Moldavie

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La Moldavie, en forme longue République de Moldavie, en roumain : Moldova et Republica Moldova, d'où la forme alternative : République de Moldova[4], est un pays d'Europe orientale situé entre la Roumanie et l'Ukraine, englobant des parties des régions historiques de Bessarabie et de Podolie méridionale (dite Transnistria en roumain). La Moldavie est membre-signataire de l'Accord de libre-échange centre-européen et du GUAM (Organisation pour la démocratie et le développement).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Historiquement, le nom de « Moldavie » vient de l'ancien allemand « Mulde » qui signifie « creux poudreux », « carrière », « mine », et qui a successivement désigné une cité minière (en roumain Baia, qui signifie aussi « carrière », « mine »), la rivière Moldova passant à côté, et pour finir une principauté née dans cette région. Ce nom désigne le territoire de l'ancienne Principauté de Moldavie (1359-1859) aujourd'hui partagé entre :

Les trois derniers territoires ont été créés par Staline à la suite de l'annexion soviétique de juin 1940, permise par le Pacte germano-soviétique de 1939. L'adjectif géographique Moldaves se réfère à tout ce qui concerne le territoire historique de la Moldavie.

Géographie[modifier | modifier le code]

La république de Moldavie

La Moldavie est localisée en Europe orientale. D'une superficie de 33 843 km2, la Moldavie s'étend sur 450 km du nord au sud et 200 km d'est en ouest.

Occupation des sols :

  • terre arable : 53 %
  • cultures céréalières : 14 %
  • pâturages : 13 %
  • forêts anthropisées : 9 %
  • constructions, routes, etc. : 8 %
  • espaces naturels primaires : 3 %

La République de Moldavie occupe le tiers central de l'ancienne goubernia russe de Bessarabie telle qu'elle avait été définie en 1812, lorsqu'elle fut enlevée à la Principauté de Moldavie, entre le Prut, le Dniestr et la mer Noire.

Le reste de la Bessarabie de 1812 appartient aujourd'hui à l'Ukraine : Hotin/Khotin au nord-ouest, et le Boudjak au sud-est (avec les quatre ports de Reni, Izmail, Chilia/Kiliya et Cetatea Albă/Bilhorod-Dnistrovskyi) entre la République de Moldavie, la Roumanie, l'embouchure du Dniestr et la mer Noire).

Ainsi privée d'accès à la mer, la République de Moldavie s'étend aussi sur une partie de la Podolie (rive gauche du Dniestr) qu'elle partage également avec l'Ukraine. C'est là que se situe la République moldave du Dniestr, non reconnue par la communauté internationale.

Environnement[modifier | modifier le code]

Les paysages moldaves ressemblent à ceux de la région française de Bourgogne, bien que les roches sous-jacentes soient géologiquement plus jeunes (Cénozoïque). Les versants adrets sont propices à la viticulture, les ubacs conservent fréquemment leur couvert forestier, notamment dans le Codru. La Moldavie a conservé un environnement encore riche : elle est, comme d'autres pays de l'Est de l'Europe, parmi les premiers à avoir concrétisé, avec l'aide des associations environnementales « Biotica » et « M.E.M. » un réseau écologique national[5], avec un plan d’action pour la protection de la biodiversité, déclinaison locale du réseau écologique paneuropéen (plan approuvé le 27 avril 2001).

En 2001, les noyaux du réseau écologique y couvraient 73 145 ha, incluant cinq réserves scientifiques (19 378 ha), près de 30 réserves naturelles (22 278 ha), 13 territoires ayant un autre statut de protection (4 350 ha), 13 habitats humides étant repérés, mais encore sans statut de protection (24 592 ha). Des corridors biologiques d'importance nationale et/ou internationale ont été distingués et cartographiés dans ce plan. L'une des plus anciennes de ces réserves est celle du Codru, en altitude (432 m) au centre du pays. Le Parc national Orhei est le seul parc national moldave. Il est créé en 2013.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Moldavie en tant que région géographique et historique (aujourd'hui partagée entre la République de Moldavie, l'Ukraine et la Roumanie).
Pays traditionnels (Haut-pays, Bas-pays et Bessarabie originelle) et partages successifs de la Moldavie (1775-1812 à 1918, puis 1940 à nos jours).

C'est le Traité de Bucarest de 1812 qui, en coupant la Principauté de Moldavie en deux, inaugure pour chaque moitié une histoire différente, plus proche des Balkans et de l'Europe centrale pour la moitié occidentale, qui en 1859 forme la Roumanie en s'unissant à la Valachie et qui se trouve aujourd'hui dans l'Union européenne et dans l'OTAN, mais plus proche de l'histoire russe et soviétique pour la moitié orientale, qui se trouve aujourd'hui dans la CEI et est observatrice de la Communauté économique eurasiatique. Les conséquences de cette division sont aussi démographiques, car si dans la moitié occidentale aujourd'hui roumaine, 98% des habitants sont des autochtones, dans la moitié orientale aujourd'hui indépendante ou ukrainienne, ils ne sont plus que 65%[6]. Tous les moldaves n'ont pas pour autant renoncé à l'idée de réunifier leur pays, même si le statu quo est aujourd'hui considéré tant par l'OTAN que par la Russie comme nécessaire au maintien de la paix dans la région.

Pour la période antérieure à 1859 
Pour la période postérieure à 1812 
Histoire contemporaine

République démocratique moldave (1917-1918) - République socialiste soviétique autonome moldave (1924-1940) - Occupation soviétique de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord - République socialiste soviétique moldave (1940-1991) - Guerre civile de Moldavie (1992)

Avant la Principauté[modifier | modifier le code]

Des traces d'habitat existent dès le Paléolithique et se multiplient au Néolithique, avec notamment la civilisation de Coucouténi-Tripolié. Durant l'Antiquité, on note dans la région la présence des Daces (ou Thraces septentrionaux selon Hérodote, dits aussi Gètes), des Scythes et des Bastarnes[7]. La région échappe à la conquête de la Dacie par l'Empire romain : seul le sud (département de Cahul) est intégré à la province romaine de Scythie mineure. Les Daces restés libres dans le pays sont les Carpiens, qui ont laissé leur nom aux Carpates au IVe siècle, lorsque sous la pression des Goths et des Huns, ils ont émigré vers l’Ouest.

Après l’effondrement de l’empire des Huns, la région est disputée entre les Avars et les Onogoures, tandis que les tribus Slaves migrent vers le Sud, traversant le Danube pour s’installer dans les Balkans. Bien d’autres peuples y passent ensuite (Bulgares, Magyars, Pétchénègues, Iasses, Coumans...) mais en dehors des vallées des principaux cours d’eau (Prut, Răut et Dniestr), le peuplement sédentaire, mélange de Daces romanisés et de Slaves connu sous le nom de Volochovènes, a été sporadique en raison du climat (périodes de sécheresse pluriannuelle) et d’invasions venues des steppes de l’Est (peuples de cavaliers nomades). Les deux phénomènes sont d’ailleurs liés : la végétation aussi a évolué selon ces aléas : lors des périodes plus humides propices au peuplement sédentaire, les forêts (codri), les prés (pășuni) et les cultures (ogoare) progressaient, tandis que lors des périodes sèches propices aux cavaliers nomades, c’étaient les steppes à chardons.

À chaque période sèche, les populations autochtones, à depuis les Gétodaces et jusqu'aux Moldaves roumanophones actuels, se sont réfugiées sur les piémonts des Carpates orientales ou dans le Codru (plus arrosés en raison de leur altitude), puis, les pluies revenues, ont repeuplé le pays en creusant des puits et en refondant des villages et des villes, tout en assimilant au passage les minorités installées lors des invasions. L’avant-dernière grande invasion ayant dépeuplé le pays (mentionné comme loca deserta ou terra sine incolis sur les cartes de l’époque) fut celle des Tatars/Mongols au XIIIe siècle, puis le repeuplement moldave s'est effectué au XIVe siècle, conclu par l’unification des petits voïvodats en une Principauté de Moldavie[8]

Principauté de Moldavie[modifier | modifier le code]

Étienne III le Grand a régné de 1457 à 1504 en laissant le souvenir d'un excellent voïvode, bon défenseur du pays (nombreuses victoires défensives contre les Hongrois, les Polonais, les Tatars et les Turcs), bon négociateur, bon administrateur et bâtisseur (il a laissé en Bucovine de nombreuses églises peintes). D'où de nombreuses statues, boulevards et écoles à son nom tant en Moldavie roumaine, qu'en République de Moldavie.

Au Moyen Âge : après avoir été partagée entre plusieurs petits duchés (Onut, Soroca, Hansca, Bârlad) et le peuple des Iasses, la région fait partie depuis 1359 de la Principauté de Moldavie.

En 1367, la Bessarabie jusque-là valaque est rattachée à la Moldavie (mais à l’époque, le nom de Bessarabie désigne seulement les rivages du Danube et de la Mer Noire libérés des Tatars par la dynastie valaque des Basarab : cette région est maintenant appelée Boudjak).

À partir de 1538 la Moldavie doit payer tribut à l’Empire ottoman mais conserve son autonomie.

En 1774, l’Autriche annexe la Bucovine (au nord-ouest du pays), puis en 1812, les Russes qui visent le contrôle des bouches du Danube obtiennent la moitié orientale du pays, et étendent le nom de Bessarabie à tout le territoire annexé dont Chișinău devient la capitale (Traité de Bucarest (1812)).

Dans le giron russe[modifier | modifier le code]

En 1812, la Moldavie orientale devient une « goubernia » de l’Empire russe sous le nom de gouvernement de Moldavie-et-Bessarabie, peu après abrégé en Bessarabie. Les autorités impériales considèrent que la Bessarabie doit devenir une terre russe y compris sur les plans démographique et culturel, et elles en prennent les moyens, mais en plusieurs étapes.

Sur le plan politique et linguistique, au début l’autonomie de la Bessarabie est garantie en 1816, et le prince moldave Scarlat Sturdza, est nommé gouverneur. Mais l’autonomie est abolie en 1828 et Sturdza, destitué, doit s’exiler et est remplacé par des gouverneurs russes. En 1829, l’usage de la « langue moldave » (nom russe du roumain) est interdit dans l’administration au profit du russe. En 1833, le « moldave » est interdit dans les églises et, en 1842, dans les établissements d’enseignement secondaire, puis dans les écoles primaires en 1860. Enfin en 1871 le moldave/roumain est purement et simplement interdit dans toute la sphère publique par oukaze impérial[9].

Sur le plan démographique, les autorités impériales encouragent l’émigration les Moldaves (et en déportèrent de plus en plus) vers d’autres provinces de l’empire (notamment au Kouban, au Kazakhstan et en Sibérie), tandis que d’autres groupes ethniques, notamment Russes et Ukrainiens (appelés au XIXe siècle « Petits Russes »), étaient invités à s’installer dans la région. Selon le recensement de 1817, la Bessarabie était peuplée à 86 % de Moldaves, 6,5 % d’Ukrainiens, 1,5 % de Russes (Lipovènes) et 6 % issus d’autres groupes ethniques. Quatre-vingts ans plus tard, en 1897, la répartition ethnique avait sensiblement évolué, avec seulement 56 % de Moldaves, mais 11,7 % d’Ukrainiens, 18,9 % de Russes et 13,4 % de personnes issues d’autres groupes ethniques. En quatre-vingts ans, la part de la population autochtone avait donc chuté de 30 %[10]. En 1856, à la suite de la guerre de Crimée, la Principauté de Moldavie récupère le Sud de la Bessarabie (aujourd’hui Boudjak, ou Bugeac en roumain) : durant 22 ans, le processus de « dé-moldavisation » s’interrompt dans cette région.

Pour l’Empire russe, la Bessarabie est d’abord une région agricole et des voies ferrées sont construites pour la relier au port d’Odessa afin d’exporter les céréales et le bois moldaves. Sur le plateau au dessus du vieux bourg moldave de Chișinău, une ville nouvelle russe au plan en damier est construite : là se trouvent administrations, casernes, cathédrale et manufactures[11].

À l’ouest du Prut, en 1859, la Moldavie occidentale et la Valachie s’unissent pour former la Roumanie : dès lors, les roumanophones des pays voisins (Banat, Transylvanie, Marmatie, Bucovine, Bessarabie et Dobroudja) réclament leur rattachement à ce pays. En 1878, à la suite de la guerre que Russes et Roumains ont mené ensemble contre l’Empire ottoman, la Russie récupère le sud de la Bessarabie (aujourd’hui Boudjak) mais l’indépendance de la Roumanie est internationalement reconnue.

La première indépendance et la période roumaine[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, le 2 décembre 1917, l’indépendance de la République démocratique de Moldavie est proclamée par le Soviet moldave. Celui-ci, à majorité menchévique et roumanophone, mais menacé de mort par les Bolcheviks (qui mettent à prix la tête des députés), appellent à la rescousse une division roumaine épaulée par la mission française Berthelot puis, le 27 mars 1918, vote, par 86 voix contre 3 et 36 abstentions, le rattachement à la Roumanie, à condition que celle-ci respecte les réformes démocratiques qu’il avait promulguées et l’autonomie du pays.

En 1924, l’URSS qui reprend à son compte les ambitions géopolitiques des Tzars, refuse de reconnaître ce vote et fonde en Ukraine une Région socialiste soviétique autonome moldave (en roumain : « Transnistrie »).

Les réformes démocratiques du Soviet moldave sont partiellement respectées au début de la période roumaine, mais au fil des années et de la montée des nationalismes et des dictatures en Europe surtout à partir de la crise économique des années 1930, elles seront de plus en plus écornées, et en février 1938 la démocratie parlementaire roumaine s’effondre au profit de la dictature carliste dans une situation de quasi-guerre civile entre celle-ci et les fascistes violemment antisémites de la Garde de fer, particulièrement actifs en Bessarabie où les Juifs (ici ashkénazes et russophones) étaient très nombreux. En Transnistrie soviétique, la population diminue à la suite de la guerre civile russe, aux persécutions et déportations de la Guépéou-NKVD, à la collectivisation et surtout à la famine : le comité Nansen est très présent en Bessarabie et y accueille des dizaines de milliers de réfugiés majoritairement Russes, Juifs et Ukrainiens fuyant l’URSS, de sorte que le nombre de russophones augmente en Bessarabie même durant la période roumaine[12].

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le 2 août 1940, alors que le roi Charles II, autoritaire mais pro-allié, est encore au pouvoir, l’URSS, en application du Pacte germano-soviétique, envahit le territoire, que les Roumains évacuent sans combattre. Les Soviétiques rattachent à la RSSAM (qui perd la moitié de son territoire de 1924 au profit de l’Ukraine) les deux tiers de la Bessarabie (le tiers restant va à l’Ukraine) et déportent 110 000 roumanophones instruits (même politique qu’en Pologne et dans les pays baltes[13]).

En juin 1941, la Roumanie, cette fois dirigée par Ion Antonescu, le « Pétain roumain », attaque l’URSS aux côtés de l’Axe (opération Barbarossa) et récupère le territoire : déportation de 140 000 juifs (210 000 autres fuient vers l’URSS : la plupart seront rattrapés par la Wehrmacht ou l’armée roumaine et tués en Ukraine) et de certains Roms.

Entre mars et août 1944 l’URSS récupère à son tour le territoire : déportation de septembre 1944 à mai 1945 de 120 000 roumanophones accusés d’avoir servi la Roumanie[14]).

Dans le giron soviétique[modifier | modifier le code]

Sous le régime soviétique, une intense colonisation slave se développe et les roumanophones continuent à être dispersés hors de Moldavie par le jeu des attributions de postes et des déplacements de main-d’œuvre pour les grands travaux (beaucoup se retrouvent au Kazakhstan) : en 1978, 86 % des dirigeants sont des non-Roumains (Russes et Ukrainiens pour la plupart). Par ailleurs, le cours du bas-Dniestr s’industrialise : centrale hydroélectrique de Dubăsari, arsenal de Colbasna, industries mécaniques et d’armement de Tiraspol. La Moldavie devient par ailleurs la principale région viticole soviétique, et c’est surtout par ce biais qu’elle y est connue.

Entre 1985 et 1991, sous Gorbatchev, la politique de perestroïka se traduit en Moldavie par une revendication de reconnaissance de l’identité roumaine des autochtones et par un retour à l'alphabet latin, le roumain devenant officiel à côté du russe.

La seconde indépendance[modifier | modifier le code]

Le 27 août 1991, la République de Moldavie proclame son indépendance, immédiatement reconnue par la Roumanie, puis par la communauté internationale. En décembre 1991, la « République moldave du Dniestr » dite improprement « Transnistrie » (en fait, la Transnistrie est beaucoup plus vaste, et à 92 % ukrainienne) proclame son indépendance par rapport à Chișinău (indépendance non reconnue par la communauté internationale), et demande son rattachement à la Russie ou à l'Ukraine ; 500 « cosaques » russophones encadrés par la 14e armée russe (stationnée à Tiraspol) prennent le contrôle de la rive gauche du Dniestr où se trouvent 80 % des industries ; un millier de volontaires moldaves armés tentent de passer le Dniestr pour en reprendre le contrôle, mais sont repoussés (208 tués)[15].


Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Moldavie.

Entre 1991 et 2010, la vie politique se joue essentiellement entre d’une part les pro-russes regroupés autour des communistes qui se réfèrent explicitement au modèle soviétique et recueillent les suffrages de la grande majorité des slavophones et d’une partie des roumanophones (notamment en milieu rural) et d’autre part les non-communistes (agrariens, centristes, libéraux, chrétiens-démocrates, socialistes modérés) qui se réfèrent explicitement au modèle européen et roumain, et recueillent les suffrages d’une autre partie des roumanophones, notamment en milieu urbain ; à partir de 1995, mais surtout après 2000, à la suite de la crise financière du monde occidental, les communistes dominent nettement la scène politique : majoritaires au Parlement, ils gouvernent quasiment seuls de 2001 à 2009 sous la présidence du russophone Vladimir Voronine.

Le 5 avril 2009, 2,5 millions d’électeurs sont appelés à voter. Les communistes l’emportent de justesse mais l’opposition les accuse d’intimidation et de corruption. La délégation d’observateurs du Parlement européen présidée par la députée européenne Marianne Mikko (Estonienne, Parti socialiste européen) note de « réels progrès par rapport aux élections législatives de 2005 » mais ajoute que « des efforts supplémentaires devraient être faits concernant la neutralité des chaînes de télévision et de radio publiques »[16]. Le 7 avril 2009, des manifestations de l’opposition à Chișinău, devant le parlement, sont violemment réprimées (décès de trois personnes) et les communistes accusent l’OTAN et la Roumanie, qualifiés de « puissances fascistes », de susciter artificiellement ces incidents par leurs « provocations » et « ingérences ».

Selon la Commission électorale centrale moldave, le Parti communiste obtient 49,48 % des voix et 60 mandats de députés, soit un mandat de moins que nécessaire pour pouvoir élire le chef de l’État. Par ailleurs, le Parti libéral obtient 13,14 % des voix (15 mandats), le Parti libéral-démocrate de Moldavie 12,43 % des voix (15 mandats) et l’Alliance « Notre Moldavie » 9,77 % des voix (11 mandats)[17].

Le Parti communiste ne parvenant pas à faire élire son candidat, les élections législatives de juillet 2009 voient quatre partis d'opposition (Libéral-démocrate, Libéral, social-démocrate, et chrétien-démocrate) s'unir pour former une Alliance pour l'intégration européenne (AIE) qui remporte 53 sièges[18] contre 48 au Parti communiste, qui reste néanmoins le plus puissant des partis politiques de Moldavie, et en pourcentage de voix, l'un des plus puissants partis communistes d'Europe.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Composition du Parlement en juillet 2009.
Composition du Parlement en novembre 2014.
Nicolae Timofti, président de la Moldavie depuis 2012.

Le Parti communiste connaît en 2010 une petite baisse avec « seulement » 44,7 % des suffrages (un score que bien des partis communistes européens lui envient). Avec 51 % des suffrages, les quatre partis politiques de l’Alliance pour l'intégration européenne (A.I.E.), qui ont tous franchi la barre des 5 % nécessaires pour être représentés au Parlement, remportent ensemble 53 sièges, soit plus que la majorité absolue, permettant à un nouveau gouvernement, dirigé par Vlad Filat, d'entrer en fonction. Cependant la coalition ne peut élire son candidat à la présidence, car selon les amendements constitutionnels votés en juillet 2000, cela nécessite 61 voix sur les 101 membres du Parlement.

Dans une telle configuration, de nouvelles élections auraient dû avoir lieu, mais la même Constitution limite le nombre d'élections pouvant être tenues dans un laps de temps aussi court, produisant une situation de blocage. Pour pallier cela, la coalition organise un référendum prévoyant l'élection du Président de la République au suffrage direct, de manière à ce que des élections présidentielle et législatives puissent se tenir simultanément en novembre 2010. Le Parti communiste appelle bien sûr au boycott du référendum, et le taux de participation n'atteint que 30 %, alors qu'il aurait dû dépasser 33,3 % pour être valide. Ainsi, de nouvelles élections législatives ont lieu le 28 novembre 2010. Les communistes obtiennent 42 sièges, le P.L.D.M. 32, le Parti démocrate de Moldavie 15 et le Parti libéral 12, soit 59 sièges pour les pro-européens.

Mais 61 sièges sont nécessaires pour élire le président de la République. En outre, le 28 décembre, les communistes bloquent l'élection du président du Parlement, qui aurait pu exercer l'intérim à la tête de l'État. Le Premier ministre démissionnaire, Vlad Filat, remplit de ce fait l'intérim de la présidence de la République pendant deux jours, le temps que les députés de l’Alliance pour l'intégration européenne (A.I.E.) se mettent d'accord pour élire Marian Lupu à la présidence du Parlement le 30 décembre 2010, celui-ci devenant automatiquement chef de l'État par intérim. En novembre 2014, les élections parlementaires montrent une grande stabilité de l'électorat par rapport à 2010 : l’Alliance pour l'intégration européenne des partis Démocrate (P.D. formé par la fusion des sociaux-démocrates et des chrétiens-démocrates), libéral-démocrate P.L.D.M. et libéral P.L., remporte 54 sièges, contre 47 aux pro-russes qui se sont partagés, tout en restant très solidaires entre eux, en deux formations : le Parti communiste et le Parti socialiste.

Voir aussi :

Union avec la Roumanie[modifier | modifier le code]

Revendiquée par les roumanophones lors des grandes manifestations de 1990, mais combattue par les russophones auxquels les ultra-nationalistes proroumains promettaient « la valise ou le cercueil », cette union a finalement été rejetée à 95,4 % par référendum en 1994 dans un contexte de conflit avec la Russie, principal fournisseur d'énergie bon marché pour la Moldavie.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Bleu : représentations diplomatiques de la Moldavie (présence d'une ambassade ou d'un consulat). Rouge : Moldavie. Gris : absence de relations diplomatiques.

La Moldavie entretient des relations diplomatiques complexes et mouvantes avec deux pays, la Roumanie d'une part, avec laquelle elle partage une communauté linguistique, culturelle et historique depuis plusieurs siècles, et d'autre part la Russie, héritière de l'URSS, dont la Moldavie était une république constituante jusqu'à l'indépendance de 1991 : les volte-face ont été nombreuses selon les majorités au pouvoir.

Lorsque les pro-roumains et pro-européens gouvernaient, des périodes d'ouverture des frontières, d'abolition des visas et même de mise en commun des réseaux téléphoniques avec la Roumanie menèrent à un net refroidissement des relations avec la Russie et l'Ukraine, ainsi qu'à des interruptions des négociations avec Tiraspol. Inversement, surtout après 1994 lorsque les pro-russes, pro-ukrainiens (à l'époque du gouvernement Ianoukovytch) et communistes moldaves furent au pouvoir, ce sont les relations avec la Roumanie et l'Union européenne qui se refroidirent, tandis que les relations avec la Biélorussie, la Russie et l'Ukraine s'intensifiaient et les négociations avec Tiraspol reprenaient : ainsi, le gouvernement Voronine manifesta en 2001 sa volonté de rejoindre l'Union russo-biélorusse[19],[20].

En 2007, l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne accentua l'ancrage à l'Est de la Moldavie : les conditions de visas et de séjour devinrent plus strictes entre Roumanie et Moldavie, alors qu'elles devenaient plus faciles entre Russie, Ukraine, Biélorussie et Moldavie. La République de Moldavie est d'ailleurs membre de la CEI et du GUAM, une organisation internationale de coopération à vocation régionale est-européenne. Toutefois, si cet ancrage à l'Est permit au pays de bénéficier de tarifs modérés pour le pétrole et le gaz russes, il ne fit pas aboutir les négociations avec la Transnistrie qui continue de se situer hors de la légalité républicaine et internationale (légalement il s'agit d'une région autonome à statut spécial ; concrètement c'est un état séparatiste autoproclamé, échappant complètement au contrôle du gouvernement, fut-il communiste).

De son côté, même en période de mauvaises relations, la Roumanie n'a pas cessé d'accorder sa nationalité aux citoyens moldaves dont au moins un ascendant est né citoyen roumain et qui passent avec succès un examen de roumain, ce qui a suscité des controverses au sein de l'Union européenne, les autres pays membres accusant la Roumanie de « vouloir faire entrer trois millions d'immigrés par la porte de derrière »[21]. Le président roumain Traian Băsescu a répondu que lors de l'absorption de la RDA par la RFA, ce sont 18 millions de personnes qui ont rejoint la Communauté européenne sans que ses autres membres aient été consultés.

La majorité élue en 2009 et réélue en novembre 2014 souhaite intégrer l'Union européenne. Dans le cadre du Partenariat oriental, l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie ont signé des accords d'association (AA) avec l'Union européenne le 27 juin 2014. Cet accord prévoit l'approfondissement des liens politiques et économiques avec l'UE. A plus long terme, ils constituent l'un des outils de la politique étrangère de l'UE visant au rapprochement puis à l'intégration à différents niveaux des pays au sein de l'UE[22].

Les associations comprennent aussi une zone de libre-échange leur offrant l'accès au marché commun et une collaboration étendue avec les gouvernements et les entreprises des trois pays partenaires pour faciliter les réformes et contribuer à l'accélération de leur développement économique[22],[23].

L'AA instaure une coopération poussée dans plusieurs secteurs : énergie, justice, politique extérieure, visas, culture, etc. La contrepartie pour la Moldavie sera de procéder à de profondes réformes sociales, politiques et économiques. Il marque également un tournant dans le dualisme entre les sphères d'influences européennes et russes car ce faisant, la Moldavie renonce à toute possibilité d'adhésion à l’Union eurasiatique souhaitée par Moscou[24]. Les russophones de Moldavie y ont d’ailleurs réagi par la voix du millionnaire moldo-russe Renato Usatyi, chef du parti pro-russe RPP, qui déclara vouloir construire une nouvelle muraille de Chine entre la Moldavie et la Roumanie[25], tandis que les autorités de Transnistrie reparlaient, comme à chaque rapprochement de la Moldavie avec l’Union européenne, d’un rattachement officiel de leur région à la Russie[26].

Enfin, la Moldavie est un État membre de l'Organisation internationale de la francophonie.

L'administration de la république de Moldavie, comprenant : * 37 arrondissements (raioane : rayons) ; * 4 municipalités ; * l'unité territoriale autonome de Gagaouzie ; * sur 4 rayons et demi et deux municipalités, la République moldave du Dniestr (autoproclamée et de facto indépendante, reconnue de jure comme unité territoriale autonome de la rive gauche du Dniestr.)

Subdivisions[modifier | modifier le code]

La question de l'organisation administrative du pays n'a jamais été envisagée du point de vue de l'état de droit (mêmes droits pour tous, à égalité) ni du point de vue pratique et ergonomique (des subdivisions basées sur la géographie)[27]. Au contraire, elle a été instrumentalisée dans le cadre du combat politique entre la majorité autochtone roumanophone, et les minorités slavophones. Les dirigeants de la communauté roumanophone ont essayé d'appliquer à la Moldavie la tradition administrative roumaine, elle-même d'inspiration française, en mettant en place des județe (départements) avec un préfet et une forte centralisation. Les dirigeants slavophones, inspirés par le modèle soviétique, ont au contraire préféré des raïons (arrondissements) dirigés par des comités, avec des différences entre raïons urbains et ruraux, et des républiques autonomes locales basées sur l'ethnographie.

Entre ces deux modèles, un compromis qui ne satisfait personne, et qui introduit des différences de droit d'une région à l'autre, a abouti en fin de compte à une fédéralisation profitant à la République moldave du Dniestr, située entre le Dniestr et l'Ukraine et au pays Gök-Oguz ou Gagaouzie, considérées comme des « unités territoriales autonomes ». Ces deux territoires, où l'autorité de l'État ne s'exerce pas, disposent à eux seuls de 85 % de la puissance économique de la Moldavie, alors qu'ils ne représentent que 18 % de son territoire[28].

Villes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Villes de Moldavie.

Population[modifier | modifier le code]

La République de Moldavie (hors la « république » autoproclamée pridniestréenne dite Transnistrie) compte 3 388 000 habitants, selon le recensement de 2004, en baisse de 208 000 habitants (pour la plupart, expatriés) par rapport à 1989. Au total, on peut supposer que la population de la République de Moldavie, atteint en 2005 un peu moins de 3 455 000 habitants.

La région est au carrefour de deux cultures : celle latine de la majorité roumaine et celle slave des minorités russe et ukrainienne. Cette situation se traduit depuis 1812 (année où la Russie tsariste occupe la Moldavie à la suite d'un traité avec l'Empire ottoman) par une diversité ethnique, linguistique et culturelle. Avant les bouleversements démographiques de la Seconde Guerre mondiale et de l'après-guerre, la population était constituée de Roumains moldaves, de Ruthènes ukrainiens, de Russes blancs, de Bulgares, d'Allemands de Bessarabie, de Gök-Oguz ou Gagaouzes, de Grecs, d'Arméniens et de Juifs ashkénazes. Plus des deux tiers de la population étaient Roumains (désignation linguistique) moldaves (désignation géographique).

Au brassage de cultures et aux vagues migratoires se sont ajoutées au XXe siècle les tragédies de la déportation organisée contre les Roms et les Juifs par le régime d'Antonescu (le « Pétain roumain » comme il se qualifiait lui-même) et contre les Roumains par l'URSS qui a également intensifié la colonisation russe. Le recensement ne tient pas compte du fait que 70 % de la population est bilingue (roumain – russe), 30 % seulement étant unilingues (roumain seul ou russe seul). C'est pourquoi, selon les recensements et les auteurs, depuis 1910, la proportion de la majorité roumaine varie de 56 % à 79 %.

Localisation des langues en Moldavie.

Le Bureau national de statistique de Chișinău a publié les résultats officiels du recensement, qui offrait aux citoyens roumanophones la possibilité de choisir entre « roumain » et « moldave ». Selon Moldpres, seuls 2,2 % se sont déclarés roumains, ce qui les range à côté des autres minorités: 8 % des citoyens se déclarent Ukrainiens, 5,9 % Russes, 4,4 % Gagaouzes (population turcophone chrétienne), et la très grande majorité (près de 80 %) se désignent comme « Moldaves » (alors qu'aux recensements précédents, les roumanophones oscillaient toujours entre 63 et 67 %). Il semblerait donc, à la grande satisfaction de l'ancien gouvernement communiste (l'ancien président Voronin est lui-même un Ukrainien, ancien membre du PC de l'URSS), que la très grande majorité des roumanophones et une partie des slavophones aient choisi de se déclarer de « langue moldave » (langue politique non reconnue par les linguistes). Ces résultats ne concernent pas la « république » pridniestréenne ou Transnistrie.

Selon les différents recensements,

  • en 1970 : 69 % des habitants de la Moldavie ont déclaré que le moldave (nom du roumain en URSS) était leur langue maternelle.
  • en 1989 : il y avait 88 419 Bulgares en République de Moldavie.
  • en 1992 : 4 305 immigrants vers Israël depuis la République de Moldavie constituaient 7,1 % des immigrants ex-soviétiques vers Israël cette année-là. Simultanément, 60 % des achats de terrains et d'immeubles par des étrangers en Moldavie étaient le fait de citoyens israéliens.
  • en 2004 : il y avait 65 072 Bulgares selon le recensement.
  • en 2006 : 79 % des habitants de la Moldavie ont déclaré que le moldave était leur langue usuelle (dont 63 % l'ont déclaré comme langue maternelle), 2,2 % se sont déclarés de langue maternelle roumaine, 27 % le russe ou l'ukrainien.

Si le critère linguistique semble prêter à une grande confusion à cause des choix politiques, celui ethnique est un peu plus clair, selon les traditions populaires, les coutumes des villages, les revendications des habitants eux-mêmes et l'histoire. Dans la république de Moldavie (sans la Transdniestrie) vivent 3 millions de Roumains, 250 000 Ukrainiens, 100 000 Gagaouzes et 900 000 Russes. Dans la république séparatiste de Transnistrie vivent 300 000 Roumains, 250 000 Russes, 200 000 Ukrainiens et plusieurs milliers de Juifs, Tatars, Bulgares, Gagaouzes, etc.

Sur l'ensemble des habitants actuels du territoire moldave, 3,3 millions sont Moldaves (76,2 %), 450 000 sont Ukrainiens (10 %), 340 000 sont Russes (8 %), un peu plus de 100 000 sont Gagaouzes (4,4 %) et presque 100 000 sont des minorités plus petites (Polonais, Tziganes, Bulgares, Juifs, Tatars, etc.). Ces chiffres correspondent aussi aux revendications de ces communautés ethniques. La grande majorité des habitants sont bilingues, parfois trilingues.

Selon des chiffres officieux, environ 1/4 de la population active a émigré (pays d'Europe occidentale principalement, Russie et Ukraine) soit un taux migratoire net de -25 %. Les roumanophones choisissent surtout la Roumanie, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, les slavophones surtout les pays ex-soviétiques, la Pologne et l'Allemagne. Résultat de cette émigration massive, on estime à 250 000 le nombre d'enfants moldaves qui vivent sans leurs parents[29]. Par ailleurs, environ 150 000 citoyens moldaves ont également obtenu la citoyenneté roumaine et/ou russe ou ukrainienne.

Controverse identitaire et linguistique[modifier | modifier le code]

Mihai Eminescu, né à Botoșani, est le poète emblématique de la Roumanie et de la Moldavie. Il militait pour la réunion de tous les pays roumains en un seul État. Ce sera fait en 1918.

Dans le pays, l'héritage de l'ancienne principauté entretient une dispute entre d'une part le Parti communiste moldave et ses alliés, et d'autre part les partis non-communistes de Moldavie et les autorités académiques au sujet de l'identité historique, linguistique et culturelle des habitants autochtones de la Moldavie historique. Cette controverse déborde l'étranger, les anciennes républiques soviétiques (pays baltes exceptés) ainsi que de nombreux commentateurs de formation slavistique relayant la position défendue par le PCM (dénommée « Moldavisme ») tandis que la Roumanie et les pays de culture latine relayent la seconde position (dénommée « Roumanisme »).

Depuis le XIXe siècle, les populations roumanophones des territoires ayant appartenu successivement à l'Empire russe, à l'URSS et depuis 1991 à la République de Moldavie sont définies, ainsi que leur langue, comme « Moldaves » successivement par les autorités impériales russes, par les autorités soviétiques, puis par celles de Chișinău depuis 1994 : ce terme de « Moldaves », exclusif de celui de « Roumains », a ici une signification ethnique[30]. Pour les habitants roumanophones de l'ancienne principauté, le terme « Moldaves » a une signification non pas ethnique, mais géographique régionale, et il peut être inclus dans la définition plus large de « Roumains » dans le sens de « roumanophones »[31]. De fait, ces mêmes populations sont désignées comme « Roumaines » par la Roumanie, ainsi que par les pro-européens de Moldavie, comme le sont également les majorités autochtones de Transylvanie, du Banat, de la Dobrogée ou Dobroudja, de la Valachie et de la partie roumaine de la Moldavie : dans ce sens, le terme de « Moldaves » est inclusif dans celui de « Roumains ».

Les partisans d'une identité « Moldave différente des Roumains » ont des positions divergentes à propos des habitants de la partie roumaine de la Moldavie. Pour certains, ce sont des « Moldaves différents des Roumains » au même titre que ceux de l'ex-URSS. Pour d'autres, ce sont des « Roumains différents des Moldaves » même s'ils se définissent eux aussi comme Moldaves (mais non « différents » des Roumains)[32].

Scientifiquement, les linguistes, qui se réfèrent à la notion d'isoglosse, ne reconnaissent qu'une langue : le daco-roumain, qu'il soit nommé « roumain » en Roumanie, ou « moldave » en république de Moldavie. Jusqu'en décembre 2013, les autorités de cette dernière, par l'article 12 de la constitution, récusent cette définition scientifique. En décembre 2013, la cour constitutionnelle de Moldavie approuve le changement de la dénomination de la langue dans la constitution. La langue officielle est donc nommée « roumain » et plus « moldave »[33].

Santé[modifier | modifier le code]

Le taux de fécondité est de 1,5 enfant par femme[34]. Les dépenses publiques de santé ont été de 4,2 % du PIB et les dépenses privées de santé de 3,2 %[34]. Il y a environ 264 médecins pour 100 000 habitants[34]. Les dépenses de santé étaient de 138 US $ (PPA) par habitant en 2004[34].

Économie[modifier | modifier le code]

Caves de Mileştii Mici

La République de Moldavie (qui était le principal fournisseur de vin (Viticulture en Moldavie), de légumes et de fruits pour les anciennes républiques soviétiques) est devenue après la chute de l'URSS en 1991 un des pays les plus pauvres d'Europe.

La perte de certains marchés traditionnels, la dépendance énergétique au gaz russe, et la sécession de la « république » autoproclamée Pridniestréenne dite Transnistrie, ont provoqué la chute dramatique du PIB qui est en 2006 inférieur à celui du Bangladesh, et le plus bas d'Europe, malgré une forte croissance économique (plus de 8 % en 2005 depuis l'an 2000). Pour l'année 2008 il est estimé une croissance économique de 8,1 %. Le gouvernement moldave assure un salaire minimum de 58 €, le salaire moyen pour le mois de mai 2008 était de 150 € et de 260 € à Chișinău.

L'économie souterraine est évaluée à près de 40 % du PIB. L'inflation oscille entre 12 % et 15 % par an et le déficit commercial est important (financé en partie par les transferts d'argent des Moldaves qui travaillent à l'étranger).

L'industrie, qui utilise l'énergie des centrales hydrauliques aménagées dans le pays, se concentre essentiellement dans quelques villes, en particulier Chișinău, la capitale, et Tiraspol. Il s'agit d'industries de transformation : conserveries, laiteries, textiles, travail du bois et des métaux.

Le tourisme en République de Moldavie se développe de plus en plus. Les endroits à visiter sont les caves à vin (Mileştii Mici, Cricova, etc.) ainsi que les nombreux monastères et autres églises orthodoxes (Orhei Vechi, Rezina, Tipova, etc.).

Transports[modifier | modifier le code]

Le moyen de locomotion le plus courant reste la voiture / minibus. La loi interdit de conduire en ayant consommé de l'alcool (0 g/l).

Le réseau ferré moldave souffre du manque d'investissements et des tensions politiques : alors que la Transnistrie russophone autoproclamée bloque les communications vers Odessa, les pressions de la C.E.I. ont empêché qu'un troisième rail d'écartement européen de 1 435 mm soit posé à l'intérieur des voies de 1 520 mm d'écartement soviétique, identique au réseau ferré ukrainien (solution technique pourtant adoptée à la frontière entre la Roumanie et l'Ukraine entre Câmpulung et Valea Vișeului[35]), ce qui oblige à une rupture de charge ou à un changement de boggies au contact des chemins de fer roumains et européens. Ayant perdu en août 1940 les quatre ports de la Bessarabie : Reni, Izmail, Chilia/Kiliya et Cetatea Albă/Bilhorod-Dnistrovskyi rattachés à l'Ukraine, la République de Moldavie est une enclave au sens économique du terme. Un échange territorial avec l'Ukraine n'ayant pu être mis en application en raison de l'incertitude du statut d'un territoire à échanger (le hameau de Mîndrești), la Moldavie n'a pu recouvrer ni acquérir les 1 500 mètres de rivage danubien nécessaires à l'achèvement du port de Giurgiulești, par ailleurs contesté en raison de la facilité d'accès de la Moldavie aux ports roumains ou ukrainiens directement reliés à son réseau routier et ferroviaire. Le rivage moldave sur le Danube a une longueur de 340 m.

Commerce avec la France[modifier | modifier le code]

Si les relations commerciales entre la France et la Moldavie demeurent encore modestes, la présence des investisseurs français dans le pays est toutefois plus significative. Regroupés au sein de la CCI France Moldavie, les investisseurs français contribuent à structurer l'économie locale et sont un facteur d'attractivité pour le pays. Les investissements français bénéficient d’un accord de protection réciproque des investissements signé le 8 septembre 1997 et entré en vigueur le 3 novembre 1999. Parmi les importants investisseurs français, il faut souligner quatre grands groupes français. Le groupe Lafarge Ciment possède la plus grosse usine de ciment en Moldavie et fournit 75 % des besoins en ciment du pays. En 2007, la Société générale a fait l’acquisition de Mobiasbanca[36], cinquième banque du pays. Dans le secteur agroalimentaire, le Groupe Lactalis, qui a commencé à investir en 2005, possède une laiterie et deux fromageries[37]. Le groupe emploie environ 1400 personnes et produit des fromages pour le marché moldave ainsi que pour l’exportation vers la Russie et l'Ukraine. Enfin, dans le secteur des télécommunications, la filiale d’Orange en Moldavie[38] est leader de la téléphonie mobile du pays avec une part de marché d’environ 65 %[39].

Il est à noter qu’outre ces investissements conséquents, il existe aussi d'autres investissements français comme la société Bargues Agro-Industrie qui, à travers sa filiale locale Nucile Si Natura[40], conditionne des cerneaux de noix pour l’exportation ou encore Le Bridge Corporation Limited[41]. Il y a aussi quelques PME dans le secteur des services (comme Pentalog[42]). Par ailleurs, quelques représentations d’entreprises françaises sont aussi présentes en Moldavie (Alcatel, Pernod-Ricard, Areva)[43].

Culture[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'An Anul Nou
8 mars Journée internationale de la Femme Ziua internațională a femeii
20 mars31 mars Journées de la francophonie en Moldavie Zilele francofoniei în Republica Moldova
Pâques Paştele En conformité avec calendrier orthodoxe
1er mai Fête du travail Ziua internațională a muncii
9 mai Victoire de 1945 Sărbătoarea victoriei Fin de la Seconde Guerre mondiale
27 août Jour de l'indépendance 1991 Ziua independenței Fête nationale
31 août Fête de notre langue Sărbătoarea « Limba noastră » Restauration de l'alphabet latin, 1989
13 octobre et 14 octobre Journée de la ville Hramul oraşului Chişinău
7 janvier Noël orthodoxe Crăciun, nașterea mântuitorului Isus Hristos

Patrimoine historique[modifier | modifier le code]

Le patrimoine historique et architectural est constitué par des monastères et églises, des citadelles médiévales, des bâtiments classés monuments historiques et des sites archéologiques. Il est du ressort de l'Académie des sciences, du Ministère de la culture et, pour les églises, également des instances ecclésiastiques. À la suite de la division de la Bessarabie en 1940, une partie du patrimoine moldave ancien (citadelles de Hotin et de Cetatea Albă, par exemple) se trouve aujourd'hui en Ukraine.

Divers patrimoines culturels :

Codes[modifier | modifier le code]

La Moldavie a pour codes :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le code ISO 639 ne prend en compte que le nom roumain : Moldova ; en français, les deux sont officiels selon la directive Juppé
  2. (en) Central Intelligence Agency, The World Factbook, 2012
  3. (en) « page Moldavie sur le site du PNUD », PNUD
  4. Aux Nations unies, le pays emploie officiellement, en français, le nom de « République de Moldova » (Cf. webcast.un.org Intervention de la délégation moldave, en français, au Palais des Nations le 24 janvier 2011, à l'occasion de l'Examen périodique universel.
  5. Réseau écologique national de Moldavie
  6. Recensement roumain [1], moldave [2], [3] et ukrainien (pour l'oblast de Tchernivtsi et les raions du Boudjak) [4].
  7. Nicolae Chetraru, Din istoria arheologiei Moldovei, ed. Știința, Chișinău 1994, ISBN 5-376-01636-6
  8. Gheorghe Postică, Civilizaţia veche din Moldova ("L'ancienne civilisation de Moldavie"), éd. Ştiinţa, Chişinău 1995, ISBN 5-376-01634-X.
  9. K. Heitmann : Moldauisch in Holtus, G., Metzeltin, M. et Schmitt, C. (dir.) : Lexicon der Romanschinen Linguistik, Tübingen, vol 3. 508-21, 1989.
  10. Anthony Babel, La Bessarabie, éd. Félix Alcan, Genève, 1932.
  11. Anthony Babel, La Bessarabie, Félix Alcan, Paris, 1932.
  12. Anthony Babel, La Bessarabie, Félix Alcan, Paris, 1932.
  13. Nikolaï Feodorovitch Bougaï: Informations contenues dans la correspondance entre Lavrenti Beria et Joseph Staline, ed. Acad. des Sciences de Moldavie tome 1, Chișinău, 1991 (Н.Ф. Бугай «Выселение произвести по распоряжению Берии…» О депортации населения из Молдавской ССР в 40-50- е годы – Исторические науки в Молдавии. № 1. Кишинев, 1991. 1.0)
  14. Nikolaï Feodorovitch Bougaï : Déportation des peuples de Biélorussie, Ukraine et Moldavie, Ed. Dittmar Dahlmann et Gerhard Hirschfeld, Essen, Allemagne, 1999, p. 567-581 (Депортация народов из Украины, Белоруссии и Молдавии : Лагеря, принудительный труд и депортация. Германия. Эссен. 1999. 1.3)
  15. Olga Căpățînă, Cartea Memoriei, Presa, Chișinău 2000, ISBN 9975-9562-0-3
  16. [5]
  17. Résultats finaux des élections législatives de Moldavie - Moldavie.fr - Portail francophone de la Moldavie
  18. Aux élections de juillet 2009, le parlement se partage comme suit : Alliance pour l'intégration européenne (AIE), 53 sièges (Parti libéral-démocrate de Moldavie: 18 sièges, Parti libéral: 15 sièges, Parti démocrate de Moldavie: 13 sièges, Alliance Notre Moldavie: 7 sièges).
  19. (en) Moldova ready for Russia Belarus union, BBC news, jeudi 17 avril 2001. Consultation du 5 octobre 2008.
  20. (en) Communists of Moldova and the future of the country's ethno-political conflicts, étude de Priit Järve, European Centre for Minority Issues, Brief no 3. Publié à Flensburg, Allemagne. Consultation du 5 octobre 2008.
  21. (en)Benjamin Bidder - Romanian Passports For Moldovans - Entering the EU Through the Back Door, Der Spiegel du 13 juillet 2010, consulté le 19 juillet 2010
  22. a et b L'UE établit des liens plus étroits avec l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, sur le site du Service européen pour l'action extérieure.
  23. L’UE et la République de Moldavie adoptent un programme d'association, communiqué de presse du Service européen pour l'action extérieure.
  24. Le Parisien du 27 juin 2014 : Ukraine, Géorgie et Moldavie signent un accord avec l'UE : Moscou gronde sur [www.leparisien.fr/international/ukraine-georgie-et-moldavie-signent-un-accord-avec-l-ue-moscou-gronde-27-06-2014-3958199.php] consulté du 7 septembre 2014.
  25. Usatyi veut financer une nouvelle "muraille de Chine" entre la Moldavie et la Roumanie", site du journal Adevărul Moldova consulté le 14 octobre 2014.
  26. Mikhaïl Bourla, président du Soviet Suprême de Transnistrie, sur [6] consulté le 4 décembre 2014.
  27. Alain Ruzé, La Moldova, L'Harmattan, Paris (ISBN 2-7384-6018-6)
  28. Xavier Deleu, La Transnistrie, HogoDoc, Paris, ISBN 2-7556-0055-1
  29. Andrea Diefenbach, Land ohne Eltern ("Pays sans parents"), Kehrer, 2012
  30. http://www.parlament.md/download/laws/ro/546-XV-19.12.2003.doc
  31. Academia Romana combate "limba moldoveneasca": ZIUA
  32. Ion Cepleanu, Moldaves et Moldavie, Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme, Gilles de Rapper, Aix-en-Provence, 1997 ; Alain Ruzé, La Moldova, L'Harmattan, Paris, 1997, ISBN 2-7384-6018-6 ; Nicolas Trifon, « La Langue roumaine au cœur de la problématique de reconstruction nationale de la république de Moldavie », in Wanda Dressler (éd.), Le Second Printemps des nations, p. 257-281, Bruylant, Bruxelles, 1999.
  33. (en) « Chisinau Recognizes Romanian As Official Language », Radio Free Europe,‎ 5 décembre 2013
  34. a, b, c et d http://hdrstats.undp.org/en/countries/data_sheets/cty_ds_MDA.html
  35. Voir la carte des chemins de fer ukrainiens.
  36. http://www.mobiasbanca.md/profil
  37. http://www.lactalis.fr/francais/monde/cei/moldavie/fiche_moldavie.htm
  38. http://www.orange.com/fr_FR/groupe/presence/pays/eme/moldavie/moldavie-gn.jsp
  39. http://www.club-france.md/web/index.php/present/la-france-en-moldavie
  40. http://ccifm.md/web/index.php/member/detail/id/33
  41. http://www.le-bridge.com/flash/
  42. http://www.pentalog.fr/entreprise/contact_agence_chisinau_moldavie.htm
  43. http://www.ambafrance-md.org/spip.php?article467

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]