Tbilissi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Tbilissi
თბილისი
Blason de Tbilissi
Héraldique
Drapeau de Tbilissi
Drapeau
Tbilissi
Tbilissi
Administration
Pays Drapeau de la Géorgie Géorgie
Subdivision Tbilissi
Maire David Narmania
Code postal 01xx
Indicatif téléphonique +995 32
Démographie
Population 1 473 551 hab. (2012)
Densité 2 030 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 43′ 01″ N 44° 46′ 59″ E / 41.717, 44.78341° 43′ 01″ Nord 44° 46′ 59″ Est / 41.717, 44.783  
Altitude 575 m
Superficie 72 600 ha = 726 km2
Histoire
Fondation 468
Statut Ville depuis 522
Ancien(s) nom(s) Tiflis (736-1918)
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Géorgie

Voir la carte administrative de Géorgie
City locator 14.svg
Tbilissi

Géolocalisation sur la carte : Géorgie

Voir la carte topographique de Géorgie
City locator 14.svg
Tbilissi
Liens
Site web www.tbilisi.gov.ge
Tbilisi by L. Nioradze.jpg

Tbilissi (en géorgien თბილისი, t'bilisi) est la plus grande ville et la capitale de la République de Géorgie. S'étendant sur les rives de la rivière Koura, son nom dérive de l'ancien géorgien Tp'ilisi. Appelée traditionnellement Tiflis dans la plupart des langues (la terminaison -i est une marque de la langue géorgienne), son nom local s'est répandu par la volonté de Staline à partir de 1935. La ville couvre une superficie de 726 km2 et abrite 1 093 000 habitants.

Fondée au Ve siècle de notre ère par le roi d'Ibérie Vakhtang Gorgassali, elle devint la capitale du royaume de Géorgie orientale (ou Ibérie) au VIe siècle et se transforma bientôt en une grande ville de commerce, riche de culture. Elle est inscrite à la liste indicative du patrimoine mondial de l' UNESCO[1].

La ville est aujourd'hui en train de devenir une étape importante de la route des énergies naturelles et des projets de commerce. Située sur un point stratégique entre l'Orient et l'Occident, et également sur le chemin de la route de la soie, Tbilissi a souvent été convoitée par les puissances voisines et fut le théâtre de plusieurs conflits violents ou indirects (Le Grand Jeu) entre les grands pays l'entourant. L'histoire de la ville peut aujourd'hui être comprise par son architecture, où l'avenue haussmannisée de Roustaveli et le centre-ville rivalisent avec les quartiers voisins médiévaux.

La démographie de la ville est très diverse. Historiquement, elle accueillit des communautés de différentes cultures, religions et ethnies. Même si la ville, tout comme le pays, est majoritairement orthodoxe, Tbilissi est l'un des rares endroits à avoir une mosquée et une synagogue l'une à côté de l'autre, dans l'ancienne Tbilissi ; ces deux établissements religieux sont eux-mêmes situés à quelques mètres d'une des églises les plus connues de Géorgie, celle de Metekhi. Dans l'histoire récente, Tbilissi se fit connaître par la Révolution des Roses qui eut lieu autour du parc de la Liberté et près des bâtiments parlementaires, en faisant suite aux résultats contestés des élections législatives de 2003 ; ce qui mena à la démission du président Edouard Chevardnadzé.

Tbilissi ne possède qu'un seul aéroport international. Plusieurs destinations touristiques, telles que la nouvelle cathédrale de la Trinité (la Sameba), le parc de la Liberté, l'église de Metekhi, le quartier Narikala, le parlement de Géorgie, l'avenue Roustaveli, l'opéra de Tbilissi, Mtatsminda et d'autres, font la renommée de Tbilissi dans le monde entier. La ville est également celle de plusieurs artistes célèbres. La vie de Tbilissi fut immortalisée d'un point de vue artistique par Niko Pirosmani et Lado Goudiachvili.

Géographie[modifier | modifier le code]

Topographie et situation[modifier | modifier le code]

Tbilissi se trouve en Transcaucasie (Caucase du Sud) à 41° 43' de latitude nord et 44° 47' de longitude est. À titre de comparaison, des villes comme Barcelone, en Espagne, ou Rome, en Italie, se situent approximativement à la même latitude. La ville est située à l'est de la Géorgie, sur les rives de la Koura (M't'kvari, en géorgien), entre le Grand Caucase et le Petit Caucase, à l'endroit où les deux chaînes ne sont séparées que par l'étroite vallée du fleuve. Le relief accidenté freine l'expansion de la ville. La ville, située dans une zone sismique, est frappée parfois par des tremblements de terre.

La ville de Tbilissi, d'une superficie de 726 km2, s'étale à des altitudes comprises entre 380 m et 770 m au-dessus du niveau de la mer. Au nord, la ville est limitée par la cordillère de Sagouramo, à l'est et au sud-est par la plaine de Iori, et à l'ouest, son expansion est empêchée par la cordillère de Trialéti.

Le grand réservoir d'eau au nord de la ville est communément appelé « mer de Tbilissi. » Il est alimenté depuis 1951 par un canal tirant sa source de la rivière Iori, qui coule dans la steppe de Samgori (quartier est de Tbilissi, rive gauche)[2].

Panorama de Tbilissi, traversée par le fleuve Koura.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Tbilissi est un climat de transition entre un climat subtropical humide et un climat continental tempéré. Le climat de la ville subit la double influence des masses d'air sèches en provenance d'Asie centrale et des masses d'air subtropicales humides en provenance de la mer Noire.

Tbilissi connaît des hivers doux avec une température moyenne de 1,5 °C en janvier et des étés chauds avec une température moyenne de 24,5 °C en juillet. La douceur des températures en hiver s'explique par la proximité de deux grandes masses d'eau (la mer Noire et la mer Caspienne) et par le fait que la chaîne de montagne du Grand Caucase empêche l'intrusion des masses d'air froides en provenance de Russie. La neige ne tient au sol en moyenne que 13 jours par an (hauteur moyenne de 2 cm en février avec un maximum de 44 cm).

  • Température record la plus froide: -24.4 °C (janvier 1883)
  • Température record la plus chaude: 40.3 °C (août 1957)
  • Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année: 26
  • Nombre moyen de jours de pluie dans l'année: 123
  • Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année: 35
Relevé météorologique de Tbilissi
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1,5 −0,8 3 8,1 12,1 16 19,4 18,6 15 9,4 4,5 0,5 8,4
Température moyenne (°C) 1,5 2,4 6,8 13 17 21,1 24,5 23,7 19,8 13,6 7,8 3,4 12,9
Température maximale moyenne (°C) 5,9 7,1 12,2 19,3 23,1 27,5 31 30,2 26,1 19,4 12,7 7,8 18,6
Record de froid (°C) −24,4 −14,8 −12,8 −4,8 1 6,3 9,3 8,9 0,8 −6,4 −7,1 −20,5 −24,4
Record de chaleur (°C) 19,5 22,4 28,7 31,6 34,9 38,7 40 40,3 37,9 33,3 27,2 22,8 40,3
Précipitations (mm) 20 29 31 51 84 84 41 43 35 41 35 23 517
Source : Le climat à Tbilissi (en °C et mm, moyennes mensuelles)Pogoda.ru.net


Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Tbilissi.

L'histoire de Tbilissi, en tant que capitale de Géorgie, remonte au Ve siècle. Durant ses 1 500 ans d'histoire, elle fut un centre culturel, politique et économique important de la région du Caucase. Située sur les plus grandes routes de commerce, la ville fut occupée au moins vingt fois par des ennemis extérieurs. Depuis 1991 et l'indépendance de la Géorgie, Tbilissi est la capitale de la République de Géorgie.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Vakhtang Ier Gorgassal est considéré comme le fondateur de Tbilissi.

La légende[réf. nécessaire] raconte que le territoire de l'actuelle Tbilissi était, jadis, complètement recouvert par une forêt dans laquelle la Cour de Mtskheta allait parfois chasser, au plus tard jusqu'en 458. Selon la tradition, Vakhtang Ier Gorgassali, roi d'Ibérie, chassait au faucon dans cette contrée boisée (parfois, le faucon est remplacé dans la légende par un petit oiseau), quand celui-ci attrapa un faisan. Mais les deux oiseaux tombèrent dans une source d'eau chaude proche, et moururent. Le roi Vakhtang fut si étonné par la découverte de sources d'eau, qu'il décida de fonder une ville à cet endroit. Il nomma la ville Tpili, ce qui veut dire chaud en géorgien. Ainsi, Tpili, ou Tbilissi (endroit chaud), reçut son nom à cause de ses nombreuses sources d'eau chaude.

Les études archéologiques de la région ont révélé que le territoire de Tbilissi fut occupé par des êtres humains au plus tôt au IVe millénaire avant notre ère. La source la plus ancienne mentionnant ce lieu date de la seconde moitié du IVe siècle, sous le règne de Varaz-Bakour Ier, quand celui-ci fit construire une forteresse dans la dite forêt. Vers la fin du même siècle, la forteresse tomba dans les mains des Perses, avant de revenir dans les mains des Géorgiens sous le règne de Vakhtang Ier. Ce dernier ne serait donc pas le fondateur de Tbilissi, mais seulement l'auteur de l'agrandissement de la forteresse pour en faire une ville. Les territoires que le roi fit construire semblent recouper l'actuelle ancienne Tbilissi.

Le roi Vatché II d'Ibérie (roi de 522 à 534), fils et successeur de Vakhtang Gorgassali, déplace la capitale de son royaume de Mtskheta à Tbilissi, selon la volonté de son père[3]. Sous son règne, le roi Vatché II termine également la construction de la forteresse entourant la ville, et établit ainsi les premières limites de Tbilissi. La nouvelle capitale devient bientôt une ville importante dans la région, au vu de sa position stratégique et favorable, au carrefour des chemins des marchands de l'Occident et de l'Orient.

Domination étrangère[modifier | modifier le code]

La position géographique de Tbilissi n'est toutefois pas si favorable que cela pour le royaume d'Ibérie. Située stratégiquement au cœur du Caucase, entre l'Europe et l'Asie, elle devient le principal objet de rivalités entre les différentes puissances voisines telles que l'Empire byzantin, la Perse, l'Arabie et la Turquie seldjoukide. Le développement culturel de la ville dépend ainsi des différents empires la dominant du VIe au Xe siècle. Toutefois, Tbilissi, comme le reste de la Géorgie orientale, réussit à préserver une autonomie notable vis-à-vis de ses conquérants.

À partir de 570/580, les Perses prennent Tbilissi et y règnent pour environ une décennie. En 627, elle est prise et saccagée par les armées byzantines et khazares. Vers 737, les Arabes entrent dans la ville sous le commandement de Marwan al-J`adîy al-Himâr et établissent un émirat dans la région avec pour capitale Tbilissi. En 764, la ville est à nouveau prise par les Khazars mais reste sous domination arabe. En 853, les armées du général arabe Boughba le Turc envahissent Tbilissi dans le but d'établir une domination abbasside dans le Caucase. La domination arabe sur Tbilissi continue ainsi jusque dans les années 1050, les Géorgiens y résidant ne pouvant se révolter. En 1068, la ville est encore une fois saccagée, cette fois par les Seldjoukides sous le sultan Alp Arslan.

Tbilissi, capitale de la Géorgie de l'Âge d'Or[modifier | modifier le code]

David IV le Reconstructeur fit de Tbilissi sa capitale dès 1122.
L'église d'Antchistaki, la plus ancienne de la ville (VIe siècle)

En 1122, après de violents combats contre les Turcs seldjoukides qui affrontaient au moins 60 000 Géorgiens et 300 000 Turcs, les troupes du roi de Géorgie David IV le Reconstructeur entrèrent dans Tiflis. À la fin des affrontements contre les musulmans dans la région, le roi déplaça sa capitale de Koutaïssi (en Géorgie occidentale) à Tbilissi, ce qui marqua le début du rôle de cette ville en tant que symbole de l'unification géorgienne. À partir du XIIe siècle, Tbilissi devint donc une ville dans laquelle le pouvoir dominant de la région pouvait profiter d'une bonne situation économique (avec un commerce bien développé et des travaux qualifiés), et d'une structure sociale bien établie. À la fin du siècle, la ville s'agrandit et acquit une population de 80 000 habitants[réf. nécessaire]. La ville devint également un centre culturel et littéraire important, non seulement pour les Géorgiens eux-mêmes, mais également pour nombre d'auteurs européens ou vivant au Proche-Orient. Sous le règne de la reine Tamar, le poète Chota Roustaveli travailla à Tbilissi et y écrivit son poème épique légendaire, Le Chevalier à la peau de panthère. Cette période est connue aujourd'hui sous le nom d'« Âge d'Or géorgien », ou bien de « Renaissance géorgienne ».

Domination mongole et période de chaos[modifier | modifier le code]

Toutefois, l'Âge d'Or de Tbilissi ne dura pas plus d'un siècle. En 1236, après avoir souffert de défaites écrasantes face aux Mongols, la Géorgie se retrouva soumise à Gengis Khan. La nation elle-même se préserva, garda une forme de semi-indépendance et ne perdit guère son gouvernement ; mais Tbilissi fut fortement influencée par les Mongols pendant au moins un siècle, aussi bien politiquement que culturellement. Dans les années 1320, les Mongols furent repoussés de Géorgie et Tbilissi redevint la capitale d'une Géorgie indépendante, une nouvelle fois. Mais affaiblie par les événements précédents, la ville en plus fut victime de calamités : ainsi, la Grande Peste vint frapper Tbilissi en 1366.

La vieille ville et la forteresse de Narikala
Vue de Tbilissi en 1671, par le voyageur français Jean Chardin.
Façade de l'ancien caravansérail Téklés Karvasla

De la seconde moitié du XIVe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, Tbilissi fut à nouveau la cible de plusieurs envahisseurs et fut complètement brûlée plusieurs fois. En 1386, Tbilissi fut envahie par les armées de Tamerlan (Timour Lang). En 1444, la ville fut prise et détruite par Jahan Shah (chef des Turkmènes Qara Qoyunlu). Puis entre 1477 et 1478, Tbilissi fut agrégée à l'empire d'Uzun Hasan, l'ennemi du précédent envahisseur et chef des Aq Qoyunlu. En 1522, les Perses prirent la ville qui fut libérée deux ans plus tard par le roi David X de Karthli. Durant cette période, certains quartiers de Tbilissi fut reconstruits, mais dès le XVIIe siècle, elle redevint le théâtre d'invasions terribles pour le pays. Cette fois, Tbilissi était plus un objet de conflit entre deux empires que la cible d'envahisseurs sanguinaires, car les Turcs ottomans et les Perses séfévides s'affrontaient pour le contrôle de la ville. Plus tard, le roi Héraclius II de Géorgie (Iraki II) tenta à plusieurs reprises (mais sans succès) de libérer Tbilissi de la domination perse, mais il n'en résulta que l'incendie de l'ancienne capitale du Caucase, en 1795, par Agha Mohammad Shah. À ce moment, sentant que la Géorgie ne pourrait plus résister seule contre ses ennemis, le roi décida de faire appel à la Russie.

Tbilissi était aussi une étape sur l'un des itinéraires de la route de la soie, d'où la présence de nombreux caravansérails dont certains subsistent encore :celui de Téklés Karvasla, reconstruit après avoir été détruit par les Perses en 1795, de style « européano-mauresque », durement touché par le tremblement de terre de 2002, a été réhabilité depuis.

Tbilissi sous l'ère russe[modifier | modifier le code]

Vue de Tiflis dans les années 1890.
Tbilissi vers 1910

En 1801, après que le royaume de Géorgie orientale Karthl-Kakhétie a été annexé par l'empire russe contrairement aux accords du traité de Gueorguievsk de 1783[réf. nécessaire], Tbilissi, désormais connue sous son ancien nom arabe de Tiflis, devint le centre de la vice-royauté du Caucase. Dès le début du XIXe siècle, Tiflis commença à s'améliorer d'un point de vue économique et à se développer politiquement. De nouveaux bâtiments de style européen furent érigés dans la ville et de nouvelles routes furent construites pour relier la ville à d'autres villes importantes de Transcaucasie, telles que Batoumi, Poti, Bakou et Erevan. Dans les années 1850, Tiflis fut à nouveau le centre du renouveau de la vie culturelle caucasienne en général et géorgienne en particulier. Les poètes et auteurs Ilia Tchavtchavadzé, Akaki Tsereteli, Jacob Gogebachvili, Alexandre Griboïedov, qui était secrétaire diplomatique du gouverneur général du Caucase, et d'autres s'établirent à Tiflis.

La ville devint l'objet de l'affection d'Alexandre Pouchkine, de Léon Tolstoï, de Mikhaïl Lermontov, de la famille impériale et de bien d'autres. La famille impériale établit même sa résidence transcaucasienne dans la rue Golvine (aujourd'hui l'avenue Roustaveli)[réf. nécessaire].

Au XIXe siècle, le rôle politique, culturel et économique de Tiflis avec ses diversités ethniques, religieuses et culturelles fut important non seulement pour la Géorgie, mais également pour l'ensemble du Caucase. Ainsi, Tiflis prit un visage différent. On y construisit des monuments qui lui donnèrent les attributs d'une ville cosmopolite, tandis que son folklore urbain, sa langue et également sa culture populaire dite Tbilisouri (littéralement, appartenant à Tbilissi) lui donnèrent un charme particulier.

Première indépendance et Géorgie soviétique[modifier | modifier le code]

Après la Révolution russe de 1917, Tiflis servit de quartier général au gouvernement intérimaire transcaucasien qui établit, au printemps 1918, l'éphémère République démocratique fédérative de Transcaucasie. La capitale reprit son nom de Tbilissi. C'était dans cette nouvelle capitale que les trois nations transcaucasiennes (Géorgie, Arménie et Azerbaïdjan) déclarèrent leur indépendance, les 26 et 28 mai 1918. Tbilissi servit alors de capitale à la République démocratique de Géorgie jusqu'au 25 février 1921. De 1918 à 1919, la ville avait également servit de QG aux troupes britanniques et allemandes.

L'Armée Rouge entrant dans Tbilissi, le 25 février 1921.

Sous le gouvernement national, Tbilissi devint la première ville universitaire du Caucase après que l'université d'État de Tbilissi fut fondée en 1918. C'était enfin la concrétisation d'un rêve de la société géorgienne que les gouverneurs généraux russes ou les vice-rois du Caucase n'avaient jamais permis de réaliser [réf. nécessaire].

Après les révolutions de février et d'octobre 1917 à Petrograd, la Géorgie tente de restaurer son indépendance : le 26 mai 1918 Noé Jordania proclame la naissance de la 1ère République de Géorgie, mais la Russie soviétique envahit le pays, contraignant le Parlement géorgien à voter l’exil des dirigeants. Ces dernier, avec environ un millier de personnes se réfugie en France, dont à Leuville-sur-Orge pour le gouvernement en exil (qui s'installe dans le château de Leuville, encore localement dénommé « le château des Géorgiens »[4],[5]). C'est le début d'une période de domination soviétique dans le Caucase.

Les Soviets créèrent alors la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie, avec pour capitale Tbilissi. En 1936, Joseph Staline dissout la fédération soviétique de Transcaucasie et Tbilissi se retrouva ainsi capitale de la seule République socialiste soviétique de Géorgie. De nombreux Géorgiens natifs de la région de Tbilissi eurent une influence certaine sur l'évolution de l'URSS et du Caucase, pendant le régime de Staline[réf. nécessaire] qui était lui-même Géorgien.

Pendant toute la période soviétique, la population de la ville augmenta fortement ; la ville s'industrialisa et se retrouva comme l'un des centres politiques, sociaux et culturels de l'Union soviétique parmi les plus importants, avec Moscou, Kiev et Léningrad.

Après la mort de Staline en 1953, les autorités soviétiques adoptèrent la doctrine de déstalinisation de Nikita Khrouchtchev, et les Géorgiens attachés à la figure du petit père des peuples montrèrent à maintes reprises leur mépris du gouvernement de Moscou. Ainsi, des manifestations anti-soviétiques se produisirent à Tbilissi en 1956.

Plus tard en 1978 (manifestation de défense de la langue géorgienne) et en 1989 des manifestations furent sévèrement réprimées par le pouvoir soviétique.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Depuis 1991[modifier | modifier le code]

La Révolution des Roses rassembla près de 100 000 manifestants.

À la chute de l'Union soviétique, Tbilissi subit de graves périodes d'instabilité et de troubles, surtout pendant le gouvernement dictatorial de Zviad Gamsakhourdia. Après une brève guerre civile dont la ville fut le théâtre pendant deux semaines de décembre 1991 à janvier 1992 (guerre qui opposa les forces gouvernementales à celles de l'opposition), la capitale géorgienne devint la scène d'affrontements fréquents entre différents clans dits de la mafia et des entrepreneurs d'affaires illégales[réf. nécessaire]. Même durant l'ère Chevardnadzé (1993 - 2003), le crime et la corruption devinrent si importants qu'ils affectèrent les niveaux les plus élevés de la société de Tbilissi[réf. nécessaire]. Le chômage et l'appauvrissement de la population de Tbilissi étaient désastreux.

Propagande fixe en faveur de l'intégration dans l'OTAN, signe de la politique du gouvernement issu de la Révolution des Roses du parti Mouvement national uni, avenue Roustaveli, devant l'ancien Parlement.

La population de Tbilissi augmenta suite à l'arrivée de réfugiés en provenance des républiques ayant déclaré leur autonomie (Adjarie, Ossétie du Sud, Abkhazie et celle des nombreux chômeurs venant de province pour trouver un emploi. La situation, dans une ville qui ne bénéficiait que de quelques rares heures par jour de l'électricité[réf. nécessaire] et dont le niveau de vie par rapport à la période de l'URSS avait baissé de moitié, fut extrêmement difficile[réf. nécessaire].

En novembre 2003, suite à des élections législatives falsifiées, des protestations de masse eurent lieu et près de 100 000 Géorgiens manifestèrent contre le gouvernement. Cela mena à la Révolution des Roses qui, le 23 novembre 2003, renversa le président Edouard Chevardnadzé. Le nouveau président est élu avec un mandat de lutte contre la corruption. Il fait pour cela venir Kakha Avtandilovich Bendukidze, un ancien biologiste russe devenu magnat de l'industrie et de la finance, qu'il nomme ministre puis chef de la chancellerie (après avoir acquis la nationalité géorgienne). Kakha Bendukidze affirme engager et appliquer une large stratégie de lutte contre la corruption et une certaine amélioration de l'économie (au regard des critères de la Banque mondiale et une reprise du tourisme s’ensuivent [réf. nécessaire], permettant à la capitale de retrouver un niveau qu'elle n'avait plus connu depuis longtemps, mais au prix d'une forte baisse de la protection sociale[6] et de privatisations en série conduites dans le cadre d'une politique ultralibérale[7], voire libertariste[8] par K. Bendukidze...

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le statut officiel de Tbilissi, en tant que capitale de la nation géorgienne, est défini par l'article 10 de la constitution de Géorgie (1995) et la loi sur la capitale de Géorgie du 20 février 1998.

Quoique Tbilissi soit la capitale de Géorgie, elle n'est plus le siège du gouvernement du pays ; celui-ci, originellement au no 8 avenue Roustaveli, a émigré à Koutaïssi, la deuxième ville, en 2012[9].

Tbilissi est gouvernée par l'Assemblée (Sakreboulo) de Tbilissi et le Conseil de Ville (Meria). L'Assemblée est élue une fois tous les quatre ans. Son rôle principal est d'élire le maire de Tbilissi. L'actuelle maire est Giorgi (dit Gigi) Ougoulava, tandis que le président de l'Assemblée de Tbilissi est Zaal Begachvili. Depuis l'indépendance de 1991, cinq maires se sont succédé à Tbilissi :

La ville est divisée en raïons (districts administratifs), lesquels ont leur propre gouvernement local avec une juridiction limitée à un certain nombre d'affaires. Cette subdivision fut établie à l'époque de l'URSS dans les années 1930, quand Tbilissi était la capitale de la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie. Depuis que le pays est indépendant, le système des raïons a été modifié et restructuré. Selon les dernières modifications, ces districts sont :

Immeuble de bureau moderne, rue Lermontova, derrière l'ancien hôtel de ville. Il est le siège de la filiale géorgienne du groupe allemand HeidelbergCement.
  • le Dzveli Tbilissi (ძველი თბილისი)
  • le Vake-Sabourt'alo (ვაკე-საბურთალო)
  • le Didoube-Tchougouret'i (დიდუბე-ჩუღურეთი)
  • le Gldani-Nadzaladevi (გლდანი-ნაძალადევი)
  • l'Isani-Samgori (ისანი-სამგორი)
  • le Didgori (დიდგორი )

La plupart des raïons sont constitués d'après le découpage historique des faubourgs de la ville. Les habitants de Tbilissi préfèrent toutefois un système non officiel composé de quartiers historiques ou d'entités géographiques bien définies. Ces quartiers sont nombreux et comme certains d'entre eux ont perdu leurs cadastres historiques, il est difficile d'établir une hiérarchie autre qu'officieuse entre eux.

Le premier niveau naturel de division de la ville est celui qui sépare la rive gauche de la rive droite par la rivière Koura. Les noms des quartiers les plus anciens remontent au début du Moyen Âge et ont souvent un grand intérêt linguistique et toponymique. D'autres quartiers, plus récents et entièrement reconstruits, ont des noms historiques, mais qui n'ont rien à voir avec les quartiers voisins ; ce qui est considéré par les vieux habitants de la capitale comme un abus de type commercial.

À l'époque russe, le quartier considéré comme géorgien était confiné dans la partie sud-est de la ville. Karl Baedeker décrit ainsi la ville dans son célèbre guide :

« Dans la partie nord de la ville, sur la rive gauche du Koura (Mtkvari) et au sud de la station de train, se situe le quartier allemand, anciennement occupé par des immigrés allemands du Wurtemberg (1818). Au sud, se trouve le quartier Grouzinian ou géorgien (Avlabár). Sur la rive droite du Koura, il y a le quartier russe, le siège du gouvernement de Tiflis et le lieu des marchés les plus importants. Ce quartier est lui-même suivi au sud par les bazars persans et arméniens. »

Ici, Avlabár est considéré comme « partie intégrale de la fameuse Tbilissi antique » . Il est aujourd'hui l'objet principal de la préservation du patrimoine culturel de la part des autorités géorgiennes.

Transports[modifier | modifier le code]

Ferrovaire[modifier | modifier le code]

De la gare centrale de Tbilissi partent des trains pour les villes et villages de Géorgie, ainsi que pour Bakou et Erevan.

La gare de Tbilissi

Aéroport[modifier | modifier le code]

L'aéroport international de Tbilissi (en géorgien: თბილისის საერთაშორისო აეროპორტი, Tbilisis saertasoriso Aeroporti) est situé à 17 km (11 mi) au sud-est de la ville. Des trains directs couvrent la route entre la gare centrale de Tbilissi et l'aéroport en 35 minutes. Le trafic de l'aéroport international de Tbilissi a augmenté de 29 % en 2011, pour atteindre 1,1 million de passagers (la capacité de la nouvelle aérogare est de 2,8 millions de passagers par an).

Les compagnies Georgian Airways et Fly Georgia ont leur siège social à Tbilissi.

Tramway[modifier | modifier le code]

Dès 1883, la ville a disposé d'un réseau de tramways. Les tramways électriques sont apparus le 25 décembre 1904, jusqu'à cette date, les tramways étaient tirés par des chevaux. Après l'effondrement de l'URSS, les lignes ont commencé à se dégrader ; en conséquence, le 4 décembre 2006, le tramway a été supprimé, ainsi que deux lignes de trolleybus. Des plans d'une ligne de tramways modernes existent.

Le vieux tramway de Tbilissi

Funiculaire[modifier | modifier le code]

Une ligne de funiculaire a été ouverte en 2013. Elle relie la ville au Mtawminda qui se trouve en haut de la ville.

Funiculaire de Tbilissi

Microbus[modifier | modifier le code]

La forme la plus fréquente de transport en commun est le microbus. Un système élaboré de microbus a grandi à Tbilissi au cours des dernières années. En plus de la ville, plusieurs lignes desservent également la campagne environnante de Tbilissi. Dans toute la ville, un prix fixe est versé indépendamment de la distance.

Téléphérique[modifier | modifier le code]

Il existe un système de téléphériques ; une seule ligne est actuellement en fonctionnement.

Un accident de téléphérique s'est produit le 1er juin 1990. Suite au défaut d'un système de freinage, une cabine est tombée d'une vingtaine de mètres ; 20 personnes ont été tuées et 15 autres blessées. La plupart d'entre elles étaient des enfants célébrant la « Journée des enfants ». Quelques jours auparavant, les cabines standard soviétiques avaient été modifiées pour de plus grandes venues de Finlande, sans aucune précaution.

Depuis 2012, un nouveau téléphérique de grande capacité (32) fonctionne entre la Place de l'Europe et Narikala.

Téléphérique de Tbilissi à Narikala

Métro[modifier | modifier le code]

Métro de Tbilissi
Article détaillé : Métro de Tbilissi.

Tbilissi possède 3 lignes de métro, dont une en construction :

  • Ligne rouge (ligne 1) : Achmetelis teatri ↔ Varketili
  • Ligne verte (ligne 2) : Vagslis moedani ↔ Vaja Pshavela
  • Ligne bleue (ligne 3), en construction : Rustavéli ↔ Vazisubani

Population[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1825 1854 1863 1873 1885 1897 1926
30 000 35 000 60 800 89 500 104 000 159 600 282 900
1939 1950 1959 1970 1979 1989 2002 2006
519 200 600 000 694 000 889 000 1 066 022 1 243 200 1 081 700 1 103 300

Culture[modifier | modifier le code]

La ville de Tbilissi est membre de l'Association internationale des maires francophones[10].

Religions[modifier | modifier le code]

La nouvelle cathédrale Samebà, nouveau siège depuis 2006 du patriarcat de l'Église apostolique orthodoxe géorgienne

Le siège du catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie se trouve à la cathédrale de la Trinité de Tbilissi, remplaçant la cathédrale de Sion, symbole de l'identité géorgienne, où les fidèles vénèrent la Croix de sainte Nina de Géorgie.

Plus de 95 % des habitants de Tbilissi pratique diverses formes de christianisme (la plus prédominante est l'Église orthodoxe géorgienne). L’Église orthodoxe russe, qui est en pleine communion avec la Géorgie, et l'Église apostolique arménienne ont une présence également significative au sein de la ville. Une importante minorité de la population (environ 4 %) pratique l'islam (principalement l'islam chiite). Le judaïsme est aussi commun, mais dans une moindre mesure (environ 2 % de la population pratique le judaïsme à Tbilissi). Tbilissi a été historiquement connue pour la tolérance religieuse. Cela est particulièrement évident dans la vieille ville, où une mosquée, une synagogue, et les églises orthodoxes occidentales et orientales se trouvent toutes à moins de 500 mètres les unes des autres.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Tbilissi, la nuit[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

À Tbilissi sont nés :

Jumelage[modifier | modifier le code]

Tbilissi est jumelée avec dix villes[11] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://whc.unesco.org/fr/listesindicatives/5233/
  2. George Pierre, « La récupération de la steppe de Samgori (Géorgie).. In: Annales de Géographie. t. 61, n°327. »,‎ 1952 (consulté le 27 juillet 2013), p. 392
  3. À noter qu'à l'époque, il n'y avait pas encore d'État géorgien uni, la Colchide et l'Ibérie étant deux royaumes séparés. Tbilissi devint alors la capitale de l'Ibérie.
  4. Lili Sakhltkhytsichvili et Mirian Méloua (2005), [Géorgie : Le château de Leuville, un avenir difficile à dessiner] ; Samedi 7 mai 2005
  5. Luc et Mirian Méloua, Leuville-sur-Orge et la Géorgie, une histoire commune
  6. Ex. : l'employé licencié et devenu chomeur n'a plus droit qu'à une indemnité correspondant à un mois de travail : Code du travail de Georgie (2005), Article 37, section 3.
  7. “Kakha Bendukidze Promised Ultraliberal Reforms for Georgia” (in Russian), Polit.Ru, 2 juin 2004. http://www.polit.ru/news/2004/06/02/benduk.html
  8. ESI, Georgia as a model, April 2010
  9. Régis Genté, « Géorgie - quand le parlement déménage », Le Figaro,‎ 21 octobre 2012 (lire en ligne)
  10. Association Internationale des Maires Francophones
  11. (en) « Les villes jumelées sur le site officiel de la ville » (consulté le 3 septembre 2008).
  12. Les deux villes ne sont pas indiquées comme jumelles sur le site de la municipalité de Tbilissi mais le sont sur celui d'Erevan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]