Place de la République (Paris)

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3e, 10e, 11e arrt
Place de la République
Place de la République, vue d'ensemble
Place de la République, vue d'ensemble
Situation
Arrondissement 3e, 10e, 11e
Quartier Arts-et-Métiers
Enfants-Rouges
Porte-Saint-Martin
Folie-Méricourt
Voies desservies Boulevards du Temple, Saint-Martin, de Magenta et Voltaire, avenue de la République, rues du Temple, René-Boulanger, Léon-Jouhaux, du Faubourg-du-Temple
Morphologie
Longueur 283 m
Largeur 119 m
Historique
Dénomination 7 mai 1879
Ancien(s) nom(s) Place du Château d'Eau
Géocodification
Ville de Paris 8147
DGI 8159

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place de la République
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

48° 52′ 03″ N 2° 21′ 50″ E / 48.8675, 2.36384 ()

La place de la République est une place de 3,4 ha[1] située à la limite des 3e, 10e et 11e arrondissements de Paris. Elle s'appelait place du Château-d'Eau jusqu'en 1879.

La place est desservie par sept grandes rues. Cinq lignes du métro de Paris s'y croisent, faisant de la station République un important nœud de correspondances.

Historique[modifier | modifier le code]

Elle correspond au bastion de la porte du Temple, dans l'enceinte de Charles V qui date du XIVe siècle[2].

Ornée en 1811 d'une fontaine dite du Château-d'Eau, dessinée par Girard, elle n'est alors qu'une petite place triangulaire[3]. Elle prit sa physionomie actuelle sous le Second Empire, avec le percement du boulevard de Magenta, de celui des Amandiers (devenu avenue de la République) et du boulevard du Prince-Eugène, aujourd'hui dédié à Voltaire. Une grande partie des théâtres du boulevard du Temple furent alors rasés. Notamment le Théâtre-Historique ou Théâtre-Lyrique fondé par Alexandre Dumas le 20 février 1847 et disparu le 20 décembre 1850. L'administration du baron Haussmann construit une grande place rectangulaire de 280 mètres sur 120[3].

La Caserne du Château-d'Eau de la Garde Républicaine avant la Première Guerre mondiale, ainsi que des tramways vers la banlieue Est

La caserne du Prince-Eugène, plus tard nommée caserne du Château d'Eau, puis caserne Jean-Vérines, fut érigée par Degrove, en 1854, en remplacement de l'ancien Wauxhall d'été et du dioramaDaguerre, l'un des inventeurs de la photographie, donnait ses représentations de quinze minutes. Prévue à l'origine pour 3 200 hommes, la caserne est alors l'équipement le plus vaste de la ville avec une superficie équivalente à celle de l'hôtel de ville[3]. Elle est construite pour rassembler des troupes alors éparpillées dans Paris mais aussi à pouvoir, si nécessaire, rapidement encercler le faubourg Saint-Antoine[3]. Elle accueille depuis 1947 la Garde Républicaine.

En 1866, Gabriel Davioud, architecte de la Ville de Paris, construisit sur tout le côté nord de la place les Magasins réunis. Il dressa aussi en 1867 une seconde fontaine, de 25 mètres de diamètre[3] et ornée de 8 lions de bronze, celle de Girard ayant été jugée insuffisante sera remontée dans la cour d'entrée du marché-abattoir de La Villette (actuelle place de la Fontaine-aux-Lions) pour servir d'abreuvoir pour le bétail [4].

Un emplacement pour la construction d'un orphéon municipal est alors réservé mais il ne verra jamais le jour[5]

En 1883, un monument à la République est inauguré au centre de la place, qui prend alors la configuration qu'elle aura jusque dans les années 2010 avec deux terre-pleins centraux. La place prendra le nom de place de la République en 1889, 6 ans après l'inauguration d'un monument.

Le monument à la République[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monument à la République.
Le monument à la République

En 1879, le concours organisé pour l'installation d'un grand monument consacré à la République de nouveau proclamée fut remporté par les frères Morice : Léopold pour la statuaire et Charles pour le soubassement. Deux cérémonies d'inauguration eurent lieu, le 14 juillet 1880 avec le modèle en plâtre, le 14 juillet 1883 avec la version définitive en bronze. Le monument est constitué d'une statue colossale de Marianne en bronze de 9,50 m de haut[6] sur un soubassement en pierre de 15 m de haut[6] où sont assises des allégories de Liberté, Égalité et Fraternité. La fontaine du Château d'eau de Davioud a quant à elle été réinstallée en 1880 place Félix-Éboué, dans le 12e arrondissement. Le sculpteur Jules Dalou, qui concourait en 1879 et dont le projet ne fut pas retenu pour la place de la République, obtint cependant une commande pour son « Triomphe de la République » qui sera installé place de la Nation.

La Liberté

Nœud de communications[modifier | modifier le code]

Tramways à impériale de la CGO, ligne Cours de Vincennes — Louvres, dans les années 1900.
Tramway électrique à la République au début du XXe siècle

Avec l’augmentation du trafic à la fin du XIXe et début du XXe siècle, la place devient un nœud de communication important de Paris. Les divers moyens de locomotion d'alors se croisent autour d'une grande esplanade[3] comme le tramway funiculaire de Belleville (un tramway à câble reliant la place de la République à la colline de Belleville), les tramways de la compagnie générale des omnibus, qui desservent Paris, ou ceux des Chemins de fer nogentais dont le réseau dessert la banlieue est.

1904 voit la fin de la construction de la ligne 3 du métro et l'inauguration de la station de métro République[3] sous la place. Les lignes 5, 8 et 9 seront par la suite construites et desserviront également la place. La dernière, la 11 est inaugurée en 1935[3].

Jusqu'en 2011 et son réaménagement, 60 % de la place de la République est dédiée à la circulation automobile[3].

Voies aboutissant sur la place de la République[modifier | modifier le code]

En tournant dans le sens des aiguilles d'une montre :

Activités et manifestations[modifier | modifier le code]

La place de la République avant sa transformation.

La place de la République est un endroit très animé et populaire de Paris[réf. nécessaire].

Parfois en raison de son nom et de la symbolique qui lui est liée, mais surtout à cause de son accessibilité et de sa localisation au carrefour de grandes avenues, c'est un des lieux habituels des manifestations parisiennes, le plus souvent à l'initiative des organisations politiques de gauche ou des organisations syndicales. Mais la place de la République a aussi été le cadre choisi en 1958 par le Général de Gaulle pour une manifestation, le 4 septembre[7], en faveur du Oui au référendum instituant la Constitution de la Cinquième République.

Derniers aménagements[modifier | modifier le code]

Vue du plan d'eau devant la statue centrale.

Une longue concertation s'est déroulée, à partir de décembre 2008, pour le réaménagement de la place de la République. Le lauréat du concours organisé par la Ville de Paris a été désigné le 21 janvier 2010 : l'équipe Trévélo & Viger-Kohler (TVK)[8] a proposé, conformément à des suggestions faites au cours de la concertation[9], de reporter l'ensemble de la circulation, dans les deux sens, sur le seul côté ouest de la place et de créer un grand espace piétonnier au centre de celle-ci, englobant la statue et s'étendant aux bâtiments du côté est. Les 75 premiers mètres de la rue du Faubourg-du-Temple seront également piétonnisés jusqu’au croisement de la rue Yves-Toudic et de la rue de Malte[10].

Cette proposition a donné lieu à de vives controverses et à des prises de positions opposées, les unes pour s'en féliciter[11],[12], les autres pour craindre les effets sur la circulation parisienne[13], ou la destruction d'éléments patrimoniaux historiques comme les fontaines des Dauphins (dont les bronzes ont cependant été mis de côté et devraient être déplacés en bas de l'avenue des Champs-Élysées, non loin de la statue de Georges Clemenceau réalisée par François Cogné[14]), et l'adjonction d'un bassin moderne ceignant la base du monument[15].

Après des travaux préparatoires qui ont débuté en juillet 2011, les travaux d'aménagement de la place ont débuté en janvier 2012 et l'inauguration a eu lieu le 16 juin 2013[3].

En février 2013, la mairie annonce que l'espace sera loué 55k€ annuels à quelques commerces, notamment un restaurant[16]. Une vaste structure en verre abrite un café côté nord sur ce qui était un jardin avec plan d'eau[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mairie du Xe arrondissement, « Quelle place de la République pour demain ? », sur http://www.mairie10.paris.fr (consulté le 3 octobre 2013).
  2. Mairie de Paris, Direction de l'Urbanisme, Place de la République, étude DU sur l'histoire de la place, décembre 2009, consulté le 2 mai 2010
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j mairie de Paris, « Histoire de la place de la République », sur http://www.placedelarepublique.paris.fr,‎ 2011 (consulté le 15 juin 2012)
  4. La fontaine aux lions de Nubie sur lartnouveau.com
  5. Commentaire sonore sur l'histoire de la place par l'historienne Géraldine Texier sur le site http://www.placedelarepublique.paris.fr/
  6. a et b « La République se dévoile », sur mairie3.paris.fr (consulté le 24 septembre 2012).
  7. « De gaulle présente la nouvelle République aux français le 4 septembre 1958 »,‎ 4 septembre 1958 (consulté le 24 septembre 2012).
  8. « L'aménagement de la place de la République à Paris confié à l'équipe TVK », sur www.lemoniteur.fr,‎ 22 janvier 2010 (consulté le 24 septembre 2012).
  9. « Place de la République : contribuez au renouveau » (consulté le 24 septembre 2012).
  10. « Les grandes lignes du projet de réaménagement de la place de la République sont établies. Présentation du projet. », sur paris.fr (consulté le 24 septembre 2012).
  11. « Aménagement de la place de la République : un choix conforme aux propositions de l’AUT », sur www.aut-idf.org,‎ 21 janvier 2010 (consulté le 24 septembre 2012).
  12. « Place de la République », sur cnop.20minutes-blogs.fr,‎ 16 novembre 2010 (consulté le 24 septembre 2012).
  13. « Vigilance République » (consulté le 24 septembre 2012).
  14. Adrien Goetz, « Les dauphins de la République nageront aux Champs », Le Figaro, encart « Culture », jeudi 7 novembre 2013, page 28.
  15. Article de Didier Rykner du 18 janvier 2012 sur le site de la Tribune de l'Art.
  16. République, place citoyennele JDD, 10 février 2013
  17. Le café prend la République, Anne-Marie Fèvre, Libération Next, 23 juillet 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]