Joaillerie

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Joaillerie française du XIXe siècle : parure de la famille d'Orléans (musée du Louvre).

La joaillerie est l'art de fabriquer des joyaux et, plus largement, des objets de parure mettant en valeur des pierres précieuses, des pierres fines, des pierres ornementales et des perles, en utilisant pour les montures des métaux précieux tels que l'or, l'argent le platine, voire le palladium.

Histoire de la joaillerie[modifier | modifier le code]

Le cardinal Mazarin, collectionneur et promoteur de l'art de la joaillerie au XVIIe siècle.

La joaillerie consiste à mettre en scène des pierres sur un support de métal précieux. Les objets réalisés prennent la forme de bagues (solitaires, alliances), colliers, pendentifs, boucles d'oreilles, diadèmes, couronnes et tout autre objet exigeant l'utilisation d'importante quantité de pierres : trône, statue, automate, œufs de Fabergé, etc.

En France, la joaillerie à proprement parler naît réellement sous le règne de Louis XIII[réf. nécessaire]. Le cardinal Mazarin en développe le goût, acquérant les plus beaux diamants de son temps et les faisant monter en bijoux. Il les lègue à la Couronne de France. Sous le roi Louis XIV, Mme de Montespan a la réputation d'avoir une parure de bijoux assortie à la couleur de chacune de ses robes[réf. nécessaire].

À cette époque les noms des grands orfèvres-joailliers du Roi sont bien connus : Claude Ballin (1615-1678), Claude Ballin (le Jeune) (1660-1754), Nicolas Delaunay (1646-1727), Philippe van Dievoet dit Vandive (1654-1738), Jean de Lens (1616-1684), François-Thomas Germain.

Personnages prestigieux, ces joailliers ou orfèvres du Roi sont d'ailleurs souvent anoblis[réf. nécessaire].

Techniques de la joaillerie[modifier | modifier le code]

La fabrication de la joaillerie repose sur le moulage, la déformation, le pliage, le limage, le sciage, et la soudure de pièces de métaux précieux ainsi que du sertissage de pierres précieuses, pierres fines et perles.

Moulage[modifier | modifier le code]

Les différentes étapes de la fonte à cire perdue.

Cette technique consiste à fabriquer un modèle en métal qui servira à réaliser un moule. Ce moule sera ensuite utilisé pour produire une ou plusieurs pièces. De la cire chaude est injectée dans le moule et les pièces en cire obtenues sont utilisées pour reproduire la pièce avec la technique de coulée à la cire perdue. Les pièces moulées sont ensuite polies soit par un procédé mécanique soit par un procédé chimique.

Bain d'acide[modifier | modifier le code]

Des acides sont utilisés pour enlever le borax, liquide employé pour la soudure. Pour ôter ce produit qui se cristallise, on utilise un mélange, le « déroché », composé d'une partie d'acide sulfurique pour neuf parties d'eau. On peut aussi employer un mélange d'eau et de sel à dérocher, tout aussi efficace mais moins nocif.

Le déroché permet aussi de désoxyder les bijoux après coulée du métal à cire perdue, après la soudure ou encore, après un « recuit » (le métal est chauffé au chalumeau pour redevenir plus malléable et facile à travailler).

Sertissage[modifier | modifier le code]

Le sertissage consiste à fixer une pierre précieuse ou fine sur une monture métallique, en déplaçant une partie de ce métal. Les techniques couramment utilisées pour le sertissage sont [1] :

  • Serti griffes : Les griffes sont des tiges en métal sortant de la monture, tiges que le sertisseur vient replier en ergots sur la pierre pour la fixer. C'est la technique qu'on utilise couramment sur les solitaires.
  • Serti grains : C'est un petit copeau de métal qui est poussé par une échoppe coupante qui le sort de la masse de métal (sans l'en désolidariser) du bijou, pour le rabattre sur le bord de la pierre. Ces grains maintiennent fermement la pierre, se comportant comme de minuscules griffes.
  • Serti clos : une mince plaque de métal précieux entoure le logement de la pierre. On replie la feuille sur tout le périmètre de la pierre, la solidarisant ainsi à la monture.
  • Serti rails : Les pierres sont glissées entre deux rails, cette technique est surtout utilisée pour les alliances.
  • Serti mystérieux ou invisible : Inventé par Van Cleef et Arpels, cette technique rend le métal totalement invisible.
  • Serti à brides ou serti Chirol : Inventé par Francis Chirol, un fil est placé entre deux pierres exerçant une pression latérale sur les deux pierres[2]; universellement connu pour les alliances, est également utilisé pour d'autres bijoux.
  • Serti "LS" : Nouvelle procédure de sertissage brevetée et déposée par la société Lyon Serti. Ce serti consiste à entourer la pierre d'un fin rebord de métal à l'aide d'un outil spécial. La trace laissée par cet outil dévoile un motif d'un brillant incomparable.

Les matériaux[modifier | modifier le code]

Pierres[modifier | modifier le code]

Les pierres utilisées en joaillerie, ou gemmes sont les pierres précieuses, les pierres fines et les pierres dures ou ornementales.

Les pierres précieuses sont le diamant, l'émeraude, le rubis et le saphir. Les pierres fines est un vaste ensemble de pierres qui ne sont pas considérées comme précieuses, mais ont une belle couleur et une belle transparence, les rendant aptes à l'usage en joaillerie. On les appelle également pierres semi-précieuses, bien que cette appellation soit interdite en bijouterie-joaillerie[réf. nécessaire]. Leur usage chez les plus grands joailliers se sont élargis depuis les années 1980, après de larges usages novateurs par Cartier dans les années 1940. Ce sont entre autres le Larimar, le topaze, le cristal de roche, l'améthyste, l'aigue marine, le péridot et la citrine.

Les pierres dures, également nommées pierres ornementales, les plus courantes sont le lapis-lazuli, la malachite et le quartz. Les pierres dures sont surtout utilisées dans des objets de joaillerie, en combinaison avec des pierres précieuses et/ou fines.

Alliages et Métaux[modifier | modifier le code]

On parle d'alliage en joaillerie pour l'or le platine et L'argent. Ces métaux précieux sont associés à d'autre métaux non précieux pour en modifier les couleurs et les caractéristiques. L'or fin soit l'or tel qu'il se trouve à l'état naturel est jaune si on y ajoute du nickel l'or devient blanc. La proportion utilisée est 75 % d'or et 25 % de nickel on parle d'or 750 ou or 18 carats. Selon les proportions d'alliage utilisées, on pourra faire varier la couleur du bijou [3]. Le nickel, qui est un allergène, est maintenant interdit et remplacé dans l'or blanc par un alliage de cuivre, de palladium et/ou d'argent. Le Platine est utilisé pur à 95 % on parle de platine 950.

  • Le titane. Certaines pièces de haute joaillerie sont aujourd'hui réalisées en titane. Les spécificités de ce matériau, rigidité et légèreté, sont utilisées pour produire des pièces des dimensions jamais vues, telles que des fleurs de 18 cm de diamètre ou de grands papillons, etc. Ces pièces en titane sont réalisées par coulage à la cire perdue, puis polies.

Usages commerciaux en joaillerie[modifier | modifier le code]

Les échanges entre lapidaires, diamantaires, joailliers, bijoutiers, sont basés sur le principe du « confié » : selon ce principe d'usage régulier, le diamantaire ou le lapidaire « confie » les pierres, dans de petits sachets aux plis toujours identiques, au joaillier. Il n'est demandé aucun reçu, signature, engagement ou caution. L'engagement est verbal[réf. nécessaire]. Une bande dessinée, Les Immortels, évoque cette relation de confiance et d'engagement sur la place diamantaire d'Anvers.

Cette pratique ne peut pas exister sans garde-fous. Une constante jurisprudence de la Cour de cassation, en France, fait de la non restitution, à première demande, d'un « confié », un abus de confiance, délit sanctionné par le droit pénal[réf. nécessaire].

Marketing de la joaillerie[modifier | modifier le code]

A l’époque de la standardisation, la haute joaillerie et horlogerie font figure d’exceptions. Ce qui crée la particularité de ce secteur, c’est avant tout sa dimension artisanale, c'est-à-dire une multitude de métiers rares où le travail manuel se met au service d’une conception sur mesure de pièces infiniment précieuses et la plupart du temps uniques. Ces créations exceptionnelles peuvent occuper un atelier pendant plusieurs milliers d’heures, et visent une clientèle très spécifique. Des procédés de fabrication presque jamais modifiés et des outils conçus il y a plusieurs siècles n’empêchent cependant pas la haute joaillerie et horlogerie d’évoluer afin de satisfaire au mieux les exigences de ses clients. Il est ainsi possible d’affirmer que la haute joaillerie est à la bijouterie ce que la haute couture est à la mode : il s’agit d’un monde à part, où ce n’est pas le prix qui fait la valeur d’une pièce, mais la création de la maison dont elle provient. Lionel Giraud, directeur artistique de la maison Chaumet jusqu'en 2011, affirme ainsi que « sa valeur ne repose pas sur un critère de prix, elle se définit plutôt comme une intention d’œuvre unique[4]. »

De ce fait, chaque grande maison de la place Vendôme possède sa propre identité stylistique, comme l’atteste Pierre Rainero, directeur de l’image et du patrimoine de la maison Cartier : « Un objet de la production est à la fois reconnaissable comme venant de la maison Cartier, et se doit en même temps d'être novateur. » C’est en effet sur ce point que se trouve le réel défi : rester fidèle à l'esprit de la marque, tout en sachant être créatif et évoluer, c'est-à-dire jouer entre tradition et modernité[5]. Aujourd’hui, si une création majeure peut encore nécessiter des milliers d’heures et durer jusqu’à un an, le rythme auquel les nouvelles collections sont lancées s’est cependant énormément accéléré au cours de ces dernières années.

En constatant cette augmentation du nombre de collections, on peut aussi observer un développement massif de stratégies de communication spécifiques à la haute joaillerie. En effet, la dimension marketing des maisons de luxe est à distinguer de la communication mise en place autour de simples bijoux, car la haute joaillerie ne se contente pas de vendre des matériaux précieux : elle y apporte aussi un savoir-faire qui les transforme et les sublime. On pourrait ainsi dire que c’est ce savoir-faire, davantage que l’objet en lui-même, qui est vendu par les maisons. De ce fait, la valeur de ces pièces uniques réside surtout dans l’identité des marques de la place Vendôme. Chez Cartier notamment, une création est signée du nom de la maison, et non de celui de l’artisan qui l’a conçu, car il s’agit d’une œuvre collective, et c’est aussi ce qui fait la singularité de la haute joaillerie[6].

On peut ainsi considérer que la dimension publicitaire n’est pas la plus importante, même si elle est aujourd’hui indispensable pour faire perdurer l’ « aura » de la marque. Dans la haute joaillerie, la communication passe cependant plutôt par la relation personnelle entre le vendeur et le client : c'est l'image du joaillier d’antan, à l’écoute, qui comprend et matérialise les attentes d'un client qui a le goût et la capacité de posséder une création sur-mesure. Les grandes maisons poussent ainsi toutes à la réalisation de pièces uniques et mettent en avant cette dimension artisanale comme autant d’arguments marketing. De plus, le côté émotionnel constitue aussi une valeur importante de la haute joaillerie. Pierre Rainero l’affirme en effet : « au-delà de la beauté des pierres, quand un artisan a passé jusqu'à deux mille heures sur une pièce, il se crée un attachement viscéral entre lui et le bijou qu'il crée[7]. » On confère alors une valeur symbolique à l’objet, transmise à la personne qui portera la pièce. La communication institutionnelle de la haute joaillerie et horlogerie s'adresse ainsi à une clientèle dont la demande est très particulière, et dont le souhait est d’acquérir quelque chose d'extraordinaire.

Joailliers célèbres[modifier | modifier le code]

Formations à la joaillerie[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

CAP « Art du bijou et du joyau »[modifier | modifier le code]

  • Lycée professionnel Amblard propose une formation en bijouterie, joaillerie, sertissage et (D.A.O, C.A.O et F.A.O).
  • Écoles BJOP, qui regroupent l'École Privée de la Bijouterie BJOP (École Professionnelle à temps plein), le CFA de la Bijouterie de Paris (Formation en alternance) et BJO FORMATION (Formation Professionnelle Continue), Paris.
  • Institut de bijouterie de Saumur (CFA de Saumur) de la Chambre de commerce et d'industrie de Maine-et-Loire, propose une formation complète en bijouterie, joaillerie et sertissage.
  • Lycée professionnel Jean-Guéhenno, Saint-Amand-Montrond.
  • Lycée professionnel Nicolas-Flamel, affilié à l'école Boulle ; Paris.
  • Lycée des métiers d'art de la SEPR, Lyon prépare au CAP, BMA et DMA.
  • Association pour la Formation et le Développement des Arts Plastiques (école privée), Paris.
  • Lycée professionnel Edgar-Faure, Morteau.
  • Lycée professionnel Charles-Péguy, Bordeaux.
  • Lycée professionnel Léonard-de-Vinci, Marseille.
  • Lycée professionnel Clément-de-Pemille, Graulhet.
  • Lycée professionnel des métiers d'arts Pasteur, Nice.

CAP « Artisan bijoutier et orfèvre »[modifier | modifier le code]

  • École TANE de bijouterie et d'orfèvrerie. Ploërmel (Morbihan) - CAP art et technique de la bijouterie.

Brevet des métiers d'art Bijou[modifier | modifier le code]

  • Lycée Amblard, Valence.
  • École Privée BJOP, Paris.
  • CFA de la Bijouterie, Paris.
  • Lycée Jean-Guéhenno, Saint-Amand-Montrond.
  • Lycée ESEA - École Boulle, Paris.
  • Lycée Nicolas-Flamel, Paris affilié à l'école Boulle pour le BMA (Brevet des métier d'art).
  • Lycée de la SEPR, Lyon.
  • CFA de la CCI de Maine-et-Loire - Établissement de formation de Saumur.
  • Section professionnelle du lycée polyvalent Edgar-Faure, Morteau.
  • Lycée des métiers d'art et de la mécanique de précision Pasteur, Nice.
  • Lycée Docteur Clément de Pémille, Graulhet.

Diplôme des métiers d'art Art du bijou et du joyau[modifier | modifier le code]

  • CFA de la bijouterie, Paris.
  • CFA de la CCI du Maine-et-Loire, Saumur.
  • Lycée ESEA - École Boulle, Paris.
  • École Privée BJOP, Paris.
  • Lycée de la SEPR, Lyon.
  • Lycée Jean Guéhénno, Saint-Amand-Montrond.

Autres formations[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs formations adaptées à ce métier. Elles préparent aux diplômes suivants :

  • CAP bijoutier option polissage ;
  • CAP arts du bijou et du joyau ;
  • CAP métaux précieux option bijouterie ;
  • CAP sertissage en haute joaillerie ;
  • CAP lapidaire option diamant et option pierres précieuses.

Pays francophones[modifier | modifier le code]

Pays non francophones[modifier | modifier le code]

  • Zeichenakademie Hanau, Berufs-, Berufsfach- und Fachschule für edelmetallgestaltende Berufe (Allemagne) [8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

  • Placide Boué, Traité d'orfèvrerie, bijouterie et joaillerie : contenant la description détaillée des caractères physiques et chimiques des métaux et des pierres précieuses qui constituent les matières premières de cette belle branche de l'industrie française, Chez Delaunay, Paris, 1832
  • Payl Lacroix et Ferdinand Séré, Le livre d'or des métiers : Histoire de l'orfèvrerie-joaillerie et des anciennes communautés et confréries d'orfèvres-joailliers de la France et de la Belgique, Séré, Paris, 1850, 216 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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