Musée national des arts asiatiques - Guimet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guimet.
Musée national
des arts asiatiques - Guimet
Image illustrative de l'article Musée national des arts asiatiques - Guimet
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 6, place d'Iéna
75116 Paris
Coordonnées 48° 51′ 55″ N 2° 17′ 38″ E / 48.86528, 2.29389 ()48° 51′ 55″ Nord 2° 17′ 38″ Est / 48.86528, 2.29389 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1889
Conservateur Sophie Makariou (présidente)[1]
Collections
  • Afghanistan-Pakistan
  • Arts de l'Himalaya
  • Asie du Sud-Est
  • Asie Centrale
  • Chine
  • Corée
  • Inde
  • Japon
  • Bibliothèque
  • Archives photographiques
  • Archives sonores
Superficie 4 005 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 311 899 (2003)
260 153 (2004)
313 449 (2005)
263 933 (2006)
309 509 (2007)[2]
Site web guimet.fr

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Musée nationaldes arts asiatiques - Guimet

Le musée national des arts asiatiques - Guimet, appelé encore couramment musée Guimet, est un musée d'art asiatique situé à Paris, 6 place d'Iéna, dans le 16e arrondissement. Conçu, lors de sa rénovation, en 1997, comme un grand centre de la connaissance des civilisations asiatiques au cœur de l’Europe, il présente aujourd'hui, regroupés ensemble dans un espace qui leur est dédié, l'une des plus complètes collections d'arts asiatiques au monde.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Iéna.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le musée s'est constitué à l'initiative d'Émile Guimet (1836-1918), industriel et érudit lyonnais. Grâce à des voyages en Égypte (le musée de Boulaq l'inspirera pour la muséographie de ses futurs musées), en Grèce, puis un tour du monde en 1876, avec des étapes au Japon, en Chine et en Inde, il réunit d'importantes collections d'objets d'art qu'il présenta à Lyon à partir de 1879.

Par la suite, il se spécialise dans les objets d'art asiatiques et transfère ses collections dans le musée qu'il fait construire à Paris et qui est inauguré en 1889. En 1927, le musée Guimet est rattaché à la Direction des musées de France et regroupe d'autres collections et legs de particuliers. C'est désormais la plus grande collection d'art asiatique hors d'Asie.

Entre 1878 et 1925, un musée indochinois[3], conséquence des découvertes de l'explorateur Louis Delaporte, occupe un tiers de l'aile Passy du palais du Trocadéro ; les objets présentés sont ensuite transférés au musée Guimet, sauf 624 plâtres du temple d'Angkor qui restent au Trocadéro, donnés en 1936 au musée des monuments français, qui se trouve dans le nouveau palais de Chaillot[4],[5].

Le musée Guimet gère aussi le Panthéon bouddhique - Hôtel Heidelbach[6], tout proche, et le musée d'Ennery consacrés, eux aussi, à l'art asiatique. Toutefois, alors que les collections sont réparties dans le musée par aire géographique et selon une évolution stylistique ayant pour but la connaissance de l'histoire des arts de l'Asie, l'approche du panthéon bouddhique est plus liée au projet originel d'Émile Guimet puisque son but est, par le choix d'objets particulièrement signifiants sur le plan iconographique, la connaissance des religions, en l'occurrence celles des formes de bouddhismes extrême-orientaux (Chine-Japon).

À l'heure actuelle les collections du musée, relativement exhaustives sur le plan de la répartition géographique de l'Asie Orientale, se limitent aux objets archéologiques ou d'arts anciens et excluent l'art contemporain et les objets ethnologiques. On peut noter toutefois une forme de diversification avec la création d'un département des textiles grâce au legs de Krishnâ Riboud.

Une place, bien que peu importante, est également parfois accordée à l'art contemporain en marge des expositions temporaires. En ce qui concerne les collections ethnologiques ou celles en marge des grands courants culturels et religieux (production des populations autrefois qualifiées de tribales), il trouveront désormais leur place dans le cadre du Musée du quai Branly.

S'adaptant à l'évolution du monde muséal dans lequel les missions du musée s'étendent à celles d'un centre culturel, le musée organise des manifestations culturelles liées aux cultures de l'Asie : rétrospectives cinématographiques, récitals et concerts, spectacles de danse et de théâtre.

La bibliothèque et la toiture ont été inscrites au titre des monuments historiques par un arrêté du [7].

Les départements de conservation : les collections[modifier | modifier le code]

Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]

Collection Asie du Sud-Est[modifier | modifier le code]

Vue en plongée sur les collections de l'Asie du Sud-Est, au rez-de-chaussée.

Cette collection, une des plus riches du musée[8], qui ouvre la visite, est, pour sa majeure partie, consacrée à la statuaire et au décor architectural de l'empire khmer (IXe-XIIIe siècle). Elle comporte également, quoique dans des proportions moindres, des témoignages de l'Art du Champā (IIe - XVIIe siècle) , de la Thaïlande (art de Dvaravati, Ayodhaya, Ayuthya), du Siam, de l'Indonésie, de la Birmanie, du Laos, du Cambodge et du Vietnam. Parmi les œuvres de cette collection, se trouve le porche de grès rose du temple khmer de Banteay Srei (Xe siècle)[N 1]. La nature de ce grès a permis au monument de très bien résister au temps, et il a été démonté puis remonté dans d'excellentes conditions, sur place. Mais certaines parties n'ayant pu être remontés par manque des assises originelles sont encore à terre exposées au passage des touristes.

Le fragment visible au musée donne à voir une composition commanditée pour cette fondation shivaïte : la belle apsara Tilottama, sous un arbre dont elle était en train de cueillir les fleurs odoriférantes, lorsqu'elle est surprise par les démons Sunda et Upasunda. Les dieux ont délégué la belle afin de donner l'occasion à ces deux démons de se détruire mutuellement et ainsi mettre fin à leur démoniaque pouvoir, bien qu'obtenu par l'ascèse, telle qu'elle est conçue dans de monde de l'hindouisme[N 2].

Fronton. Porche ouest du gopura III. Est de Banteay Srei, province de Siem Reap, Cambodge. Style de Banteay Srei, vers 967. Grès, H. 195, L. 269, P. 64 cm

Collection Inde[modifier | modifier le code]

  • Vestiges archéologiques

Ces objets de fouilles, dont les plus rares proviennent de la civilisation de la vallée de l'Indus tandis que les plus nombreux qui proviennent de l'Inde du Sud[N 3], témoignent des relations commerciales de l'Inde antique avec le monde occidental, et en particulier romain.

  • Statuaire
Articles connexes : Art du monde indien et Art bouddhique.

Les sculptures relèvent, pour l'essentiel, des pratiques religieuses du bouddhisme, du brahmanisme et du jaïnisme qui sont apparues sur le sol du monde indien (et sur le territoire de l'ancien royaume indo-grec) et ont, pour les deux premières, généré de nouvelles esthétiques dans les arts de la Chine, du Japon et de l'Asie du Sud-Est. Souvent en pierre locale (grès rouge, marbre, schiste) elles proviennent des grands sites archéologiques de l'Inde, et un magnifique ensemble est constitué de l'art du Gandhâra (au premier étage en tant qu'arts de l'Afghanistan et du Pakistan) et de celui de l'empire Gupta.

Les bouddhistes ainsi que les Hindous et les Jaïns ont laissé des temples et monastères excavés ou construits, couverts de sculptures figuratives et de décors, dont le musée garde quelques témoins de grande qualité : en voici quelques exemples notables : Mathura, Nasik, Sânchî, Ajanta, Badami, Aihole, Ellora, Elephanta, Aurangabad, Mamallapuram, Pattadakal ou Le Kailasanatha de Kanchipuram, le Temple de Brihadesvara de Tanjore,...

  • Objets d'art et bijoux

La galerie présentant la collection Riboud expose des textiles indiens (à ne pas confondre avec les indiennes) et d'Asie, en général inaccessibles dans les autres musées, ainsi qu'une superbe collection de pièces d'objets d'art, dont certaines (productions de l'Art moghol) relèvent de la bijouterie d'exception.

  • Peintures, enluminures et manuscrits

Ce sont, pour la plupart, des miniatures et quelques peintures mobiles, d'époque moghole mais où se manifeste souvent la tradition littéraire indienne. Les miniatures sont exposées, par rotation avec d'autres collections, dans la rotonde de l'ancienne bibliothèque, au premier étage.

Premier étage[modifier | modifier le code]

Collection Chine[modifier | modifier le code]

Article connexe : Art chinois.

On y trouve de très nombreux objets d'art chinois : des sculptures et maquettes antiques (pour la plupart des mingqi), céramique chinoise néolithique et bronzes chinois, des objets en jade et même en laque parfaitement conservés, des céramiques : les grès céladon, dès la période des Trois Royaumes de Chine, les grès aux trois couleurs des Tang... et les fameuses porcelaines xing, puis bleu et blanc, famille verte et famille rose - ainsi que des peintures chinoises sur rouleaux (verticaux, que l'on peut suspendre au mur, et rouleaux horizontaux, portatifs et même des éventails peints). Les collections couvrent toute l'histoire de l'art chinois jusqu'au XXe siècle avec de nombreuses pièces d'exception pour ce qui concerne l'art ancien. De très nombreux témoignages évoquent les cultes traditionnels chinois et aussi le bouddhisme, intégré à la culture chinoise depuis les premiers siècles de notre ère, avec de splendides sculptures. Le mobilier traditionnel chinois est bien représenté par des pièces de collection de grande valeur esthétique.

Cette collection a elle-même une histoire : Dans le prolongement du projet d'Émile Guimet, qui envisageait un musée d'histoire comparée des religions, les collections rassemblées par la suite restituent une vision scientifique, qui même si elle expose des œuvres d'art de qualité exceptionnelle, s'écarte nettement de l'engouement pour les chinoiseries qui était encore à la mode, à la fin du 19e siècle. Les travaux scientifiques d'Édouard Chavannes (1865-1918) et de Victor Segalen (1878-1919) ont permis de bâtir une collection qui en reflète tous les aspects culturels et artistiques. Cette première collection, au début du XXe siècle, se voit considérablement enrichie en 1945 avec le fond des objets d'arts asiatiques du musée du Louvre : en particulier les céramiques réunies par Ernest Grandidier[9] . De nombreux donateurs et une politique d'acquisition cohérente ont donc permis en 125 ans de présenter une collection essentielle qui éclaire, avec un dispositif pédagogique efficace, l'histoire de l'art et l'archéologie chinoise et tous les aspects essentiels de sa culture.

Collection Asie centrale[modifier | modifier le code]

Article connexe : Art gréco-bouddhique.

L'essentiel de cette collection provient de la mission Paul Pelliot de 1906-1909. Les régions concernées bénéficiant d'un climat très sec sur la route de la soie, des sculptures de bois et de terre non cuite ont pu être préservées, et le caractère spirituel propre à ces témoins fragiles s'en trouve d'autant plus émouvant. En effet la rencontre de l'expansion du bouddhisme sous ses formes artistiques et de l'art chinois ont produit, ici, une vaste gamme de variations marquée par cette hybridation des deux cultures aux premiers siècles de notre ère, jusqu'aux IXe siècle-Xe siècle.

Collection Afghanistan et Pakistan[modifier | modifier le code]

Avec pour noyau de la collection les acquisitions faites par Alfred Foucher ainsi que celles des fouilles archéologiques de la DAFA (Délégation archéologique française en Afghanistan), cette collection est consacrée aux arts gréco-bouddhiques des royaumes situés dans les États actuels de l'Afghanistan et du Pakistan :

  • arts du Gandhâra (dont un des fleurons est le fameux bodhisattva Foucher) ;
  • vestiges du site archéologique de Hadda, caractérisé par l'usage du stuc, aujourd'hui anéanti après les bombardements américains en Afghanistan (Génie aux fleurs, stūpa) ;
  • le trésor de Begrâm, collecté par Joseph Hackin en 1937 dans le cadre de la DAFA. Ce trésor contenant des ivoires du style de Mathura (dont des exemplaires ont été trouvés à Pompéi), des laques chinoises de l'époque Han ainsi que de la verrerie romaine est un témoignage essentiel des échanges commerciaux denses que connaissait la région à l'époque.

Collection arts de l'Himalaya[modifier | modifier le code]

Avec pour noyau la collection de statuettes en bronze provenant d'Émile Guimet, enrichie en 1912 par les bronzes et les peintures rapportées par Jacques Bacot, cette collection est consacrée à l'art essentiellement religieux du Tibet et du Népal : statuettes, objets cultuels, thangka.

Collection Riboud - Textiles[modifier | modifier le code]

  • Krishnā Riboud (1926-2000)
Vishnou sur le serpent d'Eternité, toile de coton peinte du XIXe siècle venant de Kalahasti situé en Andhra Pradesh.

Krishnā Riboud est née[N 4] en 1926 à Calcutta au sein de l'illustre famille Tagore. Obtient un B.A. de philosophie en 1947 à Boston et épouse Jean Ribout, qui travaille dans une banque américaine après avoir réchappé en 1945 au camp de Buchenwald. En 1951 Jean Riboud entre chez Schlumberger, dont il va faire en quelques années un des plus puissants groupes industriels du monde. Krishnā Riboud, qui retourne souvent dans son pays natal, s'intéresse aux arts et traditions populaires de l'Inde et réunira une très riche collection de textiles indiens. Le couple donne aussi, en 1960, à l'Université de Chandigarh une très importante collection de lithographies de Matisse, Léger et d'autres artistes occidentaux contemporains célèbres. En 1962 elle organise à Paris une grande exposition de textiles afin de réunir des fonds d'aide aux victimes du conflit sino-indien, et cette exposition est l'occasion de liens avec le Musée Guimet et sa conservatrice Jeannine Auboyer. Celle-ci lui confie, en 1964 en qualité de chargée de mission, l'étude de la collection de textiles du musée, en particulier ceux qui ont été collectés par la mission Paul Pelliot en Asie centrale. Dans les années 1970 elle deviendra vice-présidente du Comité International pour l’Étude des Textiles Anciens (CIETA) et lance un programme de recherche et publie, en collaboration avec Gabriel Vial, professeur à l'école des textiles de Lyon, les résultats de leurs études sur les textiles d'Asie qui auront été analysés, non plus d'un point de vue seulement iconographique et d'historien d'art, mais d'un point de vue technique, essentiel pour poser les problèmes relatifs aux échanges culturels et artistiques en Asie, lieu de productions et de passages. En 1979 Jean Riboud met en place l'Association pour l'Étude et la Documentation des Textiles d'Asie (AEDTA) qui devient un modèle pour ce type d'étude. L'année de l'Inde en France de 1985 a été la dernière entreprise du couple, Jean Riboud disparaît cette année-là. En 1991 et 1992 l'AEDTA organise avec le musée Guimet une grande exposition de textiles japonais (Manteau de nuages : Kesa japonais) à Lyon, Paris, Lisbonne et Kyoto. La collection de l'AEDTE apparaît aussi en 1998 à l'exposition "La route des Indes". La fin des années 1990 a été une période de nombreuses publications par les meilleurs experts en textiles, publications dont elle est à l'initiative et qu'elle a soutenues, qui sont aujourd'hui des ouvrages de référence. Le grand spécialiste londonien Mark Zebrowski l'avait aidée à réunir plusieurs des plus beaux objets d'art qui seront dorénavant présentés dans la galerie Jean et Krishnā Riboud du musée Guimet.

Cette galerie expose la donation faite en 1990, un des plus beaux ensembles de textiles et d'objets d'art indiens des XVIIe, XVIIIe et début XIXe. Ceux-ci ont fait l'objet d'une exposition et d'un livre L'Inde des princes, d'Amina Okada, dans la série Les trésors du musée Guimet. D'autres dons de grande valeur, allant de l'Asie Centrale et Orientale à l'Inde et à la Chine, ont été publiés dans les colonnes d'Arts Asiatiques dans les pages des nouvelles acquisitions. La grande exposition de 2004 Lumières de soie. Soieries tissées d'or de la collection Riboud a présenté certaines des plus belles pièces de la collection.

  • La collection Riboud est présentée par rotation dans les vitrines de la galerie car sa richesse égale celles des plus grandes institutions : Cleveland Museum of Art, Metropolitan Museum of Art de New York, Los Angeles County Museum of Art, Victoria & Albert Museum de Londres et National Gallery of Australia de Canberra.

Elle est constituée d'un legs qui a été attribué au musée Guimet. Cette collection fut organisée et étudiée au sein du fond de l'Association pour l’Étude et la Documentation des Textiles d'Asie, la plus grande collection privée de textiles au monde, en son temps[N 5]. Ce fond est entré dans les collections nationales en 2003. Le musée Guimet qui a reçu ce legs se trouve ainsi très bien placé parmi les plus grandes collections mondiales de textiles d'Asie : Cleveland Museum of Art, Metropolitan Museum of Art de New York, musée d'art du comté de Los Angeles, Victoria and Albert Museum de Londres et galerie nationale d'Australie de Canberra.

Cette collection couvre des périodes allant de la Chine des Royaumes Combattants au XXe siècle du Japon et de l’archipel indonésien. Mais l'essentiel est centré sur l'Inde, textiles teints, imprimés ou peints, et dans toute la diversité de son territoire et de ses textiles, jusqu'aux célèbres lampas d'Assam.

Deuxième étage[modifier | modifier le code]

Collection Chine[modifier | modifier le code]

Cet étage prolonge la présentation des collections exposées au premier étage.

Collection Corée[modifier | modifier le code]

La collection coréenne, constituée d’environ 1000 pièces, couvre pratiquement toutes les époques. Relativement pauvre en punch’ong, paysages et peintures lettrées (influencées par la peinture de lettrés chinois), elle accorde en revanche une part importante au bouddhisme. L’accroissement de la surface d’exposition, qui passe de 69 m2 dans les années 1980 à 360 m2 aujourd’hui, et le renforcement des collections, dont témoignent les récentes acquisitions de bronzes de l’époque du royaume de Goryeo (Xe-XIVe siècle), de peintures profanes lettrées ou de sculptures de tombes de la période Joseon (1392-1910), permettent toutefois de montrer le panorama le plus complet possible des arts de la Corée.

Collection Japon[modifier | modifier le code]

Lames de sabres (wakizashi, katana et tachi)

Cette collection permet d'évoquer toute l'histoire artistique du Japon depuis l'époque des chasseurs-cueilleurs et leurs curieux dogū où la figuration stylisée du corps donne lieu à des inventions d'une surprenante « modernité », et les vases en céramique de la période Jōmon aux formes étonnamment « baroques » . Puis on rencontre quelques belles peintures au lavis d'encre noire sumi-e, des tenues complètes de samouraï et un ensemble de lames de sabres. Les imposantes statues des gardiens redoutables de l'époque Kamakura s'opposent au calme d'un moine Zen du XVIe siècle, d'un naturalisme inattendu à proximité de plusieurs Bodhisattva bosatsu. Les accessoires de la vie quotidienne constituent des ensembles appréciés du public : masques du théâtre , petites boîtes Inrō et netsuke (ces minuscules sculptures qui représentent hommes et femmes, enfants et vieillards, fleurs et animaux, stylisés avec élégance ou caricaturés avec humour). Ces collections nous font traverser la période historique proprement dite jusqu'à de beaux ensembles de livres manuscrits illustrés, comme Le Dit du Genji et plusieurs paravents peints riches de détails suggérant la vie du Japon ancien dans ses aspects les plus intimes comme les plus quotidiens.

Une galerie de céramique permet de faire apprécier la céramique japonaise sous tous ses aspects, du plus sobre au plus somptueux. Les célèbres raku comme la Porcelaine d'Imari. Tous les accessoires de cérémonie du thé s'y trouvent déclinés dans des styles variés.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La coupole de la bibliothèque du musée Guimet
Manuel épistolaire pour dames, illustrations de Nishikawa Sukenobu (1671-1750). Japon, Kyoto et Edo (Tōkyō), 1728. Xylographie en noir, H. env. 20 cm

La rotonde qui jouxte la galerie de la collection Riboud présente une partie du fonds de livres anciens. Elle offre surtout l'occasion de déployer, par rotation, des ensembles fragiles comme les miniatures indiennes : peinture moghole ou râjput, les estampes japonaises et des ouvrages illustrés du Japon, etc...

Mais la bibliothèque est au rez-de-chaussée: c'est une bibliothèque ouverte au public. Elle est constituée d'un ensemble très complet de collections d'ouvrages spécialisés pour répondre aux besoins d'études approfondies de la recherche contemporaine. À côté des périodiques, parmi lesquels on trouve les publications des chercheurs, de nombreux ouvrages anciens, des documents asiatiques, des cartes chinoises du XVIIIe siècle, par exemple, des livres musulmans en chinois et des livres mandchous précieux, des livres en tibétain par centaines[10]


L'ancienne bibliothèque du musée a été le cadre d'une danse de Mata Hari pendant la Première Guerre mondiale.

Troisième étage[modifier | modifier le code]

Vue d'Angkor Vat. Photographie d'Émile Gsell (1838-1879). Épreuve sur papier albuminé[11] d'après négatif sur verre au collodion pris en 1866.

Collection Chine[modifier | modifier le code]

Poursuite de la présentation de la collection, dans la rotonde, avec de grands ensembles décoratifs sous la forme de paravents peints ou laqués de grande taille dont un paravent à douze feuilles, de la Dynastie Qing, période Kangxi (1662-1722), en bois laqué [N 6].

Collection photographique[modifier | modifier le code]

Les archives photographiques[12] du musée conservent bien sûr des reproductions des œuvres du musée, dans l'histoire de leur présentation. Mais surtout une importante collection de photographies de voyageurs, parfois doublés des qualités de grands photographes professionnels et, pour certains, dans les premiers temps de la photographie. Elles ont été prises au Moyen-Orient, en Inde et en Extrême-Orient. Celles de Samuel Bourne[13] (1834-1912) et Felice Beato (v.1825-v.1908) ou Émile Gsell (1838-1879) en particulier : ces belles photographies anciennes nous révèlent de superbes vues des paysages, des sites et de l'architecture de l'Asie, mais aussi d'innombrables portraits et scènes de la vie quotidienne, dont la valeur ethnographique, sociale et historique est reconnue. Par ailleurs les missions archéologiques françaises en Chine (Édouard Chavannes, Paul Pelliot, et Victor Segalen) ou en Afghanistan (Alfred Foucher, puis Joseph Hackin) offrent un autre regard, plus porté sur le détail, renseignent sur les conditions du travail archéologique et nous montrent les chefs d'œuvres au moment de leur découverte, parfois émergeant encore des sables du désert du Xinjiang!

Galerie : chefs-d’œuvre du musée Guimet[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 1923, cherchant à dérober des bas-reliefs et autres éléments du site encore peu connu, André Malraux, sa femme Clara et son ami Louis Chevasson ont été pris en flagrant délit de pillage à leur retour à Phnom Penh1. Les sculptures découpées par Malraux sont déposées au musée national de Phnom Penh avant d'être intégrées dans la restauration du monument conduite par Henri Marchal. C'est à l'issue de cette restauration exemplaire qu'il fut décidé de protéger deux frontons dans des musées. Le premier a été envoyé au musée national de Phnom Penh, le second a été envoyé en France en témoignage de la restauration du temple et il est conservé, depuis 1936, au musée Guimet: Réf. : L'art khmer dans les collections du musée Guimet, Pierre Baptiste et Thierry Zéphir, Réunion des Musées Nationaux, 2008, ISBN 978-2-7118-4960-4. : notice n° 49 du catalogue, pages 172-177, en particulier 175, en bas : « envoyé en France en témoignage des travaux entrepris sur ce monument par l'École française d'Extrême-Orient ». Voir aussi : Patrick Howlett-Martin, « Où ira le buste de Néfertiti ? », Le Monde diplomatique, n° 700, juillet 2012, p. 27
  2. Pour en savoir plus : lire L'art khmer dans les collections du musée Guimet, Pierre Baptiste et Thierry Zéphir, Réunion des Musées Nationaux, 2008, ISBN 978-2-7118-4960-4. : notice n° 49 du catalogue, pages 172-177.
  3. En particulier le site de Virapatnam - Arikamedu, près de Pondichéry; sur Persée :[1]
  4. Ce paragraphe rassemble et synthétise des éléments d'information trouvés sur la page de Persée [2].
  5. Ce paragraphe rassemble et synthétise des éléments d'information trouvés sur la page de Persée [3] et de la page du Musée Guimet [4].
  6. Exposé provisoirement à l'occasion de La Soie et le Canon à Nantes: Connaissance des Arts].

Références[modifier | modifier le code]

  1. www.lemonde.fr/culture/article/2013/08/01/sophie-makariou-nommee-a-la-tete-du-musee-guimet_3456413_3246.html
  2. [PDF]Veille Info Tourisme, p. , consulté le 16 août 2010
  3. Michael Falser: From Gaillon to Sanchi, from Vézelay to Angkor Wat. The Musée Indo-chinois in Paris: A Transcultural Perspective on Architectural Museums. In: RIHA Journal 0071 (19 June 2013).
  4. Ils sont par la suite découpés en morceaux avec soin et stockés jusqu'en 1945 en banlieue parisienne, puis jusqu'en 1973 dans les sous-sols du palais de Tokyo, puis de l'abbaye de Saint-Riquier dans la Somme, réserve du musée Guimet et du musée national des arts et traditions populaires ; ils sont restaurés à partir de 2002.
  5. Eric Biétry-Rivierre, « Une collection inestimable sauvée… à Morangis », in Le Figaro, lundi 6 mai 2013, p. 32.
  6. Musée Guimet : Les galeries du Panthéon bouddhique.
  7. « Notice no PA00086705 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Musée des arts asiatiques Guimet : le guide des collections, 2012, ISBN 978-2-85495-511-8. Et L'art khmer dans les collections du musée Guimet, Pierre Baptiste et Thierry Zéphir, Réunion des Musées Nationaux, 2008, ISBN 978-2-7118-4960-4.
  9. Présentation de la collection d'Ernest Grandidier : par Jean-Paul Desroches, conservateur général du Musée Guimet. Accès direct aux collections Introduction, La céramique et ses techniques, l'évolution des styles : par Xavier Besse, chargé de mission au musée Guimet
  10. Album : Musée national des Arts asiatiques - Guimet, Réunion des Musées nationaux, Collectif, Paris 2001. Pages 7-8: Francis Macouin : La bibliothèque.
  11. Exposé succinct de la pratique de l'impression à l'albumine sur Galerie Photo
  12. Album : Musée national des Arts asiatiques - Guimet, Réunion des Musées nationaux, Collectif, Paris 2001. Pages 9-11: Jérôme Ghesquière: Les archives photographiques.
  13. Article correspondant sur Arago : Le portail de la photographie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]