Les Deux Magots
Les Deux Magots est un café parisien du quartier de Saint-Germain-des-Prés, dans le 6e arrondissement.
Ce site est desservi par la station de métro Saint-Germain-des-Prés.
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Histoire [modifier]
Origine du nom [modifier]
Le nom du café « Les Deux Magots » – c'est-à-dire, « les deux figurines chinoises » – provient de l'enseigne d'un magasin de nouveautés qui occupait depuis 1812 le 23 rue de Buci, et qui vendait de la lingerie en soie, les magots évoquant le pays d'origine de l'étoffe. Ce commerce de soieries avait pris le nom des « Deux Magots » en référence à une pièce de théâtre à succès du moment, intitulée « Les Deux Magots de la Chine »[1]. En 1873, le magasin est transféré place Saint-Germain-des-Prés, à l'emplacement actuel du café des « Deux Magots ».
La naissance du café et de la légende littéraire [modifier]
En 1884, le magasin laisse la place à un café liquoriste, à la même enseigne. De nombreux écrivains tels que Verlaine, Rimbaud ou Mallarmé prennent alors l'habitude de s’y rencontrer. Le Café « Les Deux Magots » commence ainsi à jouer un rôle important dans la vie culturelle de Paris.
En 1914, Auguste Boulay rachète le café (qui se trouve au bord de la faillite) pour 400 000 francs[1]. Dans les années 1920, le café accueille les surréalistes sous l'égide d'André Breton, bien avant les existentialistes qui firent les belles nuits des caves du quartier.
En 1933, un petit groupe d'amis surréalistes à la terrasse du café apprennent que le prix Goncourt a été décerné à André Malraux pour son livre La Condition humaine. Jugeant ce prix trop académique, ces surréalistes décident de fonder leur propre prix littéraire qu'ils nomment le Prix des Deux Magots[1]. Cet évènement marque la naissance de la légende littéraire du café[1]. Les « Deux Magots » seront par la suite fréquentés par de nombreux artistes illustres parmi lesquels Elsa Triolet, André Gide, Jean Giraudoux, Picasso, Fernand Léger, Prévert, Hemingway, Bob Welch[2], Sartre ou encore Simone de Beauvoir, pour ne citer qu'eux.
Évolutions récentes [modifier]
Depuis 1914, date où Auguste Boulay a acquis le café, les « Deux Magots » sont restés dirigés par la même famille. Depuis 1993, c'est Catherine Mathivat, arrière-arrière-petite-fille d'Auguste Boulay, qui est directrice du lieu[1].
Aujourd'hui le monde des arts et de la littérature y côtoie aussi celui de la mode et de la politique.
En 1989, un café-restaurant portant l'enseigne des Deux Magots a ouvert au Japon, à l'intérieur du « Bunkamura », un centre culturel animé[3] de Tokyo.
Particularités [modifier]
Ayant à cœur de perpétuer les anciennes traditions, les garçons de café sont habillés d'un rondin noir et d'un tablier blanc, et le service est fait sur un plateau. La tradition se garde aussi dans les consommations : ainsi le chocolat chaud est toujours fait « à l'ancienne », à partir de carrés de tablettes[1].
Au cinéma [modifier]
En 1973 dans le film Les Aventures de Rabbi Jacob, c'est à l'arrière du café Les Deux Magots que le personnage de Slimane se fait enlever par la police secrète de son pays[4],[5], rappelant l'enlèvement quelques années plus tôt en 1965 de Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp. Dans le long métrage, on aperçoit la terrasse ainsi que l'escalier qui descend aux anciennes cabines téléphoniques.
En 1973 également, dans le film La Maman et la Putain, c'est à la terrasse des Deux Magots que le personnage d'Alexandre, qui y a ses habitudes, rencontre celui de Veronika[6],[7].
En 2011, dans le film Intouchables d'Olivier Nakache et Éric Toledano, les deux personnages principaux Philippe et Driss dînent au restaurant des Deux Magots.
Peintures [modifier]
1967 peinture par Jean-François Debord
Notes et références [modifier]
- Journal « Notre 6ème » n°237, novembre 2010, page 10.
- Jim Jerome, « Bob Welch is Humming Again After The Costliest Miscalculation in Rock: He Quit Fleetwood Mac », People, 7 Mai 1979
- Présentation des Deux Magots au Japon, site du café.
- Aventures de Rabbi Jacob (Les) (1973), sur L2TC.com.
- (en) Filming locations for Aventures de Rabbi Jacob, Les (1973), sur l'Internet Movie Database.
- (en) Phil Powrie, The Cinema of France, Londres, Wallflower Press, 2006, 283 p. (ISBN 1-904764-46-0), p. 133.
- Maman et la putain (La), sur Autour du 1er mai.