Vienne (département)

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Vienne
Image illustrative de l'article Vienne (département)
Vienne (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Création du département 4 mars 1790
Chef-lieu
(Préfecture)
Poitiers
Sous-préfecture(s) Châtellerault
Montmorillon
Président du
conseil général
Claude Bertaud (UMP)
Préfète Elisabeth Borne
Code Insee 86
Code ISO 3166-2 FR-86
Démographie
Population 428 447 hab. (2011)
Densité 61 hab./km2
Géographie
Superficie 6 990 km2
Subdivisions
Arrondissements 3
Circonscriptions législatives 4
Cantons 38
Intercommunalités 22
Communes 281

La Vienneprononcée /vjɛn/ Prononciation du titre dans sa version originale Écouter en français — est un département français traversé par la Vienne.

Département le plus étendu de la région Poitou-Charentes et 16e plus grand département de la France métropolitaine, il se caractérise cependant par un peuplement moyen mais, grâce à sa capitale régionale Poitiers et aussi grâce à l'excellence de sa situation géographique sur l'axe Paris-Bordeaux-Espagne, il affirme un dynamisme certain et une forte vitalité économique.

Sa devise est « Demain vous appartient ! » (référence au Futuroscope, principal pôle économique du département).

Les habitants de la Vienne sont les Viennois.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 86.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Vienne.

Le cadre géographique[modifier | modifier le code]

Le département de la Vienne occupe le quart nord-est de Poitou-Charentes où il est le plus vaste des quatre départements qui composent cette région avec une superficie de 6 990 km2[1].

Dans la région Poitou-Charentes, il voisine à l'ouest avec le département des Deux-Sèvres et au sud avec celui de la Charente.

La Vienne est limitrophe dans sa bordure nord-ouest du département du Maine-et-Loire qui relève de la région Pays de la Loire, il est limité au nord et à l'est par les départements d'Indre-et-Loire et de l'Indre qui appartiennent à la région Centre tandis qu'au sud-est, il confine avec celui de la Haute-Vienne qui fait partie de la région Limousin.

Carte de la Vienne

Le cadre administratif[modifier | modifier le code]

Sur le plan administratif, la Vienne est divisée en 3 arrondissements, 38 cantons, 22 intercommunalités et 281 communes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Vienne.
La Vienne et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : le Poitou, l'Anjou, la Touraine et la Marche.

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une portion de la province du Poitou et d'une partie de l'Anjou avec le rattachement du sud du Saumurois (région du Loudunais, dépendant du gouverneur de Saumur).

Le Loudunais et le Mirebalais appartenaient auparavant à la province d'Anjou, depuis le milieu du Moyen Âge et sa conquête sur le comté de Poitiers. Loudun dépendait du gouverneur de Saumur, Mirebeau relevait de la Sénéchaussée de Saumur).
Le triangle Loudun, Mirebeau et Moncontour, constituant le Loudunais reste détaché du Poitou et dépendra du gouvernement de Saumur et du Saumurois jusqu'à la Révolution française et la création des départements français.

Sur le plan religieux, le Loudunais faisait partie du diocèse de Poitiers.

À sa création, le département de la Vienne était divisé en six districts : Loudun, Poitiers, Châtellerault, Civray, Montmorillon, Lusignan ; puis en cinq arrondissements : Poitiers, Châtellerault, Loudun, Montmorillon et Civray. En 1926, les arrondissements de Loudun et Civray sont supprimés. Le premier est rattaché à celui de Châtellerault et le deuxième rejoint celui de Montmorillon.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le département accueille environ 54 000 réfugiés du département de la Moselle à partir du mois de septembre 1939, y compris l’École normale de Metz[2], en plus des réfugiés espagnols internés au camp de la route de Limoges à Poitiers. Il doit encore accueillir les réfugiés de Gironde en 1941, les enfants réfugiés de Seine-et-Oise (1942), les 30 000 Nantais victimes des bombardements de 1943[3], les habitants chassés de la zone côtière de Charente-Maritime en 1944[4]. En mai-juin 1940, le gouvernement belge s’installe à Poitiers, son parlement s’installant à Limoges[5]. Fin juin, le département fait l’objet d’une invasion étrangère pour la première fois depuis le XIVe siècle et est coupé en deux par la ligne de démarcation. 20 000 Allemands y stationnent[6].

Le camp de concentration des Nomades, proche de Poitiers, sur la route nationale 147, qui avait servi à recevoir les réfugiés Espagnols en 1939, est également utilisé par la Kommandantur de Poitiers dès la fin de 1940 pour y enfermer les Tsiganes. À partir du 15 juin 1941[réf. nécessaire], elle y parqua de façon provisoire les Juifs, avant de les acheminer vers le camp de Drancy. Très peu d’entre eux purent être sauvés, à cause de la très bonne collaboration de la Kommandantur et de la Préfecture. Au total, près de 1 600 Juifs furent envoyés vers Drancy à partir de ce camp, dont le rabbin Élie Bloch, mort à Auschwitz. Ce camp reçoit aussi les militantes communistes et les épouses de résistants et les réfractaires au STO à partir de janvier 1944[7].

Le premier réseau de Résistance organisé du département est le réseau Renard[8], du nom de son chef Louis Renard, qui le met en place à partir d’octobre 1940. Ce réseau, d’information essentiellement mais qui s’étendait, est démantelé par les Allemands aidés de la police française en août 1942[9]. Cent résistants sont arrêtés, et quinze meurent en Allemagne[10]. Parallèlement, les effectifs de la Résistance dans le département croissent, pour passer de 500 hommes mi-1943, à plusieurs milliers en juin 1944 (3 300 selon Calmon, 5 000 selon Stéphane Simonnet[11]). Les principaux maquis se trouvent dans le sud du département, où le bocage les favorise, et dans la forêt de Scévolles. Les FTP rejoignent les FFI du colonel Chêne en juillet, qui atteignent des effectifs de 12 000 hommes en septembre. Aidés par les équipes Jedburgh et les SAS (deux commandos de 56 et 46 hommes), les FFI harcèlent les Allemands à la fin de la guerre.

Ces combats, souvent violents, opposent les FFI à la Milice et les troupes allemandes à partir du 10 juin et jusqu’au 15 août. Du 22 au 31 août, celles-ci abandonnent Poitiers (suite au débarquement de Provence), et la colonne Elster traverse la Vienne le 3 septembre[12]. Les Allemands ont fusillé 200 Poitevins ; 188 FFI sont morts au combat, 110 ont été blessés[13].

La reconstruction[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, des prisonniers de guerre sont répartis sur le territoire, parfois dans d’anciens camps allemands[14] :

  • à la Chauvinerie : 7300 PG ;
  • à Rouillé : 900 officiers.

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Blason[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de la Vienne.
Blason Blasonnement :
« de gueules au pal ondé d’argent, accompagné de cinq châteaux d'or maçonnés de sable et donjonnés de trois tourelles de même, ordonnés en sautoir et brochant sur le tout. »

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de la Vienne.

La Vienne possède un climat à forte dominance océanique. En effet sa position proche de l'Atlantique à l'ouest du continent européen lui assure un climat plutôt frais l'été et doux l'hiver. En témoigne la moyenne annuelle des températures du département de 14,4 °C. Pour ce qui est des précipitations, elles s'échelonnent de 600 mm à 850 mm suivant la position géographique au nord ou au sud du département. La durée d'insolation moyenne se situe proche de 1900 heures par an.

Quelques records[modifier | modifier le code]

  • Froid : -17,9 °C le 16 janvier 1985, année la plus froide : 1963
  • Chaleur : 40,8 °C le 27 juillet 1947, année la plus chaude : 2003
  • Précipitations max. en 24h : 92,3 mm, année la plus pluvieuse 1960

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Vienne.

Ancienne manufacture d'armes créée en 1819 et fermée en 1968.

Les bâtiments sont utilisés depuis cette date pour abriter un musée des archives de l'armement ainsi qu'une patinoire.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Vienne.

Un département moyennement peuplé[modifier | modifier le code]

Au dernier recensement de population, celui de 2011, le département de la Vienne compte 428 447 habitants[15],[16], ce qui le classe au deuxième rang en Poitou-Charentes, loin derrière la Charente-Maritime mais nettement devant les départements des Deux-Sèvres et de la Charente.

Sa densité de population qui s'établit à 61 hab/km2 en 2010 demeure cependant inférieure à celle de la région Poitou-Charentes qui, à la même date, s'établit à 69 hab/km2. Cette densité est largement inférieure à celle de la France métropolitaine qui est de 115 hab/km2. Il s'agit d'un département moyennement peuplé mais il existe à l'intérieur de ses limites de vrais contrastes de peuplement. En effet, la concentration de population est établie majoritairement le long de la vallée du Clain sur l'axe Poitiers-Châtellerault qui constitue l'épine dorsale de la Vienne et le foyer principal des activités humaines et économiques.

Poitiers, la première ville et agglomération de Poitou-Charentes[modifier | modifier le code]

Au dernier recensement officiel de population, celui de 2010[17], douze villes de plus de 5 000 habitants sont présentes dans la Vienne.

Parmi celles-ci, les six principales sont les suivantes :

Poitiers (87 697 hab.), Châtellerault (32 459 hab.), Loudun (6 989 hab.), Chauvigny (6 754 hab.), Montmorillon (6 387 hab.) et Neuville-de-Poitou (5 119 hab.).

Cinq autres sont des villes de l'agglomération de Poitiers, qui est la plus importante de la région Poitou-Charentes et qui rassemble 128 991 habitants en 2009[18] : Buxerolles (10 047 hab. en 2010), Saint-Benoît (6 991 hab.), Migné-Auxances (6 053 hab.), Jaunay-Clan (5 811 hab.) et Vouneuil-sous-Biard (5 095 hab.).

Aux portes de l'agglomération urbaine de Châtellerault, qui rassemble 41 505 habitants en 2009[19] et qui se classe au cinquième rang des agglomérations de Poitou-Charentes, se situe Naintré avec 5 830 habitants en 2010.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture dans la Vienne.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Vienne.

Politique[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Administration de la Vienne.

Environnement[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

  • Le département gère les transports interurbains et les transports scolaires sur son territoire (à l'exclusion des périmètres de transport urbain de Châtellerault et Poitiers).
  • Le département de la Vienne est desservi par l'A10, ce qui lui confère une position stratégique pour le tourisme bien que ce soit un département de transition entre le Nord de la France (Paris) et le Sud de la France (Bordeaux). Châtellerault, Chasseneuil-du-Poitou (Futuroscope) et Poitiers sont desservies par l'autoroute.

L'autoroute est venue doubler la Nationale 10 (voie Paris-Bayonne) qui traverse également le département. Les villes de Poitiers, Vivonne et Couhé sont notamment traversées. Au nord de Poitiers, la N10 a été déclassée en 2006 sous le nom de D910. D'autres routes nationales partent de Poitiers : la N147 (Limoges) et la N149 (Nantes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Viennent ensuite par ordre de superficie les départements suivants : Charente-Maritime (6 864 km2), Deux-Sèvres (5 999 km2) et Charente (5 956 km2).
  2. Jean-Henri Calmon, Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne en 30 questions, Geste éditions, coll. « 30 questions », Jean-Clément Martin (dir.), La Crèche, 2000, 63 p. (ISBN 2-910919-98-6), p. 7
  3. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 43
  4. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 8
  5. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 8-10
  6. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 16
  7. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 36-37
  8. « Le réseau Louis Renard », sur le site vrid-memorial.com, consulté le 16 septembre 2008.
  9. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 46-47
  10. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 50
  11. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p. 40
  12. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 53-54
  13. Jean-Henri Calmon, op. cit., p. 54
  14. Jean-Paul Louvet, Les dépôts de P.G. de l'Axe en mains françaises, disponible en ligne [1], consulté le 3 octobre 2008
  15. Populations légales 2011 sur le site de l'Insee, consulté le 2 janvier 2014.
  16. Tandis que la population totale s'établit à 439 686 habitants, cette dernière donnée est prise en compte par les administrations, notamment en vue du calcul de la DGF des communes lors de l'établissement du budget. Sur ce, consulter notamment la Base A.S.P.I.C. des départements / Site ASPIC des départements, intercommunalités, communes. Ce chiffre de population n'est généralement pas pris en compte pour des études démographiques ayant l'inconvénient de posséder des doubles comptes, c'est-à-dire des personnes comptées deux fois (exemple : lycéens et étudiants en internat, militaires dans une caserne, prisonniers dans une maison d'arrêt, malades dans un hôpital, ...).
  17. Populations légales 2010 sur le site de l'Insee, consulté le 13 janvier 2013.
  18. Unité urbaine 2010 : Poitiers (86601), sur le site de l'Insee, consulté le 13 janvier 2013.
  19. Unité urbaine 2010 : Châtellerault (86401), sur le site de l'Insee, consulté le 13 janvier 2013.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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