Le Corbusier

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Le Corbusier
Image illustrative de l'article Le Corbusier
Le Corbusier en 1933
Présentation
Nom de naissance Charles-Édouard Jeanneret-Gris
Autres noms Le Corbusier
Naissance 6 octobre 1887
La Chaux-de-Fonds (Suisse)
Décès 27 août 1965 (à 77 ans)
Roquebrune-Cap-Martin (France)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de la France France à partir de 1930
Mouvement(s) Mouvement moderne, courant puriste, brutaliste, CIAM...
Activité(s) architecture, urbanisme, design, écriture, conférences
dessins, peinture, sculpture, lithographie, émaillage sur tôle...
Diplôme dessinateur (épreuve de la confédération suisse, 1914)
Formation à l'école d'art de la Chaux-de-Fonds (Charles L'Eplattenier)
Influence à l'époque de Henri Sauvage, Eugène Grasset, Tony Garnier
Découverte des architectes du Werkbund
ou de l'industrie Peter Behrens
Auguste Perret, technicien du béton armé...
Ses élèves plus de 200 stagiaires
Œuvre
Agence 35 S ,rue de Sèvres (1923-1965)
Réalisations Cité radieuse de Rezé Villa Savoye, Poissy
Cité radieuse, Marseille
Chapelle Notre-Dame-du-Haut, Ronchamp
Couvent de La Tourette, Éveux-sur-Abresle
Capitole de Chandigarh (Pendjab, Inde)
Cité radieuse, Briey
Firminy-Vert, Firminy
Projets Plan Voisin, Paris
Plan Obus, Alger
Distinctions commandeur de la légion d'honneur
Publications Vers une architecture (1923)
Charte d'Athènes (1943)

Charles-Édouard Jeanneret-Gris, né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, en Suisse, et mort le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin, plus connu sous le pseudonyme de « Le Corbusier », est un architecte, urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres, suisse de naissance et naturalisé français en 1930[1].

C'est l'un des principaux représentants du mouvement moderne avec, entre autres, Ludwig Mies van der Rohe, Walter Gropius, Alvar Aalto et Theo van Doesburg.

Le Corbusier a également œuvré dans l'urbanisme et le design. Il est connu pour être l'inventeur de « l'unité d'habitation », concept sur lequel il a commencé à travailler dans les années 1920[2], expression d'une réflexion théorique sur le logement collectif. « L’unité d’habitation de grandeur conforme » (nom donné par Le Corbusier) ne sera construite qu'au moment de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, en cinq exemplaires tous différents, à Marseille, Briey-en-Forêt, Rezé, Firminy et Berlin. Elle prendra valeur de solution aux problèmes de logements de l'après-guerre. Sa conception envisage dans un même bâtiment tous les équipements collectifs nécessaires à la vie — garderie, laverie, piscine, école, commerces, bibliothèque, lieux de rencontre.

L'usage a tendance à préférer « de Le Corbusier » lorsque l'on se réfère à l'architecte, et « du Corbusier » lorsque l'on se réfère à l'immeuble d'habitation[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Édouard Jeanneret est, par son père, le descendant d'une lignée d'artisans, protestants émigrés du sud-ouest de la France, et par sa mère, de famille d'industriels essentiellement horlogers de Suisse, du nord de la France et de la Belgique. Parmi ces derniers, le patronyme belge « Corbésier »[réf. nécessaire] influencera un des divers noms de plume dès 1920 utilisés dans la rédaction de L'Esprit nouveau, l'unique revue du courant puriste qu'il anime avec Ozenfant. Il semble que ce soit le totem indien du corbeau ou Corbu qui transforme ce nom en Le Corbusier. Ne s'agit-il pas à l'évidence d'un surnom collectif, pour le collectif de l'Esprit nouveau ?

Dans un entretien donné chez lui à Boulogne, deux mois avant sa mort, Le Corbusier se remémorait sa décision de prendre un pseudonyme : « “si l’on doit parler d’architecture, je veux bien le faire, mais je ne veux pas le faire sous le nom de Jeanneret”. J’ai dit “j’prendrai le nom de… d’un grand… d’un ancêtre maternel, Le Corbusier, et je signerai mes articles d’architecture Le Corbusier” »[4].

1900-1916 Formation, premières réalisations et voyages[modifier | modifier le code]

En 1900, Charles-Édouard entame une formation de graveur-ciseleur à l'école d'art de La Chaux-de-Fonds dans le Jura suisse. Il suit les traces de son père, émailleur de cadran et chef d'une petite entreprise spécialisée dans une filière spécifique de l'industrie horlogère jurassienne, en particulier la confection de montres et des boitiers qui les protègent. L'élève-artisan réalise sa première gravure à quinze ans, obtenant une première récompense à l'exposition des arts décoratifs de Turin en 1902. Mais l'évolution catastrophique de sa vue – il ne voit que d'un œil[5] – ne lui permet plus d'envisager la poursuite de cette formation, encore moins d'espérer faire carrière. Charles-Édouard désire devenir artiste peintre. Le professeur de dessin, directeur de l'école, Charles L'Eplattenier, émule de l'Art nouveau, l'accueille dans son cours de dessin d'art, mais, ne percevant pas son talent, le dirige vers l'architecture et la décoration en 1904. Il l'invite avec deux autres élèves à participer à la réalisation d'une maison sous l'égide de l'architecte Chapallaz, en particulier la décoration de sa première villa à l'âge de dix-sept ans.

Dès 1909, au terme d'un voyage de fin d'étude en Italie, en Autriche, avec retour par l'Allemagne du Sud et la France de l'Est, il visite Paris et rencontre Eugène Grasset, architecte spécialiste de la décoration dont le livre a constitué la base de sa formation d'architecte-décorateur (il n'en a pourtant pas le diplôme). Sur les conseils d'Eugène Grasset, il apprend les premiers rudiments du dessin technique concernant l'architecture en béton armé en travaillant quelques mois à Paris comme dessinateur chez les frères Perret, industriel du bâtiment spécialisé dans des constructions techniques en France. Il rencontre le dernier fils de la fratrie qui est l'architecte de la maison par nécessité, Auguste Perret. En 1910, il est chargé, en tant que jeune professeur, par son école d'art d'une mission d'étude sur l'évolution des rapports entre industrie et arts du bâtiments en Allemagne. Au terme des rencontres et des colloques prévus, il gagne Berlin et se fait embaucher quelques mois comme dessinateur dans la grande agence dirigée par Peter Behrens. Il est un simple collègue, parmi d'autres dessinateurs ou architectes novices embauchés, de Ludwig Mies Van Der Rohe et Walter Gropius. Ses gains salariaux lui permettent d'accompagner vers la Roumanie et la Grèce son copain Klipstein qui prépare une thèse sur le peintre Le Gréco.

Le Corbusier, dans une publication posthume intitulée Voyage d'Orient, relate ce lent périple, tantôt à pied, tantôt en voiture, tantôt en train, tantôt en bateau, entamé en mai 1911 par celui qui est encore Charles-Édouard Jeanneret. Voici Prague, Vienne, Budapest, Istanbul, jusqu'à Athènes en Grèce. Voici aussi les fascinants paysages du Danube et des Balkans avant les rivages de la mer Égée. Tout particulièrement il est captivé par les maisons traditionnelles de Roumanie et de Bulgarie, les formes architecturales d'Istanbul, les ruines blanches de l'Acropole, la conception des monastères perchés du nord de la Grèce, en particulier du mont Athos. Le voyage inspire sa première philosophie d'architecte. Il décide de rentrer en revoyant l'Italie qu'il apprécie depuis son premier voyage, Pise, Florence, le monastère d'Ema en Toscane et nombre de villes chargées d'histoire et d'œuvres d'art en Italie. Durant ce voyage, il remplit six carnets de dessins dont il se servira à de nombreuses reprises pour illustrer ses propos et ses publications. Il écrit aussi déjà des textes sur sa pérégrination à destination des journaux de sa ville natale.

De retour à La Chaux-de-Fonds, le jeune professeur s'engage dans la rénovation de son école, elle échoue et il démissionne début 1914. Il s'empresse de passer l'examen fédéral de dessinateur, pour ne pas être sans diplôme officiel. Après quelques missions d'expert décorateur du bâtiment auprès des instances fédérales helvétiques, il décide de s'établir librement comme architecte. Il a déjà construit la villa Jeanneret-Perret (plan de 1912), dite « Maison Blanche », pour ses parents, même si l'industriel Favre-Jacot, effrayé du retard et du dépassement du coût prévu, lui a retiré la réalisation de sa villa au profit de l'architecte Chapallaz.

Avant le début des hostilités en 1914, il visite l'exposition du Werkbund à Cologne. Il en revient avec un projet de cité-jardin pour La Chaux-de-Fonds. Les terribles destructions de Reims au début du conflit mondial stimulent son imagination pour reconstruire la ville, avec le système Dom-Ino.

Malgré un lancement publicitaire intense, l'agence d'architecture Jeanneret vivote et son architecte est contraint d'exercer son œil exercé de décorateur dans de menus services plus lucratifs, par exemple comme employé saisonnier dans le commerce de meubles d'occasion venant de France pendant la Guerre. En 1916, il construit la villa Schwob, dite aussi « villa Turque »[6]. Mais, soucieux de bien construire, il dépasse le prix du devis de construction. De multiples tracas exaspèrent le jeune architecte, les fuites dans la toiture en béton dont il a revêtu un cinéma de La-Chaux-de-Fonds et les impayés de son agence. En 1917, les dirigeants de l'usine Bayard lui confient la réalisation d'une cité-jardin à Saint-Nicolas-d'Aliermont[7],[8], il en dessine les plans, réalise des croquis et construit une maison à titre d'essai[9]. Mais là encore, à la suite de problèmes techniques, le projet s'arrête.

En 1917, le jeune architecte végétant sans véritable clientèle rêve de participer à la reconstruction de la France dont il anticipe la victoire. Il a des projets plein la tête, pour (re)construire en série et à faibles coûts dans un grand pays. Paris est aussi une capitale de l'art et de la culture, il y a étudié avec joie en 1910, mais il n'a pas rencontré les milieux artistes. Dès qu'il le peut, l'apprenti architecte presque trentenaire, artiste dans l'âme, fasciné par les machines et la vitesse, s'engage à transférer son petit cabinet d'architecte à Paris.

1917-1925 : L'aventure artistique du Purisme[modifier | modifier le code]

Dès 1917, il habite rue Jacob à Paris. Il fonde rue d'Astorg un premier atelier d'architecture, inscrit au registre administratif sous le nom de société d'entreprise industrielle et d'étude. Auguste Perret le présente aussitôt à Amédée Ozenfant, qui l'initie à la peinture à l'huile. Ensemble, ils jettent les bases en 1918 du purisme, courant artistique proposant un retour à l'ordre, opposé aux dérives de l'art avant la déflagration mondiale, en particulier stigmatisant le cubisme (lire les propos acides sur le cubisme dans le livre manifeste « Après le cubisme », 1918) ou les excès futuristes. Il expose ses deux premières toiles galerie Thomas avec celles d'Ozenfant. La peinture doit être pure, autant au niveau de la morale que par sa simplicité. L'art a vocation à être rationnel, l'abstraction fruit d'une application ordonnée et rigoureuse appelle un langage normalisé de forme géométrique élémentaire, des constructions proscrivant a priori la figuration humaine, acceptant des couleurs types. L'art doit engendrer un émoi vibrant et réveiller l'esprit avec sobriété. L'exubérance et surtout l'exhibitionnisme sont condamnés.

L'émotion et les sens sont intimement rapprochés par la saisie intellectuelle. C'est ce qui frappe d'emblée ceux qui découvrent l'explication corbuséenne avec la réalisation concrète. Naît ainsi une gamme de sentiments de pensée, qui n'est pas sans correspondance avec l'effet de la musique.

Pourtant l'avant-garde créatrice ne permet pas à Charles-Édouard de vivre décemment. C'est pourquoi il travaille dès qu'il le peut en tant que dessinateur pour l'entreprise de bâtiment des frères Perret. Il multiplie les fonctions précaires de responsables techniques ou d'agent administratif dans l'industrie du bâtiment. Au sortir de la guerre, en 1919, il devient même directeur d'une entreprise de matériaux en banlieue parisienne. Mais celle-ci fait rapidement faillite.

Les deux compères rejoints par un ami poète définissent le sens du nouveau mouvement d'avant-garde qu'ils inventent en détail dans leur revue L'Esprit Nouveau dès 1920. Très vite, pour remplir les colonnes vides de la revue à diffusion confidentielle, le peintre actif et écrivain prolixe Jeanneret s'échine à rédiger de nombreux articles manifestes sur l'homme moderne : « Les œuvres sont rendues lisibles par des formes simples et dépouillées, organisées en constructions ordonnées, génératrices d'harmonie. »

C'est au lancement de cette revue en 1920 qu'il utilise pour la première fois son pseudonyme « Le Corbusier », qui est une adaptation du nom de son ancêtre du côté maternel « Lecorbésier », d'origine albigeoise[10]. Il continue quand même à utiliser son nom pour signer certains de ses articles dans cette même revue de façon à faire diversion sur le nombre théorique de contributeurs.

Ozenfant expose quelques toiles dans le Pavillon de l'Esprit nouveau, éphémère construction de Le Corbusier à l'occasion de l'Exposition internationale des Arts décoratifs (Expositions universelles de Paris) en 1925. Mais déjà, Charles-Edouard Jeanneret accaparé par les créations architecturales ou d'équipement du logis, comme par les violentes polémiques sur l'architecture moderne et l'art décoratif fréquente avec plus de réticence le peintre Ozenfant. Il ne dévoile plus sa peinture au public et Ozenfant juge mal son évolution picturale, cette phase de réaction poétique qui le rapproche des productions d'un Léger et d'un Picasso auxquels il accorde une amitié durable, bientôt suivie d'une attirance vers le saugrenu message surréaliste. Ne prend-il pas les objets trouvés, coquillages, bois, os, fossiles, cailloux, pommes de pins pour composer ses tableaux de collages ? Et ces dessins commencent à rechercher les courbes sensuelles du corps féminin ? La brouille entre les créateurs du purisme s'enfle ainsi irrémédiable après 1925.

1922-1931 Au temps des « villas blanches »[modifier | modifier le code]

En 1922, la venue à Paris de son cousin, le jeune architecte et futur designer Pierre Jeanneret lui permet de trouver un solide associé pour relancer son activité d'architecte, son entreprise rue d'Astorg ayant fait faillite l'année précédente. Les deux cousins suisses installent leur agence commune au premier étage dans un long couloir de 50 mètres, soustrait à la partie supérieure d'un ancien vaste cloître d'un couvent jésuite, c'est l'atelier 35 S rue de Sèvres qui restera l'unique atelier architectural de Le Corbusier sa vie professionnelle durant. Pour faire connaître leur agence, Charles-Édouard publie dans un livre une sélection des textes sur l'architecture parus dans la revue puriste, signée Le Corbusier. Le livre anti-académique, farouchement contre le décor dégradant la forme et les cinq ordres de l'architecture pontifiante, est un succès éditorial qui surpasse l'aura avant-gardiste de la revue puriste.

La décennie 1920-1930 le voit réaliser un ensemble remarquable de projets de villas, d'ateliers ou d'habitations manifestes, construites ou non, où l'on voit se formaliser les éléments du langage architectural corbuséen[11]. On peut citer en une liste non exhaustive :

  • le projet de ville contemporaine de trois millions d'habitants, présenté au salon d'Automne à Paris en 1922,
  • la Villa Ker-Ka-Ré aussi appelée Villa Besnus, à Vaucresson, sa première réalisation française livrée en 1923 à un couple de rentiers retraités.
  • la maison-atelier Ozenfant pour son ami peintre, à Paris, également livré en 1923
  • les six maisons ouvrières réalisées à Lège à l'invitation de l'industriel bordelais Henri Frugès.
  • la Villa Le Lac à Corseaux au bord du lac Léman, commandée par ses parents, construite en 1924. Sa mère y réside seule trente années, après la disparition du père avant la fin des années vingt.
  • la Villa La Roche (1923-1925), pour le collectionneur et banquier Raoul La Roche. Le bâtiment comprend un appartement destiné à la famille de son frère pianiste, Alfred Jeanneret. Elle est l'actuelle Fondation Le Corbusier, à Paris.
  • les ateliers des sculpteurs Lipchitz-Miestchaninoff, livrés en 1925 à Boulogne-Billancourt
  • la réalisation en 1925 du Pavillon de l'Esprit nouveau, à l'occasion de l'Exposition internationale des Arts décoratifs (Expositions universelles de Paris),
  • le projet du Plan Voisin pour Paris en 1925,
  • la Cité Frugès à Pessac est composé de 50 logements dans le quartier moderne de Pessac, commandés en 1924 par le promoteur Henri Frugès et construits en 1926. L'absence de viabilisation du quartier entraîne la faillite du promoteur.
  • la maison du peintre René Guiette à Anvers en 1926,
  • la villa du couple Ternisien, musiciens et artistes, à Boulogne-Billancourt, achevée en 1926.

Cette série culmine avec plusieurs études et(ou) réalisations remarquables entre 1927 et 1929:

  • Deux unités d'habitations dans la cité expérimentale du Weissenhof, conçue en 1926 et construite en 1927 sous l'égide du Deutscher Werkbund, près de Stuttgart. Il publie une plaquette en allemand exposant la base de son travail avec les « cinq points d'une architecture moderne ».
  • la villa du sculpteur Planeix boulevard Masséna à Paris en 1927,
  • le pavillon Nestlé à la foire de Paris en 1927,
  • la participation au concours international pour le siège de la SDN sur les rives du lac à Genève,
  • la Villa Stein, connue aussi sous le nom de « villa les terrasses », livrée vers 1929 à Garches. Cette maison, remaniée à plusieurs reprises, fut dénaturée par une division en appartements,
  • la Villa Church, à Ville-d'Avray, en 1927[12] ensuite détruite.
  • la Villa Savoye, (1928-1931, Poissy) application littérale des « cinq points d'une architecture moderne », la plus remarquable de cette période, et qui aura une influence considérable dans l'histoire de l'architecture.
  • le projet du Mundaneum, centre de culture mondiale à Genève. Non réalisé, il expose déjà le principe du plan du musée à croissance illimitée en 1939, qui influence l'architecture muséale des dernières décennies de sa vie, à Ahmedabad, Chandigarh ou Tokyo.
  • le siège du Centrosoyus (1928-1935), siège de l'union des coopératives de l'URSS, à Moscou. Architectes et ingénieurs soviétiques réalisent la construction.
  • l'appartement Beistegui, construit en surélévation d'un immeuble des Champs-Élysées, à Paris, livré en 1933 et détruit depuis.

Le Corbusier conçoit son métier d'architecte de façon moderne : construire nécessite une mise en œuvre rigoureuse, autant qu'une mise à l'épreuve d'idées architecturales qui, en dehors des volumes et des formes conçues par une pensée nécessairement « mathématique », n'excluent nullement la façon d'habiter (et donc le mobilier et l'agencement des espaces) et le cadre de vie urbain et paysager dans son ensemble. Il mène ainsi une réflexion théorique sur l'urbanisme, avec des projets qui provoquent parfois de violentes polémiques comme le Plan Voisin en 1925, dans lequel il propose de réurbaniser Paris, en détruisant les habitations le long des quais et du centre (sauf les monuments historiques reconnus) pour y construire de vastes immeubles gratte-ciel. L'atelier 35 rue de Sèvres accueille les jeunes architectes de passage dans la capitale ainsi que des étudiants et stagiaires qui se prépare à leur vie professionnelle, les plus familiers sont souvent étrangers, mais les périodes de travail sont courtes, parfois renouvelées. Il y a aussi des jeunes dessinateurs amateurs, voire des jeunes artistes ou des inventeurs-bricoleurs qui parviennent par leur talent technique à s'inclure dans l'activité souvent vespérale de l'atelier anti-académique. Les responsables soucieux de l'ordre et les stagiaires fidèles de l'atelier se voient attribuer des surnoms basée sur leurs acronymes (« LC » pour Le Corbusier) ou le début du (pré)nom usuel (Corbu). À l'instar de jeunes architectes, techniciens ou ingénieurs familiers de l'atelier, l'assistant puis chef d'atelier de la fin des années trente, André Wogenscky (Vog) y rencontre sa future femme. Pour suivre les chantiers, Le Corbusier et Pierre Jeanneret choisissent des collaborateurs maîtres d'œuvre, comme Alfred Roth dans les années trente.

Dès le début des années vingt, Le Corbusier multiplie les contacts avec les fournisseurs de mobilier. En 1925, mis à part ses propres créations, il n'est nullement satisfait du mobilier commercial qu'il peut exposer au Pavillon de l'Esprit Nouveau où il présente des chaises Thonet 209 et des tables et meubles casiers à piètement d'acier[13]. Il entame une recherche sur les matières et les formes de base les plus sobres et/ou économiques en collaboration avec la maison Thonet. Il participe à la réalisation de la cité expérimentale du Weissenhof, conçue en 1926 et construite en 1927 sous l'égide du Deutscher Werkbund, près de Stuttgart, où l'un de ses deux pavillons est intérieurement aménagé de manière minimaliste avec des casiers intégrés[14] dans des pièces desservies par un couloir. En 1927, il fait alors appel à Charlotte Perriand remarquée la même année au Salon d'automne, afin de réaliser en 1928 l'aménagement intérieur et l'ameublement global des villas La Roche et Church[12] (détruite), lequel, exposé sous l'appelation Équipement intérieur d'une habitation au Salon d'Automne de 1929, comprend la fameuse « Chaise longue LC4 »[15], le « Fauteuil à dossier basculant LC 1 », le « Fauteuil Grand Confort » et ses variantes, la « Table LC 10-P » en tube d'acier et verre, la « Table à piétement ovoïde LC 6 », ainsi que des meubles casiers. Le Corbusier fonde à cette occasion avec les autres designers français l'Union des Artistes Modernes (UAM). Alors qu'il apparaît avec son trio avec Charlotte Perriand et Jean Prouvé, très en pointe pour la fabrication industrielle, il faudra attendre 1965 pour qu'un industriel du luxe italien, Cassina, produise en modeste série quelques-unes de leurs œuvres.

Il est parmi les architectes modernes européens qui prennent l'initiative de l'organisation, souhaitée par la mécène genevoise Hélène de Mandrot en 1928, du premier Congrès international d'architecture moderne (CIAM) réuni au château de La Sarraz, pays de Vaud[16]. Ce cofondateur, qui s'enorgueillit d'un succès puisque 21 nationalités sont représentées, participe d'emblée à la bataille du premier congrès. Au troisième congrès en 1930 à Bruxelles, l'axe Zürich-Amsterdam s'impose, laissant dans les marges Le Corbusier, vu et entendu parfois comme un agitateur dogmatique.

1929-1944 Logements collectifs, bâtiments publics et urbanisme[modifier | modifier le code]

À partir de la crise économique de 1929, Le Corbusier va concentrer sa réflexion théorique sur l'organisation de la concentration urbaine. Ces propositions d'urbanisme concernent :

Tous ces projets une fois publiés sont fortement critiqués.

En même temps il mène les réalisations, de la Cité-refuge de l'Armée du salut de 1929 Paris, le Pavillon Suisse de la Cité internationale universitaire de Paris (1930-1932).

En 1930, Charles-Édouard Jeanneret demande et obtient la nationalité française, faisant inscrire sur son passeport la profession d'homme de lettres. Il épouse Yvonne Gallis, ancien mannequin monégasque née le 1er janvier 1892. Le couple aménage en 1933 au dernier étage d'un immeuble d'appartements construit par le cabinet Le Corbusier rue Jacob. Yvonne, sa femme d'origine méditerranéenne, généreuse et joyeusement humaniste, a, de l'avis de nombreux observateurs, beaucoup influencé Charles-Edouard, encore raide et dogmatique sur de nombreux thèmes de société. Ainsi le racisme latent qui a marqué la Belle Époque et le jeune professeur-architecte jurassien, ou la tentation d'ordre totalitaire qui saisit de nombreux artistes au cours des années vingt s'estompent sous cette douce influence.

Sa peinture a admis la figuration et les formes humaines depuis des années, elle inclut désormais des objets à réaction poétique, qui peuvent être des formes glanées par la main concrète ou l'œil. Du point de vue architectural, il accorde une attention dite d'« esthétique brutaliste » à la matière rendue en surface, béton brut de décoffrage, lissé ou moulé, briques nues ou bois non poncés, cailloux ou cailloutis grossiers cimentés…

À partir des études d'urbanisme réalisées pour le CIAM, il propose le projet générique de « ville radieuse », ainsi que celui d'un palais des soviets à Moscou en 1931.

Le CIAM d’Athènes, tenu en 1933 sur le paquebot qui, de Marseille, se rend au Pirée, prend pour thème la ville fonctionnelle. Les quatre fonctions habiter, travailler, se cultiver (entretenir son corps et son esprit), circuler, enthousiasment Le Corbusier, pourtant toujours marginalisé au même titre que l'architecture moderne française. Ses simples notes servent à rédiger l'ouvrage La charte d'Athènes, paru sous l'Occupation. En 1942 pour sa naissance et en 1943 pour son lancement, l'auteur est partie prenante de l'assemblée des constructeurs pour la rénovation architecturale ou ASCORAL. Il s'agit d'une organisation élargie du groupe CIAM-France à des acteurs de nombreuses disciplines d'ingénierie et de recherche scientifique qui vise à établir des normes dans l'industrie de la construction qui puissent répondre avec cohérence à ces principales fonctions.

Après 1934, la crise touche les cabinets d'architecture en France. Mais Le Corbusier est déjà une autorité internationale de l'architecture. Profitant de son audience à l'étranger, son cabinet qui a l'avantage d'accueillir un grand nombre de (jeunes) collaborateurs ou stagiaires non rémunérés continue d'être une ruche bourdonnante. Le conférencier au rayonnement attendu sur l'art architectural moderne multiplie les voyages en Amérique ou en Europe. La fondation Rockfeller l'invite à New York en 1934. En juillet et août 1936, Le Corbusier réside à Rio de Janeiro au Brésil, officiellement pour une tournée (rémunérée) de conférences, officieusement comme super-consultant pour améliorer le projet de construction du ministère de l'Éducation nationale et de la santé publique. L'architecte Lucio Costa, ancien élève des Beaux-Arts de Paris familier de l'atelier rue de Sèvres, est à l'origine de cette invitation déguisée. Avec son adjoint Oscar Niemeyer, ils essaient de tirer le meilleur des propositions dessinées foisonnantes du maître. Les deux architectes brésiliens, avec d'autres collaborateurs, construisent ensuite à leurs façons le ministère de l'Éducation nationale à Rio de Janeiro de 1936 à 1943.

En France, les affaires des cabinets d'architecture sont inexistantes. Le Corbusier travaille à coût réduit et s'adapte à la demande. La maison de vacances pour monsieur Peyron aux Mathes près de Royan est construite par l'entrepreneur du village, elle a des murs porteurs qui supportent une charpente, portant une couverture en fibrociment. Le budget serré n'a pas permis le déplacement de l'architecte, qui s'est contenté d'être le dessinateur et le superviseur des plans précis réalisés à l'atelier. La maison de week-end pour monsieur Félix, à La Celle-Saint-Cloud, est, autre concession, de plain-pied, sans étage. Des voûtes de béton armé surbaissées permettent d'engazonner le toit, tout en réservant des entrées de lumière par des lanterneaux. L'art corbuséen s'investit dans les contrastes de matériaux : béton, maçonnerie de pierre meulière locale, brique de verre, panneaux de bois…

L'atelier participe sans succès au concours pour le musée d'art moderne de Paris en 1935.

Le Corbusier prend sa revanche au cinquième CIAM qu'il organise en 1937 à Paris avec un mécénat français, sur le thème « logis et loisirs ». Un trio directeur, désolidarisant l'ancienne direction, se forme durablement : l'architecte allemand Walter Gropius, le secrétaire général des CIAM, le professeur zurichois Siegfried Giedon et Le Corbusier représentent l'architecture moderne jusqu'au sixième CIAM de Bridgwater (Angleterre) en 1947, qui voit l'irruption d'une nouvelle génération d'architectes turbulente, qui conteste et vilipende l'ancienne. Les congrès vidés de leurs disputes ardentes, malgré la fidélité du vieux Le Corbusier, se maintiennent jusqu'en 1959.

En 1937, invité in extremis à l'exposition internationale de Paris, Le Corbusier élabore le pavillon des Temps Nouveaux qui montre, peut-être avec ironie l'état précaire de l'architecture en France, par sa conception. L'abri-tente, soutenu par des pylônes auxquels s'accrochent haubans et câbles, met exposants et expositions, en particulier celles des CIAM, sous une toile couvrant 1 200 m2. Théoriquement démontable pour être reconstitué dans d'autres villes, selon le vœu corbuséen, le chapiteau n'est pas réutilisé et les composants sont vendus ou dispersés.

En mai 1940, il ferme son atelier de dessin-cabinet d'architecture rue de Sèvres. Pierre Jeanneret part à Grenoble. Le Corbusier et Yvonne se réfugient dans le midi français, le couple réside ensuite dans le petit village pyrénéen d'Ozon. Le Corbusier (re)devient un découvreur rêveur et artiste en collectionnant les objets trouvés ou jetés, en s'adonnant à la peinture murale. Mais la deuxième année d'occupation allemande le fait revenir à Vézelay en Bourgogne occupée, avec son épouse. Muni d'une doctrine des trois établissements humains, il intrigue - aux dires des hommes politiques - dans les ministères de Vichy. Son souhait de hâter la mutation industrielle du secteur du bâtiment reste vain. Il n'obtient que des modélisations de fabrications rapides pour le logement provisoire des sinistrés et des animations techniques de chantier de jeunes. De cette période morne sortent diverses constructions à base de matériaux naturels accessibles, qu'il avait dénommés « les murondins ». Il ne revient à Paris qu'après 1942. Son atelier n'est définitivement rouvert pour ses anciens collaborateurs qu'après la libération de Paris.

1941-1942 Le Corbusier et le régime de Vichy[modifier | modifier le code]

Selon l'Encyclopédie Larousse : « Personnalité provocante : cet homme que les militants d'extrême droite qualifiaient si aisément de bolchevik était membre d'une organisation fasciste ». De même source : « En 1941 Destin de Paris reprenant le « Plan Voisin » est un appel ouvert à l'autorité de Vichy »[17].

Le Corbusier est proche du Faisceau de Georges Valois, en 1926. En janvier 1931 il devient membre du comité de rédaction de la revue Plans fondée par Philippe Lamour, un ancien membre du Faisceau, tout comme Hubert Lagardelle membre du comité de rédaction. En 1933, Le Corbusier collabore à la revue Prélude dirigée par son ami Pierre Winter, ancien membre du Faisceau également. François de Pierrefeu contribue à la revue Plans et à la revue Prélude.

Bien que d'origine suisse, Le Corbusier a côtoyé de près le régime de Vichy, ville dans laquelle il a vécu 17 mois 1/2 de janvier 1941 à juillet 1942. François de Pierrefeu est aux côtés de Le Corbusier à Vichy, période durant laquelle ils signent ensemble le livre La Maison des hommes[18]. Après le départ de Le Corbusier, le 1er juillet 1942, François de Pierrefeu continue de défendre les intérêts de l'architecte auprès du régime de Vichy. Hubert Lagardelle est quant à lui ministre du Travail du régime de Vichy dans le gouvernement Pierre Laval (avril 1942-novembre 1943). En 1944, Pierre Winter est Inspecteur Général du Travail du gouvernement de Vichy.

En 1943, en plein conflit, Le Corbusier avait comme principale préoccupation la publication de la Charte d’Athènes. Il est également soupçonné d'antisémitisme au point qu'en 2010, la banque UBS décide de le retirer de ses publicités[19].

1945-1965 : L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Les destructions de la guerre mondiale, puis la croissance démographique en France appellent avec vigueur une reconstruction. « Reconstruire dans l'urgence », que ce soit pour des sinistrés ou des démunis, nécessite, selon Le Corbusier, une disposition d'esprit différente de « construire » où la quête d'émotions partagées nourrissant l'architecture créatrice s'adapte suivant un rythme propre à une manière d'habiter individuelle ou familiale. La solution économique idéale passe par l'industrialisation du bâtiment et les fabrications standardisées d'équipements en série.

Pour répondre à ce défi, l'ATBAT ou atelier des bâtisseurs se crée rue de Sèvres[20]. Des hommes de l'art reconnus apportent leurs compétences, leurs soutiens ou contributions financières, ou sympathisent avec l'atelier. Parmi eux :

L'architecte planificateur souhaite pourtant développer des cités-jardins verticales (en hauteur) et horizontales, délimiter au mieux les espaces marchands, industriels, administratifs de la ville au bénéfice des transports efficaces et rapides tout en créant espaces verts et centres piétonniers, en respectant les éléments paysagers. C'est dans ce cadre qu'il accepte en 1945 les plans de villes, tel le port de La Rochelle-La Palisse, Saint-Gaudens ou Saint-Dié. Ses plans d'urbanisme n'auront pas de succès[21].

Pourtant, de 1945 à 1952, Le Corbusier voit avec satisfaction se réaliser en France des unités modèles de sa ville moderne :

  • l'unité d'habitation dont la première est inaugurée à Marseille,
  • le bâtiment industriel dont le seul exemplaire corbuséen est l'usine Claude et Duval (1948-51), quai du Torrent ou 1, Avenue de Robache à Saint-Dié,
  • l'église.

Le Corbusier, à la demande du ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, le député communiste François Billoux, élabore les plans et supervise la construction de la Cité radieuse de Marseille, sa première unité d'habitation. Il s'agit d'un immeuble d'habitation sous la forme d'un parallélépipède sur pilotis (en forme de piètements évasés à l'aspect rugueux), qui constitue une innovation importante dans la conception architecturale des résidences d'habitations. Dans cet immeuble, il a tenté d'appliquer ses principes d'architecture pour une nouvelle forme de cité en créant un « village vertical », composé de 360 appartements en duplex distribués par des « rues intérieures ».

Édifié entre 1945 et 1952, situé sur le boulevard Michelet de Marseille, près du Stade Vélodrome, cet immeuble est l'une des cinq unités d'habitation construites par Le Corbusier au cours de sa carrière. Essentiellement composée de logements, elle comprend également à mi-hauteur de ses dix-sept niveaux, des bureaux et divers services commerciaux (épicerie, boulangerie, café, hôtel/restaurant, librairie, etc.). Le toit-terrasse de l'unité, libre d'accès au public, est occupé par des équipements publics : une école maternelle, un gymnase, une piste d'athlétisme, une petite piscine et un auditorium en plein air. Son inauguration officielle sur le toit-terrasse le 14 octobre 1952 en présence du ministre de la Reconstruction, Eugène Claudius-Petit, est un grand moment d'émotion dans la vie de son architecte concepteur. Entre 1953 et 1956, l'État pour récupérer les fonds investis vend l'ensemble des duplex aux particuliers privés et se désintéresse de la vie sociale interne qui l'impliquait paradoxalement dans la conception. Notons que l'unité d'habitation est expressément conçue pour le logement social, autant par son agencement que par l'ameublement.

En 1950, à 63 ans, au départ récalcitrant, il est choisi par l'archevêque de Besançon et se lance dans l'aventure de la reconstruction de la chapelle Notre-Dame-du-Haut, situé au sommet de la colline de Bourlémont, à Ronchamp en Franche-Comté, détruite par les bombardements de septembre 1944. C'était son premier projet d'un bâtiment de culte, bien qu'il ait travaillé en 1929 sur les plans de l'église de Tremblay-lès-Gonesse : « Je n'avais rien fait de religieux, mais quand je me suis trouvé devant ces quatre horizons, je n'ai pu hésiter ». Athée, il disait avoir des ancêtres cathares (desquels il tire son pseudonyme Corbusier pouvant signifier marchand de corbeilles[22] ou encore cordonnier[23]). En mai 1955, il se réjouit de retrouver son premier métier d'apprentissage, il réalise seul en usine le décor de la grande porte de l'église de Ronchamp en y appliquant 18 m2 de peinture sur émail.

Il participe à l'édification de deux autres bâtiments cultuels :

La notoriété mondiale s'attache à sa figure. Dès 1947, il siège au conseil économique et préside différentes délégations françaises d'affaires culturelles vers les pays francophiles, où il est populaire. Ses services envers l'État lui valent d'être nommé commandeur de la Légion d'honneur avant 1950. La modestie du commandeur influença probablement le choix définitif de l'archevêque bisontin qui n'était qu'officier.

Ses obligations officielles, voire ses préparations minutieuses des CIAM, par exemple, le septième congrès de l'été 1949 à Bergame, n'entravent pas les activités de son cabinet d'architecture et leur participation à des chantiers internationaux. Par exemple, le 24 février 1949, il signe à Bogota avec son fidèle ancien élève barcelonais Sert et le New-Yorkais Wiener un contrat de reconstruction de la ville colombienne.

Il va appliquer ses principes urbains et architecturaux à l'échelle d'une ville quand les autorités indiennes, au début des années 1950, lui confient le projet de la ville de Chandigarh, nouvelle capitale du Pendjab située sur un haut plateau dominé par la chaîne himalayenne. Prenant en charge l'urbanisme entier, il dessine en premier lieu les bâtiments du complexe administratif ou capitole pour la ville indienne encore quasiment déserte :

  • le palais de Justice ou de Haute Cour achevé en 1956, inauguré le 19 mars 1956 en présence du président Nehru ;
  • le palais du Capitole ou du Gouverneur jamais construit ;
  • le Secrétariat (maison des ministères) achevé en 1958 ;
  • le palais de l'Assemblée inauguré en 1961.

Avant les grands chantiers, Le Corbusier répond aux sollicitations des classes aisées indiennes en concevant des résidences privées de luxe. Ainsi de 1951 à 1954, il supervise la construction du palais de l'association des filateurs d'Ahmedabad, ainsi que les villas Sarabhaï et Shodan. Des observateurs ont montré que la villa Jaoul, à Neuilly-sur-Seine, a bénéficié en retour de l'approche pragmatique indienne.

Son cousin collaborateur, Pierre Jeanneret, supervise sur place sur le chantier l'avancée des travaux. La sculpture pacifique de la Main ouverte, la Tour des ombres, la Fosse des considérations, sont des réalisations différées de trente années. Chandigarh offre une synthèse entre les théories novatrices de ses débuts et l’utilisation de formes non linéaires, influencées par la tradition locale.

Le cabanon à Roquebrune

Entre 1948 et 1950, Le Corbusier gère un projet de résidences de vacances Roq et Rob sur une colline escarpée dominée par les bastions de Roquebrune à Cap Martin. Il y regroupe des modules d'habitation type maison Monol ou villa du Week-End à La Celle-Saint-Cloud. Mais le projet est abandonné par le promoteur. En 1952, le bâtisseur d'édifices gigantesques, séduit par ce bord de mer, construit « en se foutant des règles du Modulor » avec Fernand Gardien, à Roquebrune-Cap-Martin, un cabanon-baraque de 3,66 m × 3,66 m × 2,26 m à bardage de croûte de pin « sur un bout de rocher battu par les flots ».

Quelque temps auparavant, le 11 avril 1952, une exposition de ses dessins de la période 1918-1928 - période intense et cruciale, affirmait-il - était inaugurée à la galerie parisienne Denise René. Après trente ans d'éclipse, surtout en France, l'artiste discret choisit de revenir sur le devant de la scène. En décembre 1953, une grande exposition de ses œuvres marque le public au Musée national d'art moderne. Elle est aussi présentée à Londres.

Au cours des années cinquante, si florissantes pour les grosses agences d'architecture engagées dans la Reconstruction, Le Corbusier gouverne avec dureté son atelier qui stagne à l'échelle artisanale, selon l'opinion d'Oscar Niemeyer. Le Corbusier, architecte ascétique et rigoureux sans concession, n'affiche que mépris pour les confrères enrichis, étalant un train de vie luxueux par propriété privée et voitures interposées. Les commandes de l'atelier restent faibles, mais le réseau des anciens étudiants-collaborateurs s'affirme efficace. Lucio Costa vient construire avec le maître le pavillon du Brésil à la Cité internationale universitaire de Paris, de 1957 à 1959. José-Luis Sert, doyen de la section d'urbanisme à l'université d'Harvard, impose Le Corbusier pour le centre Carpenter consacré aux arts visuels, projeté en 1959 et terminé en 1965. Les anciens étudiants nippons de l'atelier, Mayekawa et Sahakura, l'invitent à Tokyo construire le musée d'art occidental. Le Corbusier, figure internationale de l'architecture, passe ainsi de nombreuses semaines chaque année dans les avions et les aéroports.

La fin des années cinquante est douloureuse. Il perd les deux femmes qui comptaient le plus dans sa vie, son épouse le 5 octobre 1957 puis sa mère début 1959. Mais Le Corbusier en privé ne s'enferme que pour créer. Il cultive l'amitié, on le voit copain avec André Malraux. Lorsqu'il réside à Paris, il passe en matinée à l'atelier pour accomplir ses obligations avec sa secrétaire et répondre aux sollicitations des collaborateurs et visiteurs. Mais l'après-midi il trouve refuge dans l'activité artistique dans son appartement-terrasse situé rue Nungesser et Coli. Il prend invariablement au minimum un mois de délassement estival dans son cabanon, en compensation de ses nombreux voyages et déplacements lointains.

Ce sportif amaigri par l'âge meurt le 27 août 1965, à l'âge de 77 ans, à la suite d'un malaise cardiaque au cours de sa séance quotidienne de natation en Méditerranée, plage du Buse, située près du cabanon, à Roquebrune-Cap-Martin. Après de grandioses obsèques nationales dans la cour du Louvre, orchestrées par le ministre André Malraux, il est simplement enterré sur un promontoire de Roquebrune avec sa femme. Le sobre monument funéraire en béton à double forme est de sa conception.

Les théories de Le Corbusier[modifier | modifier le code]

« Là où naît l'ordre, naît le bien-être. » Les premiers choix de Le Corbusier en architecture sont ceux qui définissent le purisme : simplicité des formes, organisation, rigueur. Cette vision est mêlée d'utopie, le bonheur étant l'une des clés de ses réflexions sur l'urbanisme. Son « langage » architectural s'applique aussi bien au logement économique qu'à la villa de luxe.

Dès 1926, Le Corbusier définit « UNE architecture moderne » (et non pas « l'architecture moderne ») en cinq points (ce sont les Cinq points de l'architecture moderne) :

  1. les pilotis
  2. le toit-terrasse
  3. le plan libre
  4. la fenêtre-bandeau
  5. la façade libre

En 1933, au Congrès international d'architecture moderne (CIAM) d'Athènes, il affirme : « Les matériaux de l'urbanisme sont le soleil, l'espace, les arbres, l'acier et le ciment armé, dans cet ordre et dans cette hiérarchie. »

Le docteur Pierre Winter lui déclare : « notre rôle et le vôtre, aujourd'hui est de restituer la nature à l'Homme, de l'y intégrer. »

En 1938 et ce jusqu'en 1965, il n'eut de cesse de s'intéresser au projet de La Sainte-Baume, qui lui servit de brainstorming toute sa vie. Le projet utopique d'alors était de réconcilier les Français et les pays autour de la France, et de relever l'âme et l'esprit et la raison des gens pour leur redonner goût et espoir après toutes ces années de guerre.

Déjà en 1938 il écrivait un livre avec comme titre : Des canons, des munitions ? Merci ! Des logis… SVP.

Son amitié avec Édouard Trouin, géomètre de père en fils depuis cinq générations, fut très prolifique.

Le Corbusier a consigné ses théories et ses recherches dans 35 ouvrages écrits entre 1912 et 1966. Ses pairs le considéraient comme un visionnaire, mais un piètre bâtisseur. Le Corbusier s'en défendait : « En architecture, je ne serai jamais l'un de vos concurrents, puisque j'ai renoncé (…) à pratiquer l'architecture de manière générale et que je me suis réservé certains problèmes qui mettent en jeu exclusivement des questions de plastique. »

À l'annonce de la mort de Le Corbusier, Alvar Aalto reconnaissait qu'il n'avait jamais apprécié le prophète dogmatique ou le porte-parole de l'architecture moderne. Une fois la première surprise des présentations, il ne restait qu'un flux verbeux. Mais les réalisations méticuleuses de l'architecte bâtisseur méritaient, selon le maître finlandais, une tout autre considération, par leur variété et leur originalité, leur fonctionnalité et leur adaptation à la contrainte, leur spiritualité généreuse ou leur dénuement géométrique, leur surprenante évolution avec le temps…

Centre Le Corbusier à Zurich

Le Corbusier se révèle l'architecte de la conciliation des contraires. Les dualités art/technique, règle/arbitraire, géométrie/nature, lumière/ombre, continuité/rupture appellent une véritable réponse artistique in loco. On peut aussi inclure l'esprit corbuséen de conciliation aux divers pôles opposés (au sens corbuséen) : nature/architecture, volumes (essences géométriques)/ objets décorum (sculpture ou peinture), vie individuelle/vie collective, compacité du béton/transparence du verre, construire/reconstruire…

La liste du Patrimoine mondial de l'Unesco s'enrichira-t-elle des vingt-et-une œuvres majeures de Le Corbusier ? Le ministère de la Culture et la Fondation Le Corbusier avaient lancé l'idée en 2002. Celle-ci pourrait devenir réalité si la France retient ce dossier en vue de le présenter au Comité "patrimoine mondial" de l'Unesco, comme cela a été fait pour les 14 sites majeurs sélectionnés par le réseau Vauban qui dessinaient, eux, les frontières de l’Hexagone. Le choix avait été opérés parmi les plus belles réalisations de Vauban parmi les 150 encore existantes. Le choix était conforté par l’opportunité du tricentenaire de la mort de ce grand architecte militaire. L’opération serait toute indiquée pour les 130 ans de sa naissance le 6 octobre 2017 ?

Le Corbusier artiste et les artistes[modifier | modifier le code]

En même temps que sa pratique architecturale, Le Corbusier n'a de cesse de nourrir sa réflexion par une pratique régulière des arts plastiques. Son premier « voyage d'Orient » le fait passer par Vienne où il rencontre entre autres Gustav Klimt. On l'a vu, sa collaboration avec Amédée Ozenfant a été féconde (l'esprit nouveau, le purisme, etc.). Il s'est ensuite rapproché de Fernand Léger puis de Pablo Picasso et Georges Braque.

Il ne cesse d'exercer, après 1917 la peinture, et compte de nombreuses expositions à l'étranger, malgré une trentaine d'années de mise entre parenthèses de son activité picturale en France (1923-1953). Dès 1940, il se lance dans la peinture murale.

Le dessinateur instaure des partenariats en ce qui concerne la sculpture après 1947 et les tapisseries à partir de 1948 :

Après 1950, il s'intéresse aux collages. Dans l'atelier de Jean Martin, à partir de 1953, il grave des émaux sur tôle d'acier.

La diffusion de ses lithographies est immense.

Pour expliquer cette production gigantesque de dessins, d'aquarelles et de toiles, il suffit de connaître son emploi du temps. Il avoue qu'après le sommeil réparateur, il se réserve en règle générale la matinée de h à 13 h. C'est le premier temps libre pour la création picturale et le dessin. L'après-midi est réservée aux affaires d'architecture et d'urbanisme. Le soir, il peut se plonger dans l'écriture et les rapports de congrès ou de voyage.

L'âge venant, après la disparition d'Yvonne, à la fin des années cinquante, il supervise le matin le travail à l'atelier et prend son après-midi et sa soirée au calme dans son haut logement 24, rue Nungesser et Coli. Ce lecteur assidu des aventures d'Ulysse, de Panurge ou du chevalier Don Quichotte, pour ne citer que ses héros favoris, grand observateur du toit-terrasse adjacent laissé en friche, préférait souvent peindre ou dessiner jusqu'à la nuit tombante.

Il a beaucoup œuvré pour faire connaître son « autre » cousin Louis Soutter, qui est maintenant reconnu comme un grand artiste suisse et dont il possédait plusieurs centaines de dessins.

L'influence de Le Corbusier[modifier | modifier le code]

Palais Gustavo Capanema, Rio de Janeiro (Brésil).

Le plan libre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Plan libre.

Influencé par son stage effectué en 1909 chez Auguste Perret -célèbre précurseur de l'architecture poteau-poutre en béton armé (ossaturisme)- Le Corbusier est connu pour la technique constructive poteau/dalle dont l'archétype est la villa Savoye et dont l'élaboration théorique est passée par la « maison Dom-Ino ». Les planchers sont supportés par de fins poteaux disposés sur une trame. Ainsi les façades sont libérées de la fonction structurelle. Elles ne sont plus chargées de porter le bâtiment, comme dans la construction en maçonnerie, dite aussi période « pré-moderne ».

L'organisation intérieure poursuit l'idée : les divisions de l'espace ne sont pas soumises aux impératifs de structure du bâtiment. Les ouvertures ainsi que les parties pleines sont implantées librement et organisent la façade.

Cette nouvelle façon de concevoir la construction des bâtiments est riche de conséquences. Si Le Corbusier n'en est pas l'inventeur, il est cependant celui qui a su la formuler en termes lapidaires : « le plan libre », et en développer un vocabulaire architectural réellement nouveau.

Néo-Corbusianisme ?[modifier | modifier le code]

On a pu voir une redécouverte du travail de Le Corbusier à la fin des années 1960, où son vocabulaire est repris tantôt dans le détail formel, tantôt dans ses principes fondateurs. Les « villas blanches » de Richard Meier par exemple[26], quoique construites en bois et acier, reprennent des détails de liaison poteau-poutre aux réalisations de Le Corbusier, comme si elles étaient réalisées en béton. Au-delà de cet aspect anecdotique, ces villas quoique de dimensions « américaines » forment une sorte d'hommage aux villas corbuséennes des années trente.

En France, cette redécouverte se formalisera dans les années 1970-1990, où une génération d'architectes formée principalement par Enrique Ciriani a pu être qualifiée de « néo-corbuséenne »

Réalisations et projets[modifier | modifier le code]

Chronologie de ses réalisations[modifier | modifier le code]

Maison blanche à La Chaux-de-Fonds
Musée national d'art occidental de Tokyo
Bâtiment de l'Assemblée de Chandigarh
Bâtiment de la Haute-Cour de Chandigarh

Typologie de ses réalisations[modifier | modifier le code]

L'habitat collectif

  • Pavillon Suisse de la Cité universitaire de Paris (1930)
  • Immeuble d'habitation, 24 rue Nungesser-et-Coli à la limite entre Boulogne-Billancourt et le 16e arrondissement de Paris. L'immeuble dans le quartier d'Auteuil est achevé en 1933. Le Corbusier et son épouse Yvonne s'installent dans l'appartement supérieur donnant accès au toit-terrasse au huitième étage. Par une large baie vitrée, il contemple le parc des Princes. Ils l'achèteront deux fois 300 000 francs, au cours des années trente et après 1945, victimes d'une falsification de facture après la défection du promoteur.
  • Immeuble Clarté à Genève en Suisse, (premiers dessins en 1928, construction 1930-1932). L'entreprise de construction métallique de l'industriel Edmond Wanner, maîtrisant la soudure de l'acier, assure la construction de cet ensemble locatif de 45 appartements
  • Cité-refuge de l'Armée du Salut à Paris (1930-1934, changement de la verrière imposée en 1935). La princesse de Polignac, généreuse donatrice de 1,8 million de francs en juin 1929, impose l'agence Le Corbusier qui veut en faire une vitrine de l'innovation bâtie. L'accumulation de nouveautés, mal maîtrisée ou émancipatrice des pointilleuses réglementations en vigueur, entraîne surcoûts, rappels à l'ordre et insatisfactions.
  • Cité radieuse à Marseille (1946-1952)
  • Pavillon du Brésil de la Cité universitaire de Paris (1954)
  • Unité d'habitation de Briey (1960)
  • Immeuble Molitor (appartement LC) à Paris

L'habitat standardisé

La maison individuelle

Bâtiments du secrétariat, Chandigarh.

La résidence atelier

L'urbanisme

Les programmes industriels

L'architecture sacrée

Projets non construits[modifier | modifier le code]

Même si ces études et projets n'ont jamais vu le jour, ils ont marqué la réflexion sur l'architecture moderne.

  • 1920 : Projet de la maison Citrohan.
  • 1922 : Projet de l'immeuble-villa
  • 1925 : Plan Voisin : projet d'aménagement urbain pour Paris
  • 1926 : Projet de la maison minimum (maison Ribot)
  • 1927 : Projet pour le concours du Palais de la Société des Nations à Genève
  • 1929 : Projet de maison Loucheur (Loi sur le bâtiment)
  • 1930 : Projets d'urbanisme dit « Plan Obus » pour la ville d'Alger
  • 1931 : Projets pour le concours du Palais des Soviets, études d'urbanisme pour Moscou et Alger.
  • 1932 : Étude d'urbanisme pour Barcelone.
  • 1933 : Projets d'urbanisme pour la rive gauche de la ville d'Anvers. Ce projet comportait aussi la construction d'un Mundaneum (voir Paul Otlet). Études d'urbanisme pour Genève et Stockholm.
  • 1934 : Ferme et village coopératif, (Piacé, projet en collaboration avec Norbert Bézard)
  • 1935 : Projets pour les musées d'art moderne de Paris
  • 1938 : Projet pour le quartier de la marine à Alger
  • 1939 : Étude pour la station de ski de Vars
  • 1940 : Étude pour loger à coût minimal les réfugiés des frontières (qui se transforme ensuite en « maisons Murondins »)
  • 1945 : Projet de Plan de reconstruction et d'aménagement pour la ville de Saint-Gaudens en collaboration avec Marcel Lods, Projet d'urbanisme pour La Rochelle-La Pallice
  • 1945 : Projet de Plan de reconstruction et d'aménagement pour la ville de Saint-Dié
  • 1945 : Projet de Plan de reconstruction et d'aménagement pour la ville de La Rochelle-La Pallice
  • 1947 : Palais des Nations Unies à New York
  • 1948 : Projet d'urbanisme pour la ville d'Izmir, Turquie, projet de basilique sainte Madeleine pour la Sainte-Baume en Provence.
  • 1949 : Projet d'urbanisme pour la ville de Bogota
  • 1950 : Basilique Universelle de la Paix par le Pardon à Plan-d'Aups-Sainte-Baume (travaux et études commencés avec Édouard Trouin, dès le 12 août 1945).
  • 1951 : Projet pour le concours pour le grand ensemble du quartier Rotterdam à Strasbourg
  • 1955 : Ville radieuse à Meaux
  • 1961 : Projet pour le concours du Palais des congrès et hôtel en lieu et place de la Gare d'Orsay à Paris
  • 1962 : Projet de 3500 logements repartis dans 3 unités d’habitation, mais seul 1 unité vue le jour sur les hauteurs de la ville Firminy-Vert, projet d'un centre de calcul pour le groupe de bureautique italien Olivetti
  • 1964 : Projets pour le palais des congrès de Strasbourg et pour l'ambassade de France à Brasilia.
  • 1965 : Projet d'une piscine dans le centre civique de Firminy Vert, finalement réalisé par son disciple André Wogenscky. Ultime projet pour l'hôpital de Venise, à proximité de la lagune.

Collaborateurs les plus connus[modifier | modifier le code]

Le Corbusier a travaillé à l'atelier rue de Sèvres avec plus de 200 collaborateurs directs de 1922 à 1965. Ce sont principalement des étudiants français et suisse avant 1929, qui œuvrent sous son égide rarement au-delà de six mois. Les étudiants étrangers sont beaucoup plus nombreux dès les années trente. N'oublions pas non plus les permanents ou les collaborateurs, employés ou élèves-stagiaires de l'atelier ou à l'étranger, sur des projets définis ou des axes de recherches. Ces derniers parfois, n'ont jamais été auparavant étudiants en art ou architecture. La liste non exhaustive ci-dessous en témoigne :

Edith Aujame, Roger Aujame, Badovici, Balkrishna Vithaldas Doshi (entre 1951 et 1954), Vladimir Bodiansky (surnommé « Bod»), Bossard, Bossu, Candilis, Lucio Costa, Jane Drew, M. Ducret, Écochard, Marc Emery, Maxwell Fry, Guillermo Jullian de la Fuente, Fernand Gardien, Guillermo Gómez Gavazzo (es), Jean Ginsberg, Pierre Jeanneret, André Maisonnier (entre 1950 et 1959), Jean de Maisonseul, Georges Maurrios (surtout après 65), Mayekawa, Jacques Michel, Miquel, Serge Micheloni, Oscar Niemeyer, José Oubrerie, Amédée Ozenfant, Charlotte Perriand, Jean Petit, Jean Prouvé, Sahakura, Rogelio Salmona, German Samper, Rainer Senn, José-Luis Sert, Justino Serralta (es), N.N Sharma, Jerzy Soltan, Édouard Trouin, Guy Rottier, Simonet, Jean-Louis Véret, André Wogenscky (surnommé « Vog »), Woods, Iannis Xenakis (entre 1947 et 1960), etc.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Il figure sur le billet de 10 francs suisses mis en circulation le 8 avril 1997, où il est représenté avec les lunettes aux grands verres ronds, cerclés de noir, qu'il portait habituellement. En 1988, la place Le Corbusier à Paris prend son nom en hommage.

Patrimoine mondial de l'UNESCO[modifier | modifier le code]

De nombreuses réalisations de Le Corbusier sont proposées à l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, conjointement par plusieurs pays, sous le titre de « L’œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier, Allemagne, Argentine, Belgique, France, Japon et Suisse ». Lors de la 33e session du comité de L'UNESCO, celui-ci a retourné le dossier aux États afin qu'ils complètent leur dossier[34],[35].

Controverse[modifier | modifier le code]

« Même si à d'autres moments il qualifie le leader allemand de « monstre » », il écrit à sa mère en octobre 1940 : « S'il est sérieux dans ses déclarations, Hitler peut couronner sa vie par une œuvre grandiose : l'aménagement de l'Europe[36] », et s'installe en 1941 à Vichy pour collaborer avec le régime de Vichy[37].

Jugements[modifier | modifier le code]

  • À propos de Le Corbusier, né la même année que lui, Marcel Duchamp a noté : « L.C. : cas de ménopause masculine précoce sublimisée en coït mental[38]. »

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Oser et vouloir créer »
  • « La maison est une machine à habiter, mais aussi le temple de la famille. »
  • « L'architecture scelle l'alliance de l'homme et de la nature (cosmos) par la géométrie réglée sur les lois de l'univers. »
  • « L'architecture est l'émanation humaine fondamentale, où toute œuvre faite à l'échelle humaine constitue un maillon de la tradition, faite de la chaîne de tous les maillons révolutionnaires successifs du passé. »
  • « La grandeur n'est pas dans la dimension mais dans l'intention »

Publications[modifier | modifier le code]

Sous le nom « Charles-Édouard Jeanneret »[modifier | modifier le code]

  • Articles de journal sur des thèmes divers (voyage, compte-rendu), Feuille d'Avis de La Chaux-de-Fonds, 1911
  • Étude sur le mouvement d'art décoratif en Allemagne, Haefeli et Cie, La Chaux-de-Fonds, 1912 (rapport du voyage de 1911).
  • Après le cubisme, avec Amédée Ozenfant, édition des commentaires, Paris, 1918

Sous le nom « Le Corbusier »[modifier | modifier le code]

  • Vers une architecture, Paris 1923, édition originale : Le Corbusier-Saugnier (signature commune de Charles-Edouard Jeanneret et Amédée Ozenfant), Vers une architecture, Les Editions G. Crès et Cie,‎ 1923, 25 cm, 230 p. (lien notice BnF?)
  • Urbanisme, Paris 1924, édition originale : Le Corbusier, Urbanisme, G. Crès, coll. « L'Esprit nouveau »,‎ 1924, 284 p. (lien notice BnF?)
  • La peinture moderne, avec Amédée Ozenfant, Paris 1925, édition originale : Amédée Ozenfant et Le Corbusier, La peinture moderne, G. Crès, coll. « L'Esprit nouveau »,‎ 1925, 172 p. (lien notice BnF?)
  • L'art décoratif aujourd'hui, Paris 1925, édition originale : Le Corbusier, L'art décoratif aujourd'hui, G. Crès, coll. « L'Esprit nouveau »,‎ 1925, 218 p. (lien notice BnF?)
  • Almanach d'architecture moderne, Paris 1925-1926, édition originale : Le Corbusier, Almanach d'architecture moderne, G. Crès, coll. « L'Esprit nouveau »,‎ 1925, 199 p. (lien notice BnF?)
  • Architecture d'époque machiniste, Paris 1926
  • Requête adressée à la Société des Nations, avec Pierre Jeanneret, Paris 1928, édition originale : Requête adressée par MM. Le Corbusier et P. Jeanneret à M. le Président et à MM. les membres du Conseil de la Société des Nations, Impr. Union,‎ 28 février 1928, 24 cm, 32 p. (lien notice BnF?)
  • Une maison, un palais, Paris 1928, édition originale : Le Corbusier, Une maison, un palais : A la recherche d'une unité architecturale, Les Editions G. Crès et Cie,‎ 1928, in-8, 229 p. (lien notice BnF?)
  • Mundaneum, avec Paul Otlet et Pierre Jeanneret, Paris 1928, édition originale : Paul Otlet, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Mundaneum, Bruxelles : Union des associations internationales,‎ 1928, in-8, 46 p. (lien notice BnF?)
  • Vers le Paris de l'époque machiniste, Le redressement français, 1928.
  • Œuvre complète, 1910-1929, publiée par Willy Boesiger et Oscar Stonorov, édition Girsberger, Zürich 1930, édition originale : (de) Le Corbusier (trad. O. Stonorov et W. Boesiger), Le Corbusier und Pierre Jeanneret : ihr gesamtes Werk von 1910-1929, Zürich : H. Girsberger,‎ 1930, in-8, 46 p. (lien notice BnF?)
  • Précisions sur un état présent de l'architecture et de l'urbanisme, Paris 1930, édition originale : Le Corbusier, Précisions sur un état présent de l'architecture et de l'urbanisme, Les Editions G. Crès et Cie, coll. « L'Esprit nouveau »,‎ 1930, in-8, 268 p. (lien notice BnF?)
  • Clavier de couleur Salubra, Bâle 1931
  • Requête à Monsieur le Président du Conseil de la Société des Nations, avec Pierre Jeanneret, Paris 1931, édition originale : Requête de MM. Le Corbusier et P. Jeanneret à M. le Président du Conseil de la Société des Nations, Impr. Union,‎ 7 février 1931, 24 cm, 36 p. (lien notice BnF?)
  • Croisade ou le crépuscule des académies, Paris 1933, édition originale : Le Corbusier, Croisade ou le Crépuscule des académies, Les Editions G. Crès et Cie, coll. « L'Esprit nouveau »,‎ 1933, in-8, 89 p. (lien notice BnF?)
  • Œuvre complète, 1929-1934, publiée par Willy Boesiger, préface de Sigfried Giedion, édition Girsberger, Zürich. Première édition 1935. Référence de la 3e édition :(en+fr+de) Le Corbusier, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, oeuvre complète, 1929-1934, Erlenbach-Zurich, Éditions d'architecture,‎ 1946, 3e éd., 24 cm x 29 cm, 208 p. (lien notice BnF?)
  • "Esprit grec, esprit romain, esprit gréco-romain", Prélude, n° 2, février 1933
  • "Programme pour la grande industrie'", Prélude, n° 11, mai 1934
  • La ville radieuse, Boulogne, 1935, édition originale : Le Corbusier, La ville radieuse : éléments d'une doctrine d'urbanisme pour l'équipement de la civilisation machiniste, Éditions de l'Architecture d'aujourd'hui, coll. « de l'équipement de la civilisation machiniste »,‎ 1935, in-8 oblong, 344 p. (lien notice BnF?)
  • Aircraft, Londres - New York 1935, édition originale : (en) Le Corbusier, Aircraft, London : the Studio,‎ 1935, 25 cm, 16 p. (lien notice BnF?)
  • Quand les cathédrales étaient blanches. Voyage au pays des timides, Paris 1937, édition originale : Le Corbusier, Quand les cathédrales étaient blanches : Voyage au pays des timides, Plon,‎ 1937, 20 cm, 325 p. (lien notice BnF?)
  • Les tendances de l'architecture rationaliste en rapport avec la peinture et la sculpture, Rome 1937
  • Îlot insalubre no 6, avec Pierre Jeanneret, Paris 1938, édition originale : Le Corbusier et Pierre Jeanneret, Îlot insalubre no 6 : Avant-projet de réalisation présenté par les Architectes associés, Les Architectes associés,‎ 1938, in folio, 131 p. (lien notice BnF?)
  • Des canons, des munitions ? Merci, des logis SVP, Boulogne 1938, édition originale : Le Corbusier, Des canons, des munitions ? Merci ! Des logis... S. V. P. : Monographie du "Pavillon des temps nouveaux" à l'Exposition internationale "Art et technique" de Paris 1937, Éditions de l'Architecture d'aujourd'hui, coll. « de l'équipement de la civilisation machiniste »,‎ 1938, 24 cm x 30 cm, 147 p. (lien notice BnF?)
  • Œuvre complète, 1934-1938, préface de Pierre Winter, publiée par Max Bill, édition Girsberger, Zürich. Première édition 1939. Référence de la 2e édition :(en+fr+de) Le Corbusier, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, oeuvre complète, 1934-1938, Zurich, Girsberger,‎ 1945, 2e éd., 24 cm x 29 cm, 175 p. (lien notice BnF?)
  • Le lyrisme des temps nouveaux et l'urbanisme, Colmar, 1939, édition originale : Le Corbusier, Le lyrisme des temps nouveaux et l'urbanisme, N° spécial de la revue Le Point,‎ 1939, 26 cm, 40 p. (lien notice BnF?)
  • Destin de Paris, Paris - Clermont-Ferrand 1941, édition originale : Le Corbusier, Destin de Paris, Clermont, F. Sorlot, coll. « Préludes »,‎ 1941, 19 cm, 60 p. (lien notice BnF?)
  • Sur les quatre routes, Paris 1941, édition originale : Le Corbusier, Sur les quatre routes, Paris, Gallimard,‎ 1941, in-8, 239 p. (lien notice BnF?)
  • La maison des hommes, Paris 1942, édition originale : François de Pierrefeu et Le Corbusier, La maison des hommes, Plon,‎ 1942, in-8, 211 p. (lien notice BnF?)
  • Les Maisons murondins, Paris - Clermont-Ferrand 1942, édition originale : Le Corbusier, Les Maisons murondins, Paris, Clermont-Ferrand, E. Chiron,‎ 1942, in-8 oblong, 34 p. (lien notice BnF?)
  • La Charte d'Athènes, Paris 1943 (adaptation pour la publication), édition originale : Le groupe CIAM-France, La Charte d'Athènes, Plon,‎ 1943, In-16 (145 x 132), 243 p. (lien notice BnF?)
  • Les trois établissements humains, Paris 1945, édition originale : Le Corbusier et Bézard, Commelin, Coudouin, Dayre, Hya, Dubreuil, Les trois établissements humains, Denoël, coll. « Ascoral »,‎ 1945, In-16 (165 x 125), 271 p. (lien notice BnF?)
  • Propos d'urbanisme, Bourrelier, Paris 1945-1946, édition originale : Le Corbusier, Propos d'urbanisme, Paris, Bourrelier, coll. « perspectives humaines »,‎ 1942, 19 cm, 144 p. (lien notice BnF?)
  • Manière de penser l'urbanisme, Boulogne, 1946, édition originale : Le Corbusier, Manière de penser l'urbanisme, Clermont, Éditions de l'architecture d'aujourd'hui, coll. « Ascoral »,‎ 1946, in-8, 184 p. (lien notice BnF?)
  • Œuvre complète, 1938-1946, publiée par Willy Boesiger, édition Girsberger, Zürich 1946. Édition originale :(en+fr+de) Le Corbusier, Le Corbusier et Pierre Jeanneret, oeuvre complète, 1938-1946, Erlenbach-Zurich, Éditions d'architecture,‎ 1946, 1e éd., 24 cm x 29 cm, 199 p. (lien notice BnF?)
  • United Nations Headquarters, Reinhold, New York 1947
  • New world of space, New York, 1948
  • Grille C.I.A.M. d'urbanisme : mise en application de la Charte d'Athènes, Boulogne 1948
  • Le modulor, Boulogne 1950, 2e édition : Le Corbusier, Le Modulor : essai sur une mesure harmonique à l'échelle humaine, applicable universellement à l'architecture et à la mécanique, Architecture d'aujourd'hui, coll. « Ascoral »,‎ 1951 (1re éd. 1950), in-16, 240 p. (lien notice BnF?)
  • Les problèmes de la normalisation : rapport présenté au Conseil économique, Paris 1950,édition originale : France. Conseil économique (3. Les problèmes de la normalisation. Rapport présenté par M. Le Corbusier), La Charte de l'habitat, Presses universitaires de France,‎ 1950, in-8, 229 p. (lien notice BnF?)
  • L'unité d'habitation de Marseille, Souillac - Mulhouse 1950, édition originale : Le Corbusier, L'unité d'habitation de Marseille, Paris, Le Point,‎ novembre 1950, in-4, 58 p. (lien notice BnF?)
  • Poésie sur Alger, Paris 1950, édition originale : Le Corbusier, Poésie sur Alger, Paris, Falaize,‎ 1950, 17 cm, 46 p. (lien notice BnF?)
  • Œuvre complète, 1946-1952, publiée par Willy Boesiger, édition Girsberger, Zürich 1952. 9ème édition :(en+fr+de) Le Corbusier, Le Corbusier, oeuvre complète, 1946-1952, Zurich, Artemis,‎ 1991, 9e éd., 24 cm x 29 cm, 243 p. (ISBN 3-7608-8015-0, lien notice BnF?)
  • Le Poème de l'angle droit, Paris 1954, édition originale : Le Corbusier, Le Poème de l'angle droit, Tériade,‎ 1954, in-folio, 151 p. (lien notice BnF?)
  • Une petite maison, Zurich 1954, édition originale : Le Corbusier, Une petite maison, Zurich, Girsberger,‎ 1954, in-16, 89 p. (lien notice BnF?)
  • Le Modulor II (La parole est aux usagers), Boulogne 1955, édition originale : Le Corbusier, Le Modulor II (La parole est aux usagers) : suite de « Le Modulor » « 1948 », Architecture d'aujourd'hui, coll. « Ascoral »,‎ 1955, in-16 14 cm, 344 p. (lien notice BnF?)
  • Les carnets de la recherche patiente, Zurich 1954, édition originale : Le Corbusier, Les carnets de la recherche patiente, Zurich, Girberger, puis Paris : Denoël,‎ 1954, in-16 20 cm (lien notice BnF?)
  • Architecture du bonheur, l'urbanisme est une clef, Paris 1955, édition originale : Le Corbusier, Architecte du bonheur, les Presses d'Ile de France, coll. « Cahiers Forces vives »,‎ 1955, in-8 (lien notice BnF?)
  • Les plans de Paris : 1956-1922, Paris 1956
  • Von der Poesie des Bauens, Zurich 1957. édition originale : Le Corbusier, Von der Poesie des Bauens, Zurich, Arches,‎ 1957, in-12 carré, 88 p.
  • Œuvre complète, 1952-1957, publiée par Willy Boesiger, édition Girsberger, Zürich 1957. 8ème édition :(en+fr+de) Le Corbusier, Le Corbusier, oeuvre complète, 1952-1957, Zurich, Artemis,‎ 1991, 8e éd., 24 cm x 29 cm, 221 p. (ISBN 3-7608-8016-9, lien notice BnF?)
  • Entretien avec les étudiants des écoles d'architecture, Paris 1957, édition originale : Le Corbusier, Entretien avec les étudiants des écoles d'architecture, Éditions de Minuit, coll. « Cahiers Forces vives »,‎ 1957, 21 cm (lien notice BnF?)
  • Le poème électronique, Paris 1958, édition originale : Le Corbusier, Le poème électronique : Pavillon Philips pour l’Exposition Universelle de 1958, Editions de Minuit, coll. « Forces vives »,‎ 1958, in-8, 244 p. (lien notice BnF?)
  • Second clavier des couleurs, Bâle 1959
  • L'atelier de la recherche patiente, préface de Maurice Jardot, ouvrage conçu et mise en page par Le Corbusier, Paris 1960, édition originale : Le Corbusier, L'atelier de la recherche patiente, Vincent, Fréal Et Cie. Paris,‎ 1960, in-4, 312 p.
  • Le livre de Ronchamp, Paris 1961, édition originale : Le Corbusier, Le livre de Ronchamp, Les Cahiers Forces vives-Editec,‎ 1961, 21 cm, 168 p. (lien notice BnF?)
  • Orsay Paris 1961, Paris 1961
  • Œuvre complète, 1957-1965, publiée par Willy Boesiger, édition Girsberger, Zürich 1965. 5ème édition :(en+fr+de) Le Corbusier, Le Corbusier, oeuvre complète, 1952-1957, Zurich, Artemis,‎ 1991, 5e éd., 24 cm x 29 cm, 239 p. (ISBN 3-7608-8017-7, lien notice BnF?)
  • Le voyage d'Orient, Paris 1966, édition originale : Le Corbusier, Le Voyage d'Orient, Éditions Forces vives,‎ 1966, in-16 16 cm, 174 p. (lien notice BnF?)
  • Mise au point, Paris 1966, édition originale : Le Corbusier, Mise au point, Éditions Forces vives,‎ 1966, in-32 12 cm (lien notice BnF?)
  • Les maternelles vous parlent, Paris 1968, édition originale : Le Corbusier, Les Carnets de la recherche patiente : 3, Les Maternelles vous parlent, Zurich : Girberger, Paris : Denoël,‎ 1968, in-16 (lien notice BnF?)
  • Œuvre complète, les dernières œuvres, publiée par Willy Boesiger, Editions d'architecture Artemis, Zürich 1970. Edition originale :(en+fr+de) Le Corbusier, Le Corbusier, oeuvre complète, les dernières œuvres, Zurich, Artemis,‎ 1970, 1e éd., 24 cm x 29 cm, 208 p. (lien notice BnF?)
  • Carnets de Le Corbusier, en quatre volumes, Paris, 1981-1982, références : Le Corbusier, Carnets. 1, 1914-1948, Herscher : Dessain et Tolra,‎ 1981, 26 cm x 27 cm (ISBN 2-7335-0017-1, lien notice BnF?)Carnets. 2, 1950-1954,‎ 1981 (ISBN 2-7335-0028-7, lien notice BnF?)Carnets. 3, 1954-1957,‎ 1982 (ISBN 2-73-350030-9, lien notice BnF?)Carnets. 4, 1957-1964,‎ 1982 (ISBN 2-7335-0043-0, lien notice BnF?)
  • Œuvres complètes, en 8 volumes, publié par Willy Boesiger, Oscar Stonorov et Max Bill. Zurich, Éditions Artémis, 1991. Consultable à la bibliothèque de la Fondation Le Corbusier. 13e édition : (en+de+fr) Le Corbusier, Oeuvres complètes (Complete works), Artémis,‎ 1991 (1re éd. du 1er volume en 1930), 24 cm x 29 cm, 1704 p. (lien notice BnF?)
  • The Le Corbusier Archive, en 32 volumes contenant les 32000 dessins conservés par la Fondation Le Corbusier, New York, Londres, Paris, 1985, référence : (en) Le Corbusier, The Le Corbusier Archive, H. Allen Brooks, general editor, New York and London : Garland Publishing, Paris : la Fondation Le Corbusier,‎ 1985 (1re éd. 1982), 31 cm (ISBN 0-8240-5065-7, 0-8240-5066-5 et 0-8240-5064-9 ; lien notice BnF?)
  • Choix de lettres, Bâle, 2002, référence : (en) Le Corbusier (préf. Jean Jenger, sélection, introduction et Notes), Choix De Lettres, Basel, Birkhauser Verlag,‎ 2002, 25 cm x 17 cm, 568 p. (ISBN 3-7643-6455-6)
  • Conférences de Rio (1936). Paris, 2006, référence : Le Corbusier (préf. Yannis Tsiomis, établissement du texte et notes), Conférences de Rio : Le Corbusier au Brésil, 1936, Paris, Flammarion, coll. « Écrits d'artistes »,‎ 2006, 24 cm, 191 p. (ISBN 978-2-0801-1610-9, lien notice BnF?)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Tim Benton, Les Villas de Le Corbusier 1920-1930, édition Philippe Sers, Paris, 1984.
  • Maurice Besset, Qui était Le Corbusier ?, Skira, Paris-Genève, 1968.
  • Collectif, Le Corbusier et la Bretagne, catalogue de l'exposition au château de Kerjean (Finistère) du 30 mars au 2 juin 1996. Éditions Nouvelles du Finistère, Quimper, Brest, 1996 : Un ouvrage qui traite des relations entre Le Corbusier et l'ébéniste breton Joseph Savina. Ce dernier réalisait des sculptures sur les dessins de l'architecte.
  • Collectif, Le Corbusier, les unités d'habitations en France, éd. Belin, 2002 (ISBN 2701125774)
  • Collectif, dir. de Éric Touchaleaume et Gérald Moreau, Le Corbusier - Pierre Jeanneret : L'aventure indienne, design-art-architecture, Montreuil, France, Éditions Gourcuff Gradenigo, 2010 (ISBN 9782353400997)
  • Collectif, Le Corbusier et la Méditerranée, catalogue de l'exposition du musée de la Vieille Charité à Marseille, Parenthèse, Marseille, 1987.
  • Fondation Le Corbusier (collectif et éditeur), Actes du colloque sur La conservation de l'œuvre construite par Le Corbusier, Paris, 1990.
  • Jean-Jacques Duval, Le Corbusier, l'écorce et la fleur, édition du Linteau, Paris, 2006, 208 pages. ISBN 2 910342 38 7
  • Kenneth Frampton, Le Corbusier, Hazan, Paris, 1997.
  • Lucien Hervé (photographe), Le Corbusier, l'artiste, l'écrivain, Neuchâtel, Griffon, 1970.
  • Charles Jencks, Le Corbusier and the tragic view of architecture, Penguin Books, London, 1973.
  • Charles Jencks, Le Corbusier and the continual revolution in architecture, The Monacelli Press, New-York, 2000.
  • Jean Jenger, Le Corbusier L’architecture pour émouvoir, Gallimard, coll. « Découvertes » no 179, 1993, (ISBN 2-07-053235-6)
  • Naïma Jornod et Jean-Pierre Jornod, Le Corbusier (Charles Edouard Jeanneret), catalogue raisonné de l’œuvre peint, Skira, 2005, (ISBN 8876242031)
  • Noël Jouenne, La vie collective des habitants du Corbusier, Paris, L'Harmattan, 2005 (ISBN 2747585220)
  • Noël Jouenne, Dans l'ombre du Corbusier. Ethnologie d'un habitat collectif ordinaire, Paris, L'Harmattan, 2007 (ISBN 9782296033108)
  • Jacques Lucan (dir.), Le Corbusier, une encyclopédie, Centre Georges-Pompidou, Paris, 1987.
  • Gérard Monnier, Le Corbusier, éditions La Manufacture, Besançon, 1992, 216 pages. ISBN 2 7377 0324 7
  • Gérard Monnier, Le Corbusier, les unités d'habitation en France, Collection des destinées du patrimoine, Belin-Herscher, Paris, 2002, 240 pages. (ISBN 2-7011-2577-4)
  • Louis Montalte, pseudonyme d'Edouard Trouin, avec Fernand Léger Fallait-il bâtir le Mont St Michel, Éditions L'Amitié par le Livre, 1979, 540 pages plus notes XLVI pages (ISBN 2-7121-0051-4)
  • Marc Perelman, Urbs ex machina. Le Corbusier. Le courant froid de l'architecture, Montreuil, Les Éditions de la passion, 1986
  • Michel Ragon (dir.), Le temps de Le Corbusier, Tribune éditions, édition Hermé, Paris, 1987, 220 pages. (ISBN 2-86665-064-6)
  • Gilles Ragot, Mathilde Dion, Le Corbusier en France. Réalisations et projets, éd. Le Moniteur, 1992, 208 p. (ISBN 2281191028)
  • Pierre Saddy (dir.), Le Corbusier - le passé à réaction poétique, catalogue de l'exposition organisée par la Caisse nationale des Monuments historiques, 1987. Un fil ténu, mais efficace pour saisir l'artiste et l'architecte.
  • Stefania Suma, Le Corbusier, collection Grands Architectes, Actes Sud, 2008, 120 pages. Traduction de l'italien par Christine Piot, de l'ouvrage publié par Motta architettura à Milan en 2006. (ISBN 9782742776603)
  • Élisabeth Vedrenne, Le Corbusier, collection Mémoire du style, édition Assouline, Paris, 1999, 80 pages.
  • Nicholas Fox Weber, trad. Marie-France de Paloméra et Odile Demange, C'était Le Corbusier, Fayard, Paris, 2009 (ISBN 978-2-213-63527-9)
  • Jean-Louis Ferrier, Yann Le Pichon, L'Aventure de l'art au XXe siècle, Paris, éditions du Chêne-Hachette,‎ 1988, 898 p. (ISBN 2-85108-509-3) préface de Pontus Hultén
  • Collectif, sous la direction de Bertrand Lemoine, 100 monuments du XXe siècle, Patrimoine et architecture de la France, Paris, Editions du Club France Loisirs, Paris, avec l'autorisation du Centre des monuments nationaux, Editions du patrimoine,‎ mai 2010, 240 p. (ISBN 2-7441-3496-1)
    *pp. 70-71 Hôtel particuliers / R. Fischer, Le Corbusier, R. Mallet-Staven, G.-H. Pingusson, 4,5,6 et 8 rue Denfert-Rochereau, Boulogne-Billancourt / 1926-1927 et 1933 ; *pp. 82-83 Villa Savoye / Le Corbusier et Pierre Jennenet, 82, rue de Villiers, Poisy / Hauts-de-Seine / 1928-1931; *pp. 122-123 : Immeuble-façade du Vieux-Port, F. Pouillon, A. Devin, A. Leconte, A. Perret, 42-86, quai du port, Marseille IIe / 1946-1955

Articles[modifier | modifier le code]

  • Laurent Baridon, « L’atelier de l’architecte : Le Corbusier encre création, diffusion et communication ». colloque, Journées d'études de la Maison Interuniversitaire des Sciences de l'Homme-Alsace (MISHA), Les espaces de l'atelier
  • Jay Bochner et Raphaëlle Desplechin, « Cendrars et Le Corbusier : une amitié de quarante ans », in La Fable du lieu (dir. Monique Chefdor), Paris, Champion, 1999.
  • Hélène Cauquil, Marc Bédarida, « Notice sur l'atelier de la rue de Sèvres », Supplément au Bulletin d'informations architecturales, no 114, 1987.
  • Jacques Perot, « Persistantes souvenances du Bosphore : Antoine Ignace Melling, Le Corbusier, Ara Güler », Istanbul, traversée, Lille 3000, Palais des Beaux-Arts, mars 2009, pp. 62-68, « Persistent memories of the Bosphorus : Melling, Le Corbusier, Ara Güler », Istanbul, traversée, Lille 3000, Palais des Beaux-Arts, March 2009, pp. 62-68
  • Daniel de Roulet, « Sur les traces du Corbusier, un voyage à Vichy », dans Tracés, no 20, 2005.
  • Sven Sterken, « Travailler chez Le Corbusier : le cas de Iannis Xenakis », Massilia, 2003 - Annuario de Estudios Lecorbusieranos, pp. 202-215, Barcelona : Fundacion Caja de Arquitectos
  • Pierre Vaisse, « Le Corbusier et le gothique », dans Revue de l'Art, no 118, 1997, pp. 17-27 [lire en ligne] [PDF]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Sambal Oelek, L'enfance d'un architecte, Le Corbusier, les premiers 38 % de la vie de Le Corbusier, édition du Linteau, Paris, 2008, 69 pages. ISBN 978 2 910342 53 1
  • Le Corbusier, Tome 1 : Le Corbusier, Architecte parmi les hommes. Dessin : Rébéna, Scénario : Thévenet, édition Dupuis, Paris 2010, 50 pages. ISBN 978-2-8001-4798-7 Page Dupuis . Il s'agit d'un album de bande dessinée documentaire et pédagogique, élaboré en partenariat avec la Cité de l'Architecture et la Fondation Le Corbusier (un dossier illustré de nombreux documents photographiques accompagne le récit dessiné) .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Corbusier » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. Willi Boesiger (Sous la direction de), Le Corbusier Œuvre complète
  3. P. Fuentes, On dit « du Corbusier » ou « de le Corbusier » ? La Poutre dans l'œil, billet de blog recensant l'usage, 1 juillet 2013
  4. ↑ P. Fuentes, ibid.
  5. Nicholas Fox Weber, C'était Le Corbusier, Fayard, Paris, 2009 (ISBN 978-2-213-63527-9)
  6. « La Villa Schwob », sur le site du tourisme franco-suisse
  7. Georges Benoit Levy, A French Garden Hamlet, The Town Planning Review, vol 7, n°3/4, 1918, p 251-252 et Georges Benoit Levy, A French Garden Hamlet, The Survey, February 2, 1918, p 488-489
  8. [PDF] « Le Corbusier à Saint-Nicolas d'Aliermont », sur le site du musée de l'horlogerie
  9. la maison est située rue Raphaël Hennion à Saint-Nicolas d'Aliermont, elle est de type C, c'est-à-dire une maison jumelle destinée aux ouvriers
  10. Le Corbusier, choix de lettres, op. cit. (lire en ligne), p. 161 note 1 et « Repères biographiques », sur Fondation Le Corbusier (consulté le 7 août 2009)
  11. Villas et/ou ateliers sont réalisés pour des familiers, des amis artistes ou collectionneurs d'art, acquis à l'architecture expérimentale. Tim Benton Les Villas de Le Corbusier 1920-1929, Philippe Sers éd. Paris, 1987
  12. a, b et c Villa Church, Ville-d'Avray, 1927, site www.fondationlecorbusier.fr
  13. Intérieur du Pavillon de l'Esprit nouveau, 1925, site www.fondationlecorbusier.fr. Des exemplaires de ce mobilier sont aujourd'hui présentés dans la salle à manger de la Villa La Roche.
  14. Intérieur de l'un des Pavillons du Weissenhof, 1927, site www.fondationlecorbusier.fr
  15. Chaise longue LC4, acier chromé et métal peint, Musée des arts décoratifs, site opac.lesartsdecoratifs.fr
  16. Sur les fondateurs et acteurs des CIAM, consulter Jean-Paul Midant (dir.), Dictionnaire de l'architecture du XXe siècle, Hazan-Institut français d'architecture, 1996.
  17. Charles Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier - Encyclopédie Larousse
  18. Jacques Lucan (dir.), Le Corbusier, une encyclopédie, Paris, Centre Georges-Pompidou, 1987
  19. UBS retire une publicité mentionnant Le Corbusier, accusé d'antisémitisme - Le Point, 29 septembre 2010
  20. Rapidement sur le plan privé, la société ATBAT de 650 parts se partage essentiellement entre Jacques Lefebvre, gestionnaire, Bodiansky, Le Corbusier et Py (ce denier retiré fin 1947). Mais Le Corbusier a gardé le contrôle de son ancien cabinet d'architecte. L'ordre des architectes impose une loi d'exclusivité et exige début 1949 sa dépossession des parts de l'ATBAT. En attendant une mutation de la loi, ils les confient momentanément à son ami vosgien Jean-Jacques Duval.
  21. Une note de sa secrétaire en 1959 suggère que l'hostilité latente de la direction de l'Urbanisme a fait qu'ils soient oubliés. Archives Le Corbusier.
  22. Albert Dauzat Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France, éd. Larousse 1980
  23. Site Geneanet, voir à Jeanneret
  24. Cette tapisserie, intitulée Marie Cuttoli du nom de sa commanditaire, est conservée à la Fondation Le Corbusier.
  25. « Pierre Baudouin Tapisseries de peintres », catalogue d'exposition, Aubusson 1991 (ISBN 2-9012-8754-9), pp. 44-60 et 79
  26. maison Hoffmann (1967), Saltzman(1969) Douglas (1973) etc.
  27. Deborah Gans, The Le Corbusier Guide, Princeton University Press, p. 139
  28. Source : plaque historique de la ville de Paris située devant l'immeuble, et site officiel de la Fondation Le Corbusier.
  29. Voir la description de la Villa Stein sur le Site du CAUE92
  30. Immeuble en cours de restauration (2007-2009) source site/blog pour information sur le chantier
  31. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 499
  32. Site du couvent
  33. Site du musée de Tokyo
  34. Décision : 33 COM 8B.19 - UNESCO, Rapport des décisions de la 33e session du Comité du patrimoine mondial, Séville, 20 juillet 2009, p. 192 [PDF]
  35. « L’œuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier », sur whc.unesco.org (consulté le 2 décembre 2010)
  36. (en) « If he is serious in his declarations, Hitler can crown his life with a magnificent work: the remaking of Europe »Nazi praise sparks Swiss rethink of Le Corbusier - Fox News/AP, 6 octobre 2010
  37. Le Corbusier, l'archi nazi - Le Point, 13 octobre 2005
  38. Marcel Duchamp, Notes, Paris, CNAC-G. Pompidou, 1980, no 208

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