Zone euro

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Zone euro
Image illustrative de l'article Zone euro
  •      Zone euro
  •      État de l'UE faisant partie du MCE II, obligé de rejoindre la zone euro
  •      État de l'UE faisant partie du MCE II, qui n'est pas obligé de rejoindre la zone euro, débat en cours (Danemark)
  •      État de l'UE qui n'est pas obligé de rejoindre la zone euro (Royaume-Uni)
  •      États de l'UE qui sont obligés de rejoindre la zone euro
  •      Micro-états utilisant l'euro avec l'accord de l'UE
  •      Pays qui ont adopté l'euro unilatéralement
Description Zone monétaire
Création 1999
Membres
Gouvernance
Origine Drapeau de l’Union européenne Union européenne
Base(s) légale(s) Traité sur l'Union européenne
Compléments
Site internet Consulter

La zone euro (ou Union économique et monétaire - UEM) est une zone monétaire qui regroupe les pays de l'Union européenne qui ont adopté l'euro (EUR, €) comme monnaie unique. Au total, vingt-cinq pays utilisent l'euro. Parmi eux, dix-huit pays de l'Union européenne, représentant près de 324 millions d'habitants[1] font partie de la zone euro au . Elle a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, rejoints par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008, par la Slovaquie en 2009, par l'Estonie en 2011 et par la Lettonie en 2014.

Les billets et les pièces circulent depuis le 1er janvier 2002[2],[3] mais sont fabriqués depuis le 1er janvier 1999 dans les onze pays fondateurs. Plusieurs critères sont nécessaires pour rejoindre la zone euro : un déficit public inférieur à 3 % du PIB, une dette publique ne dépassant pas 60 % du PIB, une inflation maîtrisée, une indépendance de la banque centrale du pays et une devise nationale stable pendant au moins deux ans au sein du MCE II.

Le taux directeur repo de la zone euro, fixé par la Banque centrale européenne, est de 1 % depuis (il est publié sur le site de la Banque centrale européenne). À partir du début de l'année 2010, avec le déclenchement de la crise de la dette publique grecque, puis de la crise irlandaise, la zone euro entre dans une période de turbulences. Au cours de nombreuses réunions du Conseil européen et de nombreux sommets européens, l'architecture globale de la zone euro va connaître de profondes évolutions.

Sommaire

Historique et origine[modifier | modifier le code]

L'UEM de l'Union européenne :
  •      pays de la zone euro
  •      pays membres de l'UE et du MCE II sans faire partie de la zone euro
  •      pays membres de l'UE hors MCE II
  •      autres pays utilisant l'euro comme monnaie

Avant Maastricht[modifier | modifier le code]

L'euro n'est pas la première monnaie à vocation européenne (et internationale). En effet, l'Union latine, née en 1865 à l'initiative de Napoléon III, marque une union monétaire ou supranationale signée et partagée par la France, la Belgique, la Suisse, l'Italie, la Grèce, plus tard l'Espagne et le Portugal, suivis de la Russie et de certains pays d'Amérique latine. La Première Guerre mondiale (1914-1918) a mis fin à ce projet d'unification monétaire.

Le projet de créer une monnaie unique naît dans les années 1970 avec les turbulences du régime agri-monétaire depuis la mise en œuvre de la Politique agricole commune en 1962 et l'impossibilité de mettre en place un système de taux de change contrôlable[4].

Négociations de Maastricht[modifier | modifier le code]

La décision de créer l'euro a été officialisée lors du traité de Maastricht. Lorsque s'engagent les négociations les responsables savent qu'économiquement la constitution de la zone euro est un défi. En effet, les économistes savent depuis les travaux de Robert Mundell des années cinquante que pour que des pays aient intérêts à avoir une même monnaie ils doivent[5]:

  • être intégrés économiquement
  • ne pas avoir des économies qui réagissent trop différemment aux chocs économiques
  • avoir des mécanismes aptes à remédier aux divergences existante ou pouvant apparaître. Parmi ces mécanismes, Jean Pisani-Ferry[5] cite les « migrations en réponse à des écarts de salaire, (les) mouvements de capitaux en cas d'écarts de rendement, ou simplement (la) flexibilité interne du système de prix en réponse aux variations de la demande ».

Lorsque la monnaie unique est créée, les décideurs savent que si les asymétries entre pays européens ne sont pas plus grandes qu'entre États américains malgré tout les pays du cœur de l'Europe Allemagne, France, et quelques autres présentent des divergences moins marquées que celles qu'on peut trouver avec les pays de la périphérie. Ils savent aussi que les mécanismes d'ajustement sont faibles. Par ailleurs, Paul Krugman souligne alors que l'intégration va favoriser le regroupement des industries dans les mêmes régions économiques ce qui creusera les divergences entre les pays au lieu de les réduire[6].

Pour Jean Pisani-Ferry, les responsables politiques des pays décident de passer outre pour trois raisons :

  1. ils n'aiment pas les changes flottants comme le montre la création dans les années soixante-dix du serpent monétaire européen pour du Système monétaire européen ;
  2. la libéralisation des capitaux les obligent soit à adopter des politiques monétaires similaires soit à laisser flotter leur monnaie ce qu'ils ne veulent pas faire comme on l'a vu au point un,
  3. pour des raisons politiques[7].

En effet, la France qui à partir du tournant vers la rigueur de 1983 a dû suivre la politique monétaire allemande, aimerait participer au pilotage d'une monnaie européenne d'autant que selon Jean Pisani-Ferry[8] « François Mitterrand, qui a abandonné ses ambitions de transformation sociale, veut placer son second septennat sous le signe de l'Europe ». Par ailleurs, le chancelier allemand Helmut Kohl, un européen fervent, comprend que l'adoption de l'euro permettra de lever les craintes des autres européens à propos de la réunification de l'Allemagne[9]. Le Deutsche Mark était alors une des trois grandes monnaies mondiales avec le dollar et le yen[10],[11].

Deux visions se sont opposées. D'un côté celle qui a prévalu, d'un pacte de stabilité avec une surveillance multilatérale assez faible, reposant sur l'idée que si chacun gérait bien ses finances publiques et son économie les choses iraient bien[12]. D'un autre côté, certains (tels Jacques Delors) prônaient le respect du pacte au sein d'une zone euro plus pro active[12], s'inscrivant dans le cadre d'une « coopération renforcée ». La zone euro, dans cette optique, aurait notamment participé à l'établissement « d'un calendrier de long terme pour des réformes structurelles, telles que celles de l'allongement des durées de vie au travail »[12]. La position de la France n'était pas forcément celle, fédéraliste, de Jacques Delors, En effet, d'après Jean Pisani-Ferry[13], lors des négociations François Mitterrand s'oppose avec succès à l'Union politique qui sous-tend le projet fédéral. Par ailleurs l'idée des fédéralistes français qui sous le vocable de gouvernement économique entendent surtout réaffirmer le lien entre monnaie et État s'oppose à celle des allemands pour qui la monnaie n'est pas tant celle d'un État que d'une communauté[14].

Passage à l'euro[modifier | modifier le code]

La zone euro est une des principales étapes de l'intégration économique au sein de l'Union européenne. Il était prévu à la création de l'Union économique et monétaire que tous les pays de l'UE l'intègrent à terme.

À sa création, en 1999, la zone euro comprenait onze des quinze pays[15] que l'UE comptait alors, essentiellement les pays fondateurs ou historiques. À leur entrée, ils étaient censés respecter les critères du pacte de stabilité et de croissance. L'Italie et l'Espagne ont fait des efforts budgétaires importants pour respecter ces critères. Certains pays (Italie, Belgiqueetc.) ont intégré la zone malgré une dette publique supérieure à 100 % du PIB.

Architecture institutionnelle de départ et son évolution[modifier | modifier le code]

Banque centrale européenne, Eurosystème et Système européen des banques centrales (SEBC)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Banque centrale européenne.
Jean-Claude Juncker président de l'Eurogroupe de 2005 à 2013.

Avant la crise de la zone euro[modifier | modifier le code]

La BCE est l'organe central[16] de l'Eurosystème et du Système européen de banques centrales :

  • l’Eurosystème regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales (BCN) des États membres de l'Union européenne qui ont adopté l'euro. Dans le cadre de l'Eurosystème la BCE s'est vue confier les missions autrefois dévolues aux banques centrales nationales : émission de monnaie et politique monétaire[17] ;
  • le Système européen de banques centrales (SEBC) comprend la BCE et les BCN des vingt-sept États membres de l'UE, c'est-à-dire que, par rapport à l'Eurosystème, il comprend en plus les BCN des pays qui n'ont pas adopté l'euro. Les BCN des États membres ne participant pas à la zone euro jouissent au sein du SEBC d'un statut particulier : elles sont habilitées à conduire une politique monétaire nationale autonome, mais elles ne participent pas à la prise de décisions de la politique monétaire de la zone euro ni à sa mise en œuvre.

En 2009, le traité de Lisbonne a doté la BCE d'une personnalité juridique.

Conformément aux traités et statuts[18], l'objectif principal de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de cet objectif, elle apporte son soutien aux objectifs économiques de l'Union, c'est-à-dire le maintien d'un niveau d'emploi élevé et l'encouragement d'une croissance non-inflationniste[a]. Elle agit conformément au principe d'une économie de marché ouverte.

Les missions fondamentales relevant de l'Eurosystème consistent à :

De plus, l'Eurosystème contribue à la bonne conduite des politiques menées par les autorités compétentes concernant le contrôle prudentiel des établissements de crédit et la stabilité du système financier.

La politique monétaire de l'ensemble des pays de la zone euro est du ressort de la Banque centrale européenne (BCE) et du système européen de banques centrales. Les États extérieurs à l'Union européenne, même ceux ayant des accords monétaires, ne sont pas représentés dans ces institutions. La BCE décide du design et de l'émission des billets de banque et des pièces en euro. Depuis le 1er novembre 2011, le président de la BCE est Mario Draghi.

Évolution à la suite de la crise de la zone euro[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 2010, à la suite de l'annonce d'un plan conjoint Union européenne/FMI de 750 milliards d'euro, la BCE décide de permettre aux banques centrales de la zone d'acheter de la dette publique et de la dette privée sur les marchés secondaires. La décision, saluée (même s'ils la jugent insuffisante) par les adversaires des politiques monétaristes, a été controversée et a été prise après mise en minorité du camp allemand[19]. Juridiquement, elle se fonde sur le fait qu'il n'est pas explicitement interdit par les traités de racheter de la dette sur le marché secondaire (alors qu'un rachat direct par la banque centrale à l'État, qui équivaudrait à un prêt, est lui explicitement interdit), ainsi que sur l'article 122-2 du traité de Lisbonne qui permet de venir en aide à des États européens en difficulté en cas de circonstances exceptionnelles. Elle comporte cependant deux ruptures avec les règles tacites de l'institution : 1) elle n'a pas été prise par consensus, 2) un des partenaires n'a pas hésité à faire part publiquement des divergences[20].

Le , la BCE permet aux banques d'emprunter des montants illimités pour une durée de 3 ans. Le 489 milliards d'euros ont été empruntés[21] par les banques pour servir en partie à acheter des titres de dette publique[22].

Fin février 2012, la BCE accorde à nouveau 529,5 milliards d'euros de prêts à trois ans à 800 banques. Après cette opération, le bilan de la BCE pèse « 32 % du PIB de la zone euro, contre 21 % pour le Royaume-Uni, 19 % pour les États-Unis et 30 % pour le Japon ». Le bilan a plus que doublé depuis l'été 2007 et le début de la crise des subprimes[23].

Le 6 septembre 2012 est adopté le programme OMT (Opération monétaire sur titre)[24] à la suite d'un vote du Conseil des gouverneurs de la BCE (seul le représentant de la Bundesbank a voté contre)[25]. Il prévoit que :

  • La BCE rachètera sans limitation des emprunts d’État d'une maturité entre un et trois ans (Les pays en difficulté émettent surtout ce type d'emprunt)[24].
  • Conditions : Pour bénéficier de ce mécanisme il faut soit :
    • faire appel au FESF ou demain au MES et bénéficier d'une aide de cet organisme et donc avoir accepté les conditionnalités afférentes à ces aides[24].
    • Être bénéficiaire d'un programme d'ajustement économique. Dans ce cas, il faut être revenu sur le marché (cas de l'Irlande)[24].
  • But : faire baisser les taux d'intérêt qui pour la BCE incorpore « une composante qui est une prime de risque que l'euro n'éclate dans les deux ou trois ans et que les dettes soient remboursées dans une autre devise ». C'est cette composante évaluée à 100 à 150 points de base pour l'Espagne ou l'Italie que la BCE voudrait supprimer[25]. Il s'agit d'une façon générale de constituer « un rempart efficace contre les risques extrêmes dans la zone euro »[24].
  • Statut des rachats. La BCE accepte d'être traitée en cas de défaut comme les autres créanciers[25].

Eurogroupe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eurogroupe.

La zone euro est représentée politiquement par les ministres des Finances réunis dans l'Eurogroupe actuellement présidé par Jeroen Dijsselbloem. Les ministres des finances de l'Eurogroupe se réunissent un jour avant la réunion du Conseil européen des affaires économiques et financières (Ecofin). l'Eurogroupe n'est pas officiellement intégré dans Ecofin mais quand ce dernier traite seulement des affaires de la zone euro, seuls les membres de l'Eurogroupe votent[26],[27],[28].

Avec le Traité sur la stabilité et la gouvernance dans l'UEM, entré en vigueur le 1er janvier 2013, l'Eurogroupe doit se réunir au moins deux fois par an.

Sommets de la zone euro[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sommet de la zone euro.

Les sommets de la zone euro sont les réunions des chefs d’État et de gouvernement des États ayant adopté l'euro[29]. Ces sommets seraient ouverts aux autres pays de l'Union européenne qui auront ratifié le traité quand il s'agira de débattre des problèmes de compétitivité ou de modification de l'architecture globale de la zone euro. Début mars 2012, Herman Van Rompuy est nommée président du sommet de la zone euro[30].

Pacte de stabilité et de croissance[modifier | modifier le code]

Pacte de départ[modifier | modifier le code]

Le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) est l'instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d'éviter l'apparition de déficits publics excessifs. Il impose aux États de la zone euro d'avoir à terme des budgets proches de l'équilibre ou excédentaires.

Le PSC est fondé sur les articles 99 et 104[31] du Traité instituant la Communauté européenne. Il a été adopté au Conseil européen d'Amsterdam le et a acquis une valeur normative par deux règlements du Conseil de l'Union européenne du 7 juillet 1997. Le PSC prolonge l'effort de réduction des déficits publics engagé en vue de l'adhésion à l'Union économique et monétaire (UEM) et l'institution de l'euro. Cependant, à l'inverse de la politique monétaire, la politique budgétaire demeure une compétence nationale.

Le PSC comporte deux types de dispositions :

  • La surveillance multilatérale, disposition préventive : Les États de la zone euro présentent leurs objectifs budgétaires à moyen terme dans un programme de stabilité actualisé chaque année. Un système d'alerte rapide permet au Conseil ECOFIN, réunissant les ministres de l'Économie et des Finances de l'Union, d'adresser une recommandation à un État en cas de dérapage budgétaire.
  • La procédure des déficits excessifs, disposition dissuasive. Elle est enclenchée dès qu'un État membre dépasse le critère de déficit public fixé à 3 % du PIB, sauf circonstances exceptionnelles. Le Conseil ECOFIN adresse alors des recommandations pour que l'État mette fin à cette situation. Si tel n'est pas le cas, le Conseil peut prendre des sanctions : dépôt auprès de la BCE qui peut devenir une amende (de 0,2 à 0,5 % PIB de l'État en question) si le déficit excessif n'est pas comblé.

Pacte de stabilité et de croissance renforcé : le « Six Pack »[modifier | modifier le code]

On appelle « six-pack » un ensemble de cinq règlements et d'une directive proposés par la Commission européenne et approuvés par les 27 États membres et le Parlement européen en octobre 2011. Il vise à pallier les insuffisances apparues à l'occasion de la crise de la dette dans la zone euro. Il comprend trois grands volets :

  • Volet budgétaire : à partir de décembre 2011, si les pays qui sont en procédure de déficit excessif (PDE) (23 sur 27 pays en décembre 2011) ne se conforment pas aux recommandations que le Conseil leur a adressé, le Conseil sur recommandation de la Commission européenne les sanctionnera, sauf si une majorité qualifiée d'États s'y oppose[32],
  • Volet dette : les pays qui ont une dette qui dépasse 60 % du PIB feront l'objet d'une PDE (procédure de dépassement) s'ils ne réduisent pas leur dette d'un vingtième par an[32],
  • Volet déséquilibres macroéconomiques.

Rappelons que la crise de la dette publique grecque ou portugaise n'est pas due qu'à des problèmes de déficit budgétaire mais également à des problèmes graves de compétitivité et que la crise espagnole est liée à une crise immobilière. Aussi, pour prévenir ce type de déséquilibre macroéconomique, un système d'alerte précoce a été mis en place. Si les pays présentent des déséquilibres importants, une procédure pour déséquilibre excessif peut être lancée et des sanctions pourront être prises à l'encontre des États. Il repose sur une série d'indicateurs parmi lesquels nous pouvons citer :

  • moyenne mobile sur trois ans de la balance des transactions courantes en pourcentage du PIB (dans une fourchette comprise entre +6 % et -4 % du PIB)[32] ;
  • évolution sur trois ans des coûts unitaires nominaux de la main-d'œuvre (seuils de +9 % pour les pays de la zone euro, de +12 % pour les États hors zone euro) ;
  • variation sur trois ans des taux de change réels effectifs sur la base de déflateurs IPCH/IPC, par rapport à 35 autres pays industriels (seuils de -/+5 % pour les pays de la zone euro, de -/+11 % pour les pays hors zone euro) ;
  • dette du secteur privé en % du PIB (seuil de 160 %) ;
  • variations en glissement annuel des prix de l'immobilier par rapport à un déflateur de la consommation calculé par Eurostat (seuil de 6 %) ;
  • dette du secteur des administrations publiques en % du PIB (seuil de 60 %) ;

Nouvelles règles et nouvelles institutions plus intergouvernementales créées lors de la crise[modifier | modifier le code]

Institutions de gestion des crises créées à la suite de la crise de la zone euro[modifier | modifier le code]

Lors de la création de la zone euro, il avait été prévu d'éviter les crises à travers le pacte de stabilité pas d'y faire face. La crise va provoquer la création de mécanisme de gestion des crises qui semble confirmer la phrase de Jean Monnet selon laquelle, l'Europe se fera « dans les crises, et sera la somme des solutions apportées à ces crises »[33]. Toutefois elles se différencient de la pensée de Monnet en ce sens qu'elles sont moins communautaires et relèvent davantage de la méthode intergouvernementale[34].

Fonds européen de stabilité financière (FESF)[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 9 au 10 mai 2010, pour faire face à la peur des marchés et éviter que la crise grecque s'étende à l'Espagne, au Portugal voire à l'Italie, l'Union européenne en coopération avec le FMI se dote d'un fonds de stabilisation de 750 milliards d'euros (la Commission européenne est autorisée à emprunter 60 milliards d'euros, 440 milliards apportés par les États à travers la création d'un Fonds européen de stabilité financière et 250 milliards apportés par le FMI)[35]. Ce montant est à mettre en lien avec les besoins de financement du Portugal, de l'Espagne et de l'Irlande qui s'élèvent à 600 milliards d'euros pour la période allant jusqu'à 2012[36].

Les 440 milliards des États seront empruntés par un instrument spécial (Special Purpose Vehicule) grâce aux garanties des États participants[36] et serviront à acheter de la dette des pays menacés. L'Allemagne apporte des garanties sur 28 % de l'ensemble (la fraction de sa part dans le capital de la BCE) soit 123 milliards. Toutefois, cette garantie peut aller jusqu'à 150 milliards pour compenser la non participation de certains pays non euro[37]. La France apporte des garanties de 90 milliards d'euros[38]. Si les Britanniques ont refusé de s'associer au mécanisme estimant que c'était l'affaire des pays de la zone euro[36], la Pologne et la Suède bien que non euro ont accepté de participer[39].

MES (Mécanisme européen de stabilité)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mécanisme européen de stabilité.

Un accord a été conclu le 28 novembre 2010. Cet « accord rend possible soit une assistance temporaire à un État solvable, soit une renégociation avec les créanciers en cas d'insolvabilité »[40],[41]. Le FESF (Fonds européen de stabilité financière) devrait être remplacé par le MES (Mécanisme européen de stabilité)[42] juillet 2012. Lors du Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro du 11 mars[41] il a été décidé que le MES disposerait de 500 milliards d'euro ;

  • que le MES pourra, sur la base d'un accord unanime des pays, accorder des prêts ou acheter de la dette primaire des États dans le cadre de strictes conditionnalités. C'est-à-dire que les États bénéficiaires devront s'engager à prendre des mesures précises qui conditionneront l'octroi du prêt ou l'intervention sur le marché primaire de la dette (c'est-à-dire sur les titres de dette nouvellement émis) ;
  • que les prêts du MESF (Mécanisme européen de stabilité financière) bénéficieraient « du statut de créance privilégiée, qui ne sera inférieur qu'à celui du FMI » ;
  • et qu'un pays insolvable devrait négocier un plan de restructuration global avec ses créanciers privés dans le cadre de clauses d'action collective (CAC) afin de revenir à un endettement supportable. La question de la solvabilité d'un État sera examinée sur la base d'analyses de la Commission européenne, du FMI et de la BCE.

Le MES organisation intergouvernementale de droit international public siège à Luxembourg. Il est doté

  • d'un conseil des gouverneurs (le ministre chargé des finances de chaque État membre) présidé soit par le président de l'Eurogroupe soit par un président issu de ses membres[43]. Les décisions sont prises avec un quorum des deux tiers des membres disposant de droits de vote représentants au moins deux tiers des voix. Les voix dont disposent les États sont proportionnelles à leur participation au capital du MES[44]
  • Un conseil d'administration nommé par les gouverneurs. Il vote à la majorité qualifiée (80 à 85 % des voix selon les cas)
  • Un directeur général nommé pour cinq ans[45]
  • d'un capital autorisé fixé à 700 milliards d'euros dont 80 milliards à verser par tranche de 20 % sur cinq ans[46].
  • Il ne s'agit de permettre au MES d'emprunter pour se financer mais il est précisé qu'« aucun membre du MES, ne peut, du fait de sa qualité de membre, être tenu pour responsable d'obligations du MES »[47].

Le MES est souvent appelé par les journalistes le parefeu. Une allusion à sa mission d'éviter que la propagation d'une crise financière issue de problèmes sur la dette publique d'un pays à l'ensemble de la zone euro voire au monde.

Mécanismes de coordination des politiques économiques d'inspiration intergouvernementales nés avec la crise[modifier | modifier le code]

Semestre européen[modifier | modifier le code]

Le semestre européen a été instauré en 2011. Il vise à mieux coordonner les politiques budgétaires des pays en procédant à un examen ex-ante des projets de budget[48]. En mars le Conseil européen sur la base d'un rapport Commission européenne établit des « des avis stratégiques sur les principaux défis économiques à venir ». Les pays doivent en tenir compte dans leur projet de budget qui seront examinés par le Conseil européen et le Conseil des ministres des finances (Ecofin) en juin, juillet avant que les pays n'adoptent les budgets[48].

Pacte pour l'euro[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Europlus.

Lors de la réunion des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro du 11 mars 2011, il a été décidé de créer une coordination renforcée des politiques économiques intitulée pacte pour l'Euro (l'idée avait été initialement proposée par l'Allemagne sous la dénomination pacte de compétitivité). Ce pacte sera soumis aux pays non euro lors du Conseil européen du 24 mars afin de leur permettre de s'y joindre éventuellement. Ce pacte repose sur quatre règles directrices : renforcer la gouvernance économique de l'Union européenne ; favoriser la compétitivité et la convergence des compétitivités des États ; respecter l'intégrité du marché unique ; impliquer les pays membres. Pour ce faire, chaque chef d'État ou de gouvernement devra prendre des engagements concrets chaque année auprès de ses pairs qui assureront le suivi des réalisations[49]. Le pacte vise quatre objectifs[50].

  • Renforcer la compétitivité. Il s'agit ici de s'assurer que les coûts du travail évoluent avec la productivité ; d'examiner les mécanismes d'indexation de salaires et de veiller à ce que « les accords salariaux dans la fonction publique viennent soutenir les efforts de compétitivité consentis dans le secteur privé »[51].
  • Promouvoir l'emploi en favorisant la flexicurité, l'éducation et la formation et en réduisant les charges fiscales sur le travail[52].
  • Améliorer la viabilité des finances publiques. Deux grands axes sont mis en avant[53].
    • Suivre la viabilité des retraites, des soins de santé et des prestations sociales.
    • « Les États de la zone euro s'engagent à traduire dans leur législation nationale les règles budgétaires de l'UE figurant dans le pacte de stabilité et de croissance ».
  • Renforcer la stabilité financière notamment à travers une « réforme globale du cadre européen de supervision et de régulation du secteur financier est en cours »[54].

Par ailleurs, au niveau fiscal, il est prévu d'aller vers une assiette commune pour l'impôt sur les sociétés ainsi que des « discussions structurées sur les questions de politique fiscale, en vue notamment d'assurer l'échange des bonnes pratiques, sur la prévention des pratiques nuisibles et sur des propositions de lutte contre la fraude et l'évasion fiscale »[55].

Pacte budgétaire européen (fiscal compact)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pacte budgétaire européen.

Ce pacte qui figure au Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'union économique et monétaire (TSCG) a été signé le 2 mars 2012 par vingt-cinq pays sur vingt-sept. Pour rentrer en vigueur, il devra être ratifié par douze pays. Seuls les pays l'ayant ratifié pourront bénéficier des prêts du mécanisme européen de stabilité[56]. Les grands axes du pacte :

  • Les pays devraient intégrer une règle d'équilibre budgétaire parfois appelée en France « règle d'or » . La Cour de justice de l'Union européenne serait chargé de vérifier que les États transposent cette règle en droit national.
  • Le déficit public structurel ne devrait pas excéder 0,5 % du PIB nominal[57]. Les pays qui voudront bénéficier des prêts du Mécanisme européen de stabilité devront à compter du 1er mars 2013 avoir ratifié le (TSCG).

États membres de la zone euro[modifier | modifier le code]

Les 18 pays membres de la zone euro, formant ainsi l'Eurogroupe, sont, par date d'adhésion et par ordre alphabétique :

Pays Date d'adoption de l'euro Population Exceptions
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1er janvier 1999 80 523 700
Drapeau de l'Autriche Autriche 1er janvier 1999 8 460 390
Drapeau de la Belgique Belgique 1er janvier 1999 11 116 243
Drapeau de l'Espagne Espagne 1er janvier 1999 47 265 321
Drapeau de la Finlande Finlande 1er janvier 1999 5 450 002
Drapeau de la France France 1er janvier 1999 66 400 000 Drapeau : Nouvelle-Calédonie Nouvelle-Calédonie Nouvelle-Calédonie[b]
Polynésie française Polynésie française[b]
Wallis-et-Futuna Wallis-et-Futuna[b]
Drapeau de l’Irlande Irlande 1er janvier 1999 4 722 028
Drapeau de l'Italie Italie 1er janvier 1999 60 626 442 Campione[c]
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 1er janvier 1999 524 853
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1er janvier 1999 16 733 727 Drapeau d’Aruba Aruba[d]
Drapeau de Curaçao Curaçao[e]
Drapeau de Sint Maarten Sint Maarten[e]
Drapeau des Pays-Bas caribéens Pays-Bas caribéens[e]
Drapeau du Portugal Portugal 1er janvier 1999 11 012 078
Drapeau de la Grèce Grèce 1er janvier 2001 10 815 197
Drapeau de la Slovénie Slovénie 1er janvier 2007 2 000 092
Drapeau de Chypre Chypre 1er janvier 2008 1 120 489 Drapeau de la Chypre du Nord Chypre du Nord[f]
Malte Malte 1er janvier 2008 408 333
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 1er janvier 2009 5 410 836
Drapeau de l'Estonie Estonie 1er janvier 2011 1 286 479
Drapeau de la Lettonie Lettonie 1er janvier 2014 2 204 708
Drapeau de l’Union européenne Zone euro 336 080 918

Pays de l'Union économique et monétaire non membres de la zone euro[modifier | modifier le code]

Association européenne de libre-échange (AELE) Euroïsation par accord avec l'UE Espace Schengen Espace économique européen Accord de libre-échange centre-européen (ALECE) Conseil de l'Europe Union européenne Zone euro Union douanière de l'Union européenne Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan Union de la Russie et de la Biélorussie Suisse Islande Liechtenstein Norvège Kosovo (UNMIK) Albanie Bosnie-et-Herzégovine Macédoine Monténégro Serbie Moldavie Organisation pour la démocratie et le développement (GUAM) Ukraine Géorgie Azerbaïdjan Kazakhstan Biélorussie Russie Arménie Vatican Saint-Marin Monaco Andorre Turquie Croatie Bulgarie Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord Roumanie Tchéquie Danemark Hongrie Lituanie Pologne Suède Chypre Irlande Autriche Belgique Estonie Finlande France Allemagne Grèce Italie Luxembourg Lettonie Malte Pays-Bas Portugal Slovaquie Slovénie Espagne
Diagramme d'Euler cliquable montrant les relations entre divers accords et organisations multinationaux européens.vdm
Article détaillé : Élargissement de la zone euro.

Plusieurs États membres n'ont pas encore adopté l'euro, soit parce qu'ils ne répondent pas encore aux critères d'adhésion, soit parce qu'ils ne le souhaitent pas. Parmi les derniers adhérents à l'UE, la plupart espèrent rejoindre la zone euro rapidement, bien que la crise économique ait remis en cause cet empressement[58].

  • La Lituanie, recalée en 2007 pour un excès d'inflation de 0,1 point, devrait intégrer la zone euro au .
  • La Bulgarie n'a pas communiqué de date butoir ou éventuelle quant à son adhésion à la zone euro.
  • La Croatie n'a pas communiqué de date butoir ou éventuelle quant à son adhésion à la zone euro même si elle a indiqué vouloir adopter la monnaie unique au plus vite.
  • La République tchèque n'a pas communiqué de date butoir ou éventuelle quant à son adhésion à la zone euro.
  • La Hongrie espère rejoindre la zone euro au plus tôt en 2020[réf. nécessaire].
  • La Roumanie espère rejoindre la zone euro au plus tôt en 2018[réf. nécessaire].
  • La Pologne n'a pas communiqué de date butoir ou éventuelle quant à son adhésion à la zone euro.
  • La Suède a refusé l'adoption de l'euro par référendum en septembre 2003 et le débat n'a jamais été rouvert depuis. Elle ne possède cependant pas de dérogation comme le Danemark ou le Royaume-Uni.
  • Le Danemark, qui a voté non au traité de Maastricht avant d'obtenir quatre dérogations dont l'une sur la monnaie unique, a refusé l'euro par référendum en septembre 2000. Aucun nouveau référendum n'a été fixé à ce jour.
  • Le Royaume-Uni possède une dérogation permanente qui lui permet de ne pas adhérer à la zone euro. Pour l'heure, le pays n'envisage pas de se lancer dans une démarche d'adhésion. Les zones souveraines britannique de Chypre utilisent cependant l'Euro par dérogation à ce principe et la législation locale a été mise en conformité avec le droit de l'Union européenne.

À la politique des États de l'Union européenne concernant l'adhésion à la monnaie unique, les sondages d'opinions montrent l'approbation ou le refus des populations à intégrer la zone euro. Au Royaume-Uni, au Danemark (71 %) et en Suède (87,6 %), l'opposition y est encore forte et constante à ce jour. En République tchèque (70 %) et en Pologne (75 %) l'opposition y est majoritaire depuis la crise économique de 2008. Les opposants à l'euro en Lituanie (49 %) sont désormais un peu plus nombreux que ses partisans (43 %)[59].

Bien que non membre de la zone euro, la Lituanie a d'ores et déjà adopté officiellement le choix des faces nationales des futures pièces en euro[60].

Influence de l'euro hors zone euro[modifier | modifier le code]

Micro-États européens utilisant l'euro[modifier | modifier le code]

En plus des dix-huit pays membres de l'UEM, trois micro-États utilisent l'euro comme monnaie officielle légalement sans être membres de l'Union européenne. En effet ces micro-États avaient des accords avec des pays pour utiliser leur monnaie avant que la zone euro se construise. Il s'agit de :

Cette situation leur permet d'avoir leur propre face nationale sur les pièces qu'ils émettent en euros.

  • Andorre, la principauté qui utilisait le franc français et la peseta espagnole au moment du passage à l'euro s'est retrouvée de facto dans la zone euro. Initialement, Andorre n'avait pas le droit de frapper ses pièces en euro avec sa propre face nationale, mais à la suite d'une négociation avec la BCE et la Commission européenne, un accord intervint le 30 juin 2011, qui lui permit déjà de frapper des pièces commémoratives (sans cours légal). Depuis le , Andorre peut émettre ses propres pièces de monnaie[61], lesquelles devraient commencer à circuler en 2014.

Pays européens sans accord formel[modifier | modifier le code]

État/Territoire Adopté Notes
Kosovo Kosovo / DM/EUR semi-officiel ; autre monnaie acceptée : YUM[62],[63] puis (2003) CSD puis (2006) RSD
Monténégro Monténégro / DM/EUR officiel ; en circulation avec le YUM jusqu'au 13 novembre 2000

La Suisse, en raison de sa particularité d'être entourée par la zone euro, permet de régler la plupart des achats dans cette devise. La plupart des grandes entreprises nationales et des commerces (Migros, Coop, Les Chemins de Fer Fédéraux, La Poste Suisse) permettent de payer soit en francs suisses, soit en euros. Les centres touristiques acceptent également l'euro et tous les commerces affichent les tickets et les factures en francs suisses et en euros. Toutefois, en règle générale, la monnaie est rendue en francs suisses.

Faisant suite à la surévaluation de la monnaie helvétique sur l'euro, la Banque nationale suisse a mis en place dans sa décision du 6 septembre 2011, un programme de dévaluation de la monnaie nationale par un achat massif et illimité de produits monétaires liés à l'euro pour fixer un taux plancher de 1,20 franc pour un euro. Ceci montre l'interdépendance des monnaies et économies de la Suisse et de la zone euro.

Monnaies liées à l'euro[modifier | modifier le code]

En raison d'accords préalables (avec le franc français et l'escudo portugais), des monnaies africaines et océaniennes sont liées à l'euro par un taux fixe :

Le mark convertible de Bosnie-Herzégovine (code BAM) correspond par ailleurs à la valeur de l'ancien Deutsche Mark, et se retrouve donc lié à l'euro par un taux fixe égal au taux de conversion DM/Euro. De même, le lev de Bulgarie (code BGN) avait été unilatéralement fixé à parité avec le Deutsche Mark et bénéficie donc du même taux de change vis-à-vis de l'euro.

Crise de la zone euro[modifier | modifier le code]

La crise de la dette dans la zone euro débute avec la crise de la dette publique grecque et se poursuit avec la crise irlandaise, portugaise, et espagnole. Dans ces deux derniers cas, il s'agit d'une crise de la dette privée et du système bancaire qui par les interventions de l'État qu'elle suscite devient une crise de la dette publique. Dans tous les cas, cette crise relève les insuffisances de l'architecture de la zone euro, et notamment le trop peu de surveillance des déséquilibres macro-économiques. En effet ce qui rend les crises particulièrement problématiques c'est que ces États notamment la Grèce, le Portugal, et l'Espagne ont eu une inflation plus importante que les pays du Nord qui a grevé leur compétitivité et provoqué un déséquilibre de la balance extérieure qui pèse sur la croissance rendant le remboursement de la dette encore plus difficile. Les solutions une déflation, ou peut-être de façon plus exacte dans ce cas une dévaluation interne[64] et les réformes structurelles nécessaires pour remédier à ce qui a provoqué l'inflation et accroître le potentiel de croissance sont en général douloureuses et suscitent de fortes résistances. Sur le plan institutionnel, la crise va entraîner de profondes transformations de la zone euro dont dès le sommet européen des 25 et 26 mars 2010, Angela Merkel a souligné la nécessité et montré « sa détermination à réécrire le livre des règles économiques de l'Union économique même si cela exige une longue et éprouvante bataille »[65].

Causes[modifier | modifier le code]

Crise économique de 2008[modifier | modifier le code]

Article connexe : Crise économique de 2008-2010.

À la suite de la crise financière de 2007-2008, la zone euro est entrée en récession au troisième trimestre de 2008[66]. Le 11 octobre 2008, les chefs d'État et de gouvernements de la zone euro ont tenu un sommet extraordinaire à Paris pour élaborer un plan d'action commun à l'Eurozone et à la Banque centrale européenne afin de stabiliser l'économie de l'Union européenne. Les dirigeants ont bâti un plan destiné à faire face à la crise financière de 2008. Ils se sont mis d'accord sur un plan de sauvetage des banques prévoyant une entrée des gouvernements dans les banques et des garanties. Notons toutefois que pour certains , tel Laurent Cohen-Tanugi[67] que le plan de relance européen estimé à 200 milliards d'euros (1,5 % du PIB) n'est qu'un agrégat de plans nationaux suffisants pour éviter une dépression mais insuffisants pour une sortie de la crise par le haut. Malgré tout, il permettra à l'Europe de renouer avec la croissance parés une récession économique marquée par une chute du PIB de 4 % en 2009[68]. Sa croissance prévue par le FMI en 2010 et 2011 est relativement faible[69].

Variations annuelles du PIB en %
2008 2009 2010 2011
Monde 3 (-0.8) 3.9 4,3
États-Unis 0.4 (-2.5) 2.7 2.4
Zone euro 0.6 (-3.9) 1 1.6
Pays émergents 6.1 2.1 6 6.3
Sources : FMI et La Tribune du 27 janvier 2010[70]

.

Toutefois, les politiques de relance et de soutien aux banques ont accru la dette publique des pays membres. En France la dette publique passe de 65 % du PIB à 78 % en PIB, en Allemagne de 60 % à 78 %, en Italie de 105 % à 115 % et en Espagne de 40 % du PIB à 64 % sur la même période[71]. Parallèlement, la zone euro demeure une zone de faible croissance ce qui pèse également sur la soutenabilité de la dette.

Erreurs dans la gestion de la crise financière de 2008[modifier | modifier le code]

Pour Jean Pisani-Ferry l'Europe a fait une erreur lors de la crise financière de 2008, en n'obligeant pas les banques à révéler l'étendue de leurs pertes. Aussi, quand la crise grecque se déclenche, l'idée de restructuration de la dette sera difficile à faire admettre à la BCE et aux gouvernements qui craignent pour le système bancaire[72]. Lorsque le FMI insistera sur la sous-capitalisation des banques européennes cela provoquera « l'ire du lobby bancaire »[73].Michel Aglietta propose une analyse assez proche sur ce sujet. Pour lui, « on assiste...depuis quatre ans à une seule crise du capitalisme financiarisé »[74].

Jacques Delors, dans un entretien donné au journal Le Monde en décembre 2010, rappelle que les banquiers « ont reçu des États, comme prêts ou comme garanties, 4 589 milliards d'euros », et qu'ils ne sont pas très enthousiastes pour accepter de nouvelles règles du jeu[75].

Martin Wolf, quant à lui, n'apprécie pas que les Irlandais aient tenté de sauver leurs banques en prenant en charge leurs dettes. Il souligne que si la dette bancaire devait être considérée comme une dette publique alors « les banquiers devraient être considérés comme des fonctionnaires et les banques comme des services gouvernementaux »[76].

Taux d'inflation différents provoquant des différences de compétitivité[modifier | modifier le code]

Si la Banque centrale européenne a un objectif d'inflation de 2 %. Il s'agit d'une moyenne. Sur les 12 premières années l'inflation a été en moyenne de 1,5 % en Allemagne, de 1,8 % aux Pays-Bas mais de 3,3 % en Grèce, de 2,8 % en Espagne et de 2,5 % au Portugal[77]. La perte de compétitivité qui a suivi le différentiel d'inflation est un des éléments clés d'explication la crise de la zone euro. Ce problème est difficile à régler lorsque les pays ne peuvent pas dévaluer. En effet deux solutions sont alors possibles une déflation dans les pays qui ont connu trop d'inflation ; une inversion de tendance : que les pays qui ont peu d'inflation durant les douze premières années aient une inflation plus forte que les autres[78]. Ce constat va amener à une meilleure prise en compte des critères macro-économiques et des problèmes d'inflation et de compétitivité tant dans le nouveau pacte de stabilité que dans le nouveau pacte pour l'euro.

Défauts structurels de la zone euro[modifier | modifier le code]

La zone euro n'est pas une zone monétaire optimale et les mécanismes nécessaires à pallier ce problème n'ont pas été créés. Par ailleurs à l'occasion de cette crise[79], la zone euro a montré des limites : surveillance budgétaire inadaptée, absence d'un mécanisme de gestion des crises, insuffisance de débats économiques.

Pour Michel Aglietta « l'euro est une monnaie incomplète par rapport au projet de l'intégration européenne »[80]. Pour lui cela tient à une double absence : absence d'organisation permettant des actions politiques collectives et refus de l'Allemagne « de jouer le rôle du leader bienveillant, c'est-à-dire [de prendre] en charge les intérêts de l'ensemble de l'union monétaire dans la conduite de sa propre politique »[81].

Pays bénéficiant d'aides conditionnelles de l'Union européenne et du FMI[modifier | modifier le code]

Grèce[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise grecque de 2010.

La crise grecque a commencé en début d'année 2010, avec des craintes exprimées sur les marchés sur la dette grecque. Ce pays n'a guère été transparent dans la présentation de sa dette et depuis son entrée dans la zone euro, « l'écart moyen entre le déficit budgétaire réel et le chiffre notifié à la Commission européenne a été de 2,2 %[70] du produit intérieur brut (PIB) »[79]. Cela amènera la Commission européenne et des responsables politiques européens à demander des explications à la Grèce[82], à s'interroger sur le rôle joué par Goldman Sachs[g] en tant que conseil du gouvernement grec[83] et à envisager de réglementer le marché des CDS[84]. Cette crise a entrainé une baisse de l'euro qui favorise les exportations et la reprise[85]. Elle a aussi, et peut-être surtout, provoqué un double débat sur la façon de venir en aide à la Grèce (faut-il ou non s'en occuper entre Européens ou vaut-il mieux laisser le pays demander l'assistance du FMI ?) et sur la gouvernance de la zone euro.

Le [86], les dirigeants de la zone euro ont endossé formellement le plan d'aide à la Grèce qui consiste en des prêts bilatéraux pour un montant total de 110 milliards d'euros (80 milliards pour les pays de la zone euro et 30 milliards pour le Fonds monétaire international).

Le second plan d'aide à la Grèce (accord du 21 février 2012)[modifier | modifier le code]

Les négociations ont été difficiles à finaliser. Les autres Européens notamment les pays encore notés triple A (Allemagne Pays-Bas, Finlande) ont sérieusement pensé à la sortie de la Grèce de la zone euro[h]. Elles ont été notamment liées au fait que le pays n'a guère tenu ses engagement. Par exemple, 30 000 fonctionnaires devaient être transférés à une « structure de réserve » avant fin 2011. Or, ce mouvement n'a touché que 1 000 personnes. De même aucune des 10 professions qui devaient être dérégulées ne l'a été, et la « libéralisation des horaires […] d'ouverture des pharmacies a été rejetée par le parlement »[87].

Les grandes lignes de l'accord sont :

  • Le plan d'aide s'élève à 130 milliards pour les créanciers publics (principalement pays de la zone euro et pour un montant non défini encore par le FMI). Mais cette enveloppe à la demande des pays triple A pourrait être revue et sa réalisation est fonction de deux critères[88]
    • La finalisation de la restructuration de la dette privée (voir ci-dessous)[88]
    • La mise en place « d'ici à la fin février une liste d'actions préalables: baisse du salaire minimal, réforme du marché du travail etc. »[88]
  • Les créanciers privés acceptent une réduction de 53,5 % de leurs créances pour un montant de 107 milliards d'euro[88]. Les banques françaises devraient être impactées pour un montant de 13 milliards d'euros[89]. Les nouvelles obligations émises dans le cadre de ce programme seront de droit anglais et les litiges entre l'État grec et les créanciers privés sera arbitré au Luxembourg[90].
  • La BCE et les autres banques centrales de la zone euro renoncent aux plus-values sur les obligations de la dette grecque qu'elles détiennent.

De leur côté, les Grecs doivent mettre en place, sous le contrôle de la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) un compte destiné aux paiements de la dette abondés par l'assistance internationale et les recettes fiscales.

Irlande[modifier | modifier le code]

En septembre, l'Irlande doit une nouvelle fois se porter au secours de ses banques ce qui provoque une augmentation considérable de son déficit public qui atteint 32 % du PIB[91]. Le pays hésite à demander l'aide du Fonds européen de stabilité financière, à la fois pour des raisons de fierté nationale et parce qu'il craint que les autres pays lui imposent de relever son impôt sur les sociétés qui a assuré son succès mais qui est jugé « non coopératif » par les autres États européens. Ceux-ci ont « incité » l'Irlande à recourir au mécanisme du Fonds européen de stabilité financière car ils craignaient une contagion au Portugal voire à l'Espagne. Si ce pays était touché, alors, pour le chef économiste de la Deutsche Bank, la France, selon lui, pourrait ne plus être à l'abri[92].

Fin novembre, un accord est trouvé entre l'Irlande, l'Union européenne et le FMI. Le pays recevra des prêts pour 85 milliards d'euros dont 35 seront consacrés à la recapitalisation des banques[93]. En contrepartie le pays doit adopter un plan de rigueur. Il existe un débat quant à savoir si ce plan ne va pas rendre plus difficile la sortie de crise[93].

Portugal[modifier | modifier le code]

Le risque de crise au Portugal s'est accru fin avril. Ce pays, comme la Grèce, a vu ses taux d'emprunt augmenter à la suite de la dégradation de la note de sa dette souveraine, de A+ à A-, par Standard & Poor's. Le fait que sa dette extérieure (privée et publique) évaluée à près de 100 % du PIB est essentiellement détenue par des actifs étrangers (80 % pour la Grèce)[94] est à la fois un élément de fragilité et de force car les pays dont les banques ont prêté peuvent s'inquiéter des conséquences d'un défaut de paiement sur celles-ci. Si le Portugal présente des similitudes avec le cas grec, malgré tout son endettement et son déficit sont moindres[95],[96] et le pays n'a pas présenté des budgets « améliorés ».

Le Portugal affiche un déficit public de 9,4 % du PIB[95] en 2009, puis 9,8 % en 2010 contre 13,6 % pour la Grèce en 2009. Son endettement public est de 77,4 % du PIB en 2009 et 93 % en 2010 contre 115 % du PIB pour la Grèce en 2009[95],[96].

Le 7 avril 2011, après avoir nié pendant longtemps la nécessité d'un plan de sauvetage, le premier ministre José Sócrates finit par faire appel à l'Union européenne et au FMI afin de subvenir aux besoins en trésorerie du pays[97]. Les négociations qui s'ensuivront aboutiront à la mise en place d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros[98].

Le gouvernement de José Sócrates, puis celui de Pedro Passos Coelho après les élections législatives de juin 2011 mettent en place plusieurs plans d'austérité. Signe positif, la Commission européenne prévoit que le gouvernement sera proche de ses objectifs de réduction du déficit, soit 4,5 % du PIB en 2012 puis 3,2 % en 2013 (contre 3 % selon les prévisions du gouvernement) avec une récession de 3 % en 2012.

Débats autour de la zone euro[modifier | modifier le code]

Réformes de la gouvernance de la zone euro[modifier | modifier le code]

Méthode intergouvernementale ou communautaire ?[modifier | modifier le code]

Pour l'économiste Laurence Boone[99] ce qui est particulièrement remarquable dans le Pacte pour l'Euro c'est que « le coup de pouce décisif » est venu de l'Allemagne qui « a promu l'idée d'un Pacte européen, qui marque l'engagement des États de la zone euro à faire converger leurs politiques structurelles vers un modèle plus proche de celui de l'Allemagne »[99]. Laurence Boonne voit également deux autres points importants dans cet accord à savoir que les États de la zone Euro ont choisi d'avancer indépendamment de l'Union européenne et que l'architecture de l'accord fait que les propositions de réforme ne viendront pas de la commission européenne mais des États eux-mêmes. Pour Laurence Boone, il s'agit d'une innovation importante car, de la sorte les pays se sentiront responsables de l'Euro ce qui n'était pas le cas jusque-là[99]. Mais tout le monde n'est pas aussi positif. Le pacte pour l'Euro est critiqué par Jean-Claude Juncker[100] comme n'apportant rien de nouveau. Pour le Corporate Europe Observatory, groupe de chercheurs basé à Bruxelles, les dispositions du Pacte pour l'euro « mettent en place un agenda économique et social sur mesure pour les intérêts des milieux d'affaires ; s'il était adopté, il constituerait une véritable « révolution silencieuse » imposée par le haut, en l'absence de tout débat démocratique ou participation populaire[101] ».

Faut-il insérer l'euro dans une Union politique ?[modifier | modifier le code]

C'est un peu l'idée que Jean Pisani-Ferry développe à travers l'idée d'une « union de l'euro » qui reposerait sur une meilleure intégration économique, un fédéralisme bancaire et financier, une union budgétaire et une union politique destinée à éviter une dérive trop technocratique[102].

Gouvernance de la zone par la loi ou de façon plus discrétionnaire ?[modifier | modifier le code]

Pour Guillaume Duval, la règle d'or introduite par le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, c'est qu'elle pousse « encore plus loin le modèle d'un gouvernement par les règles qui est manifestement arrivé au bout de ses potentialités ». Aussi, plaide-t-il pour que les européens développent des capacités de prise en commun des décisions[34]. Pour l'ordolibéralisme, les « ont...pour but d'interdire aux gouvernements de céder à la tentation de sacrifier le long terme pour servir leurs intérêts politiques de court terme »[103].

Restructuration de la dette[modifier | modifier le code]

Au-delà se pose la question de savoir si la Grèce, l'Irlande voire le Portugal ne souffrent que d'une crise de liquidité ou s'ils ont des problèmes de solvabilité. S'ils n'ont que des problèmes de liquidité, le fonds européen peut y pourvoir. S'ils ont des problèmes de solvabilité, c'est-à-dire que, structurellement, ils ne peuvent pas faire face à leurs engagements, il faudra penser à des restructurations de la dette. Cette hypothèse est envisagée par Thomas Mayer chef économiste de la Deutsche Bank[92] ou en France par Jacques Delpla[104]. Daniel Cohen, au contraire insiste sur le fait que si un pays faisait défaut cela provoquerait un risque systémique. Angela Merkel, quant à elle, insiste sur la nécessité de ne pas faire supporter les risques liés aux dettes souveraines uniquement aux États mais d'impliquer aussi les prêteurs. Elle promeut une clause d'« action collective »[105] visant à organiser après la mi-2013 des restructurations de dette. Cette position a fait l'objet d'un accord franco-allemand et d'une certaine façon cela a inquiété les marchés[106]. De son côté, le think tank Bruegel propose un mécanisme de règlement organisé de la dette des pays en situation de « défaut ». Dans les deux cas, il s'agit de faire supporter par les prêteurs les conséquences de leurs prêts risqués.

Les économistes américains sont en général proche de la position de Kenneth Rogoff selon laquelle une « restructuration significative de la dette privée et/ou publique sera probablement nécessaire dans l'ensemble des pays de la zone euro grevés par l'endettement »[76] sous peine qu'ils connaissent une « décennie perdue ». Par contre les effets de telles restructurations sur l'avenir de la zone euro sont plus indéterminés. Pour Martin Wolf[76] la réponse dépendra beaucoup de la volonté politique.

Question sur le fédéralisme[modifier | modifier le code]

Pour les mécanismes de sortie solidaire de la crise deux grandes voies se font face : aller vers un fédéralisme budgétaire c'est-à-dire vers un budget fort et intégré au niveau européen ou aller vers un fédéralisme assurantiel, c'est-à-dire vers des aides temporaires conditionnées à des efforts de redressement et, éventuellement à des renégociations de la dette[40]. Pour Jean Pisani-Ferry, le fédéralisme budgétaire est un déni de réalité car « en Allemagne les transferts massifs ont échoué à revitaliser les nouveaux Länders, et que le maintien sous perfusion du Mezziogiorno italien n'est pas un exemple à suivre[40] » et en outre, politiquement, aller vers un fédéralisme budgétaire ne serait pas aisé. En Allemagne, des voix s'élèvent pour la constitution d'un Euro du Sud et d'un Euro du Nord[107], l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt regrettant lui que la zone euro n'ait pas été limitée à un petit nombre de pays[108].

Aussi, la proposition de Jean-Claude Juncker[109] visant à communautariser une partie de la dette comprise entre 40 % et 60 % du PIB, en émettant des eurobonds s'est-elle heurtée au refus de l'Allemagne, de la France et d'autres pays. Les partisans du fédéralisme assurantiel ne sont pas forcément opposés à toute création d'eurobond, mais pour eux, il doit s'agir de financer au niveau communautaire des investissements destinés à doper la croissance[40].

Politiques économiques[modifier | modifier le code]

L'austérité est-elle suffisante ?[modifier | modifier le code]

Pour sortir de la crise de la dette la seule solution réside-t-elle dans des politiques d'austérité budgétaire ?

Pour Lionel Jospin et Michel Aglietta, les politiques d'austérité poussent à une contraction du PIB, qui aggrave les problèmes de financement[110]. Pour eux, il faudrait « remodeler la structure des budgets comme l'ont fait les Scandinaves après la crise bancaire de 1991-1992 ». Ils proposent de[110] :

  • redonner du pouvoir d'achat aux salariés en réformant la fiscalité et en supprimant les avantages fiscaux aux très hauts revenus, par une « une fiscalité du capital réformé », et par un renouveau de la taxation des héritages ;
  • augmenter la croissance potentielle en procédant à des investissements publics et en mettant en place de meilleures incitations à destination du privé. Ces mesures devraient pouvoir être financées par une TVA mieux harmonisée au niveau européen et par l'instauration d'une taxe carbone. Une partie de la taxe pourrait subventionner les plus modestes qui seraient les plus impactés, l'autre pourrait être utilisée pour financer.

Politiques monétaires[modifier | modifier le code]

Sortir de la zone euro ?[modifier | modifier le code]

La question de la sortie de l'euro, et d'un retour à la monnaie nationale, est posée par des politiques, notamment souverainistes, ou des économistes dans la plupart des pays de la zone. À cette question se rattache celle de la parité qui serait choisie entre l'euro et l'ancienne monnaie nationale, ainsi que celle d'une éventuelle dévaluation.

Exemple de la crise grecque[modifier | modifier le code]

Dès 2010, certains économistes ont commencé à avancer que face à l'ampleur de la dette et à l'importance de la charge des intérêts, la seule issue pour la Grèce serait de sortir de la zone euro et de dévaluer, seule solution, selon ces auteurs, permettant de redonner un souffle au pays et à l'économie de repartir. Les positions allant dans ce sens ont augmenté en 2011 à mesure que les problèmes du pays s'accroissaient.

Wilhelm Hankel, professeur émérite d'économie à l'université de Francfort[111] soutient dans un article du Financial Times que la meilleure solution à la crise de la dette publique eût été une sortie de la zone euro suivie d'une dévaluation. Pour lui, l'austérité ou la sortie de l'euro sont les deux solutions possibles pour faire face à des différences de taux sur les obligations de la dette publique. Pour cet économiste, si la Grèce reste dans la zone euro, alors les taux d'intérêt élevés liés aux déficits budgétaires pèseront sur la demande et freineront l'économie.

Pour Jacques Sapir (mai 2010), il ne fait pas de doute que la Grèce va faire défaut. L'économiste français ne perçoit dans la dévaluation qui suivrait aucune catastrophe, mais un moyen pour le pays de retrouver sa compétitivité eu égard à sa structure économique[112].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les objectifs économiques de l'Union sont définis dans l'article 2 du TCE :

    « promouvoir dans l'ensemble de la Communauté un développement harmonieux, équilibré et durable des activités économiques, un niveau d'emploi et de protection sociale élevé, l'égalité entre les hommes et les femmes, une croissance durable et non inflationniste, un haut degré de compétitivité et de convergence des performances économiques, un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement, le relèvement du niveau et de la qualité de vie, la cohésion économique et sociale et la solidarité entre les États membres. »

    — Politique monétaire de la BCE 2004, p. 15

  2. a, b et c Les territoires français du Pacifique utilisent le franc CFP.
  3. Campione utilise officiellement le franc suisse du fait qu'elle soit enclavée en Suisse, bien que l'euro y soit accepté.
  4. Aruba utilise le florin d'Aruba. Elle fait partie du Royaume des Pays-Bas mais pas de l'UE.
  5. a, b et c Ces entités ont utilisé le florin des Antilles néerlandaises, jusqu'au pour Bonaire, Saba et Saint-Eustache où il a été remplacé par le dollar américain et par le florin caribéen à Curaçao et Saint-Martin le . En pratique l'euro circule dans les parties de l'île de Saint Martin (la partie française ayant l'euro comme monnaie officielle).
  6. La République turque de Chypre du Nord (qui n'est reconnue que par la Turquie) utilise formellement la nouvelle lire turque, mais l'euro y circule largement.
  7. La banque aurait conçu un « véhicule spécial Titlos » permettant selon le « Wall Street Journal » de « profiter de l'effort de la BCE d'injecter des liquidités dans le secteur bancaire » (De Gasquet 2010).
  8. « Le jour J (de sortie de la Grèce de la zone euro) fait de moins en moins peur »

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde (tableau sur la zone euro) - janvier 2008
  2. États membres de la zone euro
  3. Passage à l'euro
  4. PAC et euro
  5. a et b Pisani-Ferry 2011, p. 30
  6. Pisani-Ferry 2011, p. 31
  7. Pisani-Ferry 2011, p. 31-34
  8. Pisani-Ferry 2011, p. 34
  9. Pisani-Ferry 2011, p. 34-35
  10. Duval 2010, p. 8
  11. Saint-Étienne 2009, p. 158–159
  12. a, b et c Vignon 2010
  13. Pisani-Ferry 2011, p. 50
  14. Pisani-Ferry 2011, p. 48-49
  15. Du Bois de Dunilac 2001
  16. BCE, SEBC et Eurosystème
  17. Chartoire et Loiseau 2010, p. 68
  18. Missions de la BCE
  19. De Vergés - mai 2010
  20. De Vergés - 2 juin 2010
  21. Lacombe 2012
  22. Lacour - février 2012
  23. Lacour - mars 2012
  24. a, b, c, d et e Couet 2012
  25. a, b et c Chatignoux 2012
  26. Traité de Lisbonne
  27. The Federal Trust
  28. Protocoles annexés au traité de Lisbonne
  29. Déclaration finale - 26 octobre 2011, p. 11, Annexe 1(2)
  30. Élection du premier président
  31. Traité d'Amsterdam
  32. a, b et c Entrée en vigueur du paquet législatif
  33. Pisani-Ferry 2011, p. 25
  34. a et b Duval 2012
  35. Ricard - 11 mai 2010
  36. a, b et c Les Échos - 11 mai 2010
  37. Le Monde - 12 et 13 mai 2010
  38. Lagarde 2010
  39. Lefevre 2010
  40. a, b, c et d Pisani-Ferry - 7 décembre 2010
  41. a et b Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 13-34
  42. Bauer et Prandi 2011
  43. Traité instituant le MES, p. 13
  44. Traité instituant le MES, p. 11
  45. Traité instituant le MES, p. 20
  46. Traité instituant le MES
  47. Traité instituant le MES, p. 23
  48. a et b Dancette 2010
  49. Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 6
  50. Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 1
  51. Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 7-9
  52. Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 8-9
  53. Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 9-10
  54. Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 10
  55. Conclusion du Conseil européen du 11 mars 2011, p. 11
  56. Le Point - 2 mars 2012
  57. Signature du pacte budgétaire
  58. Honoré 2011
  59. DNA -28 décembre 2011
  60. Pièces en euro de Lituanie
  61. Article 2, p. 3 de l'Accord monétaire entre l'Union et l'Andorre
  62. Résolution n° 1999/4 sur la monnaie autorisée au Kosovo
  63. Autorisation de l'usage de monnaie étrangère
  64. Pisani-Ferry 2011, p. 144
  65. Castle 2010
  66. EUbusiness - 8 janvier 2009
  67. Cohen-Tanugi 2009
  68. De Tricornot 2010
  69. La Tribune - 27 janvier 2010
  70. a et b Pisani-Ferry - 17 mars 2010
  71. Aglietta 2012, p. 26
  72. Pisani-Ferry 2011, p. 111
  73. Aglietta 2012, p. 60
  74. Aglietta 2012, p. 19
  75. Faujas et Frachon 2010
  76. a, b et c Wolf 2010
  77. Pisani-Ferry 2011, p. 188
  78. Pisani-Ferry 2011, p. 188-189
  79. a et b Pisani-Ferry - 23 février 2010
  80. Aglietta 2012, p. 42
  81. Aglietta 2012, p. 47
  82. Counis 2010
  83. Biseau et Quatremer 2010
  84. De Vergès - 5 mars 2010
  85. De Vergès - 4 mars 2010
  86. Le Monde - 7 mai 2010
  87. Prandi 2012
  88. a, b, c et d Ricard 2011
  89. Les Échos - 24 février 2012
  90. Salles et Vitkine 2012
  91. Ricard et De Vergès 2010
  92. a et b De Vergès - 28 et 29 novembre 2010
  93. a et b Roche 2010
  94. Lévêque 2010
  95. a, b et c McGroarty 2010
  96. a et b Navarro Pedro 2010
  97. Tremlett 2011
  98. Bauer 2011
  99. a, b et c Boone 2011
  100. Le Point - 15 mars 2011
  101. Corporate Europe Observatory
  102. Pisani-Ferry 2011, p. 195
  103. Lechevalier 2012
  104. Delpla 2010
  105. Mével 2010
  106. Couet - 10 et 11 novembre 2010
  107. Lemaître 2010
  108. Schmidt 2010
  109. Autret 2010
  110. a et b Aglietta et Jospin 2010
  111. Wilhelm Hankel, Wilhelm Nölling, Karl Albrecht Schachtschneider et Joachim Starbatty, Financial Times 2010
  112. « Sapir : derrière la crise grecque, l'explosion de l'euro ? » Jacques Sapir, Marianne, 30 mai 2011

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Décisions et publications officielles[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Kenneth Rogoff The Euro at Mid-Crisis Lire en ligne
  • (en) M. Nicolas J. Firzli, Greece and the EU Debt Crisis, The Vienna Review, mars 2010
  • Jacques Delpla 2010 - Dette bleue et dettes rouges pour sauver l'euro, article dans Les Échos du 5 mai 2010
  • Éric Scavennec, mai 2010, Misères de la « gouvernance économique » européenne, Les Dessous de Bruxelles
  • Michel Aglietta et Lionel Jospin, « Austérité : l'Europe à contresens », Le Monde,‎ 23 novembre 2010
  • Florence Autret, « Zone euro : la solitude d'Angela Merkel », La Tribune,‎ 8 décembre 2010
  • Anne Bauer, « Bruxelles débloque 78 milliards pour mettre le Portugal à l'abri de la spéculation », Les Échos,‎ 4 mai 2011 (lire en ligne)
  • Anne Bauer et Massimo Prandi, « Crise européenne : les ministres des Finances se donnent jusqu'à mars », Les Échos,‎ 17 janvier 2011
  • Grégoire Biseau et Jean Quatremer, « La main dans le Sachs », Libération,‎ 20 et 21 février 2010
  • Pierre du Bois de Dunilac, « L'introduction de l'euro », Revue du droit de l'Union européenne, no 4,‎ 2001, p. 855 à 888
  • Laurence Boone, « Sommet historique pour l'Europe », Les Échos,‎ 17 mars 2011
  • (en) Stephen Castle, « Greek rescue in thinking on E.U. rules », International Herald Tribune,‎ 27 et 28 mars 2010
  • Catherine Chatignoux, « Interview d'Eric Chaney chef économiste d'Axa Group », Les Échos,‎ 7 et 8 septembre 2012
  • Laurent Cohen-Tanugi, « Les États disposent de marges d'action au niveau européen », La Croix,‎ 2009
  • Isabelle Couet, « Naissance de l'OMT, la nouvelle arme anticrise de la zone euro », Les Échos,‎ 7 et 8 septembre 2012
  • Isabelle Couet, « Dette : le scénario qui inquiète les marchés », Les Échos,‎ 10 et 11 novembre 2010
  • Alexandre Counis, « Bruxelles demande à Athènes des explications sur ses tours de passe-passe comptables », Le Monde,‎ 16 février 2010
  • Maël Dancette, « Gouvernance économique: le “semestre européen” opérationnel en 2011 », EurActiv,‎ 8 septembre 2010 (lire en ligne)
  • Jacques Delpla, « Comment restructurer les dettes », Les Échos,‎ 24 novembre 2010
  • Guillaume Duval, « Comment la zone euro en est-elle arrivée là ? », Alternatives économiques, no 289,‎ mars 2010
  • Guillaume Duval, « Des traités mal traités », Alternatives économiques, no 311,‎ mars 2012, p. 12
  • Alain Faujas et Alain Frachon, « Jacques Delors : "La politique doit être l'ultime référence, je refuse que les banquiers fassent trembler les gouvernements de la zone euro" », Le Monde,‎ 8 décembre 2010
  • Pierre de Gasquet, « Goldman Sach reconnaît que ses opérations sur les swaps auraient dû être plus « transparentes » », Les Échos,‎ 24 février 2010
  • Renaud Honoré, « Les candidats à l'adhésion ne se bousculent pas en Europe de l'Est », Les Échos, no 21091,‎ 30 décembre 2011, p. 6 (lire en ligne)
  • Clément Lacombe, « Les cent jours de Mario Draghi, opération réussie », Les Échos,‎ 9 février 2012
  • Jean-Philippe Lacour, « Une nouvelle dimension de la politique monétaire », Les Échos,‎ 9 février 2012
  • Jean-Philippe Lacour, « Une opération majeure pour les marchés en cinq questions », Les Échos,‎ 1er mars 2012
  • Arnaud Lechevalier, « L'Allemagne, un leadership mal assumé », Alternatives économiques hors-série, no 92,‎ 2012, p. 45 (lire en ligne)
  • Jean-Sébastien Lefebvre, « L'adoption de l'euro par la Lituanie reportée », EurActiv,‎ 3 janvier 2012 (lire en ligne)
  • Étienne Lefevre, « Le parlement français devra approuver la garantie apportée au fonds de stabilisation européen », Les Échos,‎ 11 mai 2010
  • Frédéric Lemaître, « Les deux euros de l'ex-patron des patrons allemands », Le Monde,‎ 8 décembre 2010
  • Émilie Lévêque, « Le Portugal va-t-il sombrer dans la crise grecque ? », L'Expansion,‎ 28 avril 2010 (lire en ligne)
  • David Marsh, « Helmut Schmidt : L'Europe manque de dirigeants », Le Monde,‎ 7 décembre 2010 (lire en ligne)
  • Patrick McGroarty, « Crise grecque pas comparable à Portugal,Espagne -min Fin alld », Investir,‎ 28 avril 2010 (lire en ligne)
  • Jean-Jacques Mével, « Berlin fait circuler son projet de résolution des crises futures », Le Figaro,‎ 25 novembre 2010
  • Jean Pisani-Ferry, « Gouvernement économique mode d'emploi », Le Monde,‎ 23 février 2010
  • Jean Pisani-Ferry, « C'est le tour de l'Espagne », Le Monde,‎ 17 mars 2010
  • Jean Pisani-Ferry, « Euro, sortir du déni », Le Monde,‎ 7 décembre 2010
  • Massimo Prandi, « L'Allemagne favorable à une quasi-mise sous tutelle de la Grèce », Les Échos,‎ 30 janvier 2012
  • Philippe Ricard, « L'Europe répond aux marchés par une riposte massive », Le Monde,‎ 11 mai 2010 (lire en ligne)
  • Philippe Ricard, « Grèce : de nouvelles aides et des zones d'ombre », Le Monde,‎ 22 février 2011
  • Philippe Ricard et Marie de Vergès, « Les dettes publiques minent à nouveau la zone euro », Le Monde,‎ 12 novembre 2010
  • Marc Roche, « Les Irlandais veulent croire que la page de la crise bancaire est tournée », Le Monde,‎ 2 décembre 2010
  • Philip Rösler, « Berlin loue les efforts de réforme de l'Espagne et du Portugal », France 24,‎ 12 février 2012 (lire en ligne)
  • Alain Salles et Benoît Vitkine, « Fatalisme face à un sauvetage échangé contre une perte de souveraineté », Le Monde,‎ 22 février 2012
  • (en) Giles Tremlett, « Portugal's PM calls on EU for bailout », The Guardian,‎ 7 avril 2011 (lire en ligne)
  • Adrien de Tricornot, « Mauvaise surprise : la croissance dans la zone euro a calé au quatrième trimestre », Le Monde,‎ 14 et 15 février 2010
  • Marie de Vergès, « Les États s'attaquent au puissant et nébuleux marché des CDS », Le Monde,‎ 5 mars 2010
  • Marie de Vergès, « La baisse de l'euro, une aubaine pour la reprise », Le Monde,‎ 4 mars 2010
  • Marie de Vergés, « Les banques supplient la BCE d'acheter de la dette », Le Monde,‎ 9 et 10 mai 2010
  • Marie de Vergés, « Les Allemands ne reconnaissent plus « leur BCE » », Le Monde,‎ 2 juin 2010 (lire en ligne)
  • Marie de Vergès, « Après la Grèce et l'Irlande, who's next ? », Le Monde,‎ 28 et 29 novembre 2010
  • Jérôme Vignon, « Trois visions pour un gouvernement économique de l'Europe », La Croix,‎ 23 février 2010
  • Martin Wolf, « L'Europe à l'heure de vérité », Le Monde,‎ 7 décembre 2010
  • Martin Wolf, « Le scénario du défaut », Le Monde,‎ 14 décembre 2010
  • Alexandra Yaghil, « La Lettonie souhaite rejoindre la zone euro dès 2014 », EurActiv,‎ 24 septembre 2012 (lire en ligne)
  • « La politique agricole commune et l'Euro. Série Agriculture, forêts et développement rural », sur le site du Parlement européen,‎ novembre 1999, AGRI 105A FR (PE 167.405/rev AE)
  • « Tableau sur la zone euro (source Eurostat) », Le Monde,‎ 1er janvier 2008
  • « Berlin adopte sa contribution au plan européen », Les Échos,‎ 12 mai 2010, p. 9 (lire en ligne)
  • « Dix questions sur le sauvetage européen », Les Échos,‎ 11 mai 2010 (lire en ligne)
  • « Interview de Christine Lagarde », Les Échos,‎ 11 mai 2010
  • « Vingt-cinq pays de l'UE signent un nouveau pacte de discipline budgétaire », Le Point,‎ 2 mars 2012 (lire en ligne)
  • « Hors de la zone euro, entre attentes et rejets », Dernières nouvelles d'Alsace,‎ 28 décembre 2011 (lire en ligne)
  • (en) « EU data confirms eurozone's first recession », EUbusiness,‎ 8 janvier 2009 (lire en ligne)
  • « Grèce : une facture de 13 milliards pour les banques », Les Échos, no 21131,‎ 24 février 2012 (lire en ligne)
  • « La reprise mondiale s'accélère, selon le FMI », La Tribune,‎ 27 janvier 2010
  • « Les leaders de la zone euro donnent leur accord à un plan d'aide à Athènes », Le Monde,‎ 7 mai 2010
  • « Juncker critique le « pacte pour l'euro » de Paris et Berlin », Le Point,‎ 15 mars 2011 (lire en ligne)

Sites internet[modifier | modifier le code]

Études réalisées par des think tanks[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]