Hôtel-Dieu de Paris

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Hôtel-Dieu de Paris
Image illustrative de l'article Hôtel-Dieu de Paris
Vue de l'hôtel-Dieu, en 2007.
Présentation
Coordonnées 48° 51′ 17″ N 2° 20′ 56″ E / 48.85467, 2.3488248° 51′ 17″ Nord 2° 20′ 56″ Est / 48.85467, 2.34882  
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris (Île-de-France)
Adresse 1, parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II
Fondation 651
Organisation
Type Centre hospitalier universitaire
Affiliation Assistance publique - Hôpitaux de Paris
Services
Standards 01.42.34.82.34
Service d’urgences Oui
Nombre de lits 329[1]
Géolocalisation sur la carte : Paris

L’hôtel-Dieu de Paris est le plus ancien hôpital de la capitale. Fondé en 651 par l'évêque parisien saint Landry, il fut le symbole de la charité et de l'hospitalité.

Modeste à l'origine, il est construit du VIIe au XVIIe siècle sur la rive gauche de l'île de la Cité, au sud du Parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II ; deux bâtiments étaient reliés par le pont au Double.

Les constructions actuelles abritant l'hôpital datent du XIXe siècle.

Ce site est desservi par les stations de métro intro=L'hôtel-Dieu est desservi par et Cité.

Histoire de l'hôtel-Dieu de Paris[modifier | modifier le code]

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Au Moyen Âge : une œuvre sociale[modifier | modifier le code]

L’histoire des hôpitaux parisiens date du Moyen Âge. La pauvreté étant très importante à l’époque, elle devient une occasion de rédemption pour beaucoup de bourgeois et de nobles, qui voient en elle une façon de racheter leurs péchés en leur venant en aide. Les œuvres permettent alors de créer l’hôpital de la Charité, dont la structure lie immanquablement piété et soins médicaux. L’Église est alors toute-puissante, tant d’un point de vue administratif que thérapeutique. La création de l’hôtel-Dieu de Paris procède de cette tradition de charité, qui dure jusqu’au XIXe siècle, malgré une remise en cause régulière.

Si la tradition, en réalité établie au XVIIe siècle, fait remonter la fondation de cet hôpital à saint Landry 28e évêque de Paris vers 650, les premiers corps de logis avérés affectés aux indigents, infirmes et malades ne remontent qu'à 829 ; ils se situent vis-à-vis d'une ancienne église l'« église Saint-Étienne ». En 1157, des lettres patentes mentionnent un « Hôtel-Dieu-Saint-Christophe », en raison d'une chapelle dédiée consacrée à ce saint. Peu de temps après, Maurice de Sully, évêque de Paris, entreprend en 1165 la reconstruction de cet hôpital : les anciens bâtiments sont détruits en 1195 et les nouvelles constructions achevées en 1255[2].

Tous ces bâtiments, depuis l'origine jusqu'en 1878, occupent le côté sud du parvis Notre-Dame actuel entre le Petit-Pont et le pont au Double[2].

Aux XVIe et XVIIe siècles : un lieu de réclusion[modifier | modifier le code]

Hôtel-Dieu sur le plan de Truschet et Hoyau (c.1550) ; à cette époque, l'hôpital se trouve au sud du parvis N.D.
Gravure du XVIe siècle

Au XVIe siècle, l’hôtel-Dieu connaît une crise financière, puisqu'il était seulement financé par les aides, subsides ou privilèges. Celle-ci occasionne la création en 1505 d’un conseil de huit gouverneurs laïcs : les présidents du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Cour des Aides, et le prévôt des Marchands. L’État intervient progressivement, d’abord par l’intermédiaire du lieutenant général de police, membre du Bureau de l’hôtel-Dieu de Paris en 1690, puis par l'intermédiaire de Necker, qui crée au XVIIe siècle les charges d’« inspecteur général des hôpitaux civils et maison de forces » et de « commissaire du Roi pour tout ce qui a trait aux hôpitaux ».

À cette période, l’image du pauvre change. Il devient socialement dangereux car marginal. Pour le contrôler, les élites du XVIIe siècle brandissent des arguments moraux et créent des établissements permettant d’enfermer les pauvres. L’hôpital est alors un lieu de réclusion, permettant par la même occasion d’assainir le monde urbain. L’hôpital prend alors le nom de « hôpital général » ou plus simplement « hôpital d’enfermement », dont l’hôtel-Dieu fait partie.

Au XVIIIe siècle : un lieu de bienfaisance[modifier | modifier le code]

Hôtel Dieu sur le plan de Turgot (1739).
« L'incendie de l'Hôtel-Dieu, en 1772 », Génillion - Musée Carnavalet

Le rôle de madame Necker, aux côtés de son mari, modifie progressivement la symbolique de l’hôpital : de la charité, on passe à la bienfaisance. Le malade est mieux considéré. On voit même apparaître des maisons de convalescence. De plus, les idées prônées par le siècle des Lumières permettent une importante réflexion sur le milieu hospitalier. Mais ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, que l’hôpital devient une « machine à guérir », où le malade y est soigné et en ressort guéri. Il faut cependant attendre le XIXe siècle, pour que l’hôpital devienne un lieu de pratique de la médecine et de la science, mais aussi, un lieu d’enseignement et de la recherche médicale.

En 1772, un incendie détruit une grande partie de l’hôtel-Dieu. D’autres plans sont alors construits et de nombreuses modifications sont apportées.

Au XIXe siècle : des lieux spécialisés[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Paris avec, à droite, l'ancien hôtel-Dieu démoli par Haussmann.
Marie Jonet (Mme Dugès), sage-femme en chef de l'hôtel-Dieu de Paris
Ancien hôtel-Dieu photographié par Charles Marville vers 1865-1868.

En 1801, les hôpitaux parisiens se dotent d’un cadre administratif nouveau : le Conseil général des hôpitaux et hospices civils de Paris. La volonté d’une meilleure gestion occasionne la création de nouveaux services : bureau d’admission et pharmacie centrale, par exemple.

D'autre part, à cette époque, l’hôtel-Dieu prône la pratique de la vaccination. Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt en est d’ailleurs un fervent partisan. De même les découvertes de René-Théophile-Hyacinthe Laennec permettent d’affiner les méthodes de diagnostic, l’auscultation et l’étiologie des maladies.

Face à ce développement de la médecine, l’hôtel-Dieu ne peut faire face. De nouveaux hôpitaux parisiens font leur apparition, chacun se spécialisant sur un ou plusieurs cas cliniques. L’hôpital Saint-Louis devient un grand centre d’études et de soins des maladies de peau ; La Pitié devient un centre d'études et de soins des maladies du système nerveux et des centres de gériatrie, etc. Progressivement, chaque hôpital développe son centre de pédiatrie.

Durant le Second Empire, les bâtiments deviennent exigus pour faire face à l'évolution de la médecine et des missions des hôpitaux. Ils sont remplacés par de nouvelles constructions élevées sur terrain de 22 000 mètres carrés délimités au nord par le quai aux Fleurs, au sud par la place du Parvis, à l'ouest par la rue de la Cité (ancienne rue de la Juiverie), à l'est par la rue d'Arcole.

L'Hôtel-Dieu aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Bâtiments actuels[modifier | modifier le code]

Vue générale de l'hôtel-Dieu actuel, côté parvis Notre-Dame.
Hôtel-Dieu vu depuis la rive droite de la Seine ; au premier-plan, le pont Notre-Dame et en arrière-plan, les tours de Notre-Dame.

Les bâtiments actuels sont dus aux plans de l'architecte Emile Jacques Gilbert, aidé de son gendre Arthur-Stanislas Diet ; ils sont édifiés de 1864 à 1876, à l'initiative du baron Haussmann dans le périmètre réaménagé de la cathédrale Notre-Dame.

La IIIe République achève la construction de l'hôpital sur son emplacement actuel à la fin du XIXe siècle, avec l'entrée principale au 1, place du Parvis.

Ce n'est qu'en 1908, que les religieuses augustines quittent définitivement l'hôtel-Dieu.

Quelques vues du bâtiment actuel
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Rôle au sein du système de santé parisien[modifier | modifier le code]

Entrée de l'hôtel-Dieu, en 2007.

Il est actuellement l'un des hôpitaux de l'Assistance publique - hôpitaux de Paris. Ce centre hospitalier dépend de la Faculté de médecine Paris-Descartes.

Depuis 50 ans, l'hôtel-Dieu abrite le service de diabétologie et de maladies endocriniennes. Il se consacre presque exclusivement au dépistage, au traitement et à la prévention des complications du diabète sucré. C'est également un service de référence pour les hypoglycémies. Tourné vers l'information du patient (éducation thérapeutique) et les innovations technologiques, il offre un large choix de structures de soins, des plus légères aux plus lourdes. Il est aussi à la pointe de la recherche diabétologique[réf. souhaitée] dans des domaines tels que : nouvelles insulines et nouveaux médicaments, effets de l'alimentation, pompes externes et implantées, capteurs de glucose et pancréas artificiel.

Plus récemment, un service important d'ophtalmologie (urgence, chirurgie et recherche) a été développé à l'hôtel-Dieu sous la direction d'Yves Pouliquen.

Compte tenu de la réorganisation de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) en groupes hospitaliers, l'hôtel-Dieu forme avec les hôpitaux de Cochin, Broca, La Rochefoucauld et La Collégiale le groupe hospitalier Hôpitaux universitaires Paris centre.

L'avenir : mission hospitalière menacée ou rôle historique consacré ?[modifier | modifier le code]

Avec le départ programmé de ses services d'hématologie, de pneumologie et de chirurgie thoracique, l'hôtel-Dieu voit son rôle menacé. Sa mise aux normes coûterait 280 millions d'euros[3].

Le 5 mars 2011, un communiqué de Mireille Faugère, directrice générale de l'AP-HP a annoncé le transfert définitif des différents services d'hospitalisation (chirurgie, ambulatoire, hospitalisation) sur le site de Cochin, et le regroupement des différents services du siège de l'institution dans les locaux laissés vacants de l'hôtel-Dieu. Le site conserverait néanmoins son service d'accueil des urgences (SAU), son service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR), les urgences médico-judiciaires (UMJ) ainsi que le centre diagnostique conventionné en secteur 1[4].

Ce projet de transformation en hôpital universitaire de santé publique est depuis largement remis en cause tant par le corps médical, les usagers[5], les syndicats que les élus politiques. L'association L'Hôpital pour tous[6] présidée par le Docteur Dinah Vernant et dont le secrétaire général, l'urgentiste Gérald Kierzek, a pris la tête de la contestation[7] dénonçant[8] les aberrations médicales (110 000 urgences y sont prises en charge, le service d'ophtalmologie est un des plus performants de France[9]), économiques (plusieurs dizaines de millions d'euros ont été investis ces dernières années et le projet de transformation en bureaux n'est pas financé) et managériales.

Il est à noter que l'hôpital a été largement rénové depuis 5 ans  : les urgences pour un coût d'environ 5 millions d'euros, les réanimations, plusieurs salle de soins, l'ophtalmologie et ces urgences, la détection incendie (environ 4 millions d'euro), etc[réf. nécessaire].

Depuis début novembre 2013, par décision de l'APHP, les urgences ont été fermées. Le service est remplacé par un centre de consultation, 24 heures sur 24, sans hospitalisation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]