Défilé militaire du 14 Juillet

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Défilé militaire du 14 Juillet
École des officiers de la gendarmerie nationale défilant sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2013
École des officiers de la gendarmerie nationale défilant sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2013
Généralités
Type Défilé militaire
Création 1880
Pays Drapeau de la France France
Localisation Paris

Le défilé militaire du 14 Juillet[1] est une parade militaire française organisée chaque année depuis 1880 à Paris à l'occasion de la fête nationale française. Cette manifestation militaire invite parfois, depuis quelques années, des unités de troupes armées étrangères à défiler aux côtés des armées françaises.

Traditionnellement, le cortège militaire — composé d'unités à pied, montées, motorisées et aériennes — descend l’avenue des Champs-Élysées, de la place de l’Étoile (renommée place Charles-de-Gaulle en 1970) jusqu'à la place de la Concorde où les militaires saluent le président de la République, son gouvernement, les principales autorités de l'État, le corps diplomatique ainsi que parfois des personnalités politiques étrangères.

Le même jour, d'autres défilés de moindre envergure sont également organisés dans d'autres villes de France, principalement dans des villes de garnison (Marseille, Toulon, Belfort, Nîmes, Rochefort, Poitiers, Brest, etc.) avec des régiments locaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Défilé du 14 juillet à l'hippodrome de Longchamp vers 1900

Fête populaire à l'origine en 1790, les réjouissances du 14 Juillet deviennent militaires pendant le Directoire. Sous Napoléon Ier, la fête perd considérablement de son importance, et il faut attendre la fin du XIXe siècle et la Troisième République pour que le 14 Juillet revienne à l'honneur. En 1880, la prise de la Bastille et la fête de la Fédération deviennent fête nationale par adoption du Sénat le 28 juin ; un décret du 6 juillet y associe par ailleurs une manifestation militaire. Politiquement, il s'agit de montrer le redressement militaire de la France après la défaite de 1870 et d'entretenir dans l'opinion publique l'esprit de mobilisation pour recouvrer, grâce à l'armée, les provinces perdues (Alsace et une partie de la Lorraine). En 1880, un défilé militaire, réunissant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs et en présence du président de la République Jules Grévy se déroule sur l'hippodrome de Longchamp, c'est la « revue de Longchamp »[2]. Jusqu'en 1914, la fête du 14 Juillet reste à Longchamp.

Le président François Mitterrand et le général d'armée Hervé Navereau lors du 14 juillet 1989

Après la Première Guerre mondiale, le défilé a lieu sur les Champs-Élysées[3] ; en 1919, les maréchaux vainqueurs — Joffre, Foch et Pétain — défilent ainsi à cheval sur les Champs pour le « Défilé de la Victoire ». Des unités ayant combattu au sein des troupes alliées défilent également. Le défilé passe sous l'Arc de Triomphe, la tombe du Soldat inconnu n'étant installée sous l'Arc qu'en 1921.

De 1940 à 1944, aucun défilé militaire n'est organisé le 14 juillet à Paris alors sous occupation allemande. Le 14 juillet 1940, les premiers Français libres défilent dans les rues de Londres[4] et en 1942, c'est une compagnie du futur commando Kieffer des Forces navales françaises libres qui assure le défilé. En 1945, a lieu le premier défilé du 14 Juillet après la Libération. Il se déroule Place de la Bastille où se trouve la tribune officielle mais les troupes motorisées descendent les Champs-Élysées et traversent la capitale. Un autre grand défilé avait eu lieu un mois plus tôt, le 18 juin, sur les Champs-Élysées pour fêter l'anniversaire de l'Appel du 18 Juin. En 1946, Hô Chi Minh, alors en visite en France pour participer à la conférence de Fontainebleau, est invité dans la tribune d'honneur.

Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, le lieu du défilé varie : de Bastille à République (1974), au Cours de Vincennes (1975), sur les Champs-Élysées (1976, 1978 et 1980), à l'École militaire (1977) ou encore de République à Bastille (1979). Les présidents de la République suivants — François Mitterrand (1981 à 1994), Jacques Chirac (1995 à 2006), Nicolas Sarkozy (2007 à 2011) puis François Hollande (depuis 2012) — ont maintenu depuis le défilé militaire sur les Champs-Élysées.

Déroulement du défilé parisien[modifier | modifier le code]

L'ancien président Nicolas Sarkozy et le chef d'état-major des armées Jean-Louis Georgelin, passent en revue les troupes lors du défilé du 14 juillet 2008.

Le défilé a lieu en présence du président de la République française, d'une grande partie du gouvernement, des présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale ainsi que des ambassadeurs étrangers en France, réunis dans la tribune d'honneur, qui est adossée à l'obélisque de la Concorde. Différents corps militaires et de police au sol, à pied, montés ou motorisés, défilent à tour de rôle sur l'avenue des Champs-Élysées avant de se séparer en deux devant la tribune d'honneur, hormis la légion étrangère qui tourne sur le côté gauche, et la fanfare de cavalerie de la Garde républicaine, qui tourne du côté droit. La vitesse moyenne de défilé des troupes motorisées est de 14 km/h. Un défilé aérien a également lieu au-dessus de cette même avenue, ouvert par une escadrille aérienne fumigène — généralement la Patrouille de France.

La répétition générale du défilé a lieu le 12 juillet ; le défilé officiel se tient dans la matinée du 14 juillet. Ce dernier débute par l'inspection des troupes par les officiers généraux commandant les défilés. Puis le président de la République passe à son tour en revue les troupes sur un VLRA encadré par la grande escorte à cheval de la garde républicaine. Le président rejoint le lieu où est installée la tribune d'honneur. Les honneurs sont rendus au Président et celui-ci rejoint la tribune. S'ensuit une animation musicale. Un défilé aérien ouvre le défilé à proprement parler, suivi par les unités au sol.

Alphajets de la Patrouille de France, lors du défilé du 14 juillet 2009.

Le défilé au sol est traditionnellement clôturé par la Légion étrangère qui défile au pas le plus lent : 88 pas par minute contre 120 pour les autres unités et 140 pour les Chasseurs alpins. Une escadrille aérienne fumigène, généralement la patrouille de France, ouvre le défilé aérien. Le général gouverneur militaire de Paris vient saluer le président face à la tribune officielle, et celui-ci vient répondre à son salut. Le président quitte alors le défilé.

Régulièrement, le président invite également un ou plusieurs représentants étrangers ainsi qu'une délégation militaire — et plus rarement civile — étrangère à participer au défilé, comme par exemple en 1994, avec une unité allemande de l'Eurocorps[5], ou en 1999 avec un détachement de la Garde royale marocaine. En 2007, Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président de la République, invita un détachement de chacun des 26 autres pays de l'Union européenne ; ceux-ci défilèrent par ordre alphabétique, précédés des 28 drapeaux (ceux des 27 pays et le drapeau européen). En 2008, un détachement des casques bleus de l'ONU défila sur les Champs-Élysées en plus des détachements européens. Cette même année et pour la première fois, des parachutistes ont atterri sur la place de la Concorde, devant la tribune d'honneur.

Les unités défilant sur les Champs-Élysées[modifier | modifier le code]

Ci-dessous est présentée une liste non-exhaustive des principales unités défilant ou ayant défilé sur l'Avenue des Champs-Élysées lors du 14 Juillet.

Unités à pied[modifier | modifier le code]

Élèves sous-officiers de l'École nationale des sous-officiers d'active.
Acmat VLRA sur les Champs Elysées.

Environ 4 000 militaires et civils (policiers, sapeurs-pompiers) défilent à pied.

Unités montées[modifier | modifier le code]

Environ 240 chevaux défilent avec leur cavalier.

Unités motorisées et mécanisées[modifier | modifier le code]

Un ERC-90 Sagaie sur les Champs-Élysées en 2005.

Environ 460 véhicules dont 80 motos défilent.

Unités aériennes[modifier | modifier le code]

Avions en formation au-dessus de la place de la Concorde en 2012

Le défilé aérien d'ouverture comprend, outre les neuf Alpha Jets de la Patrouille de France, une soixantaine d'avions.

Particularités de certaines années[modifier | modifier le code]

  • 1971, des femmes défilent pour la première fois.
  • 1982, le défilé a lieu le soir[6].
  • 1984, A l'occasion de l'anniversaire des 40 ans du Débarquement allié en Normandie de 1944 un B-17 Flying Fortress de 1944 encore en service avec l'Institut Géographique National participe au défilé aérien encadré de deux DC-3 de l'Aéronautique Navale
  • 1994, des soldats de l'Eurocorps, dont des soldats allemands, participent au défilé sur l'invitation du président Mitterrand. Cet événement est symbolique pour l'histoire de l'Eurocorps et de l'Europe et est une marque de plus de la réconciliation entre la France et l'Allemagne[7].
  • 1999, pour l’« année du Maroc en France », la Garde royale marocaine ouvre le défilé, en présence du roi du Maroc Hassan II. C'est le premier contingent étranger autonome à participer à un défilé du 14 Juillet depuis la participation de troupes du Royaume-Uni en 1939 (et la deuxième depuis le défilé de la victoire de 1919).
Participation des cadets de West Point en 2002
  • 2005, pour l’« année du Brésil en France » et en présence du président brésilien Lula, deux unités brésiliennes — les musiciens de la fanfare martiale du corps des fusiliers marins et les cadets de l’Académie militaire des « Flèches noires » — inaugurent le défilé au sol et l'« escadrille de la fumée », la patrouille aérienne de la Force aérienne brésilienne clôt le défilé aérien.
  • 2007 :
    • pour fêter les 100 ans de l'invention de l'hélicoptère, il était initialement prévu que l'armée et la gendarmerie fassent voler 100 hélicoptères lors du défilé aérien mais seulement une quarantaine volèrent.
      Formation mixte de 4 Mirage 2000D de l'EC 2/3 Champagne avec un Saab Gripen hongrois en 2008
    • le président de la République Nicolas Sarkozy avait invité un détachement militaire de chacun des vingt-sept pays de l'Union européenne pour commémorer les cinquante ans de la signature du traité de Rome. Tous les pays ont répondu favorablement à l'appel et pour la première fois les 27 pays ont été représentés. L'effectif européen était composé de 838 officiers, sous-officiers et militaires du rang dont 7 femmes, y compris 39 membres du 2e régiment de hussards de l'Armée de terre française[9], tous défilant au pas français (120 pas par min). À cette occasion José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et José Sócrates Premier ministre portugais dont le pays assurait la présidence européenne, assistaient au défilé.
  • 2008 :
    • Venus pour célébrer le lancement de l'Union pour la Méditerranée la veille, plusieurs chefs d'État et/ou de Gouvernement des vingt-sept États membres de l'Union européenne ainsi que le Président de la Commission, et la plupart des dirigeants du pourtour méditerranéen assistaient au défilé. La présence du Président syrien Bachar el-Assad, a d'ailleurs été sujette à polémique (quelques manifestants ont été arrêtés sur les trottoirs des Champs Élysées), et ce d'autant plus que la promotion de l'École militaire interarmes (EMIA) de Coëtquidan baptisée Antoine de la Bâtie (du nom d'un officier tué en 1983 dans un attentat imputé par certains au régime syrien) défilait ce jour là[10] (ladite promotion a marché sans démonstration aucune devant Bachar el-Assad).
      Parachutiste avec le drapeau de l'ONU au-dessus de la place de la Concorde, clôture du défilé du 14 juillet 2008
    • pour fêter les soixante ans de la Déclaration universelle des droits de l'homme, le préambule est lu aux officiels par le comédien Kad Merad, tandis que deux régiments de Casques bleus (un multinational et un exclusivement français, le premier servant au Liban tandis que le second en revenait) ouvrent le défilé des troupes à pied. Par ailleurs, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, fait partie des invités d'honneur.
    • pour la première fois, sept parachutistes sautent au-dessus de Paris et atterrissent devant la tribune présidentielle afin de déployer trois drapeaux : celui de la France, celui de l'Union européenne et celui de l'Organisation des Nations unies.
    • Le chœur des jeunes sapeurs pompiers du Puy-de-Dôme défile et chante l'hymne national avec le chœur de la gendarmerie nationale, c'est la première fois que des jeunes sapeurs pompiers (facilement reconnaissables à leur casque orange à bandes grises) sont présents.
  • 2009, l'Inde est en vedette. Invités de la France, trois détachements de l'Armée de terre, de la Marine et de l'Aviation indiennes, soit 450 soldats dans leur uniforme national précédés de leur musique, défilent. Les hélicoptères défilent au son de la Chevauchée des Walkyries, allusion transparente au film Apocalypse Now.
  • 2010, l'invité d'honneur est l'Afrique, 13 anciennes colonies d'Afrique subsaharienne sont représentées. L'animation musicale avant le début du défilé est assuré par 26 tambours des pays invités ainsi que leur porte-étendard soutenus par la fanfare de la Garde républicaine.
  • 2011
    • Mise en valeur de la France d'outre-mer avec l'ouverture du défilé par plusieurs unités ultramarines, la Marseillaise chanté par des jeunes d'outre-mer bénéficiaires du SMA (Service militaire adapté) et un haka exécuté par des soldats de différentes unités, tous originaires d'Océanie.
    • Année du bicentenaire des pompiers de Paris, un exercice de gymnastique est réalisé par une unité de pompiers en fin de défilé
    • Quelques détachements militaires défilent en chantant
    • La mort de cinq soldats français en Afghanistan la veille endeuille le défilé[11].

Faits divers[modifier | modifier le code]

  • Le 14 juillet 2002, le Président de la République française Jacques Chirac échappe à un attentat[14]. Maxime Brunerie, un jeune militant d'extrême droite, tire en direction du président avec une carabine depuis la foule des spectateurs.

Controverses sur la suppression du défilé militaire[modifier | modifier le code]

Dès 2010, des élus Verts de Paris proposent de « supprimer le défilé militaire du 14 juillet et d'affecter une partie des économies réalisées à l'organisation de rassemblements populaires, à Paris et dans toute la France »[16]. Sylvain Garel, président du groupe Vert au sein du conseil de Paris, déclare alors que « le défilé du 14 juillet mobilise chaque année sur les Champs-Élysées des milliers de militaires, des centaines de véhicules, des dizaines d'aéronefs et des millions d'euros », précisant que la France « gagnerait à quitter le sinistre peloton des pays organisant des démonstrations guerrières le jour de leur fête nationale, dont la plupart sont des dictatures »[17].

Le 14 juillet 2011, Eva Joly, candidate Europe Écologie Les Verts à l'élection présidentielle de 2012, déclare « avoir rêvé » du remplacement du défilé militaire par un « défilé citoyen où nous verrions les enfants des écoles, où nous verrions les étudiants, où nous verrions aussi les seniors défiler dans le bonheur d'être ensemble, de fêter les valeurs qui nous réunissent »[18], suscitant de vives réactions[19]. Elle revient par la suite sur ses propos en expliquant qu'elle ne souhaite pas sa suppression mais plutôt qu'on modifie la date du défilé[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Typographie des fêtes civiles et religieuses selon le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, 2007 (ISBN 978-2-7433-0482-9), p. 81
  2. Franck Ferrand, « Que fête-t-on le 14 juillet ? », émission L'ombre d'un doute sur France 3, 11 juillet 2012
  3. « Guide du journaliste », sur Ministère de la Défense, p. 64
  4. Récit de Jean-Joseph Laborde, « Histoires de Français Libres ordinaires », sur Francais Libres.net
  5. Cette parade de soldats allemands sur les Champs-Élysées, voulue par le président de l'époque, François Mitterrand, comme un signe de réconciliation franco-allemande avait fait l'objet d'une polémique
  6. Journal télévisé de 20 h d'Antenne 2 - 14 juillet 1982
  7. Le 14 Juillet sur le site de la Présidence de la République
  8. Alexandra Guillet, « Un défilé “so british” », lci.tf1.fr, 14 juillet 2004.
  9. Site officiel de la Présidence de la République - www.elysee.fr
  10. « La venue controversée de Bachar al-Assad à Paris », France info, 10 juillet 2008.
  11. « Un 14 Juillet dans le deuil », Le Point, 14 juillet 2011.
  12. http://www.avionslegendaires.net/2013/07/actu/14-juillet-defile-aerien-demandez-le-programme/
  13. « Communiqué de presse : Défilé du 14 Juillet 2014 », sur www.elysee.fr,‎ Juillet 2014, p. 16
  14. Attentat contre Jacques Chirac : Dix ans de prison pour Maxime Brunerie Dépêche RTL du 12 décembre 2004.
  15. http://www.opex360.com/2012/07/16/defile-du-14-juillet-double-fracture-pour-le-parachutiste-blesse/
  16. « Les Verts de Paris proposent un 14 juillet sans défilé militaire », 'RTL.fr, 2 juillet 2010.
  17. « Retour sur les origines du défilé du 14 Juillet », lefigaro.fr, 15 juillet 2011.
  18. « Eva Joly propose la suppression du défilé militaire du 14 juillet », lci.tf1.fr, 14 juillet 2011.
  19. « Défilé du 14 juillet : Joly seule contre tous... Fillon seul contre la gauche », lci.tf1.fr, 15 juillet 2011.
  20. « Politiques. “Le 11-Novembre ou le 8-Mai sont bien plus adaptés à l’aspect militaire” », Libération 18 mai 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]