Vilnius

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Vilnius
Blason de Vilnius
Héraldique
De haut en bas, de gauche à droite : la vieille ville de Vilnius, la cathédrale, l'église Sainte-Anne, le quartier d'affaires de Šnipiškės, le palais présidentiel.
De haut en bas, de gauche à droite : la vieille ville de Vilnius, la cathédrale, l'église Sainte-Anne, le quartier d'affaires de Šnipiškės, le palais présidentiel.
Administration
Pays Drapeau de la Lituanie Lituanie
Région Dzūkija
Apskritis Apskritis de Vilnius
Municipalité Municipalité de Vilnius-ville
Maire
Mandat
Artūras Zuokas
2011
Indicatif 5
Démographie
Population 554 192 hab. (2011)
Densité 1 382 hab./km2
Géographie
Coordonnées 54° 41′ N 25° 16′ E / 54.683, 25.26754° 41′ Nord 25° 16′ Est / 54.683, 25.267  
Superficie 40 100 ha = 401 km2
Divers
Première mention 1323
Statut Ville depuis 1387
Localisation

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Liens
Site web http://www.vilnius.lt
Sources
Villes de Lituanie

Vilnius (en lituanien : Vilnius Prononciation du titre dans sa version originale Écouter ; allemand, Wilna ; polonais, Wilno ; russe, Вильнюс/Wilnjus, Вильна/Wilna ; biélorusse, Вільня/Wilnja ; yiddish, ווילנע/Wilne), anciennement Vilna, est la capitale de la Lituanie. Avec plus de 500 000 habitants, c'est la ville la plus peuplée du pays. Elle a été fondée par Gediminas.

Vilnius fut, en 2009, l'une des deux capitales européennes de la culture avec Linz (Autriche).

D'un point de vue architectural, le centre historique de Vilnius est particulièrement bien conservé. Il est entièrement classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, notamment le quartier des ambassades avec ses façades typiques des pays du Nord de l'Europe, plutôt colorées et, souvent, largement sculptées. La ville est dominée par une superbe tour en briques aisément visible car située sur une colline surplombant la ville. Près de celle-ci se trouve le cimetière polonais na Rossie, où est enterré le cœur du Maréchal Józef Piłsudski (son corps se trouvant à Cracovie) qui gouverna la Pologne de l'entre-deux-guerres.

Vilnius est entrée depuis plusieurs années dans l'ère du capitalisme. En témoigne cet aspect de « ville chantier » (certes moins poussé que la proche Varsovie que certains surnomment le Hong Kong de l'Europe Centrale) avec plusieurs buildings de verre et d'acier en construction et qui tranchent par leur modernité sur les antiques trolleybus qui desservent toujours la ville. La périphérie de la ville, par contre, ne brille pas par ses qualités architecturales. Elle conserve l'empreinte des tours d'habitation de béton gris de l'époque soviétique et est par conséquent assez mal intégrée au paysage verdoyant des campagnes environnantes. Néanmoins, il existe toujours des maisons traditionnelles entre deux barres. Basses et en bois, elles gardent souvent leur aspect originel par faute de moyens de leur propriétaire.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Vilnius provient du nom de la rivière qui traverse la ville, la Vilnia.

Histoire de Vilnius[modifier | modifier le code]

Début[modifier | modifier le code]

Vilnius vu par le satellite SPOT

Vilnius a été fondée sous le règne de Gediminas, Grand-Prince depuis 1316. D'après la légende, il se reposait au cours d'une chasse sur une colline au confluent des rivières Neris et Vilnia. Là il rêva d'un loup de fer, qui hurlait de façon déchirante comme une centaine de loups. Il décocha sur l'animal un javelot qui rebondit sur son corps d'acier. Inquiet, il demanda à Lizdeika, son grand-prêtre païen, d'interpréter cet épisode. « Ce que les dieux ont décidé pour le souverain et pour l'État lituanien, peut arriver : le loup de fer se trouve sur une colline sur laquelle seront érigées une forteresse et une ville - la capitale de la Lituanie et la résidence des souverains. La forteresse cependant doit être forte comme le fer, alors sa renommée aura le plus large écho à travers le monde (en lituanien « à haute voix » et « renommée » s'expriment par le même mot) ». À cette époque, c'était la superbe Wasserburg, située à l'ouest de Trakai, qui était le siège du souverain.

Telle est la légende. Les archéologues regardent l'histoire de plus près : d'après leurs fouilles, dès le XIe siècle, des hommes s'étaient déjà établis dans cet endroit stratégiquement favorable. Une première mention dans les actes historiques parle de Vilnius comme capitale de la Lituanie en 1323. Cette année-là le Grand-Prince Gediminas a écrit une lettre en latin dans la capitale de l'époque. Il y recrute des marchands, des gens instruits et des prêtres (c'est-à-dire des étrangers hautement qualifiés) in civitate nostra regia Vilna et il les attire également avec deux Églises et la liberté de religion. Cette tolérance vis-à-vis des différentes croyances religieuses devait marquer longtemps le développement de la ville.

Union polono-lituanienne[modifier | modifier le code]

L'église Sainte-Anne vue de côté, avec l'église des Bernardins

À partir de 1377, l'ambitieux grand-duc Jagellon commence à régner en Lituanie. En 1385 il conclut avec la Pologne l'Union de Krewo, le prix à payer étant la christianisation du pays. Il supprime donc le feu éternel sur la colline de Wilno (nom officiel de Vilnius) et détruit les temples païens qui s'y trouvent. Un an plus tard, en 1386, il se fait baptiser et épouse comme convenu la reine Hedwige de Pologne et, sous le nom de Ladislas II, monte sur le trône de ce nouveau et puissant royaume, unissant la Pologne et la Lituanie : la Rzeczpospolita.

En même temps le droit de Magdebourg est introduit à Vilnius. La ville connaît une période de grande prospérité économique au XVe siècle. À la suite de l'union polono-lituanienne (1385-1569), la ville se trouve de plus en plus sous influence polonaise, et la population de la ville devient majoritairement polonaise. D'où les tentatives de Contre-Réforme. Le collège des Jésuites fondé en 1570 dans ce dessein devient en 1579 une université (Alma academia et universitas Vilnensis societatis JESU), avec privilège du roi de Pologne Étienne Bathory et bénédiction du pape Grégoire XII. L'université de Vilnius demeure pendant longtemps la seule université de l'Est de l'Europe centrale. En même temps, le roi de Pologne fait venir des populations juives et Vilnius devient une ville importante pour la culture juive ashkénaze en Europe du Nord. Elle est surnommée la Jérusalem de Lituanie en raison de son importance spirituelle. Sur le plan économique, le XVIe siècle cependant voit s'amorcer un lent déclin. Le XVIIe siècle est marqué par des conflits (de 1655 à 1661, la ville est occupée par des troupes russes) et des épreuves comme les incendies et la peste.

Pendant la Grande Guerre du Nord, la ville est gravement endommagée par les troupes suédoises dans les années 1702 et 1707. Des incendies, dans les années 1737, 1745 et 1747, ralentissent aussi sa reconstruction.

Empire russe[modifier | modifier le code]

De 1795 à 1915 (formellement jusqu'en 1917), la Lituanie (et donc Vilnius, dont le nom officiel en russe est alors Vilna) fait partie de l'Empire russe et devient la capitale provinciale du Gouvernement de Vilna, où siège un gouverneur général. Le cimetière Sainte-Euphrosyne de Vilnius donne un aperçu de la communauté russe-orthodoxe qui vécut ici.

Après la rébellion de la Pologne et de la Lituanie contre la domination russe en 1831, l'université, qui est considérée comme un foyer d'intrigues nationalistes, est fermée l'année suivante par les autorités impériales et le reste jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. Le développement de Vilna (Vilnius) est relativement limité dans le cadre d'une capitale provinciale russe, chef-lieu du Gouvernement de Vilna. Cependant, elle conserve encore une certaine importance régionale, ce qui explique qu'au XIXe siècle encore elle est, avant Minsk, le centre de la vie nationale biélorusse. Les Biélorusses forment en effet la troisième nationalité après les Polonais majoritaires et les Juifs. Les poètes et les écrivains biélorusses les plus importants y publient alors leurs travaux. C'est dans la ville de Vilna également que paraît en 1906 le premier journal en langue biélorusse « Naša Niva ».

En 1896, un homme d'affaires juif, Mattityahu Strashun, lègue ses collections de livres à la communauté juive, créant ainsi la plus grande bibliothèque juive en Europe[1]. Les Juifs constituent à la fin du XIXe siècle la première communauté ethnique de la ville, représentant près de la moitié de la population.

C'est dans les cercles révolutionnaires juifs de Vilnius, animés d'abord par Aaron Samuel Liberman dans les années 1870, puis par Arkadi Kremer, que naquit le mouvement socialiste juif, avec la création du Bund en 1897.

Première Guerre mondiale et Entre-deux-guerres, Wilno polonaise[modifier | modifier le code]

Carte de la Lituanie en 1923.
Synagogue chorale de Vilnius (1903), la seule synagogue subsistante parmi 105
Vestige d'une époque disparue : la rue des Juifs à Vilnius en 2013

La ville est occupée par l'armée allemande de 1915 à décembre 1918, période durant laquelle elle est intégrée à la juridiction de l'Ober Ost, où elle est le siège des autorités d'un des Bezirke. C'est sous l'occupation allemande le 16 février 1918 qu'est signée à Vilna (nom russe de Vilnius) l'acte d'indépendance d'une nouvelle république lituanienne, que le pouvoir bolchevique voisin attire dans son orbite.

L'indépendance de la Lituanie ayant été signée sous l'occupation allemande, la ville connaît de graves troubles lorsque les Allemands l'évacuent le 31 décembre 1918 : du 1er janvier au 5 janvier 1919, elle est aux mains de forces armées polonaises (les Polonais constituent la moitié de la population de la ville). L'Armée rouge, soutenue par une partie des communautés lituanienne et juive, fait alors son entrée dans la ville dans la journée du 5 janvier 1919 et le gouvernement communiste de l'activiste lituanien Vincas Mickevičius-Kapsukas s'installe. Entre le 18 février et le 20 février 1919, la « république socialiste soviétique de Lituanie » se joint à la république socialiste soviétique de Biélorussie. La répression touche alors principalement les Polonais, classes possédantes, intelligentsia et clergé. Le 27 février suivant, les deux républiques soviétiques s'unissent — c'est la Litbel ou république socialiste soviétique lituano-biélorusse — et Vilnius est choisie comme capitale. Cependant à partir d'avril 1919 des émeutes secouent la ville, dont une partie de la population appuie la Pologne en guerre contre la Russie bolchévique. Le 19 avril, les troupes polonaises reprennent Vilnius (en polonais Wilno). La supposée collaboration de la communauté juive avec le bref pouvoir soviétique — en fait, la majorité de la communauté semble avoir adopté une prudente attitude d'attentisme mais il y eut aussi des coups de feu tirés sur les troupes polonaises[2] — devient le prétexte, dans les jours qui suivent, à des exactions à l'encontre de la communauté juive. L'armée polonaise est chassée un an et trois mois plus tard par les bolcheviques, le 20 juillet 1920, appuyés par les Lituaniens et les Biélorusses. La Pologne reconnaît l'appartenance de la ville et de sa région à la Lituanie le 7 octobre 1920, mais, dès le lendemain, prétextant une mutinerie, le général Zeligowski, contre l'avis de Pilsudski, alors commandant en chef des forces polonaises, attaque le nouveau gouvernement bolchevique de Vilnius en pénétrant dans la ville qui tombe le lendemain. Il proclame une république de Lituanie centrale qui recouvre la région de Wilno (Vilnius), tandis que les intellectuels lituaniens quittent la nouvelle capitale pour Kaunas (Kovno), devenue, quant à elle, capitale de la Lituanie pour les dix-neuf années qui suivent.

La Pologne dirige en réalité l'éphémère république de Lituanie centrale, en s'appuyant sur le fait que la majorité de la population urbaine est de souche polonaise. Elle est finalement annexée le 20 février 1922, sur vote favorable de l'Assemblée (la Diète) de Wilno. Wilno retombe alors au rang de ville de province excentrée (nord-est de la Pologne). La minorité lituanienne n'a plus qu'une église en ville dont les sermons se font en langue lituanienne (Saint-Nicolas). Cependant la minorité biélorusse, quant à elle, reste active avec ses écoles, ses lycées et ses activités culturelles.

L'Université Étienne Bathory (Uniwersytet Stefana Batorego) est durant cette période une des grandes universités polonaises.

En ce qui concerne la vie culturelle et scientifique juive ashkénaze de l'Est de l'Europe centrale, Wilno (Vilna en yiddish) conserve toutefois son importance.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En septembre 1939, après l'invasion de la Pologne à l'ouest par les forces allemandes, l'Armée rouge, en application du protocle secret annexé au pacte de non-agression germano-soviétique, occupa l'est de la Pologne qui comprenait des territoires lituanien et biélorusse. Prise le 19 septembre, Wilno/Vilnius fit partie pendant quelques semaines de la République socialiste soviétique de Biélorussie puis, en octobre, fut cédée formellement à la Lituanie.

Cette dernière fut occupée par l'Armée rouge le 15 juin 1940 puis annexée à l'URSS, le 3 août 1940. Vilnius retrouva alors son statut, en devenant capitale de la République socialiste soviétique de Lituanie. Il n'y avait alors que 2 % de Lituaniens, le reste étant dans l'ordre de souche polonaise, puis juive et enfin biélorusse.

En juin 1941, Vilna comptait 200 à 220 000 habitants dont 40 % de Juifs, 30 % de Polonais et 25 % de Lituaniens[3]. Quand, à l'été 1941, les forces armées allemandes entrèrent en Lituanie, la fin de l'histoire juive à Vilnius était proche. L'occupation allemande, commencée le 23 juin 1941, prit fin le 13 juillet 1944. Dans la vieille ville, le ghetto de Vilnius fut séparé en deux. La liquidation du plus petit dura jusqu'en octobre 1941 et vit plusieurs dizaines de milliers de Juifs être fusillés dans la forêt de Poneriai (à environ 10 km à l'ouest de la vieille ville). Le deuxième ghetto exista jusqu'en 1943 et dans son cas aussi différentes « actions » eurent pour conséquence le massacre de la population juive. Les Juifs restants furent déportés dans des camps de concentration pour y être assassinés.

Il existe aussi un petit cimetière des prisonniers soviétiques de Vilnius aux abords de la ville, rappelant la mort dans les environs de Vilnius de 4 500 prisonniers de guerre soviétiques exécutés ou morts en camp, dont une partie d'origine biélorusse et lituanienne.

L'armée allemande fut définitivement chassée de Vilnius par les forces soviétiques du troisième front biélorusse, le 13 juillet 1944. Elles étaient commandées par le général Tcherniakhovski qui disposait de 200 000 hommes.

République socialiste soviétique de Lituanie[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, le pays fut de nouveau annexé par l'URSS. Vilnius redevint capitale de la République socialiste soviétique de Lituanie. La population polonaise fut expulsée et de nombreux survivants de la ville furent déportés en Sibérie au début de la deuxième occupation soviétique. La croissance de sa population reprit seulement à partir des années 1960. Le 11 mars 1990, le Conseil Suprême de la République socialiste de Lituanie déclara son intention de restaurer l’indépendance du pays. À la suite de cette déclaration, le 9 janvier 1991 les autorités soviétiques envoyèrent des troupes armées à Vilnius. Le 13 janvier suivant, ces troupes attaquèrent les bâtiments de la radio et de la télévision publiques, tuant 15 personnes et en faisant des centaines de blessés.

Indépendance et république de Lituanie[modifier | modifier le code]

La Lituanie retrouva son indépendance en août 1991 à la suite de l'effondrement de l'URSS. Depuis lors, en l'espace de dix ans, Vilnius, ville marquée par le style soviétique, est devenue une ville occidentale et cosmopolite. Dans la vieille ville et le centre, un aménagement dans le cadre du projet Gediminas a en effet jeté, aux alentours des années 2000, sur les rives de la Neris, les bases d'un quartier moderne de commerces et de bureaux, grâce auquel Vilnius veut ne plus être un point d'attraction pour les seuls touristes. Jusqu'ici le développement n'a plus ou moins concerné que des terrains en jachère, mais dans un avenir prévisible il se fera au détriment des vieux quartiers de maisons en bois qui jouxtent la ville au nord.[réf. souhaitée]

Vilnius s’est rapidement transformée, et la cité s’est affirmée comme une métropole européenne moderne. Beaucoup de ses anciens bâtiments ont été rénovés alors qu’un quartier d’affaire émerge comme le nouveau centre-ville, destiné à devenir, sur la rive nord de la Néris, le centre administratif et économique de la ville. Ce quartier abrite des zones résidentielles et commerciales modernes, ainsi que le nouvel hôtel de ville et l’Europa Tower, plus haute tour du complexe (123m). La construction du siège de Swedbank est symbolique de l’importance des banques scandinaves à Vilnius. Le complexe “Vilnius Business Harbour” fut construit en 2008, et l’une de ses tours est désormais le cinquième bâtiment le plus haut d’Europe.  

En 2009, Vilnius fut choisie pour devenir capitale européenne de la culture conjointement à Linz, capital de Haute-Autriche. La célébration du Nouvel An 2009, marquant le début des activités culturelles, comprenait des jeux de lumières “visibles depuis l’espace”. En préparation des festivités, le centre historique de la ville fut restauré, et ses monuments principaux rénovés. La crise économique mondiale fit baisser les chiffres du tourisme ce qui empêcha certains des projets d’être menés à bien, et des accusations de corruption et d’incompétence furent portées à l’encontre des organisateurs, alors que l’augmentation des impôts pour les activités culturelles mena à des manifestations et que le climat économique général provoque des émeutes.

Aujourd’hui, la population et l’économie de Vilnius sont en rapide croissance. En 2011, Arturas Zuokas fut élu maire. Vilnius a la deuxième connexion internet la plus rapide du monde, avec une moyenne en download de 36.37MB/s et de 28.51 en upload.

Vilnus dispose d’eaux souterraines, ce qui lui permet d’éviter l’usage intensif de traitement chimique des eaux de surface des lacs ou des rivières, assurant ainsi à ses habitants l’eau du robinet la plus saine d’Europe.

Les 28 et 29 novembre 2013, Vilnius accueillit le sommet du partenariat oriental dans le palais des grands Ducs de Lituanie. Beaucoup de chef d’États et de gouvernements européens, ainsi que des fonctionnaires de haut-rang y participèrent. Le 29 novembre, la Géorgie et la Moldavie signèrent un accord d’association et de libre échange avec l’Union Européenne. L’Ukraine et l’Arménie, qui avaient précédemment pris l’engagement d’un tel accord, décidèrent de reporter leurs signatures, provoquant ainsi le début d’Euromaidan en Ukraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vilnius est située au sud-est de la Lituanie (54°41′N 25°17′E), à la confluence de la Vilnia et de la Néris. Proche de la ville se trouve le centre géographique de l’Europe identifié par l’IGN. Le lieu est figure au Guinness Book of World Records comme centre géographique du continent.  

Vilnius se trouve à 312 km de la Mer Baltique et de Klaïpeda, premier port du pays. La capitale y est reliée par l’autoroute, comme pour toutes les majeures villes du pays : Kaunas (102 km), Šiauliai (214 km) et Panevėžys (135km). La position excentrée de la capitale est imputable aux nombreuses évolutions du tracé des frontières au cours des siècles : Vilnius fut au centre culturel et géographique du Grand-Duché de Lituanie.

La ville s’étend actuellement sur une superficie de 402 km2. Les constructions occupent 29,1% de cette superficie, les espaces verts 68,8%, et les étendues et cours d’eau 2,1%.

Population[modifier | modifier le code]

Composition historique[modifier | modifier le code]

· 1897: : Selon le premier recensement de l’Empire Russe, la population de Vilnius s’élevait à 154500 habitants en 1897. La majorité de la population se composait de Juifs (61847 individus) et de Polonais (47795). D’autres groupes incluaient des Russes, Ukrainiens et Biélorusses (37992 pour les trois ethnies), Lituaniens (3131), Allemands (2170) et Tatars (772).

· 1916: D’après le recensement de l’occupant allemand du 14 décembre 1916, Vilnius comptait 138794 habitants. Ce chiffre regroupait les populations suivantes : 53,67% de Polonais (74 466), 41,45% de Juifs (57 516), 2,09% de Lituaniens (2 909), 1,59% de Russes (2 219), 0,63% d’Allemands (880), 0,44% de Biélorusses (644), et 0,13% d’autres ethnies.

· 1923: 167 545 habitants, dont 100 830 Polonais et 55 437 Juifs.

· 1931: 196 345 habitants. Un recensement du 9 décembre 1931 révèle que les Polonais représentaient jusqu’à 65,9% de la population totale de Vilnius (128 600), les Juifs 28% (54 600), les Russes 3,8% (7400), les Biélorusses 0,9% (1 700), les Lituaniens 0,8% (1576), les Allemands 0,3% (600), les Ukrainiens 0,1% (200), les 0,2% restants regroupant d’autres ethnies. La même année, la Voïvodie de Vilnius comptait 1 272 851 habitants, desquels 511 741 utilisait le Polonais pour communiquer (beaucoup de Biélorusses y vivaient).

· 1959: Le recensement soviétique dénombrait 236 000 Vilnois, don’t 34% (79 400) se déclaraient Lituaniens, 39% (69 400) Russes, 20% (47 200) Polonais, 7% (16 400) Juifs et 6% (14 700) Biélorusses.

· 1989: Le recensement soviétique fait état d’une population de 576 700 habitants, dont 50,5% de Lituaniens (291 500), 20% de Russes, 19% de Polonais et 5% de Biélorusses.

· 2001: L’institut régional de statistiques de Vilnius recense 542 287 habitants, dont 57,8% de Lituaniens, 18,7% de Polonais,14% de Russes, 4% de Biélorusses, 1,3% d’Ukrainiens et 0,5% de Juifs; les autres refusant de répondre ou indiquant d’autres appartenances.

· 2011: Vilnius est peuplée de 128 ethnies différentes, qui en font la ville la plus cosmopolite du pays. 

Évolution numérique[modifier | modifier le code]

1796-1941
Year 1796 1811 1818 1859 1875 1897 1909 1916 1919 1923 1931 1939 1941
Population 17,500 56,300 33,600 58,200 82,700 154,500 205,200 140,800 128,500 167,400 195,100 209,400 270,000
1944-2007
Year 1944 1959 1970 1979 1985 1989 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Population 110,000 236,100 372,100 481,000 544,400 576,700 554,281 550,924 550,213 548,729 546,773 542,525 541,732
2008-2014
Year 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014
Population 541,596 542,969 543,191 536,127 533,279 537,152 539,939

Administration[modifier | modifier le code]

La ville est gouvernée par la Municipalité de Vilnius, qui inclut la ville de Grigiškės, trois villages et quelques zones rurales Un conseil municipal de 51 membres est élu tous les quatre ans. Les candidats se présentent de façon indépendante ou depuis leur partis. Le conseil municipal élit le maire, 4 députés-maires et un greffier lors sa premièreréunion. En avril 2011, les Vilnois élurent Artūras Zuokas, dont la coalition de candidats indépendants gagna 12 sièges au sein du conseil. Žydrūnas Savickas, l’homme le plus fort du monde, Ruta Vanagaite, directrice du projet « Soviet Bunker » et Darius Maskoliūnas, entraineur de l’équipe de basket-ball BC Lietuvas Rytas, sont des membres notoires du conseil municipal.

Les arrondissements (seniunijos)recoupent les principaux quartiers de Vilnius :

Carte des seniūnijos de Vilnius. Les numéros correspondent à la liste ci-contre.
  1. Verkiai
  2. Antakalnis
  3. Pašilaičiai
  4. Fabijoniškės
  5. Pilaitė
  6. Justiniškės
  7. Viršuliškės
  8. Šeškinė
  9. Šnipiškės
  10. Žirmūnai
  11. Karoliniškės
  12. Žvėrynas
  13. Grigiškės
  14. Lazdynai
  15. Vilkpėdė
  16. Naujamiestis
  17. Senamiestis (vieille ville) — inclus Užupis
  18. Naujoji Vilnia
  19. Paneriai
  20. Naujininkai - inclus l'aéroport international de Vilnius
  21. Rasos
Vue panoramique

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Vilnius est humide-continental. Des relevés de températures sont effectués depuis 1777. La température moyenne à l’année est de 6,1°C. En janvier, elle est de -4,9°C et en juillet, 17°C. Les précipitations moyennes s’élèvent à 661 millimètres par an.

Les étés peuvent être chauds, avec des températures supérieures à 30°C la journée. La vie nocturne bat son plein à cette période de l’année, les bars, restaurants et cafés sont très fréquentés durant la journée.

Les hivers peuvent être très froids, les températures dépassant rarement 0°C, et pouvant descendre jusqu’à -20°C ou -30°C. Les rivières et les lacs de la région gèlent en surface. La pèche sur glace devient alors un passe-temps populaire. 

  • Température record la plus froide: -37,2 °C (janvier 1940)
  • Température record la plus chaude: 35,4 °C (jul 1959)
  • Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année: 86
  • Nombre moyen de jours de pluie dans l'année: 162
  • Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année: 23
  • Nombre moyen de jours avec tempête de neige dans l'année: 16
Relevé météorologique de Vilnius
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −7,2 −6,8 −3 1,1 6,7 8,9 10,4 11,4 6,5 2,6 −1,9 −4,4 2
Température moyenne (°C) −5 −4,3 −0,3 5,7 12,6 15,3 16,7 16,3 11,3 6,1 0,9 −2,5 6,1
Température maximale moyenne (°C) −2 −0,7 4,2 10,2 17,5 19,2 20,3 21,2 15,3 9,2 3,1 0,5 9,8
Précipitations (mm) 41 30 38 49 44 76 92 66 69 55 49 55 664
Source : Le climat à Vilnius (en °C et mm, moyennes mensuelles) Pogoda.ru.net


Culture[modifier | modifier le code]

Vilnius est une ville cosmopolite à l’architecture très variée. La ville compte 65 églises. Comme la plupart des villes médiévales, elle est construite autour de son hôtel de ville. L’artère principale, Pilies g, le relie au Palais Royal. Les autres rues serpentent entre les palais des ducs féodaux, les grandes propriétés, les églises, les boutiques et les ateliers. Le plan radial de la ville médiévale est parcouru de rues étroites et de cours intérieures. Le centre historique de Vilnius est l’un des plus vastes d’Europe, avec une superficie de 3,6 km2. Les édifices historiques les plus remarquables y sont concentrés. Les bâtiments de la vieille-ville (ils sont près de 1500) furent construits au cours des siècles, formant ainsi un mélange de nombreux styles architecturaux. Bien que Vilnius soit connue pour être une ville baroque, on y trouve de magnifiques pièces gothiques (comme l’église Sainte-Anne) et renaissances, entre autres. Ce caractère unique permit à Vilnius d’inscrire sa vieille-ville au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1994. En 1995, l’installation dans le quartier de Naujamiestis le premier bronze de Franck Zappa, avec la permission du gouvernement. Cette sculpture symbolise la liberté d’expression et de création nouvellement retrouvée, et marque le début d’une nouvelle ère pour la société lituanienne.

Le château de Vilnius, vaste complexe défensive, culturel et religieux qui inclue la Tour Gediminas, la place de la cathédrale, le palais des Grands Ducs de Lituanie et les ruines de plusieurs forts, fait partie du Musée National de Lituanie. La plus large collection d’art du pays se trouve au Musée d’Art de Lituanie. La maison des signataires, où la déclaration d’indépendance de la Lituanie fut signée en 1918, est un important marqueur historique. Le musée des victimes du génocide est  dédié aux victimes de l’ère soviétique. De l’autre côté de la Néris, à la galerie nationale d’art, se tient une exposition permanente sur l’art lituanien du XXe siècle, ainsi que plusieurs expositions d’art moderne.

La librairie nationale Martynas Mazydas, nommée après l’auteur du premier livre imprimée en langue lituanienne, regroupe 6 912 266 ouvrages. La plus grande foire au livre des pays baltes se tient à Vilnius, au Litexpo, plus grand centre d’exposition de la région.

Le 10 novembre 2007, le Centre d’Arts Visuels Jonas Mekas fut inauguré par le réalisateur d’Avant-garde Jonas Mekas. Sa première exposition fut intitulée The Avant-Garde : From Futurism to Fluxus. Un projet de construction du Musée Guggenheim-Hermitage, dessiné par Zaha Hadid, est à l’étude. Ce musée abriterait des expositions présentant des œuvres du musée Hermitage de Saint-Petersbourg et du Guggenheim, ainsi que des œuvres cinématographiques avant-gardistes, une bibliothèque, un musée de la culture juive de Lituanie, et des collections de travaux de Jonas Mekas et Jurgis Maciunas.

Le quartier d’Užupis, près de la vieille ville et fut l’un des quartiers les plus délaissés de l’ère soviétique, abrite un mouvement d’artistes bohèmes qui possèdent de nombreuses galeries d’arts et ateliers. Uzupis s’est déclarée république indépendante le 1er avril 1997. Sur sa place centrale, la statue d’un ange jouant de la trompette symbolise la liberté artistique. Le quartier abrite aussi la maison du maire de Vilnius, Arturas Zuokas.

Religion[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Autrefois connue comme Yerushalayim De Lita (la Jérusalem de Lituanie), Vilnius fut, à partir du XVIIIe siècle, un centre mondial d’étude de la Torah, et accueillait une importante population juive (près de 40% de la population de la ville en 1897). Le Rabbin Eliyahu Kremer, fameux érudit du judaïsme et de la kabbale, plus connu comme le Gaon de Vilna, était installé à Vilnius. Ces étudiants eurent une influence importante sur les Juifs orthodoxes d’Israël et du monde entier. La communauté juive de la ville fut détruite par l’Holocauste, et une stèle dédiée aux victimes du génocide nazi se trouve au centre de l’ancien Ghetto de Vilnius (Mesiniu g.). Le musée Juif Gaon de Vilna est consacré à l’histoire de Juifs de Lituanie.

Les Karaïtes forment une secte juive immigrée en Lituanie depuis la Crimée au XIVe siècle pour servir d’unité militaire d’élite. Bien que leur nombre soit très restreint, les Karaïtes gagnent en importance depuis l’indépendance du pays, et ont restauré leur Kenesa.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Vilnius est le siège de l’archidiocèse Catholique de Vilnius ; les principaux établissements religieux et la cathédrale y sont situés. La ville compte nombre d’autres églises catholiques actives, ainsi que de petits monastères et des écoles religieuses. Leur architecture peut être gothique, renaissance, baroque, ou néoclassique, styles dont de flamboyants exemples se trouvent au centre historique de la ville.

En plus du rite catholique romain, le catholicisme de rite oriental a maintenu sa présence à Vilnius depuis l’Union de Brest. La porte Basilienne, baroque, s’y rattache.

Depuis le XII ou XIIIe siècle, Vilnius accueille une présence orthodoxe. Un important monastère russe orthodoxe, nommé après l’Esprit-Saint, se trouve près de la Porte de l’Aurore.

L’Église orthodoxe Saint Paraskevi, situé dans la vieille-ville, fut le site du baptême d’Hannibal, arrière-grand père d'Alexandre Pouchkine, par le Tsar Pierre le Grand en 1705. Beaucoup de vieux-ritualistes, après avoir quitté l’Église Orthodoxe Russe, se sont installés en Lituanie. L’Église Saint-Michel et Saint-Constantin fut construite en 1913 et, aujourd’hui, leur Conseil suprême est basé à Vilnius.

Des Protestants et nombre d’autres groupes chrétiens sont présent dans la ville, notamment des évangélistes luthériens et des baptistes.

Paganisme[modifier | modifier le code]

La religion pré-chrétienne de Lituanie, centrée autour des forces de la nature personnifiées par des divinités telles que Perkūnas (le Dieu du tonnerre), connaissent un regain d’intérêt. Romuva, l’église païenne de Lituanie, s’est établi à Vilnius en 1991. 

Économie[modifier | modifier le code]

Vilnius est le cœur économique de la Lituanie et le plus large centre financier des Etats baltes. N’abritant que 15 % de la population du pays, la ville produit pourtant 40 % de son PIB. Le PIB nominal par tête y est de 24 456 $, et de 35 175 $ PPP, ce qui fait de Vilnius la ville la plus riche d’Europe de l’Est.

La ville contribua au budget national à hauteur de 10 015 milliards Lt en 2008, soit environ 37 % de la contribution nationale.

Vilnius devient un centre manufacturier pour les technologies photovoltaïques et renouvelables (Arginte, Pricizika, Baltic Solar), lasers high-tech (Ekspla, Eksma), les biotechnologies (Fermentas, ThermoFischer, Sico Biotech), qui trouvent des débouchés sur le marché mondial. En 2009, Barkleys Technology y ouvrit l’un de ses quatre centre stratégique du monde.

De plus, Vilnius concentre la plupart des infrastructures éducatives, universitaires sociales du pays, attirant les 2/3 des industries créatives lituaniennes. Ces conditions permettent à Vilnius de croître au rythme le plus élevé des villes baltes. 

Curiosités[modifier | modifier le code]

Centre historique de Vilnius *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Vilnius Ostrobramska.jpg
Pays Drapeau de la Lituanie Lituanie
Type Culturel
Critères (ii)(iv)
Numéro
d’identification
541
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1994 (18e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
Vilnius (2011)

Les symboles de la ville sont les ruines du château de Gediminas, datant des XIVe et XVe siècles, sur la colline du même nom, et à leurs pieds la cathédrale catholique de Saint-Stanislas de style classique dont le clocher se dresse un peu à l'écart.

En partant de la colline du château dans les directions ouest et sud, le réseau routier de la vieille ville de Vilnius dessine une structure en éventail. La vieille ville, qui s'étire vers le haut sur les pentes de la rive gauche de la Neris, couvre une superficie de 360 hectares et compte parmi les villes les plus grandes et les mieux conservées d'Europe. Depuis 1994, elle fait partie du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Beaucoup de styles architecturaux y ont laissé leurs traces, surtout le baroque, mais aussi les styles gothique et Renaissance. Remarquables sont l'église Sainte-Anne (Šv. Onos), un bâtiment gothique en briques, avec l'église des Bernardins, elle aussi gothique, et les bâtiments baroques de l'université avec l'église Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Jean-l'Évangéliste (Šv. Jono).

On connaît bien également l'église baroque Saint-Casimir (Šv. Kazimiero), consacrée au saint national, et la Porte de l'Aurore (Aušros vartai), lieu de pèlerinage marial important dans l'histoire de la Pologne et de la Lituanie. L'ancien hôtel de ville enfin a été, comme la cathédrale, bâti en style classique. Une des rares églises anciennes en dehors de la vieille ville est celle fondée par le Grand Hetman de Lituanie Michał Kazimierz Pac, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul (Šv. Petro ir Povilo), chef-d’œuvre du baroque. Cette église, comme également l'icône de la Vierge miraculeuse de la « Porte de l'Aurore », est un lieu de pèlerinage important, surtout pour les catholiques polonais. Sur les 105 synagogues que l'on trouvait jadis à Vilnius, une seule, la synagogue chorale, subsiste. Intéressant également est, au-dessus de la vieille ville, le cimetière Rasų, où sont enterrées bon nombre de personnalités lituaniennes et polonaises (Józef Piłsudski), ainsi que le marché central de la rive nord de la Neris.

Évoquant le romantisme et la petite ville, le quartier Užupis (en français : « derrière le fleuve ») s'étend sur la rive droite de la rivière Vilnele. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, ce coin ignoré et à l'abandon est devenu un quartier des artistes (près de l'Académie des Beaux-Arts « Dailės akademija »), et c'est désormais une adresse élégante. Vilnius est dans son ensemble une ville qui possède un certain aspect de métropole mais avec beaucoup de verdure qui va jusqu'au centre.

Vilnius est la seule capitale des trois états baltes d'avoir une devise officielle : Unitas, Justitia, Spes (latin : « Unité, Justice, Espérance »).

Parcs, places et espaces verts[modifier | modifier le code]

Près de la moitié de la ville est couverte d’espaces verts; parcs, jardins publics ou réserves naturelles. De plus, Vilnius abrite de nombreux lac, où habitants et les touristes se baignent et pique-niquent pendant l’été. 30 lacs et 16 rivières couvrent 2,1% de la superficie de la ville, dont certains bordés de plage de sable.

Parcs[modifier | modifier le code]

Vingiu Parkas, le plus grand parc de la ville, fut un point de rassemblement majeur pour l’indépendance de la Lituanie dans les années 1980. Des concerts, des festivals et des expositions se tiennent au jardin Bernaidinai, près de la tour Gediminas.

Le 20 octobre 2013, le jardin Benardinai, anciennement Sereiskes parkas, rouvrit après rénovation. Le style fin-XIXème de l’artiste Vladislovas Strauss fut réhabilité, avec son square central, ses quatre fontaines et son alpinarium. De plus, le parc dispose d’une fontaine musicale, d’un carrousel, d’aires de jeux pour enfants et de 400 bancs. Des expositions botaniques et monastiques y sont proposées et le parc déploie une richesse botanique impressionnante : 300 rhododendrons, 900 lys, 300 forsythias, 100 rosiers de chiens, 620 ifs, 1400 buis et 160 pins des montagnes[4].

Le marathon annuel de la ville emprunte certaines des voies piétonnes et longe les rives de la Néris. Le parc bordant la Pont Blanc attirent beaucoup de monde une fois les beaux jours arrivés, et des événements musicaux ainsi que des projections sur grand écran (comme pour la Coupe du monde de football de 2014) s’y tiennent.

Places et squares[modifier | modifier le code]

La place de la Cathédrale, dans la vieille ville, est entourée des sites historiques les plus importants de Vilnius. Le Square Lukiskes est le plus grand et ceint de nombreux édifices gouvernementaux : le ministère des affaires étrangères, le ministère des finances, l’ambassade de Pologne, et l’ancien centre de détention du KGB, devenu le musée des victimes du génocide, où des nombreux opposants au régime soviétique furent torturés et assassinés. Une imposante statue de Lénine y trônait en son centre mais fut enlevée dès 1991.

La place de l’Hôtel de Ville accueille depuis longtemps les foires, les marchés, les célébrations et les événements de la ville, dont la foire Kaziukas. C’est là que se trouve le sapin de Noël de la ville pendant l’hiver. Les cérémonies d’Etat se déroulent souvent au Square Daukantas, qui fait face au Palais Présidentiel.

Le cimetière Rasos, consacré en 1801, accueille la tombe de Jonas Basanavčius ainsi que celles d’autres signataires de l’acte d’indépendance de 1918, mais aussi le cœur de général Polonais Pilsudski.

Deux des trois cimetières juifs de Vilnius furent détruits à l’époque soviétique, et les restes du Gaon de Vilna furent déplacés dans le dernier. Un monument trône désormais où se trouvaient le cimetière juif d’Uzupis.  

Le cimetière Bernardine accueillit près de 18 000 tombes avant d’être fermés en 1970; il est aujourd’hui restauré. La cimetière Antakalnis, érigé en 1809, contient plusieurs mémoriaux en l’honneur de soldats polonais lituaniens, allemands et russes, de même que les dépouilles des victimes des événements de janvier.

Environs de Vilnius[modifier | modifier le code]

Une curiosité récente est la tour de télévision, de 326 m de haut avec une plate-forme panoramique haute de 190 m.

À environ 30 km à l'ouest de Vilnius, Trakai, la capitale médiévale de la Lituanie, avec sa Wasserburg reconstruite.

Au nord de Vilnius, dans le village de Purnuškės, se trouve le parc de l'Europe. C'est là que se trouverait le centre géographique de l'Europe (en lituanien Europos centras). Ce calcul, effectué par des scientifiques français en 1989, est au reste contesté car il faut tenir compte des îles. D'autres géodésistes placent ce point central en Ukraine, près de la frontière avec la Slovaquie ; en fait il n'existe pas de méthodologie incontestable pour déterminer un tel point.

Les universités et les établissements d'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Université de Vilnius[modifier | modifier le code]

L'Université de Vilnius (Vilniaus universitetas, VU), fondée en 1579, est l'une des plus anciennes universités d'Europe de l'Est et des pays baltes (postérieure de 2 siècles à celle de Cracovie ; la plus ancienne université en Europe centrale est quant à elle l'université Charles de Prague). Avec 23 000 étudiants, c'est aussi la plus grande de la ville. L’Université est reconnue pour son niveau d’enseignement élevé, et prend part à des projets avec l’Unesco et l’Otan, entre autres. L’université dispense plusieurs diplômes en anglais et des programmes délivrés en coopération avec d’autres universités européennes. L’université est divisée en 14 facultés, 5 instituts et 4 centres d’études et de recherches.

Université européenne des sciences humaines[modifier | modifier le code]

En juin 2005, l'Université européenne des sciences humaines de Biélorussie (qui avait été fermée en 2004 pour des raisons politiques) s'est réfugiée à Vilnius où elle se considère comme provisoirement en exil. C'est une université privée qui propose des études sur l'Europe, les langues et les sciences politiques.

Autres établissements[modifier | modifier le code]

Les autres établissements majeurs de la ville sont l’Université Mykolas Romenis (19 000 étudiants), l’Université technique Gediminas (13 500 étudiants), et l’Université pédagogique de Vilnius (12 500 étudiants). Les établissements d’études supérieures spécialisés comprennent l’Académie militaire de Lituanie Général JonasZemaitis et l’Académie lituanienne de musique et de théâtre. L’académie des Beaux-arts de Vilnius est associée à un musée possédant près de 12 000 œuvres.  

L’École d’Art nationale M. K. Ciurlionis, l’Université de sciences humaines européennes, l’Académie de droit d’affaire, l’école de commerce international, et l’université de d’économie et de gestion offrent propose des diplômes supérieurs dans divers domaines. 

Musées[modifier | modifier le code]

En juin 2008, le gouvernement lituanien a officiellement approuvé le projet de création d'un musée à Vilnius en collaboration avec la Fondation Solomon R. Guggenheim et le Musée de l'Ermitage. Le bâtiment sera construit sur les plans de l'architecte Zaha Hadid. Son ouverture est programmée pour 2013[5].

Théâtres[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs théâtres à Vilnius, dont le Théâtre national d'art dramatique de Lituanie, le Théâtre polonais de Vilnius et le Théâtre dramatique russe de Lituanie.

Transport[modifier | modifier le code]

Gare de Vilnius

Vilnius dispose d’un réseau de transport urbain très complet et efficace, si bien que 70 % des travailleurs de la ville se rendent à leur lieu de travail en bus, trolleybus, vélo ou à pied, l’une des statistiques les plus fortes d’Europe dans ce domaine[6].

Vilniaus Viesasis Transportas est chargé du réseau de bus et de trolleybus. Il y a plus de 60 lignes de bus et 22 lignes de trolleybus, ce qui en fait le réseau le plus important d’Europe. Chaque jour, 500 000 travailleurs voyagent dans 250 bus et 260 trolleybus. Les étudiants, les retraités et les handicapés ont de réductions de 80 % sur leurs tickets et abonnements. Les premières lignes de bus furent introduites en 1926, les premières lignes de trolleybus en 1956.

Fin 2007, un nouveau système de ticket électronique fut introduit. Une fois achetée, cette carte peut être créditée, y compris depuis internet. Les tickets papiers ont disparu en 2008. En août 2012, ces cartes électroniques furent remplacées par la carte officielle de Vilnius : Vilniečio Kortelė. En 2014, l’application m.Ticket Vilnius permet aux usagers de régler et valider leurs titres de transports depuis leur tablettes ou leur smartphones, mais aussi de consulter les horaires, les itinéraires, et noter la qualité de chaque voyage.  

Le système de transport urbain est fourni par Volvo et Mercedes Benz pour les bus, et Solaris pour les trolleybus. Beaucoup de véhicules Skoda, importés de Tchécoslovaquie sous l’ère soviétique sont encore en service, et beaucoup ont vu leur intérieur entièrement rénové.

Le réseau public est complété par des compagnies privées, dont les tarifs et les itinéraires sont similaires. De plus, il existe environ 400 taxis-partagés, plus rapides mais plus chers que les bus. Un tram électrique (Vilnius Team Project) fut proposé dans les années 2000, et les travaux préliminaires de recherché de financement et de conception commencèrent en 2014.

Vilnius fut la première ville européenne à lancer un système de « rent and share » de vélos électriques. En 2013, celui-ci fut complété par un système plus classique de « rent and share » de vélos. En 2014, de nouvelles stations et de nouvelles bicyclettes furent apportées à l’ensemble[6].

La municipalité a également lancé son propre service de taxi[6].

En 2014, Vilnius fut choisi par la firme américaine IBM pour participer à son concours « Smartier cities challenge » et concourir au titre de leader en smart innovations avec des villes comme Durban, Bruxelles ou Perth. À ce titre, la ville gagna l’équivalent de 500 000 $ de consulting de la part de la firme. En résulta un plan d’action pour améliorer encore l’efficacité du réseau urbain de transport[6]

Sport[modifier | modifier le code]

De nombreuses équipes sont basées à Vilnius. Le plus gros club de basket-ball, premier sport de Lituanie, évoluant en Euroleague et Eurocup, le BC Lietuvas Rytas, et titré plusieurs fois au niveau européen (2006, 2009) en fait notamment partie. Ses matchs à domicile sont disputés au Lietuvas Rytas Arena, dotés de 1700 places, mais les matches importants et de portée régionale ou européenne sont joués à la Siemens Arena, d’une capacité de 11 000 places. Cette arène a notamment accueillie les rencontres majeurs de l'Euro-Basket 2011. Le BC Sakalai est aussi base à Vilnius.

La municipalité a développé le programme Sveikas Miestas pour promouvoir l’activité physique et la notion de « healthy city ». De nombreuses activités gratuites de plein-air, tel que de la marche nordique, du ping-pong, du fitness ou encore du Tai-Chi sont ainsi proposées de façons très régulières aux habitants de la ville[7]. Qui plus est, la ville dispose de nombreuses infrastructures libres d’accès.

Vilnius abrite les fédérations lituaniennes de bandy, badminton, canoë, Baseball, biathlon, football, escrime, cyclisme, tir à l’arc, athlétisme, hockey, basketball, curling, aviron, lutte, patinage de vitesse, gymnastique, équitation, pentathlon, tir, tennis, volley-ball, triathlon, tennis, taekwondo, haltérophilie, ski, rugby, tennis de table, et natation. 

Jumelages[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville de Vilnius

La ville de Vilnius est jumelées avec 14 villes[8] :

Des accords de coopération ont été signés avec 16 autres villes :

Gravure, Vilnius au XVIIe siècle

Personnalités natives de la ville[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Vilnius.

Références dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

·       Vilnius est mentionnée dans le film A la recherche d’Octobre Rouge (1990) comme la ville d’enfance du sous-commandant Marko Ramius, et comme le lieu où son grand-père lui apprit à pêcher. Ramius est incarnée par Sean Connery.

·       Le film Hannibal Rising nous apprend que Vilnius est la ville d’origine d’Hannibal Lecter, qui appartient à son aristocratie. Anthony Hopkins incarne le serial-killer dans les trois premiers volets de la série. Il s'agit de Gaspard Ulliel dans celui-ci.

·       Les mémoires A Partisan From Vilna (2010) détaille la vie et les combats de Rachel Margolis. Seule survivante de sa famille et échappée du ghetto juif de Vilnius, elle est membre du FPO and rejoins les partisans soviétique dans le maquis lituanien.

·       Vilnius est identifiée comme cite-état dans le jeux de stratégie Civilization V.  

Villes nommées d'après Vilnius[modifier | modifier le code]

- La ville rurale de Wilno, Ontario, Canada, tient son nom de la version polonaise de Vilnius dans les années 1860.

- Le village de Vilna dans l'Alberta est nommé d'après Vilnius.

- Le village de Wilna, dans l'Etat de New York, est nommé d'après Vilnius.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Note sur Mattathias Staschun
  2. Cf. Ben-Cion Pinchuk, Shtetl Jews under Soviet rule, qui évoque en introduction ces événements de 1919 avant d'étudier la période 1939-1941.
  3. Didier Chauvet, Le nazisme et les juifs : Caractères, méthodes et étapes de la politique nazie d'exclusion et d'extermination, L'Harmattan,‎ 2011 (ISBN 978-2-296-56130-4), p. 170
  4. http://www.vilnius.lt/index.php?391148097
  5. Le Monde, édition du 15-16 juin 2008
  6. a, b, c et d http://fr.slideshare.net/VilniausSavivaldybe/vilnius-the-capital-of-lithuania
  7. http://www.sveikasmiestas.lt/en/about-us/
  8. Relations Internationales de Vilnius

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • O. Niglio, Restauri in Lituania. Vilnius Capitale della Cultura Europea 2009, in Web Journal on Cultural Patrimony, 1, 2006. Vilnius capitale de la culture européenne, 2009 [PDF]
  • La naissance de Vilna in Lietuva légendes historiques de Lituanie racontées et illustrées par Geneviève Carion-Mahwitz - Fédérop - 1988

Liens externes[modifier | modifier le code]