La Valette

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Valette et Lavalette.
La Valette
Valletta
Blason de La Valette
Héraldique
La Valette vue du Marsamxett Harbour.
La Valette vue du Marsamxett Harbour.
Administration
Pays Drapeau de Malte Malte
Maire Alexiei Dingli
Code postal VLT
Démographie
Gentilé Belti/Beltija/Beltin
Population 6 675 hab. (31 mars 2013[1])
Densité 8 344 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 53′ 52″ N 14° 30′ 45″ E / 35.89778, 14.5125 ()35° 53′ 52″ Nord 14° 30′ 45″ Est / 35.89778, 14.5125 ()  
Altitude 56 m
Superficie 80 ha = 0,8 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Malte

Voir sur la carte Malte administrative
City locator 14.svg
La Valette
Liens
Site web http://www.cityofvalletta.org/
Ville de La Valette *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Rue typique de La Valette
Rue typique de La Valette
Pays Drapeau de Malte Malte
Type Culturel
Critères (i) (vi)
Superficie 55,5 ha
Numéro
d’identification
131
Zone géographique Europe et Afrique du Nord **
Année d’inscription 1980 (4e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

La Valette (Valletta en maltais et en anglais) est la capitale de la République de Malte.

C'est une ville du XVIe siècle comprenant de nombreux bâtiments de l'époque des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui gouvernèrent l'île pendant deux siècles et demi. Avec 320 monuments sur une superficie de 55 hectares, La Valette constitue la plus forte concentration historique au monde.[réf. nécessaire].

La population de La Valette en 2008 est de 6 098 habitants.

Ce port naturel, l'un des plus profonds d'Europe, se trouvait au carrefour des routes maritimes.

La ville est inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité (liste de l'UNESCO) depuis 1980.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'actuelle capitale maltaise porte le nom de son fondateur français Jean Parisot de La Valette (1494 - 1568) grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le nom exact de la nouvelle ville était Humillina Civitas Vallettae, c'est-à-dire l'« humble ville de La Valette ». Ce nom est resté dans la « Ċittà Umilissima » autre nom de La Valette. Les habitants des campagnes l'appelèrent de façon plutôt critique « Il-Belt » (La Ville), la maltisation des noms des localités à remis au goût du jour ce surnom et l'on utilise aujourd'hui de plus en plus « Il-Belt Valletta ». Les habitants de La Valette sont des Beltin (au singulier : Belti au masculin, Beltija au féminin).

Une reconstitution tardive voudrait que le nom de la ville vienne de l'italien La Valletta[n 1] mais aucune source ne vient appuyer cette théorie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVe et au début du XVIe siècle, sous le contrôle direct de la couronne espagnole, avant l'arrivée de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les représentants de la Couronne, le « Capitan de Malte » résidait à Medina, au centre de l'île, là où se trouvait l'Università, le pouvoir municipal, et le « Castellan » résidait au Castrum maris à Borgo le bourg. C'était les deux principaux villages de l'île de Malte.

Dès leur arrivée à Malte, en 1530, les Hospitaliers s’installèrent à Borgo, dans un port et la seule fortification de l'île, le castrum de Medina ayant été détruit comme symbole du pouvoir royal oppressif. En bons militaires le chevaliers de Rhodes maintenant chevaliers de Malte jugèrent de l'importance stratégique de la colline de Xiberras, face à Borgo. C'est legrand maître hospitalier Juan de Homedes qui fait construire un fort, le fort Saint-Elme à l’extrémité de la péninsule en 1552. Peut après son élection comme grand maître, Jean Parisot de La Valette demande à Marc Antonio Quinsani da Montalcino d'établir les plans d'une nouvelle ville sur la colline et le duc d'Urbino envoie aussi l'ingénieur militaire Bartolomeo Cenga. En 1557, Baldassare Lanci reprend le projet mais il est stoppé par l'invasion ottomane de 1565.

C'est un an après le Grand Siège de l'île par les Ottomans que la construction de la nouvelle ville commencera, le 28 mars 1566, le prieur conventuel bénît la première pierre posée par le grand maître. C'est le pape Pie IV qui envoya à Malte un célèbre ingénieur militaire, ancien collaborateur de Michel Ange, Francesco Laparelli. Il était secondé par Gabrio Serbelloni, l'architecte du roi Philippe II d'Espagne et un architecte maltais Ġlormu Cassar. À partir du fort Saint-Elme, Laparelli entoure la colline d'une puissante fortification qu'il détache de la terre par un profond fossé qui réuni la baie de Marsamxett à celle de Marsa, les pierres extraites servaient à la construction des fortifications. Il était aussi prévu de niveler la colline, mais des bruits d'une nouvelle invasion ottomane stoppa ce trop long travail et les neuf rues tracées dans la plus grande dimension et les douze rues perpendiculaires suivirent le dénivelé du terrain transformant nombre du rues en escalier en lieu et place de rues carrossables. Pour facilité la circulation des troupes et des canons d'un bastion à un autre, la fortification est doublée d'une circulation interne. Laparelli avait prévu un port pour les galères à l'intérieur des fortifications, le « Manderragio ». Les pierres produites par le creusement du port devaient servir à la construction des habitations, mais elles se révélèrent impropres à la construction et le projet du port fût abandonné. Le grand maître souhaitait un « Collechio » à l'image de celui de Rhodes, mais ce quartier réservé aux chevaliers à l'écart de la population, n'avait plus leur faveur et le projet fût aussi abandonné.

Les travaux de construction sont financés par le pape et les princes chrétiens d'Europe, les finances des Hospitaliers étant au plus bas. Il fallait construire vite sous la pression des Ottomans, le pape autorisa le travail les jours fériés, le vice-roi de Sicile renvoya à Malte tous les maltais sans charge de famille, au total plus de 8000 personnes, y compris les nombreux prisonniers turcs, travaillaient sur le chantier à la fin de 1566. En 1569, rappelé par le pape, Laparelli quitte Malte et laisse la responsabilité des travaux à Cassar qui était son assistant maltais. Le premier bâtiment à être construit par Cassar sur plan Laparelli est l'église Notre-Dame-de-la-Victoire. Quand meurt Jean Parisot de La Valette le 21 août 1568, son corps y est déposé en attendant la construction de l'église conventuelle. Cassar est de fait le principal architecte de la ville si Laparelli est le concepteur du plan et des fortifications, Cassar est à l'origine du palais des Grands-Maîtres, de la cathédrale Saint-Jean et des auberges des langues hospitalières, celle d'Aragon, de Castille, de Provence, d'Allemagne, d'Italie, d'Auvergne et de France entre autres.

Le successeur de La Valette, Pietro del Monte reprend à son compte le projet demandant l'ouverture d'une deuxième porte dans les fortifications, la « porta maritima »[n 2] permettant un accès direct depuis Birgu. En 1569, Del Monte voulant accélérer la construction de la ville fit paraître un premier règlement d'urbanisme :

  • Tout acquéreur d'un terrain devait commencer de le construire sous six mois et terminer la construction dans l'année au risque de perdre le bénéfice de la vente ;
  • Nul ne pouvait construire sans prendre un architecte agréé par l'Ordre ;
  • Chaque construction devait avoir un réservoir avec puits pour recueillir les eaux de pluie et un deuxième réservoir pour les eaux usées relié à l’égout principal ;
  • Aucun espace vide ou jardin devant les constructions, les angles de ces constructions ne devaient pas faire saillie sur la rue, les coins de chaque pâté de maisons devaient être décorés ;
  • etc.

Le 18 mars 1571, Del Monte accélère encore la transformation de La Valette en capital de l'Ordre en publiant un deuxième règlement :

  • Tous les chevaliers devaient résider sans délai à La Vallette ;
  • L'Ordre tout entier devait y être établi à la fin de mars 1571 ;
  • Toute personne ayant fait construire à La Valette pouvait disposer de son bien selon son désir
  • etc.

Depuis cette date la ville a peu changé même si beaucoup de bâtiments furent reconstruits sur place ou redécorés. Le blitz entre 1940 et 1943 détruisit beaucoup des constructions de la ville, une majorité d'entre elles furent reconstruites à l'identique sauf le grand opéra britannique dont les ruines restèrent jusqu'en 2013 un symbole du martyr des habitants.

La porte de ville, City Gate, est l'entrée principale dans La Valette. Elle a été inaugurée pendant les cérémonies de l'indépendance en 1964 ; elle faisait partie d'un projet non encore réalisé, le réaménagement de l'entrée de la ville avec la reconstruction de l'Opéra royal, détruit lors de bombardements en 1942. Triq ir-Repubblika en maltais et Republic street en anglais (rue de la République) est l'artère principale de la ville ; appelée Kingsway durant la colonisation anglaise, Strada Reale par les italophones, Strada San Giorgio sous l'administration de l'ordre de Saint-Jean, les Français la rebaptisèrent rue Nationale. Elle se déroule sur toute la longueur de La Valette, de la porte de la ville jusqu'au fort Saint-Elme. La cité comporte plusieurs églises ; la plus connue est la Co-Cathédrale Saint-Jean (œuvre de l'architecte maltais Girolamo Cassar), autrefois appelée l'église des chevaliers. La capitale abrite de nombreux monuments, dont l'ancien Palais des grands maîtres, de nos jours Palais de la république, le Président y a ses bureaux et le Parlement maltais y siège.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique

1590 1614 1632 1687 1702 1716 1797 1807 1829 1848 1994 2008 2011 2013
3 397 ≈ 6 500 ≈ 8 600 ≈ 9 800 ≈ 12 200 17 507 20 108 24 546 21 631 18 666 8 090 6 098 6 966 6 675

Géographie[modifier | modifier le code]

Représentation en 3D des baies de La Valette.

La ville est bâtie sur la côte nord-est de l'île de Malte, sur la pointe de la presqu'île de Xiberras entourée de deux havres naturels : le Marsamxett Harbour au nord, et le Grand Harbour au sud.

Climat[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous reprend les données météorologiques de 1853 à juin 2012 pour les températures de l’air et de 1841 à juin 2012 pour les précipitations.

Relevé météorologique de La Valette
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 10,5 10,1 10,9 12,7 15,6 19,1 21,5 22,3 20,6 18,1 14,8 12 15,7
Température moyenne (°C) 12,6 12,4 13,7 15,9 19,6 23,7 26,5 27 24,5 21,4 17,5 14,2 19,1
Température maximale moyenne (°C) 15,5 15,5 17,2 19,7 24 28,4 31,4 31,6 28,4 24,9 20,5 17 22,8
Record de froid (°C)
date du record
1
1985
0,6
2001
1,4
1993
4,4
1956
7
1982
11
1979
15
1978
13
1981
12,8
1964
8
1978
6
1976
3,7
1988
0,6
2001
Record de chaleur (°C)
date du record
22,2
1982
26,7
1960
33,5
2001
29,1
2002
35,3
2006
40,1
1997
42,7
1988
43,8
1999
37,4
1990
34,5
1999
28,2
1998
23,9
1963
43,8
1999
Précipitations (mm) 97 58 40 25 11 5 2 7 46 79 97 106 572
Nombre de jours avec précipitations 15 13 10 8 5 3 1 2 8 11 14 18 108
Humidité relative (%) 77 76 77 75 72 67 66 70 74 78 76 77 74
Nombre de jours avec neige 0,1 0,1 0,03 0 0 0 0 0 0 0 0 0,03 0,3
Nombre de jours d'orage 3 3 1 1 1 1 0,2 1 4 5 5 5 30
Nombre de jours avec brouillard 1 1 2 1 1 1 0,3 0,3 0,4 1 1 1 11
Source : http://www.pogoda.ru.net/climate2/16597.htm
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
15,5
10,5
97
 
 
 
15,5
10,1
58
 
 
 
17,2
10,9
40
 
 
 
19,7
12,7
25
 
 
 
24
15,6
11
 
 
 
28,4
19,1
5
 
 
 
31,4
21,5
2
 
 
 
31,6
22,3
7
 
 
 
28,4
20,6
46
 
 
 
24,9
18,1
79
 
 
 
20,5
14,8
97
 
 
 
17
12
106
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Municipalité[modifier | modifier le code]

Le maire de La Valette est le Dr Alexiei Dingli. Il est membre du Parti nationaliste, qui est majoritaire au Conseil de la Ville.

Transports[modifier | modifier le code]

La Valette est desservie par l'Aéroport international de Malte, qui est situé à huit kilomètres au Sud de la ville. Le système de transport public de Malte, qui utilise des bus, opère majoritairement sur les routes provenant ou à destination de La Valette, avec leurs terminus centraux localisés en dehors de La Valette.

Le trafic à l'intérieur de la ville est restreint, beaucoup de rues pentues sont constituées d'escaliers et une partie des rues principales (triq ir-Repubblika et triq il-Merkanti) sont des zones totalement piétonnes.

Le 1er mai 2007, un plan de contrôle de la circulation automobile a été mis en place. Ce système de contrôle d'accès des véhicules CVA - Controlled Vehicular Access - voudrait réduire le stationnement de longue durée et promouvoir le commerce dans la ville[2],[3]. Dans le mois qui a précédé la mise en place du système, 17 000 véhicules en moyenne jour sont rentrés dans La Valette. Le système de caméras automatisés basé sur la lecture automatique de plaques minéralogiques identifie les véhicules lorsqu'ils entrent et sortent de la zone payante entre 8 h et 18 h les jours de semaine et entre 8 h et 13 h le samedi. En dehors de ce temps et les dimanches et jours fériés la circulation est libre. Les conducteurs bénéficient d'une gratuité de 30 min, au-delà, ils sont facturés en fonction du temps passé à l'intérieur de la cité avec un coût maximum de 6,52 € par jour. Les différentes règles d'exonérations et de tarification en place voudraient faire évoluer le système vers un programme de péage urbain sur le modèle de Londres. Mais la mobilisation des commerçants et des petites entreprises, et surtout la débrouillardise des Maltais est en passe de faire échouer le système ; les coûts d'exploitation seraient supérieurs aux sommes récoltées. L'ensemble des rues de la ville est ainsi soumis à ce régime, avec neuf contrôles d'entrées (triq il-papa Piju V, triq San Pawl, triq San Mark, triq il-Punent, triq it-Tramuntana, triq il-Fran, triq il-Merkanti, triq il-Mediterran et is-sur tal-Inglizi) et six contrôles de sorties (triq Santa Lucija, triq il-Fran, triq ir-Repubblika, triq il-Mediterran, bieb Victoria et is-sur tal-Inglizi) ; seules, les rues longeant les fortifications et faisant le tour de la ville échappent à ce contrôle. Parallèlement un service de navettes est mis en place en 2006 par ADT - Autorita' dwar il-Transport ta' Malta (« Autorité du transport de Malte ») - entre le parking souterrain de Floriana et misrah il-Helsen où à partir de 2008 se trouve la station de départ des taxis électriques urbains.

Patrimoine et culture[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Musée et monuments civils[modifier | modifier le code]

Murailles de La Valette au coucher du soleil.

Jardins publics[modifier | modifier le code]

  • Jardin du Haut-Baracca (Upper Baraca Gardens) : lieu agréable doté d'une statue de Winston Churchill.
  • Jardin du Bas-Baracca (Lower Baracca Gardens).
  • Jardins de Hastings (Hastings Gardens) : lieu qui offre une vue magnifique sur la cité de La Valette et de ses cités environnantes telles Floriana.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. la forme maltaise, adoptée en anglais, vient de l'italianisation du nom français interprété comme une forme féminine du fait d'une confusion avec l'article féminin « la », la forme française actuelle vient à son tour de la francisation de l'italien. André Cherpillod (1986) Dictionnaire étymologique des noms géographiques, Masson.
  2. la « porta maritima » pris le nom de « porte del Monte ». Elle est reconstruite en 1888 par l'architecte Galizia et renommée par les britanniques, « Victoria Gate ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gazzetta tal-Gvern ta' Malta du 31 mai 2013
  2. (en) Contrôle d'accès des véhicules, CVA Technology, 1 May 2007
  3. « Valletta traffic congestion considerably reduced », MaltaMedia News,‎ 2007-05-06 (consulté le 2008-04-05)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]