Andécaves

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Andécaves
Image illustrative de l'article Andécaves
Carte des peuples gaulois de l'Ouest.

Ethnie Celtes
Langue(s) Gaulois
Religion Celtique
Villes principales Juliomagus (Angers)
Région actuelle Anjou (France)
Frontière Cénomans, Diablintes, Pictons, Redones, Vénètes, Turons

Les Andécaves ou Andégaves, parfois appelés aussi Andes sont un peuple gaulois, cités dans La Guerre des Gaules de Jules César. Il fit partie sous l'Empire de la Lyonnaise 3 °. Leur nom pourrait signifier Grands hérosGrands guerriers ou encore Grands champions. Le terme Andécavii n'est qu'une adaptation de la langue latine à un nom celte.

Ce peuple est situé à l'est des Namnètes, à l'ouest des Turones et au sud des Aulerques (Diablintes et Cénomans). Leur pays a formé depuis l'Anjou à qui ils ont donné leur nom, ainsi qu'à Angers, leur capitale, nommé d'abord Juliomagus, puis Andecavi.

Territoire[modifier | modifier le code]

Statère d’électrum “aux aigrettes” frappé par les Andécaves (région d'Angers. Date : Ier siècle avant J.-C. Description revers : Cheval androcéphale galopant à droite, conduit par un aurige étendant la main gauche ; vexillum devant le cheval et un personnage ailé replié sur lui-même entre les jambes du cheval. Description avers : tête à droite, la chevelure en deux rangées de mèches ; la première en bandeau sur la tempe et la seconde remontant et encadrant le motif en arc de cercle

Les limites du territoire des Andécaves peuvent être vaguement retracées, sans qu’elles puissent être certifiées. Les toponymes « Ingrandes » [N 1] et « Bazouges » [N 2] permettent d’en fixer les bornes présumées. Selon Provost, on peut ainsi suivre une ligne entre Ingrande et Candé. La question du Craonnais reste incertaine, certains font appartenir le territoire aux Namnètes, reculant les limites jusqu'à Segré et l’Oudon. Il est probable que ce territoire ait pu être totalement recouvert de forêts, formant une limite entre la cité andes et la cité namnète. Cependant, la question demeure, puisque les saints évangélisateurs de ce territoire seront des évêques angevins (saint Aubin, saint Mainboeuf)[1]. Au nord, la limite se trouvait vraisemblablement au-delà des limites départementales actuelles, comme l’indiqueraient les toponymes d'Ingrandes à Azé et Saint-Martin-du-Fouilloux, et ceux de Bazouges à Château-Gontier en Mayenne et Bazouges-sur-le-Loir en Sarthe. Les rivières de la Sarthe et du Loir semblent avoir joué le rôle de frontière[2]. À l’est, le toponyme d’Ingrandes-de-Touraine peut marquer la limite avec les Turons. De larges forêts jouaient vraisemblablement le rôle de frontière[2]. Au sud, le Layon aurait pu former la frontière avec les Pictons, mais Provost, s’appuyant sur l’évangélisation de Chalonnes par un évêque angevin, repousse un peu plus loin cette frontière[2]. Les Mauges ne faisaient en revanche pas partie du territoire des Andes, mais auraient appartenu au peuple des Ambiliates, peuple client des Pictons[3].

Population[modifier | modifier le code]

Lieux d’habitations[modifier | modifier le code]

Deux oppida sont généralement attestés : celui de Chênehutte et celui de la Ségourie, au Fief-Sauvin. En revanche, le chef-lieu des Andécaves n’est actuellement pas connu. Provost évoque l’hypothèse d’un oppidum des Andécaves à Frémur[Où ?][4].

La présence d'un oppidum andécaves sur le site du château d'Angers fut longtemps rejeté face au peu d'indices permettant d'étayer l'affirmation[4],[5]. Cependant, la campagne de fouilles préventives entre 1992 et 2003 a finalement pu démontrer l'existence d'une occupation à l'époque de La Tène finale (vers 80-70 av. J.-C.) jusqu'à la période augustéenne (10 av. J.-C.)[6]. La présence de mobiliers archéologiques, de vestiges d'un rempart à poutrages horizontaux et la découverte de voies délimitant des secteurs d'activités permettent d'envisager à nouveau l'hypothèse d'un oppidum sur le site du château[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

En se basant sur les quelques écrits mentionnant le nombres de guerriers de l’armée des Andécaves, Henry évalue la population mobilisable à environ 18 000 - 20 000 guerriers, ce qui correspondrait alors à 72 000 - 80 000 individus. Il double ensuite le chiffre par ajout des peuples non celtes présents sur le territoire pour arriver à une moyenne de 150 000 personnes vivant sur le territoire de la cité des Andécaves[7].

Organisation politique et militaire[modifier | modifier le code]

On ne connaît presque rien de l’organisation politique des Andécaves. Dumnacos est nommé « duce Andium », chef des Andes. Il est probable que le système politique soit un système oligarchique, comme il était admis à l’époque.

De par les textes disponibles sur la révolte de Dumnacos, on perçoit la tactique militaire des Andes. La force de l’armée était principalement constituée de cavaliers issus des familles nobles. Les fantassins, issus des classes plus modestes, ne jouent qu’un rôle d’appui aux cavaliers, étant de faible valeur militaire en agissant seuls[8].

Économie et commerce[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Guerre des Gaules[modifier | modifier le code]

En 52 av. J.-C., après la reddition de Vercingétorix, les Andecaves (ou Andes), sous la conduite de leur chef Dumnacos (ou Dumnacus), tentèrent de résister aux Romains. Avec l'aide des Carnutes il attaqua Limonum (Poitiers), mais y fut vaincu (BG, VIII, 28).
En effet, le chef des Andes, avec ses guerriers et les Pictons anti-Romains, assiégea Limonum défendu par le chef du parti de César, le lémovice Duratius. L’intervention des légats Caius Caninius et Caius Fabius obligea Dumnacos à lever le siège (voir Histoire de Poitiers). Poursuivi par les troupes romaines, après avoir franchit la rive droite de la Loire, il fut défait près des Ponts-de-Cé.

Pacification et acculturation[modifier | modifier le code]

Après la pacification définitive de la Gaule, les Andes se soulevèrent par deux fois contre l'autorité romaine, en 21 et 32. Les Andécaves vont peu à peu adopter le mode de vie romain. La cité de Juliomagus est fondée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. du celte *equoranda, signifiant limite d'eau. Ce toponyme indique une zone frontière de la cité des Andécaves.
  2. Le terme bazouges est une évolution du mot basilica désignant un lieu d’origine gallo-romaine, souvent implanté dans les zones frontières entre les peuples gaulois[Informations douteuses].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Provost, Carte archéologique de la Gaule – Le Maine-et-Loire, 1988, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, ISBN 2-87754-000-6, p. 28-30
  2. a, b et c Provost, op. cit. p. 30
  3. Bernard-M. Henry, L’Anjou dans les textes anciens – mille ans d’histoire celtique et gallo-romaine, Les Éditions du Choletais, 1978, p. 78
  4. a et b Henry, op. cit., p. 30
  5. Jean Mesqui, Le château d'Angers, 1988, Ouest-France, p. 3.
  6. a et b Bouvet, J.-P. et al., 2004. Un oppidum au château d'Angers (Maine-et-Loire). In Les marges de l'Armorique à l'âge du fer. Archéologie et histoire culture matérielle et sources écrites. Actes du 22e colloque de l'AFEAF Nantes 1999. Presses Universitaires de Rennes, p. 173-187.
  7. Henry, op. cit. p. 66-67
  8. Henry, op. cit. p. 65-66

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Celtes - Histoire et dictionnaires - Des origines à la Romanisation et au Christianisme, Venceslas Kruta, Ed. Robert Laffont
  • Dumnacos l'irréductible - La révolte des Gaulois d'Armorique, Jean-Louis Joubert, ed. petit pavé
  • La Guerre des Gaules, "Jules César", Ed. Poche
  • Annales, Aut. Tacite, Ed. Poche

Sites internet[modifier | modifier le code]