The Economist

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The Economist
Image illustrative de l'article The Economist

Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Langue Anglais
Périodicité hebdomadaire
Genre économie et relations internationales
Diffusion 1,574,803 (imprimé); 100,000 (abonnés payants en ligne)[1] ex. (2012)
Fondateur James Wilson
Date de fondation Septembre 1843
Ville d’édition Londres

Propriétaire The Economist Group
Directeur de la rédaction Zanny Minton Beddoes
ISSN 0013-0613
Site web www.economist.com

The Economist (en français : l'économiste) est un magazine hebdomadaire britannique publié à la fois sur papier et le Web. Il est l'un des hebdomadaires de référence à l'échelle mondiale. Reconnu pour la qualité de ses analyses, il couvre l'ensemble de l'actualité mondiale, en étudiant en particulier l'économie et les relations internationales. Journal d'information, il prend régulièrement parti sur les grandes questions d'actualité, défendant une vision libérale en matière économique, mais également sociétale et culturelle (légalisation des drogues, mariage de personnes de même sexe, etc.).

Historique[modifier | modifier le code]

Paru pour la première fois en septembre 1843 grâce au soutien de l'Anti-Corn Law League, il est désormais publié par The Economist Newspaper Limited (filiale de Pearson) à Londres.

The Economist fut aussi le titre d'un journal publié à partir du 27 janvier 1821 par Robert Owen, considéré comme le fondateur du socialisme anglais, et qui n'a semble-t-il pas duré plus longtemps que cette année-là.

James Wilson, fondateur de The Economist.

Son fondateur, James Wilson, était un fabricant de chapeaux, qui croyait au libre-échange, à l'internationalisme et à un minimum d'intervention de l'État, sur les marchés en particulier. Il a créé le journal en 1843 pour faire campagne contre des lois protectionnistes (Corn Laws)[2]. Bien que celles-ci fussent abolies en 1846, le journal perdura, restant fidèle aux idées libérales de Wilson.

Quand Walter Bagehot reprend ensuite le journal, il fait en sorte d'élargir le lectorat[2].

Dans les années 1940, The Economist s'ouvre à d'autres courants idéologiques (notamment marxistes), avec les contributions de l'historien Isaac Deutscher et de l'écrivain Daniel Singer. Cette parenthèse pluraliste se referme cependant dès les années 1960, et le journal reprend un ton résolument libéral.

Le magazine commence à être imprimé aux États-Unis en 1981[3].

Rédacteurs-en-chef[modifier | modifier le code]

Walter Bagehot, l'un des premiers rédacteurs-en-chef The Economist

Les rédacteurs-en-chef successifs de The Economist sont les suivants.

  • James Wilson 1843-1857 (Herbert Spencer était sous-rédacteur en chef entre 1848 et 1853)
  • Richard Holt Hutton 1857-1861
  • Walter Bagehot, 1861-1877
  • Daniel Conner Lathbury, 1877-1881
  • Inglis Palgrave, 1877-1883
  • Edward Johnstone, 1883-1907
  • Francis Wrigley Hirst, 1907-1916
  • Hartley Withers, 1916-1921
  • Walter Layton, 1st Baron Layton, 1922-1938
  • Geoffrey Crowther, Baron Crowther, 1938-1956
  • Donald Tyerman, 1956-1965
  • Alastair Burnet, 1965-1974
  • Andrew Knight, 1974-1986
  • Rupert Pennant-Rea, 1986-1993
  • Bill Emmott, 1993-2006
  • John Micklethwait, 2006-2014
  • Zanny Minton Beddoes, depuis 2015

Diffusion et tirage[modifier | modifier le code]

Imprimé chaque jeudi et disponible à partir du vendredi, la version web est consultable dès le jeudi soir pour la majorité des articles. Le magazine est tiré à 1,3 million d'exemplaires en 2007[réf. souhaitée]. Environ 86 % du tirage est diffusé hors de Grande-Bretagne[réf. souhaitée]. Sa diffusion est en croissance continue depuis 26 années consécutives, en particulier grâce à l'accent important mis sur la qualité des analyses[Quand ?].

Le journal a une diffusion de 1 138 118 exemplaires sur la première moitié de 2006 selon l'Audit Bureau of Circulations, l'organisme de mesure anglais. 53 % des lecteurs sont nord-américains, 14 % britanniques et 19 % d'Europe continentale. 40 000 exemplaires sont vendus en France chaque semaine.

Le revenu annuel moyen des lecteurs du journal est de 200 000 dollars[4].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Siège de The Economist, sur St James's Street.

Les sujets les plus souvent abordés sont l'économie internationale, la politique, les affaires, la finance, les sciences et technologies et les arts. Les articles publiés dans The Economist ne sont que très rarement signés. La petite centaine de journalistes et éditorialistes, restent anonymes[2].

Le journal s'engage régulièrement sur les grandes questions qui touchent le monde, défendant « la vision libérale »[5](son but étant de « soutenir, dans le combat féroce qu'elle a à livrer, l'intelligence débordante, face une ignorance timorée et sans valeur qui est un obstacle à notre progrès »). Il a soutenu des dirigeants politiques conservateurs comme Margaret Thatcher ou Ronald Reagan comme des travaillistes (Tony Blair) ou des démocrates (John Kerry, Barack Obama et Bill Clinton). Le journal a pris parti dans l'élection présidentielle française en soutenant Nicolas Sarkozy « faute de mieux » en avril 2007[6], tandis qu'en 2008, clairement opposé à Silvio Berlusconi depuis les années 1990, il a appelé à voter pour Walter Veltroni en Italie.

Partisan de l'intervention américaine au Viêt Nam, il a également soutenu et épousé certaines causes libérales en se montrant favorable à la décolonisation, la légalisation de la consommation de drogues, adversaire de la peine de mort, militant pour le mariage homosexuel.

Sur l'échiquier politique anglais, The Economist se définit lui-même comme proche des radicaux, voyant dans l'« extrême centre », sa position historique. Walter Layton qui fut rédacteur en chef de 1922 à 1938 et de 1944 à 1963 était membre du Parti libéral. De 1938 à 1944, le rédacteur en chef fut Geoffrey Crowther[5].

Le journal est connu pour son indice Big Mac, un indice du coût de la vie qui compare le prix d'un Big Mac dans le monde.

Prises de position[modifier | modifier le code]

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Lors de la Grande famine irlandaise de 1845, The Economist préconisa plus de libre échange. Lorsque cette solution échoua, le journal fustigea les Irlandais pour leur ingratitude et recommanda plus de répression de la part du Royaume-Uni.

En 1851, The Economist soutient le coup d'État de Napoléon III, jugeant la mentalité française « excitable, volatile, superficielle, exagérément logique, inapte au compromis ».

Durant toute sa période, le journal se prononce en faveur de la décolonisation.

Dans la fin des années 1990, le mouvement de protestation contre l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est jugé « stupide », « égoïste » et est assimilé à une « tentative d’appauvrir le monde émergent par le protectionnisme ».

En 2004, The Economist affiche son opposition au traité constitutionnel européen[7] au nom du libéralisme.

En décembre 2010, le journal affirme le droit du gouvernement des États-Unis de punir les dirigeants du site lanceur d'alerte WikiLeaks, qualifiant ce dernier de « secte ».

En janvier 2011, lors des débuts du Printemps arabe, le journal loue l’ampleur des « concessions » de Zine El-Abidine Ben Ali, alors Président de la Tunisie, concluant que ce dernier n’a aucune chance d’être renversé.

En septembre 2011, The Economist juge les revendications du mouvement Occupy Wall Street « légitimes et bien enracinées », puisque visant en réalité « l'État obèse » et qu’il suffirait de « libéraliser l’économie » pour le satisfaire.

En avril 2012, le journal décrit le candidat à l'élection présidentielle française de 2012 François Hollande comme un « homme dangereux », susceptible de « faire beaucoup de dégâts », mû par une « hostilité profonde au monde de l’entreprise », tandis que le Parti socialiste, toujours « non réformé », serait susceptible de conduire le pays à une « rupture » avec l’Allemagne.

Depuis la guerre du Viêt Nam, The Economist a soutenu chacune des interventions armées des États-Unis dans le monde, telles que les guerres de Yougoslavie, la seconde guerre d'Afghanistan, la guerre d'Irak, ou encore les attaques aériennes américaines au Pakistan[2].

Polémiques et critiques[modifier | modifier le code]

Polémique de The Lancet à propos des pays de l'ancien bloc communiste[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier 2009, la revue médicale britannique The Lancet publie un article démontrant que le programme de privatisations massives et rapides des années 1990 dans les anciens pays communistes est lié à un effondrement soudain de l'espérance de vie (« près de cinq années entre 1991 et 1994 »)[8].

À la parution de l'article, The Economist, qui avait soutenu la « thérapie de choc », balaie ces critiques et affirme que The Lancet « se trompe quant au calendrier et à l'impact des réformes », et affirme que « la tragédie russe, c'est que les réformes ont été trop lentes, pas trop rapides »[9].

Dans leur livre The Body Economic: Why Austerity Kills, David Stuckler et Sanjay Basu décortiquent la réponse de The Economist à The Lancet. D'après eux : « en utilisant des chiffres lissés par période de cinq années - et en éliminant certaines sources pour leur en préférer d'autres -, les éditeurs du magazine écrêtent la courbe de la mortalité russe des années 1990. Un accroissement important et soudain se transforme alors en diminution progressive. (...) Si l'un de nos étudiants s'était rendu coupable d'une telle légèreté, nous l'aurions directement envoyé chez le doyen de la faculté »[10].

Attaque de la France[modifier | modifier le code]

En novembre 2012, The Economist est accusé par Arnaud Montebourg et Laurence Parisot de prendre trop régulièrement la France pour cible dans ses articles[11].

Critique de fond du Monde diplomatique[modifier | modifier le code]

En août 2012, le mensuel Le Monde diplomatique publie un article critiquant les contradictions, les manipulations et l'alignement de la ligne éditoriale du journal sur celle des gouvernements américains successifs. Pour l'auteur, le libéralisme qui caractérisait The Economist à ses débuts a profondément changé : « libéré de l’accusation de chauvinisme, le journal s’enthousiasme pour des campagnes militaires dont les justifications, qu’elles soient humanitaires, patriotiques ou économiques, lui auraient paru hautement suspectes à l’époque de la domination britannique. Son directeur actuel, formé dans les banques américaines, est un pur produit de cette nouvelle culture éditoriale où se mêlent le libéralisme des jours tranquilles et sa variante contemporaine »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.economistgroupmedia.com/planning-tools/circulation
  2. a, b, c, d et e Alexander Zevin, « « The Economist », le journal le plus influent du monde », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  3. Jeremy W. Peters, « The Economist Tends Its Sophisticate Garden », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  4. Serge Halimi, le Grand Bond en arrière, 2012, Éditions Agone, p. 394
  5. a et b Alexander Zevin, « « The Economist », le journal le plus influent du monde : Depuis 1843, un hebdomadaire britannique à l’avant-garde du combat pour le libre-échange », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  6. (en) France's chance, The Economist, 12 avril 2007
  7. « A song for Europe », The Economist, 26 mai 2005
  8. David Stuckler, Lawrence King, Martin McKee Mass privatisation and the post-communist mortality crisis: a cross-national analysis The Lancet, 31 janvier 2009
  9. Mass murder and the market, The Economist, 22 janvier 2009
  10. David Stuckler et Sanjay Basu, The Body Economic : Why Austerity Kills, Allen Lane, Londres, 2013
  11. « La France, souffre douleur préféré de The Economist », Le Monde, 15 novembre 2012

Lien externe[modifier | modifier le code]