Boulevard

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Boulevard de Sébastopol à Paris

Un boulevard est une voie généralement large (quatre voies de circulation ou plus) avec souvent des allées piétonnières sur ses bords.

Au Québec, le boulevard comprend souvent un terre-plein central (terme normalisé par l'Office québécois de la langue française)[1].

Il existe cependant des boulevards aux dimensions modestes, notamment dans le sud de la France, comme le boulevard de Magallon[2] à Marseille.

Origine du nom et abréviations[modifier | modifier le code]

Le mot vient du néerlandais bolwerk[réf. souhaitée].

Il apparaît dans la terminologie des places fortifiées, au XVIe siècle quand la fortification se modifie pour résister aux boulets en fonte. Le mot est composé de deux radicaux : bole qui signifie poutre, grosse pièce en bois, et voerk qui veut dire ouvrage. Ces racines germaniques se retrouvent en danois et en suédois avec bolvek, en allemand avec Bulwark, et en hollandais, bolverk.

Le mot boulevard dans son sens premier militaire désigne, dans la fortification d'une ville, un ouvrage de protection avancé construit en madriers et en terre. Avec la transformation de la fortification, le mot va désigner un ouvrage, souvent maçonné, ajouté en avant d'une fortification plus ancienne et destiné à porter de l'artillerie. Un boulevard a le même rôle qu'un «bastion» ou un «rempart».

À Paris, le roi François Ier avait dès 1524 décidé de renforcer les défenses de la ville. En 1536 on entreprend les premiers travaux, mais c'est après le siège de Metz que les Parisiens se rendent compte que le rempart de Charles V, en rive droite de la Seine, ne peut pas les protéger d'une attaque des Impériaux venant du nord ou de l'est. La défaite de Saint-Quentin renforce cette crainte. La ville a donc décidé de construire une muraille en pierre de taille appliquant les nouveaux principes de la fortification avec des boulevards, des bastions espacés de 30 à 290 mètres construits d'abord en terre avant d'être maçonnés, placés devant l'enceinte de Charles V. Les anciens remparts, arasés et renforcés par des remblais tirés des fossés qui ont été élargis devant les murs, servent de fortes courtines permettant de faire circuler rapidement la troupe et l'artillerie. Dans la partie ouest de la ville, une nouvelle enceinte bastionnée est construite pour englober de nouveaux quartiers à partir de 1566, protégée par des fossés dont la couleur de la terre remuée a donné le nom, l'enceinte des fossés jaunes.

Jean Béraud Le Boulevard Saint-Denis
et la porte Saint-Denis

En 1670, Louis XIV décida de reporter la défense du royaume sur la frontière avec la constitution du pré carré et de faire de Paris une ville ouverte. L'enceinte bastionnée et les boulevards sont détruits et transformés en nouveaux cours carrossables plantés d'arbres qui deviennent rapidement des lieux de promenade à la mode. La réalisation de cet aménagement des anciens boulevards n'était pas terminée en 1760[3]. Les Parisiens ont donné à ces nouveaux cours le nom de boulevard.

À l'origine, un boulevard est donc une «promenade plantée d'arbres sur l'emplacement d'anciens remparts» (définition donnée en 1803). Il permet ainsi de contourner une ville de l'extérieur (comme le fait une ceinture périphérique, à Paris, le boulevard périphérique, les boulevards des Maréchaux construits à l'emplacement de l'enceinte de Thiers). Puis, par extension, un boulevard désigne une large voie urbaine.

Boulevard peut être abrégé bvd ou bd (sans majuscule ni point).

Le boulevard parisien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Boulevards parisiens.

La pratique du boulevard en urbanisme débute surtout au XVIIIe siècle avec à Paris le contournement possible des enceintes, puis s'accélère sous le Second Empire avec la politique haussmannienne d'aération urbaine (axes de promenades).

Certains axes de grande circulation créés à Paris dans les années 1850 ont reçu le nom de « boulevard » alors qu'ils n'occupent pas l'emplacement d'anciennes fortifications (boulevard Saint-Michel, boulevard de Sébastopol). Dès 1860, une commission chargée de la nomenclature décida toutefois de réserver désormais le nom de boulevard à des voies concentriques : d'où la dénomination des boulevards des Maréchaux et de l'avenue de l'Opéra.

Urbanisme moderne[modifier | modifier le code]

Actuellement l'acception du terme «boulevard» (à l'instar d'autres termes spécifiques d'urbanisme) a été élargie et peut aussi bien désigner un axe de circulation important et de largeur considérable qu'une petite rue à chaussée non séparée en plein centre-ville et aucune obligation n'est notée quant aux suivi du tracé d'anciens murs.

Petit boulevard à Marseille

Toutefois, on pourra remarquer que c'est une voirie qui se doit de comporter au moins sur ses bords des allées plantées pour mériter son appellation, exception faite de plusieurs villes du sud de la France telles que Marseille ou Toulon, où de nombreuses voies portant le titre de boulevard ne sont en réalité que d'étroites rues sans plantations.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « boulevard », sur Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française
  2. Google Street
  3. Bernard Gagneux, Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris. Promenades au long des murs disparus, p. 84-137, Parigramme, Paris, 2004 (ISBN 2-84096-322-1) ; p. 248

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]