Bosnie-Herzégovine

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Bosnie-Herzégovine

Bosna i Hercegovina (bs)

Босна и Херцеговина (sr)

Drapeau
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine.
Blason
Armoiries de la Bosnie-Herzégovine.
Description de l'image  Location Bosnia-Herzegovina Europe.png.
Hymne national De facto: Jedna si jedina
De jure: Intermeco
Administration
Forme de l'État Démocratie semi-directe sous protectorat des USA et de l'UE[1][2]
Président du Conseil des ministres Vjekoslav Bevanda
Présidence collégiale à 3
Langues officielles bosnien
serbe
croate
Capitale Sarajevo

43°50'51N, 18°21'23E

Géographie
Plus grande ville Sarajevo
Superficie totale 51 197 km2
(classé 129e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +1
Histoire
Indépendance De la Yougoslavie
Date 1er mars 1992
Démographie
Gentilé Bosnien, ne[3],[4],[5]
Population totale (2013) 3 875 723[6] hab.
(classé 121e)
Densité 75,70 hab./km2
Économie
Monnaie Mark convertible (BAM​)
Divers
Code ISO 3166-1 BIH, BA​
Domaine Internet .ba
Indicatif téléphonique +387

La Bosnie-et-Herzégovine[7], ou Bosnie-Herzégovine ou République de Bosnie-Herzégovine, en bosnien, serbe, croate, serbo-croate Bosna i Hercegovina, dans l'alphabet cyrillique serbe Босна и Херцеговина, est un État d'Europe du Sud situé dans la péninsule des Balkans. Elle est entourée de la Croatie, de la Serbie et du Monténégro, et a une petite ouverture sur la mer Adriatique.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Bien qu'en français on dise couramment Bosnie-Herzégovine, la traduction littérale du bosnien Bosna i Hercegovina est « Bosnie-et-Herzégovine » (que l'on retrouve dans la plupart des autres langues). Le pays unit ainsi deux régions historiques et n'est pas réductible à une Bosnie à laquelle on accolerait un adjectif.

Les habitants de la Bosnie sont les Bosniens. On appelle Bosniaques les habitants de ce pays qui sont de tradition musulmane.

Par sa forme constitutionnelle la Bosnie-Herzégovine est une république. Seule la République de Bosnie-Herzégovine est un sujet de droit international. Sa capitale est Sarajevo. Les autres villes importantes sont Banja Luka, Tuzla, Mostar, Zenica, Bihać, Srebrenica, Goražde, Foča, Trebinje, Neum, Jajce, Sanski Most.

Depuis les accords de Dayton-Paris du , elle est scindée en trois entités territoriales non-indépendantes (entitet), dont la dénomination peut s'avérer trompeuse :

  • La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (Federacija Bosne i Hercegovine), capitale Sarajevo, qui n'est pas une fédération au sens du droit international public entre la région historique de Bosnie et celle d'Herzégovine, et est elle-même constituée de deux sous-collectivités, croate et bosniaque, avec quelques communes mixtes ;
  • La République serbe de Bosnie (Република Српска/Republika Srpska, dénomination utilisée de facto en français), capitale Banja Luka, qui déclara son indépendance en 1992 et fut reconnue par les accords de Dayton, mais comme collectivité territoriale autonome et non comme « république » constitutive de l'État bosnien ;
  • Le District de Brčko, situé entre les deux premières, au nord du pays, qui n'est pas un district administratif de la République de Bosnie-Herzégovine, mais un territoire de statut neutre et autonome, géré en partie par un superviseur international mandaté par l'ONU.
Carte de la Bosnie-Herzégovine avec la délimitation des entités constitutives.

La non-concordance entre dénominations et territoires de facto d'une part et statuts de jure d'autre part crée un imbroglio juridique complexe. La République serbe de Bosnie s'est autoproclamée comme entité de l'ancienne Yougoslavie en 1992 par opposition à la proclamation d'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, alors que la constitution yougoslave admettait l'indépendance des six républiques fédérées, mais non l'établissement de nouvelles frontières telles que celles de la République serbe de Bosnie ou du Kosovo. La Constitution de Bosnie-Herzégovine et les exigences de la commission Badinter non plus n'admettaient pas l'autonomie de la République serbe de Bosnie. Cette république de fait ne peut donc pas être reconnue en tant que telle par la communauté internationale. En 1996, les accords de Dayton lui reconnaissent seulement la qualité de collectivité territoriale autonome au même titre que la Fédération croato-musulmane, renommée par la suite Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (qu'il ne faut pas confondre avec la République de Bosnie-Herzégovine, qui est le seul État souverain reconnu).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Bosnie-Herzégovine.
La Vieille ville de Sarajevo
Vue nocturne de Sarajevo
Drapeau du pays entre 1992 et 1998.

La Bosnie-Herzégovine a été successivement romaine, croate, hongroise, ottomane, austro-hongroise et yougoslave (voir article détaillé)[8]. Héritage de cette longue histoire, ses populations, de langue serbo-croate, sont essentiellement des Slaves[9] : Slaves convertis à l'Islam (sunnites), Slaves catholiques et Slaves orthodoxes. Dès janvier 1876, sous la domination austro-hongroise, l'identité nationale se cristallise autour d'une insurrection bosniaque, qui se conjugue avec un conflit militaire entre la Russie et l'empire ottoman[10].

Le pays rassemble des Croates, traditionnellement catholiques, des Serbes, traditionnellement orthodoxes, et des Slaves musulmans, convertis durant l'occupation ottomane, les Bosniaques (la constitution yougoslave introduit en 1974 pour désigner ce peuple la nationalité « Musulmans »). Dominent à tour de rôle l'Empire ottoman, qui favorisait les musulmans, l'Empire austro-hongrois favorable aux catholiques, et le royaume de Yougoslavie, favorable aux orthodoxes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la population de Bosnie-Herzégovine est divisée. En 1941, le territoire de la Bosnie-Herzégovine est cédé à l'État indépendant de Croatie allié du Troisième Reich. Certains Croates et Musulmans s'y rallient (ou s'y soumettent). Certains Serbes prennent les armes et rejoignent majoritairement les Tchetniks, une résistance nationaliste et royaliste. Un autre mouvement de résistance multiethnique (les Partisans communistes) est dirigé par Tito. Un grand nombre de Bosniaques, Croates et Serbes, mais également des Slovènes, Macédoniens, Monténégrins ou Albanais s'y engagent.

Le , le Conseil antifasciste de libération de la Yougoslavie se réunit à Jajce, proclame la Fédération démocratique de Yougoslavie et décide de la formation d'une République socialiste de Bosnie-Herzégovine au sein de la Yougoslavie communiste. La fin de la guerre et la victoire des Partisans entraînent la création de la République fédérative populaire de Yougoslavie, qui devient la République fédérative socialiste de Yougoslavie en 1963.

Une nouvelle assemblée est formée lors des élections parlementaires de 1990. Elle est dominée par trois partis communautaristes, formés sur des critères ethniques, qui forment une coalition dans le but de prendre le pouvoir aux communistes. Ces partis sont soutenus par certains pays de la Communauté européenne notamment l'Allemagne et l'Italie. Les récentes déclarations d'indépendance de la Slovénie et de la Croatie, et les guerres qui les ont suivies, placent la Bosnie-Herzégovine dans une situation difficile. La population est divisée : la Bosnie-Herzégovine doit-elle rester dans la fédération yougoslave, comme le veut la majorité des Serbes (32 % de la population), ou chercher à obtenir son indépendance, comme le souhaite la majeure partie des Bosniaques et des Croates (64 % de la population) ?

Initiée par le Parti d'action démocratique de l'ancien dissident Alija Izetbegović, la déclaration de souveraineté d'octobre 1991 est suivie du rapport de la commission Badinter. Selon ce rapport, la Bosnie-Herzégovine ne peut être reconnue comme État indépendant par la communauté internationale que si un référendum national réclame cette reconnaissance. Ce référendum a lieu le 29 février 1992, conformément à la constitution yougoslave et aux exigences de la commission Badinter, mais il est boycotté par un tiers de la population (la majorité des Serbes de Bosnie). Parmi la population bosniaque et croate, les votants s'expriment à 99,4 % pour l'indépendance.

Refusant les résultats de ce référendum, les milices serbes organisées par Radovan Karadzić, chef du parti nationaliste serbe SDS encerclent la ville de Sarajevo. Karadzić organise une conférence de presse où il déclare : une guerre inter-ethnique et religieuse est inévitable, alors qu'Alija Izetbegović, élu président de la Bosnie, annonce qu'il n’y aura pas de guerre en Bosnie, ni interne ni importée. Le 30 mars 1992, le chef d’état major de l’armée yougoslave (JNA), le général Blagoje Adžić, déclare : La sécession de la Bosnie-Herzégovine est inacceptable et l’armée fédérale est prête à y intervenir pour défendre le peuple serbe menacé par une agression ouverte.

Néanmoins, la Communauté européenne et les États-Unis reconnaissent l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, le 6 avril 1992. Son adhésion dans l'Organisation des Nations unies a lieu le 22 mai 1992, en même temps que celles de la Croatie et de la Slovénie[11].

Article détaillé : Guerre de Bosnie-Herzégovine.

Refusant aussi cette reconnaissance par la communauté internationale, les forces de l’armée yougoslave dressent des barricades et postent des snipers tout autour de Sarajevo, pour « protéger » les quartiers serbes, et isoler les quartiers bosniaques, à majorité musulmane, et les croates, à majorité catholique. Le 6 avril 1992, le président yougoslave Slobodan Milošević coordonne les premières opérations militaires en Bosnie. Le scénario est le même qu’en Croatie.

Bijeljina est la première ville bosniaque à être investie par l’armée yougoslave et par les milices serbes sous les ordres d'Arkan. « Nous avions l’ordre de tuer le plus de musulmans possible », confesse Goran Jelišić, un jeune mécanicien serbe recruté à Bijeljina par Arkan pour participer au nettoyage ethnique de Brčko dans le Nord de la Bosnie[12]. Zvornik est la deuxième ville investie par les Serbes. José Maria Mendiluce, du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, responsable pour l’ex-Yougoslavie, parvient à franchir le pont sur la Drina et à longer Zvornik avant d’être arrêté par un groupe de miliciens. Lorsqu’il eut quitté ses fonctions, il décrivit la scène suivante : Dans un virage, avant d’être interceptée, ma voiture a patiné sur du sang, j’ai croisé des camions remplis de cadavres. Dès lors, la guerre se généralise, les milices de chaque communauté s'en prenant aux civils désarmés des deux autres. Aucune convention de guerre n'est appliquée et la barbarie se déchaîne (viols, tortures, assassinats, formation de camps de concentration)[13]. Le général Mladić, serbe de Bosnie à la tête du corps d’armée de Knin, réussit à s'emparer de l'ouest de la Bosnie-Herzégovine (à l'exception de Bihać), d'où il chasse toutes les populations non serbes. À la mi-mai 1992, les forces serbes entreprennent de « nettoyer » les zones occupées. Parallèlement, le chef du parti démocratique serbe, Radislav Vukić, interdit les mariages mixtes.

Le vieux pont de Mostar.

Les populations bosniennes sont dès lors soumises à un régime d’apartheid institutionnalisé sous le nom de statut spécifique : les Bosniaques et les Croates des territoires sous contrôle serbe, ainsi que les Serbes des territoires sous contrôle croate ou bosniaque, sont privés de travail et de soins médicaux, assignées à résidence après avoir été expulsés et relogés dans des quartiers devenus ghettos. Des membres de chaque communauté sont également détenus dans les territoires pourtant contrôlés par « leurs » leaders, pour s’être opposés à la guerre et avoir défendu l’idée d’une Bosnie multi-ethnique. Ils y subissent les mêmes sévices que les ennemis. La violence se déchaîne aussi entre Croates et musulmans (combats de Mostar et dynamitage de son pont, sac de Stolac et dynamitage de sa mosquée…)[14].

En 1993, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie est créé par les résolutions, no 808 et 827, du Conseil de sécurité des Nations unies. Ainsi déclarait M. Boutros Boutros-Ghali : il était inadmissible, en effet, que restent depuis si longtemps impunis les actes dont nous sommes, hélas, si souvent les témoins et qui révoltent les consciences humaines[15].

Lorsque les pressions de la communauté internationale sur le régime Milošević forcent l'Armée fédérale yougoslave (JNA) d'évacuer la Bosnie-Herzégovine, les militaires serbes de la JNA changent d'insigne sur leurs uniformes et sur leurs appareils militaires, créant ainsi l'Armée de Republika Srpska. Sous ce nouvel uniforme, ils continuent de bénéficier d'un large support humain, logistique, et financier de la part de la République fédérale de Yougoslavie. L'offensive de la République serbe de Bosnie de 1992 réussit à placer la majorité du pays sous son contrôle (70 % du pays en 1993). En mars 1994, un accord à Washington proposait une Fédération croato-musulmane, avec le principe d'un État fédéral entre celle-ci et la république serbe de Bosnie.

Mais les efforts de la communauté internationale pour tenter de faire cesser le conflit et éviter les pertes humaines parmi la population eurent peu d'effets concrets malgré l'envoi de plus de 38 000 militaires sous le drapeau de l'ONU. Les massacres continuèrent, dont le plus connu fut certainement celui de Srebrenica, en juillet 1995.

Les populations croato-bosniaques ont alors obtenu une aide logistique accrue de la part de la communauté internationale, qui isola la République fédérale de Yougoslavie officiellement définie comme agresseur (même si les Serbes continuaient de dire qu'il s'agissait d'une guerre légitime pour permettre le maintien dans la Yougoslavie des populations désirant y rester).

L'offensive conjointe en Croatie, en 1995, des forces croates de Croatie et de Bosnie, et des forces bosniaques de Bosnie (voir 5e Corpus de Hamza en Croatie), permit la conquête de tous les territoires serbes de Croatie. La population serbe de ces territoires (dont la présence remontait aux frontières militaires de l'Empire d'Autriche) fut expulsée vers la République serbe de Bosnie, qui fut également attaquée et perdit un tiers de son territoire. La Forpronu perdit 167 hommes et compta plus de 700 blessés.

Le 21 novembre 1995, alors que certains militaires croates et bosniaques souhaitaient effacer la république serbe de Bosnie et en expulser les habitants vers la Yougoslavie, les belligérants furent invités à signer à Dayton (États-Unis) un traité de paix afin d'arrêter les combats. Les accords de Dayton, signés en décembre 1995, partagèrent la Bosnie-Herzégovine en deux entités : La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (51 % du territoire et 70 % de la population) et la République serbe de Bosnie (49 % du territoire et 25 % de la population, plus les réfugiés serbes de Croatie, désormais apatrides). En 1995-1996, une force internationale de maintien de la paix (IFOR) dirigée par l'OTAN, comprenant 60 000 soldats, intervint en Bosnie afin de mettre en place et de surveiller les aspects militaires de l'accord. À l'IFOR succéda une force de stabilisation (Sfor) plus réduite (14 000 soldats en 2003) dont la mission était d'empêcher la reprise des hostilités. À cette Sfor, a succédé en décembre 2004 l'Eufor, une force militaire de l'Union européenne de 7 000 hommes environ.

La force de police internationale de l'ONU en Bosnie-Herzégovine a été remplacée fin 2002 par la Mission de police de l'Union européenne (MPUE), premier exemple pour l'Union européenne d'une telle force de police, ayant des missions de surveillance et d'entraînement.

En 2005, on découvre encore en Bosnie-Herzégovine des charniers datant de la guerre. La plupart du temps, les militaires de chaque belligérant s'en prenaient aux populations civiles de ses adversaires, et évitaient de s'affronter entre eux. Peu d'entre eux furent inquiétés, moins encore, poursuivis. La Croatie s'est officiellement excusée pour ses agressions et ses crimes de guerre commis sur le peuple bosniaque (mais pas sur les Serbes). La Serbie, qui n'a encore présenté aucun regret, est poursuivie par la Bosnie-Herzégovine pour agression et génocide sur la population bosniaque devant la Cour internationale de justice. Les Bosniaques, comme les Croates, ne reconnaissent officiellement aucun crime sur les Serbes. Les principaux dirigeants de l'armée serbe de Bosnie, rendus responsables des évènements de Srebrenica, le général Ratko Mladić et Radovan Karadžić, ancien président de la République serbe de Bosnie. Après des années de fuite, Karadžić est arrêté en juillet 2008.

La guerre a causé la mort de « 100 000 civils et militaires bosniaques, serbes et croates[16] » [réf. souhaitée] ; 1,8 million de personnes furent déplacées, toutes nationalités confondues.

L’analyse ethnique de la population sur le territoire de la Republika Srpska, d’après le recensement de la population de l’année 1991 en comparaison avec après guerre en l’an 1997 (source : IMG, sur la base du recensement de la population de l’année 1991 et des estimations de l’UNHCR pour l’année 1997) :

  1. 1991 : Serbes 54,30 % ; Bosniaques 28,77 % ; Croates 9,39 % ; autres 7,53 %
  2. 1997 : Serbes 96,79 % ; Bosniaques 2,19 % ; Croates 1,02 % ; autres 0,0 %

Géographie[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Le Haut Représentant international en Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko, est nommé par le Conseil de mise en œuvre des Accords de Paix. Il est la plus haute autorité du pays et dispose de pouvoirs exécutifs tels que l'annulation de décisions de l'exécutif et du parlement de Bosnie-Herzégovine contraires à l'esprit des Accords de Dayton, dont il est l'autorité finale pour toute interprétation[16]. Il rend compte de son action chaque semestre au Conseil de sécurité des Nations unies.

La déclaration d'indépendance a eu lieu en 1992. Des élections générales ont eu lieu le . Les électeurs de Bosnie-Herzégovine ont élu la présidence et le parlement de Bosnie-Herzégovine. Les électeurs de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine ont élu un nouveau parlement pour l'entité et les électeurs de la République serbe de Bosnie ont choisi un président, un vice-président et un parlement. Le président du Conseil des ministres, Nikola Špirić, a été confirmé par le Parlement le 9 février 2007.

Élections municipales de 2008[modifier | modifier le code]

En mai 2008, les 4e élections, ont eu lieu en Bosnie, et les clivages entre Musulmans, Serbes et Croates se sont retrouvés dans les résultats[17] ; 55 % des 3 millions d'électeurs se sont abstenu, ce qui représente le plus faible taux de participation des 4 élections depuis les accords de Dayton.

Selon les premiers résultats partiels fournis par la Commission électorale centrale (CEC), l'Union des sociaux-démocrates indépendants (SNSD, serbe) a remporté 32 sièges de maires, le Parti de l'Action démocratique (SDA, musulman) 28, et la Communauté démocratique croate (HDZ) 15, dans les régions où chaque communauté est respectivement majoritaire[17].

Divisions internes et indépendance de la République serbe de Bosnie[modifier | modifier le code]

Depuis 1991, il y a entre quatre et cinq fois moins de Serbes qui vivent à Sarajevo et dans le reste de la fédération de Bosnie-Herzégovine, ils sont tous en république serbe de Bosnie. Il en est de même pour les Croates et les Bosniaques qui vivent tous en majorité en Bosnie centrale et à Sarajevo pour les Bosniaques, et dans le sud du pays surtout dans l'ouest de l'Herzégovine pour les Croates. Concrètement, la Bosnie-Herzégovine est divisée d'un point de vue ethnico-religieux[18].

Le mouvement indépendantiste serbe se trouve renforcé dans sa volonté d'organiser un référendum au sujet de l'indépendance depuis l'annonce du soutien de l'indépendance du Kosovo par l'Union européenne et les États-Unis[19].

Fin 2007, l'institut de sondage Partner qui est basé à Banja Luka a révélé que 77 % des Serbes de Bosnie étaient favorables à une sécession de la République serbe de Bosnie dans l'hypothèse où les Albanais du Kosovo se déclareraient indépendants de la Serbie[20].

L'ancien ambassadeur des États-Unis à Belgrade, William Montgomery, soutient une division de la Bosnie, ainsi que du Kosovo[21].

Indépendantisme de la communauté croate au sein de la Fédération[modifier | modifier le code]

Le parti nationaliste croate de Bosnie appelle régulièrement à la création d'une entité autonome croate, séparée de la communauté bosniaque[22]. Les Croates (chrétiens catholiques) justifient cette demande par la crainte d’être mis en minorité par les Bosniaques (musulmans) qui détiennent la majorité de quatre cinquièmes au sein des institutions fédérales[23].

Les décisions constitutionnelles précisant le statut de Bosnie-Herzégovine et de ses deux entités[modifier | modifier le code]

  • Mai 1998 : « Contrairement aux assertions des représentants de l’Assemblée populaire de la Republika Srpska, la Constitution de la Bosnie-Herzégovine n’envisage pas de préserver la souveraineté des Entités, ni n’envisage un droit à l’auto-organisation basée sur l’idée de la séparation territoriale. De la même manière, d’après l’article III/3 (a) de la Constitution de la Bosnie-Herzégovine, les « fonctions gouvernementales » sont attribuées aux institutions de la Bosnie-Herzégovine ou aux Entités, de façon à ce que les compétences des Entités ne soient d’aucune manière l’expression de leur qualité d’État, mais résultent de cette allocation de compétences prévue par la Constitution de Bosnie-Herzégovine… toutes les dispositions du Préambule de la Constitution de la République Serbe faisant référence à la souveraineté, à l’indépendance de l’État, à la création d’un État et à la réunion complète et étroite de la Republika Srpska avec d’autres États, constituent une violation de l’article I/1, au regard des articles I/3, III/2 (a) et 5 de la Constitution de BH, qui garantissent la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et la personnalité internationale de Bosnie-Herzégovine » (Cour constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine, affaire U 5/98).
  • Janvier 2007 : La Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine précise qu'aucun signe, drapeau ou hymne, autre que celui de l'État de Bosnie-Herzégovine ne saurait être admis publiquement sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine. Cette décision étant rendue à la suite de la demande de la Fédération de Bosnie-Herzégovine et de la République serbe de Bosnie-Herzégovine, en vue de porter des signes particuliers les distinguant de l'État de Bosnie-Herzégovine auquel ils appartiennent. La décision s'inscrit dans une jurisprudence constante de la Cour et de la communauté internationale. Selon cette jurisprudence, les deux entités n'ont aucune qualité d'État, car elles sont uniquement des entités de l'État de Bosnie-Herzégovine[24].

Subdivisions territoriales[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Composition ethnique de Bosnie-Herzégovine, en raison de l'imbrication des principaux peuples de l'ex-Yougoslavie, la Bosnie est surnommée la petite Yougoslavie[25].

À l'époque de la Yougoslavie, les Bosniaques étaient majoritairement appelés « Musulmans », les trois peuples composant le pays étant les Musulmans, qui avaient la majorité relative, les Bosno-Croates et les Bosno-Serbes.

La composition de la population a varié et surtout a changé de répartition géographique à la suite des diverses opérations de nettoyage ethnique, et les gentilés ont été changés afin d'éviter toute confusion entre le peuple musulman et la religion musulmane et pour répondre à la volonté de reconnaissance des Bosniaques en tant que nation. Ainsi les habitants du pays sont désormais officiellement appelés « Bosniens », les trois « nationalités » majoritaires étant les Bosniaques, les Croates et les Serbes. Par le mot « nationalité » il ne faut pas entendre ici la citoyenneté Bosnienne ni la langue BCMS que tous partagent, mais l'appartenance à une communauté confessionnelle et historique définie par la religion musulmane sunnite pour les Bosniaques, chrétienne catholique pour les Croates et chrétienne orthodoxe pour les Serbes, appartenances qui changent aussi le nom de la langue (respectivement bosnien, croate et serbe ; dans ce dernier cas, la langue s'écrit en caractères cyrilliques).

La nationalité yougoslave n'a pas pour autant disparu, et correspond à la population continuant à se déclarer Yougoslave, et non de l'une des « nationalités » bosniaque, croate ou serbe : il s'agit en majorité de couples mixtes.

Un recensement de la population est effectué en 1991. Par la suite, aucune donnée fiable n'est produite, car les principales forces politiques de Bosnie-Herzégovine considèrent les statistiques démographiques comme une poursuite de la guerre et une tentative d'officialiser les résultats du nettoyage ethnique. En janvier 2012, Halid Genjac du Parti d'action démocratique annonce qu'un accord est conclu pour qu'un recensement ait lieu en 2013[26].

Langues[modifier | modifier le code]

Même si les linguistes utilisent le terme de serbo-croate pour définir la langue parlée en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie et au Monténégro, officiellement le serbo-croate n'existe plus, chaque pays nommant sa langue « croate », « bosnien », « serbe » ou « monténégrin ». Il n'y a pas d'isoglosse entre ces langues (les locuteurs se comprennent spontanément, sans traducteur) : leur définition est donc historique et politique. Par contre, il y a des différences partielles de lexique (certains mots, certaines conjugaisons ou déclinaisons varient) et surtout une différence d'alphabet : il est exclusivement latin en Croatie et dans la Fédération croato-bosniaque de Bosnie-Herzégovine, alors que les Serbes utilisent les deux alphabets : alphabet cyrillique serbe en Serbie, au Monténégro et dans la République serbe de Bosnie, mais aussi l'alphabet latin serbe en Serbie et au Monténégro, mais pas en Bosnie. Des éléments de la langue turque se retrouvent dans le bosnien.

Il est à noter également que la constitution de la Bosnie-Herzégovine ne mentionne aucune langue officielle.

L'anglais est très parlé, surtout parmi les plus jeunes, et est une langue universitaire. Il est souvent utilisé dans l'administration, et est très utile pour communiquer avec les casques bleus de l'ONU présents sur le territoire. Une forte diaspora bosniaque existe aux États-Unis, au Canada, et en Australie, tout comme en Grande-Bretagne.

Les langues étrangères les plus parlées sont l'anglais, l'allemand (diaspora : un grand nombre de Bosniaques vivent et travaillent dans des pays de langue allemande, l'Allemagne, l'Autriche ou la Suisse), et le turc, langue de culture en Bosnie-Herzégovine qui fut partie intégrante de l'Empire ottoman jusqu'en 1878.[réf. nécessaire] Au Temps ou la Bosnie-Herzégovine était sous domination austro-hongroise, le territoire était administré en langue allemande, de 1878 à 1918.

La Bosnie-Herzégovine est un pays observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie[27].

Religions[modifier | modifier le code]

La répartition religieuse du pays s'établit ainsi : les musulmans constituent 45 % de la population, les Serbes orthodoxes 36 %, les catholiques romains 15 %, 4 % pour les autres groupes (y compris les juifs et les protestants).

Le taux de pratique religieuse est relativement faible parmi les groupes religieux traditionnels, mais certaines régions connaissent une pratique plus fréquente, comme chez les Croates catholiques en Herzégovine ou parmi les musulmans de Bosnie centrale. Pour beaucoup de musulmans de Bosnie, la religion sert souvent comme identifiant communautaire lors des rites significatifs de passage comme la naissance, le mariage et la mort. Il y a également beaucoup d'athées et d'agnostiques parmi les Bosniaques. Toutes les religions ont connu un regain de pratique à la suite de la guerre de 1992-1995, expression de l'identification accrue de chacun avec son héritage ethnique et culturel.

Culture[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
21 novembre[28] Fête nationale Dan Državnosti
25 décembre Noël Katolički Božić Noël catholique
31 décembre - 1er janvier Nouvel An Nova Godina Avec feux d'artifices, nuit blanche.
7 janvier Noël Pravoslavni Božić Noël orthodoxe
13 janvier - 14 janvier Nouvel an orthodoxe Pravoslavna Nova godina
1er mars Jour de l'indépendance Dan nezavisnosti Indépendance du pays vis-à-vis de la Yougoslavie, via le référendum d'indépendance de mars 1992.
8 mars Journée internationale des droits de la femme Dan žena
1er mai Premier mai Prvi maj / Prvi svibanj Fête du Travail.
7 mai Journée des Mosquées Dan Džamija
date variable Fête du sacrifice Kurban Bajram (Aïd el-Kebir)
date variable Nouvel an musulman Hidžretska nova godina Souligné par les familles musulmanes, feux d'artifice dans les grandes villes bosniennes
date variable Fête de fin de Ramadan Ramazanski Bajram (Aïd el-Fitr) Jour de fête célébrant la fin du mois de ramadan
2e jour de l'Aid el-Fitr Journée des Martyrs Dan Šehida Jour commémorant les Bosniaques morts en martyrs dans le but d'obtenir l'indépendance.

Économie[modifier | modifier le code]

La Bosnie est un pays en voie de développement. La monnaie est le mark convertible.

Sport[modifier | modifier le code]

Avant que n'éclate la Yougoslavie, tous les clubs jouaient sous une même fédération, la Fédération yougoslave de football, Fédération yougoslave de basket-ball ou la Fédération yougoslave de handball.

En handball, le RK Borac Banja Luka de la ville de Banja Luka remporte la ligue des champions européenne en 1976 et la coupe EHF en 1991. En 1979, le KK Bosna, club de basket-ball de Sarajevo remporte la Coupe d’Europe des clubs champions chez les hommes, et le Jedinstvo Aida, de Tuzla, remporte la Coupe d'Europe des clubs champions en 1989 chez les femmes. Les clubs de football comme le FK Sarajevo, le FK Zeljeznicar et le FK Velež Mostar sont parmi les clubs les plus connus du pays.

Sportifs célèbres[modifier | modifier le code]

Football
Basket-ball
Rugby
Tennis
Volley-ball

Statistiques[modifier | modifier le code]

  • Population : 4 622 163 habitants (en 2011). 0-15 ans : 14 % ; 15-64 ans : 71 % ; + 65 ans : 15 %
  • Frontières terrestres : 1 538 km - Croatie 932 km, Serbie 357 km, Monténégro 249 km
  • Littoral : 28 km
  • Extrémités d'altitude : 0 m > + 2 386 m
  • Espérance de vie des hommes : 72 ans (en 2006)
  • Espérance de vie des femmes : 78 ans (en 2006)
  • Taux de croissance de la population : 1,47 % (en 2006)
  • Taux de natalité : 12,86 ‰ (en 2001)
  • Taux de mortalité : 7,99 ‰ (en 2001)
  • Taux de mortalité infantile : 8,67 ‰ (en 2011)
  • Taux de fécondité : 1,71 enfants/femme (en 2001)
  • Taux de migration : 6,91 ‰ (en 2006)
  • Indépendance : 1er mars 1992 (ex-Yougoslavie)
  • Lignes de téléphone : 998 600 (en 2009)
  • Téléphones portables : 3.257 million (en 2009)
  • Postes de radio : 940 000 (en 1997)
  • Postes de télévision : n.c.
  • Utilisateurs d'Internet : 1.422 million (en 2009)
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 3 (en 2000)
  • Routes : 21 846 km (dont 14 020 km goudronnés) (en 2001)
  • Voies ferrées : 1 021 km (en 2000)
  • Voies navigables : n.c.
  • Nombre d'aéroports : 28 (dont 9 avec des pistes goudronnées) (en 2000)

Codes[modifier | modifier le code]

La Bosnie-Herzégovine a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.letemps.ch/Page/Uuid/64fbbfce-1017-11de-87cd-ecb37533225e%7C1
  2. http://www.rfi.fr/actufr/articles/040/article_21670.asp
  3. Commission générale de terminologie et de néologie Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes) NOR : CTNX0818389X
  4. Le Robert des noms propres 2010 ; le terme Bosniaque désigne uniquement les Bosniens de culture musulmane
  5. Paul Garde, « Conférence - débat avec Paul Garde, animé par Anne Madelain lors de la journée annuelle du Courrier des Balkans », Le Courrier des Balkans,‎ 12 février 2005 (lire en ligne)
  6. (en) Central Intelligence Agency, The World Factbook, 2013
  7. Nom officiel pour l'Union européenne et recommandé par cet État et ses administrateurs.
  8. Voir l'article de Wikipédia Bosnie (région)
  9. Avant la venue des Slaves sur le territoire, la population était illyrienne, grecque et romaine.
  10. Colling 1949, p. 295
  11. (en) « Member States of the United Nations », ONU (consulté le 7 août 2011)
  12. Audience du procès de Goran Jelišić, Dossier IT-95-10, Tribunal pénal international, La Haye, inculpé de génocide le 1er septembre 1997.
  13. Documents rassemblés par Le Nouvelle Observateur et Reporters sans frontières, Le Livre Noir de l’ex Yougoslavie, Purification ethnique et crimes de guerre, Édit. Arléa
  14. Florence Hartmann, Milosevic, la diagonale du fou, p. 286, 287, 288, et Prosecutor v. Rajić, Case No. IT-95-12 (Trial Chamber), Review of the Indictment pursuant to Rule 61 of the Rules of Procedure and Evidence, September 13, 1996, para. 13, 26, 32.
  15. Journal le Monde, jeudi 18 novembre 1993, Juger les crimes de guerre, point de vue
  16. a et b http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101115.REU4422/le-nouveau-president-bosno-serbe-defie-les-occidentaux.html
  17. a et b http://www.leparisien.fr/liveafp-monde/bosnie-des-municipales-qui-confirment-la-mainmise-des-nationalistes-05-10-2008-265854.php
  18. « Bosnie-Herzégovine : situation toujours difficile pour les Serbes en Fédération », sur Sarajevo-X (traduit par le Courrier des Balkans),‎ 29 janvier 2012
  19. Romandie Nexs - Kosovo: Rice prévient les Européens du « danger » de tergiverser
  20. Autonomistes et indépendantistes en Europe
  21. http://balkans.courriers.info/article16177.html
  22. « Pourquoi la Bosnie ne prend pas le chemin de l’Union européenne », Site Toulouse7.com,‎ 12 novembre 2010
  23. « La Bosnie-Herzégovine peine toujours à se consolider », Site affaires-strategiques.info,‎ 26 novembre 2010
  24. Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine
  25. http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=645
  26. « Bosnie-Herzégovine : un recensement de la population en 2013 ? », Courrier des Balkans, 9 janvier 2012.
  27. « Organisation internationale de la Francophonie », sur francophonie.org
  28. "National Holiday of Member States" sur le site officiel des Nations Unies

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]