Théâtre du Châtelet

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Théâtre du Châtelet

Description de cette image, également commentée ci-après

Le théâtre du Châtelet en 2008.

Type Salle de spectacles
Lieu Paris
Coordonnées 48° 51′ 28″ Nord 2° 20′ 47″ Est / 48.857803, 2.34626 ()
Architecte(s) Gabriel Davioud
Inauguration 19 avril 1862
Capacité 2010
Direction Jean-Luc Choplin
Site web www.chatelet-theatre.com

Le théâtre du Châtelet est un théâtre situé place du Châtelet dans le Ier arrondissement de Paris et inauguré en 1862 ; étant sous la direction de Jean-Luc Choplin depuis 2006, il programme aujourd'hui principalement des comédies musicales, des opéras, des concerts classiques, du jazz, des récitals et de la danse. Il accueille également depuis 2002 la cérémonie des César du cinéma. Le théâtre du Châtelet est membre de RESEO (Réseau européen pour la sensibilisation à l'opéra et à la danse).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le théâtre (vers 1875).

Le théâtre impérial du Châtelet est construit entre 1860 et 1862 par Gabriel Davioud à la demande du baron Haussmann, à la même époque que l'actuel théâtre de la Ville qui lui fait face de l'autre côté de la place du Châtelet. Il comptait alors 2 500 places et était utilisé pour des représentations théâtrales. Il est inauguré le 19 avril 1862, en présence de l'Impératrice, avec Rothomago de d'Ennery, Clairville et Monnier. Sur son plafond figurent neuf cartouches, chacun comportant l'un des mots suivants : danse, opéra, féerie, musique, drame, tragédie, comédie, vaudeville et pantomime.

Au début du XXe siècle, sa programmation s'ouvre à l'opérette, au ballet, à des concerts de musique classique et populaire, et même, pour un temps, à des projections cinématographiques.

La danse tient au XXe siècle une place particulière dans la programmation : le Châtelet accueille des compagnies internationales comme les Ballets russes de Sergei Diaghilev en 1909, avec notamment les danseurs Vaslav Nijinski, Anna Pavlova, Tamara Karsavina, Michel Fokine du ballet du théâtre Mariinsky. Il a vu la création le 22 mai 1911 du Martyre de saint Sébastien de Claude Debussy et Gabriele D'Annunzio (écrit pour Ida Rubinstein), de Petrouchka de Stravinski le 3 juin 1911, La Péri de Paul Dukas le 22 avril 1912, L'Après-midi d'un faune de Nijinski (sur la musique de Debussy) le 29 mai 1912, celle de Daphnis et Cholé de Ravel le 8 juin 1912 ou encore celle de Parade de Satie et Cocteau le 18 mai 1917.

Au pupitre, le théâtre accueille de nombreux compositeurs et chefs d'orchestre étrangers, comme Tchaïkovski, Mahler et Richard Strauss.

À partir de 1929, le théâtre du Châtelet va devenir le temple de l'opérette à grand spectacle sous la direction de Maurice Lehmann. De nombreux succès y vont être créés comme Nina Rosa (1931) avec André Baugé, L’Auberge du Cheval-Blanc (1948, 1953, 1960 et 1968), Valses de Vienne (1943, 1957, 1964 et 1974), Pour Don Carlos (1950) avec Georges Guétary, Le Chanteur de Mexico (1951) qui reste un millier de fois à l'affiche avec Luis Mariano et Rudy Hirigoyen, La Toison d'or (1954) avec André Dassary, Méditerranée (1956) avec Tino Rossi, Rose de Noël (1957) avec André Dassary, Le Secret de Marco Polo (1958) avec Luis Mariano, La Polka des lampions (1961) et Monsieur Carnaval (1965) avec Georges Guétary et Jean Richard. Maurice Lehmann fait appel à des compositeurs tels que Siegmund Romberg, Henri Christiné, Maurice Yvain, Pierre Petit, Francis Lopez, Henri Betti, Jean-Michel Damase, Gérard Calvi et Charles Aznavour. Son successeur, Marcel Lamy, ancien directeur de l'Opéra-Comique, produit les deux dernières opérettes de Luis Mariano, Le Prince de Madrid (1967) et La Caravelle d'or (1969). Après des moments incertains, le Châtelet se renouvelle avec le succès, pendant plus de 600 représentations, de Gipsy, dirigé par André Martial (1972) puis Volga (1976) de Francis Lopez avec José Todaro. Le théâtre reçoit également les concerts de Barbara dans les années 1980 et 1990.

La salle du Châtelet

En 1979, la direction est reprise par la Ville de Paris, propriétaire du bâtiment. Après une profonde rénovation, il rouvre en 1980 sous le nom de théâtre musical de Paris avec à sa tête Jean-Albert Cartier. L'opérette n'est pas oubliée et on y produit La Vie parisienne, La Veuve joyeuse, La Chauve-Souris et La Fille de madame Angot. Des saisons d'opéra s'y succèdent avec notamment des cycles Verdi, russe, Wagner avec des artistes de renommée internationale. L'acoustique est repensée en 1989, le rideau de scène est peint par Gérard Garouste, et la salle reprend le nom de théâtre du Châtelet.

Stéphane Lissner, son directeur de 1988 à 1999, fait de nouveau améliorer l'acoustique et la visibilité. Il renoue avec la tradition de création et d'innovation du début du vingtième siècle. Il fidélise des artistes, Patrice Chéreau, Pierre Boulez, Daniel Barenboïm, William Forsythe, Robert Wilson et des orchestres en résidence l'orchestre de Paris et l'orchestre philharmonique de Radio France (les deux formations s'installeront en septembre 2006 à la salle Pleyel). Le Philharmonia Orchestra, de Londres, y prend résidence chaque année depuis 1992.

Jean-Pierre Brossmann est nommé directeur en 1999. À son tour il fidélise des chefs, John Eliot Gardiner, Simon Rattle, Kent Nagano, des chanteurs, Jessye Norman, Thomas Hampson, Felicity Lott. Lors de la première saison, il présente Trois Sœurs de Peter Eötvös. En 2002, Jessye Norman interprète Erwartung de Arnold Schoenberg. En 2003, la production des Troyens de Berlioz est un évènement. Offenbach fait son retour au Châtelet dans deux nouvelles productions signées du duo Marc Minkowski-Laurent Pelly : La Belle Hélène et La Grande-duchesse de Gérolstein. Depuis 2002, le théâtre du Châtelet accueille les cérémonies de remise des César du cinéma.

À partir de 2006, la nouvelle direction de Jean-Luc Choplin s'ouvre avec une nouvelle production du Chanteur de Mexico, 55 ans après sa création.

Il met à l'honneur le musical américain et notamment le compositeur Stephen Sondheim dont les six représentations de A Little Night Music en février 2010 ont été données à guichet fermé. Jean-Luc Choplin fait appel à des artistes contemporains tels que le plasticien russe Oleg Kulik (Les Vêpres de le Vierge de Claudio Monteverdi, Le Messie de Haendel), le vidéaste Pierrick Sorin (La pietra del paragone de Gioacchino Rossini, Pastorale de Gérard Pesson et Pop'Pea, version pop de L'incoronazione di Poppea), le réalisateur David Cronenberg pour l'adaptation de son film La Mouche en opéra composé par Howard Shore, le metteur en scène Robert Wilson (La Passion selon saint Jean de Jean-Sébastien Bach).

Le Châtelet présente des créations d'œuvres originales : Monkey, Journey to the West de Damon Albarn, Bintou Wéré, un opéra du Sahel de Zé Manel Fortes, Koulsy Lamko et Wasis Diop, Le Verfügbar aux Enfers de Germaine Tillion. La salle accueille également des stars de la pop : Sting le 18 novembre 2008 (Songs from a Labyrinth sur des poèmes de John Dowland), Muse le 8 septembre 2009.

Jean-Luc Choplin crée en 2010 une nouvelle série de concerts : Concert Tôt, Concert Tea à destination des familles avec des œuvres de Beethoven, Duke Ellington, Igor Stravinsky, Mozart et des thématiques telles que le cirque, le tango, le Jazz Nouvelle-Orléans, le ballet classique et le baroque.

La salle a été le cadre du concert final de l'orchestre du Bolchoï à Paris, dans le film Le Concert avec Alexeï Gouskov et Mélanie Laurent.

Accès[modifier | modifier le code]

Le théâtre du Châtelet est accessible par les stations de métro Châtelet et Hôtel de Ville des lignes (M)(1)(4)(7)(11)(14). Il est aussi desservi par plusieurs lignes de bus (BUS) RATP 21 38 47 58 67 69 70 72 74 75 76 81 85 96.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Châtelet : 150 ans de la vie d'un théâtre de Sylvie de Nussac, éditions Assouline, 1995
  • (en) John Allison (direction), Great Opera Houses of the World, supplément à Opera, 2003
  • Les saisons russes au Théâtre du Châtelet de Marie-Noëlle Robert et Patricia Faivre, édition Magellan et Cie, 2004
  • Théâtre du Châtelet. Un festival permanent. (1999-2006) de Pierre Bergé et René Sirvin, photographies Marie-Noëlle Robert, Les Éditions Cercle d'Art, 2006
  • Connaissance des Arts, HS no 476, Le Châtelet théâtre musical de Paris, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]