Samuel Beckett

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Samuel Barclay Beckett (Foxrock, Dublin, 13 avril[1] 1906 - Paris, 22 décembre 1989) est un écrivain, poète et dramaturge irlandais d'expression française et anglaise, prix Nobel de littérature en 1969. S'il est l'auteur de romans, tels que Molloy, Malone meurt et l'Innommable et de textes brefs en prose, son nom reste surtout associé au théâtre de l'absurde, dont sa pièce En attendant Godot (1952) est l'une des plus célèbres illustrations. Son œuvre est austère et minimaliste, ce qui est généralement interprété comme l'expression d'un profond pessimisme face à la condition humaine. Opposer ce pessimisme à l'humour omniprésent chez lui n'aurait guère de sens : il faut plutôt les voir comme étant au service l'un de l'autre, pris dans le cadre plus large d'une immense entreprise de dérision[2]. Avec le temps, il traite ces thèmes dans un style de plus en plus lapidaire, tendant à rendre sa langue de plus en plus concise et sèche. En 1969, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « son œuvre, qui à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre, prend toute son élévation dans la destitution de l'homme moderne »[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Samuel Barclay Beckett est né le 13 avril 1906[4] dans une famille bourgeoise irlandaise protestante : l'événement fut signalé dans la rubrique mondaine d'un journal irlandais (The Irish Times) daté du 16 avril. La demeure familiale, Cooldrinagh, située dans une banlieue aisée de Dublin, Foxrock, était une grande maison. La maison, le jardin, la campagne environnante où Samuel grandit, le champ de courses voisin de Leopardstown, la gare de Foxrock sont autant d'éléments qui participent du cadre de nombre de ses romans et pièces de théâtre. Il est le deuxième fils de William Frank Beckett, métreur et May Barclay Roe, infirmière. Beckett et son frère aîné Franck sont d'abord élèves à la Earlsford House School, dans le centre de Dublin, avant d'entrer à la Portora Royal School d'Enniskillen, dans le comté de Fermanagh – lycée qui avait auparavant été fréquenté par Oscar Wilde[5].

Beckett étudie ensuite le français, l'italien et l'anglais au Trinity College de Dublin, entre 1923 et 1927. Il suit notamment les cours de A. A. Luce, professeur de philosophie et spécialiste de Berkeley. Il obtient son Bachelor of Arts et, après avoir enseigné quelque temps au Campbell College de Belfast, est nommé au poste de lecteur d'anglais à l'École normale supérieure de Paris sur les recommandations de son professeur de lettres françaises et mentor Thomas Rudmose-Brown[6]. C'est là qu'il est présenté à James Joyce par le poète Thomas MacGreevy, un de ses plus proches amis, qui y travaillait aussi depuis 1926 mais avait décidé de quitter son poste pour se consacrer entièrement à la littérature. Cette rencontre devait avoir une profonde influence sur Beckett, qui devint garçon de courses puis « secrétaire » de James Joyce qui souffrait des yeux, l'aidant notamment dans ses recherches pendant la rédaction de Finnegans Wake[7].

C'est en 1929 que Beckett publie son premier ouvrage, un essai critique intitulé Dante... Bruno. Vico.. Joyce., dans lequel il défend la méthode et l'œuvre de Joyce dont certains critiquent le style obscur. Les liens étroits entre les deux hommes se relâchèrent cependant lorsque Samuel repoussa les avances de Lucia, la fille de Joyce, dont il s'est rendu compte qu'elle était atteinte de schizophrénie, maladie que refusait de voir son père[8]. C'est aussi au cours de cette période que la première nouvelle de Beckett, Assumption, fut publiée par l'influente revue littéraire parisienne d'Eugène Jolas, Transition. L'année suivante, il est le lauréat d'un petit prix littéraire pour son poème Whoroscope, composé à la hâte en 1929, et inspiré par une biographie de Descartes que Beckett lisait alors[9].

En 1930, il revient au Trinity College en tant que lecteur et écrit en 1931 un deuxième essai en anglais intitulé Proust. En 1932, pour la revue "This Quarter", il traduit un poème d'André Breton, Le Grand secours meurtrier, paru en France dans le recueil Le Revolver à cheveux blanc et ayant pour thèmes les convulsionnaires de Saint-Médard et Lautréamont[10]. Il se lasse assez vite de la vie universitaire, et exprime ses désillusions d'une manière originale : il mystifie la Modern Language Society de Dublin en y portant un article érudit au sujet d'un auteur toulousain nommé Jean du Chas, fondateur d'un mouvement littéraire appelé concentrisme ; ni du Chas ni le concentrisme n'ont jamais existé, sinon dans l'imagination de Beckett, mais cela lui permet de se moquer du pédantisme littéraire. Pour marquer ce tournant important de sa vie, inspiré par la lecture des Années d'apprentissage de Wilhelm Meister, de Goethe, il écrit le poème Gnome, que publie le Dublin Magazine en 1934.

Après plusieurs voyages en Europe, notamment en Allemagne, il se fixe en janvier 1938 définitivement à Paris, rue des Favorites, dans le 15e arrondissement[11], peu avant la Seconde Guerre mondiale. Son premier roman, Murphy, fit l'objet de trente-six refus avant d'être finalement publié par Bordas en 1947[12].

Le 7 janvier 1938, Beckett est poignardé dans la poitrine par un proxénète notoire dont il a refusé les sollicitations. Gravement blessé, il est transporté d'urgence à l'hôpital Broussais. La publicité entourant l'agression attire l'attention de Suzanne Dechevaux-Dumesnil (en), femme curieuse de théâtre et de littérature qui a rencontré Sam au cours d'une partie de tennis quelques mois auparavant. Il entame une liaison avec celle qui deviendra son épouse[13].

Lors de la déclaration de la guerre, il se trouve en Irlande. Il regagne alors précipitamment la France, préférant « la France en guerre à l'Irlande en paix ». Il participe activement à la résistance contre l'occupation nazie. Il est recruté au sein du réseau Gloria SMH par son ami, le normalien Alfred Péron. Quand le réseau est dénoncé, Samuel Beckett, prévenu par la femme de son ami Péron, échappe de peu à la police allemande. Il se réfugie d'abord dans la capitale chez l'écrivain Nathalie Sarraute, puis de 1942 à avril 1945 à Roussillon, dans le midi de la France[14]. Beckett apprend en 1945 que Péron est mort après la libération du camp de Mauthausen. Le 30 mars 1945, il se voit décerner la Croix de Guerre avec étoile d'or[15]. Selon son biographe James Knowlson, l'œuvre de l'écrivain est profondément marquée par les récits de déportation des camarades de Péron et par la guerre.

Tombe de Samuel Beckett au Cimetière du Montparnasse, à Paris.

Se consacrant entièrement à la littérature depuis les années 1930, il entre dans une période de créativité intense de 1945 à 1950, période qu'un critique a appelé « le siège dans la chambre »[16].

Au début des années 1950, Jérôme Lindon, directeur des Éditions de Minuit, publie la première trilogie beckettienne de romans à clef : Molloy, Malone meurt, L'Innommable[17].

Les années 1960 représentent une période de profonds changements pour Beckett, dans sa vie personnelle comme dans sa vie d'écrivain. En 1961, au cours d'une cérémonie civile discrète en Angleterre, il épouse sa compagne Suzanne Déchevaux-Dumesnil, principalement pour des raisons liées aux lois successorales françaises. Le triomphe que rencontrent ses pièces l'amène à voyager dans le monde entier pour assister à de nombreuses représentations, mais aussi participer dans une large mesure à leur mise en scène. En 1956, la BBC lui propose de diffuser une pièce radiophonique : ce sera All That Fall (« Tous ceux qui tombent »). Il continue à écrire de temps à autre pour la radio, mais aussi pour le cinéma (Film, avec Buster Keaton) et la télévision. Il recommence à écrire en anglais, sans abandonner pour autant le français.

Le prix Nobel de littérature lui est attribué en 1969 : il considère cela comme une « catastrophe »[18] ; en fait, il rejette par là une certaine industrie beckettienne, au sens où cette récompense accroît considérablement l'intérêt de la recherche universitaire pour son œuvre[19]. D'autres écrivains s'intéressent à lui, et un flot constant de romanciers et de dramaturges, de critiques littéraires et de professeurs passent par Paris pour le rencontrer. Son désarroi de recevoir le prix Nobel s'explique aussi par son dégoût des mondanités et des devoirs qui y sont liés ; son éditeur Jérôme Lindon ira tout de même chercher le prix[20]. Cioran, ami et admirateur de Beckett, écrira dans ses Cahiers : « Samuel Beckett. Prix Nobel. Quelle humiliation pour un homme si orgueilleux ! La tristesse d'être compris ! »[21].

Les années 1980 sont marquées par sa seconde trilogie : Compagnie (en), Mal vu mal dit, Cap au pire[22].

Suzanne Beckett, son épouse, décède le 17 juillet 1989. Beckett, atteint d'emphysème et de la maladie de Parkinson, part dans une modeste maison de retraite où il meurt le 22 décembre de la même année. Il est enterré le 26 décembre au cimetière du Montparnasse[23] (12e division[24]), au côté de son épouse.

Domicile[modifier | modifier le code]

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Toute l'œuvre de Beckett est traversée par une appréhension aiguë de la tragédie qu'est la naissance : « Vous êtes sur terre, c'est sans remède ! » dit Hamm, le protagoniste principal de Fin de partie. Cette vie doit tout de même être vécue. Car, ainsi qu'il est écrit à la fin de L'Innommable, « il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer ».

L'œuvre est un témoignage sur la fin d'un monde. Témoin perspicace de son époque, Samuel Beckett a annoncé la fin de l'art (En attendant Godot) et la fin d'une époque marquée par la prééminence, en Europe, de la culture française (Fin de partie), bien avant que ces thèmes ne deviennent à la mode. L'art ne peut plus chercher à embellir le monde comme dans le passé. Une certaine idée de l'art arrive à sa fin. Beckett souligne cette hypocrisie dans Oh les beaux jours. Winnie s'enchante d'un monde qui connaît chaque jour un « enrichissement du savoir », tandis que, dans sa main, son compagnon Willie tient une carte postale pornographique.

On peut grosso modo diviser la vie d'écrivain de Beckett en trois parties : la première, les premières œuvres, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; la deuxième, de 1945 à 1960, au cours de laquelle il écrit ses pièces les plus connues ; et enfin, de 1960 à sa mort, période qui voit la fréquence de ses publications diminuer, et son style devenir de plus en plus minimaliste.

Premières œuvres[modifier | modifier le code]

Elles traduisent notamment l'influence capitale qu'à cette époque James Joyce a sur Beckett. Très érudites, elles relèvent en grande partie d'une volonté d'exhiber des connaissances et un savoir-faire d'auteur déjà indéniable. Cela les rend souvent difficilement accessibles. On peut citer, à titre d'exemple de son style d'alors, les premières lignes de More Pricks than Kicks (1934) :

« It was morning and Belacqua was stuck in the first of the canti in the moon. He was so bogged that he could move neither backward nor forward. Blissful Beatrice was there, Dante also, and she explained the spots on the moon to him. She shewed him in the first place where he was at fault, then she put up her own explanation. She had it from God, therefore he could rely on its being accurate in every particular »

— More Pricks than Kicks, 9

.

Le passage fait abondamment référence à la Divine Comédie de Dante, ce qui déstabilise tout lecteur qui n'en aurait pas une connaissance approfondie. Cependant, on peut déjà y voir l'annonce de certaines caractéristiques futures de l'œuvre de Beckett : l'inaction de Belacqua, l'un des personnages du Purgatoire, récurrent dans toute l'œuvre de Beckett ; son immersion dans ses propres pensées ; l'irrévérence à visée comique de la dernière phrase.

Des éléments semblables sont présents dans le premier roman publié par Beckett, Murphy (1938) : il y explore le thème de la folie et celui des échecs, qui reviendront souvent par la suite. La première phrase du roman révèle le ton pessimiste et l'humour noir qui animent nombre de ses œuvres : « The sun shone, having no alternative, on the nothing new »[26]. Watt, écrit alors que Beckett se cachait à Roussillon, pendant la Seconde guerre mondiale, traite des mêmes thèmes, dans un style moins exubérant.

C'est aussi pendant cette période que Beckett se lance dans la création littéraire en langue française. À la fin des années 1930, il écrit un certain nombre de poèmes courts dans cette langue, ainsi que les Nouvelles et Textes pour rien; l'économie de moyens qui y est visible - surtout si on les compare aux poèmes en anglais qu'il compose à la même époque, dans le recueil Echo's Bones and Other Precipitates (1935) - semble prouver que le passage par une autre langue fut avant tout un procédé lui ayant permis de simplifier son style en le purifiant des automatismes de la langue maternelle ; évolution que vient confirmer quelques années plus tard Watt.

L'œuvre bilingue[modifier | modifier le code]

À partir de 1944 et jusqu'à sa mort, Beckett écrira en fait une œuvre bilingue ; il ne s'agit pas d'un passage définitif au français mais à une coexistence assez équilibrée entre les deux langues, avec toutefois une certaine prédilection pour le français, en particulier jusqu'au milieu des années 1960. Une grande partie des textes sera traduite dans les deux sens par l'auteur lui-même, ou par Édith Fournier, pour la traduction de l'anglais ; la quasi-totalité de l'œuvre existait dans les deux langues avant la mort de l'auteur.

En raison notamment de la découverte du français comme ayant « the right weakening effect », la fin des années 1940 est une période d'intense activité, avant tout narrative (Mercier et Camier, Premier amour, les Nouvelles et Textes pour rien, la TrilogieMolloy, Malone meurt, L'Innommable) ; c'est aussi le moment de l'écriture d'En attendant Godot.

C'est en langue française que Samuel Beckett écrit ses œuvres les plus connues. En quinze ans, trois pièces de théâtre connaissent un grand succès : En attendant Godot (1948-1949), Fin de partie (1955-1957) et Oh les beaux jours (1960). Elles sont souvent considérées comme représentatives du « théâtre de l'absurde », terme rejeté par Beckett - qui ne souhaitait pas être assimilé aux existentialistes[réf. nécessaire] - et sujet à débat. Ces pièces traitent du désespoir et de la volonté d'y survivre, tout en étant confronté à un monde incompréhensible. Incompréhensible aussi l'étrange similitude entre Beckett et Balzac. Et pourtant :

« ...qui dira le mystérieux pouvoir des syllabes qui, à plus de cent ans de distance, fait écrire à Samuel Beckett : En attendant Godot, et à Balzac sa pièce Le Faiseur, où, pendant cinq actes, on ne fait qu'attendre Godeau ? « Godeau ! ...Mais Godeau est un mythe ! ... Une fable ! ... Godeau, c'est un fantôme... Vous avez vu Godeau ? ... Allons voir Godeau ! (Balzac). Le Faiseur. »

— Félicien Marceau : Balzac et son monde[27].

C'est l'œuvre théâtrale qui aura donné la célébrité à l'écrivain : après bien des échecs auprès des éditeurs, c'est Suzanne qui, en 1953, apporte le manuscrit d'En attendant Godot à Roger Blin, qui le met en scène. La première a lieu à Paris la même année. Elle cause un véritable scandale, qu'il faut sans doute regarder comme une des causes inattendues du succès de Beckett.

Ces quatre grandes pièces connues masquent une autre réalité de l'œuvre de Beckett. Au théâtre, elle va plus loin encore, à partir des années 1960, dans de courtes pièces (les Dramaticules, Comédie et actes divers, par exemple) qui tiennent parfois plus de l'installation et de la chorégraphie que du théâtre traditionnel...

Mais il est encore une autre réalité : celle de l'œuvre « narrative », considérable, tout aussi expérimentale et toujours plus minimale au fil du temps : les excès formels, d'érudition ou d'obscurité, presque délirants dans More Pricks than Kicks (« Bande et Sarabande ») ou Murphy, ont progressivement cédé la place à l'aride sobriété du Dépeupleur ou de Compagnie. Il s'agit toujours de textes qui examinent, d'une manière ou d'une autre, leurs propres conditions de possibilité et les mettent en crise, depuis les mécaniques habituelles de la narration, littéralement pulvérisées dans la « Trilogie», à la fin des années 1940, jusqu'à la possibilité même de « proférer », dans le dernier poème écrit en 1988, intitulé Comment dire.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Le premier livre de Samuel Beckett à être publié en français, Murphy a été publié par Bordas en 1947. Ensuite, les œuvres de Samuel Beckett sont publiées aux Éditions de Minuit. Elles sont publiées en anglais chez Faber & Faber (théâtre) ou chez Calder Publishing (en) (romans) et chez Grove Press aux États-Unis.

Œuvres en français[modifier | modifier le code]

(Entre parenthèses après le titre, la date d'écriture, si elle peut être précisée)

Œuvres en anglais[modifier | modifier le code]

  • 1929 : Dante... Bruno. Vico.. Joyce (essai)
  • 1930 : Whoroscope (poème) (traduit par Edith Fournier en 2012 comme Peste soit de l'horoscope et autres poèmes, éditions de Minuit)
  • 1931 : Proust (essai sur Marcel Proust)
  • 1934 : More Pricks than Kicks (recueil de contes, traduit par Edith Fournier en 1994 comme Bande et Sarabande, éditions de Minuit)
    • Dante and the lobster - Dante et le homard (1932)
    • Fingal (1934)
    • Ding-dong (1934)
    • A Wet Night - Rincée nocturne (1934)
    • Love and Lethe - Amour et Léthé (1934)
    • Walking Out - Promenade (1934)
    • What a Misfortune - Quelle calamité (1934)
    • The Smeraldina’s Billet Doux - Le Billet Doux de la Smeraldina (1934)
    • Yellow - Blême (1934)
    • Draff - Résidu (1934)
  • 1935 : Echo's Bones and Other Precipitates (poèmes publiés par Europa Press)
    • The vulture
    • Euneg I
    • Euneg II
    • alba
    • Dortmunder
    • Sanies I
    • Sanies II
    • Serena I
    • Serena II
    • Serena III
    • Malacoda
    • da tagte es
    • echo's bones
  • 1938 : Murphy (roman, depuis traduit en français par Beckett avec Alfred Péron)
  • 1953 : Watt (roman, traduit par Beckett avec Agnès et Ludovic Janvier)
  • 1957 : All That Fall (traduit en français par Beckett avec Robert Pinget comme Tous ceux qui tombent) (captation TV de Michel Mitrani en 1963)
  • 1957 : From an Abandoned Work - D'un ouvrage abandonné
  • 1958 : Krapp's Last Tape (traduit en français par Beckett avec Pierre Leyris comme La Dernière Bande (pièce)
  • 1959 : Embers (depuis traduit par Beckett avec Robert Pinget comme Cendres)
  • 1961 : Happy Days - Oh les beaux jours (pièce)
  • 1962 : Words and Music - Paroles et musique
  • 1963 : Play - Comédie (pièce)
  • 1963 : The Old Tune (pièce depuis La manivelle de Robert Pinget)
  • 1967 : Eh Joe (pièce pour la télévision, écrite en avril-mai 1965)
  • 1967 : Film (scénario du film par Alan Schneider avec Buster Keaton réalisé en 1965)
  • 1969 : Breath - Souffle
  • 1970 : First Love - Premier Amour (nouvelle) (1946), Les Éditions de Minuit, (ISBN 978-2-7073-0141-3)
  • 1973 : Not I - Pas moi (pièce écrite en 1972)
  • 1976 : That Time - Cette fois (pièce écrite entre juin 1974 et août 1975)
  • 1976 : Footfalls - Pas (pièce)
  • 1976 : Ghost Trio - Trio fantôme (traduit en français par Edith Fournier) (pièce pour la télévision, accompagnée du Largo du 5e Trio pour piano (The Ghost) de Beethoven)
  • 1977 : ...but the clouds... (traduit en français par Edith Fournier) (pièce pour la télévision)
  • 1982 : A Piece of Monologue - Solo (pièce, écrite en 1979 pour David Warrilow)
  • 1981 : Ohio Impromptu - Impromptu d’Ohio (pièce)
  • 1981 : Rockaby - Berceuse (pièce écrite entre l'automne 1979 et juin 1980)
  • 1983 : Worstward Ho - Cap au pire, traduction française d'Edith Fournier (1991)
  • 1983 : What Where - Quoi où (pièce)
  • 1984 : Quad (pièce), traduit en français par Edith Fournier, réédité aux Éditions de Minuit en 1992 avec un texte de Gilles Deleuze, « L'Épuisé »
  • 1984 : Nacht und Traüme (pièce, accompagnée des sept dernières mesures du Lied de Schubert Nacht und Traüme, traduction française d'Edith Fournier)
  • 1989 : Stirrings Still - Soubresauts (prose rédigée entre 1983 et 1986)
  • 1992 : Dream of Fair to Middling Women (publication posthume d'un roman inédit rédigé en 1931-1932, repris en partie dans les nouvelles de More Pricks than Kicks)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies, témoignages et lettres[modifier | modifier le code]

  • Three Dialogues with Georges Duthuit (1949)
  • Tom Bishop, Raymond Federman (dir.), Cahier Beckett, Editions de l'Herne, Cahiers de l'Herne, no 31, Paris, 1976, 368 p. ((ISBN 9782851970251))
  • Deirdre Bair, Samuel Beckett. A Biography (1978), trad. Fayard, 1990 (biographie controversée)
  • « Critique », nn. 519-520, août-septembre 1990: Samuel Beckett (1990)
  • Richard Ellmann, Four Dubliners : Wilde, Yeats, Joyce, and Beckett (1987)
  • Ahmad Kamyabi Mask, Dernière rencontre avec Samuel Beckett, Ed. A Kamyabi Mask, 1990, Paris
  • James Knowlson, Damned to Fame. The Life of Samuel Beckett (1996), traduction par Oristelle Bonis, Actes Sud, 1999 (biographie de référence)
  • Mel Gussow, Conversations with and about Beckett (1996)
  • « Magazine littéraire », n. 372, dossier Beckett (1999)
  • Anne Atik, How It Was. A Memoir of Samuel Beckett (2001), trad. Comment c'était, éditions de l'Olivier, 2003 (souvenirs)
  • James Knowlson - Elizabeth Knowlson (eds), Beckett Remembering. Remembering Beckett, Bloomsbury (2006)
  • The Letters of Samuel Beckett, volume 1 (1929-40), Cambridge University Press (2008)
  • The Letters of Samuel Beckett, volume 2 (1941-56), Cambridge University Press (2011)
  • Martin Page, L'apiculture selon Samuel Beckett, éditions de l'Olivier (2013, roman)

Essais, lectures, anthologies[modifier | modifier le code]

  • Ludovic Janvier : Pour Samuel Beckett, Minuit, 1966.
  • Ludovic Janvier : Beckett par lui-même, Seuil, 1969.
  • Jean-Yves Lartichaux : Incohérence et monde théâtral (d'après 4 pièces de Samuel Beckett). Mémoire de maîtrise. Paris III, Institut d'études théâtrales. 1969
  • Brian T. Fitch : Dimensions, structures et textualité dans la trilogie romanesque de Beckett, Lettres modernes Minard, 1977.
  • Michaël La Chance, Beckett. Entre le refus de l’art et le parcours mystique (avec Georges Godin), Montréal et Paris, Hurtubise HMH & Castor Astral, coll. « L’atelier des modernes », 1994, 152 p. (ISBN 2-89428-042-4)
  • Llewellyn Brown : Beckett, les fictions brèves : voir et dire, Caen : Lettres modernes
  • Yann Mével, L'Imaginaire mélancolique de Samuel Beckett, de Murphy à Comment c'est, 2008, Amsterdam / New York : Rodopi, coll. "Faux Titre", 2008 (ISBN 9042024569) ; Minard, 2008 (ISBN 978-2-256-91139-2)
  • Samuel Beckett 1 : “L’Ascèse du sujet”, Llewellyn Brown éd., Caen : Lettres modernes Minard, 2010, 199 pages. (ISBN 978-2-256-91162-0)
  • Samuel Beckett 2 : “Parole, regard et corps”, Llewellyn Brown éd., Caen : Lettres modernes Minard, 2011, 225 pages. (ISBN 978-2-256-91165-1)
  • Samuel Beckett 3 : “Les ‘Dramaticules’'', Llewellyn Brown éd., Caen : Lettres modernes Minard, 2013, 335 pages. (ISBN 978-2-256-91173-6)
  • Bruno Clément, L'Œuvre sans qualités: rhétorique de Samuel Beckett, Seuil, 1994.
  • Alain Badiou, Beckett, l'increvable désir, Hachette, 1995. Réédition 2006.
  • Pascale Casanova, Beckett l'abstracteur : Anatomie d'une révolution littéraire, Le Seuil, 1997.
  • Evelyne Grossman, L'Esthétique de Samuel Beckett, Sedes, 1998.
  • Didier Anzieu, Samuel Beckett, Gallimard, 1999, (ISBN 978-2-07-040776-7)
  • Charles Juliet, Rencontre avec Samuel Beckett, P.O.L., 1999.
  • Ahmad Kamyabi Mask, Qu'attendent Eugène Ionesco et Samuel Beckett? et qu'en pensent: J.-L. Barrault, J. Mauclair, M. Maréchal, P. Vernois, T. Brown, A. Grodzicki, R. Benski, A. Epstein, R. Lamont, R. Schechner ? (Entretiens), Illustrations de Günther et Emeric Davis Ed. A. Kamyabi Mask, 1991, Paris.
  • Ahmad Kamyabi Mask, Dernière rencontre avec Samuel Beckett, Ed. A Kamyabi Mask, 1990, Paris
  • Yves Le Pestipon : Samuel Beckett à Fougax-et-Barrineuf, Clapotements, 2003.
  • Nathalie Léger : Les Vies silencieuses de Samuel Beckett. Allia, 2006.
  • Chiara Montini : La Bataille du soliloque : genèse de la poétique bilingue de Samuel Beckett (1929-1946), Rodopi, 2007.
  • Gérard Piacentini : Samuel Beckett mis à nu par ses auteurs, même. Nizet, 2006.
  • Gérard Durozoi, Samuel Beckett : irremplaçable, Hermann, 2006.
  • Raymond Federman, Le Livre de Sam : Ou des pierres à sucer plein les poches, Al Dante, 2006.
  • Marie Depussé, Beckett corps à corps, Hermann, 2007
  • Mokhtar Sahnoun, Samuel Beckett. Une sémiotique des objets de valeur, École normale supérieure, « Études de littérature, langue et civilisation », vol. VI, 1998, 352 p.
  • (en) Anthony Cronin : Samuel Beckett : The Last Modernist, New York, Da Capo Press, 1997.
  • (en) Christopher Ricks : Beckett's Dying Words, Oxford University Press, 1995.
  • (en) Elizabeth Knowlson & John Haynes : Images of Beckett, Cambridge University Press, 2003.
  • Biljana Tešanović, Cohérence formelle et dynamique dans la trilogie de Samuel Beckett, ANRT, Lille, 2004.
  • Nathalie Rivère de Carles, Philippe Birgy (Eds.), 'Miranda no 4': 'Samuel Beckett : drama as philosophical endgame? / l'épreuve du théâtre dans l'œuvre de Samuel Beckett : fin de partie philosophique ?' Revue pluridisciplinaire du monde anglophone de l'Université de Toulouse 2 Le Mirail, juin 2011[30]
  • Pascale Sardin, Samuel Beckett et la passion maternelle ou l’hystérie à l’œuvre, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, collection « Couleurs anglaises », 2009 (ISBN 978-2-86781-588-1)
  • Pascale Sardin, Samuel Beckett autotraducteur ou l'art de l'empêchement, Arras Artois presses université 2002.
  • Jean Frémon, "Samuel Beckett dans ses petits souliers" L'Echoppe, 2009

Filmographie[modifier | modifier le code]

Chorégraphies[modifier | modifier le code]

  • La chorégraphe Maguy Marin a travaillé sur les œuvres de Beckett pour les retranscrire dans la pièce May B.

Musique[modifier | modifier le code]

Philip Glass a composé de nombreuses œuvres musicales pour le groupe Mabou Mines, pour accompagner des pièces ou des adaptations de la prose de Samuel Beckett, comme The Lost Ones (1975), Cascando (1975), Mercier and Camier (1979), Endgame (1984), et Company (1984). Beckett apprécie The Lost Ones produit par les Mabou Mines, mais désapprouve violemment Endgame lors de sa représentation à l'American Repertory Theatre de Cambridge, Massachusetts, sous la direction de JoAnne Akalaitis, ainsi que le Prélude pour timbales et contrebasse[Quoi ?]. Toutefois, il finit par accepter, de la musique composée pour Company, quatre courtes et intimes pièces pour quatuor à cordes qui sont jouées entre les phases dramatiques. Cette dernière composition était originellement vue par Philip Glass comme une musique de fond. Par la suite, Company fut publié en tant que Quatuor à cordes no 2 de Glass.[réf. nécessaire]

Le compositeur français Pascal Dusapin a écrit, en 1994, un concerto pour trombone intitulé Watt, inspiré du roman de Beckett. En tête de l'ouvrage, une citation du roman fait référence au caractère indicible, innommable des choses du monde, et des états dans lesquels se trouve le narrateur. Le musicologue Harry Halbreich parle, à propos de ce concerto, d'un « voyage autistique destiné à s'achever dans le désespoir complet ». (Harry Halbreich, Pascal Dusapin, Concertos[s], livret du disque du même nom, Naïve, 2010).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette année-là, la date est celle du Vendredi saint
  2. Catalogue en ligne des éditions de l'Herne
  3. "for his writing, which - in new forms for the novel and drama - in the destitution of modern man acquires its elevation" http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1969/
  4. Sa date de naissance est parfois remise en question car son certificat de naissance mentionne le 13 mai.
  5. (en) Conversations with and about Beckett, Grove Press,‎ 2000, p. 70
  6. (en) Roger Little, « Beckett's Mentor, Rudmore-Brown : Sketch for a Portrait », Irish University Review, vol. 14, no 1,‎ 1984, p. 34-41
  7. Tomas Hunkeler, Échos de l'ego dans l'œuvre de Samuel Beckett, Editions L'Harmattan,‎ 1998, p. 28-29
  8. Monique Liart, Psychanalyse et psychosomatique. Le corps et l'écrit, Editions L'Harmattan,‎ 2012, p. 175-176
  9. Jean-Paul Gavard-Perret, Beckett et la poésie : la disparition des images, Editions Le Manuscrit,‎ 2001, p. 34
  10. « André Breton, œuvres complètes, tome 2 », Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1992, note de José Pierre, p. 1347
  11. Samuel Beckett, le clandestin de la rue des Favorites. Résumé d'un article de Gérard Poiron in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – N° 20".
  12. L'Édition est une aventure.Pierre Bordas. Éditions de Fallois.pages186-187
  13. (en) David Burke, Writers in Paris. Literary Lives in the City of Light, ReadHowYouWant,‎ 2010, p. 248
  14. Sa pièce En attendant Godot s'inspire de certains épisodes de cet exode provençal.
  15. Serpilekin Adeline Terlemez, Le théâtre innommable de Samuel Beckett, Editions L'Harmattan,‎ 2012, p. 232
  16. Margherita Leoni, Écrire le sensible. Casanova Stendhal Beckett, Editions L'Harmattan,‎ 2001
  17. SDina Sherzer, Structure de la trilogie de Beckett, Mouton,‎ 1976, 100 p.
  18. Knowlson, James, Damned to Fame: The Life of Samuel Beckett, New York, Grove Press, 1996, p. 505
  19. Knowlson, James, Beckett, Actes Sud, 1999, p. 722-23
  20. Knowlson, James, Beckett, Actes Sud, 1999, p. 723
  21. Cioran, Cahiers 1957-1972, p. 753).
  22. Matthijs Engelberts, Défis du récit scénique: formes et enjeux du mode narratif dans le théâtre de Beckett et de Duras, Librairie Droz,‎ 2001, p. 64
  23. Gérard Durozoi, Samuel Beckett, Editions Hermann,‎ 2006
  24. Cimetière du Montparnasse, Ville de Paris. Sa sépulture est dans la 12e division, au bord de l'avenue Transversale.
  25. Samuel Beckett, Lettres, I, 1929-1940, Gallimard, p. 620.
  26. Murphy, 1
  27. Gallimard, coll.TEL., 1970, éd.revue et augmentée en 1986, p. 9 (ISBN 978-2-07-070697-6)
  28. http://www.random.org/lessness/
  29. http://en.wikipedia.org/wiki/Lessness_%28short_story%29.
  30. http://www.miranda-ejournal.fr/1/miranda/index.xsp

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