Coco Chanel

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Coco Chanel

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Coco Chanel en 1928.

Nom de naissance Gabrielle Bonheur Chasnel[1],[2]
Alias
Mademoiselle / Coco
Naissance 19 août 1883
Saumur
Décès 10 janvier 1971 (à 87 ans)
Paris
Nationalité Française
Profession
Autres activités

Gabrielle Chanel, dite « Coco Chanel », née le 19 août 1883 à Saumur et morte le 10 janvier 1971, à Paris, est une créatrice de mode, modiste et grande couturière française célèbre pour ses créations de haute couture, ainsi que les parfums portant son nom. Elle est à l'origine de la Maison Chanel, « symbole de l'élégance française »[3]. Certains choix de vie de Chanel sont à l'origine de controverses, en particulier son comportement pendant l'Occupation allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Vitrail cistercien de l’abbaye d'Aubazine dont les entrelacs auraient inspiré le logo de Chanel.

Née le 19 août 1883 à l'hospice de Saumur tenu par les Sœurs de la Providence, Gabrielle Chanel[4] est issue d'une lignée de marchands forains cévenols, de Ponteils-et-Brésis près d'Alès[5]. Enfant illégitime, elle est la seconde fille d'Henri-Albert Chasnel (connu sous le prénom d'Albert), un camelot originaire du Gard et d'Eugénie Jeanne Devolle (connue sous le prénom de Jeanne), couturière originaire de Courpière, tous deux établis à Saumur[6] et qui se marient un an après sa naissance, le 17 novembre 1884[7].

Jeanne Devolle lui donne cinq frères et sœurs : Julia-Berthe (1882-1912, qui aurait laissé à son suicide un fils, André Palasse, dont Gabrielle s'occupera, à moins qu'il ne s'agisse du propre fils de la couturière[8]), Antoinette (1887), Alphonse (1885-1953), Lucien (1889-1941) et Augustin mort en enfance[9]. Très peu d'éléments sont connus sur l'enfance de Chanel, sur laquelle elle ne dira rien, si ce n'est qu'elle s'est murée dans la solitude et ne s'est pas sentie aimée par son père aigri, qui reprochait à son épouse chétive et ses enfants de l'avoir empêché de mener la vie de succès dont il rêvait. Cela n'empêche pas Gabrielle de vouer une véritable adoration à ce père bourru, volage et souvent absent[10].

La mère de Chanel meurt le 16 février 1895 à l'âge de 33 ans[6], épuisée par des grossesses successives, la tuberculose et le travail qu'elle effectue sur les marchés de Paris dans le froid[11]. La jeune fille n'a alors que douze ans.

Son père la place alors avec ses deux sœurs dans l'orphelinat de l'abbaye cistercienne d'Obazine en Corrèze[12],[13]. C'est probablement de cet abandon et pour faire taire les réflexions de ses camarades que « prend racine la véritable mythomanie de Gabrielle », qui s'invente un père aventurier, négociant en vins parti faire fortune à New York et lui faisant de somptueux cadeaux[14]. Parallèlement, son père confie Alphonse et Lucien à l'Assistance publique, qui les place comme garçons à tout faire dans des familles de cultivateurs.

À l'orphelinat, elle apprend la couture et mène une vie austère et rigoureuse pendant six années qui marqueront profondément le style de la future styliste. Elle se serait inspirée du lieu pour créer des vêtements aux lignes épurées harmonieuses (à l'instar de l'architecture sobre et géométrique de l'abbaye ou des vêtements qu'elle portait, col blanc, laval­lière et jupe sombre), aux couleurs neutres (noir et blanc comme les uniformes des sœurs et des pensionnaires dont la robe de bure leur permet de se mouvoir à l'envie ; beige comme les couleurs des murs) ou pour former son logo (voir les pavements anciens des sols et les C entrelacés des vitraux de l'abbatiale)[15],[16].

N'aspirant pas au noviciat, à 18 ans Chanel est confiée aux dames chanoinesses de l'Institut Notre-Dame de Moulins, où elle se perfectionne dans le métier de couseuse. Elle retrouve dans cette pension de jeunes filles sa tante Adrienne, qui a presque le même âge et, surtout, la même ambition de sortir de sa condition. En 1903, aptes à manier le fil et l'aiguille, les dames chanoinesses les placent en qualité de couseuses à la Maison Grampayre, atelier de couture spécialisé en trousseaux et layettes[17].

Gabrielle devient « Coco »[modifier | modifier le code]

Vers 1907-1908, très courtisée, Chanel ne veut pas partager le sort anonyme des « cousettes », et recherche un avenir meilleur. Lors d'un voyage à Vichy chez son oncle, elle se met à poser sur la scène du beuglant de La Rotonde à Moulins, un café-concert où elle fait ses premières apparitions, silencieuses. La Rotonde est notamment fréquentée par les officiers du 10e régiment de chasseurs à cheval stationné dans la capitale bourbonnaise. Aujourd'hui y est installé le Centre national de costume de scène.

Bientôt, elle ose pousser la chansonnette et se met à rêver de music-hall. Âgée de vingt-quatre ans, elle se produit en spectacle devant les officiers qui la surnomment « Coco », parce qu'elle a pour habitude de chanter Qui qu'a vu Coco dans l'Trocadéro ? (paroles Félix Baumaine et Charles Blondelet, musique Édouard Deransart).

Convoitée par de nombreux jeunes garçons fortunés ou titrés, elle séduit le riche Étienne Balsan, officier, homme du monde qui vient de quitter l'armée pour se consacrer à l'élevage de chevaux et aux courses. Il lui fait découvrir la vie de château au domaine de Royallieu près de Compiègne, resté célèbre pour son histoire pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est peut-être son amant, mais en tout cas son ami pour toujours[18].

Pendant près d'un an elle apprend les codes et les usages de la haute société, mais l’idylle ne dure que quelques mois : elle se rend compte qu’elle ne l’aime plus, elle s'ennuie et pleure. Elle a vingt-cinq ans et nulle part où aller. Sa première révolution vestimentaire, elle l'invente avec les tenues équestres qu'elle porte à cheval, non pas en robe amazone mais en jodhpurs[19] de peau, cravate et bandeau dans les cheveux[20].

Chanel dansant avec Boy Capel par Sem.

La fréquentation des relations de Balsan lui font cependant rencontrer un futur grand amour, l'Anglais Arthur Capel, surnommé « Boy ». Celui-ci est un homme d'affaires qui fera fortune dans les frets charbonniers durant la Grande Guerre, et un homme de cheval possédant une écurie de polo. Ce sera un amour irrégulier (il épousera malgré tout une Anglaise) et sincère qui durera dix ans, jusqu'à un accident de voiture en 1919 auquel il ne survivra pas.

Une modiste à contre-courant[modifier | modifier le code]

Chapeau créé par Coco Chanel en 1912.

Gabrielle Chanel ne reste cependant pas inactive. Mettant à profit les rudiments, enseignés à Moulins, du maniement du fil et de l’aiguille et de l’initiation prodiguée par Lucienne Rabaté, célèbre modiste du moment, elle se confectionne de petits chapeaux originaux qu’elle pose très bas sur son front. Pour assister aux mondaines courses de chevaux, elle n’arbore pas les robes des grands couturiers mais ses propres réalisations. Jeune femme charmante mais au style décalé, tantôt écolière en tenue sage noire et blanche, tantôt garçonne n’hésitant pas à porter polo, cardigan, jodhpurs et pantalons, elle invente déjà un nouveau style, une nouvelle allure. Ses créations avant-gardistes, très sobres, contrastent avec celles que portent les élégantes de l’époque.

En 1909, sur les conseils de Boy Capel, son artisanat débute boulevard Malesherbes, dans la garçonnière parisienne de son protecteur Étienne Balsan. Les chapeaux qu'elle propose à ses clientes sont des déclinaisons de ceux qu'elle fabrique pour elle-même et qui, au château de Royallieu, près de Compiègne, ont séduit ses amies, des demi-mondaines qui fréquentaient le lieu. Balsan ne croit pas à un succès commercial.

Caricature de Sem.

N'ayant pas de formation technique, ni d'outils de fabrication, dans un premier temps Chanel achète ses formes de chapeaux dans les grands magasins puis les garnit elle-même, avant de les revendre. La nouveauté et l'élégance de son style font que, très vite, elle doit faire appel à sa cousine Adrienne et à sa sœur Antoinette pour la seconder. Ses créations de chapeaux, débarrassées des grandes plumes d'autruches ou autres froufrous volumineux, commencent à être appréciées pour leur simplicité et leur sophistication.

Ouverture des premières boutiques[modifier | modifier le code]

Devenue la compagne de Boy Capel, Coco Chanel développe ses activités grâce à son aide. En 1910, son amant britannique lui prête les fonds nécessaires à l'achat d'une patente et à l'ouverture d'un salon de modiste au 21 rue Cambon à Paris, sous le nom de « CHANEL MODES ». À l’été 1913, alors que le couple séjourne à Deauville, Boy Capel loue une boutique entre le casino et l’hôtel Normandy. Comme à Paris, elle est modiste mais l’enseigne est changée en mentionnant son nom complet : « GABRIELLE CHANEL » ; la boutique connaît un succès certain. En 1915 à Biarritz, elle ouvre sa troisième boutique et première vraie maison de couture. Suivant son inspiration, elle raccourcit les jupes et supprime la taille. À l'instar de Paul Poiret qui supprima le corset en 1906, elle veut libérer le corps de la femme[21]. Ses boutiques bénéficient de la clientèle de la société fortunée qui s’est repliée pendant la guerre dans ces deux stations balnéaires.

Naissance d'un style : « la reine du genre pauvre »[modifier | modifier le code]

Dès 1915, l'étoffe manquant, elle taille des robes de sport à partir des maillots de garçons-d'écurie en jersey, ces tricots de corps pour les soldats, qu'elle a depuis longtemps adoptés. Libérant le corps, abandonnant la taille, Chanel annonce cette « silhouette neuve » qui lui vaudra sa réputation. Pour s'y conformer, les femmes s'efforcent d'être « maigres comme Coco », qui devient une des premières femmes aux cheveux courts à créer des vêtements simples et pratiques, s’inspirant d'une vie dynamique et sportive et jouant avec les codes féminins/masculins[22].

En 1916, elle utilise Adrienne comme mannequin à Deauville, qui est alors un lieu de villégiature à la mode. Elle-même s'y promène, testant ainsi sous les yeux d'aristocrates européennes, couvertes d'apparat et maintenues dans des corsets rigides, ses nouvelles tenues qui contrastent par leur simplicité et leur confort. La pénurie de tissus due à la Première Guerre mondiale, ainsi que le manque relatif de main-d'œuvre domestique ont créé de nouveaux besoins pour les femmes de ce milieu, et Chanel perçoit ces besoins. Elle achète à Rodier des pièces entières d'un jersey utilisé à l'époque uniquement pour les sous-vêtements masculins, et lance la marinière.

En 1918, immédiatement après la guerre, elle commence à édifier peu à peu l’une des maisons de couture les plus importantes de l’époque, qui emploie plus de 300 ouvrières, et rembourse enfin Boy Capel, refusant le statut de femme entretenue[23]. La guerre terminée, Boy doit prendre femme, selon les règles de l'aristocratie anglaise, et Chanel en éprouve une insupportable humiliation. Mais, comme sa mère, elle acceptera cette situation et continuera d'aimer Boy. La nuit du 22 décembre 1919, elle apprend qu'il s'est tué la veille au volant de son automobile. « En perdant Capel, je perdais tout. » avouera-t-elle 50 ans plus tard[24].

La mort de son amant l'affecte profondément, et pour ne pas sombrer dans le chagrin Chanel se raccroche à son travail. Cette attitude sera payante, car le succès de ses modèles va grandissant et l'incite à développer encore sa maison.

Élève-décoratrice de José-Maria Sert[modifier | modifier le code]

Après avoir habité sur les hauteurs de Garches une villa au « crépi beige et aux volets noirs », couleurs qui auraient scandalisé ses voisins[réf. nécessaire] et qui devinrent ses couleurs fétiches en décoration, elle déménage et se rapproche de la rue Cambon. Chanel loue vers 1919 l'immense Hôtel Pillet-Will, 29, rue du Faubourg-Saint-Honoré, édifié par Lassurance en 1719 pour la duchesse de Rohan-Montbazon, où elle installe un piano et quelques chaises. Trouvant les boiseries d'un vert passé « couleur pois cassé » — que le bail lui interdit de toucher — elle les fait recouvrir de grandes glaces. Le peintre et décorateur José-Maria Sert et Misia, « sa polonaise d'un désordre admirable », l'aident à meubler et décorer les pièces dans un genre baroque qu'elle adopta dans ses résidences successives : miroirs, paravents en laque de Coromandel, canapés en bois doré, lampes faites de boules inégales de cristal de Bohême, lustres à pampilles, potiches chinoises, reliures anciennes, girandoles et torses antiques sur les cheminées.

Misia Sert et Picasso y eurent leur chambre, Stravinski composa sur le piano du salon les danses andalouses Cuadro flamenco, et Diaghilev faisait répéter Garrotin, une naine danseuse venue de Séville, dans la salle à manger.

Le succès continue[modifier | modifier le code]

Coco Chanel et le duc de Westminster, dans la seconde moitié des années 1920.

Dès 1921 à Paris, à côté de la luxueuse place Vendôme, Coco Chanel annexe en quelques années les numéros 27, 29 et enfin 31 de la rue Cambon. Une adresse où se trouve aujourd'hui encore la célèbre maison de couture qui porte son nom. Elle dispose en outre de ses propres fabriques de tissus en Normandie et s'associe avec les propriétaires de la marque Bourjois — les frères Wertheimer — afin de diffuser commercialement ses parfums.

Ses liaisons masculines lui donnent souvent des motifs d’inspiration, c’est ainsi qu’elle crée des robes à motifs slaves lorsqu'elle a une liaison amoureuse avec le Grand-duc Dimitri Pavlovitch de Russie, cousin du dernier tsar de Russie en exil qui lui aurait inspiré la forme du flacon de son célèbre N° 5 (flasque de vodka des troupes russes). Elle est aussi la maîtresse du poète Pierre Reverdy, qui édite des aphorismes et citations de la couturière, avant que celui-ci de plus en plus mystique ne se retire à l'abbaye de Solesmes. Son amant Paul Iribe travaille pour elle en tant que créateur de meubles tandis que son ami François Hugo (arrière-petit-fils de Victor Hugo) lui dessine des faux bijoux (notamment des boutons en métal)[25].

Elle héberge Igor Stravinski et les siens pendant deux ans à Garches.

Plus tard, elle emprunte à son nouvel amant, le duc de Westminster, réputé l’homme le plus riche d’Angleterre, des éléments de costume masculin, comme le chandail, la pelisse, le béret de marin ou la veste en tweed. Elle les adapte ensuite à la panoplie vestimentaire féminine, qu’elle souhaite moderne et dynamique, alliant le confort à l’élégance.

Elle est l'une des premières à lancer la mode des cheveux courts, et s’oppose résolument à la sophistication prônée par Paul Poiret (qui accusait Chanel de transformer les femmes en « petites télégraphistes sous-alimentées »). D'après la mini-série Coco Chanel, elle aurait répliqué en disant qu'elle ne voulait pas de femmes ayant l'air d’« esclaves échappées de leur harem », en se référant à la mode orientaliste de l'époque. Chanel privilégie une simplicité très étudiée, des tenues pratiques, comme le pyjama, à porter sur la plage comme en soirée ; les premiers pantalons, la jupe plissée courte, le tailleur orné de poches. Une mode qui s'inspire du vêtement de sport des lieux balnéaires (golf, tennis, plage, nautisme). Elle propose des cardigans en maille jersey sur des jupes courtes, le tout surmonté d'un chapeau cloche. De même les robes de soirée taille basse s'arrêtant au-dessus du genou, que l'on peut associer aux danses charleston populaires entre 1925 et 1935.

En 1926, la célèbre petite robe noire (couleur jusqu’alors exclusivement réservée au deuil), fourreau droit sans col à manches 3/4, tube noir en crêpe de Chine, correspondent parfaitement à la mode « garçonne » effaçant les formes du corps féminin. Maintes fois copiée, cette « Ford signée Chanel » faisant référence à la populaire voiture américaine, ainsi que devait la qualifier le magazine Vogue, deviendra un classique de la garde-robe féminine des années 1920 et 30.

Récusant le qualificatif de « genre pauvre » souvent accolé à ses créations, Chanel veut distinguer la sobriété du dépouillement : si la toilette féminine doit être simple, elle doit en revanche être agrémentée d’accessoires. Chanel recourt, par exemple, à de faux bijoux mêlant pierres semi-précieuses, strass et fausses perles, ainsi qu’à des bracelets ornés d’un motif « croix de Malte », ou encore à des broches d’inspiration byzantine ou à motifs d’animaux, de fleurs ou de coquillages. Étienne de Beaumont, Paul Iribe et surtout, entre 1929 et 1937, Fulco di Verdura, ont donné à ces faux bijoux une identité reconnaissable.

En 1927, Gabrielle Chanel fait construire à Roquebrune-Cap-Martin une maison appelée La Pausa[26]. Elle demande à l'architecte Robert Streitz de la dessiner en intégrant quelques éléments, l'escalier et le cloître, rappelant son enfance à l'orphelinat d'Aubazine. Elle la meublera essentiellement de mobilier anglais et espagnol du XVIe et XVIIe siècles. Elle y accueillera le duc de Westminster, Jean Cocteau, Pierre Reverdy, Paul Iribe, Salvador Dalí, Luchino Visconti ; une partie de la maison a été recréée au Dallas Museum of Art lors de la donation de la collection Reves[27],[28]. Son mobilier est désormais conservé au Dallas Museum of Art.

Un cercle d'amis artistes[modifier | modifier le code]

Misia Sert, rencontrée en 1919 chez son amie Cécile Sorel, sera la meilleure amie de Chanel pendant l'entre-deux-guerres. Misia tenait un salon où elle recevait l'élite culturelle et artistique de Paris ; elle a introduit Chanel dans ce milieu.

Égérie de nombreux peintres et musiciens du début du XXe siècle (Toulouse-Lautrec, Pierre Bonnard, Odilon Redon et Auguste Renoir), Misia Sert se fait connaître dans le milieu artistique parisien par ses talents de pianiste (elle était élève de Fauré) et par sa beauté. Elle fréquente Stéphane Mallarmé et Marcel Proust, puis Erik Satie, Colette, elle se lie avec Serge Diaghilev, Picasso, Cocteau et Serge Lifar. Les journalistes la surnomment la « Reine de Paris ».

La proximité de Chanel avec les artistes a été constante. En 1924, elle réalise les costumes du Train Bleu, ballet de Bronislava Nijinska sur un livret de Cocteau et une partition de Darius Milhaud, créé par les Ballets russes de Serge Diaghilev. Elle était une personnalité du Tout-Paris, amie de Cocteau, pour lequel elle créera des costumes de scène : Œdipe roi (1937) et Antigone (1943). Elle soutint financièrement Serge Diaghilev dans le besoin et régla ses funérailles à l'île San Michele de Venise.

Elle réalise également des costumes pour le cinéma, notamment, en 1939, pour La Règle du jeu de Jean Renoir. On lui prête, en suivant Misia Sert, une liaison amoureuse avec le poète Pierre Reverdy à la fin des années 1930.

L'Empire Chanel[modifier | modifier le code]

Parallèlement, Chanel est la première couturière à lancer ses propres parfums. Avec l’aide de son parfumeur Ernest Beaux qui conçoit : N° 5 (1921), qui connaîtra une célébrité mondiale, mais aussi No22 (1922), Gardénia (1925), Bois des Îles (1926) et Cuir de Russie (1926). Pour diffuser internationalement son produit, Chanel fait appel à l'expérience commerciale des frères Pierre et Paul Wertheimer qui dès 1924 possèdent 70 % des parfums Chanel. Leurs descendants Alain et Gérard Wertheimer possèdent l'intégralité de la maison Chanel aujourd'hui.

De 1927 à 1944, Chanel séjourne régulièrement au château de Corbère-Abères dans le Béarn pour poursuivre son travail à l'aide de ses cousettes[29]. Elle s’adaptera aux mutations des années 1930, au cours desquelles elle devra affronter à la fois les revendications sociales de ses ouvrières et l’étoile montante de la Haute Couture parisienne qu'était Elsa Schiaparelli. Privilégiant alors une silhouette plus épurée, Chanel présente notamment des robes du soir légères et transparentes en mousseline de soie, en tulle ou en laize de dentelle, le plus souvent dans des couleurs faussement neutres (blanc, noir ou beige), parfois brodées de perles ou de strass. Comportant une combinaison cousue à l’intérieur, la coupe très simple de ces robes permet à la femme du monde de s’habiller sans l’assistance d’une domestique. Un peu plus tard, elle crée les premières robes à balconnet, puis en 1937, le style « gitane ».

Chanel ne se déplaçait jamais sans ses perles, et avait un goût très prononcé pour les bijoux. Dès 1924, elle ouvre un atelier de bijoux fantaisie. Étienne de Beaumont puis le duc Fulco de Verdura contribuent au développement des bijoux de la maison.

Mais c'est en 1932 que Gabrielle Chanel défraie à nouveau la chronique. À la demande de la Guilde internationale du diamant, Chanel crée « Bijoux de Diamants », sa première collection de haute joaillerie. Les diamants sont montés sur platine, une extravagance après le krach de 1929.

En 1939, elle était alors à la tête d'une entreprise de 4 000 ouvrières qui fournissaient 28 000 commandes par an.

Occupation allemande et collaboration[modifier | modifier le code]

À l’annonce de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, elle présente une collection « bleu-blanc-rouge » patriote puis ferme subitement sa maison de couture et licencie l'intégralité du personnel (4 000 ouvrières qui confectionnaient annuellement 25 000 modèles), les mettant toutes à la porte. Ainsi, cette annonce de la guerre donne à Chanel l'opportunité de représailles envers ses ouvrières qui, revendiquant de meilleurs salaires et conditions de travail, avaient osé arrêté le travail lors d'un grande grève nationale en 1936[30].

Chanel se consacre alors uniquement à son activité dans le domaine des parfums dont la boutique reste ouverte. Profitant de la confusion et des lois antisémites, elle tente de récupérer la marque de parfum N° 5, car la célèbre fragrance dont elle ne détient les droits qu’à hauteur de 10 % est en fait la propriété d'une famille juive, les Wertheimer[31].

Le 5 mai 1941, elle réclame aux autorités allemandes la propriété des Parfums Chanel, assurant qu'« ils sont toujours la propriété de Juifs », et qu'ils ont été légalement « abandonnés » par leurs propriétaires (les Wertheimer étant alors réfugiés aux États-Unis). Elle fait valoir un « droit indiscutable de priorité », et demande « réparation pour les préjudices subis pendant ces dix-sept années ».

Cependant cette demande n'aboutira pas, Chanel ignorant que les Wertheimer, anticipant les lois nazies, ont fait passer légalement le contrôle des Parfums Chanel entre les mains de leur ami Félix Amiot, qui leur rendra après la guerre[32].

Ayant séjourné dans l'hôtel Ritz dès les années 1920, elle y loue une suite au troisième étage en 1937. Bien que l'hôtel réquisitionné soit devenu le quartier général de la Luftwaffe en 1940, elle dispose néanmoins d'une suite où elle vit durant la Seconde Guerre mondiale de 1941 à 1944 avec Hans Günther von Dincklage (le baron Spatz). Cet ancien attaché d'ambassade allemand appartenait au renseignement militaire allemand, l'Abwehr, selon plusieurs sources, Edmonde Charles-Roux voyant plus en lui un agent d'influence mondain à Paris chargé de favoriser la collaboration. Ils auront une longue liaison amoureuse, qui se poursuivra après la fin de la guerre[33].

La biographie[34] du journaliste Hal W. Vaughan (en), s'appuyant notamment sur des archives allemandes et du MI6 déclassifiées, révèle qu'elle fut recrutée comme espionne de l'Abwehr, devenant l'agent F-7124 sous le nom de code « Westminster » (en référence à son ancien amant le duc de Westminster), ce que confirme une fiche récemment déclassifiée des archives de la Préfecture de police de Paris, concernant Gabrielle Chanel et portant le même numéro d'agent et le même nom de code[35]. Chanel a été recrutée par le lieutenant Hermann Niebuhr qui l'a mise en relation avec le baron Louis de Vaufreland, ancien agent français de la Gestapo au Maroc et recruteur d'espions allemands, et l'a envoyée en mission en Espagne dès 1941[36].

En 1943, les Nazis tablant sur sa relation passée avec le duc de Westminster et son amitié avec Churchill, Chanel est chargée d'œuvrer en faveur de la conclusion d'une paix séparée entre l'Allemagne nazie et la Grande-Bretagne. Par l'intermédiaire de Walter Schellenberg, SS-Brigadeführer chef de la section espionnage du RSHA (qu'elle rencontre à Berlin en avril 1943 et qu'elle aidera financièrement après son emprisonnement)[32], et d'une amie membre de la famille Windsor, Vera Bate Lombardi (en), elle doit faire parvenir à Churchill une lettre qu'elle lui a rédigée, via l'ambassade de Grande-Bretagne à Madrid. L'opération baptisée « Modellhut » (« Chapeau de couture » en allemand) échouera, car Lombardi dès son arrivée à Londres dénoncera Chanel et d'autres complices comme étant des espions nazis[37].

Hal Vaughan soutient également que Coco Chanel a été d’un antisémitisme féroce : « mariée », dit-il, (bien que Chanel ne l'ait pas épousé, il fut son amant) à Paul Iribe, antisémite notoire, elle distinguait les « Israélites » comme les Rothschild qu'elle fréquentait et les « youpins ». Un ancien proche déclare à ce propos : « Juif ou pas, elle s’en foutait. C’était une égocentrique qui n’avait aucune empathie pour le genre humain, qui méprisait les Allemands autant que les résistants et de Gaulle »[38]. Le groupe Chanel dément l'accusation d'antisémitisme, tout en reconnaissant « une part de mystère » chez sa fondatrice au sujet des révélations sur son passé[39].

L'après-guerre, l'exil en Suisse[modifier | modifier le code]

En septembre 1944 à la Libération, Coco Chanel est brièvement interrogée par un comité d'épuration des FFI (Forces françaises de l'intérieur) mais relâchée deux heures après ; Winston Churchill, connu en 1927 pendant sa liaison avec le duc de Westminster, serait intervenu en sa faveur[40]. La réalité de ce point fait toujours débat, notamment sur le fait que Churchill aurait pu vouloir protéger certains hauts responsables britanniques, membres de l'élite ou de la famille royale, contre des témoignages de leurs sympathies et agissements pro-nazis lors d'un éventuel procès[41]. Néanmoins, on peut souligner que les membres du comité d'épuration ne disposaient alors d'aucune des pièces ni des éléments concernant la collaboration de Chanel tels qu'ils sont connus aujourd'hui, ce qui peut expliquer leur décision.

Elle s'installe alors en Suisse, sur les hauts de Lausanne, au bord du lac Léman, où elle restera pendant 10 ans, tout en séjournant encore occasionnellement à Paris. Elle se fait soigner à la clinique Valmont, et l'on peut souvent la rencontrer au salon de thé Steffen, sur les hauts de Montreux, lieu de rencontre de nombreuses célébrités.

Pendant ce temps, à Paris, le « New Look » de Christian Dior fait fureur : taille de guêpe et seins « pigeonnants » obtenus par la pose d'un corset ou d'une guêpière. Elle est effondrée, tout son travail de libération du corps de la femme semblant alors réduit à néant.

Le retour à Paris, le triomphe du tailleur en tweed gansé[modifier | modifier le code]

Pourtant, en 1954, âgée de 71 ans, Chanel accepte de rouvrir sa maison sur l'insistance de ses commanditaires, les frères Wertheimer — qu'elle tenta de déposséder pendant l'Occupation — qui comptent sur sa présence pour relancer la vente des parfums. Elle renoue avec la création mais sa première collection est mal accueillie, car elle s’inscrit à contre-courant du style de Christian Dior. Face aux balconnets et aux formes bouffantes qui font le succès de ce style après-guerre, Chanel veut imposer de nouveau des robes près du corps et une silhouette androgyne.

Le tailleur de tweed, complété par une blouse de soie, des chaussures bicolores et un sac matelassé à chaîne dorée — le 2.55 —, composent le nouveau style Chanel qui deviendra un classique, souvent copié.

Boutique Chanel Joaillerie, en face de l'hôtel Ritz, place Vendôme, à deux pas de la rue Cambon.

Les vêtements Chanel sont portés par les actrices du moment, notamment Romy Schneider ou Jeanne Moreau dans Les Amants (1958) de Louis Malle, et Delphine Seyrig dans L'Année dernière à Marienbad (1961) d’Alain Resnais. Jackie Kennedy portait un tailleur Chanel rose lors de l'assassinat de son mari John F. Kennedy.

En 1957, elle reçoit à Dallas un « Oscar de la mode ». Marilyn Monroe contribue à cette consécration en affirmant qu'elle ne porte, la nuit, que « quelques gouttes de N° 5 »[42].

À partir de 1954, la création de bijoux est confiée à Robert Goossens. Parallèlement, de nouveaux parfums sont créés sous l’impulsion d’Henri Robert, nouveau « nez » de la maison, qui lance Pour Monsieur (1955), N° 19 (1970) et Cristalle (1974).

Chanel reçoit ses connaissances et clients dans l'appartement de deux pièces situé au deuxième étage de sa maison de couture, mais réside dans une suite de l'hôtel Ritz, situé à côté de la maison Chanel.

Les années soixante voient apparaître la mode de la minijupe, popularisée par Mary Quant et André Courrèges, mais Chanel s'y opposera et ne relèvera pas la jupe au-dessus du genou, car elle pense que les genoux sont laids. Elle ne touchera pas à son classique tailleur avec des jupes sous le genou, et restera insensible à la mode de l'époque et aux influences anglo-saxonnes véhiculées par la musique pop.

Les défilés de haute couture se déroulent dans les salons du 1er étage du 31, rue Cambon, où Chanel les suit assise sur les marches de l'escalier qui mène à l'étage supérieur, d'où elle observe les réactions de ses clientes par le biais des miroirs qui tapissent les parois de l'escalier.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Avec les événements de mai 1968, la vague hippie change la donne de la mode. Chanel affirmait que les modes n’étaient bonnes que lorsqu’elles descendaient dans la rue, et pas quand elles en venaient. Chanel devient tyrannique, s’enferme dans son monde fait d’essayages, de défilés, de mannequins et de courtisanes. Edmonde Charles-Roux écrit : « Jamais Chanel n'aima avouer que son art de vivre était fait de recettes empruntées à Sert. La violence qu'elle apportait à le nier la dénonçait. À 80 ans passés, l'âge où sa rage d'imposture s'était développée jusqu'au délire. »[43]. Sèche et acariâtre, elle est très seule, accompagnée dans ses dernières années parfois par Jacques Chazot et surtout par sa confidente de longue date, Lilou Marquand. Elle déteste la jeunesse en minijupe ou en blue-jean, crache sur le féminisme[44]. Elle souffre de blessures intimes jamais cicatrisées que masque mal sa réputation de « femme de fer » ne montrant pas son désespoir. Aimée de Heeren était une amie fidèle, avec laquelle elle partageait de bons souvenirs du duc Hugh Grosvenor[45].

Le 10 janvier 1971, à l'âge de 87 ans, elle meurt de vieillesse dans sa suite de l'hôtel Ritz à Paris. Elle est enterrée au cimetière du Bois-de-Vaux, section 9, à Lausanne en Suisse, dans une tombe qu'elle a elle-même dessinée[46], réalisée par Jacques Labrunie, mari de sa petite-nièce Gabrielle Palasse-Labrunie, sa seule descendante directe. Dans son testament rédigé le 11 octobre 1965, Chanel lègue sa fortune (estimée par la presse à 10 millions de dollars, soit 40 millions d'euros) à la fondation Coga (initiales de Coco et Gabrielle) administrée par Gabrielle Palasse-Labrunie et des avocats suisses, chargée de verser des rentes à ses proches, ses employés ou des artistes[33].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • C'est Coco Chanel qui lança la mode des peaux bronzées, après un bronzage accidentel lors de ses vacances en mer du Nord, alors qu'avant les peaux claires étaient à la mode. À la fin de sa vie, elle reviendra sur cette mode en insistant sur l'aspect dangereux de trop fortes expositions au soleil.
  • Ses intimes la surnommaient « Mademoiselle ».
  • De 1955 à sa mort, elle se rendait à son travail presque quotidiennement vêtue d'un imperméable attaché à la taille qu'elle nommait « caoutchouc ».
  • Elle fait partie des cent personnalités les plus marquantes du XXe siècle, selon un classement du magazine Time réalisé en 1999.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Si vous êtes née sans ailes, ne faites rien pour les empêcher de pousser. »
  • « C'est la solitude qui m'a trempé le caractère, que j'ai mauvais, bronzé l'âme, que j'ai fière, et le corps, que j'ai solide. »
  • « C'est avec ce qui ne s'apprend pas qu'on réussit. »

(propos que lui prête P.Morand dans "L'allure de Chanel", 1976)

  • « Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe mais si elle est impeccablement vêtue, c'est elle que l'on remarque »
  • « Je ne fais pas la mode, je suis la mode. »
  • « J’ai rendu au corps des femmes sa liberté ; ce corps suait dans des habits de parade, sous les dentelles, les corsets, les dessous, le rembourrage. »[47]
  • « Quand on me demande mon âge, je réponds : Après 50 ans, ça dépend des jours. »[47]
  • « La mode passe, le style reste. »
  • « Chanel est d'abord un style. La mode se démode. Le style, jamais. »
  • « Avec les accessoires, le plus important c’est de toujours enlever le dernier que l’on a ajouté. »
  • « Une femme sans parfum est une femme sans avenir. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans la boutique Chanel, 31 rue Cambon, un escalier Art déco (escalier célèbre tapissé de centaine de miroirs et aux marches en moquette couleur beige-sable, gansées de cuir blanc[48]) mène à son appartement trois-pièces situé au second étage. Ce lieu se visite si l'on est bonne cliente ou journaliste. Resté tel qu’elle l’avait décoré, il est marqué par son opulence (huit paravents de Coromandel (en) sur pieds ou cloués au mur, tentures de soie recouvertes d'or, sofa en suède aux coussins matelassés et surpiqués préfigurant peut-être le sac 2.55 de Chanel, chaise de nourrice sur laquelle elle travailla toute sa vie, lustres aux pampilles en cristal de roche, quartz et améthyste, nombreux bibelots)[49].

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Comédie musicale[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Coco Chanel », sur larousse.fr, Éditions Larousse,‎ 25 juin 2009 (consulté le 4 avril 2013) : « Née en 1883, Gabrielle Bonheur Chasnel crée son premier salon de modiste rue Cambon à Paris en 1910, sous le nom de Coco Chanel. »
  2. (de) « Die lebenslange Mademoiselle », sur sueddeutsche.de, Süddeutsche Zeitung,‎ 17 mai 2010 (consulté le 4 avril 2013) : « "Chasnel" schrieb ein nachlässiger Standesbeamter im französischen Saumur vor 125 Jahren in die Geburtsurkunde von Gabrielle Chanel »
  3. Le spectacle du monde, no 555, 9 avril 2009
  4. Coco Chanel donnera plusieurs versions de son enfance, notamment qu'elle est née le 5 août 1883 (le 5 étant son chiffre fétiche) et que, sa mère, trop fatiguée par l'accouchement, dut payer trois employés de l'hospice pour déclarer sa naissance à la mairie de Saumur, sous le nom de Gabrielle Bonheur Chanel.
  5. Philippe Pierre, Chanel : La vie comme un roman, Sodaperaga, 2003 (lire la présentation)
  6. a et b Caroline Constant, « Coco Chanel », dans L'Humanité [lire en ligne]
  7. Pierre Galante, Philippe Orsini, Les années Chanel, Mercure de France,‎ 1972, p. 24
  8. (en) Isabella Alston, Coco Chanel, TAJ Books International,‎ 2014, p. 12
  9. Isabella Alston, op. cit., p. 6
  10. Pierre Galante, op. cit., p. 19
  11. Coco Chanel – "Un parfum de solitude et de réussite" - Le Portail des Antiquaires
  12. Martine Marcowith, « Chanel », dans Weekend, lire en ligne
  13. Claude Delay, Chanel solitaire, Gallimard,‎ 1983, p. 34
  14. Sandro Cassati, Coco Chanel pour l'amour des femmes, City Edition,‎ 2009, p. 24
  15. Documentaire Passion patrimoine : du Lot-et-Garonne à la Corrèze de Marie Maurice et Franck Dhelens, émission Des racines et des ailes, reportage sur l'abbaye d'Aubazine, 13 avril 2011
  16. Une légende veut qu'elle ait découvert ces lettres, lors d’un séjour dans les années 1920 au Château de Crémat (C C) de son amie Irène Bretz, une riche américaine.
  17. (en) Amy De La Haye, Shelley Tobin, Chanel, the couturiere at workl, Overlook Press,‎ 1995, p. 7
  18. Colombe Pringle, « N° 4 - Coco Chanel : La double vie de la Grande Mademoiselle », sur L'Express,‎ 23 juillet 1998
  19. Pantalon d'équitation importé des Indes par les officiers anglais, ajusté du genou à la cheville et qui se porte sans bottes. Empr. à l'anglais jodhpurs « id. », abréviation de Jodhpur breeches « pantalon de Jodhpur » (nom d'une ville de l'État du Rajasthan, dans le nord-ouest de l'Inde). Cf. angl. Jodhpur riding-breeches. Source : http://atilf.atilf.fr.
  20. Elisabeth Weissman, Coco Chanel, Éditions de la Loupe,‎ 2007, p. 31
  21. Laurence Benaïm, Azzedine Alaïa, le Prince des lignes, Paris, Grasset, coll. « Documents Français »,‎ octobre 2013, 160 p. (ISBN 978-2-246-81055-1, présentation en ligne), p. 27

    « Après Poiret, Chanel a offert la liberté aux femmes, […] »

  22. Elisabeth Weissman, op. cit., p. 44
  23. Claude Delay, Chanel solitaire, Gallimard,‎ 1983, p. 61
  24. Elisabeth Weissman, op. cit., p. 54
  25. Jean Jacques Lévêque, Les années folles, 1918-1939, ACR Éditions,‎ 1992, p. 194
  26. Voir l'historique et les photographies de La Pausa.
  27. The Wendy and Emery Reves Collection, Harry S. Parker III, 1985.
  28. The Wendy and Emery Reeves Collection, Richard R. Bretell, 1995.
  29. http://visites.aquitaine.fr/coco-chanel
  30. Hal Vaughan, Dans le lit de l'ennemi. Coco Chanel sous l'Occupation, Albin Michel,‎ 2012, p. 47
  31. Derrière l'empire Chanel... 2 - Les années de guerre, Bruno Abescat et Yves Stavridès, Lexpress.fr, publié le 11/07/2005 et Lettre du 8 mai 1941 de Gabrielle Chanel aux autorités de Vichy, L'Express, 11 juillet 2005, page 85
  32. a et b « Chanel: un parfum d'espionnage », sur L'Express,‎ 16 mars 1995
  33. a et b Hal Vaughan, Dans le lit de l'ennemi. Coco Chanel sous l'Occupation, Albin Michel,‎ 2012, 374 p.
  34. (en) Hal Vaughan, Sleeping with the Enemy : Coco Chanel's Secret War (« Coucher avec l’ennemi : la guerre secrète de Coco Chanel »), Knopf,‎ 16 août 2011, 304 p. (ISBN 0-3075-9263-4)
  35. L'ombre d'un doute : les artistes sous l'Occupation, France 3, le 1er décembre 2014
  36. (en) Hal Vaughan, Sleeping With the Enemy. Coco Chanel, Nazi Agent, Random House,‎ 2011, p. 19
  37. (en) Hal Vaughan, Sleeping with the Enemy : Coco Chanel's Secret War, Knopf,‎ 16 août 2011, 304 p. (ISBN 0-3075-9263-4), p. 174-175
  38. Paris Match, du 22 au 28 septembre 2011, page 107.
  39. « Coco Chanel, espionne nazie ? Le groupe admet « une part de mystère » », sur Challenges.fr,‎ 16 août 2011
  40. Judith Perrignon, « Coco Chanel, possédée par sa légende », sur Le Monde,‎ 27 août 2012
  41. (en) Hal Vaughan, Sleeping with the Enemy : Coco Chanel's Secret War, Knopf,‎ 16 août 2011, 304 p. (ISBN 0-3075-9263-4), p. 187
  42. Journal des femmes.
  43. Edmonde Charles-Roux (op.cit., p. 222)
  44. Dans une interview donnée à Jacques Chazot pour l'émission Dim, Dam, Dom en 1969, elle déclare : « Les femmes qui portent la culotte, ça me dégoûte ! Je crois à leur faiblesse, pas à leur force. Elles ne sont pas heureuses dans une époque comme celle-ci parce qu'on ne les aime pas. Et une femme qui n'est pas aimée est une femme nulle ! ». Source : Judith Perrignon, « Coco Chanel, possédée par sa légende », sur Le Monde,‎ 27 août 2012
  45. [1] Souvenirs de promenades d'Aimée de Heeren avec Coco Chanel
  46. Stèle de marbre blanc ornée de cinq têtes de lion (correspondant à son signe astral), son chiffre et son animal fétiches. Source : Yelmarc Roulet, « La période blanche de Mademoiselle Chanel », sur Le Temps,‎ 17 juillet 2012
  47. a et b Sylviane Degunst. Coco Chanel : Citations. Paris : Éditions du Huitième Jour, 2008 (ISBN 978-2-9141-1982-5)
  48. À la demande de Coco Chanel, cette bordure de cuir devait être chaque jour cirée au blanc d’Espagne pour être parfaitement immaculée
  49. L'appartement de Coco Chanel : l'entrée baroque, le salon, la salle à manger, le bureau

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Article[modifier | modifier le code]

  • « Coco déjà », Vogue Décoration, no 8,‎ décembre 1986, p. 130 à 135 et 222 reprod. une photo de Gabrielle Chanel dans le jardin de l'hôtel Pillet-Will avec son chien danois arlequin Soleil, et trois vues inédites des salons par la maison Jansen