Zazie dans le métro

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Zazie (homonymie).
Zazie dans le métro
Auteur Raymond Queneau
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de France France
Éditeur Gallimard
Date de parution 1959

Zazie dans le métro est un roman de Raymond Queneau, paru en 1959. Parodie burlesque de multiples formes romanesques (roman d'apprentissage, épopée de l'Odyssée d'Homère), il se sert du néo-français à des fins comiques[1]. Premier succès populaire de Queneau, il met en scène une galerie de personnages pittoresques mais se veut aussi une réflexion philosophique sur l'identité et la vérité.

Sommaire

Synopsis [modifier]

Zazie, une jeune adolescente aux manières délurées, arrive de sa province berrichonne, impatiente de connaître le métro parisien. Son oncle Gabriel l'attend à la gare et, à la grande déception de Zazie, lui annonce que le métro est fermé pour cause de grève et la jette directement dans un taxi conduit par son ami Charles : direction le café Turandot, au-dessus duquel il vit. Là, Zazie fait la connaissance de Marceline, la femme de Gabriel, et de divers personnages du café : Turandot, le tenancier, Mado P'tits-Pieds, la serveuse... Le lendemain, Zazie s'enfuit avec l'intention de découvrir le métro et découvre le marché aux puces, en compagnie d'un étrange personnage qui la ramène chez Gabriel, qui se fait tour à tour passer pour un commerçant et pour un policier, et qui change de nom au fil de l'histoire (Pedro Surplus, puis Trouscaillon, Bertin Poirée et enfin Aroun Arachide).

Gabriel emmène ensuite Zazie découvrir la tour Eiffel. Aux pieds de celle-ci, Gabriel est embarqué par un groupe de touristes étrangers qui le prennent pour un guide. Zazie, accompagnée de Trouscaillon et d'une femme rencontrée par hasard (la veuve Mouaque), finit par retrouver son oncle. Ce dernier invite alors le groupe de touristes puis l'ensemble de ses amis à assister au numéro de « danseuse » dans le cabaret homosexuel pour lequel il travaille. Entre-temps, Charles déclare sa flamme à Mado, puis Trouscaillon essaie de violer Marceline, qui s'enfuit.

Durant la nuit qui suit le spectacle de Gabriel, les personnages finissent par dévoiler l'identité multiple et ambiguë de Trouscaillon et s'en vont manger dans un bar, que des forces armées, dirigées par Trouscaillon (alors nommé Aroun Arachide), encerclent. La veuve Mouaque meurt sous les balles, et les autres personnages s'enfuient par les souterrains puis par les conduits du métro grâce à Marceline (devenue Marcel), alors que Zazie s'est endormie dans les bras de Gabriel. Au petit matin, Zazie est rendue à sa mère et elle reprend le train sans avoir vu les couloirs du métro.

Commentaires [modifier]

Le projet de départ de Queneau était d'en faire un roman policier ; on en retrouve quelques traces, par exemple lors du faux interrogatoire de Gabriel par Trouscaillon.

Le sujet annoncé par le titre de l'ouvrage est prétendument le métro. En effet, le métro obsède Zazie, mais il est en grève lors de son séjour à Paris. La première question que peut se poser le lecteur est : Va-t-elle prendre le métro ?

Les aventures parisiennes de Zazie sont des épreuves qu'elle surmonte avec brio, protégée et guidée par son oncle Gabriel (cf. l'archange Gabriel, d'ailleurs devenu « archiguide » dans le roman). Elle pose nombre de questions, fouine partout, leur tend des pièges, etc. C'est une enfant terrible, sans complexe, sûre d'elle, qui ignore la politesse, etc. Elle incarne l'ingénuité d'une jeunesse qui a soif d'apprendre, et de comprendre ; quand les adultes prétendent que le monde est ordonné, elle ne se contente pas des apparences, mais préfère vérifier, et met à nu le désordre.

L'autre sujet récurrent concerne l'homosexualité supposée de Gabriel. Tout au long du roman, Zazie va demander à Gabriel s'il est homosexuel ou non (elle dit « hormosessuel »). Gabriel l'emmènera alors à l'un de ses spectacles pour qu'elle voie pourquoi les gens disent qu'il est homosexuel, alors qu'il ne l'est pas en réalité. Ceci suffira à Zazie pour croire son oncle. Cependant, à la fin du roman, on s'aperçoit que Gabriel semble bel et bien homosexuel puisque sa femme, Marceline, est alors désignée sous le nom de Marcel.

De nombreux autres thèmes sont représentés : le travail, l'amitié, le tourisme, l'argot, etc.

Pour le lecteur, l'intérêt semble d'abord de savoir si Zazie prendra le métro ou pas, thème a priori principal du roman, qui s'écrit donc autour d'une action bien mince et qui n'a pas vraiment lieu. Finalement, cette trame s'avère être un prétexte ou un enjeu bien secondaire puisque seul compte l'enchaînement d'actions extravagantes, et en grande partie hasardeuses, qui caractérisent la vie : on prévoit de prendre le métro, mais il y a grève et arrive alors tout ce qui ne pouvait pas être prévu. L'homosexualité de Gabriel est à nouveau remise en question au dernier chapitre, où Marceline serait un homme, celui qui ramène Zazie à la gare, c'est-à-dire Marcel : « — Tiens, dit Jeanne Lalochère : Marcel. »

Adaptation [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Pierre Brodin, Présences contemporaines, éd. Debresse, 1954, p. 335
  2. Fiche sur l'enregistrement de l'œuvre, sur cie-eve-levasseur.fr. Consulté le 19 juillet 2012.
  3. Détail du spectacle, sur chatelet-theatre.com. Consulté le 6 février 2012.

Voir aussi [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes [modifier]