Moulins (Allier)

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Moulins
La ville depuis la rive gauche de l'Allier.
La ville depuis la rive gauche de l'Allier.
Blason de Moulins
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Allier (préfecture)
Arrondissement Moulins
Canton Chef-lieu du canton de Moulins-Ouest et du canton de Moulins-Sud
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Moulins
Maire
Mandat
Pierre-André Périssol
2014-2020
Code postal 03000
Code commune 03190
Démographie
Gentilé Moulinoise, Moulinois[1]
Population
municipale
19 094 hab. (2011)
Densité 2 218 hab./km2
Population
aire urbaine
61 886 hab.
Géographie
Coordonnées 46° 33′ 55″ N 3° 20′ 00″ E / 46.56527, 3.33333346° 33′ 55″ Nord 3° 20′ 00″ Est / 46.56527, 3.333333  
Altitude Min. 202 m – Max. 240 m
Superficie 8,61 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.ville-moulins.fr/

Moulins (la dénomination Moulins-sur-Allier est parfois utilisée, notamment par la SNCF[2]) est une commune française, préfecture du département de l'Allier, dans la région Auvergne. Capitale historique du Bourbonnais, l'agglomération s'étend le long de l'Allier.

Ses habitants sont appelés les Moulinois.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La ville de Moulins se situe dans le département de l'Allier, en région Auvergne.

Située essentiellement le long de la rive droite de l'Allier, l'une des dernières rivières sauvages d'Europe et affluent de la Loire, Moulins bénéficie d'un environnement agréable. La ville est placée sur les contreforts du Massif Central, mais le relief n'y est encore que très légèrement vallonné. Enfin, Moulins se trouve approximativement à la limite entre bocage bourbonnais à l'ouest et Sologne bourbonnaise à l'est.

Climat[modifier | modifier le code]

Météo-France ne dispose que d'une seule station météorologique dans l'Allier, la station de Vichy-Charmeil[3].
Vous pouvez consulter les données disponibles sur le climat vichyssois ou, plus globalement, sur celui de l'Allier. À noter que les matinées sont, en général, beaucoup plus fraîches dans les secteurs de Vichy-Saint-Germain-des-Fossés qu'à Moulins même, 50 km plus au nord.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Moulins est situé sur la RN 7 mais est aussi à l'origine de la RN 9. On rejoint facilement, à partir de la ville, l'autoroute A77, par l'intermédiaire de la RN7, et l'autoroute A71, via la RCEA (Route Centre-Europe Atlantique).

Moulins dispose d'un contournement par l'est emprunté par l'autoroute A77.

Ville Kilométrage Temps
Paris 300 km 3 h 30
Lyon 200 km 2 h 15
Clermont-Ferrand 100 km 1 h 15
Bordeaux 470 km 5 h 00
Pistes cyclables[modifier | modifier le code]

Elles sont essentiellement localisées sur les bords de l'Allier, où une piste de trial est également accessible.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Gare de Moulins-sur-Allier.

La ville dispose d'une gare de moyenne importance appelée Moulins-sur-Allier appartenant à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), bénéficiant du service d'information en ligne Gares et connexions[4], desservie par des trains de grandes lignes Intercités. C'est aussi une gare du réseau des trains express régionaux d'Auvergne[5] (TER Auvergne). Les principales villes accessibles depuis la gare sont Angers, Bourges, Clermont-Ferrand, Dijon, Lyon, Nantes, Nevers, Paris, Roanne, Saumur, Tours, Vichy, Vic-le-Comte et Vierzon.

Transports en commun[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Transports en commun de Moulins.

Le réseau d'agglomération de transport urbain par bus est géré par la RATP depuis la rentrée 2010. Ses prédécesseurs étaient MayBus jusqu'à 2007 et Aléo de 2007 à 2010.

Neuf lignes régulières desservent sept communes : Avermes, Bressolles, Moulins, Neuvy, Toulon/Allier, Trévol, et Yzeure.

Transports aériens[modifier | modifier le code]

Aérodrome de Moulins - Montbeugny, qui malgré son nom se situe sur la commune de Toulon-sur-Allier.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes :

Logement[modifier | modifier le code]

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

LOGIPARC03 – Un parc logistique et multimodal européen

Forte de la situation géographique stratégique et privilégiée qu’offrent les 184 hectares du site de Montbeugny, Yzeure et Toulon-sur-Allier, Moulins Communauté ambitionne de créer une plateforme logistique et multimodale, avec embranchement ferré, intégrée dans un réseau européen de plateformes portuaires et terrestres.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

La ville de Moulins porte:

« D'argent à trois croix ancrées de sable ouvertes du champ en losange; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. »

Histoire[modifier | modifier le code]

L’histoire de la ville de Moulins est étroitement liée à celle des ducs de Bourbon, puisqu’elle devient la capitale du duché et de ses importantes dépendances en 1327. Cet état de fait perdurera jusqu’en 1523, avec la défection du connétable de Bourbon.

Des origines légendaires[modifier | modifier le code]

La tradition populaire raconte qu’un sire de Bourbon, perdu après une journée de chasse, aurait trouvé refuge dans un moulin sur les bords de l’Allier. Tombé amoureux de la meunière qui l’avait recueilli, pour justifier ses fréquentes venues, il fit bâtir à l’emplacement actuel du palais ducal un relais de chasse. Une ville se développera autour : ce sera Moulins[6],[7].

Les premiers temps[modifier | modifier le code]

C’est en 990 qu’apparaît la première mention de Moulins dans un document : à l’occasion de la donation d’une chapelle dédiée à saint Pierre à l’abbaye de Cluny par quatre religieux, les frères Vion, Lambert, Bérard et Guillaume, on apprend que celle-ci se trouve «in villa Molinis»[8]. Cependant, le peuplement des rives de l’Allier en cet endroit est bien antérieur au Xe siècle, mais jusqu’alors, il n’était question que d’Yzeure, tant dans les archives que sur le terrain. En 1097, toujours dans des actes de donation, on parle d’une «capellam de Molinis», puis en 1103, d’une «ecclesiam de Molinis». L’évolution des structures religieuses tend à indiquer que la ville prend rapidement de l’importance.

En 1232, comme précédemment pour d’autres villes du Bourbonnais, Archambaud VI, seigneur de Bourbon, accorde aux bourgeois de Moulins une charte de franchise, contre une rente annuelle de 200 livres [6]. Cette charte n’est que la confirmation des droits déjà accordés par Archambaud V, beau-fils de Louis VI Le Gros, roi qui fut particulièrement libéral envers les diverses communes de son royaume. Les habitants de Moulins pourront à l’avenir administrer eux-mêmes leur cité : quatre consuls, présidés par un fonctionnaire ducal, seront élus tous les ans. Devenue ville franche, Moulins attire nombres d’étrangers, l’activité économique naît et prend un essor important. Dans le courant du XIIIe siècle, la cité compte quelque mille habitants[9]. En 1244, la contribution annuelle de 200 livres est supprimée, remplacée par une «taxe de bourgeoisie» : tous les habitants sont dans l’obligation de s’acquitter d’un montant variant de 2 à 6 sols, selon leurs revenus[6].

En 1327, la seigneurie du Bourbonnais est érigée en duché par le roi de France Charles IV Le Bel. Louis Ier Le Grand, premier duc de Bourbon, réside peu à Moulins, de même que son fils et successeur, Pierre Ier [8]. Le duché n'avait pas alors de capitale fixe : la famille, originaire de Bourbon-l'Archambault, résidait aléatoirement dans cette même ville, à Moulins, Souvigny ou Chantelle[6]. Les travaux qu’ils entreprennent sont minimes : édification des soubassements de la Malcoiffée, le donjon du palais ducal, pour le premier[8] ; autorisation de l’installation du couvent des Carmes, plus vieil établissement religieux de la ville, pour le second[6].

Capitale des ducs de Bourbon[modifier | modifier le code]

C’est avec Louis II Le Bon que Moulins devient effectivement capitale du duché, et, comme lieu de résidence des ducs, de facto la capitale des territoires sous leur administration :

« Nostre ville de Molins en laquelle nous, nostre très chière et très
aimée compaigne la duchesse et nos enfants vous acoustumés de
faire notre demeure plus souvent et continuellement que autre part,
nous ou eulx estans en notre païs de Bourbonnois[8] ».

Durant son règne, et sous ses ordres, s’élèvent l’hôpital Saint-Nicolas, qui vient s’ajouter à l’hôpital Saint-Julien, fondé au XIIIe siècle, la première collégiale Notre-Dame, la première enceinte, dont les cours actuels Anatole France et Jean Jaurès rappellent l’emplacement. En 1369, il crée à Moulins l’ordre de l'Écu d'or, et en 1370 celui de Notre-Dame du Chardon, dont Du Guesclin sera le récipiendaire le plus connu. Enfin, en 1374, il fonde la Chambre des Comptes de Moulins[8]. En 1400, Moulins compte 5 000 habitants[9]. Le duc s’éteint en 1410 au château de Montluçon.

Jean Ier lui succède. En 1412, s’étant engagé aux côtés des Armagnac, Moulins est assiégée, sans succès, par les Bourguignons[6]. En 1429, alors qu’il est prisonnier des Anglais —le duché est dirigé par son épouse Marie de BerryJeanne d’Arc vient séjourner à Moulins et se recueillir auprès de la Vierge Noire. En témoigne une plaque commémorative (récente) posée à l’angle de la rue d’Allier et de la rue de la Flèche.

De 1434 à 1456, le duc de Bourbon est Charles Ier.

Anne de France et sa fille Suzanne de Bourbon, priant.

Jean II, surnommé Le Bon, comme son aïeul, œuvra lui aussi pour sa capitale. À la fin de la Guerre de Cent Ans, il fait édifier une seconde collégiale, en remplacement de la première, un premier Jacquemart (beffroi). On peut encore observer des maisons de cette époque dans le vieux Moulins (Hôtel Demoret, rue Grenier et rue de Orfèvres[8]). La cour ducale est brillante et réputée. Au nombre des artistes qui y séjournent, on compte Michel Colombe, Jean de Rouen, et même François Villon, en 1457[10]. Lorsque Jean II participe à la Ligue du Bien public en 1465, le roi Louis XI assiège et prend sa capitale. Mort en 1488, sans héritier légitime, ses successeurs sont ses frères : Charles II, cardinal archevêque-comte de Lyon, qui abdique rapidement, et Pierre II.

C’est à l’époque de Pierre II, sous les auspices d’Anne de France, son épouse et fille de Louis XI, que la renommée de Moulins et la puissance de la famille ducale atteignent leur apogée, même si la peste ronge la ville avec virulence dès la fin du XVe siècle, et ce jusqu’au milieu du XVIe siècle. On y peint le fameux triptyque du Maître de Moulins, la duchesse fait réaménager l’aile Nord du palais ducal (l’actuel pavillon Anne de Beaujeu), on y rédige Les enseignements d'Anne de France à sa fille Suzanne de Bourbon. L’administration ducale, réorganisée et modernisée[9], compte près de 1 650 fonctionnaires, rien que dans Moulins[6]. En 1494, Charles VIII projette d’envahir l’Italie, et pendant qu’il reste à l’étranger, il confie la famille royale et le gouvernement de la France au duc, qu’il nomme lieutenant-général du royaume. Pierre II ne va pas s’installer à Paris, mais, avec la famille royale, reste à Moulins, qui devient alors la véritable capitale du pays[6]. Il restitue ses pouvoirs, en 1495, à Lyon, au roi. En 1503, le duc meurt. Sa fille, Suzanne, devient duchesse de Bourbon, jusqu’à son mariage avec Charles de Montpensier, en 1505, qui deviendra Charles III de Bourbon.

Pendant le règne de Charles III, Anne de France conserve une très grande influence sur les affaires du duché. En novembre 1518, les notables de Moulins, de leur propre chef, élisent un maire, Jean Chanteau, secrétaire de la duchesse douairière. L’habile choix de ce premier maire, et sa prestation immédiate de fidélité auprès du chancelier ducal conduisirent la duchesse Anne, au mois de décembre de la même année, à accorder une charte municipale qui entérine ce droit pour la ville[6],[8]. Les maires, élus tous les deux ans, seront responsables du pavage, des ponts, de la surveillance du port, de la propreté des rues, de l’approvisionnement du marché, des impositions locales et du bon fonctionnement des assemblées[6].

Le rattachement à la Couronne[modifier | modifier le code]

Le XVIe siècle : après le duché, un gouvernement, une généralité[modifier | modifier le code]

Généralité de Moulins

En 1523, le connétable de Bourbon, Charles III, trahit le roi de France, François Ier, en se ralliant à Charles Quint. Tous ses domaines, le Bourbonnais, le Forez, la Marche, l’Auvergne, et bien d’autres sont mis sous séquestre. Son procès, commencé en 1527, aboutit, en 1531, à la confiscation de tous ses biens par la Couronne. Moulins est déchue de son statut de capitale. Sa Chambre des comptes est supprimée en 1532, ses archives sont versées à celles de la Chambre des comptes de Paris. Cependant, en raison des prétentions territoriales que sa mère avait eu sur le Bourbonnais, François Ier s’emploie à faire de Moulins le centre administratif d’une province royale. Un gouverneur du Bourbonnais est nommé ; le premier est Jean Stuart, duc d’Albany, en 1531[6]. En 1548, c’est à Moulins qu’a lieu de mariage de Jeanne d’Albret, héritière de Navarre, et d’Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. En 1551, la ville reçoit un présidial, qui gagne en importance en 1657 avec la suppression de celui de Montluçon ; en 1587, elle devient le siège d’une généralité, qui regroupe le Bourbonnais, la Nivernais et la Marche. À la mort d’Henri II, en 1559, le Bourbonnais devient le douaire des reines de France, et ce jusqu’en 1659[6]. En 1587, le roi Henri III, en récompense de la fidélité de Moulins pendant les troubles qui agitent le royaume, prévoit d’y installer un Parlement ; mais un pamphlet, Remontrances très humbles contre l’établissement demandé d’un Parlement à Moulins, fait avorter le projet[6].

Du 22 décembre 1565 au 23 mars 1566, le roi Charles IX, à l’occasion de son grand tour de France, séjourne, avec toute la cour, à Moulins. Le futur Henri III de France y est fait duc de Moulins[11] et l’édit de Moulins est publié. Il règlemente le domaine royal, et est parfois considéré comme une source historique du domaine public.

La population ne cesse de croître, à tel point qu’à partir de 1536, une seconde enceinte est érigée, pour protéger tous les faubourgs qui s’étalaient au-delà de la première muraille de Louis II. En juin 1562, au début des guerres de religion, les huguenots tentent de s’emparer de la Moulins, pour densifier le réseau des forteresses qui sont en leurs mains. Commandés par François Poncenat et M. de Saint-Auban, ils assiègent la place, qui est défendue par Jean de Marconnay, seigneur de Montaret. Apprenant l’arrivée imminente de troupes envoyées par le gouverneur de Nevers à celui de Moulins, et face à la résistance qu’oppose la ville au siège, les réformés battent en retraite. Cet évènement conduit à une violente réaction dans les campagnes avoisinantes : tous ceux qui auraient soutenu les Huguenots, ou qui en seraient, sont massacrés[6].

Après l'assassinat de son époux le roi Henri III de France en 1589, ne pouvant habiter le château de Chenonceau alors criblé de dettes, la reine-douairière Louise de Lorraine se retire au château de Moulins où elle meurt en 1601.

Le XVIIe siècle : Contre-Réforme et absolutisme[modifier | modifier le code]

À quel diocèse appartenait Moulins ?

Après le Concile de Trente, et avec la Contre-Réforme catholique, un très grand nombre de couvents et monastères s'installent à Moulins. De trois établissements religieux avant 1600, on en compte treize à la fin de ce siècle : Carmes (1352), Jacobins (1515), Clarisses (1521), Capucins (1601), Augustins (1615), Ursulines (1616), Visitandines (1616), Minimes (1621), Chartreux (1622 et 1660), Carmélites (1628), Bernardines (1649), Filles de la Croix (1682)[8]. En 1604, par lettres patentes, le roi Henri IV autorise la fondation d'un collège jésuite[6]. Enfin, en 1641 meurt à Moulins Jeanne de Chantal, fondatrice de l'ordre de la Visitation.

Claude Louis Hector de Villars

Dès le début du XVIIe siècle, les prémices de l'absolutisme se font sentir, et Moulins devient une terre d'exil. Le 18 novembre 1632, Marie-Félicie des Ursins, l'épouse du duc Henri II de Montmorency, qui vient d'être exécuté à Toulouse pour crime de lèse-majesté, arrive à Moulins pour être retenue captive dans l'ancien palais ducal. Rapidement, elle est rendue à la liberté, se retire en 1634 au couvent de la Visitation de Moulins, dont elle devient une religieuse en 1641[8] (l'année même où meurt dans ce même couvent de Moulins la fondatrice de l'Ordre, Jeanne de Chantal). Elle fera construire un mausolée, à côté du couvent, où seront entreposés la dépouille mortelle de son mari et son propre corps, à sa mort. Après la disgrâce du surintendant des Finances Nicolas Fouquet, sa famille, dont son épouse, Marie-Madeleine de Castille, est envoyée en exil à Montluçon, puis à Moulins et enfin à Souvigny[8]. En 1653, naît à Moulins Claude Louis Hector de Villars, qui deviendra en 1733 maréchal général des camps et armées du roi. Son père étant alors en exil (il était notamment haï de Louvois), sa mère se retire chez sa tante, Mme de Saint-Géran, épouse de Jean-François de La Guiche, gouverneur du Bourbonnais, à Moulins[8].

Un autre militaire naîtra à Moulins, il s'agit de Jacques Fitz-James de Berwick, en 1670, qui deviendra maréchal de France.

Au XVIIe siècle, la population continue de croître et l'industrie se développe. Les rives de l'Allier sont urbanisées, avec l'expansion de la batellerie[8]. La coutellerie de luxe et l'industrie armurière de Moulins connaissent leurs heures de gloire. La première s'éteindra avec la Révolution, et donc la fin de la haute noblesse, la seconde ne survivra pas à l'avènement des armes à feu. D'après le journal de Jean Héroard, médecin attaché à la personne du dauphin puis roi Louis XIII, on apprend qu'en 1603 la ville de Moulins offre au dauphin, qui est âgé de deux ans, sa première armure. Sous le règne d'Henri IV, on entreprend d'établir une industrie séricicole à Moulins, comme en beaucoup d'endroits du royaume. Enfin, durant la seconde moitié du siècle, des travaux d'embellissement de la ville sont effectués, avec notamment l'aménagement des cours de Bercy et d'Aquin[8].

Le 22 avril 1654, Louis XIV modifie les critères d'admission au sein du conseil municipal, « afin de remédier aux brigues, cabales et monopoles pratiqués, depuis quelques années, dans la ville de Moulins, pour l'élection du maire » : seuls des notables pourront y siéger. Par un édit d'août 1692, il crée les charges de maires perpétuels, non élus, qui doivent être achetées, dans le but de renflouer le Trésor et soutenir l'effort de guerre. En 1693, Bernard de Champfeu acquiert le poste de maire perpétuel de Moulins pour la somme de 44 000 livres. En 1705, le mandat électif pour les maires est rétabli, mais pour avoir l'insigne honneur d'élire leur maire, les villes doivent payer une taxe au Trésor et dédommager l'actuel maire perpétuel. En 1712, M. de Champfeu est totalement remboursé et est remplacé par un maire élu, M. Vernin[6].

Le XVIIIe siècle : Un pont en dur et une Révolution[modifier | modifier le code]

Moulins et pont de Régemortes représentés sur la carte de Cassini, 1759

Durant le XVIIIe siècle, les travaux d'embellissement de la ville se poursuivent, mais la grande réussite architecturale de ce siècle à Moulins est le pont que l'ingénieur Louis de Régemortes parvient à construire sur l'Allier. Au niveau de Moulins, l'Allier est relativement étroit, et c'est sans doute une des raisons qui poussèrent initialement des populations à s'installer ici. Longtemps des ponts en bois seront construits, tous emportés par des crues. En 1499, le duc Pierre II prévoit de faire construire un pont de pierre, mais son projet n'est pas réalisé. L'an 1532 marque un tournant, puisque l'on construit effectivement le premier pont de pierre de Moulins. Il sera emporté. En 1595, on le reconstruit. Las, il est emporté en 1676. C'est que le lit de la rivière est particulièrement sablonneux à Moulins, rendant les fondations de ces édifices très fragiles. Lorsque les ponts sont effondrés, on traverse à bac. En 1685, un nouveau pont est bâti, il s'effondre quatre ans plus tard. Au début du XVIIIe siècle, Jules Hardouin-Mansart conçoit les plans d'un futur pont, qui s'écroulera en 1710[12]. Saint-Simon rapporte, dans ses Mémoires, l'annonce au roi et à l'architecte de cet évènement[13]. Cependant, il faut ici constater que le mémorialiste affabule, puisque Hardouin-Mansart meurt en 1708. En 1750, Louis de Régemortes, premier ingénieur des turcies et levées de la Loire, s'emploie à résoudre ce problème, et achève en 1762, après force travaux, un ouvrage qui est resté, jusqu'à aujourd'hui, intact. Il fera publier en 1771 Description du nouveau pont de pierre construit sur la rivière d’Allier à Moulins, dans lequel il indique par quels moyens il est venu à bout des difficultés qui causaient la ruine de chacune des entreprises précédentes.

Pont Régemortes au fond, vu du pont de fer.

Dès 1778, des tentatives de réformes sont engagées par Jacques Necker, notamment de décentralisation, avec la mise en place d’assemblées provinciales, compétentes pour répartir et lever les impôts, diriger la construction des routes et faire au Roi des représentations en vue du bien de la province. D'abord établies en Berry et Haute-Guyenne, ces assemblées sont autorisées en Bourbonnais par lettres-patentes de 1780, confirmées en 1781. Mais cette tentative n’est qu’éphémère, puisqu’elle prend fin, pour le Bourbonnais, dans le courant de 1781. Elle est cependant rééditée en 1788. Le 27 septembre de la même année, le Parlement de Paris enregistre l’édit de convocation des États Généraux. À partir du 16 mars 1789, les trois ordres sont réunis à Moulins pour élire leurs représentants et rédiger les cahiers de doléances. Le 21 mars, Moulins connaît une nuit du 4 août anticipée : la noblesse fait savoir aux clergé et tiers état qu’elle renonce à tous ses privilèges : « la noblesse fait, avec plaisir, au tiers état le sacrifice de tous ses privilèges pécuniaires, ne demandant à se réserver, franc de toutes impositions réelles, que le manoir seigneurial, avec sa cour et son jardin, pourvu que le tout n’excédât pas la valeur de deux arpents royaux, assurant que ladite noblesse se bornait à cette distinction purement honorifique ». Le clergé, à son exemple, se dit alors « prêt, de son côté, à faire le sacrifice de tous ses droits sans aucune réserve »[6].

Joseph Fouché, miniature sur ivoire par Jean-Baptiste Sambat.

Dès 1787, une société philosophique, La Société de Moulins, est fondée dans la ville. On peut penser que c’est des idées qu’elle diffuse que découle l’engagement de la noblesse et du clergé bourbonnais de renoncer à leurs privilèges. C’est un club de notables. En 1791, elle fait place à la Société des Amis de la Constitution, affiliée au Club des Jacobins, qui réunit la haute bourgeoisie moulinoise, instruite et modérée. Elle siège, à partir de 1792, en l’église Saint-Jean. Enfin lui succède La Société populaire, dont la plupart des membres fait partie du petit peuple[6]. Les élections municipales de décembre 1792 mettent à la tête de la ville des citoyens "plus républicains", qui commencent à prendre des mesures fortes, avec le soutien de la Société populaire. C’est bientôt l’avènement de la Terreur. Du 17 avril au 1er octobre 1793, avec l’accord du Conseil Général du département, dont Moulins est devenue la préfecture en 1790, un Comité central de sûreté publique est formé. Le 10 juin 1793, Jacques-Pierre Brissot, l’un des chefs des Girondins à la Convention, est arrêté à Moulins. La guillotine est dressée place Brutus (place d’Allier). En septembre, Joseph Fouché, envoyé de la Convention, arrive à Moulins. Il n’y reste que quelques jours, mais y laissera des marques certaines : à son instigation est formée une armée révolutionnaire pour l’Allier, qui sera sous les ordres du Comité de surveillance départemental, il remplace des fonctionnaires, procède à des levées de fonds auprès des « riches », accentue la Terreur. Le 31 décembre 1793, trente-deux moulinois, envoyés par le Comité de surveillance à Lyon, sont exécutés. Succédant à Fouché, Noël Pointe, représentant du peuple près les départements de la Nièvre, le Cher et l’Allier, s’emploie à modérer les mesures prises par son prédécesseur. Les représentants du peuple qui suivront Pointe œuvreront tous dans le même sens[6].

Durant la Révolution, à Moulins, à la suite de la loi du 19 juillet 1792, une manufacture d’armes est instituée, qui fonctionnera concurremment avec une fonderie de canons. La ville compte de très nombreux clochers car elle abrite un grand nombre d’établissements religieux. Ces clochers seront rasés. Le 5 vendémiaire, an V, l’École centrale de Moulins est inaugurée, succédant au collège qui avait été fondé par les jésuites[6].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1804, l’École centrale de Moulins est remplacée par un lycée, l’un des premiers de France. Il deviendra le lycée Théodore de Banville. Sous l’impulsion de Napoléon III, la cathédrale est agrandie par la construction d’une nef. Dans le même temps, l’église du Sacré-Cœur est élevée. C’est la première église consacrée au Sacré-Cœur de Jésus-Christ en France[8].

En janvier 1871, c’est à Moulins qu’est centralisé le courrier à destination de Paris, assiégée par les Prussiens, et qui devait y parvenir par transport en boules de Moulins.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du Conseil municipal de Moulins[14] :

Groupe Président Effectif Statut
UMP Pierre-André Périssol 28 majorité
PS - PC Jacques Lahaye 5 minorité

Les maires de Moulins[modifier | modifier le code]

Moulins est la préfecture de l'Allier, bien qu'il ne s'agisse pas, et de loin, de la plus importante ville en termes de population.

La fonction de maire existe à Moulins depuis 1518[15].

Liste de l'ensemble des maires qui se sont succédé à la mairie de Moulins :

Liste des maires successifs depuis 1944
Période Identité Étiquette Qualité
Mars 2014 Mars 2020 Pierre-André Périssol [16] UMP Ancien ministre
Mars 2008 Mars 2014 Pierre-André Périssol [17] UMP Ancien ministre
Mars 2001 Mars 2008 Pierre-André Périssol UMP Ancien ministre
1995 Mars 2001 Pierre-André Périssol RPR puis UMP Ancien ministre
1989 1995 Paul Chauvat DVD  
1971 1989 Hector Rolland RPR  
1959 1971 Jacques Pligot Républicain indépendant  
octobre 1947 mars 1959 Maurice Tinland    
mai 1945 octobre 1947 Henri Gromolard CNR  
août 1944 mai 1945 Jean Dufloux   Maire provisoire

Composition du conseil municipal[modifier | modifier le code]

Composition du conseil municipal en avril 2014
Période Identité Étiquette Qualité
    Pierre-André Périssol UMP Maire
    Nicole Tabutin   1re adjointe chargée de la solidarité, de la famille et du personnel
    Dominique Legrand   2e adjointe chargée de l'urbanisme, du commerce, du logement et du cadre de vie
    Christian Place UMP 3e adjoint chargé des finances, des travaux et de l'insertion des handicapés
    Danielle Demure UDI 4e adjointe chargée des affaires générales, de la vie associatives et des animations
    Bernadette Rondepierre   5e adjointe chargée de la culture
    Jean-Michel Moreau   6e adjoint chargé de l'éducation et des nouvelles technologies
    Johnny Kari   7e adjoint chargé du sport et du civisme
    Stefan Lunte   8e adjoint chargé du développement durable et du patrimoine, rapporteur général du budget
    Béké Benzohra   9e adjointe chargée de la jeunesse et de la politique de la ville
    William Beaudoin   Conseiller municipal, conseiller délégué au cadre de vie
    Catherine Bésiers-Tabourneau   Conseillère municipal, conseillère déléguée au lien intergénérationnel et aux services pour les jeunes
    Jean-Marie Lesage   Conseiller municipal, conseiller délégué au personnel
    Cécile de Beuvrand   Conseillère municipal, conseillère déléguée à l'environnement
    Nathalie Martins   Conseillère municipal, conseillère déléguée aux grands événements festifs
    Betty Houssais   Conseillère municipal, conseillère déléguée aux personnes âgées et à la mise en valeur du patrimoine
    Ludovic Brazy UDI Conseiller municipal, conseiller délégué à l'animation sportive et à l'accompagnement des jeunes porteurs de projets
    Lyliane Eyraud   Conseillère municipal, conseillère déléguée aux animations culturelles
    Hamza Budak   Conseiller municipal, conseiller délégué aux NRE
    Annie Charmant   Conseillère municipal, conseillère déléguée aux animations commerciales
    Eric Michault   Conseiller municipal, conseiller délégué au stationnement et au handicap
    Odette Verdier   Conseillère municipal, conseillère déléguée à la famille et à la petite enfance
    Christian Dupré   Conseiller municipal, conseiller délégué à la proximité
    Véronique Lemaire   Conseillère municipal, conseillère déléguée à la programmation jeune public t aux affaires scolaires
    Guy Gilardin   Conseiller municipal, conseiller délégué à l'insertion par l'emploi
    Sylvie Ehret   Conseillère municipal, conseillère déléguée à la solidarité
    Gilbert Rosnet   Conseiller municipal, conseiller délégué à la prévention de la dépendance et au sport santé
    Nadia Ouardigui   Conseillère municipal, conseillère déléguée aux animations de quartier
    Jacques Lahaye PS Conseiller municipal
    Dominique Vézirian   Conseillère municipal
    Yannick Monnet PCF Conseiller municipal
    Marie-Thérèse Gobin EELV Conseillère municipal
    Daniel Delasalle PS Conseiller municipal
Les données manquantes sont à compléter.

N.B. : Les fonctions des adjoints ont été attribuées lors du conseil municipal suivant le premier tour des élections municipales de mars 2014.

Organisation judiciaire[modifier | modifier le code]

Banderole sur l'Hôtel de ville, janvier 2009

Moulins est le siège d'un TGI (Tribunal de grande instance) et d'un TI (Tribunal d'instance) qui gèrent l'essentiel des dossiers de la région. La présence de la prison de haute sécurité sur la commune limitrophe d'Yzeure a été favorisée par cette implantation.

En 2009 la réforme de la carte judiciaire prévue par le ministre de la Justice, Rachida Dati, prévoyait la fermeture du TGI de Moulins. À la suite de nombreuses manifestations de la population ainsi que des avocats, une lutte contre l'arrêté ministériel s'est organisée et en 2010, le Conseil d'État l'a déclaré invalide, annulant ainsi la fermeture du TGI.

Cependant, le Tribunal de commerce ainsi que le Conseil de prud'hommes ont été supprimés, et pour ces juridictions, Moulins et ses environs sont désormais rattachés à celles de Vichy-Cusset.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 19 094 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
13 249 13 509 14 101 13 697 14 672 15 231 15 377 17 110 17 318
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
18 069 17 581 19 890 20 385 21 774 21 156 21 721 22 665 22 215
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
22 340 21 888 21 990 22 968 23 306 22 225 22 369 23 254 24 441
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
23 909 25 979 26 067 25 159 22 799 21 892 20 599 19 094 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2004[20].)
Histogramme de l'évolution démographique


Évolution de la pyramide des âges de la commune de Moulins, comparaison entre l'année 1999 et 1982[21]:

Pyramide des âges en 1982 en nombre d'individus
Hommes Classe d’âge Femmes
539 
75 à plus
1 417 
1 238 
60 à 74
1 886 
2 320 
40 à 59
2 713 
3 941 
20 à 39
4 233 
3 475 
0 à 19
3 384 
Pyramide des âges en 1999 en nombre d'individus
Hommes Classe d’âge Femmes
723 
75 à plus
1 730 
1 214 
60 à 74
1 864 
2 458 
40 à 59
2 777 
3 175 
20 à 39
3 423 
2 291 
0 à 19
2 230 


Enseignement[modifier | modifier le code]

Établissements éducatifs[modifier | modifier le code]

Moulins relève de l'académie de Clermont-Ferrand. Celle-ci évolue sous la supervision de l'inspection départementale de l'Éducation nationale.

Voici ci-dessous la liste exhaustive des établissements scolaires de la commune[22]:

Établissements spécialisés[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Festi BD de Moulins (créé en 2001).
  • Salon de l'illustration et du livre de jeunesse, créé en 2007 par l'association LACME qui organise également le Salon du livre ancien de Souvigny.

Santé[modifier | modifier le code]

  • Centre Hospitalier & Urgences de Moulins-Yzeure
  • Polyclinique St-Odilon
  • Laboratoires MAYMAT ( Maymat ; Recoules ; Saint-Odilon )

Sports[modifier | modifier le code]

  • La ville organise une année sur deux les championnats de France de Tir au stand Roger Dumont.

Médias[modifier | modifier le code]

Moulins dispose des bureaux de France 3 Allier.

La Semaine de l'Allier a son siège à Moulins.

Le journal La Montagne a des bureaux à Moulins.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Cette liste n'est pas exhaustive :

Économie[modifier | modifier le code]

Les principales industries ont disparu au cours des années 1980-1990  : fermeture de l'usine Thomson, des chaussures Bally…

Moulins est l'un des 2 sièges de la Chambre de commerce et d'industrie de Moulins-Vichy. Elle gère l’aérodrome de Moulins - Montbeugny.

L'économie de la cité est très liée à ses fonctions administratives et de chef-lieu de département.

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Commerces[modifier | modifier le code]

  • Zone Commerciale Sud (Moulins-sud)
  • Zone Commerciale Nord (Avermes - arrondissement de Moulins)
  • Centre Commercial "Les Halles" (Centre-ville)

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Rue de l'ancien Palais.

Moulins présente un intéressant centre-ville, dominé par les hauts clochers de la Cathédrale Notre-Dame et du Sacré-Cœur ainsi que le beffroi au dôme de cuivre du Jacquemart, la haute tour de l'horloge de l'ancien pensionnat de St Gilles, le grand dôme d'ardoises et zinc des "Nouvelles galeries" ou encore le clocher en gothique flamboyant de l'église St Pierre… Mêlant les styles de différentes époques, avec, néanmoins une dominante médiévale et Renaissance, Moulins est classée ville d'art et d'histoire depuis 1997.

Médiathèque[modifier | modifier le code]

Dotée du statut de Bibliothèque Municipale Classée, la médiathèque communautaire comprend des collections de manuscrits, des incunables, des livres et périodiques anciens, et permet la consultation sur place et le prêt de livres, revues et CD musicaux.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Promenade des Quais d'Allier
  • Place d'Allier
  • Square Général Leclerc

Monuments et patrimoine laïques[modifier | modifier le code]

La tour jacquemart.
  • Tour de l'Horloge, dite « Jacquemart » avec toute sa famille d'automates qui égrènent les heures, vestige de l'ancienne enceinte (XVe siècle). La cloche principale, sonnant les heures, est de dimensions remarquables : 1,90 m de diamètre pour 2 mètres de hauteur, d'où un son très grave et puissant si particulier. Elle datait à l'origine de 1656 et fut parrainée par la reine Anne d'Autriche mais fut remplacée par une copie fidèle comme les deux autres cloches après l'incendie du haut du beffroi en 1946.
  • Tour de la « Mal-Coiffée », vestige de l'ancien château médiéval des ducs de Bourbon, ancienne prison dont la rénovation fut terminée en 2007.
  • Le remarquable pavillon « Anne de Beaujeu », un des premiers exemples de l'introduction de l'architecture Renaissance en France à la fin du (XVe siècle. Après d'importantes restaurations, il abrite, depuis le début du XXe siècle, les riches collections du musée de Moulins.
  • Le Palais de justice (XVIIe siècle), situé route de Paris, est l'ancien collège des jésuites. Il possède des plafonds peints et un décor en trompe l'œil signé Giovanni Gherardini (1654-1723).
  • Anciennes halles couvertes XVIIe, sur l'actuelle place des Vosges.
  • L'hôtel de ville, début XIXe, face au beffroi Jacquemart, avec colonnades et arcades.
  • L'imposant immeuble de style Louis XIII, toujours sur la place du Jacquemart, abritant depuis le début du XXe siècle la Caisse d'épargne.
  • Le théâtre municipal de style néoclassique (vers 1840), en bas des cours. Salle à l'italienne.
  • Lycée Théodore-de-Banville, premier lycée de France.
  • Le Grand Café (1899), de style « beaux Arts 1900 » ; l'une des dix plus belles brasseries de France d'époque 1900, sur la place d'Allier. L'intérieur est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1978.
  • Le « Bar américain », sur les cours, a, quant à lui, conservé sa superbe vitrine de style et d'époque Art Nouveau datant de 1905 (Inscription MH 1978).
  • Grande façade et dôme des Nouvelles Galeries, donnant sur la rue d'Allier, de style « Beaux-arts » avec mosaïques de faïences datant de 1914.
  • Grande fontaine de la colonne sur la place d'Allier (début XIXe).
  • Anciennes halles de type Baltard inaugurées en 1880 place d'Allier (actuellement en travaux ; elles devraient être, à terme, masquées par une superstructure).
  • Nombreuses maisons à colombages des 15e et 16e siècles au sein du quartier médiéval de la cathédrale et hôtels particuliers XVIIe-XIXe le long des cours et quartiers adjacents.
  • La maison Mantin, demeure d'un bourgeois moulinois du XIXe siècle, conservée telle qu'elle se présentait le jour de sa mort, en 1905 ; donnée par testament à la Ville de Moulins, qui se devait de l'ouvrir au public cent ans après le décès de son propriétaire, elle est ouverte au public depuis 2010 après de remarquables travaux de restauration.
  • Pont Régemortes, dont la construction a été terminée en 1763. Il est un des premiers et des plus grands construits en France avec une longueur de 301,50 mètres.
  • Le Pont de fer, fini en 1858, situé sur la ligne ferroviaire Montluçon - Moulins, en amont du Pont Régemortes. Le tablier métallique est long de 252 mètres (entreprise J.F. Cail & Cie).
  • Le Centre national du costume de scène et de la scénographie, offrant de riches expositions temporaires, à la scénographie raffinée, ouvert en 2006 dans l'ancien quartier de cavalerie dit Quartier Villars (XVIIIe siècle), au faubourg de la Madeleine, sur la rive gauche de l'Allier.

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

Panneau central du tryptique.
La Malcoifée et la cathédrale en arrière-plan.

Cathédrale de Moulins : Chœur gothique flamboyant du XVe siècle en grès jaune orangé de Coulandon (ancienne collégiale Notre-Dame), nef et flèches néo-gothique rayonnant avec mélange de calcaire blanc de Chauvigny et de pierres noires de Volvic (dans le style du gothique du XIIIe siècle considéré alors comme le plus pur par les historiens et architectes du XIXe siècle). Les travaux d'achèvement de la cathédrale, entrepris dès les années 1850 sur les premiers plans des architectes Lassus et Millet qui s'inspirèrent de la cathédrale de Senlis, notamment pour les flèches, ne furent pas menés à leur terme, par suite de nombreux revers tant sur le plan financier que sur le choix défectueux des matériaux. L'architecte qui leur a succédé et poursuivit les travaux jusque dans les années 1880 se détourna des plans initiaux, tant au niveau des matériaux, des flèches, que pour les toitures de la nef qui devaient être alignées sur celles du chœur. Il en fut de même pour la flèche centrale beaucoup plus modeste que dans les projets initiaux. La cathédrale abrite le célèbre triptyque du Maître de Moulins (Jean Hey). Ses deux flèches, récemment restaurées, mesurent 82 mètres mais paraissent plus hautes du fait que le parvis de la cathédrale domine d'environ 20 mètres la rivière Allier. Ses orgues de Joseph Merklin (1880)[23].

  • Église Sainte-Claire, chapelle de l'ancien monastère des Clarisses, dont le cloître fut percé par l'actuelle rue de la Comédie. Remarquable voûte en bois en forme de carène de bateau renversée[24]. Entre 1797 et 1847, cette chapelle a servi de salle de spectacle ; elle a été rendue au culte en 1854[25].
  • Église du Sacré-Cœur, première église en France consacrée au Sacré-Cœur de Jésus, achevée vers 1870 après plus 20 ans de travaux de construction. Elle est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre du courant néo-gothique par sa composition particulièrement soignée et harmonieuse due au grand architecte Jean-Baptiste-Antoine Lassus. Comme la cathédrale, elle possède deux hautes flèches (74 m) qui dominent la place d'Allier.
  • Église Saint-Pierre : magnifique clocher de style "néo-gothique flamboyant" (1901) ; l'église est en revanche plus ancienne (XVe siècle et XVIe siècle et réaménagement intérieur au XVIIe siècle).
  • Chapelle de l'ancien couvent de la Visitation Sainte Marie (vers 1650), monastère où décéda sainte Jeanne de Chantal en 1641, qui fut jusqu'en 1998 la chapelle du lycée Banville. Elle abrite le mausolée du duc de Montmorency, pair de France, exécuté pour son complot contre Richelieu aux côtés de Gaston d'Orléans. Sa veuve, Marie-Félice des Ursins, se retire dans ce monastère en 1637 et consacre son influence et sa fortune au rayonnement de ce monastère et à la construction de ce remarquable mausolée, sculpté par Anguier.
  • Temple protestant. Modeste construction de la fin du XIXe siècle, qui possède un petit clocher en forme de flèche.
  • Beffroi de l'ancien pensionnat St Gilles et sa chapelle. Haute tour de brique coiffée d'un dôme en zinc couronné par une statue de St Joseph portant l'enfant Jésus (1866).
  • Nombreux et étonnants couvents de style romano-byzantin seconde moitié XIXe siècle surmontés de coupoles à l'allure orientale, notamment pour les carmélites (route de Paris) et le Bon Pasteur (rue de Decize).

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Moulins constitue un bastion fort de la préservation des traditions culinaires régionales. On retiendra particulièrement :

  • la pompe aux grattons, brioche "salée" incorporant les "grattons" issus de la cuisson des viandes de porc, disponible en charcuterie ;
  • la "pompe à la tartouffe" ou pâté aux pommes de terre, plat traditionnel du vendredi, tourte feuilletée garnies de fines tranches de pommes de terre et de crème fraîche délicatement persillée ; l'usage veut que la crème y soit introduite par un petit orifice percé au centre de son "couvercle" de pâte feuilletée ;
  • les viandes de bœuf charolais ;
  • toute la farandole des fromages frais (brebis, vache) du pays ;
  • les vins régionaux, comme le saint-pourçain.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Le musée départemental Anne de Beaujeu.
  • Musée du bâtiment : dans une ancienne maison du XVIIIe siècle siècle (ayant accueilli les Compagnons du devoir), ce musée consacré au bâtiment présente des expositions permanentes relatives au passé et à l'évolution de chaque acteur de la construction : techniques, outils, maquettes, plans, savoir-faire.
  • Citévolution.
  • Musée de la Visitation, patrimoine de l'Ordre de la Visitation, composé de collections textiles uniques par leur fraîcheur et leur diversité, d'orfèvrerie civile et religieuse réunies dans une salle forte, et d'objets d'art et de dévotion de 1550 à nos jours. L'ensemble est l'unique exemple en Europe d'un lieu de mémoire consacré au patrimoine et à l'histoire d'un Ordre monastique (fondé en 1610). Permet de découvrir et de toucher du doigt l'Histoire de France et l'histoire des femmes durant ces quatre siècles. À noter la présence d'objets retraçant l'histoire locale du Bourbonnais qui accueille encore un monastère de la Visitation.
  • Triptyque du maître de Moulins, visite guidée. Le maître de Moulins, dont l'identification a fait couler beaucoup d'encre, était attaché à la cour des ducs de Bourbon. Il est maintenant identifié avec une quasi-certitude comme le peintre d'origine flamande Jean Hey[27] dont la première oeuvre connue est la Nativité conservée à Autun, au musée Rolin. Parmi ses œuvres, le triptyque de la cathédrale de Moulins, daté de 1502, est dans un excellent état de conservation. Il représente la Vierge de l'Apocalypse, en compagnie des donateurs, le duc Pierre II et la duchesse Anne de Beaujeu, avec leur fille Suzanne.
Ce triptyque compte parmi les sommets de la création artistique à la charnière du Moyen Âge et de la Renaissance. À la perfection de l'exécution dans le style de l'école flamande, s'ajoute l'intemporalité du message qu'il véhicule. Il s'agit d'un témoignage de haute spiritualité qui invite au recueillement, à la contemplation et à la méditation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.habitants.fr/habitants_moulins_03190.html
  2. Moulins-sur-Allier est le nom de la gare.
  3. Site de Météo-France
  4. Site SNCF Gares en mouvement, Moulins-sur-Allier lire en ligne (consulté le 26 mars 2011).
  5. Site SNCF TER Auvergne, Informations pratiques sur les gares : Gare de Moulins sur Allier lire en ligne (consulté le 26 mars 2011).
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Histoire de Moulins, Henry Faure.
  7. Epik’Art - Moulins, une terre à part en pays Bourbon
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Histoire de Moulins, 990-1990, Henriette Dussourd.
  9. a, b et c Bourbonrama - L’administration du duché bourbonnais.
  10. Forum-poésie.com
  11. Site Internet sur le Bourbonnais
  12. Histoire de Moulins, Henry Faure et Histoire de Moulins, 990-1990, Henriette Dussourd. On remarquera fort à propos que la DDE et le Musée du Bâtiment de Moulins ne présentent pas la même chronologie que celle notée ici.
  13. Consulter le 3e paragraphe
  14. Résultats des municipales 2014 sur le site elections.interieur.gouv.fr
  15. Histoire de Moulins, Henri Faure & Essais sur la formation et les progrès du Tiers-État, p. 258, note 2, Augustin Thierry
  16. Résultats des élections municipales de 2008 à Moulins, sur le site elections.interieur.gouv.fr.
  17. [PDF]Résultats des élections municipales de 2014 à Moulins, sur le site de la préfecture de l'Allier.
  18. Pour les maires de 1518 à 1830 : Histoire de Moulins, Henry Faure.
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  21. Insee, recensement de la population 1999
  22. Site de l'académie de Clermont-Ferrand et site de la ville de Moulins
  23. Moulins, cathédrale Notre-Dame, Orgue Merklin (1880) - Micolle-Valentin (1992)
  24. André Recoulès, La chapelle Sainte-Claire de Moulins, six siècles d'histoire, préf. de Daniel Moulinet, Moulins, Société d'émulation du Bourbonnais, 2010.
  25. Bernard Trapes et Jacques Lougnon, Le théâtre à Moulins au XIXe siècle, ou la vie d'un théâtre de province à l'époque romantique, in : Théâtre et spectacles hier et aujourd'hui, Époque moderne et contemporaine, Actes du 115e congrès national des sociétés savantes (Avignon 1990), CTHS Paris 1991, ISBN 2-7355-0220-1, p. 213 et 216.
  26. Site du musée.
  27. Voir le superbe catalogue d'exposition, France, 1500. Entre Moyen Âge et Renaissance. Paris, RMN, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Génermont, Vieilles rues, plaques neuves, les rues de Moulins à travers les âges, illustrations d'El. Meyer, Moulins, Crépin-Leblond, 1937, in-8°, 271 p., ill. (réed. sous le titre Vieilles rues, plaques neuves, les rues de Moulins, Avermes et Yzeure à travers les âges, Moulins, Éditions des Cahiers bourbonnais, 1972).
  • Henriette Dussourd, Histoire de Moulins, d'après la chronique de ses habitants, [Clermont-Ferrand], Éd. Volcans, 1975, 292 p., ill. en noir et en coul. (ISBN 2-85260-037-4)
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ 4ème trimestre 1979, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Moulins pp. 821-822

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]