Sainte Geneviève

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Sainte Geneviève
Image illustrative de l'article Sainte Geneviève
Statue de sainte Geneviève par Pierre Hébert sur la façade de l'église Saint-Étienne-du-Mont
Sainte
Naissance 423
Nanterre
Décès 3 janvier 512  (à 89 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Fête 3 janvier, et le 26 novembre, date du « Miracle des ardents » par la Gendarmerie nationale
Saint patron de Paris et du diocèse de Nanterre, Gendarmerie nationale

Geneviève (née à Nanterre en 423, morte à Paris le 3 janvier 512[1] (ou en 502 selon d'autres sources) est une sainte française, patronne de la ville de Paris, du diocèse de Nanterre et des gendarmes. La forme issue du latin Genovefa est également employée et a donné le nom Génovéfain (religieux). Il s'agit de la latinisation du francique *kenowīfa ou *Kenuwefa, sur ken- « genre, race » (comme kin en anglais) et wīf « femme » (comme wife en anglais et Weib en allemand).

Histoire[modifier | modifier le code]

Vitrail de Sainte-Geneviève, Saint-Julien-du-Sault.

Fille unique de Severus, probablement un Franc romanisé[2], et de Géroncia d’origine grecque, elle aurait hérité en tant que fille unique de la charge de membre du conseil municipal (curia) détenue par son père[3],[4], charge qu’elle aurait exercée tout d’abord à Nanterre, puis à Paris après son installation dans cette ville chez une « marraine » influente[5],[3]. Elle se voue très jeune à Dieu et est très vite remarquée par saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes, qui passent par Nanterre en 429 (voir l’histoire de l’Église Saint-Germain-de-Charonne), à l'occasion de leur voyage vers la province romaine de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle). Elle mène une vie consacrée et ascétique, probablement dès ses seize ans.

Selon la tradition, lors du siège de Paris en 451, grâce à sa force de caractère, Geneviève, qui n’a que 28 ans, convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Elle encourage les Parisiens à résister à l’invasion par les paroles célèbres : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. » De fait, Attila épargnera Paris.

Une autre hypothèse controversée prétend qu'elle aurait averti l'envahisseur d'une épidémie de choléra sévissant dans la région. Enfin, par ses liens avec les Francs, intégrés au dispositif romain, elle aurait pu savoir qu'Attila voulait s'attaquer d'abord aux Wisigoths en Aquitaine, et ne voulait sans doute pas perdre du temps devant Paris. Dans tous les cas, le plus important était d'empêcher les Parisiens de risquer leur vie en fuyant.

En 465, elle s'oppose à Childéric Ier[6], qui met le siège de Paris, en parvenant à ravitailler plusieurs fois la ville, forçant alors le blocus.

Elle fait bâtir une église sur l'emplacement du tombeau de saint Denis, premier évêque de Lutèce.

Elle convainc également Clovis, dont elle a toujours été une partisane, de faire ériger une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le mons Lucotitius (qui porte aujourd'hui le nom de montagne Sainte-Geneviève), dans le Ve arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin. Elle meurt en 512, à l'âge de 89 ans, dans l'ermitage de Paris, et est enterrée dans cette même église aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples. L'église est d'abord confiée à des bénédictins, puis à des chanoines séculiers : c'est l'Abbaye Sainte-Geneviève de Paris, dont le clocher est encore visible dans l'enceinte du lycée Henri-IV (ce clocher est connu sous le nom de "Tour Clovis").

Sainte patronne de Paris et du diocèse de Nanterre, Geneviève est fêtée le 3 janvier. La Gendarmerie nationale[1], dont elle est également la sainte patronne, la fête, quant à elle, le 26 novembre, date du « Miracle des ardents »: en rapport avec l'intoxication par le seigle qui sévit à Paris en 1130[7],[8].

Elle a une homonyme, sainte Geneviève de Loqueffret qui est une sainte bretonne que l'on fête aussi le 3 janvier comme son illustre patronne.

Châsse de sainte Geneviève[modifier | modifier le code]

Châsse de sainte Geneviève.
Sarcophage.

Aujourd’hui, la châsse est honorée dans l’église Saint-Étienne-du-Mont, près du Panthéon.

Le tombeau de sainte Geneviève fut placé au départ auprès de celui de Clovis (on le suppose) dans la crypte de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, construite par le roi des Francs. La châsse fut évacuée sur Draveil lors de la première invasion des Normands. Elle y resta jusqu’en 853. Lors d’une nouvelle tentative des Normands pour prendre Paris, les habitants de la Cité allèrent chercher la châsse et les moines allèrent la porter aux points où le combat était le plus difficile. Cette action revigora le courage des combattants, et Paris ne fut pas pris.

Le 8 novembre 1793, la châsse de la sainte fut transportée à la Monnaie, et le Conseil Général de Paris, décida de brûler la nuit même, en place de Grève, le reliquaire ainsi que les reliques de la sainte qui s’y trouvaient[9],[1].

La nouvelle châsse contient quelques reliques (un avant-bras et quelques phalanges) qui avaient été envoyées dans d’autres sanctuaires avant la Révolution et qui ont ainsi pu être préservées des destructions[1].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Sainte Geneviève dans la série des Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg.

Jusqu'au XVIe siècle, Geneviève est représentée vêtue d'une robe de jeune fille noble, tenant à la main un cierge qu'un démon essaie d'éteindre (en souvenir de la construction de la première basilique de Saint-Denis, dont elle visitait le chantier, de nuit, avec ses compagnons). À la fin du XVe siècle, elle est représentée en jeune bergère entourée de moutons, peut-être par confusion avec Jeanne d'Arc et les représentations de vierges pastourelles.

Au XIXe siècle, Pierre Puvis de Chavannes consacre un cycle de peintures à l'enfance de Geneviève (1874) au Panthéon de Paris.

Le vendredi 3 janvier 1913, pour le 1400e anniversaire de sa mort, Charles Péguy écrit un poème intitulé La Tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d'Arc.

En 1928, Paul Landowski réalise une statue de sainte Geneviève pour le pont de la Tournelle, qui traverse la Seine à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Sainte Geneviève sur le site de l'aumônerie de la gendarmerie
  2. Joël Schmidt Sainte Geneviève, Perrin, 1999 (ISBN 978-226201348[à vérifier : isbn invalide]) ; Jeanine Hourcade Sainte Geneviève hier et aujourd’hui, Médiaspaul, 2005 p. 44 (ISBN 978-2712206901)
  3. a et b Kate Cooper The Fall of the Roman Household Cambridge University Press, 2007, (ISBN 978-0521884600) chap.1
  4. Michel Rouche, Bruno Dumézil (collectif) Le Bréviaire d'Alaric - Aux origines du Code civil PU Paris-Sorbonne, 2008 Cultures et civilisations médiévales p. 15 (ISBN 978-2-84050-606-5)
  5. Martin Heinzelmann, Joseph-Claude Poulin, Les vies anciennes de sainte Geneviève de Paris, Etudes critiques 1986.
  6. D'après Léon Fleuriot, Riothime, un Breton, fut roi des Bretons armoricains et des Francs durant le recul de Childéric. Les Armoricains auraient protégé Paris de l’assaut des Francs.
  7. http://sainte-genevieve.net/Pages_fr/miracles_fr.htm#1130; Miracle des ardents
  8. Courrier de Mantes : Sainte-Geneviève, patronne des gendarmes.
  9. Annales archéologiques, Édouard, Adolphe Napoléon Didron, tome 8, page 261, Paris, 1848.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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