Yonne (rivière)
| Yonne | |
|---|---|
L'Yonne à Auxerre. |
|
| Caractéristiques | |
| Longueur | 292,3 km [1] |
| Bassin | ~10 700 km2 (à Courlon-sur-Yonne)[2] |
| Bassin collecteur | Bassin de la Seine |
| Débit moyen | 93 m3⋅s-1 (Courlon-sur-Yonne) [2] |
| Régime | Pluvial océanique |
| Cours | |
| Source | Mont Préneley, Morvan |
| · Localisation | Glux-en-Glenne, France |
| · Altitude | 730 m |
| · Coordonnées | |
| Confluence | Seine |
| · Localisation | Montereau-Fault-Yonne, France |
| · Altitude | 55 m |
| · Coordonnées | |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive droite | Cure, Serein, Armançon, Vanne |
| Pays traversés | |
L'Yonne est une rivière de la moitié nord de la France, coulant principalement dans l'ouest de la région Bourgogne. Elle est le principal affluent gauche de la Seine. Elle a donné son nom au département de l'Yonne.
L'Yonne est en réalité le principal cours d'eau du bassin de la Seine, et géographiquement, c'est l'Yonne qui coule à Paris. Par sa direction et son débit, l'Yonne a joué un grand rôle dans le développement et l'approvisionnement de Paris, depuis le Moyen-Age jusqu'à l'époque des chemins de fer, notamment pour le flottage des bois du Morvan et la descente des vins de Basse-Bourgogne.
Sommaire |
[modifier] Géographie
L'Yonne prend sa source sur le Mont Préneley à 738 mètres d'altitude, au cœur de la forêt de La Gravelle dans le massif du Morvan, au sud-est de Château-Chinon, et se jette dans la Seine à Montereau-Fault-Yonne, dans le département de Seine-et-Marne.
Sa pente moyenne est de 2,38 pour mille. Le bassin-versant de l'Yonne est estimé à 10 840 km². L'Yonne apporte à la Seine une moyenne de 93 mètres cubes par seconde. Le débit de l'Yonne étant supérieur à celui de la Seine à la confluence, c'est géographiquement la Seine qui se jette dans l'Yonne.
Plusieurs retenues ont une incidence sur l'Yonne :
- la retenue de Pannecière (sur l'Yonne), la plus importante, avec une capacité de 82 500 000 m³) ;
- la retenue des Settons (sur la Cure) ;
- la retenue de Chaumeçon (sur le Chalaux) ;
- la retenue de Crescent (à la confluence de la Cure et du Chalaux).
Par sa longueur de 293 kilomètres, l'Yonne est la 16e rivière de France et représente le principal affluent rive gauche de la Seine.
Son nom vient du celte Ica-onna, qui a donné leur nom aux habitants du département du même nom, les Icaunais. Le terme onno est attesté dans le glossaire d'Endlicher où il est traduit par le latin flumen, ica est également une racine hydronymique.
[modifier] Départements et principales villes traversés
- Nièvre (58) : Corbigny, Clamecy
- Yonne (89) : Auxerre, Joigny, Sens, Pont-sur-Yonne, Villeneuve-sur-Yonne
- Seine-et-Marne (77) : Montereau-Fault-Yonne
[modifier] Principaux affluents et sous-affluents
D'amont en aval :
- L'Houssière (D) (ou Oussière)
- l'Anguison (D)
- l'Auxois (D)
- le Beuvron (G)
- le Sauzay (G)
- la Druyes (G) (ou ruisseau d'Andryes)
- la Cure (D)
- le Chalaux (G)
- le Cousin (D)
- le Vau de Bouche (D)
- le Ru de Vallan (D)
- le Ru de Baulches (G)
- le Ru de Sinotte (D)
- le Serein (D)
- l'Armançon (D)
- le Ravillon (G)
- le Tholon (G)
- le Vrin (G)
- la Vanne (D)
- la Gaillarde (D)
- l'Oreuse (D)
[modifier] Hydrologie
Par son débit nettement supérieur à celui de la Seine à Montereau, c'est l'Yonne qui est le véritable cours d'eau principal du Bassin parisien.
[modifier] Les débits
Le débit de l'Yonne a été observé sur une période de 51 ans (1958-2008), à Courlon-sur-Yonne, localité du département de l'Yonne, située à peu de distance de son confluent avec la Seine à Montereau-Fault-Yonne[2].
Le débit moyen interannuel ou module de la rivière à cet endroit est de 92,7 m³ par seconde pour une surface de bassin de 10 700 km².
L'Yonne présente des fluctuations saisonnières de débit assez importantes, avec des crues d'hiver portant le débit mensuel moyen à un niveau situé entre 125 et 172 m³ par seconde, de décembre à mars inclus (maximum en février), et des basses eaux d'été de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel allant jusqu'au niveau de 41,1 m³ par seconde au mois d'août, ce qui reste assez élevé.
Débit moyen mensuel (en m³/s) mesuré à la station hydrologique de Courlon-sur-Yonne - données calculées sur 51 ans

En saison d'étiage, le VCN3 (voir note[3]) peut chuter jusque 14 m³ par seconde, en cas de période quinquennale sèche .
D'autre part, les crues sont connues pour être fort importantes. En effet, le débit instantané maximal enregistré a été de 750 m³ par seconde le 1er janvier 1982, tandis que la valeur journalière maximale a été de 726 m³ par seconde le 12 janvier de la même année. Le QIX 10 ou débit calculé de crue décennale est de 710 m³ par seconde, tandis que le QIX 20 (voir note[4]) vaut 820 et le QIX 50 en vaut 960. Quant aux QIX 2 et QIX 5, ils valent quant à eux respectivement 430 et 600 m³ par seconde.
À titre de comparaison, rappelons que le QIX 10 de la Marne aux portes de Paris vaut 510 m³ par seconde, tandis que son QIX 50 est de 650 m³ par seconde. Cela montre bien qu'en période de crue, l'influence du débit de l'Yonne sera bien plus importante que celle de la Marne sur le débit de la Seine.
La lame d'eau écoulée dans le bassin de l'Yonne est de 274 millimètres annuellement, ce qui reste modéré, quelque peu inférieur à la moyenne d'ensemble de la France, mais assez supérieur à celle de l'ensemble du bassin versant de la Seine (220 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 8,7 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Il faut enfin souligner que l'importance des débits de crue de l'Yonne en amont de Paris a une grande influence sur le niveau des crues de la Seine dans la capitale.
[modifier] Débits des cours d'eau du bassin de l'Yonne
| Nom | Localité | Débits en m³ par seconde | Côte max(m) |
Max. instant. |
Max. journ. |
Lame d'eau (mm) |
Surface (km²) |
||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Module | VCN3 (étiage) |
QIX 2 | QIX 5 | QIX 10 | QIX 20 | QIX 50 | |||||||
| Yonne | Corancy | 2,81 | 0,270 | 24 | 29 | 32 | 35 | - | 1,35 | 45,9 | 37,7 | 907 | 98 |
| Houssière | Chaumard | 1,53 | 0,078 | 13 | 17 | 20 | 23 | - | 1,45 | 33,3 | 26,6 | 880 | 55 |
| Yonne | Montigny-en-Morvan | 5,25 | 0,270 | 25 | 38 | 46 | 53 | 64 | 0,94 | - | 53,5 | 770 | 216 |
| Yonne | Dornecy | 9,07 | 0,460 | 72 | 100 | 120 | 140 | - | 3,10 | 142 | 110 | 367 | 781 |
| Beuvron | Ouagne | 2,06 | 0,160 | 26 | 37 | 44 | 51 | 60 | 2,41 | 58,6 | 43,1 | 247 | 264 |
| Druyes | Surgy | 1,57 | 0,150 | 3,8 | 5,2 | 6,1 | 7,1 | 8,2 | 1,24 | 7,2 | 7,18 | 256 | 194 |
| Cure | Arcy-sur-Cure | 16,00 | 1,300 | 110 | 150 | 180 | 200 | 240 | 3,15 | 257 | 214 | 430 | 1 180 |
| Yonne | Gurgy (Auxerre) | 40,60 | 6,700 | 210 | 290 | 340 | 400 | 460 | 4,09 | 401 | 386 | 336 | 3 820 |
| Serein | Chablis | 7,80 | 0,120 | 67 | 100 | 120 | 140 | 170 | 3,64 | 146 | 114 | 221 | 1 120 |
| Armançon | Brienon/Armançon | 29,60 | 1,900 | 190 | 280 | 330 | 390 | 450 | 4,49 | 349 | 338 | 314 | 2 990 |
| Yonne | Joigny | 86,10 | 7,500 | 390 | 550 | 650 | 750 | 880 | 3,58 | 725 | 307 | 8 880 | |
| Tholon | Champvallon | 0,85 | 0,210 | 3,6 | 5,5 | 6,7 | 8 | 9,5 | 2,06 | 17,9 | 10,1 | 204 | 131 |
| Vrin | Précy-sur-Vrin | 0,72 | 0,160 | 3,9 | 7 | 9,1 | 11 | 14 | 1,29 | 14,4 | 10 | 163 | 139 |
| Vanne | Pont-sur-Vanne | 5,41 | 2,200 | 9,7 | 13 | 15 | 17 | 19 | 0,76 | 16,3 | 18,6 | 197 | 866 |
| Yonne | Courlon-sur-Yonne | 92,60 | 14,000 | 430 | 600 | 710 | 820 | 950 | 4,04 | 750 | 726 | 274 | 10 700 |
[modifier]
L'Yonne est classée navigable sur 108 km depuis Auxerre jusqu'à Montereau. Ses 26 écluses sont au gabarit minimum de 93 m sur 8,30 m.
Elle est reliée à la Saône par le canal de Bourgogne qui débute à Migennes, et à la Loire par le canal du Nivernais dont le point de départ est Auxerre.
[modifier]
En 2006, les travaux d'élargissement à 10,50 mètres de l'écluse de Port-Renard à Courlon ont été menés à bien et inaugurés. Désormais des convois de 1 000 tonnes (contre 400 à 450 tonnes auparavant) peuvent naviguer sur l'Yonne depuis la Seine jusqu'à l'aval de Migennes (début du canal de Bourgogne). Ces convois transportent surtout des céréales, du bois et des produits des carrières. Avec l'ouverture prévue en 2012 du canal Seine-Nord-Europe, le trafic pourra s'étendre vers le Nord-Pas-de-Calais et l'Europe du Nord. La capacité de transport de l'Yonne est encore sous-utilisée, et pourrait facilement doubler.
1 800 000 tonnes de marchandises sont transportées annuellement sur l'Yonne. Cela représentait, en 2005, 134 millions de tonnes-kilomètres.
[modifier]
Il existe trois ports de plaisance sur l'Yonne : Joigny, Villeneuve-sur-Yonne et Auxerre. Avec Migennes et Saint-Florentin, situés non loin de la rivière, sur les canaux adjacents, ce sont cinq ports de plaisance qui constituent le réseau départemental. Ces ports sont des endroits où les bateaux peuvent résider toute l’année. On y trouve du personnel portuaire et des professionnels du nautisme.
On constate une présence nettement plus importante de plaisanciers sur la partie méridionale de la rivière ainsi que sur son prolongement sud, le canal du Nivernais. Selon les années, entre 45 et 60 % des plaisanciers sont Français. Ils proviennent surtout d'Île-de-France et de la région Rhône-Alpes. Parmi les étrangers, ce sont les Allemands qui sont les plus nombreux, mais on note une présence importante d'Italiens et de Belges.
Outre ces ports de plaisance, douze haltes nautiques ont été établies sur l'Yonne. Il s'agit d'équipements légers offrant un service minimum. Ils permettent un arrêt de courte durée afin de se ravitailler dans une localité ou passer quelques heures sur la terre ferme (spectacle, restaurant, visite touristique, etc.).
[modifier] Notes et références
- Cours d'eau : rivière l'yonne (F3--0200), SANDRE. Consulté le 11/04/2009
- Station H2721010 - L'Yonne à Courlon-sur-Yonne, données hydrologiques de synthèse (1958 - 2009), SCHAPI, banque Hydro. Consulté le 11/04/2009
- Le VCN3 est la quantité minimale écoulée ou débit minimal sur trois jours consécutifs.
- Le QIX 20 ou débit calculé pour une crue vicennale, est la valeur du débit calculé pour une crue n'ayant statistiquement lieu que tous les 20 ans. On calcule aussi le QIX 50, c'est-à-dire la valeur du débit calculé pour une crue cinquantennale, n'ayant statistiquement lieu que tous les 50 ans. Enfin, le QIX 2 et le QIX 5 sont les débits calculés pour une crue biennale et quinquennale, c'est-à-dire une crue qui doit se produire en moyenne tous les deux ou cinq ans. Ils permettent d'apprécier les risques à plus court terme.