Chirurgien-dentiste

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Chirurgien-dentiste
Image illustrative de l'article Chirurgien-dentiste
Un dentiste et son assistant en train de réaliser une intervention chirurgicale dentaire.

Appellation Chirurgien-dentiste
Odontologiste
Docteur en chirurgie dentaire
Secteur d'activité Santé
Niveau de formation Bac +6 à Bac +8 selon la spécialité
Universitaire
Sur Concours
Professions voisines médecin stomatologiste ; hygiéniste dentaire ; assistant dentaire
Code ROME (France) J1103
L'arracheur de dents.
Carte postale humoristique des années 1920.
Un dentiste médiéval portant un collier sertis de dents. Londres; 1360-75.
Fermier chez le dentiste, Johann Liss, 1616-17.

Le chirurgien-dentiste, appelé aussi médecin-dentiste au Luxembourg ou en Suisse[1], est un professionnel de la santé habilité à pratiquer l'art dentaire (ou médecine dentaire, l'appellation variant d'un pays à l'autre). Il est très souvent appelé « dentiste », par convenance. Titulaire d'un diplôme de docteur en chirurgie-dentaire, il soigne les pathologies acquises et congénitales de la bouche, des dents, des gencives, des maxillaires et des tissus attenants.

Bien que l'essentiel des chirurgiens-dentistes aient une activité libérale, ils peuvent exercer à l'hôpital, dans des services d'odontologie ou de stomatologie, en clinique privée, notamment pour pratiquer des opérations plus lourdes qu'une structure telle qu'un cabinet libéral peut difficilement accueillir. Une part non négligeable de chirurgiens-dentistes sont également salariés, soit au sein d'un cabinet libéral, soit au sein d'une structure (mutuelle, sécurité sociale, et bien sûr hôpitaux).

Pour les catholiques, la sainte patronne des chirurgiens-dentistes est Apolline.

La phobie du dentiste s’appelle la stomatophobie (du grec ancien στόμα, stóma, « bouche » et φόβος, phóbos, « effroi, peur »).

Différents types de soins dentaires[modifier | modifier le code]

La plupart des soins et opérations réalisés par les chirurgiens-dentistes sont effectués sous anesthésie locale mais une part importante de ceux-ci est réalisée sous anesthésie générale (notamment pour l'avulsion de dents de sagesses incluses, l'exérèse de kystes importants des maxillaires, de tumeurs bénignes, pour la réalisation de soins et d'avulsions dentaires chez les enfants phobiques, etc.). Les patients anxieux peuvent se voir prescrire des anxiolytiques, recevoir une sédation consciente par un gaz sédatif léger type MEOPA qui peut éviter l'anesthésie générale[2]. L'hypnose et l'autohypnose sont également utilisés.

Odontologie conservatrice[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la partie de la dentisterie qui soigne les dents et les reconstitue. Le chirurgien-dentiste élimine la partie de la dent qui est cariée (la carie est molle, en comparaison de la dent qui est dure). Ensuite il reconstitue la dent avec un matériau d'obturation : amalgame, composite, CVI (ciment verre ionomère), etc. Avec les nouvelles techniques adhésives, le chirurgien dentiste respecte le principe de dentisterie à minima, c'est-à-dire être le plus économe en tissus dentaire.

Endodontie[modifier | modifier le code]

Il s'agit du domaine de l'odontologie s'occupant du tissu situé à l'intérieur de la dent, appelé pulpe. Le traitement endodontique (parfois abusivement nommé dévitalisation) consiste à retirer cette pulpe, désinfecter et sceller l'espace vacant afin qu'il ne s'infecte pas. Ce traitement doit être réalisé dans deux cas  : si l'état inflammatoire de la pulpe est irréversible ou bien si la pulpe est nécrosée.

Prothèse[modifier | modifier le code]

Le but d'une prothèse dentaire est de reconstruire ou remplacer les tissus dentaires manquants. Si la racine est présente mais que la couronne se trouve très délabrée on peut réaliser une prothèse fixe dite couronne (entièrement en céramique (dite céramo-céramique), en céramique avec une chape métallique (dite céramo-métallique) ou entièrement en métal). Si la dent tout entière (racine et couronne) est manquante quatre solutions sont à étudier : l'abstention (pour une dent de sagesse (ou 3e molaire) sans antagoniste), la prothèse amovible (en métal et résine ou tout en résine), la prothèse fixe sur les dents adjacentes (le bridge) ou la prothèse fixe sur racine prothétique (les implants).

Il existe deux grands types de prothèses. Les prothèses transitoires, souvent en résine, destinées à rester en bouche pendant un temps limité. C'est une solution d'attente de cicatrisation, d'aménagement tissulaire permettant de restaurer rapidement l'esthétique et la fonction. L'autre type de prothèses est dit d'usage : elles sont destinées à rester en bouche aussi longtemps que possible. Elles sont souvent qualifiées, à tort, de prothèses définitives.

Occlusodontie[modifier | modifier le code]

C'est l'étude des rapports réflexes entre les deux arcades dentaires et sous la contrainte, constante et permanente, de la gravité terrestre.

Historiquement est apparue la Gnathologie (B.B. McCollum, 1924), puis lOcclusion neuromusculaire (B. Jankelson, 1972) et enfin lOcclusion fonctionnelle ou Occlusodontologie (A. Jeanmonod, 1988).

Parodontologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit du domaine de l'odontologie s'occupant du parodonte, c'est-à-dire les tissus entourant la dent : gencive, os alvéolaire, cément (qui recouvre les racines dentaires), ligament alvéolo-dentaire (qui relie la dent à l'os alvéolaire), de ses maladies et du traitement de ces dernières.

Chirurgie[modifier | modifier le code]

Le chirurgien-dentiste peut réaliser certains actes chirurgicaux : avulsions (extractions) de dents, y compris de dents de sagesse ou de canines incluses ou enclavées, de dents surnuméraires ou d'odontomes, chirurgie des tissus mous, greffes de gencives et d'os (en vue d'une pose d'implant dans une zone où le volume osseux est insuffisant), exérèse de tumeurs bénignes, de kystes et biopsie afin d'étudier le type et l'origine d'un tissu pathologique trouvé dans la cavité orale.

En France il est possible de se former et de pratiquer la chirurgie orale à titre exclusif via une formation spécifique, accessible par le concours national de l'internat, cette formation de spécialité dure quatre années, l'interne se voit délivrer au terme le Diplôme d'Études Spécialisées en Chirurgie Orale (DESCO).

Implantologie[modifier | modifier le code]

Le chirurgien-dentiste peut remplacer les dents manquantes par un implant, sorte de vis calibrée en titane fixée dans l'os, sur lequel on fixera une couronne prothétique. Cette solution évite la réalisation d'un bridge prenant appui sur les dents adjacentes ou d'avoir à supporter un appareil dentaire mobile.

Pédodontie[modifier | modifier le code]

Il s'agit de l'odontologie pédiatrique englobant les soins des dents des enfants et les pathologies bucco-dentaires propres aux enfants. La pédodontie comprend des soins spécifiques aux dents en formation comme les apexogénèses et apexifications (terminer la formation des racines des dents en cours de formation, atteintes par une carie importante et qu'il faudrait dévitaliser chez un adulte) et aux dents lactéales (ce sont les dents dites « de lait », premières à apparaître en bouche).

Complications[modifier | modifier le code]

Les complications d'un acte chirurgical dans les pays développés sont rares. Cependant, on peut citer notamment :

  • endocardite infectieuse : chez les patients à risque d'endocardite infectieuse (ce sont les patients ayant des problèmes au niveau des valves cardiaques, porteurs de valves mécaniques…). 25 % d'entre elles seraient d'origine dentaire. En effet, après chaque détartrage ou simple brossage, une partie de la flore bactérienne passe dans la circulation sanguine systémique, et peut se fixer au niveau des valves cardiaques. Ce risque d'endocardite ne doit pas décourager les patients d'effectuer un détartrage régulier. Au contraire, avec un parodonte parfaitement sain, le risque d'endocardite est pour ainsi dire nul.
  • abcès.
  • sinusite.

Risques du métier[modifier | modifier le code]

La profession de chirurgien-dentiste, et celle d'assistant dentaire, sont exposées à un certain nombre de risques, en particulier des risques chimiques, physiques et biologiques[3].

  • Les risques chimiques proviennent des nombreux produits manipulés : résines, amalgames (à base de mercure).
  • Les risques physiques sont liés entre autres à l’utilisation de rayonnements ionisants (radiographies).
  • Les risques biologiques proviennent du contact avec des agents biologiques potentiellement dangereux (salive, sang).

Spécialités en France[modifier | modifier le code]

Pendant longtemps, la seule spécialité reconnue en France était l'orthopédie dento-faciale (orthodontie). La plupart des pays européens reconnaissent la spécialité en chirurgie orale, cette spécialité fut en France l'objet de vicissitudes entre médecins stomatologues et chirurgiens-dentistes. En 2005, l'Europe a obligé la France à reconnaître la spécialité en chirurgie orale et c'est seulement en 2012 que le décret d'application fut promulgué sous la forme d'un diplôme qualifiant commun aux médecins et au chirurgiens-dentistes : le DESCO.

Formation[modifier | modifier le code]

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Les premières années de la formation de chirurgien-dentiste ou médecin-dentiste se confondent dans la plupart des pays occidentaux avec la formation en médecine, une orientation en odontologie à proprement parler intervenant dans un deuxième cycle. Les techniques et matériaux utilisés et les programmes d'études sont à peu de chose près (adaptations aux besoins spécifiques de chaque pays) comparables entre les pays européens, L'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud et le niveau de formation également. Les études sont parfois suivies d'une période d'assistanat d'une ou plusieurs années et des spécialisation (telles que chirurgie maxillo-faciales, orthodontie, etc) se font sous la forme d'un programme de quelques années mêlant cours et travail auprès d'un spécialiste.

En Allemagne[modifier | modifier le code]

L'accès aux études de médecine dentaire en Allemagne exige des notes suffisamment bonnes aux examens de fin d'études secondaires ("Abitur"), un numerus clausus étant possible. La durée des études est en principe de 5 ans. La première moitié (5 semestres) comprend notamment les enseignements en sciences de base (physique, biochimie, histologie, anatomie, etc.), puis en deuxième année également des travaux sur mannequins ("Phantom"). Les examens de fin de 5e semestre ("Physikum") permettent l'accès à la seconde partie des études. Celle-ci permettent aux étudiants (nommés "candidats" à partir de ce stade) de parfaire leur habileté pratique, sur mannequins puis sur patients réels, de développer la relation au patient et la pose de diagnostique, et d'approfondir leurs connaissances dans certains domaines (parodontologie, usage de radiographies, prothèses, dermatologie, médecine interne...). La conclusion des études permet de se présenter à l'examen d'Etat (Staatsexamen).

Au Chili[modifier | modifier le code]

La formation chilienne en médecine dentaire se fait en 6 ans et son accès requiert, dans les universités publiques, un nombre de points élevé au concours d'entrée universitaire (PSU). Après un premier cycle de deux ans dédié aux sciences fondamentales et médicales, des cours spécialisés et de nombreux stages occupent le reste de la formation. Les soins sur patients réels débutent en troisième année et les étudiants doivent dès lors gérer leur patientèle parallèlement au cursus. La sixième année est essentiellement dédiée à des stages de longue durée. La médecine dentaire chilienne a vu se développer considérablement sa recherche scientifique dans les 20 dernières années et met un accent particulier sur l'expérience pratique [4] et la responsabilisation face au patient. La culture académique est notamment marquée par les influences des écoles allemande et nord-américaine, mais la production proprement chilienne en termes de recherche, de publication dans des revues internationales et d'innovation est aujourd'hui très active. À noter que la prolifération des universités privées au cours des années 2000 a récemment conduit l'État à imposer des critères plus stricts aux diplômés de ces universités pour pouvoir travailler dans les institutions publiques de santé. Les spécialisations se font sur 3 ou 4 ans, le plus souvent dans un centre universitaire agréé par l’État.

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Études odontologiques en France.

La formation du chirurgien-dentiste se fait en six ans au minimum après le baccalauréat. La première année des études odontologiques est commune aux étudiants en médecine, en maïeutique (sage-femme) et en pharmacie. À l'issue de cette année (la PACES = Première Année Commune des Études de Santé), se déroulent plusieurs concours sélectifs : médecine, chirurgie-dentaire, maïeutique (sage-femme) et pharmacie. Les étudiants classés en rang utile sont autorisés à poursuivre leurs études en 2e année, ceux ayant obtenu une place en chirurgie dentaire rejoignent une UFR d'odontologie ou de chirurgie dentaire.

Au Mexique[modifier | modifier le code]

Au Mexique la formation de chirurgien-dentiste dure 5 ans et son accès dépend généralement du résultat d'un examen d'entrée. Le programme des deux premières années est très axé sur l'anatomie et l'histologie, associées à une première approche des techniques et des matériaux. Les 3e et 4e années fournissent les connaissances spécifiques des branches principales de l'odontologie: exodontie, endodontie, périodontie, orthodontie, chirurgie buccale, odontopédiatrie. La cinquième année est constituée principalement de stages (répartis entre patients adultes, enfants et adolescents) et un apprentissage de la gestion d'établissements de soins dentaires. Les matériaux utilisés durant la formation sont principalement nord-américains et européens. Les programmes de spécialisations se font sur concours et durent entre 3 et 4 ans.

En Suisse[modifier | modifier le code]

En Suisse l'appellation exacte est « médecin-dentiste ». Pour démarrer la formation, il est nécessaire d'avoir une maturité gymnasiale (équivalent du baccalauréat). Ensuite, 5 ans de formation dans une université sont nécessaires pour l'obtention du diplôme. Les deux premières années sont communes aux étudiants en médecine. Les universités de Bâle, Berne et Zurich proposent la formation en allemand, l'université de Genève propose l'unique formation de médecine dentaire en français du pays (l'accès à cette dernière est généralement réservée aux étudiants suisses et certains européens en raison de la faible capacité de la section de médecine dentaire de Genève). Les programmes de spécialisation sont extrêmement rares et également réservés aux diplômés suisses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le dentifrice, contre les arracheurs de dents et "les docteurs ès-crocs" Chronique de Jean Pruvost sur Canal Académie, 17 juillet 2011
  2. Annie Berthet, A. Cozin, L-F. Jacquelin, « Sédations et soins dentaires », Réal Clin, vol. 1,‎ 2001, p. 49-60
  3. Fiche d'aide au repérage de produit cancérogène Soins dentaires. Document INRS
  4. (es) « Estudiantes alemanes realizan estadía en la Universidad de La Frontera » sur le site noticias.universia.cl, 31 mars 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]