. Source : The Comtesse de Trobriand (consulté le 28 mars 2009). Le portrait de la comtesse de Trobriand a été peint par Frederick William MacMonnies en 1901.
  48. Source : Comtesse de Rodellec du Portzic sur www.wiki-brest.net, consulté le 28 mars 2009. Selon André Becq de Fouquières : « Personne n'ignorait que le 37 abritait un brillant fameux, le diamant bleu, et dont l'heureuse propriétaire était la comtesse de... Trobriand. Elle commit l'erreur d'emporter avec elle ce trop brillant joyau dans sa villa de Bretagne, d'où il ne revint pas, car il fut volé et ne fut jamais retrouvé. Mme de Trobriand se choisit plus tard un très jeune mari, le comte de Rodellec, ce qui était peut-être une autre imprudence. » (Becq de Fouquières, Op. cit., p. 124)
  49. a et b Source : Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le Guide du patrimoine. Paris, Paris, Hachette, 1994, p. 158
  50. Becq de Fouquières (Op. cit., p. 123) le situe à tort à l'angle de la rue Lincoln.
  51. Emmanuel Hetch, « Le Guide du soldat allemand à Paris, ou comment occuper Fritz », L'Express,‎ octobre 2013 (lire en ligne)
  52. Rochegude (Op. cit., p. 88) donne le no 99. Becq de Fouquières (Op. cit., p. 120) situe précisément la maison « au coin de l'avenue George-V, juste au-dessus de l'actuel Fouquet's » ce qui correspondrait au no 99bis.
  53. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 120-121
  54. Journal de la Société des Américanistes, année 1906, vol. 3, p. 154
  55. no 120 selon Becq de Fouquières, Op. cit., p. 29. Le numéro 120 est confirmé par le Journal de la Société des Américanistes, année 1906, vol. 3, p. 156.
  56. Dans les années 60, l'american way of life - article Marie-Hélène Martin dans Libération du 6 février 2004 sur
  57. a, b, c, d, e, f, g, h et i Rochegude, Op. cit., p. 89
  58. a et b Becq de Fouquières, Op. cit., p. 31
  59. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 45
  60. 1970 selon certaines sources
  61. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 129
  62. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 124 et erratum in André de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens. II. Le quartier Monceau, Paris, Pierre Horay, 1954, p. 260
  63. Victor Pignatel, riche rentier issu d'une famille de soyeux lyonnais, fut l'un des gros actionnaires du Crédit lyonnais lors de la fondation de la banque. Sa femme était née Célestine Lacombe.
  64. a et b Becq de Fouquières, Op. cit., p. 124
  65. a, b et c Becq de Fouquières, Op. cit., p. 27
  66. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 20
  67. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 24
  68. Source : Patrick de Gmeline, La duchesse d'Uzès, Paris, Perrin, 2002, p. 93-94.
  69. a et b Becq de Fouquières, Op. cit., p. 25
  70. Rochegude, Op. cit., p. 86. Deux permis de construire avaient été délivrés les 10 décembre 1902 (hôtel particulier de deux étages) et 12 mars 1904 (bâtiment de communs de trois étages).
  71. « Oil Giants buy French Palaces », New York Times, 9 décembre 1920
  72. Georges Sorel, Giovanni Busino. Lettres de G. Sorel à L. Einaudi, E. Rod et R. Michels, Mil neuf cent. Revue d'histoire intellectuelle (Cahiers Georges Sorel), 1983, no 1, p. 91
  73. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 123
  74. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 26-27
  75. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 119-120
  76. Née Wilhelmine Stéphanie Marie Rosalie Jeanne Jacobine Minna de Löwenthal (1845-1938), sœur de la duchesse Decazes, elle épousa en 1866 le comte Marie François Régis Théodore Anthonin de Gouy d'Arsy (°1840), puis devenue veuve, se remaria en 1881 avec Ludovic Charles Marie Hébert de Beauvoir du Boscol (1846-1929), marquis de Beauvoir, diplomate, chef du service d'honneur du comte de Paris (Source : L'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, no 962, 20 mars 1902, p. 407).
  77. Jeanne Lebesque, née en 1879 d'Angélique Lebesque, épousa Jean de Gouy d'Arsy en 1903 au château d'Arc-en-Barrois.
  78. Becq de Fouquières, Op. cit., p. 119
  79. Site Web consacré à la manifestation, consulté le 24 mai 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Artaud de Montor, Encyclopédie des gens du monde..., Librairie de Treuttel et Würtz, 1835.
  • Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Félix Lazare et Louis Lazare, 1844.
  • Félix Lemaistre, Paris en miniature Guide pittoresque du voyageur, Garnier frères, 1856.
  • Théophile Lavallée, Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu'à nos jours, Michel Lévy frères, 1857.
  • Charles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III, 1863.
  • Adolphe Alphand, Émile Hochereau, Les promenades de Paris, J. Rothschild, 1873.
  • P. de Moncan, Ch. Mahout, Le Paris du Baron Hausmann, Seesam-RCI, 1991.
  • Marilù Cantelli, Jacques Guillerme, L'illusion monumentale : Paris, 1872-1936, Mardaga, 1991.
  • Roland Pozzo di Borgo, Les Champs-Élysées : trois siècles d'histoire, La Martinière, 1997.
  • Christophe Courau, « Les Champs-Élysées au cœur de l'histoire », Historia, no 637, janvier 2000.
  • Gilles Marchand, Dictionnaire des monuments de Paris, Jean-Paul Gisserot, 2003.
  • Philippe Mellot, Hippolyte Blancart, Paris au temps des fiacres, Éd. de Borée, 2006.
  • Arlette Farge et Laurent Turcot, Flagrants délits sur les Champs-Élysées : Les dossiers de police du gardien Federici (1777-1791), Gallimard, coll. Mercure de France, 2008.
  • Laurent Turcot, « Former une promenade publique : les Champs-Élysées au XVIIIe siècle », dans La nature citadine au siècle des Lumières, promenades urbaines et villégiature, Paris, William Blake & Co., coll. Centre Ledoux, Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, tome V, 2005, p. 50-60.
  • Florian Anselme, La Vie Cachée des Champs-Élysées, Éditions du Moment, 2013.
  • Brice Payen, Pascal Payen-Appenzeller, Champs-Élysées. Dictionnaire hotorique, architectural et culturel, Lédico, 2013, 636 p., ill.
  • Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse,‎ 1949 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
Sources

Articles connexes[modifier | modifier le code]

équivalents dans le monde

Lien externe[modifier | modifier le code]