Lettonie

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République de Lettonie

Latvijas Republika (lv)

Drapeau
Drapeau de la Lettonie
Blason
Armoiries de la Lettonie
alt=Description de l'image EU-Latvia.svg.
Hymne national Dievs, Sveti Latviju (Dieu, bénis la Lettonie)
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président Andris Bērziņš
Premier ministre Laimdota Straujuma
Langues officielles Letton
Capitale Rīga

56° 57′ N 24° 06′ E / 56.95, 24.1 ()

Géographie
Plus grande ville Rīga
Superficie totale 64 597 km2
(classé 121e)
Superficie en eau 1,5 %
Fuseau horaire UTC + 2
Histoire
Indépendance De la Russie
De l'URSS
Date 18 novembre 1918
4 mai 1990
Démographie
Gentilé Lettons, Lettonnes / Lettones
Population totale (2014) 2 165 165[1] hab.
(classé 144e)
Densité 31 hab./km2
Économie
IDH (2005) en augmentation 0,855 (élevé) (45e)
Monnaie Euro[2] (Eur​)
Divers
Code ISO 3166-1 LVA, LV​
Domaine Internet .lv
Indicatif téléphonique +371

La Lettonie, en forme longue la République de Lettonie, en letton Latvija et Latvijas Republika, est un pays d'Europe du Nord situé sur la rive orientale de la mer Baltique. C'est l'un des trois pays baltes, le pays est bordé par la Lituanie au sud et par l'Estonie au nord. La Lettonie a aussi des frontières terrestres à l'est avec la Russie et au sud-est avec la Biélorussie. La Lettonie est un État membre de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004, et de la zone euro depuis le 1er janvier 2014. Entre 1991 et 2011, la Lettonie a perdu plus de 23 % de sa population à cause d'un taux de fécondité (nombre d'enfants par femme) extrêmement faible et d'un solde migratoire négatif.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir du XIIIe jusqu'au XVIe siècle, la Lettonie, qui s'étendait en Livonie et en Courlande, était la possession des chevaliers prussiens de l'ordre de Livonie. Au XVIIe siècle, elle faisait partie de la Pologne et de la Suède depuis 1625. Le roi suédois Gustave II Adolphe fonda en 1632 l'université de Tartu (en allemand : Dorpat) ainsi qu'une cour d'appel à Tartu, tandis que le journal officiel du gouvernement suédois publiait l'une de ses éditions à Riga en letton. Au début de 1655, le roi suédois réclama des barons balto-allemands l'allégeance à la couronne suédoise.

Au XVIIIe siècle, la Livonie et la Courlande font partie de l'Empire russe par le traité de Nystad : la Lettonie est composée du gouvernement de Courlande et d'une partie du gouvernement de Livonie. La domination traditionnelle des grands propriétaires germano-baltes et la langue allemande (langue administrative avec le russe jusqu'en 1917) ont cependant été conservées dans le pays.

Au cours de la guerre civile en Russie (1917-1922), la plupart des divisions militaires lettonnes (créées pendant la Première Guerre mondiale) luttèrent contre l'Allemagne au côté des bolcheviks. La Lettonie acquit alors une première fois son indépendance, reconnue internationalement, en 1918.

Article détaillé : Occupation des pays baltes.

En 1940, durant la Seconde Guerre mondiale, elle est d'abord envahie, comme le prévoyaient les clauses secrètes du Pacte germano-soviétique (en même temps que les deux autres pays baltes), par l'URSS. 15 500 Lettons furent déportés par les soviétiques. Seule une minorité survécut au Goulag. Beaucoup de Lettons se réfugièrent dans la campagne ou en formant un « maquis » letton. En 1941, la Lettonie est occupée par l'armée de l'Allemagne nazie, accueillie par une très large majorité de la population (il en sera de même sur tous les territoires soviétiques envahis durant les premières semaines de l'opération Barberousse) en tant que libératrice après le régime de terreur du NKVD. Les maquisards lettons sont alors organisés en milices paysannes pour se défendre contre les partisans des Soviétiques. Une minorité de policiers au service des Allemands se charge directement de faire disparaître les juifs (Shoah par balles). Environ 15 000 juifs lettons furent tués durant la seconde guerre mondiale, en partie par des unités paramilitaires lettones et par les forces de police lettones[3]. Un petit nombre de Lettons ont pu rejoindre l'Armée rouge (cf. affaire Kononov).

À la fin de la guerre, un grand nombre de familles lettones trouvèrent refuge en Suède puis en Allemagne, aux États-Unis, au Canada et en Australie. L'Armée rouge a réoccupé à partir de 1944 la Lettonie, que l'URSS annexa sous le statut de république socialiste soviétique. Cette occupation ne fut jamais approuvée de jure par le « monde libre ».

Après l'occupation soviétique, la lutte armée par les maquisards lettons continua jusqu'à la mort de Staline en mars 1953. Pour détruire la résistance lettone, les Soviétiques lancèrent un programme de collectivisation des fermes. En 1949, une seconde vague de déportations eut lieu : 42 133 personnes furent déportées à Krasnoïarsk, Amur, Irkoutsk, Omsk, Tomsk et Novosibirsk en Sibérie (soit 2 % de la population lettone avant la guerre). En même temps, les autorités soviétiques transférèrent des milliers de Russes en Lettonie, dans le cadre d'un programme de russification du pays.

À la suite de la répression soviétique, la culture lettone fut plus diffusée après-guerre en dehors de Lettonie qu'en Lettonie-même.

Article détaillé : Événements de janvier.

Redevenue indépendante en 1991, comme la Lituanie et l'Estonie avant même l'effondrement total de l'Union soviétique, la Lettonie n'adhère pas à la CEI. La Lettonie accorde la nationalité et des passeports à la minorité russophone, qui constitue alors un tiers de la population, selon des lois qui furent examinées par une délégation du Conseil européen[4]. Le pays a opté pour une alliance euro-atlantique et a finalement adhéré à l'OTAN en avril 2004, puis à l'Union européenne le 1er mai 2004.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Lettonie.

Organisation des pouvoirs[modifier | modifier le code]

La Constitution date de 1922 et est restaurée en 1993, instaurant une république parlementaire. Le Parlement letton, la Saeima, est unicaméral et comporte cent sièges : il est élu au suffrage universel indirect (et non pas direct) tous les quatre ans.

Le président de la république est élu par les députés de la Saeima pour un mandat de quatre ans. Le vote se déroule à bulletin secret et à la majorité absolue (soit cinquante-et-une voix minimum sur cent). Son mandat est renouvelable une fois. Le président nomme le Premier ministre, qui forme avec son cabinet le pouvoir exécutif du gouvernement.

Enfin depuis 1996 une Cour constitutionnelle chargée de contrôler la constitutionnalité des lois a été mise en place.

État membre de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

La Lettonie compte parmi les États membres de l'Union européenne depuis le 1er mars 2004. Le pays dépose officiellement sa candidature pour l'adhésion aux Communautés européennes le 13 octobre 1995 et les négociations débutent en janvier 2000 à la suite du feu vert donné par le Conseil européen de Helsinki de décembre 1999.

Riga signe à Athènes le 16 avril 2003 le traité d'adhésion à l'Union européenne aux côtés des autres pays candidats à l'adhésion (Chypre, l'Estonie, la Hongrie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie). Le 20 septembre 2003, un référendum sur la ratification par la Lettonie du traité d'adhésion à l'Union européenne donne 67 % de votes favorables contre 32,3 % d'opinions négatives, avec un taux de participation de 72,53 %[5]. Le 1er mars 2004, la Lettonie entre dans l'Union.

L'entrée de la Lettonie dans la zone euro était prévue pour l'année 2008, mais n'a pas été possible en raison de l'importante crise financière de 2008 [réf. nécessaire]. Le 31 janvier 2013, le parlement de Lettonie, la Saeima, adopte une loi prévoyant l’adhésion du pays à l’euro le 1er janvier 2014[6].

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Les quatre régions historiques culturelles lettones.
Carte des novadi (au 3 janvier 2011)

La Lettonie est divisée en quatre régions historiques qui ont aussi une valeur administrative secondaire :

À compter du 1er juillet 2009, la Lettonie est divisée en 110 municipalités (novads en letton) et 9 villes au statut spécial de la ville républicaine (en letton : republikas pilsētas). Les novadi peuvent être composées de villes et d'une ou plusieurs communes (pagasti[7]).

Jusqu'à cette réforme, la Lettonie était divisée en 7 villes républicaines et 26 districts (en letton : rajons), lesquels étaient subdivisés en pagasti.

Chaque subdivision a une sphère d'influence sur les différents aspects du service public et perçoit une partie des impôts sur le revenu payés par les personnes enregistrées dans la subdivision.

Villes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes de Lettonie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Lettonie.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Lettonie.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Lettonie.

La monnaie officielle du pays est l'euro depuis le 1er janvier 2014. Son ancienne devise, le lats, fut liée à l'euro dans le cadre du mécanisme de taux de change européen (MCE II) à partir du 2 mai 2005 jusqu'à son remplacement au cours de 1 EUR pour 0.702804 LVL.

En 2009, la prévision de récession économique causée par la crise financière de 2008 est de 12 à 15 %. En décembre 2008 l'Union européenne et le FMI lui ont apporté une aide de 7,5 milliards d'euros, répartie sur 3 ans et conditionnée à une réduction draconienne des dépenses de l'État[8].

L'entrée dans la zone euro était prévue pour l'année 2008, mais n'a pas été possible en raison de la crise financière de 2008 et de la trop forte inflation. Un nouvel objectif a été fixé pour 2014. Ce dernier a été atteint : la Lettonie a réussi à remplir les 5 critères du Traité de Maastricht pour entrer le 1er janvier 2014 dans la zone euro et ainsi devenir son 18e membre[9],[10].

En décembre 2011, date de fin du plan d'aide financière sur 3 ans au pays, la Lettonie n'a emprunté que 4,36 milliards d'euros sur les 7,5 prévus [réf. nécessaire]. En mai 2012, Standard & Poor’s remonte la note financière de la Lettonie de BB+ à BBB-[11].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de la Lettonie.

Langues[modifier | modifier le code]

Référendum de 2012 sur la langue russe
Pour
  •      100,0 % — 90,0 %
  •      89,9 % — 80,0 %
  •      79,9 % — 70,0 %
  •      69,9 % — 60,0 %
  •      59,9 % — 50,0 %
  • Contre
  •      50,0 % — 59,9 %
  •      60,0 % — 69,9 %
  •      70,0 % — 79,9 %
  •      80,0 % — 89,9 %
  •      90,0 % — 100,0 %

Les langues couramment utilisées en Lettonie sont le letton (officiel) et le russe.

Le live est en voie de disparition.

En septembre 2006, la Saeima a approuvé le projet de loi visant à faire adhérer le pays à l'Organisation internationale de la francophonie. Seul 1 % de la population maîtrise déjà le français, mais les personnes haut placées (dont l'ancienne présidente, longtemps professeur à l'université de Montréal au Canada, Vaira Vīķe-Freiberga) l'utilisent fréquemment, et une évolution grâce à l'enseignement reste donc prévue. La Lettonie est donc devenue observateur de l'organisme en 2008 lors du sommet qui se tint à Québec (Canada)[12].

En 2012, un référendum a proposé plusieurs amendements à la constitution de la Lettonie pour faire du russe la deuxième langue officielle du pays, mais il a été refusé à 74,8 %[13],[14].

Religion[modifier | modifier le code]

La Lettonie est un pays de tradition luthérienne (70 % de la population en 1945). Mais par des récents sondages, il semblerait que la majorité de la population lettone ne pratique plus. Cependant, par les registres de naissance, il apparaît qu'à peu près les trois quarts de la population s'affilieraient à part équivalente (entre 20 et 25 %) aux trois religions chrétiennes suivantes : le protestantisme (église luthérienne), le catholicisme et l'orthodoxie[15].

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique lettone.

Environ la moitié des Lettons a soit suivi les cours d'une école de musique, soit chante dans un chœur, soit sait jouer d'un instrument. L'Opéra national et l'Orchestre symphonique national sont fréquentés par une grande partie de la population[16]. Les premiers opéras ont été organisés à Riga au XVIIIe siècle — la première performance en letton était en 1883[17].

Les festivals nationaux lettons du Chant et de la Danse (Latviesu Dziesmu un Deju Svetki) sont d'importants événements dans la vie culturelle de la Lettonie et ont lieu tous les cinq ans depuis 1873. Les célébrations des chants et danses baltes organisés en Lettonie, en Lituanie et en Estonie ont été primés dans la liste des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l'UNESCO. En 2014, Riga sera la capitale européenne de la culture conjointement avec Umeå en Suède et accueillera de nombreuses festivités culturelles

Cinéma, théâtre[modifier | modifier le code]

Le festival de films de l'Arsenals [réf. souhaitée], en septembre à Riga, inclut plusieurs compétitions.

Le festival letton de drame contemporain « Insight », en mars, célèbre les acteurs montants du drame contemporain[18].

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier 1er de l'an Jaungada diena
Vendredi saint Vendredi saint lielā piektdiena Vendredi saint se dit lielā piektdiena : « le grand vendredi »
Lundi de Pâques Lundi de Pâques Otrās Lieldienas Pâques se dit Lieldienas : « les grands jours »
1er mai Fête du travail Darba svētki
4 mai Indépendance de 1990 Neatkarības deklarācijas pasludināšana diena
23 juin Fête de Ligo Līgo svētki
24 juin Saint-Jean Jāņu diena
18 novembre Fête nationale (proclamation de la république) Latvijas republikas proklamēšana diena Ou le lendemain en cas de week-end
25 décembre Noël Ziemassvētki : « fête de l'hiver »
26 décembre Lendemain de Noël Otrie Ziemassvētki
31 décembre Saint-Sylvestre Vecgada diena

Les noms de Lieldienas et Ziemassvētki sont originaires de la mythologie lettonne et repris par les missionnaires allemands lors de la christianisation.

Autres jours importants :

Sports[modifier | modifier le code]

Galerie de sportifs lettons[modifier | modifier le code]

Codes[modifier | modifier le code]

La Lettonie a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Central Intelligence Agency, the World Factbook, 2013
  2. Depuis 2014, date à laquelle l'euro a remplacé le lats.
  3. Chronologie de la Lettonie, BBC
  4. Roger Caratini, Dictionnaire des nationalités et des minorités de l'URSS, Larousse « Essentiels », 1990, ISBN 2-03-740067-5
  5. (en) « Latvian yes completes EU sweep », the Guardian,‎ 22 septembre 2003.
  6. (en) « La Lettonie adhère sans enthousiasme à l'euro », Libération,‎ 31 janvier 2013.
  7. (lv) « Réforme territoriale de 2009 », Parlement de Lettonie - Saiema,‎ 25 septembre 2009.
  8. Olivier Truc, « La Lettonie prépare des coupes budgétaires de 20 à 40 % », Le Monde, 29 avril 2009, p. 9
  9. La Lettonie deviendra le 18e membre de la zone euro, Les Échos, consulté le 19 août 2013.
  10. Euros et Collections, Lettonie : 18e pays dans l'€uro
  11. Bloomberg, Latvia’s Credit Rating Raised to Investment Grade by S&P, 2 mai 2012
  12. Ambassade de France en Lettonie, « Aux prémices des Journées de la Francophonie, le ministre letton des Affaires étrangères adresse ses vœux à l'Organisation internationale de la Francophonie pour son 40e anniversaire. » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  13. (en) « Latvia Russian Language Referendum Has High Turnout », the Huffington Post,‎ 18 février 2012 (consulté le 14 mai 2012).
  14. (lv) « 2012. gada 18. februāra tautas nobalsošana par likumprojekta “Grozījumi Latvijas Republikas Satversmē” pieņemšanu »,‎ 18 février 2012 (consulté le 14 mai 2012).
  15. Site www.bibliomonde.com
  16. (en) Latvia - Best enjoyed slowly. Brochure de l'office de tourisme letton.
  17. Culture in Riga.
  18. (en) Les festivals à Riga

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Suzanne Champonnois, François de Labriolle, Dictionnaire historique de la Lettonie, Crozon, Éditions Armeline, 2001 (ISBN 2-910878-25-2)
  • Suzanne Champonnois, François de Labriolle, Estoniens, Lettons, Lituaniens — Histoire et destins, Crozon, Éditions Armeline, 2004 (ISBN 2-910878-26-0)
  • Jean-Paul Kauffmann, Courlande, Fayard, 2009 (ISBN 978-2-2136-2992-6). Rééd. le Livre de Poche, 2011 (ISBN 978-2-2531-3343-8)
  • Jean Meuvret, Histoire des pays baltiques, Paris, Armand Colin, 1934.
  • Yves Plasseraud, Les États baltiques — Des sociétés gigognes — La dialectique majorités-minorités, 2e éd., Brest, Éditions Armeline, 2006 (ISBN 2-910878-23-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]