Christian Dior

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Christian Dior

Naissance 21 janvier 1905
Granville, Manche
Décès 24 octobre 1957 (à 52 ans)
Montecatini Terme, Italie
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession Grand couturier
Activité principale Haute couture
Formation IEP de Paris
Famille Françoise Dior (nièce)

Compléments

Christian Dior, né le 21 janvier 1905 à Granville, dans la Manche, mort le 24 octobre 1957 à Montecatini Terme en Italie, est un grand couturier français. Il est le fondateur de la maison de couture qui porte son nom.

Sommaire

Biographie[modifier]

Enfance[modifier]

La maison (aujourd'hui un musée) de Christian Dior, à Granville, dans la Manche.

Né à Granville[1] au cœur d’une famille d’industriels avisés, inventeurs de la très connue marque de lessive Saint-Marc[2],[3] et de la javel Dior[4]. Une anecdote raconte qu'en 1919, lors d’une kermesse en Normandie, une chiromancienne lui prédit que « les femmes vous seront bénéfiques, et c’est par elles que vous réussirez »[réf. nécessaire].

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il s'installe à Paris où il se lie d’amitié avec quelques artistes des Années Folles, notamment les poètes Max Jacob[5] et Jean Cocteau. Sa mère veut qu'il suive une carrière diplomatique, et Christian Dior s'inscrit à l’École des Sciences Politiques, qu’il quitte en 1926 sans le moindre diplôme.

Débuts professionnels[modifier]

Il ouvre alors en 1928 avec son ami Jacques Paul Bonjean une galerie d'art[6] dans laquelle il expose des toiles de Picasso, Matisse ou encore Dali[7]. Mais six ans après, la crise de 1929 met fin à cette entreprise[5]. En 1931, sa mère décède, son père, victime de mauvaises spéculations, est ruiné. La villa de Granville Les Rhumbs est alors vendue à la municipalité (elle est aujourd’hui transformée en musée). Il dira de cette maison dans son autobiographie Christian Dior et moi[8] : « La maison de mon enfance... j'en garde le souvenir le plus tendre et le plus émerveillé. Que dis-je ? Ma vie, mon style, doivent presque tout à sa situation et à son architecture. »

Durant dix années, Christian Dior vit de la générosité de ses amis et de la vente de quelques tableaux. Son ami l'acteur Jean Ozenne remarque son talent et l'encourage à vendre quelques croquis. C'est ainsi qu'après son retour du service militaire, en 1935, il vend ses premiers croquis de robes et de chapeaux chez Claude Saint-Cyr ou chez Madame Agnes (en), puis est embauché comme illustrateur par le Figaro Illustré où il rencontre René Gruau[9].

Soutenu par quelques amis artistes, il crée, comme lors de son enfance, des costumes pour le cinéma et le théâtre[réf. nécessaire]. Il fait également le siège des grandes maisons de l'époque, et parvient à faire accepter certains de ses croquis à Nina Ricci, Balenciaga.

Débuts dans la haute couture[modifier]

En 1938, il est engagé par le grand couturier Robert Piguet[5] - alors surnommé « le prince de la mode » - en tant que modéliste et dessinateur, il signe aussitôt trois collections. Le tailleur en pied-de-poule noir et blanc est son premier best-seller[réf. nécessaire]. On commence à parler de lui lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Il passe alors un an sous les drapeaux, puis, démobilisé, rejoint son père et sa plus jeune sœur dans le sud de la France.

Il ne revient à Paris qu'en 1941, et entre chez Lucien Lelong, une des plus grandes maisons de couture parisienne. Ses mots en entrant dans les ateliers au moment des collections étaient toujours : « Grand point mesdames, grand point »[réf. nécessaire].

Sa petite soeur Catherine, résistante pendant la guerre, est dénoncée pour ses activités. Elle est arrêtée par la Gestapo et déportée à Ravensbrück en juin 1944 et libérée en mai 1945. [1].[10]

En 1945, il fait la connaissance de Marcel Boussac, le « roi du coton », qui croit immédiatement en son talent. Superstitieux, Dior, toujours selon la légende, se tourne vers une cartomancienne, qui s’exclame alors « Acceptez ! Acceptez ! Vous devez créer la maison Christian Dior ! Tout ce que l’on pourra vous offrir plus tard ne se compare pas à la chance d’aujourd’hui. »[11]. Boussac investit[12] soixante millions de francs[13] et lui accorde une maison à son nom, au 30, avenue Montaigne ; Sa Maison, créée le 8 octobre 1946, est inaugurée le 16 décembre[5]. Il se lance ainsi dans la mode et la haute couture. Marcel Boussac, qui vend du tissu, a bien choisi son poulain : de trois mètres pour faire une robe auparavant, il en faut maintenant vingt pour une robe Christian Dior[9].

Le 12 février 1947, Christian Dior bouleverse la mode d’après-guerre avec son premier défilé, fruit d'un intense travail de collaboration avec son équipe dont Pierre Cardin est le premier tailleur[14]. La silhouette qu'il propose est d’une conception avant-gardiste : taille cintrée, poitrine haute et ronde, épaules étroites, jambes découvertes à 40 cm au-dessus du sol.

Le succès[modifier]

Dior rencontre immédiatement le succès en 1947 avec les lignes « Corolle »[15] (le couturier s’inspirant de silhouettes de fleurs pour dessiner ses robes) surnommée « New Look »[16],[13] et la ligne « En Huit ». Au lendemain immédiat de l’Occupation, Christian Dior rend à la couture sa part de rêve et redonne aux femmes le goût de plaire et suggérer le désir. Les notions et les images liées au luxe reviennent sur le devant de la scène après une longue période d’insécurité et d’angoisse, « un retour au seyant et au joli dont les femmes avaient été privées depuis bien des lustres »[17].

Article détaillé : New look.

Les collections suivantes surprennent autant que la première, notamment la « Ligne H » de 1954 surnommée « haricot vert » où Dior efface les volutes des robes précédentes[18] baptisée « flat look ».

Sur les conseils de son ami d’enfance[19] Serge Heflter-Louiche, il lance en même temps que sa maison de couture et sa première collection, une société de parfum en 1947. La première fragrance s'appelle Miss Dior. Pour lui, le parfum « est le complément indispensable de la personnalité féminine, c’est le finishing touch d'une robe »[19].

Article détaillé : Miss Dior.

Il part pour les États-Unis à la conquête du marché de la mode dès 1948, soit moins d'un an après le lancement de sa première collection, où il ouvre Christian Dior New York Inc.[20]. Il instaure une politique active de diffusion de son nom et de concession de licence dès l'année suivante, étant le premier à avoir dans sa maison de couture un service de communication intégré. Avec l’aide de Jacques Rouët, son directeur financier bientôt président de la société[réf. nécessaire], il pose les fondations d'un véritable empire. Il institutionnalise la franchise et le dépôt de marque en louant son nom pour griffer des articles fabriqués en gros par des industriels qui lui reversent des royalties. Il ouvre des bureaux de relations publiques à travers le monde[2]. Il est le couturier des stars, dont les américaines Olivia de Havilland, Rita Hayworth, Ava Gardner, Marilyn Monroe, Lauren Bacall, ou Liz Taylor. Marlène Dietrich, qui ne porte que du Dior[21], l'impose à ses producteurs de ses films : « No Dior, no Dietrich »[22].

En onze ans, son activité s'étend dans quinze pays et assure l’emploi de plus de deux mille personnes. En 1957, sa maison assure plus de la moitié des exportations de la couture française[5],[23], et Time Magazine le consacre à sa Une, Dior étant le premier couturier à faire la couverture du magazine[24].

Se sachant malade, il se retire en 1956 dans son Château de La Colle Noire où il écrit ses mémoires[9]. En octobre 1957, à 52 ans, juste après avoir présenté sa dernière collection intitulée « fuseau » et conçue avec son jeune stagiaire Yves Saint-Laurent, il est foudroyé par une crise cardiaque en Italie, où il séjournait quelques jours lors d'une cure à Montecatini Terme. D’aucuns diront qu’il « a été rappelé par Dieu pour rhabiller les anges »[11]. Il repose à Callian dans le Var.

Vie privée[modifier]

Ses aspirations artistiques brisées par sa mère, Christian Dior reste longtemps à la traîne de ses amis — la plupart également homosexuels — dont Jean Cocteau, Francis Poulenc, Max Jacob et Maurice Sachs. Ses débuts sont difficiles. Des centaines de témoignages et journaux intimes[réf. nécessaire] révèlent un être généreux et drôle jusqu'à la bouffonnerie, mais profondément secret et qui cacha son homosexualité. Son compagnon de l’époque était un chanteur algérien, Jacques Benita, né en 1930[24].

Il est l'oncle de Françoise Dior.

Bibliographie[modifier]

Autobiographie[modifier]

Ouvrages dédiés[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. « À Granville, sur les pas de Christian Dior » L'Express Styles, 1er août 2005
  2. a et b « Dior encore et encore » prestigium.com
  3. Christian Dior - Bio fluctuat.net
  4. « Usines Dior » wikimanche.fr
  5. a, b, c, d et e Christian dior aurait eu cent ans, Série Limitée, sur lesechos.fr, Les Échos, 13 mai 2005, p. 66. Consulté le 25 juin 2012
  6. « Homme des Arts » Musée Christian Dior Granville
  7. Véronique Lorelle, « La galerie de Christian Dior », sur lemonde.fr, Le Monde, 30 juillet 2011. Consulté le 30 juin 2012
  8. Villa "Les Rhumbs" Musée Christian Dior Granville
  9. a, b et c Françoise Thibaut, « Christian Dior (1905–1957) », Canal Académie, 10 février 2013
  10. Christian Dior et moi, par Christian Dior, Vuibert octobre 2011
  11. a et b « Sens de la mode et signes du destin » Musée Christian Dior Granville
  12. répertoire Groupe Boussac les Archives nationales
  13. a et b (en) « Christian Dior Fashion Designer » Design Museum.org
  14. Historique Dior Finance.com
  15. « Ligne Corolle » universalis.fr
  16. « Il était une fois la maison Dior... » journaldesfemmes.com
  17. « Les mémoires de Christian Dior réédités » L'express Styles, 10 octobre 2011
  18. [vidéo] « Mode d'automne chez Christian Dior » Institut national de l'audiovisuel 1954
  19. a et b « Les parfums de l'enfance » Musée Christian Dior Granville
  20. Note : le Groupe Boussac ayant créé Dior USA en 1947 et Christian Dior Parfum New York en 1948
  21. Francine Rivaud, « Et Dior créa la femme », Challenges, no 284, 19 janvier 2012, p. 98 à 100 (ISSN 0751-4417) 
  22. Jacques Brunel, « Dior L'enchanteur des salles obscures », L'Express Styles, no 3177, 23 mai 2012, p. 16 à 17 (ISSN 0014-5270) 
  23. Dior, news et info sur Dior, sur vogue.fr, Condé Nast. Mis en ligne le 20 avril 2012, consulté le 25 juin 2012
  24. a et b (en) Tim Blanks, « The Last Temptation Of Christian », sur The New York Times, 18 août 2002

Annexes[modifier]

Articles connexes[modifier]

Article de presse[modifier]

Katell Pouliquen, « Christian Dior et Victoire - Souvenirs couture », L'Express Styles, no 3152, 30 novembre 2011, p. 10 à 13 (ISSN 0014-5270) [texte intégral (page consultée le 2 décembre 2011)]