Porte Saint-Denis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Porte Saint-Denis
Élévation de la porte Saint-Denis servant de frontispice au Cours d'architecture de François Blondel en 1698.
Élévation de la porte Saint-Denis servant de frontispice au Cours d'architecture de François Blondel en 1698.
Présentation
Période ou style Architecture classique
(style Louis XIV)
Type arc de triomphe
porte de ville
Architecte François Blondel
Dimensions 24,65 m × 25 m × 5 m
Destination initiale arc de triomphe
porte de ville
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 11″ N 2° 21′ 09.5″ E / 48.86972, 2.352639 ()48° 52′ 11″ Nord 2° 21′ 09.5″ Est / 48.86972, 2.352639 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Porte Saint-Denis

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Porte Saint-Denis

La porte Saint-Denis est un arc de triomphe situé dans l'actuel 10e arrondissement de Paris et construit en 1672, par l'architecte François Blondel, à la gloire de Louis XIV. Elle est située à l'emplacement d'une porte de Paris de l'ancienne enceinte de Charles V.

C'est un des monuments les plus représentatifs de l'art officiel de son époque, présenté dans toutes les anthologies[1].

Localisation[modifier | modifier le code]

La porte Saint-Denis se trouve au croisement de l'axe Saint-Denis (rue Saint-Denis et rue du Faubourg-Saint-Denis) et des Grands Boulevards (boulevard de Bonne-Nouvelle et boulevard Saint-Denis).

(M) Ce site est desservi par la station de métro Strasbourg - Saint-Denis.

Portes successives[modifier | modifier le code]

Cinq constructions ont porté le nom de porte Saint-Denis au cours de l'histoire de Paris, toutes sur l'axe de la rue Saint-Denis, c'est-à-dire la route de Paris à Saint-Denis, sur le chemin des rois se rendant à la basilique Saint-Denis : la première porte Saint-Denis remonte du Xe siècle et se trouvait juste avant le croisement avec les actuelles rues de la Ferronnerie et de la Reynie, à hauteur du no 39 de la rue Saint-Denis (48° 51′ 36.21″ N 2° 20′ 53.5″ E / 48.8600583, 2.348194 (Porte Saint-Denis (Xe s.)))[2].

Article connexe : Enceinte du Xe siècle.

La deuxième porte Saint-Denis, du début du XIIIe siècle, se trouvait juste au nord du croisement entre la rue Saint-Denis et la rue Étienne-Marcel (48° 51′ 49.95″ N 2° 21′ 00.22″ E / 48.863875, 2.3500611 (Porte Saint-Denis (XIIIe s.))) ; l'impasse des Peintres marque l'emplacement du chemin de ronde extérieur[3].

Article connexe : Enceinte de Philippe Auguste.

La troisième porte Saint-Denis, ou « bastide Saint-Denis », du XIVe siècle, se trouvait 60 mètres au sud de l'actuel arc de triomphe, à hauteur des actuels nos 285 à 246-248 de la rue Saint-Denis, au-delà du croisement avec la rue Blondel (48° 52′ 08.66″ N 2° 21′ 08.2″ E / 48.8690722, 2.352278 (Porte Saint-Denis (XIVe s.)))[4].

Article connexe : Enceinte de Charles V.

Comme Paris s'agrandissait[5], l'enceinte fortifiée du XIVe siècle est remplacée par une barrière fiscale matérialisée par un mur et par un boulevard[6]. Les portes fortifiées qui remontent au Moyen Âge sont donc remplacées par des portes triomphales. La quatrième porte Saint-Denis fut érigée en 1672 par l'architecte François Blondel, directeur de l'Académie royale d'architecture, et le sculpteur Michel Anguier sur ordre de Louis XIV, en l'honneur de ses victoires sur le Rhin et en Franche-Comté, et aux frais de la ville. Elle fut construite sur un bastion (construit au siècle précédent, et détruit par la suite), à l'emplacement d'une porte médiévale dans l'enceinte de Charles V[7].

La porte Saint-Denis fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[8]. Des travaux de restauration ont été entrepris en 1988.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Plus au nord, la rue du Faubourg-Saint-Denis franchissait le mur des Fermiers généraux à la « barrière Saint-Denis », renommée « barrière Franciade » lors de la Révolution, entre deux guérites à hauteur du croisement avec l'actuel boulevard de la Chapelle, côté numéros impairs (48° 53′ 03.14″ N 2° 21′ 33.56″ E / 48.8842056, 2.3593222 (Barrière Saint-Denis (XVIIIe s.)))[9].

Article connexe : Mur des Fermiers généraux.

Encore plus au nord, la rue Marx Dormoy puis la rue de la Chapelle amène à l'actuelle porte de la Chapelle juste après le croisement avec le boulevard Ney (l'ancien chemin de ronde appelé « rue Militaire »), anciennement « porte Saint-Denis » (cinquième du nom) permettant de franchir l'enceinte de Thiers entre les bastions nos 34 et 33 (48° 53′ 55.42″ N 2° 21′ 32.79″ E / 48.8987278, 2.3591083 (Porte Saint-Denis (XIXe s.)))[10].

Article connexe : Enceinte de Thiers.

Description[modifier | modifier le code]

Face sud de la porte Saint-Denis.

La porte Saint-Denis est un arc de triomphe inspiré de l'arc de Titus à Rome. Auguste Choisy, dans son Histoire de l'architecture donne la composition de la Porte Saint-Denis, basée sur la division par deux et par trois d'un carré. Le monument a 24,65 mètres de largeur, 25 mètres de hauteur, 5 mètres d'épaisseur. L'arcade a 15,35 mètres sous clef et 8 mètres d'ouverture ; les petites portes ont 3,30 mètres sur 1,70.

Il est percé d'un grand arc et de deux petites portes, pratiquées dans les piédestaux accolés aux piédroits. Du côté de la ville (au Sud), engagés dans la surface des piédroits jusqu'à hauteur de l'entablement de l'édifice, s'élèvent des obélisques chargés de trophées. À leur pied, deux figures assises, sculptées d'après des dessins de Lebrun, représentent les Provinces-Unies.

Au-dessus de l'arc, entre l'archivolte et l'entablement se trouvent des bas-reliefs de Michel Anguier :

Dans la frise de l'entablement est inscrite en lettres de bronze la dédicace « Ludovico magno » (À Louis le Grand).

Images[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Geographylogo.svg

Les coordonnées de cet article :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Histoire de l'architecture française, vol. II : de la Renaissance à la Révolution, Paris, Mengès,‎ mai 1995 (réimpr. 2003), 515 p. (ISBN 2-8562-0374-4), p. 317-318.
  2. Gagneux et Prouvost 2004, p. 20.
  3. Gagneux et Prouvost 2004, p. 35-36.
  4. Gagneux et Prouvost 2004, p. 107.
  5. Extension de Paris reconnue par lettres patentes de 1672.
  6. Boulevard est à prendre dans son acception de l'époque, c'est un mail planté d'arbres qui prend la place des fortifications et qui sert de promenade.
  7. La porte médiévale est visible sur le plan dit de Turgot.
  8. « Notice no PA00086512 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Gagneux et Prouvost 2004, p. 158.
  10. Gagneux et Prouvost 2004, p. 202.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Chabat, Dictionnaire des termes employés dans la construction, Paris, Ve A. Morel et Cie,‎ 1881, p. 115-116 (t. IV).
  • Auguste Choisy, Histoire de l'architecture, Paris,‎ 1899, p. 745-746 (t. II).
  • Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris : promenade au long des murs disparus, Paris, éditions Parigramme,‎ 2004, 246 p. (ISBN 2-84096-322-1).