Tsar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tsar (homonymie).
Nicolas II, dernier tsar de l'Empire russe.

Le tsar est le souverain de la Russie (de 1547 à 1917), de la Bulgarie (de 917 à 1422) ou de la Serbie (de 1346 à 1371). Le tsarisme est une forme d'autocratie (plus tard de l'absolutisme) spécifique à la grande-principauté de Moscou (devenu par la suite le tsarat de Russie, puis l'Empire russe). Le néo-tsarisme est la politique observée depuis la révolution de 1917 par certains gouvernants soviétiques, qui se rapproche du tsarisme selon la presse ou les opposants.

Origines du terme[modifier | modifier le code]

Origine généralement admise[modifier | modifier le code]

En français, le terme tsar s'écrivait czar, tzar ou csar. La première orthographe attestée en français est czar ; cette orthographe est due au diplomate autrichien Sigmund von Herberstein dans Commentaires sur les affaires moscovites (Rerum Moscoviticarum Commentarii, 1549). Les deux autres étaient plus rares ou même anecdotiques (comme csar). Elles sont maintenant remplacées par tsar.

En russe, le terme « tsar » s'écrit царь ; en bulgare, en macédonien et en serbe, il s'écrit цар. « Tsar » provient, par l'intermédiaire du grec utilisé dans l'Empire romain d'Orient, puis du slavon, du mot latin Cæsar, qui a également donné le français César, mais aussi l'allemand Kaiser.

Origines alternatives envisagées[modifier | modifier le code]

Voltaire cependant, dans La Russie sous Pierre le Grand, conteste l'origine latine du mot : en effet, le titre de « tsar » était porté par des princes orientaux de la Horde d'or (Kazan, Astrakan)[1]. En réalité, le mot « tsar » n'était utilisé en Russie jusqu'au XIIIe siècle que pour désigner le Basileus (Βασιλεύς), le « César » de l'Empire byzantin ; ce n'est qu'au cours du XIIIe siècle que les khans de la Horde d'Or ont commencé à porter eux-mêmes le titre de « tsar »[2], ce qui n'implique donc pas que le mot soit d'origine mongole. Il demeure cependant que le grand prince de Moscou n'a usé du titre de « tsar » qu'après avoir vaincu les khans de la Horde d'Or.

D'autre part, certaines sources mettent en avant qu'une origine persane du mot « tsar » (à partir du mot persan سر, sar, qui signifie « tête », chef ou commencement[3]) est « plus probable » que l'étymologie très largement majoritaire[2] du mot « tsar », du slavon цѣсарь, tsěsarĭ, César[4].

Implication historique du titre en Russie[modifier | modifier le code]

En Russie, l'origine de ce titre est directement liée au rôle que la Russie considérait avoir comme héritière de l'Empire byzantin et par conséquent, de l'Empire romain, gouverné par les César. Le terme de « tsar » était en effet officieusement utilisé depuis que le grand-prince Ivan III de Moscou avait épousé la princesse byzantine Sophie Paléologue le en la cathédrale de la Dormition de Moscou. En effet, en épousant la nièce de Constantin XI, il s'imposait comme successeur du Basileus, la chute de Constantinople datant de 1453.

Tsar de Russie[modifier | modifier le code]

Évolution[modifier | modifier le code]

Le terme « tsar » a désigné le souverain russe à partir du , jour où Ivan IV le Terrible, auparavant grand-prince de Moscou, a été sacré « tsar de toutes les Russies » en la cathédrale de l'Assomption à Moscou. Ce nouveau titre lui confère un statut similaire à celui d'un empereur.

En 1721, Pierre Ier le Grand décide de changer son titre : il abandonne celui de tsar pour prendre celui, plus occidental, d’imperator, c'est-à-dire d’empereur, afin que l'Empire russe soit considéré comme « la Troisième Rome », succédant ainsi à l’Empire romain et à l’Empire byzantin (l'héritière byzantine Sophie ayant épousé Ivan III). Tous ses successeurs adoptent ce nouveau titre, mais le terme de « tsar », correct mais non-officiel, demeure cependant le plus usité, tant en Russie que dans le reste du monde.

Mythes populaires associés[modifier | modifier le code]

Un mythe récurrent dans l'Empire russe est celui du « tsar libérateur » ou « Vrai tsar », censé soulager la misère du peuple. il donna lieu à plusieurs prétendants au trône dont le « faux Dimitri ». Ce mythe servit d'appui aux nombreuses insurrections menées par les cosaques, dont les plus connues sont celle de Bolotnikov, en 1606, qui arrivera jusque sous les murs de Moscou, celle de Stenka Razine, de 1666 à 1671, et celle de Pougatchev, en 1773-1774.

Dénomination de l'entourage du tsar[modifier | modifier le code]

  • La tsaritsa : impératrice souveraine ou impératrice consort de Russie (traduit en français par « tsarine »).
  • Le tsarévitch ou grand-duc : fils ou petit-fils en ligne mâle du tsar et/ou de la tsaritsa. Lorsqu’il s’agit du fils aîné, qui est donc l’héritier apparent au trône, il s’appelle tsesarévitch. Cependant, dans l'usage, le français ne connaît que le terme tsarévitch défini (par le TLFi) comme le « fils aîné du tsar de Russie et prince héritier. » On a aussi utilisé dans cette langue les formes czarévitch et même césarovitch. En russe, le prénom du père suivi du suffixe -vitch vient indiquer la descendance masculine de ce dernier. Ainsi, le fils d'Alexandre est Alexandrovitch et le fils du tsar est donc tsarévitch
  • La tsarevna ou grande-duchesse : fille ou petite-fille en ligne mâle du tsar ou de la tsaritsa ou épouse d’un tsarévitch. Lorsqu’il s’agit de l’épouse du tsesarévitch, elle s’appelle tsesarevna.

Souverains de Serbie[modifier | modifier le code]

La Serbie de l'empereur Dušan
Article détaillé : Liste des souverains serbes.

Le titre de « tsar » fut porté par deux souverains serbes :

Le tsar Stefan Uroš IV Dušan a acquis le droit et porté le titre de tsar une fois devenu souverain des Grecs. Il pouvait donc être Basileus. Les moines du Mont Athos ont accepté son couronnement pour cette raison. Après la mort de son fils et le démembrement de l'Empire serbe, le titre ne fut plus d'actualité.

Tsars de Bulgarie[modifier | modifier le code]

Carte représentant l'apogée territoriale de la Bulgarie sous le règne de Siméon Ier.

Le titre de « tsar » est introduit par Siméon Ier de Bulgarie en 919 ; pour rivaliser avec l'Empire byzantin, il prend alors le titre de « tsar (car') des Bulgares et des Grecs »[2].

Proverbe[modifier | modifier le code]

On retrouve le mot tsar dans les proverbes russe « Бог высоко, царь далеко! » et bulgare « Бог високо, цар далеко! », qui signifient littéralement « Dieu est trop haut et le tsar trop loin ! ». Autrement dit, « ne comptons que sur nous-mêmes ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jurij Lotman, Boris Andréévitch Ouspenski, Sémiotique de la culture russe: études sur l'histoire, L'AGE D'HOMME,‎ 1990 (lire en ligne), p. 346
  2. a, b et c Étymologie du mot « tsar », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 14 avril 2010)
  3. Мусульманские короны Российской империи, sur islamtv.ru. Consulté le 25 septembre 2013.
  4. Voir l'étymologie donnée - sans alternative - par le Wiktionnaire pour le mot Tsar : Etymologie du mot « tsar », sur wiktionary.org

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jurij Lotman, Boris Andréévitch Ouspenski, Sémiotique de la culture russe: études sur l'histoire, L'Âge d'Homme,‎ 1990 (ISBN 9782825100172, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]