Les Deux Magots

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48° 51′ 14.5″ N 2° 19′ 59″ E / 48.854028, 2.33306 ()

Façade du café « Les Deux Magots ».

Les Deux Magots est un café parisien du quartier de Saint-Germain-des-Prés, dans le 6e arrondissement.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Saint-Germain-des-Prés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Les statues des deux magots, à l'intérieur du café.

Le nom du café « Les Deux Magots » – c'est-à-dire, « les deux figurines chinoises » – provient de l'enseigne d'un magasin de nouveautés qui occupait depuis 1812 le 23 rue de Buci, et qui vendait de la lingerie en soie, les magots évoquant le pays d'origine de l'étoffe. Ce commerce de soieries avait pris le nom des « Deux Magots » en référence à une pièce de théâtre à succès du moment, intitulée « Les Deux Magots de la Chine »[1]. En 1873, le magasin est transféré place Saint-Germain-des-Prés, à l'emplacement actuel du café des « Deux Magots ».

La naissance du café et de la légende littéraire[modifier | modifier le code]

En 1884, le magasin laisse la place à un café liquoriste, à la même enseigne. De nombreux écrivains tels que Verlaine, Rimbaud ou Mallarmé prennent alors l'habitude de s’y rencontrer. Le Café « Les Deux Magots » commence ainsi à jouer un rôle important dans la vie culturelle parisienne.

En 1914, Auguste Boulay rachète le café (qui se trouve au bord de la faillite) pour 400 000 francs[1]. Dans les années 1920, le café accueille les surréalistes sous l'égide d'André Breton, bien avant les existentialistes qui firent les belles nuits des caves du quartier.

En 1933, un petit groupe d'amis surréalistes à la terrasse du café apprennent que le prix Goncourt a été décerné à André Malraux pour son livre La Condition humaine. Jugeant ce prix trop académique, ces surréalistes décident de fonder leur propre prix littéraire qu'ils nomment le Prix des Deux Magots[1]. Cet évènement marque la naissance de la légende littéraire du café[1]. Les « Deux Magots » seront par la suite fréquentés par de nombreux artistes illustres parmi lesquels Elsa Triolet, André Gide, Jean Giraudoux, Picasso, Fernand Léger, Prévert, Hemingway, Sartre, Simone de Beauvoir ou encore Raymond Queneau[réf. nécessaire].

Évolutions récentes[modifier | modifier le code]

Depuis 1914, date où Auguste Boulay a acquis le café, les « Deux Magots » sont restés dirigés par la même famille. Depuis 1993, c'est Catherine Mathivat, arrière-arrière-petite-fille d'Auguste Boulay, qui est directrice du lieu[1].

Aujourd'hui le monde des arts et de la littérature y côtoie aussi celui de la mode et de la politique.

En 1989, un café-restaurant portant l'enseigne des Deux Magots a ouvert au Japon, à l'intérieur du « Bunkamura », un centre culturel animé[2] de Tokyo.

Particularités[modifier | modifier le code]

Ayant à cœur de perpétuer les anciennes traditions, les garçons de café sont habillés d'un rondin noir et d'un tablier blanc, et le service est fait sur un plateau. La tradition se garde aussi dans les consommations : ainsi le chocolat chaud est toujours fait « à l'ancienne », à partir de carrés de tablettes[1].

Au cinéma[modifier | modifier le code]

En 1973, dans le film Les Aventures de Rabbi Jacob, c'est à l'arrière du café Les Deux Magots que le personnage de Slimane se fait enlever par la police secrète de son pays[3],[4], rappelant l'enlèvement quelques années plus tôt en 1965 de Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp. Dans le long métrage, on aperçoit la terrasse ainsi que l'escalier qui descend aux anciennes cabines téléphoniques.

En 1973 également, dans le film La Maman et la Putain, c'est à la terrasse des Deux Magots que le personnage d'Alexandre (Jean-Pierre Léaud), qui y a ses habitudes, rencontre celui de Veronika[5],[6].

En 2005, dans le film Le Séminaire, Jean-Claude et Véro y prennent un verre. En 2011, dans le film Intouchables d'Olivier Nakache et Éric Toledano, les deux personnages principaux Philippe et Driss dînent au restaurant des Deux Magots.

Peinture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Journal « Notre 6ème » n°237, novembre 2010, page 10.
  2. Présentation des Deux Magots au Japon, site du café.
  3. Aventures de Rabbi Jacob (Les) (1973), sur L2TC.com.
  4. (en) Filming locations for Aventures de Rabbi Jacob, Les (1973), sur l'Internet Movie Database.
  5. (en) Phil Powrie, The Cinema of France, Londres, Wallflower Press,‎ 2006, 283 p. (ISBN 1-904764-46-0), p. 133.
  6. Maman et la putain (La), sur Autour du 1er mai.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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