Georges Méliès

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le réalisateur français. Pour la salle de cinéma à Montreuil, voir Georges Méliès (salle de cinéma).

Georges Méliès

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Georges Méliès dans les années 1890.

Nom de naissance Marie Georges Jean Méliès
Naissance 8 décembre 1861
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès 21 janvier 1938 (à 76 ans)
Orly, France
Profession Réalisateur
Films notables L'Affaire Dreyfus,
L'Homme orchestre,
Le Voyage dans la Lune
Vingt Mille Lieues sous les mers

Georges Méliès, né Marie Georges Jean Méliès le 8 décembre 1861 et mort le 21 janvier 1938, est un réalisateur de films français. Il est considéré comme l'un des principaux créateurs des premiers trucages du cinéma (arrêt de caméra, surimpression, fondus, grossissements et rapetissements de personnages). Il a fait construire le premier studio de cinéma créé en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Georges Méliès est né à Paris au no 29 boulevard Saint-Martin, dans le 3e arrondissement (acte de naissance no 2517 du 08/12/1861), dans une famille de fabricants de chaussures de luxe. Il fait ses études au lycée Michelet de Vanves, puis au lycée Louis-le-Grand en compagnie de Maurice Donnay. En 1881, il fait son service militaire à Blois, la patrie du prestidigitateur Robert-Houdin[1]. Certains auteurs parlent de ses visites à Saint-Gervais-la-Forêt près de Blois, dans la propriété « Le Prieuré » de Robert-Houdin, sans que ces visites soient attestées[2]. Alors qu’il veut devenir peintre, il travaille un temps dans l'entreprise de son père Jean Louis Stanisla Méliès (il y apprend notamment le métier de mécanicien qui lui est très utile ensuite dans sa carrière), qui l'envoie à Londres en Angleterre en 1883 pour y perfectionner son anglais chez un de ses amis, propriétaire d'un grand magasin londonien de confection : il y est vendeur au rayon des fournitures pour corsets et en profite pour y apprendre la prestidigitation, notamment à l’Egyptian Hall dirigé par John Nevil Maskelyne, où se produit le célèbre illusionniste David Devant qui l'initie à son art, Méliès lui réalisant des décors en échange.

Débuts dans la prestidigitation[modifier | modifier le code]

De retour à Paris en 1885, il épouse Eugénie Genin (pianiste accomplie d'origine hollandaise, amie de la famille de sa mère qui lui apporte une belle dot)[3], présente quelques numéros de magie dans des brasseries, à la galerie Vivienne et au cabinet fantastique du musée Grévin tout en étant journaliste et caricaturiste, sous le pseudonyme « Géo Smile », dans le journal satirique et antiboulangiste La Griffe, dont son cousin Adolphe Méliès est le rédacteur en chef. Puis, il vend ses parts dans l'entreprise familiale à un de ses frères pour 500 000 francs afin de racheter en 1888 au 8, boulevard des Italiens le théâtre Robert-Houdin à la veuve d'Émile Robert-Houdin (pour 47 000 francs il récupère notamment le matériel des Soirées Fantastiques, dont une dizaine d'automates construits par Robert-Houdin), dont il devient le directeur. Il y monte des spectacles de prestidigitation et de « grandes illusions » qu'il présente avec ses magiciens dont Duperrey, Raynaly, Harmington, Jacobs, Okita, Henry's, Arnould, Carmelli, Foletto, Albany (Coussinet), D'Alvarès, Legris, Maurier et ses opérateurs de scène Marius et Jeanne d'Alcy. Ces spectacles se clôturant par des projections de photographies peintes sur verre connaissent rapidement le succès grâce à l'inventivité, la poésie et le sens de l'esthétique de Méliès, notamment la collection d'automates raffinés aux gestes plus vrais que nature. En 1891, il crée l'Académie de Prestidigitation, qui se transforme en 1893 en Syndicat des Illusionnistes de France et en 1904 en Chambre syndicale de la prestidigitation, afin de légitimer la présence des magiciens ambulants assimilés à des romanichels par la police. Il en fut le président pendant une trentaine d'années.

Découverte du cinéma[modifier | modifier le code]

Invité à une répétition privée de la première projection publique du Cinématographe des frères Lumière la veille du 28 décembre 1895, au Salon indien du Grand Café de l'hôtel Scribe[4], 14 boulevard des Capucines à Paris, Georges Méliès comprend tout de suite ce qu'il peut faire avec une telle machine et propose d'acheter les brevets des frères Lumière. Leur père, Antoine Lumière, ou l'un des frères, selon les versions et des souvenirs lointains recueillis le plus souvent auprès de vieillards, l'un des trois en tout cas tente de l'en dissuader : « Remerciez-moi, je vous évite la ruine, car cet appareil, simple curiosité scientifique, n'a aucun avenir commercial ! ». Cet avis pessimiste sur l'avenir du cinéma est néanmoins corroboré par les souvenirs plus proches de l'un des opérateurs Lumière, Félix Mesguich, qui raconte comment Louis Lumière lui présenta son embauche en 1896 « Je ne vous offre pas un emploi d’avenir, mais plutôt un travail de forain. Ça durera un an ou deux, peut-être plus, peut-être moins. Le cinéma n’a aucun avenir commercial[5] ».

En repoussant l'offre de Georges Méliès, les frères Lumière voulaient-ils simplement écarter un concurrent potentiel ? Pour leur part, ils vont envoyer des opérateurs dans toutes les parties du monde pour rapporter des images dans leurs salles. Mais Georges Méliès est têtu : il achète le procédé de l'Isolatograph des Frères Isola et le projecteur Theatograph commercialisé à Londres par son ami, l'opticien et premier réalisateur de films anglais Robert William Paul. Il fonde sa propre société de production, la Star Film - sans imaginer l'impact universel que ces mots allaient provoquer - et, dès le 5 avril 1896, il projette dans son théâtre des films inspirés - et même copiés, c'est la coutume à l'époque ! - par les films des frères Lumière (scènes de villes et de champs)[6].

Films de fiction[modifier | modifier le code]

Le premier studio de cinéma en France.

Afin de renouveler l'intérêt de son public, Méliès a l'idée de tourner non plus des scènes de la vie quotidienne, mais de courtes fictions, ainsi que les frères Lumière l'ont déjà fait avec leur Arroseur arrosé. Un incident de prise de vues lui en aurait fourni une idée nouvelle : alors qu'il filmait un omnibus, la manivelle de sa machine se serait bloquée, le temps de réussir à la faire redémarrer, quelques instants se seraient écoulés. Méliès aurait visionné le résultat : l'omnibus s'était transformé subitement en corbillard. Anecdote véritable, ou belle histoire enjolivée d'un spécialiste du récit merveilleux ? Une chose est certaine, Georges Méliès décide alors d'exploiter le « cinéma dans sa voie théâtrale spectaculaire », et de faire de ce trucage, l'arrêt de caméra, son fonds de commerce, bientôt imité par beaucoup de cinéastes européens et américains. Sa première utilisation de ce procédé s'intitule Escamotage d'une dame au théâtre Robert Houdin, et date de 1896.

En 1897, il crée dans sa propriété de Montreuil le premier studio de cinéma en France, un studio de 17 mètres sur 66, sa toiture vitrée à 6 mètres du sol dominant la scène, la fosse et la machinerie théâtrale[7]. Il y filme ses acteurs (amateurs recrutés dans la rue, artistes de music-hall, danseuses du Châtelet et souvent des proches ou lui-même) devant des décors peints, inspirés par les spectacles de magie de son théâtre, ce qui lui vaut le surnom de « mage de Montreuil ». Il filme également, faute de pouvoir être sur place, des "actualités reconstituées" en studio (son chef-d'œuvre étant Le Couronnement (ou sacre) du roi Édouard VII présenté à la cour du Royaume-Uni en 1902). Il développe aussi un atelier de coloriage manuel de ses films, procédé largement inspiré de ce qui se fait déjà pour la colorisation de photos en noir et blanc. Il se fait ainsi tour à tour producteur, réalisateur, scénariste, décorateur, machiniste et acteur.

Problèmes de contrefaçons[modifier | modifier le code]

De 1896 à 1914, Georges Méliès réalise près de six cents « voyages à travers l'impossible »[8], autant de petits films enchanteurs, mystérieux, naïfs, à la beauté poétique, aujourd'hui parfois surannée. Films d'une durée de une à quelques minutes, projetés dans des foires et vus comme une simple évolution de la lanterne magique. Son premier film important, l'Affaire Dreyfus (1899), est une reconstitution de 10 minutes qui témoigne de son intérêt pour le réalisme politique. Son Voyage dans la Lune (1902), chef-d'œuvre d'illusions photographiques et d'innovations techniques, d'une longueur exceptionnelle de 16 minutes, remporte un franc succès au point d'être recherché pour une diffusion aux États-Unis. L'historien américain Charles Musser affirme : « Le cinéaste majeur des toutes premières années du nouveau siècle (ndlr : XXe siècle) est sans conteste le Parisien Georges Méliès, dont les films ont tous été piratés par les plus grandes sociétés de production américaines[9] ». L'installation de son frère Gaston à New York dès 1903, ouvrant une succursale de la Star Film, destinée à organiser et contrôler la diffusion, fait apparaître que le piratage, non seulement des films de Méliès, mais aussi de ceux de ses amis anglais, est généralisé à tous les niveaux. Toujours selon Musser, la Biograph Company, l'une des plus puissantes sociétés de production de New York, a acheté et payé à Méliès tout un lot de copies de la Star Film, mais elle en a aussitôt tiré des duplicatas hors contrat, qu'elle a revendus à son profit. L'Edison Manufacturing Company, elle, a acheté des copies dont elle a négligé de contrôler l'origine, mais qui s'avèrent être toutes des copies piratées. Gaston fait paraître un avis dans la presse américaine, un texte signé Georges Méliès : « Nous sommes prêts et déterminés à poursuivre énergiquement tout contrefacteur ou pirate. Nous ne préviendrons pas, nous agirons sans délai[9] ».

Mais de son côte, Edison, depuis déjà plusieurs années, mène des actions judiciaires contre les encore plus nombreux contrefacteurs à la fois de ses propres films, et de ses inventions. Son appareil de visionnement, le Kinétoscope, a été piraté dans le monde entier, Edison n'ayant breveté l'appareil que sur le territoire américain, ce qu'il se reprochera amèrement plus tard[10]. En revanche, il a protégé par des brevets internationaux le type de perforations rectangulaires, à raison de deux jeux de quatre perforations (sprockets en anglais) par photogramme, qui constituent le film 35 mm tel que nous le connaissons encore aujourd'hui. L'historien français Georges Sadoul note que « Edison fit accomplir au cinéma une étape décisive en créant le film moderne de 35 mm, à quatre paires de perforations par image[11]. » Les frères Lumière, en industriels avisés, pour éviter la contrefaçon, ont doté leur pellicule d'une seule paire de perforations rondes par photogramme, configuration totalement différente de la pellicule Edison, ainsi que l'on peut le constater sur le site de l'Institut Lumière[12].

Or, Georges Méliès, lui, n'est pas un commercial, selon son aveu même : « En ce qui me concerne, ne croyez pas que je me considère rabaissé en m'entendant traité dédaigneusement d'artiste, car si vous, commerçants (et rien d'autres, donc incapables de produire des vues de composition), vous n'aviez pas des artistes pour les faire, je me demande ce que vous pourriez vendre[13] », il commet l'imprudence de perforer ses films selon le standard Edison, car les films piratés de l'Edison Manufacturing Company, qui accompagnent le piratage des kinétoscope en Europe, sont bien entendu piratés selon ce standard, et Méliès tient à ce que ses propres films puissent être vus sur les kinétoscope de contrebande. Ce faisant, il commet une contrefaçon délictueuse[14]. Son bureau de New York l'ayant mis à portée d'Edison, celui-ci comprend qu'il peut maintenant récupérer son préjudice financier global sur le seul Européen facile à poursuivre : Georges Méliès et sa filiale américaine. Commence alors une interminable suite de procès, qu'Edison mène aussi contre un nouvel arrivant français : Pathé, et des producteurs américains. Les adversaires d'Edison préfèrent alors passer un accord avec lui, qui met fin aux poursuites en stipulant que les copies contrefaites seront exploitées par Edison en compensation de son préjudice financier[15]. C'est ainsi qu'Edison obtient l'exploitation de plusieurs centaines de copies du Voyage dans la lune, un manque à gagner important pour la Star Film.

Problèmes financiers et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Georges Méliès ne parvient cependant pas à rivaliser avec les sociétés à production élevée, ce qui lui fait dire avec amertume : « Laissons les profits au capitaliste acheteur et marchand soit, mais laissons au réalisateur sa gloire, ce n'est pas trop demander, en bonne justice ». En 1911, Pathé devient le distributeur exclusif de la « Star Film » et prend progressivement le contrôle éditorial sur les films. Voici comment sa petite fille, Madeleine Malthête-Méliès, relate en 1961 cette période : « Méliès cessa toute activité cinématographique en 1913. C'est en mai de cette même année qu'il perdit sa femme et resta seul avec ses deux enfants, Georgette, née en 1888, dont je suis la fille, et André, né en 1901. Il ne pouvait disposer de ses fonds comme il le voulait à cause de son fils mineur dans la succession. Il se trouvait donc dans une situation financière extrêmement embrouillée lorsque la guerre de 1914 éclata. Le théâtre Robert-Houdin qui était devenu un cinéma avec séance de prestidigitation le dimanche seulement fut fermé dès le début des hostilités par ordre de la police ».

De 1915 à 1923, Méliès monte, avec l'aide de sa famille, de nombreux spectacles dans l'un de ses deux studios cinématographiques transformé pour l'occasion en théâtre. En 1923, poursuivi par un créancier, il doit revendre à Pathé sa propriété transformée en cabaret d'opérette et quitter Montreuil. « Toutes les caisses contenant les films furent vendues à des marchands forains et disparurent. Méliès lui-même, dans un moment de colère, brûla son stock de Montreuil » selon Madeleine Malthête-Méliès. Ses films sont alors en majorité détruits (notamment fondus pour en extraire l’argent) ou vendus (récupérés au poids et transformés en celluloïd pour les talonnettes de chaussures destinées aux Poilus).

Paradoxalement, et c'est là une ironie de l'histoire qui aurait beaucoup plu au réalisateur du Voyage dans la lune, ce sont les copies piratées ou confisquées de ses films, retrouvées plus tard quand enfin les chercheurs se sont intéressés à l'histoire du cinéma, qui ont permis de sauver la plus grande partie de l'œuvre du maître.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Tombe de Georges Méliès (cimetière du Père Lachaise), buste réalisé par Renato Carvillani

En 1925, Méliès retrouve une de ses principales actrices, Jeanne d'Alcy (de son vrai nom Charlotte Faës, dite Fanny). Elle tient, dans la gare Montparnasse, une boutique de jouets et de sucreries. Ils se marient et s'occupent ensemble de la boutique. C'est là qu'il est retrouvé en 1929 par Léon Druhot, rédacteur en chef de Ciné-Journal (revue de cinéma abandonnée en 1938), qui le fait sortir de l'oubli. Les surréalistes découvrent alors son œuvre. Claude Autant-Lara, dans ses mémoires, La Rage dans le cœur (1984), décrit Méliès quand il était devenu simple vendeur de bonbons. Cette partie de sa vie a d'ailleurs inspiré le livre L'Invention de Hugo Cabret, écrit par Brian Selznick, devenu depuis un film éponyme, réalisé par Martin Scorsese et sorti en 2011. En 1932, il est placé au château d'Orly, maison de retraite de la Mutuelle du cinéma[16], il y termine sa vie en compagnie de son épouse.

Il meurt d'un cancer le 21 janvier 1938, à l’hôpital Léopold Bellan à Paris. Il repose au Père-Lachaise à Paris, 64e division[17].

L'après-Méliès[modifier | modifier le code]

Principales inventions et techniques utilisées[modifier | modifier le code]

  • Georges Méliès importe de la photographie des techniques qui deviennent les premiers effets spéciaux du cinéma :
    • surimpression : on rembobine la pellicule et on impressionne de nouvelles images sur les premières.
    • fondus enchaînés : on bouche progressivement l'objectif avec une soie ou un feutre noirs, on rembobine sur quelques dizaines de photogrammes, on redémarre la caméra dont l'objectif est obturé par la soie, on enlève progressivement la soie, débouchant ainsi l'objectif ; les prises de vues se succèdent après un bref mélange des deux.
  • Georges Méliès importe un trucage mis au point par deux cinéastes de l'équipe de Thomas Edison (pour "décapiter" la reine Marie Stuart dans L'Exécution de Mary, reine des Écossais, réalisé en 1895), qu'il systématise et porte à une complexité inégalée à l'époque :
    • l'arrêt de caméra, qui permet de modifier comme par miracle un objet ou un personnage, ou le faire apparaître ou disparaître comme par enchantement : on arrête la caméra, on change la position des objets ou des acteurs, on reprend la prise de vues; après développement, on coupe les photogrammes surexposés qui révèlent l'arrêt et le redémarrage de la caméra, et on soude avec de l'acétone.
  • Georges Méliès met son talent de dessinateur au service des décors de ses films, qu'il peint lui-même, et notamment en exécutant d'habiles "trompe-l’œil", donnant l'illusion de la réalité sur 3 dimensions à des surfaces peintes à plat.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

À la charnière du théâtre et du cinéma, l'importance capitale de Georges Méliès dans le cinéma en tant que divertissement populaire, est reconnue aujourd'hui dans le monde entier.

  • D. W. Griffith dit de Méliès : « Je lui dois tout. » et Charles Chaplin rajoutera « C'était l'alchimiste de la lumière. »
  • Georges Méliès est décoré par Louis Lumière de la Légion d'honneur en 1931.
  • Depuis 1946, le prix Méliès couronne chaque année le meilleur film français ou de coproduction française.
  • Le 13 mars 1961, la Poste française émet un timbre d'une valeur de 50 centimes à l'effigie de Georges Méliès. Il fut retiré de la vente le 14 octobre 1961 après avoir été tiré à 5 270 000 exemplaires[18].
  • Le documentaire américain Georges Méliès, cinema magician, de Luciano Martinengo et Patrick Montgomery, 21 minutes, rend hommage au cinéaste en 1978.
  • Les recherches de Serge Bromberg aboutissent en 2010 à l'édition d'un coffret de DVD avec 200 films restaurés de Georges Méliès.
  • Le documentaire Le voyage extraordinaire de Serge Bromberg et Éric Lange rétablit en 2011 une copie en couleur du Voyage dans la Lune.
  • Le film Hugo Cabret de Martin Scorsese, adapté du livre de Brian Selznick, L'Invention de Hugo Cabret, est une adaptation libre de la vie de Georges Méliès (incarné par Ben Kingsley).
  • 1995 : Queen se sert des scènes De la Terre à la Lune pour le vidéo-clip de Heaven for everyone.
  • Le clip des Smashing Pumpkins : Tonight, Tonight lui rend hommage, on y voit notamment un navire appelé le SS Méliès.
  • Georges Méliès apparaît comme protagoniste dans le roman La Mécanique du cœur de Mathias Malzieu en incarnant une figure de mentor par rapport au personnage principal, Jack.
  • La promotion 2005 des conservateurs du patrimoine de l'Institut national du patrimoine porte son nom.

Reconstitution de l'œuvre de Méliès[modifier | modifier le code]

  • Henri Langlois, créateur de la Cinémathèque française, a contribué à la postérité du cinéaste en sauvant, peu avant sa mort, une partie de ses films (aussi bien issus de sauvegardes effectuées directement à partir des négatifs d’origine que, pour l'essentiel de son œuvre, de copies illégales), dont il a supervisé la restauration.
  • La petite-fille de Georges Méliès, Madeleine Malthête-Méliès, devient à 20 ans la secrétaire d'Henri Langlois dans la toute nouvelle Cinémathèque française. Celui-ci « l'incite à rechercher ses films dont il ne restait rien : seulement huit sur plus de 500 »[19]. Madame Malthête-Méliès voyage alors sur tous les continents pour leur recherche et leur identification. Elle rédige une biographie de son grand-père : Georges Méliès, l'enchanteur, parue en 1973 et enrichie en 2011[20].
  • L'association Les Amis de Méliès, fondée en 1961, réalise L'année Méliès en 2011. Un coffret de DVD contenant la quasi-totalité des films retrouvés est distribué par Lobster Films et édité sous le titre Georges Méliès, le premier magicien du cinéma.
  • Sauvetage du Voyage dans la Lune : tourné en 1902, Le Voyage dans la Lune est proposé en noir et blanc mais aussi en couleur (peint à la main, image par image). Cette version coloriée fait le tour du monde, puis sera longtemps considérée comme perdue. Une copie est retrouvée en 1993 à Barcelone, en très mauvais état[21]. À partir de 1999, Lobster Films commence des travaux extrêmement délicats pour décoller et numériser les images. La restauration du film est soutenue par la Fondation Groupama Gan pour le Cinéma et la Fondation Technicolor pour le Patrimoine du Cinéma en collaboration avec Lobster Films. Les images manquantes (perdues ou trop dégradées), sont reprises de la meilleure version noir et blanc du film, prêtée par Madeleine Malthète-Méliès puis recoloriées. Une restauration est engagée qui permet au public de redécouvrir cette œuvre importante du cinéma mondial[21]. Un siècle après la réalisation du film, les outils numériques actuels sont utilisés pour réassembler les fragments de 13 375 images du film et de les restaurer une par une[21], ces nouveaux outils soulevant de nouvelles questions quant à la restauration des films[22]

Le 30 mai 2002, des films de Méliès, dont le Voyage dans la Lune, ont été présentés lors de la soirée de lancement de la « Liste des œuvres représentatives du cinéma mondial » par l’Unesco[23]. Contrairement à une confusion parfois rencontrée[24], le Voyage dans la Lune n'est pas classé au patrimoine mondial de l'Unesco[25].

Le groupe musical français Air (Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin) compose une bande originale pour ce film en 2011[24].

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Filmographie de Georges Méliès.

On estime qu'en dix-sept ans d'activité Georges Méliès a réalisé près de 600 courts métrages de 1 à 40 minutes, en privilégiant trois genres : la féerie, la science-fiction et la reconstitution historique. Il est à noter que selon la législation en vigueur concernant les droits d'auteur, l'ensemble des réalisations de George Méliès est passée dans le domaine public au 1er janvier 2009, l'année suivant le soixante-dixième anniversaire de sa mort[26].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Méliès (1861 - 1938) - Le fondateur du 7e Art
  2. Georges Méliès sur Magiczoom
  3. Georges Méliès
  4. Salon indien du Grand Café de l'hôtel Scribe, la date est précisée dans l'interview de Louis Lumière par le journaliste André Robert dans Le Petit Parisien, Paris, 14 et 15 août 1943.
  5. Félix Mesguich, Tours de manivelle, mémoires d'un chasseur d'images, Bernard Grasset, Paris, 1933|Amazon Standard Identification Number ASIN B0000DY4JG
  6. L. Mannoni, L'art trompeur - De la lanterne magique au cinématographe, trois siècles de cinéma, Réunion des musées nationaux, 1995, p. 251
  7. Georges Méliès sur Larousse.fr
  8. Les emprunts de Méliès à Jules Verne sont détaillés par Angélique Mottet, dans Revue Jules Verne 33/34, Méliès et Verne, une histoire de filiations…, Centre international Jules Verne 2011, p. 67-83.
  9. a et b (en) Charles Musser, History of the American Cinema, Volume 1, The Emergence of Cinema, The American Screen to 1907, page 364, Charles Scribner’s Sons, New York, Collier Macmillan Canada, Toronto, Maxwell Macmillan International, New York, Oxford, Singapore, Sydney, 1990 (ISBN 0-684-18413-3)
  10. Thomas Alva Edison, Mémoires et observations, traduction Max Roth, éditions Flammarion, Paris, 1949
  11. Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours, page 11, Flammarion, Paris, 1968
  12. institut-lumiere.org|Patrimoine Lumière|Le Cinématographe
  13. Georges Méliès, dans le livret d'accompagnement des DVD contenant 30 de ses films, distribution Fechner Productions et Studio Canal, 2007
  14. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, page 36, Nouveau Monde éditions, Paris, 2010 (ISBN 978-2-84736-458-3), 588 pages
  15. (en) Charles Musser, History of the American Cinema, Volume 1, The Emergence of Cinema, The American Screen to 1907, page 402, op. cité
  16. La Mutuelle du cinéma fut fondée en 1921 par Léon Brézillon, Président du syndicat français des exploitants du cinématographe
  17. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 543
  18. http://www.phil-ouest.com/Timbre.php?Nom_timbre=Melies_1961
  19. C. Renou-Nativel, dans le quotidien La Croix, 13 juin 2012 p. 28
  20. Nouvelle version parue aux Éditions La Tour verte
  21. a, b et c Dernières restaurations : Le Voyage dans la Lune (version couleur) - Fondation Groupama Gan pour le Cinéma
  22. Roland Cosandey & Jacques Malthête, « Le Voyage dans la Lune (Lobster Films / Georges Méliès, 2011) : Ce que restaurer veut dire », Journal of Film Preservation, no 87,‎ octobre 2012, p. 7-9 (ISSN 1609-2694, lire en ligne)
  23. « 'UNESCO lance une initiative en faveur des cinémas du monde », sur UNESCO,‎ 26 mai 2002 (consulté le 30 décembre 2012)
  24. a et b « Voyage dans la Lune : deuxième tour », sur Festival de Cannes,‎ 16 mai 2011 (consulté le 30 décembre 2012)
  25. Liste du patrimoine mondial
  26. Vianney Aubert, « Le patrimoine du cinéma se découvre sur Internet », Le Figaro du 14 août 2008
  27. Madeleine Malthête-Méliès est la petite-fille de Georges Méliès
  28. réédition de Paris : Hachette, Littérature, [1973][1983][1995]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]