Bourse de Paris

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NYSE Euronext
Bourse de Paris
Pays États-Unis
Ville New York
Coordonnées 40° 42′ 25″ N 74° 00′ 40″ O / 40.706864, -74.011072 ()40° 42′ 25″ N 74° 00′ 40″ O / 40.706864, -74.011072 ()  
Fondation [1]
Propriétaire ICE
Site web [3]

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NYSE Euronext

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La Bourse de Paris, devenue NYSE Euronext, est le marché officiel des actions en France. Il n'existe plus de bourse physique à Paris.
En effet, le CAC 40 est indexé par NYSE Euronext, qui appartient à la société NYSE. Le lieu historique qu'elle a longtemps occupé à Paris est le palais Brongniart.

Histoire de la Bourse de Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des bourses de valeurs.
Aquatinte de Tavík František Šimon montrant l’animation aux abords du Palais Brongniart vers les années 1900.
Aquatinte de Tavík František Šimon (cs) montrant l’animation aux abords du Palais Brongniart vers les années 1900.

L’existence de sociétés par actions en France est ancienne. La Compagnie des Indes occidentales, créée en 1664, ainsi que la « Compagnie d’Afrique »[2] et la banque générale de John Law font en 1716 l'objet d'une spéculation effrénée. Peu après, un arrêt du Conseil d’État du roi, le , donne à la bourse de Paris[Quoi ?]. La présence des femmes y est dès l'origine proscrite, et ce jusqu'en 1967[3].

La Bourse de Paris au XVIIIème siècle a occupé l'hôtel de Nevers, avant de transiter par plusieurs sites parisiens. En 1808, Napoléon Ier pose la première pierre du Palais Brongniart, conçu par l'architecte Alexandre-Théodore Brongniart et destiné à accueillir la Bourse de Paris, institution considérée d'ordre public et appréhendée par l'Empereur comme le « thermomètre de la confiance publique » à cause de la présence des rentes constituées 5 % (résultant du tiers consolidé de la Banqueroute des deux tiers votée sous le Directoire) qui composent l'essentiel de la cote officielle et dont le cours est suivi avec assiduité par Napoléon Bonaparte. Le bâtiment est finalement inauguré sous la Restauration le .

Vers le milieu du XIXe siècle, la Bourse de Paris est entraînée dans la grande spéculations sur les premiers chemins de fer, qui vient de Londres et se transmet via les premiers liens inter-Bourses, comme les pigeons voyageurs et le télégraphe.

Plus tard, à la fin du XIXe siècle, la place financière parisienne connaît un rayonnement mondial très important, avec le grandes opérations en capital comme Suez, Panama, et les Emprunt russe.

Après 9 ans de fermeture pour cause de guerre, la Bourse de Paris rouvre ses portes le 27 juin 1949[4].

Les localisations successives[modifier | modifier le code]

La cotation des premières sociétés étrangères[modifier | modifier le code]

La réputation internationale des charbonnages wallons est telle que, dans les années 1840, plusieurs mines de charbon de Belgique sont les premières entreprises industrielles à bénéficier d'une cotation officielle la Bourse de Paris, où l'inauguration du palais Brongniart a eu lieu le 4 novembre 1826. La première cotation de société étrangère accueillie avait en 1834 la Banca Romana, suivie par la Banque de Belgique puis la deuxième banque américaine[10].

L'histoire des mines d'or s'accélère à la fin du XIXe siècle avec la cotation, dans les années 1890, des mines d'or d'Afrique du Sud à la Bourse de Paris, où elles deviennent la principale attraction. Dès 1905, l’Afrique du Sud se hisse au premier rang mondial devant l’Australie. En 1913 l’or représente 45 % de son revenu, 80 % des ses exportations et 40 % de la production mondiale.

Dans son livre Le Grand Méchant Marché, l'économiste David Thesmar raconte qu'au début du XXe siècle, la place de Paris bénéficiait d'une forte activité chez les petits porteurs, qui s'est un peu assagie par la suite, et n'avait pas beaucoup à envier aux Bourses anglo-saxonnes, si ce n'est l'absence d'investisseurs de long terme comme les fonds de pension.

Pierre-Cyrille Hautcoeur, directeur d'étude à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), estime à environ 2,5 millions le nombre de porteurs de titres à la fin de la Belle Époque, contre moins de 2 millions au début des années 1980[11].

L'un des meilleurs historiens de la Bourse de Paris est l'investisseur international André Kostolany, mort à Paris en 1999 à l'âge de 93 ans, et surtout connu en Allemagne où il écrivait chaque semaine une chronique pour le magazine Capital.

Dans son livre Si la Bourse m'était contée, André Kostolany raconte que la première Bourse de valeurs organisée d'Europe est née à Anvers en 1592, mais qu'il a fallu, en France, attendre 1613, pour qu'un bâtiment spécialisé soit édifié sur le lieu des échanges, au Pont-Neuf (dans les villes italiennes de Florence et Venise, les échanges avaient lieu aussi sur un pont, respectivement le Ponte Vecchio et le Rialto).

Jusqu'à la fin des années 1980, la Bourse de Paris est gérée par la corporation des agents de change, qui bénéficiaient d'un monopole sur la cotation. Dès le début des années 1980, et suite à la recrudescence de la concurrence entre places boursières internationales, se pose la question de la modernisation de la Bourse de Paris, qui, jusqu'à cette époque, fonctionnait principalement à la criée. Le système CAC (cotation assistée en continu), introduit progressivement entre 1986 et 1989, a rendu possible la cotation en continu et la survie d'un marché qui était notamment menacé par la Bourse de Londres. Cette informatisation fut suivie d'autres réformes institutionnelles, comme la modification du statut des agents de change et l'apparition de nouvelles sociétés de bourse. La Société des bourses françaises (acronyme de l'actuel indice SBF) fait suite à la Compagnie des agents de change (acronyme originel de l'actuel indice CAC40)[réf. nécessaire]. La modernisation de la Bourse de Paris est accompagnée d'autres initiatives telles que la création, dès 1989, des marchés organisés de produits financiers dérivés — le MATIF et le MONEP, désormais regroupés sous l'appellation Euronext.Liffe depuis le rachat du LIFFE par Euronext en 2002 — ou la dématérialisation des titres (avec la création de la Sicovam).

Dès la fin des années 1990, et après la mise en place du NSC (Nouveau système de cotation), la Bourse de Paris lance une initiative de fusion entre diverses bourses européennes, qui culminera avec la création d'Euronext en 2000.

En 2007, le groupe Euronext a fusionné avec le NYSE pour donner naissance à la société holding NYSE Euronext. Le siège de la nouvelle entité est situé désormais à New York. Paris préserve un statut de siège international[12].

Organisation et fonctionnement de la Bourse de Paris[modifier | modifier le code]

La négociation se réalisait traditionnellement à la criée. Depuis la fin des années 1980, la Bourse de Paris est désormais un marché entièrement électronique, grâce à la mise en place du système CAC (cotation assistée en continu), remplacé dans les années 1990 par la technologie NSC.

De manière générale, la Bourse de Paris est considérée comme un marché dirigé par les ordres ou marché d'agence. Les prix des actions cotées sont déterminés par la confrontation directe des ordres d'achat et de vente au sein d'un carnet d'ordres centralisé. Dans certains cas, des intermédiaires spécifiques appelés "teneurs de marché" peuvent intervenir dans l'animation de la cotation de certaines valeurs : ceci donne lieu à la création de contrats d'apporteurs de liquidité. Leur travail consiste à placer des ordres en attente de manière à garantir l'existence d'une contrepartie[13].

La négociation des actions diffère selon leur liquidité. Les actions liquides sont cotées en continu de h 0 à 17 h 40 tandis que les valeurs dont la liquidité est de moindre importance sont cotées par fixing à des horaires prédéterminés. Les titres considérés comme suffisamment liquides sont des titres qui font l’objet d’au moins 2 500 transactions par an.

Les différents compartiments[modifier | modifier le code]

Sur Euronext Paris, il est possible de négocier les instruments financiers suivants :

La chaîne de traitement des titres[modifier | modifier le code]

La chaîne de traitement des titres recouvre l’ensemble des opérations qui garantissent la bonne fin des transactions menées par les différents intervenants sur un marché financier.

Règlement-livraison, Sicovam, Clearnet, Euroclear, etc.

Les indices boursiers à la Bourse de Paris[modifier | modifier le code]

Euronext Paris diffuse différents indices de marché ainsi que des indices sectoriels. À l’occasion de la fusion des différents compartiments actions (Premier marché, Second marché, Nouveau marché) qui ont donné naissance à Eurolist, de nouveaux indices ont vu le jour afin de rendre mieux compte de l’évolution des marchés.

Références[modifier | modifier le code]

Sur l'histoire de la Bourse de Paris[modifier | modifier le code]

  • Colling A., La Prodigieuse Histoire de la Bourse, 1951, SEF, Paris.
  • G. Gallais-Hamonno et P.-C. Hautcoeur, Histoire du marché financier français au XIXe siècle, 2007, Publications de la Sorbonne.
  • Lehmann, P.-J., La Bourse de Paris, 1991, Dunod.
  • Lehmann, P.-J., Histoire de la Bourse de Paris, 1997, PUF.
  • Muniesa, F., « Contenir le marché : la transition de la criée à la cotation électronique à la Bourse de Paris », Sociologie du travail 47(4): 485-501, 2005.
  • Walker, D. A., « A factual account of the functioning of the nineteenth-century Paris Bourse », European Journal of the History of Economic Thought 8(2): 186-207, 2001.
  • Hissung-Convert N., La Spéculation boursière face au droit, éd. LGDJ, tome 511, 2009, 667 p.

Sur la structure de la cotation à la Bourse de Paris[modifier | modifier le code]

  • Biais, B., Foucault, T. and Hillion, P., Microstructure des marchés financiers : institutions, modèles et tests empiriques, 1997, PUF.
  • Hamon, J., Marché d'actions. Architecture et microstructure, 1995, Economica.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. napoleon.org
  2. M. Capefigue, Histoire des grandes opérations financières, Librairie d’Amyot, Paris, 1860.
  3. Paul Lagneau-Ymonet, « La Masculinité d'affaires. Le cas de la Bourse de Paris. 1724-1988 », in Régis Reventin (dir.), Hommes et masculinités de 1789 à nos jours, Éditions Autrement, 2007, p. 113-127, ici p. 113.
  4. P. Limouzineau, « Le marché des capitaux de 1945 à 1959 », Revue économique, vol. 11, no 3,‎ 1960 ([443-481 lire en ligne])
  5. "Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France", par Louis Alexandre Expilly 1768 [1]
  6. Louis Alexandre Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, 1768, [lire en ligne]
  7. a et b Palais Brongiart - Bourse de Paris sur napoléon.org, [lire en ligne]
  8. « Hôtel de Montmorency-Luxembourg - Rue Saint-Marc, Paris 2e » [2]
  9. Gilles Pouzin, « Le Matif jette l'éponge pour de bon » dans L'Expansion le 19 novembre 1998, [lire en ligne]
  10. Le Marché financier français au XIXe siècle, par Pierre-Cyrille Hautcoeur, Georges Gallais-Hamonno, université Paris I Panthéon-Sorbonne, Publications de la Sorbonne, 2007
  11. Le Monde.fr : « L'hostilité des Français aux profits est récente », selon David Thesmar
  12. [PDF] « Les actionnaires d’Euronext approuvent le rapprochement avec NYSE », Euronext, 19 décembre 2006.
  13. Source: Le Saout, E.,Introduction aux marchés financiers, Economica, 2006.