Albanie

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L'Albanie, en forme longue la République d'Albanie, en albanais Shqipëria ou Republika e Shqipërisë [ɾɛˈpubliˌka ɛ ˌʃcipˈɾi:s], littéralement « pays des aigles », est une république située en Europe du Sud, dans l’Ouest de la péninsule des Balkans. Elle possède une ouverture à l'ouest sur la mer Adriatique et sur la mer Ionienne, et a des frontières communes avec le Monténégro au nord, le Kosovo au nord-est, la Macédoine à l'est, et la Grèce au sud.

Le pays a un régime politique de type démocratie parlementaire, sa capitale est Tirana et sa langue officielle est l'albanais. L'Albanie fait actuellement partie de l'OTAN et a officiellement déposé, le mardi 28 avril 2009, à Prague, sa candidature pour faire partie de l'Union européenne. Cette candidature est reconnue par le Conseil européen depuis le 27 juin 2014. De nombreux albanophones vivent par ailleurs en dehors de ses frontières : dans les Balkans, 7 millions de personnes parlent l'albanais et des minorités albanaises autochtones existent dans les pays voisins[2] ; d'autres communautés issues d'une émigration récente existent en Europe occidentale et aux États-Unis.

Ancien pays formé au Moyen Âge (XVe siècle) autour du drapeau de Skanderbeg, l'Albanie a connu une occupation ottomane de quatre siècles et a accédé à l'indépendance en 1912. Ses frontières actuelles ont été définitivement fixées en 1919, à la suite du traité de Versailles.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Albanie.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Illyrie.
Monnaies illyriennes 2e s. av. JC
Monnaies illyriennes II av. J.C.
Tribues illyriennes
Le Royaume d'Illyrie.
Epitaph of Gllavenica 1373
Épitaphe de Gllavenica (Ballsh), Albanie.

Au IIe siècle, Aulu-Gelle écrit dans ses Nuits Attiques :

« Enfin, à l'extrémité du monde est un pays appelé Albanie, où naissent des hommes dont la chevelure blanchit dès l'enfance, et qui voient mieux la nuit que le jour. »

Il va de soi que l'auteur ne parle pas de l'Albanie qui nous occupe ici ; au second siècle, l'Albanie n'est pas aux extrémités du monde. À vrai dire, les Anciens plaçaient les limites du monde civilisé aux pays des Phéaciens, au-devant de la Mer du couchant[3]. Aux temps antiques, le territoire qui forme aujourd'hui l'Albanie était habité par les Illyriens et les Thraces (entre autres des Bryges, thraco-phrygiens)[4],[5],[6],[7],[8], peuples Indo-Européens qui se sont installés dans la région des Balkans au XXe siècle av. J.-C.. Parmi les tribus illyriennes qui habitaient le territoire de l'Albanie se trouvaient les Ardiéens, les Taulantiens, les Enchéléiens, les Parthiniens, tandis que dans le sud vivait la tribu grecque des Chaoniens[9], et à l'ouest la tribu thrace des Bryges[9]. Le texte le plus ancien mentionnant l'existence des Illyriens remonte à Hérodote, au milieu du Ve siècle av. J.-C.[10]. Un royaume illyrien s’est étendu de la côte dalmate jusqu'à l'Albanie centrale et du sud (passant par les territoires actuels de la Croatie du sud, du Monténégro, de la Bosnie, de l'Albanie, du sud de la Serbie, et du Kosovo[11]. Vers le VIIe siècle av. J.-C. furent fondées d'importantes colonies grecques sur la côte, comme Oricum, Aulon (aujourd'hui Vlorë), Apollonie, Epidamnos (aujourd'hui Durrës), et Lissus[12].

Cet État d'Illyrie atteint l'apogée de sa puissance sous les règnes du roi Agron puis de sa fille, la régente Teuta. La capitale de ce royaume était la ville de Shkodër (ou Scodra, située au nord de l'Albanie actuelle) au milieu du IIIe siècle av. J.-C.. Ce royaume devint une forte puissance maritime, mettant ainsi en danger le commerce de la République romaine[13]. On note que Pline l'Ancien emploie l'expression « Illyrii proprie dicti » (Illyriens proprement dits) pour désigner les populations qui vivaient dans les territoires actuels du sud de la Croatie, l'Herzégovine, le Monténégro et la moitié nord de l'Albanie[14]. En −168, Rome conquiert l’Illyrie, qui reste sous son autorité pendant plus de cinq siècles. L'Illyrie devient un centre important reliant Rome et Byzance par la via Egnatia. Pendant cette période, les ports de Dyrrachium (Durrës), Apollonie ou Oricum se transforment en d’importantes places commerciales[15].

À la suite du partage par l’Empire romain en 395 de l’Illyrie entre les provinces de Mésie, Dalmatie et Épire, l'Illyrie est intégrée politiquement à l’empire d’Orient. Les provinces illyriennes sont dévastées par des tribus nomades, les Goths au IVe siècle et les Huns au Ve siècle, les Bulgares, et les tribus slaves au VIIe siècle, Serbes et Croates en provenance du nord des Carpates (sud de la Pologne actuelle)[16]. Avec l'arrivée des Slaves, les populations Illyriennes disparaissent de l'histoire, leur dernière mention étant dans Miracula Sancti Dimitrii au 7e siècle[17].

Le géographe Ptolémée mentionne pour la première fois au IIe siècle le mot Albanopolis pour un lieu-dit correspondant à Zgërdhesh (près de Krujë, Albanie centrale)[18].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les Albanais seront mentionnés pour la première fois au XIe siècle: l'historien byzantin Michaelis Attaleiates écrit une Histoire dans laquelle il parle des Albanoï ayant participé à un soulèvement contre Constantinople en 1043, et des Arbanitai qui étaient des habitants du duché de Dyrrachium (Durrës), la Nouvelle Épire. Vers 1081, un autre historien, Ioannis Scylitzes, évoque des Arvanites (dénomination grecque des Albanais) qui constituent une partie des troupes réunies par le duc de Durrës, Nicéphorus Basilacius, en rébellion contre Constantinople. Mention des Albanais est faite aussi au XIe siècle dans la chronique d'Anne Comnène, la fille de l'Empereur byzantin Alexis Ier Comnène. Ce dernier est alors confronté à l'invasion normande conduite par Robert Guiscard. Ce dernier sera battu à Shën Koll (Saint-Nicolas), près de Durrës, et selon la chronique il aurait pu vaincre « s'il avait attendu les Arvanites ». Replié ensuite vers Ohrid, il aurait donné le commandement de la place de Durrës au komiskort (seigneur) de l'Arbanon.

De 1272 aux années 1280, la région se trouve sous le contrôle de Charles d'Anjou (frère de Saint Louis, installé d'abord en Sicile), qui se proclame rex Albaniae. Le territoire de ce royaume a la forme d'un rectangle dont les sommets sont aujourd'hui à Bar (anciennement Tivar), Prizren (Dardanie), Ohrid et Vlora (sud de l'Albanie actuelle). Cela ne correspond qu'à une partie seulement du territoire sur lequel vivaient les tribus identifiées comme Illyriennes dans l'Antiquité[19].

Buthrote, classé à l’Unesco.

Les Normands, qui gouvernaient le sud de l'Italie, conquirent Durrës en 1081. Les Byzantins reconquirent l'Albanie en 1083. Des Normands y retournèrent en 1107 et encore en 1185 mais furent rapidement expulsés. En 1190, le prince albanais Progon réussit à instaurer un État indépendant qui se maintient jusqu’à la moitié du XIIIe siècle. Le deuxième empire bulgare qui atteint son apogée sous le règne d' Ivan Assèn II (1218-1241), chutera à la mort d'Ivan Assèn II. Un siècle plus tard, un empire serbe atteint son apogée au milieu du XIVe siècle, sous le règne d’Étienne IV Douchan (1331 à 1355), période pendant laquelle une partie du nord de l'Albanie (jusqu'à Durrës où commençaient les territoires appartenant à la République de Venise) est sous sa domination (13 ans).

L'historiographie fait apparaître l'existence de plusieurs principautés albanaises avec l'effondrement de l'empire de Dusan et les premières incursions ottomanes dans l'ouest des Balkans autour de 1385. De puissants seigneurs albanais dirigeaient la plupart des régions albanophones des Balkans, de Kosovo à Arta.

Ces principautés étaient le despotat de Gjergj Balsha de Shkodër, puissante famille catholique albanaise qui avait réussi à travers des alliances matrimoniales avec les Serbes, (Balsha I, II et III) à régner sur l'empire de Zeta (État historique) (actuels Albanie du nord, Kosovo et Monténégro), le despotat des Aranit régnant sur les territoires de Topia, de Durrës à Ohrid, le despotat d'Arta qui s'étendait jusqu'au golfe de Corinthe, la principauté des Zenebish (basée à la ville de Gjirokastër), et celle des Muzaka (régnant de Berat à Kastoria en Macédoine.

Les territoires de ces principautés n'étaient pas stables à cause des divisions et regroupements qui se faisaient en relation avec des partages d'héritages, des mariages et l'évolution des rapports de force. Lors de l'attaque ottomane de la Bataille de Kosovo (1389), dans laquelle prirent part toutes les forces balkaniques (Albanais, Hongrois, Vlaques, Serbes et Bosniaques), la défaite fut avant tout une défaite albanaise. Si ces forces semblent avoir accepté la direction du Prince Lazare, c'est vraisemblablement parce qu'il était plus directement concerné, la confrontation se faisant au sud de la Serbie. Environ un quart de toutes les forces mobilisées de la coalition étaient Albanais. Les plus grands chefs féodaux albanais, tels Gjergj II Balsha seigneur de Shkodër, et Teodor II Muzaka, seigneur de Berat, ont participé avec leurs troupes au champ de bataille. La conséquence immédiate de la défaite fut l'extension de la domination ottomane sur les serbes et les albanais du nord[16].

La prise de Constantinople et le sac de la ville par les Croisés en avril 1204 constituent un événement majeur pour le destin de la région. Le schisme de 1054 n'avait pas été vécu comme tel par la grande majorité des chrétiens. Mais le pillage de Constantinople par les chevaliers de l'Europe occidentale fut ressentie dans le monde hellénique comme une agression. La prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, entraînera l'Église orthodoxe de Grèce dans une alliance avec l'Empire ottoman qui se consolidera avec le temps contre l'Église catholique romaine. Avec l'occupation ottomane définitivement acquise en 1501, date où la République de Venise signe le traité de cession de l'Albanie Vénitienne à la Turquie, les populations albanaises connaîtront une première division religieuse : rite catholique romain au Nord, et gréco-catholique au Sud. Le rite gréco-catholique du Sud de l'Albanie sera sauvegardé durant des siècles par les Albanais qui immigrèrent en Italie du sud à la suite de l'occupation turque (les « Arbëresh »).

L'Albanie vénitienne – Gjergj Kastrioti[modifier | modifier le code]

Toile de Vittore Carpaccio pour Santa Scuola degli Albanesi
Vittore Carpaccio, Santa Scuola degli Albanesi, Venise

Au Xe siècle, la République de Venise s'étend à la côte dalmate. En 1202-1204, les Croisés l'aidèrent à conquérir plusieurs autres étapes sur la route vers l'Orient (de Zadar – Zara en Croatie jusqu'aux Îles Ioniennes actuellement en Grèce) bien que ce ne fût pas à l'origine le but de l'expédition. Au XVe siècle (1448), ce que la République de Venise appelle l'Albanie vénitienne comprend les territoires et populations s'étendant de Kotor (Cattaro) (Nord du Monténégro actuel), en passant par Shkodër (Scutari) et Durrës (Durazzo), jusqu'à la ville de Arta (région de Ioannina, actuellement partie de la Grèce du Nord depuis 1918).

À cette période commencent également les premières installations massives des Albanais en Italie. En 1450, le roi de Naples, Alphonse V d'Aragon, voulant soumettre la Calabre, leva des troupes dans lesquelles prirent part les Albanais, et beaucoup de ceux-ci ne retournèrent pas en Albanie alors en proie à des luttes incessantes contre les Turcs. Dans la province de Catanzaro il fondèrent les colonies de Amato, Andali, Casalnovo, Caraffa, Vena, Zanganore, Pallagoria, San Nicolo dell' Alto, Carfizzi, Gizzerie, Marcedusa et Zegaria. En Sicile, ils s'établirent près de Palerme, à Contessa[20].

Après la chute de Constantinople, les incursions turques dans la péninsule se font de plus en plus insistantes. En dépit d’une résistance rassemblée derrière le seigneur Gjergj Kastrioti (v. 1403-1468), dit Skanderbeg, fils du prince d'Épire Gjon Kastrioti (Jean Castriote) et de l'aide de la République de Venise, l'Albanie succombera à l'occupation ottomane à la fin du XVe siècle. Pendant près d’un quart de siècle, ce personnage — salué par les papes Nicolas V et Pie II du nom de « champion du Christ » — infligea de rudes défaites aux troupes turques, sans pouvoir toutefois les chasser pour toujours.

En mourant, Georges Kastriot Skanderbeg laissera entre les mains des Vénitiens la principauté d’Arbëri qu’il avait fondée. Il semblerait que les princes chrétiens ne comprirent pas à temps le rôle immense que Skanderbeg eût pu jouer dans les guerres contre les Turcs au moment décisif où ceux-ci prenaient décidément pied en Europe. Ils ne surent pas lui venir en aide, aussi dut-il se borner à une guerre purement défensive. Fréderic Gibert dira dans l’étude de l’histoire des pays d’Albanie en 1914 « […] nous pouvons donc avancer qu’il [Skanderbeg] doit être placé au rang des plus grands généraux dont l’Histoire fait mention et que les Turcs furent bien avisés en le nommant : Prince Alexandre en mémoire à Alexandre le Grand[20] ». Outre le pape Nicolas X qui lui décerna le titre de « Champion de la Chrétienté », Élisabeth Ire d’Angleterre, connue pour la plus anticatholique priait pour Georges Kastriot Skanderbeg catholique. Voltaire écrivit que « si les empereurs grecs (de Byzance) avaient été de la trempe de Scanderbeg, l’Empire d’Orient (Empire byzantin) aurait pu être sauvé ». James Wolfe, le champion du Québec, a qualifié Georges Kastriot Skanderbeg de « plus grand général de l’histoire à la tête d’une petite armée ». Napoléon Ier, dans ses mémoires qu’il dicta à Sainte-Hélène, considéra Georges Kastriot Skanderbeg parmi l’un des quatre plus grands généraux de tous les temps.

Le siège de Shkodër par les Ottomans[modifier | modifier le code]

Ville de Croia, Albanie
Château de Kruja
Château Shkoder, Albanie
Château de Shkodër (Rozafa)

Sous la conduite de Suleiman-Pacha, les Turcs vinrent assiéger Shkodër en 1474. Cette ville, la plus importante d'Albanie aux yeux de Venise, fut défendue par le sénateur Antonio Loredan. La première résistance dura 3 mois. À ce moment la flotte ottomane, massée à l'embouchure du lac de Buna de Shkodër, fut dispersée par l'amiral Triadano Gritti, et le siège fut levé grâce à une diversion du roi de Hongrie.

Des scènes de bataille seront peintes par Paolo Veronese montrant sur un rocher le Château de Shkodër (Rozafa) sur lequel flotte un drapeau vénitien, avec en arrière-plan la Cathédrale de Saint Stéphane de Shkodër[21]. Vers la fin de 1477, une puissante armée commandée par Ali-Bey et Gaiolla-Pacha vint à nouveau investir la ville. Le bombardement fut terrible. Les furieux assauts que Mehmed II fit livrer, notamment les 22, 27, 28 juillet 1478, aboutirent à un blocus. La ville de Krujë (Croïa) avait capitulé le 5 juin 1478, au bout de 13 mois de résistance. Ses habitants furent décapités au mépris de toute parole donnée. C'est la famine qui les fit succomber, de même qu'elle fit succomber, au bout de 15 mois, les 1 600 défenseurs de Shkodër enfin obligés de se rendre aux 40 000 soldats de Ahmed Pacha, le 25 janvier 1479. Parmi les autres défenseurs de Shkodër, les Monténégrins se réfugièrent à Cetinje.

Occupation ottomane – fuites massives des Albanais vers l'Italie[modifier | modifier le code]

Georges Castriote, Albanie
Représentation de la résistance de Gjergj Kastrioti
Georges Castriote, Albanie
Casque de Gjergj Kastrioti
Georges Castriote, Albanie
Gjergj Kastrioti
Révolte de la région Mirdita contre les Ottomans, Albanie
Révolte de Mirdita

À la fin du XVe siècle, l’Albanie fut occupée par les Ottomans. Les provinces albanaises de Ioannina au sud, à Preševo au nord, en passant par Skopje et Bitola (Monastir) à l'est, retombèrent dans leurs déchirements féodaux et le sultan Murat II achèvera d'abattre ces « remparts papistes »[22].

Après la chute de Shkodër, et après des efforts et négociations de longue haleine, la République de Venise réussit à convenir le 25 janvier 1479 d'un accord avec le Sultan Mehmet II, selon lequel la dernière forteresse de l'Albanie vénitienne (Shkodër) passait entre les mains des Ottomans, et ses habitants pouvaient quitter la ville. Le Provéditeur vénitien, Antonio de Lezze, stipula que la garnison se retirerait avec armes et bagages : une partie s'en fut à Venise où le Sénat montra une grande considération pour toutes les familles en provenance de Shkodër, Drisht et Durrës, pour leur courage et leur fidélité à Venise. Les Albanais reçurent des terres pour s'installer à Venezia et Friouli, et les religieux catholiques albanais dans des paroisses de Venise, de Padoue et de Gênes[23]. Ceux qui restèrent à Venise se regroupèrent en confréries sous les vocables Saint Maurice et Saint Gallo. La république de Venise cédera ensuite dans la même année aux Ottomans l'Albanie du Sud (les châteaux de Himarë, Sopoti (Borshi) et de Kastrovila). Les Turcs prendront également les dernières possessions du Seigneur Leonard I (IV) Toko dans l'Albanie du Sud en 1501.

Quelques années après l'installation de l'occupant turc en Albanie, de nombreux chrétiens albanais (du sud de l'Albanie cette fois) fuirent encore plus massivement l'Albanie vers l’Italie, formant la communauté des Arbëresh, qui existe encore aujourd'hui notamment en Sicile et en Italie du Sud, dans les provinces de Foggia, Potenza, Catanzaro, Teramo, Campobasso, Lecce, Palermo, Catane, Agrigento, Cosenza. À l'exception des émigrés du nord de l'Albanie, qui étaient du rite catholique romain jusqu'à la ville de Durrës, les émigrés du sud étaient du rite catholique byzantin (ou gréco-catholique). Cette importante émigration s'installa en Italie et rejoignit ceux qui avaient déjà émigré progressivement entre 1481 et 1492, dès les premières attaques ottomanes. Cette communauté créera les centres de Palazzo Adriano (1481), Santa Cristina, Gela, Mezzojuso (1490), San Angelo di Girgenti, S. Michele di Bagoaria. Plus tard, elle fondera (1536) les colonies de Basile, Moschite, S. Costantino albanese, S. Paolo albanese, Brindisi de la Montagne (dans la Basilicate), et de Farneta à Cosenza[20].

La communauté des Arbëresh se renforça en 1680, avec la création de nouvelles fondations : celles de Ururi, Portocannone, Campomarino, et Montecilfone (Campobasso). Charles III de Bourbon fut très favorable aux Albanais, ainsi il leur permit de fonder des établissements spéciaux pour l'éducation de leurs enfants (collèges de San Benedetto, Ullano, et de Palerme). De plus, il fut créé des évêchés albanais du rite gréco-catholique. C'est pourquoi une nouvelle masse de populations passera en Italie, de même que sous l'empire de Ferdinand IV du Saint-Empire. Ces derniers émigrés s'établirent à Brindisi et à Naples, notamment à la suite du régiment Royal de Macédoine formé d'Albanais et de Macédoniens. Il existe une littérature italo-albanaise qui comptait au début du XXe siècle des écrivains de valeur comme Don Variboda, Dorsa, Mauro, de Rada, Marchiano. Les meilleurs statistiques sur les Albanais d'Italie ont été faites par Barbarich.

Les Vénitiens ne purent conserver leurs échelles d'Albanie et leurs établissements de Morée qu'en payant un tribut annuel à Mehmed II qui, avant de mourir en 1481, donna le commandement de l'Épire (dont la moitié sud de l'Albanie) à un petit-fils, dont le dernier descendant direct fut le marquis de Saint-Ange, tué par les Français le 25 février 1525 à la bataille de Pavie. La paix entre Venise et l'Empire ottoman de 1501 fut à nouveau troublée au moment de la bataille de Lépante (1571). À cette époque, les Albanais firent de nombreuses tentatives désespérées pour secouer le joug ottoman et pour intéresser les chrétiens à leur sort. Ce fut en vain et, en 1592, ayant vu les princes italiens Charles-Emmanuel Ier de Savoie et le duc de Parme Ranuce II Farnèse refuser la couronne d'Albanie, ils se résignèrent, à l'exception des montagnards du Nord de l'Albanie et des Chimariotes du Sud, à la domination turque.

Occupation ottomane[modifier | modifier le code]

Asphyxies de la langue albanaise et de la foi chrétienne[modifier | modifier le code]

Pjetër Bogdani, Albanie
Mgr Pjetër Bogdani

L'histoire albanaise marquée par l'occupation s'est révélée particulièrement douloureuse sur le plan de la langue albanaise, au point de faillir la faire disparaître. L'interdiction totale d'écoles en langue albanaise durant quasiment cinq siècles d'occupation ottomane eut pour conséquence un taux d'illettrisme extrêmement élevé, évalué à environ 90 % au début du XXe siècle[réf. nécessaire]. Pour les Albanais qui pouvaient recevoir un enseignement, il leur était imposé d'aller à Istanbul pour apprendre le turc. Si quelques-uns pouvaient avoir accès à un enseignement en Albanie du sud (Épire du nord), cet enseignement n'était alors qu'en langue grecque. Ce phénomène était dû à la forte influence de l'Église orthodoxe grecque au sud de l'Albanie depuis le schisme avec l'Église catholique romaine et à la permission accordée à l'Église orthodoxe grecque par l'Empire ottoman de maintenir les écoles et la liturgie en langue grecque (comme ce fut le cas pour les Serbes en slavon). Avec le schisme entre Rome et Constantinople, l'Albanie fut depuis les XIIIe et XIVe siècles (et définitivement à compter de la fin du XVe siècle avec l'occupation ottomane) tributaire d'une guerre de l'Église orthodoxe grecque (au sud) contre l'Église catholique romaine présente dans le nord de l'Albanie jusqu'à Durrës. La liturgie étant en langue étrangère, ce schisme s'est révélé totalement néfaste à la fois pour la survie et l'unification de la langue albanaise, et pour la sauvegarde de la foi. À quelques exceptions près, la liturgie chrétienne était quasi exclusivement en langue étrangère (en grec pour le rite orthodoxe dans le Sud, et en slavon pour les zones en contact avec les Serbo-monténégrins au Nord), et comme telle, incompréhensible.

Cependant, le clergé catholique albanais perçut rapidement l'impact extrêmement préjudiciable de l'interdiction d'écriture et d'enseignement en langue albanaise, tant vis-à-vis de la foi chrétienne que de la lutte contre l'occupant turc, lutte qui passait par la conscience d'appartenance ethnique et religieuse catholique des Albanais. Quelques clercs catholiques albanais réagirent dès les XVIe et XVIIe siècles et se consacrèrent à l'écriture, l'édition et la diffusion d'un maximum de livres (liturgiques à l'époque) en langue albanaise :

  • En 1555 Mgr Gjon Buzuku écrivit Meshari (Le Missel), texte de liturgie catholique en albanais (guègue).
  • Il est suivi par Luca Matranga, prêtre Arbëresh, qui écrira en albanais (tosque) E mbsuame e kreshter (Dottrina Cristiana) en 1592.
  • Mgr Pjetër Budi [Pietro Boudi], Évêque de Sapa et Sarda, obtiendra l'édition à Rome de plusieurs ouvrages liturgiques bilingues albanais-italien. Il demandera également en 1621 au Cardinal Ulisse Giuseppe Gozzadini de l'aide pour engager une lutte armée contre les Ottomans, et la nécessité d'un clergé exclusivement albanais. Du fait de ses demandes incessantes adressée à Rome pour la formation d'une liturgie et du clergé en langue albanaise, Mgr Pjetër Budi sera noyé en décembre 1622, en traversant le fleuve Drin au nord de l'Albanie, par ses ennemis. Il sera l'un des premiers martyrs de la langue albanaise.
  • Mgr Frang Bardhi [Franciscus Blancus en latin, Francesco Bianchi en italien], Évêque de Sapa et Sarda, fut l'auteur du premier dictionnaire latin–albanais Dictionarium Latino-Epiroticum 1635, comportant des noms de lieux, des proverbes et différentes expressions issues de différentes régions d'Albanie. Il rédigea des études pour la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome, notamment sur l'organisation et la position de l'Église catholique romaine dans l'Albanie occupée par l'Empire ottoman.
  • Les efforts de l'enseignement de l'albanais seront poursuivis par Mgr Andrea Bogdani [Ndre Bogdani], Archevêque de Skopje, ville centrale du Kosovo jusqu'en 1918, auteur d'une grammaire latino-albanaise.
  • L'œuvre de Mgr Andrea Bogdani sera suivie par son neveu, Mgr Pjetër Bogdani – Archevêque de Skopje, de Antivari (Bar actuellement au Monténégro), de Shkodër, et administrateur de la Serbie – qui publiera en langue albanaise (bilingue italien) le traité théologique Cuneus Prophetarum (La cohorte des prophètes, 1685). Farouche résistant contre l'Empire ottoman, il mobilisera environ 6 000 soldats albanais au Kosovo afin de soutenir la campagne autrichienne du XVIIe siècle arrivée à Pristina, qu'il accompagnera jusqu'à Prizren dans la lutte contre les Ottomans.

L'Empire ottoman dicta une loi d'interdiction officielle définitive de la langue albanaise le 31 mai 1779, prise par Abdülhamid Ier, loi qui précisait clairement la protection par l'Empire Ottoman de la langue grecque, et l'interdiction de la langue albanaise sous peine de mort[24]. Theodor Kavalioti, de Voskopojë (1718-1797) publia un dictionnaire de langue albanaise-grecque-slave, et fut assassiné durant son voyage de retour en Albanie par les envoyés des Phanariotes, voyage duquel il emportait des lettres de l'alphabet albanais en plomb pour imprimer des livres en albanais. Naum Veqilharxhi qui tenait l'imprimerie dans laquelle s'imprimeraient les livres en langue albanaise, fut empoisonné à l'ordre du Patriarche d'Istanbul, en 1846. La langue étrangère dans la liturgie chrétienne et la présence d'un clergé majoritairement étranger, expliquent sans doute les rapports distants qui gagnent la majorité des Albanais vis-à-vis de la religion chrétienne. Selon les régions, les caractères d'alphabets latins, grecs, slaves, turcs, étaient employés (voire arabes pour les livres saints musulmans) ce qui s'opposa au développement littéraire de l'albanais, faute d'alphabet unique. Kostandin Kristoforidhi fera une tentative d'unification au XIXe siècle des différentes versions d'alphabets sur la base d'un alphabet latin avec des signes diacritiques comme pour le tchèque ou le croate. L'alphabet déterminé par le Congrès de l'albanais à Bitola (Kongresi i Monastirit) par le Père Gjergj Fishta résultera de celui créé par les religieux guègues vers 1600, et que la Société Bashkimi (1899) établit à Shkodër par Mgr Preng Doçi, abbé de la région de Mirdita reprendra. Certains albanologues étrangers proposèrent des alphabets de langue albanaise : il est à citer la proposition d'alphabet du Prince Louis Lucien Bonaparte[25], celle d'Auguste Dozon[26], ou encore celle d'Eugenio Barbarich.

L'absence d'une langue albanaise écrite, enseignée et diffusée auprès de la population, pendant presque cinq siècles, affaiblit considérablement la circulation des idées et le réveil d'un sentiment national. Les difficultés de transport dans un pays de relief très accidenté y contribuèrent aussi. La liturgie en langue étrangère dans un tel contexte (en grec, latin, et slavon) eut également pour effet de distendre les rites et la foi chrétienne. Toutefois, l'albanais étant une langue de tradition fortement orale, il réussit à survivre à cette asphyxie de cinq siècles.

Échec des campagnes autrichiennes du XVIIe siècle et austro-russe du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIe siècle, les Impériaux eurent à faire avec les Turcs, et durant la campagne de 1689 leur général Piccolomini franchit la Save et pénétra par le Kosovo, où la route lui fut facilitée par Mgr Pjetër Bogdani jusqu'à Prizren. Les Autrichiens avancèrent de Prizren (Kosovo) à la vallée de Vardar, battant le Turc Mahmoud Begovitch, s'alliant avec les chrétiens albanais. Néanmoins, les Ottomans réussirent à faire entrer en conflit une partie des Albanais musulmans contre les Albanais chrétiens, et le duc de Holstein qui remplaça Piccolomini après sa mort ne sut pas comprendre ses alliés albanais, et les froissa de telle sorte qu'ils le forcèrent à rentrer en Hongrie entraînant dans la retraite le Patriarche Arsène II Cernogevitch et les habitants de la Vieille Serbie.

Lorsque les Austro-russes envahirent l'Albanie du Nord en 1737, les tribus catholiques (Shkodër, Hoti, Kelmendi, etc.) et orthodoxes (Kuçi, Piperi, Gruda, etc.) crurent leur heure de libération arrivée. Malheureusement le chef des Alliés, le colonel autrichien Lentulus, manqua de décision et rétrograda du sandjak de Novi-Bazar, abandonnant ses auxiliaires à la vengeance des Turcs pour une deuxième fois, qui, néanmoins, ne purent en venir à bout qu'après deux sanglantes répressions en 1740. Cette expédition manquée eut également une influence sur les progrès de l'islam.

L’histoire de l’Albanie sous l'empire ottoman, du XVIe siècle jusqu’à 1912, fut marquée par une succession de révoltes albanaises anti-ottomanes durement réprimées. Les plus sévères furent celles des Bushati à Shkodra (1796) et celle d’Ali Pacha (1822) en Épire.

De la renaissance de la nation albanaise fin XIXe siècle jusqu'à son indépendance début XXe siècle[modifier | modifier le code]

Réaction albanaise au Traité de Berlin de 1878[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, les territoires d'Albanie sous domination ottomane étaient séparés en quatre régions administratives (vilâyet) : la région de Kosovo, celle de Shkodër, celle de Bitola (anciennement dénommée Monastir), et celle de Ioannina.

À l'issue de la grande guerre d'Orient (guerre russo-ottomane) qui marqua la victoire de la Russie contre la Turquie :

En signe de protestation contre ces annexions de populations et territoires albanais, se constitua la Ligue Albanaise de Prizren, dont le siège se trouvait à Elbasan (Albanie centrale) avec des succursales à Prizren (Kosovo) et à Gjirokastër (Albanie). La Ligue proclamait la nécessité d'arriver à la constitution d'une autonomie albanaise avec la ville d'Ohrid (actuel sud-ouest de la Macédoine), comme chef-lieu. Avant la poursuite de ce dessein, la Ligue albanaise protesta vivement contre l'annexion des territoires albanais par le Monténégro, notamment pour les territoires de Podgorica et Ulcinj, puis se mit à organiser une résistance armée. Le 6 novembre 1879 un combat eu lieu à Plav (Novsici) entre quatre bataillons commandés par Boscio Petrovic et les 8 000 Albanais de l'Albanie du nord (de Velika). Ce combat dura deux ans, et l'issue en fut incertaine[pas clair]. Comme les districts contestés étaient tombés en pleine anarchie, l'Empire Ottoman fit partir de Bitola, des troupes dirigées par Mouktar Pacha, pour se porter au secours des Monténégrins, contre les 8 000 Albanais soulevés sous les ordres du prince de Mirdita (région du Nord-Est de l'Albanie), Bibë Doda. Une nouvelle rencontre indécise eut lieu près de Plav, à Metei, le 8 janvier 1880. Dans ces conditions, l'Italie proposait sa médiation, par un échange de territoires qui fut refusé par les Albanais. L'Angleterre proposa une autre combinaison dont la ville albanaise d'Ulcinj formait la base d'échange au profit de Monténégro. Comme les Albanais refusèrent à nouveau, une démonstration navale devant la ville d'Ulcinj vint à bout de leur résistance en 1880. Entre temps, la Grèce profitait pour occuper Ioannina et toute la région entre le fleuve Arachtos et le Pinde, ainsi que Préveza. Elle fut néanmoins obligée d'évacuer Ioannina, Arta et Préveza, recevant en récompense de la Turquie la région de Thessalie[27].

Après ces sanglantes révoltes, Dervich Pacha combattit à nouveau les forces de la Ligue albanaise près de Pristina (à Slivove, Kosovo), et occupa les villes de Prizren et Gjakovë (sud et sud-ouest de Kosovo). De nouvelles manifestations de la Ligue auront lieu lors de la guerre greco-turque de 1897, et dans la Vieille-Serbie en 1903, dans le but d'unir tous les territoires et populations albanaises dans un État.

Expéditions turques de désarmement des Albanais en 1910[modifier | modifier le code]

La révolution de 1908 du mouvement Jeune-Turc donna naissance à un deuxième regroupement des forces albanaises contre la Turquie, les Albanais constatant qu'ils perdaient au fur et à mesure une grande partie de leurs territoires depuis les accords turco-russes 1878-1880. Ce désarmement avait pour objectif d'éviter tout soulèvement des Albanais, conformément aux termes de l'accord turco-russo-prusse dénommé La Triple-Entente selon lequel si la Turquie ne maintenait pas au statu quo les terres albanaises, elle se trouvait de fait en guerre avec la Russie. Aussi, en 1910 une nouvelle organisation, le mouvement Bessa (le « Serment ») s'organisa près de Prizren (Ferizaj, sud du Kosovo), réclamant l'autonomie de l'Albanie vis-à-vis de la Turquie.

En représailles, la Turquie entrepris une expédition très importante sous la direction de Chefket Pacha, et se mit, scientifiquement et méthodiquement, à désarmer la population albanaise.
La campagne fut rude, mais les Turcs réussirent à la fin de 1910 à confisquer plus de 147 000 fusils, 600 000 cartouches, et quelques canons. Durant une vingtaine de sérieux combats, les Turcs tuèrent environ 3 000 Albanais, exécutèrent 20 chefs de la résistance, ne perdant eux-mêmes que 300 hommes.

Ils pensaient avoir gagné, mais les mouvements albanais se regroupèrent à nouveau, et reprirent Skopje durant l'été de 1912, quelques semaines avant la déclaration de guerre par la Ligue balkanique à la Turquie. La guerre éclatée, l'Albanie devait maintenir encore au statu quo sur ordre des Grandes Puissances, dans l'attente de la détermination de ses frontières.

Indépendance de l'État albanais – Luttes pour la définition des frontières[modifier | modifier le code]

Balkans 1914
Aspirations irrédentistes dans les Balkans, 1914

En 1912, face à l'agonie de l'Empire ottoman, quatre pays, (Serbie, Grèce, Monténégro et Bulgarie) concluent une alliance politique et militaire visant au partage des territoires Albanais (la Roumélie occidentale), sous l'impulsion de la Russie, laquelle tenait à étendre son influence dans les Balkans. Le 8 octobre 1912, la ligue déclare la Première Guerre balkanique à l'empire, guerre qui tourne immédiatement à l'avantage des coalisés vue la faiblesse de l'Empire ottoman. L'Albanie lance un nouveau soulèvement, et proclame son indépendance le 28 novembre 1912, aboutissement logique de la révolte des mois précédents. Les territoires revendiqués à la Conférence des Ambassadeurs de 1912-1913 à Londres, sont l'ensemble des territoires albanophones, incluant donc le Kosovo, la Ioannina, Skopje, et notamment les territoires de l'ouest et du nord de l'actuelle république de Macédoine. L'Épire du sud, que les Albanais considèrent à forte population albanaise, est également revendiquée. Mais les coalisés ne reconnaissent pas cette indépendance. Les Monténégrins revendiquent le nord de l'Albanie, les Grecs revendiquent l'Épire du nord, et les Serbes ont des visées sur le reste des territoires albanophones.

Dès la fin octobre 1912, les Monténégrins pénètrent dans le nord de l'actuelle Albanie, et mettent le siège contre Shkodër. Au mois de novembre, les troupes serbes et grecques pénètrent respectivement au nord et au sud de l'Albanie. En décembre 1912, les six grandes puissances européennes signataires du traité de Berlin de 1878, lequel visait déjà à traiter la question de la Roumélie (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Autriche-Hongrie, Italie et Empire russe), créent la Conférence de Londres, visant à maîtriser la situation balkanique et à régler la question Albanaise, la Grèce, la Serbie et le Monténégro étant indépendants de l'Empire ottoman depuis 1829 et 1878.

En mai 1913, la question des frontières albanaises est réglée, mais laisse en dehors de l'Albanie, annexés au profit des pays voisins plus de 60 % de territoires et populations albanais. L'indépendance albanaise est donc reconnue malgré les réticences des coalisés, mais sur une petite partie de ses territoires. Les thèses contradictoires des parties en présence s'affrontent, chaque pays étant en outre soutenu par différentes puissances, la Grèce par l'Angleterre, la Serbie, par la Russie, pour l'annexion des territoires du nord de l'Albanie, et la Bulgarie pour l'annexion des territoires de l'est. À l'inverse, l'Autriche-Hongrie soutient les revendications de la délégation albanaise. Dans une certaine mesure, mais pas pour les mêmes raisons, l'Italie les soutient également, car elle préfère voir émerger sur la côte Adriatique un État albanais indépendant, une sorte d'État neutre, plutôt que ses rivaux – notamment la Russie – qui entendaient annexer totalement les populations et terres albanaises[20].

Les frontières étant fixées, les Monténégrins qui n'auront pas plus que ce qu'ils avaient obtenu par le Traité de Berlin en 1878, doivent quitter[28] les territoires albanophones qu'ils revendiquaient.

À l'ouest, la frontière est également rapidement fixée par les grandes puissances, mais est sensiblement moins favorable aux Albanais. Les territoires albanophones du Kosovo, ainsi que de l'ouest et du nord de l'actuelle république de Macédoine, sont donnés à la Serbie. En échange, celle-ci reconnait l'indépendance du pays et le quitte en octobre 1913. La fixation de la frontière, en dépit des réalités ethno-linguistique, vient reconnaitre la réalité du rapport de force entre Grandes Puissances, très favorable à la Russie.

Enfin, dans le sud, la fixation de la frontière est plus lente. La Grèce s'était procurée des appuis auprès de l'Angleterre pour annexer l'Épire du sud[16]. Ayant eu Ioannina, elle ne peut annexer plus de territoires, et finit par céder[29] en quittant la région en février 1914. La Grèce réoccupe la région le 14 octobre 1914, mais doit la quitter pendant la Première Guerre mondiale, en 1916. Bien que la Conférence de paix de Paris (1919) pose le principe d'un rattachement à la Grèce, l'Épire du nord reste définitivement à l'Albanie.

Un dernier conflit frontalier oppose en 1921 l'Albanie et la Yougoslavie, qui mène à une violation du territoire albanais par les troupes yougoslaves en janvier. Une escalade du conflit est évitée grâce à l'intervention de la Société des Nations, qui établit une nouvelle définition des frontières, acceptée par les deux parties (voir article détaillé).

Gouvernement démocratique – Le Royaume d'Albanie – Montée du communisme (1923-1943)[modifier | modifier le code]

Roi Zog
Zog Ier.

Après la redéfinition de ses frontières, l'Albanie connut une courte période démocratique (marquée notamment par le gouvernement de Theofan Stilian Noli, dit Fan Noli, et de Luigj Gurakuqi) (1924). Ce gouvernement ne cessa de revendiquer auprès de la Société des Nations, après les découpages de 1913-1919, les territoires abritant des populations albanaises : le Kosovo, Monastir (de Skopje à Bitola) et une partie de l'Épire du sud, dont Ioannina. Les diplomates occidentaux, irrités par les réclamations de Theofan Stilian Noli, réussirent à propulser sur le devant de la scène politique albanaise une figure moins revendicatrice envers la Société des Nations, celle d'Ahmed Zogu. Ce dernier viendra au pouvoir avec le soutien de l'Angleterre et de la Serbie, en s'auto-proclamant roi des Albanais. Toutefois, ce roi fit des efforts pour moderniser l'Albanie, sous la forte impulsion de l'Italie. Ainsi, sous son régime fut promulgué un Code civil, d'après le Code civil suisse, une Banque nationale fut créée, et la réforme agraire donna de la terre aux paysans et la presse connut un essor pendant les années 1920–1930.

En 1939, le pays est occupé par l’Italie ; la couronne du Royaume d'Albanie passe alors au roi d'Italie Victor-Emmanuel III, le pays devenant un protectorat italien. La résistance albanaise de quelques groupes communistes s'organise autour du Parti communiste d'Albanie à partir de 1941, sous la direction d'Enver Hoxha et en liaison avec le mouvement communiste de Tito. Le 16 septembre 1942, la première Conférence de libération nationale, à Peć (Pejë), regroupe les communistes, les monarchistes, les nationalistes républicains du Balli Kombëtar (Le Front National) et le mouvement des frères Kryeziu. Cette conférence donne naissance au Mouvement de Libération Nationale – LNÇ (MLN ou en albanais LNÇ, Levizje Nacional Çlirimtare) dirigé par huit membres dont Enver Hoxha et Abaz Kupi. Ce dernier, exclu du MLN en novembre 1943 quand le mouvement passe sous le contrôle exclusif des communistes, fonde le parti de la Légalité (Legaliteti), fidèle au roi.

Dès avril 1943 le SOE parachute des équipes pour encadrer les maquis de résistance, au départ sans considération politique. À partir de la fin 1943, les Britanniques vont essentiellement soutenir la résistance nationaliste et royaliste dans les Balkans, y compris en Albanie[30]. Ils étendront après la Seconde Guerre mondiale leur protectorat sur la Grèce selon les accords conclus entre Churchill et Staline.

De la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à la chute du communisme en 1991[modifier | modifier le code]

L'Albanie connaît, après sa libération totale en novembre 1944, un gouvernement communiste stalinien, dont le principal dirigeant est Enver Hoxha, chef du gouvernement et premier secrétaire du Parti communiste d'Albanie. La République populaire d'Albanie est officiellement proclamée le 11 janvier 1946. L'Albanie est dès lors isolée du reste du monde jusqu'à la chute du régime communiste en 1991 et elle subit l'un des régimes les plus sévères, comptant plus de 8 000 condamnés à mort et des milliers de personnes emprisonnées dans des camps (rapportées à une population d'après guerre de 1 million d'habitants). La France sera l'un des seuls pays occidentaux, avec l'Italie, l'Autriche et la Suisse, à entretenir des relations diplomatiques avec l'Albanie pendant la période communiste. La Grande-Bretagne et les États-Unis tenteront en 1949–1951, en pleine Guerre froide, de renverser le régime communiste en infiltrant des commandos de réfugiés politiques albanais. Ce projet Valuable échouera du fait de la trahison de l'agent double Kim Philby. La transition du communisme au capitalisme s'est avérée extrêmement difficile pour la population. Des migrations importantes de la population, principalement vers l'Italie, la Grèce et les États-Unis, ont eu un effet déstabilisant pour l'économie albanaise. L'Albanie a également reçu d'importants mouvements d'immigration à la suite du conflit au Kosovo voisin, en 1998-1999.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Albanie.

Depuis 1992, l'Albanie est une république parlementaire, démocratique et représentative. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement. Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement l'Assemblée d'Albanie (Kuvendi i Republikës së Shqipërisë), mais le Gouvernement aussi propose des projets de lois. Depuis 1991, et l'introduction du pluralisme, le système politique est dominé par les conservateurs, le Parti démocratique d'Albanie et le Parti socialiste d'Albanie. D'autres formations politiques d'une importance moindre sont représentées au Parlement et au Gouvernement.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Le chef de l’État est le président de la République, qui est élu par le Parlement avec un mandat de 5 ans, renouvelable une fois. Dans ce système, le président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire. Le président est le garant de la démocratie puisque c'est à lui qu'incombe la responsabilité de décréter les lois adoptées par le Parlement.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

L'Assemblée (Kuvendi), constitue le pouvoir législatif, responsable des politiques intérieures et extérieures du pays et des modifications de la Constitution. Élu tous les 4 ans, il compte au total 140 députés sortis des listes des différents partis politiques selon un système proportionnel régional.

Système judiciaire[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de juridictions en Albanie et elles sont : criminelle et civile. Le système judiciaire dispose d’une Cour constitutionnelle, d'une cour de cassation, de cours d'appel et de cours de district. La Cour constitutionnelle est composée de 9 membres désignés par l’Assemblée populaire pour une durée maximale de 9 ans. La Cour suprême quant à elle, comporte 17 membres qui sont nommés par l'Assemblée pour une durée de 9 ans. Dans les tribunaux, la justice est rendue par trois juges. En Albanie, il existe une formation particulière pour former des juges, l’École de la Magistrature, cela est supposé rendre les juges plus impartiaux. Une autre particularité du système albanais est le fait que dans les tribunaux il n’y a pas de jury populaire.

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de l'Albanie.

L’Albanie est découpée en 36 districts (Rrethe) qui disposent chacun d’un gouverneur local choisi par le conseil de district dont les membres sont élus au scrutin proportionnel. Les districts sont regroupés en préfectures (qark) qui sont au nombre de 12 avec à leurs têtes des préfets nommés par le Conseil des ministres, la capitale Tirana disposant d’un statut spécial. Les maires des autres villes sont élus au suffrage direct et les conseils municipaux le sont à la proportionnelle.

Principaux partis politiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partis politiques d'Albanie.

Les chiffres correspondent aux élections du 23 juin 2013.

Principaux partis non représentés :

Adhésion à l’Union européenne[modifier | modifier le code]

L'Albanie mène, depuis 1992, date du premier Accord de commerce, des négociations avec la Communauté européenne pour une possible adhésion. En 2006, l'Albanie est devenue membre associée de l'Union européenne, après la signature d'un Accord de stabilisation et d'association (ASA). Au cours des dernières années des progrès plus ou moins grands ont été enregistrés dans les différents domaines de la gouvernance, tels que la réforme des institutions démocratiques, le renforcement des droits civiques, etc. D'autres progrès ont été accomplis en ce qui concerne la gestion de l'économie et la création d'opportunités pour inciter les investissements étrangers directs et diminuer ainsi le chômage (en 2008 13,4 %). En mars 2009, le Premier ministre Sali Berisha annonce son intention de déposer la candidature de l'Albanie à l'UE, dans l'espoir de se prévaloir de cette initiative lors de sa campagne électorale pour les législatives prévues en juin. En avril 2009 l'ASA est entré en vigueur, et la République d'Albanie est devenue officiellement membre de l'OTAN. Elle dépose sa candidature officielle à l'Union le 28 avril 2009, auprès de la présidence tchèque. Vers le mois de mai de l'année 2014, on savait que le statut pourrait lui être octroyé en juin 2014 si le Conseil européen en décidait ainsi[31]. Officieusement, c'est chose faite le mardi 24 juin 2014[32],[33]. D'après une journaliste, cette « décision récompense les progrès accomplis par Tirana, notamment pour combattre la criminalité organisée[34]. » Officiellement, la candidature est entérinée par le Conseil européen le vendredi 27 juin 2014.

Relations économiques internationales[modifier | modifier le code]

La fuite des élites albanaises est un processus social et économique qui pénalise la recherche. Cependant, pour enrayer cet exode et encourager les émigrés à revenir, l'Albanie doit définir une politique scientifique et scolaire claire, étroitement liée à une politique industrielle à long terme avec l'aide des programmes européens développés à cet effet (ACE, PHARE, TEMPUS ou EAST).

Les exportations sont faibles (surtout des produits agricoles) et les travailleurs émigrés sont les principaux pourvoyeurs de devises. Les importations sont principalement les équipements mécaniques, les produits manufacturés, les denrées alimentaires, les textiles et les produits chimiques. Le changement de régime en 1991 a créé les conditions d’un rapprochement progressif de l’Albanie et de l’Europe. L’adhésion de l’Albanie au Conseil de l’Europe en 1995 en offrit un premier signe tangible. En novembre 2000, le sommet de Zagreb a ouvert à l’Albanie la perspective d’une adhésion à l’Union européenne (UE), de sorte qu’ont été entamées le 31 janvier 2003 les négociations en vue d’un accord de stabilisation et d'association (ASA), qui a été signé le 12 juin 2006. L’UE a rappelé à plusieurs reprises à l’Albanie la nécessité de mettre en œuvre concrètement les réformes adoptées et de les poursuivre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Albanie.
Carte topographique de l'Albanie
Carte topographique de l'Albanie
Lac de Shkodër, Albanie
Lac de Shkodër
Thethi, Shkodër, Alpes d'Albanie
Theth, Shkodër

L'Albanie s'étend sur une superficie totale de 28 748 km2, avec environ 70 % de surface montagneuse, accidentée et difficilement accessible, dont le point culminant est le mont Korab s'élevant à 2 753 m.
Le reste est constitué de plaines alluviales, dont le terrain est plutôt de piètre qualité pour l’agriculture, alternativement inondé ou desséché. Les terres les plus fertiles sont situées dans le district des lacs (lac d'Ohrid, Grand Prespa et Petit Prespa) et sur certains plateaux intermédiaires entre la plaine et la montagne.
La seule île notable est celle de Sazan qui fut tour à tour occupée par diverses grandes puissances européennes.

Son littoral s'étend sur 362 kilomètres le long de l'Adriatique et de la mer Ionienne. L'Albanie possède 720 kilomètres de frontières terrestres avec le Monténégro (172 km), le Kosovo (115 km), la Macédoine (151 km) et la Grèce (282 km).

Les principales villes sont Tirana (la capitale) avec environ 800 000 habitants, Durrës, Korça, Elbasan, Shkodër, Gjirokastra, Vlora et Kukës.

Le plus grand fleuve albanais est la Drini. Long de 282 kilomètres, il est un des seuls à connaître un débit relativement stable tout au long de l’année. Les autres cours d’eau sont généralement presque secs durant l’été, même les rivières Semani et Vjosa qui ont pourtant une longueur de plus de 160 kilomètres.

Le climat y est méditerranéen dans les régions littorales (moyenne hivernale : 7 °C) et devient plus continental dans le relief. Les précipitations sont assez élevées (1 000 mm à 1 500 mm annuels), le flux d’air humide rencontrant la masse d’air continentale plus froide, surtout pendant l’hiver, qui est la saison pluvieuse.

L'Albanie possède trois lacs dont l'un des plus vieux du monde (lac d'Ohrid).

Le lac de Shkodër situé dans le nord-ouest du pays a une surface qui peut varier entre 370 km2 et 530 km2, partagé entre l'Albanie et la ville d'Ulcinj au Monténégro. La rive albanaise du lac est longue de 57 kilomètres.

Le lac d'Ohrid est le lac le plus profond des Balkans (288 m) mais aussi un des plus vieux du monde. Il est situé dans le sud du pays et est partagé entre l'Albanie et la République de Macédoine. Il possède une variété de flore et de faune unique au monde, des «fossiles vivants» et de nombreuses espèces endémiques. En raison de sa valeur naturelle et historique, le lac d'Ohrid est sous la protection de l'Unesco.

Plus d'un tiers du territoire de l'Albanie, environ 10 000 kilomètres carrés, est couvert de forêts et le pays possède une flore très riche. Environ 3 000 espèces différentes de plantes poussent en Albanie, dont beaucoup sont utilisées à des fins médicinales. Les forêts abritent une grande variété de mammifères, y compris les loups, ours, sangliers et chamois. Les lynx, les chats sauvages et les putois sont rares, mais continuent de survivre dans certaines régions du pays.

Les ressources naturelles les plus importantes sont le pétrole, le gaz naturel, le charbon, le chrome, le cuivre, le bois, le nickel, le potentiel hydroélectrique.

Climat[modifier | modifier le code]

Cotes Saranda, Albanie
Saranda
Ksamil, Albanie
Ksamil

L'Albanie compte un grand nombre de régions climatiques malgré sa relative faible étendue. Les côtes albanaises jouissent d'un climat méditerranéen agréable alors que l'intérieur du pays avec ses hauts plateaux et montagnes possèdent un climat plus continental et donc plus rude. Du nord au sud du pays, la variation du climat est assez sensible. Les saisons les plus agréables sont le printemps et l'automne.

Les basses terres ont des hivers doux, avec une moyenne d'environ 7 °C. L'été, la moyenne tourne autour des 24 °C. Mais les températures, bien que plus affectées par les différences d'altitude que par la latitude, sont tout de même d'environ 5 °C plus élevées dans le sud du pays que dans le nord.

L'hiver s'avère souvent rude dans les zones montagneuses avec des températures assez froides, causées par la masse d'air continentale qui domine la météo de l'Europe de l'Est et des Balkans avec les vents de nord et de nord-est. Les chutes de neige y sont assez fréquentes. Les hivers sont plus doux et pluvieux sur les plaines côtières.

L'été, les températures moyennes sont plus faibles dans les régions montagneuses du nord et de l'est que dans les zones côtières et beaucoup plus faible en altitude, mais avec toutefois des variations journalières plus importantes.

Le centre et l'ouest de l'Albanie connaissent des températures plus élevées (40 °C), causées par des vents chauds venant de la mer. Les températures maximales dans les bassins intérieurs et les vallées fluviales sont très élevées, mais les nuits y sont presque toujours fraîches.

La moyenne des précipitations est élevée, conséquence de la convergence des flux d'airs dominants de la mer Méditerranée avec la masse d'air continentale. En se réunissant habituellement aux plus hautes altitudes, la pluie tombe majoritairement dans les hautes terres centrales. Les courants chauds verticaux venus de la Méditerranée provoquent des orages fréquents en été, la plupart accompagnés de grands vents locaux et d'averses torrentielles.

La moyenne des précipitations pour les zones côtières varie de 1 000 mm au sud à plus de 1 500 mm par an au nord du pays. Les pluies sont concentrées en hiver avec près de 90 % des précipitations annuelles.

La pluviométrie est plus élevée dans les chaînes montagneuses. Les estimations varient largement, mais les moyennes annuelles sont probablement d'environ 1 800 mm et sont plus élevées (2 550 mm) dans certaines régions du nord. La vallée de Boga dans l'ouest de l'Albanie est une des zones les plus humides en Europe, recevant quelque 3 100 mm de pluie par an. Les pluies sont plus équitablement réparties le long de l'année que sur les zones côtières.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Albanie.

Malgré des ressources naturelles importantes, l'Albanie demeure un pays en développement. Son histoire a été profondément marquée par les quarante-cinq années d'autoritarisme et par l'autarcie imposée par Enver Hoxha qui s'est maintenue jusqu'en 1991 et qui donnait l'importance principale au secteur primaire, sans favoriser l'agriculture.

Agriculture[modifier | modifier le code]

L’agriculture représente un quart du PIB et l’économie parallèle a un poids important. Les structures économiques restent fragiles et dépendantes de l’aide extérieure et des transferts de revenus de l’émigration (environ 14 % du PIB). En 2004, le déficit budgétaire représentait 5 % du PIB et la dette publique s’élève à 56 % du PIB. Néanmoins, la productivité s’améliore sensiblement depuis environ une décennie et connaît depuis 2003 une croissance régulière (6 %) dans un contexte d’inflation modérée. Le pays dispose en outre d’une situation géographique favorable à son développement et d’une ouverture sur la mer, d’un large éventail de ressources naturelles et d’un potentiel touristique.

Pour ce qui est du secteur primaire, il constitue une grande partie de sa population. En effet, l'Albanie est un pays agricole et 60 % de la population travaille sur les terres. Le secteur secondaire représente 19 % du PIB et 32 % de la population active. Finalement, le secteur tertiaire représente 60 % du PIB et 20 % de la population active. Ce secteur représente les services et le tourisme en Albanie[35].

Article détaillé : Viticulture en Albanie.

Énergie[modifier | modifier le code]

Mallakastra, Albanie
Mallakastra

La production électrique de l'Albanie provient à 95 % des centrales hydroélectriques situées sur le fleuve Drin au nord du pays.

Malgré une consommation d'électricité moyenne par habitant très basse (l'une des plus faibles en Europe), l'Albanie a des problèmes d'approvisionnement. Les trois centrales situées sur le Drin ne suffisent pas à couvrir les besoins en électricité du pays, qui n'a pour l'instant d'autre alternative que l'importation ou le rationnement.

Le gouvernement albanais prévoit cependant la construction de deux nouvelles centrales hydroélectriques d'une puissance de 200 MW chacune à Bushat et à Kalivaç qui pourraient stabiliser la situation.

La consommation d'hydrocarbures est aussi plus élevée que la production ce qui oblige l'importation d'Italie ou de Grèce. Les deux grandes entreprises nationales qui produisent les énergies fossiles (diesel, essence, gaz et autres dérivés) sont Albpetrol Sh.a qui extrait les minerais, et ARMO Sh.a qui les raffine et qui les vend. La production était beaucoup plus élevée pendant l'époque communiste car les entreprises pétrolières occidentales étaient venues s'implanter en Albanie dans les années 1980 lors de la découverte du dernier grand gisement de pétrole dans le pays.

Statistiques[modifier | modifier le code]

L'Albanie est actuellement un pays en développement, avec la moitié de sa population active travaillant dans le secteur de l'agriculture, et un cinquième des actifs travaillant à l'étranger. Officiellement, le chômage s'élève à 15 %, mais des sources indépendantes l'estiment à près de 30 % au Nord et au Nord-Est du pays. La croissance globale est de 7,3 % mais varie selon les secteurs. Elle atteint presque 20 % pour la construction mais seulement 10 % pour les services publics et privés.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Albanie.
Tirana, Albanie
Tirana
Saranda, Albanie
Saranda

Le pays compte 2 831 741 habitants d'après le recensement de 2011, sur un territoire montagneux à 70 %. Tirana en est la capitale, sa population atteint presque le million d’habitants.

Les autres villes importantes du pays sont Shkodër, Durrës, Elbasan, Vlora, Korça et Berat.

L'Albanie est l'un des pays les plus homogènes ethniquement parlant. 95 % de la population est composée d'Albanais de souche, répartis en deux groupes : les Guègues (au nord) et les Tosques (au sud)[36]. Les Grecs, les Aroumains, les Tziganes, les Serbes et les Macédoniens constituent des groupes minoritaires. La longue occupation ottomane ne réussit pas à changer globalement la structure ethnique de la population, mais les luttes successives et les immigrations incessantes eurent pour conséquence un ralentissement du rythme d'augmentation démographique de la population albanaise.

L’Albanie est le pays d’Europe qui connaît la plus forte émigration, avec plus d’un tiers de ses ressortissants vivant à l’étranger, soit environ 900 000 personnes en 2006, principalement dans les deux pays frontaliers : la Grèce et l’Italie. Ce phénomène est dû à un niveau de vie parmi les plus bas du continent européen. En conséquence, la population du pays a diminué de 100 000 habitants entre 1991 et 2001, malgré un solde naturel positif. Le phénomène d’émigration se poursuit même si les données officielles semblent le sous-estimer[38].

Culture[modifier | modifier le code]

La langue albanaise[modifier | modifier le code]

Contenu du Missel
Le Missel, Mgr Gjon Buzuku
Oldest Surviving Albanian Text
Vieil écrit albanais survivant

L’albanais est une langue d’origine indo-européenne, rattachée au groupe thraco-illyrien et dérivant de l’illyrien, comportant une forte composante de racines latines. Certains auteurs ont soutenu que l'albanais permettrait de déchiffrer la langue étrusque[39]. Le premier écrit en langue albanaise trouvé jusqu'à ce jour, est « La Formule de Baptême » de Pal Engjëlli (1416-1470), archevêque de Durrës (« Je te baptise au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit ») découvert à la bibliothèque de Florence par Nikola Jorga en 1915, chercheur roumain. Le premier livre trouvé en langue albanaise est un manuel de liturgie catholique, intitulé « Le Missel » (Meshari) de Mgr Gjon Buzuku [Jean Bouzoukou] écrit en 1555. Avant cette découverte, d'autres témoignages de l'existence de l'albanais existaient.

  • Le premier est un document trouvé dans les Archives de Dubrovnik (Raguse) du 14 juillet 1284 dans lequel il est mentionné « J'ai entendu une voix en langue albanaise venir de la montagne » (Audivi unam vocem clamantem in monte in lingua albanesca).
  • Le deuxième témoignage provient d'un auteur anonyme, qui très vraisemblablement était un prêtre dominicain, qui en 1308 lors d'un voyage dans les Balkans où il décrit l'Albanie et les Albanais, écrit parmi d'autres « Ici les Albanais ont une langue différente des Latins, Grecs et Slaves, et ainsi, ne se comprennent pas avec les autres peuples » (Habent enim Albani prefati linguam distanctam a latinis, grecis et slavis ita quod in nullo se inteligunt cum aliis nationibus).
  • Le troisième est le témoignage de Guillaume Adam qui écrit en 1332 sous la recommandation de Jean XXII, le traité « Directorium ad passagium faciendum » (Directives pour réaliser le passage [de la Mer]), en faisant également référence à Philippe IV de France, où sont mentionnées des données sur l'Albanie et les Albanais. Ici on trouve la fameuse phrase « et même si les Albanais ont une langue tout autre et différente des Latins, ils utilisent les lettres latines, et ceci, dans tous leurs livres ».

Dans d'autres vieux manuscrits non édités, en langue grecque, gardés à la Bibliothèque Apostolique et aux Archives Secrètes du Vatican, ont été découvertes d'autres sources, notamment dans le cadre des recherches de Dr Moikom Zeqo, ces manuscrits étant actuellement en cours de transcription, et de translittération.

L'enseignement de la langue albanaise fut interdit pendant les cinq siècles d'occupation ottomane. Ouvrir une école en langue albanaise en Albanie était considéré par l'Empire ottoman comme une « hérésie » qui pourrait « créer une question albanaise »[40]. Le plus grand albanologue qui consacra sa vie à l'étude de la langue albanaise fut Norbert Jokl, un juif autrichien (1887-1942) qui sera porté disparu durant la Seconde Guerre mondiale, malgré les efforts incessants de Père Gjergj Fishta et du clergé catholique albanais auprès des autorités italiennes, pour qu'il soit transféré en Albanie et ne soit pas rendu au Troisième Reich. Ce fut en vain. Norbert Jokl ne donnera plus de nouvelles à compter de 1942, et ses travaux universitaires nombreux sur la langue albanaise disparaîtront ensemble avec les manuscrits supplémentaires du vocabulaire albanais apportés par Gustav Meyer.

La langue albanaise a un alphabet comportant 36 lettres (alphabet latin) correspondant à 36 sons de la langue albanaise, et comportant des lettres doubles comme dh (the en ang.), rr, sh (ch en fr.), ll (ang.), xh (dj) ou zh (j). Cet alphabet fut adopté en 1879, lors du Congrès de Bitola (Kongresi i Monastirit) pour la langue albanaise, sous la direction de Père Gjergj Fishta[41]. La langue albanaise est parlée en Albanie, en République de Macédoine, au Monténégro, au Kosovo, ainsi que dans certaines poches isolées d’Italie (Arbëresh) et de Grèce (Arvanites). Il existe deux dialectes principaux :

  • le guègue (Geg), parlé au nord du fleuve Shkumbin ;
  • le tosque (Tosk), parlé au sud de l’Albanie (en dessous du fleuve Shkumbin).

La langue officialisée était basée sur le dialecte guègue jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale en Albanie, et jusqu’en 1968 pour les Albanais du Kosovo, de Macédoine et de Monténégro qui l’utilisèrent comme leur langue officielle albanaise. Notons qu'aucune école en langue albanaise ne fut ouverte en Grèce pour les populations albanaises après le rattachement de la région de Ioannina à la Grèce en 1918. Après l’avènement du communisme, le guègue fut arrêté institutionnellement de 1944 jusqu’en 1967, et de facto de 1972 jusqu’à aujourd’hui, du fait qu'il véhiculait des idées anti-communistes. La langue officielle albanaise d’aujourd’hui est basée sur le dialecte Tosk (et labe), qui emprunte des mots guègues en leur donnant une syntaxe, phonologie et morphologie du parler tosque. Cette langue officielle est remise en cause actuellement par des écrivains, des journalistes et des courants littéraires, notamment au Kosovo et en Albanie du Nord, qui considèrent que le parler « standard » devrait intégrer la structure linguistique du guègue, langue des premiers écrits en langue albanaise, et ensuite langue des poètes et patriotes majoritaires albanais depuis le XVe siècle jusqu’à la fin de la première moitié du XXe siècle.

Le grec est la seconde langue nationale, mais minoritaire, parlée au sud par la minorité grecque (ou épiriotes du Nord).

L'anglais, l'italien et le turc sont les trois autres grandes langues parlées. Les Albanais regardent beaucoup les programmes des programmes télévisés, italiens essentiellement. L'anglais est très important au niveau du tourisme. L'allemand est aussi une langue très présente, car une grande partie de la diaspora albanaise vit en Allemagne, et des retraités albanais qui ont travaillé en Allemagne vivent en Albanie.

L'Albanie est membre de l'Organisation internationale de la francophonie, mais le français a un nombre limité de locuteurs.

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Albanie.
Mère Teresa, Catholique albanaise
Mère Teresa et Sandro Pertini

Les populations du territoire correspondant à l’Albanie ont été christianisées au Ie siècle par saint Paul (Shën Pali) qui passa en Dalmatie et à Illyricum (Albanie actuelle du nord et centrale) et par André (apôtre) qui prêcha en Épire (Albanie actuelle du sud). Dans son écrit Épître aux Romains, saint Paul dit « J'ai donc propagé la parole du Christ par tous les chemins de Jérusalem » à Illyricum[42]. Saint Jérôme (ou Jérôme de Stridon), illyrien de Dalmatie, confirmera explicitement que saint Paul a prêché la parole du Christ en Illyricum.

Dans la période du schisme entre Église catholique romaine et Église de Constantinople, toute l'Albanie actuelle du Nord, y compris les zones de Durrës (ayant le rite catholique romain et byzantin) jusqu'au nord du Kosovo actuel, au sud de la Serbie, et jusqu'au Tivar et Kotor, étaient sous la dépendance de Église catholique romaine. On pouvait y trouver également parfois quelques églises de rite byzantin.

Jusqu'au XIIIe ‑ XIVe siècle et durant tout le XVIe siècle, l'Église albanaise était rattachée à l'Église catholique romaine, même si la partie sud de l'Albanie actuelle avait gardé le rite byzantin (notamment celui greco-catholique). La séparation de l'Église catholique d'Albanie de l'Église orthodoxe interviendra définitivement à l'occupation ottomane (fin XVe, début XVIe siècle) pour la zone de l'Albanie actuelle, alors que cette séparation était déjà amorcée dans la région de l'actuel Kosovo au contact de l'Église slavone.

L'influence de l'empire ottoman encourage une large vague de conversion vers l'Islam. Cette conversion augmente vers le milieu du XVIIIe siècle, mais de manière plus accentuée durant le XIXe siècle. Au début du XXe siècle on compte en Albanie des proportions quasi identiques entre les chrétiens et musulmans (47 % de chrétiens pour 53 % de musulmans[43]). La communauté musulmane albanaise prendra naissance sur le plan institutionnel en 1923 avec l'aide du roi Zog[44]. Lors du Congrès organisé à cet effet (Kongresi i Muslimanëve në Shqipëri: çështja e kalifatit dhe reformat islamike në Oriente Moderno 2, 1922-1923, de 36 délégués, dont 7 députés), il fut demandé le remplacement de la langue arabe dans la liturgie par la langue albanaise, la séparation du califat, etc.. Le Conseil supérieur de la charia devrait être d'ethnie albanaise.

La communauté bektachi, un courant musulman libéral, fut créée une année avant en 1922. La population musulmane appartenant au bektâchîsme, un ordre derviche soufi proche du chi’isme siégeant à Tirana qui se veut une religion à part, est bien trop petite pour être prise en compte, elle a donc été enregistrée sur une colonne à part par les chercheurs. Il n'existe pas de chiffres officiels récents sur la population de la communautés bektachi. Les anciennes statistiques parlent de 150 000 (Kingsley, 1994:85) à 200 000 ménages[45] (Tomor, Interview, 1994) (statistiques de 1912 et 1967). Les bektachi représentent environ 15 % de la population albanaise[45] soit 425 000 individus

  • Les bektachi sont principalement situés dans le sud de l'Albanie: Gjirokastër, Sarandë-Delvinës, Tepelen, Përmet, Kolonjë, Skrapar, Korçë, Devoll, Mallakastër, Vlorë, Leskoviku, Ersekë.
  • Les bektachis sont également présents dans le centre du pays : Krujë, Tiranë, Kavajë, Durrës, Lushnjë, Elbasan, etc.
  • Dans une moindre mesure dans le nord: Martaneshi, Dibër, Bulqizë, Shkodër.

La pratique religieuse a été interdite en Albanie en 1967 par le régime communiste. Enver Hoxha, qui l’a dirigé jusqu’en 1985, avait déclaré l’Albanie pays athée. À la veille de la chute du communisme, en novembre 1990, le retour à la foi et à sa pratique a été à nouveau autorisé. Depuis, les débats vont bon train à savoir si l’Albanie est ou non un pays musulman. Selon cette nouvelle enquête, les musulmans représentent 2,5 millions de personnes au sein d’une population totale de 3,1 millions d’habitants.

Dans les années 1990, l’Albanie est devenue un terrain à conquérir par des groupes religieux nouveaux : Églises évangéliques, Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, Témoins de Jéhovah et quelques mouvances musulmanes comme les salafistes. Les conversions et le prosélytisme de ces nouveaux mouvements chrétiens ont fait la part belle aux spéculations des intellectuels albanais qui y ont vu un renversement de la tendance majoritaire de l’islam en Albanie.

Littérature contemporaine[modifier | modifier le code]

À l'image de son passé agité et des espérances permises par l'ouverture à l'occident des années 1990, l'Albanie possède une littérature contemporaine très riche et d'une grande variété de styles. On peut distinguer grossièrement les auteurs qui ont écrit la majeure partie de leur œuvre pendant la période communiste de ceux dont l'œuvre se situe autour ou après la transition démocratique. Les premiers ont souvent écrit des œuvres lyriques (Lasgush Poradeci) ou métaphoriques (Ismail Kadare dans Le Palais des rêves) tandis que les seconds vont souvent évoquer ouvertement la dictature et ses conséquences, sociales et psychologiques (Bashkim Shehu, Fatos Kongoli, Ornela Vorpsi, Ylljet Aliçka, Besnik Mustafaj).

  • Ismail Kadare, écrivain, prix Man Booker International en 2005.
  • Bedri Dedja, écrivain, académicien, psychologue et pédagogue, il est considéré comme étant le père de la littérature pour enfants albanaise.
  • Dritero Agolli, poète.
  • Ornela Vorpsi, est une romancière, photographe, peintre et vidéaste. Ses romans sont traduits dans seize pays. Vorpsi a reçu de nombreux prix en Italie, France et ailleurs. Elle figure parmi les trente-cinque meilleurs écrivains européens dans l'Anthologie Best European Fiction, Dalkey Archive. Son nom se présente aussi dans l'Anthologie italienne "Narratori degli anni zero".
  • Fatos Kongoli, a reçu de nombreux prix dans son pays. Ses romans, souvent teintés de noirceur et d'un extrême réalisme, évoquent le trouble voire la folie de personnages pendant et après le traumatisme créé par le système totalitaire. Ses œuvres sont traduites dans de nombreuses langues dont le français.
  • Cizia Zykë, écrivain et aventurier français né d'une mère grecque et d'un père albanais devenu légionnaire ; a écrit quatre romans qui expliquent comment différents trafics se sont développés en Albanie durant les années 1990 : Les Aigles et la trilogie Au nom du père. Il est par ailleurs l'auteur d'un reportage sur le code d'honneur albanais, le Kanoun.
  • Xhevahir Spahiu, poète et traducteur.

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique albanaise.

Compositeurs[modifier | modifier le code]

Peinture - Photographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinéma albanais.

Cuisine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine albanaise.

Le territoire de l'Albanie a été occupé par la Grèce, l'Italie et l'Empire ottoman et chaque groupe a laissé sa marque sur la cuisine albanaise.

Le repas principal des Albanais est le déjeuner, il est habituellement accompagné d'une salade de légumes, comme des tomates, des concombres, des poivrons verts, et des olives avec de l'huile d'olive, du vinaigre et du sel. Le déjeuner inclut également un plat principal, des légumes et de la viande. Les spécialités de fruits de mer sont également communes dans les secteurs côtiers de Durrës, Vlorë et Sarandë.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Date Nom français Nom local Origine
1er et 2 janvier Nouvel An Viti i Ri
1er mars Fête du printemps Dita e pranveres
7 mars Jour du professeur Dita e Mësuesit
8 mars Fête des mères Dita e Nënës
14 mars Fête du printemps Dita e pranveres
date variable Pâques catholique Pashkët Katolike catholique
date variable Pâques orthodoxe Pashkët Ortodokse orthodoxe
1er mai Fête du Travail 'Festa e punes
19 octobre Jour de Mère Teresa Dita e Nënë Terezës
date variable Ramadan Ramazani musulmane
28 novembre Libération Dita e Çlirimit
29 novembre Jour de l'Indépendance Dita e Pavarësisë
25 décembre Noël Krishtlindjet catholique

Statistiques[modifier | modifier le code]

Codes[modifier | modifier le code]

L'Albanie a pour codes :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Kosovo est l’objet d’une dispute territoriale entre la République de Serbie et la République autoproclamée du Kosovo. Les institutions provisoires d’autogestion kosovares ont unilatéralement déclaré l’indépendance le 17 février 2008, tandis que la Serbie affirme toujours que la dite province fait encore partie de son propre territoire. Le Kosovo a été reconnu pour 72 de 192 États membres de Nations unies.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Recensement : l'Albanie chute sous la barre des trois millions d'habitants, Le courrier international le 23 décembre 2011
  2. On compte 2 millions d'Albanais dans les Balkans au début du XXe siècle, dont 700 000 seront inclus dans l'État albanais suivant la proclamation d'indépendance de 1912, cf. E. Barbarich, Albania, Roma, 1905 (Démographie).
  3. Nuits Attiques, L. 9.
  4. John Van Antwerp Fine, The early Medieval Balkans: A critical survey from the sixth century to the late twelfth century, University of Michigan Press, 1991, p. 10.
  5. (en) Benjamin W Fortson, Indo-European language and culture: an introduction, Wiley-Blackwell,‎ 2004 (ISBN 978-1-4051-0316-9).
  6. (sq) Alexander Stipčević, Iliri, Zagreb,‎ 1989, 2e éd. (publié également en italien sous le titre Gli Illiri).
  7. NGL Hammond, « The Relations of Illyrian Albania with the Greeks and the Romans », dans Tom Winnifrith, Perspectives on Albania, St. Martin’s Press, New York, 1992.
  8. (en) JP Mallory et Adams, Encyclopedia of Indo-European culture, Taylor & Francis,‎ 1997 (ISBN 978-1-884964-98-5).
  9. a et b (en) John Boardman et Nicholas Geoffrey Lemprière Hammond, The Expansion of the Greek World, Eighth to Sixth Centuries B.C., Part 3, vol. 3, 2,‎ 1982.
  10. Hérodote, livre IV, 49 ; VIII, 137 ; IX, 43.
  11. N. Hammond, « Tumulus-burials in Albania. The grave circles of Mycenae and the Indo-Europeans », dans le bulletin annuel de la British School of Athens, no 62.
  12. (en) Mogens Herman Hansen, An Inventory of Archaic and Classical Poleis: An Investigation Conducted by The Copenhagen Polis Centre for the Danish National Research Foundation,‎ 2005, p. 353.
  13. (sq) I Ceka, Ilirët, Tirana, Ilar,‎ 2002.
  14. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre III.
  15. J.-C. Faveyrial, Histoire de l'Albanie, édition établie et présentée par Robert Elsie, Pejë, Dukagjini, 2001
  16. a, b et c Métais 2006.
  17. Juka 1984, p. 60 :

    « Since the Illyrians are referred to for the last time as an ethnic group in Miracula Sancti Demetri (7th century AD), some scholars maintain that after the arrival of the Slavs the Illyrians were extinct. »

  18. Encyclopédie Méthodique, Géographie Ancienne, tome I et tome III, Paris, 1792, p. 710
  19. (sq) Sh Demiraj, L’origine des Albanais à la lumière des témoignages de la langue albanaise [« Prejardhja e shqiptarêve nën dritën e dëshmive të gjuhës shqipe »], Shkenca,‎ 1999.
  20. a, b, c et d Gibert 1914.
  21. Le tableau se trouve à Oxford, Ashmolean Museum. Cf. L. Corti, « La scuola degli Albanesi à Venezia » in Portolano Adriatico. Rivisto di storia balcanica, 1re année, no 1, 2004 ; Il Palazzo Ducale di Venezia, Canova, Venezia 1990.
  22. L Nadin, Migrazioni e integrazione. Il caso degli albanesi a Venezia (1479-1552), Bulzoni, Contesti Adriatici.
  23. L. Nadin, Migrazioni e integrazione : Il caso degli Albanesi a Venezia (1479-1552)
  24. Revue Thesaloniki, publiée le 14 août 1999
  25. Louis-Lucien Bonaparte, Albanian in Terra d'Otranto, London,‎ 1885.
  26. Auguste Dozon, Manuel de la langue Chkipe, Paris,‎ 1878.
  27. F. Gibert, Les Pays d'Albanie et leur histoire (avec deux cartes), Paris, Rosier, 1914, p. 278 : « Démonstration navale à Dulcigno, 1880. (…) Entre temps, la Grèce occupait Janina, avec la région entre le fleuve d'Arta et le Pinde, ainsi que Préveza, mais elle évacua ces pays, ayant reçu des compensations en Thessalie. »
  28. (en) Edith Durham, The Struggle for Scutari (Turk, Slav, and Albanian), Edward Arnold,‎ 1914.
  29. (en) An Index of events in the military history of the Greek nation, Athènes, Hellenic Army General Staff, Army History Directorate,‎ 1998 (ISBN 960-7897-27-7), p. 103.
  30. E Lefèvre, La division Brandebourg, Les commandos du Reich, Histoire & Collections,‎ 1998.
  31. « Ces pays des Balkans qui frappent à la porte de l'Union européenne », Le Figaro, mardi 20 mai 2014, page 4.
  32. Le Figaro, mercredi 25 juin 2014, « INTERNATIONAL EN BREF », page 9
  33. Les Échos, mercredi 25 juin 2014, rubrique « À L'ÉTRANGER »
  34. Kelly Thomas pour 20 minutes, jeudi 26 juin 2014, MONDE page 9, « CANDIDATURE, L'Albanie sur le seuil »
  35. [1]
  36. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Page de l'Albanie sur le CIA World Factbook
  37. Gouvernement du Canada, Fiche documentaire Albanie, novembre 2011
  38. Laurent Chalard, « Le dépeuplement de l’Albanie », Le Courrier des pays de l’Est, no 1061, mai–juin 2007, p. 60–68.
  39. (it) NV Falaschi, L'Etrusco lingua viva, Bardi,‎ 1989.
  40. (sq) Robert Elsie, Histoire de la littérature albanaise [« Histori e letêrsisë shqiptare »], Pejë, Dukagjini, p. 188.
  41. (sq) Sh Demira et K Prifti, Kongresi i Manastirit, Tirana, Académie des sciences,‎ 2004.
  42. « Le Nouveau Testament, Epitre aux Romains, Epilogue, Le ministère de Paul », dans La Bible de Jérusalem (traduite en français sous la direction de l'École biblique de Jérusalem), Editions du Cerf,‎ 1998, p. 1915.
  43. E Barbarich, Albanie, Rome, Enrico Voghera,‎ 1905
  44. (sq) Ali Basha, Islami në Shqipëri gjatë shekujve, Tiranë,‎ 2000.
  45. a et b Center for Documentation and Information on Minorities in Europe - Southeast Europe (CEDIME-SE) MINORITIES IN SOUTHEAST EUROPE, Bektashis of Albania
  46. a, b, c, d et e Gjeografia 4 (livre de géographie de terminale)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Najbor, Histoire de l'Albanie et de sa maison royale (5 volumes), Paris, JePublie,‎ 2008.
  • Georges Castellan, Histoire de l'Albanie et des Albanais, Éd. Armeline,‎ 2002
  • Fréderic Gibert, Les Pays d'Albanie et leur histoire (avec deux cartes), Paris, Rosier,‎ 1914.
  • Serge Métais, Histoire des Illyriens. Des Illyriens à l'indépendance du Kosovo, Fayard,‎ 2006.
  • (en) Sophia S Juka, Kosova: The Albanians in Yugoslavia in Light of Historical Documents: An Essay, Waldon Press,‎ 1984, 70 p. (ISBN 0-961360-10-0, lire en ligne)
  • (it) L Nadin, Migrazioni e integrazione. Il caso degli albanesi a Venezia (1479-1552), Bulzoni,‎ 2008 (ISBN 978-88-7870-340-7).
  • S. Pollo et A. Puto, Histoire de l'Albanie, Horvath, Roanne, 1974

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]