Capétiens

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Adhémar de Monteil à Antioche.jpeg

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Les Capétiens (appelés officiellement maison de France) sont une famille originaire des bords du Rhin, au sud de Mayence. Leur généalogie remonte à Robert († avant 764), comte de l'Oberrheingau et du Wormsgau, quadrisaïeul du roi des Francs Eudes Ier († 898). Les Capétiens forment la troisième dynastie française, après les Mérovingiens et les Carolingiens.

Le nom (non officiel mais d'usage courant) Capétiens vient du surnom du roi des Francs Hugues Ier, dit Hugues « Capet ». Les ancêtres de ce roi sont appelés les Robertiens, d'après le prénom du bisaïeul d'Hugues Capet, Robert le Fort († 866), marquis de Neustrie.

Avant Hugues Capet, deux membres de sa famille (Eudes Ier et Robert Ier) ont été rois des Francs, avec des règnes intercalés entre ceux des Carolingiens. À partir de l'élection et du sacre d'Hugues, en juillet 987, la famille dirigea la France sans interruption pendant huit siècles, jusqu'au 10 août 1792.

Cet article est consacré aux Capétiens directs qui ont régné de 987 à 1328.

Sommaire

[modifier] Les premiers capétiens

En 987, le duc des Francs Hugues Capet est élu roi au détriment du prétendant légitime Charles de Basse-Lorraine, oncle du défunt roi Louis V, grâce au soutien actif d'Adalbéron, l'archevêque de Reims. Son règne est marqué par la faiblesse du pouvoir royal face aux grands seigneurs. Hugues n'intervient jamais au sud du royaume. Son autorité est limitée au domaine royal, et à ses vassaux sur lesquels il exerce un pouvoir direct.

Vitrail représentant Suger.

Pour s'imposer face aux grands féodaux, Hugues Capet et ses successeurs disposent de plusieurs atouts. Tout d'abord, ils ne sont les vassaux de personne. Un proverbe dit que le roi est empereur en son royaume. Tous les grands doivent lui prêter hommage pour leurs possessions, y compris le duc de Normandie devenu roi d'Angleterre après 1066. Les Capétiens usent du droit féodal en appelant les grands vassaux à l'ost, le service militaire dû au seigneur, comme Louis VI en 1124 pour lutter contre l'empereur germanique qui menace de détruire Reims. Ils reprennent les fiefs sans héritier, en achètent d'autres, confisquent ceux des seigneurs félons. Ils reçoivent devant leur cour la plainte des vassaux contre leur seigneur. Les Capétiens parviennent aussi à établir une dynastie héréditaire. Les premiers capétiens prennent soin de faire élire et couronner leur fils aîné de leur vivant. Leur dernier roi à avoir été élu et couronné du vivant de son père est Philippe II Auguste. Après lui la légitimité dynastique est définitivement installée. Il faut souligner que les Capétiens ont la chance, en ces temps de forte mortalité infantile, d'avoir un fils aîné qui leur succède de 987 à 1314. Enfin, en affirmant le caractère sacré de la monarchie, les Capétiens affermissent leur pouvoir. C'est à l'appui du clergé qu'Hugues Capet doit en grande partie son élection en 987. Les premiers capétiens trouvent en ceux-ci des conseillers efficaces et fidèles. Le meilleur exemple est Suger, abbé de Saint-Denis qui conseille successivement Louis VI et son fils Louis VII. Mais, c'est surtout avec le sacre à Reims que les Capétiens acquièrent un caractère sacré. L'onction avec l'huile de la sainte Ampoule, don du Saint-Esprit lors du baptême de Clovis selon la légende, fait du roi un roi de droit divin qui ne tient son pouvoir que de Dieu. Depuis Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, on attribue aux Capétiens de pouvoirs de guérison miraculeuse par simple toucher des écrouelles.

[modifier] Les grands capétiens et l'unité territoriale

Philippe Auguste mène une lutte victorieuse pour abaisser la puissance des Plantagenêts et agrandir le domaine.

Louis VII, né en 1120 mort en 1180, contribue au prestige de la dynastie capétienne en participant à la seconde croisade. Il épouse Aliénor, la jeune héritière du duché d'Aquitaine. Mais il divorce en 1152, persuadé de l'infidélité de cette dernière. Elle épouse aussitôt Henri Plantagenêt, comte d'Anjou qui devient bientôt roi d'Angleterre. Ce dernier, à l'avènement de Philippe II Auguste en 1180, domine un tiers du royaume de France.

[modifier] Philippe Auguste

Article détaillé : Philippe II de France.

Philippe Auguste a comme objectif principal l'abaissement des Plantagenêt. Grâce à la mort de Richard Coeur de Lion le 6 avril 1199 lors du siège du château de Châlus, il fait la conquête entre 1202 et 1205 de la Normandie, du Maine, de l'Anjou, de la Touraine, du Nord du Poitou et de la Saintonge sur Jean sans Terre. En 1214, la victoire de Bouvines sur l'empereur du Saint-Empire et le comte de Flandre alliés au souverain anglais fait de Philippe Auguste le seigneur le plus puissant de tout le royaume et peut-être même d'Europe. Sur la route de Bouvines à Paris, la population salua vivement le roi vainqueur et Paris lui fit un accueil digne des triomphes de la Rome antique. C'est la première expression de « sentiment national » en France. Suite à ses triomphes et à ses gains de territoires, Philippe II hérite du surnom romain d'Auguste, c'est désormais Philippe Auguste. Son fils Louis VIII continue à agrandir le domaine royal en soumettant l'ensemble du Poitou de la Saintonge et une partie du Languedoc pris aux Cathares. Sous Louis IX, le Languedoc est définitivement annexé au royaume.

Sur le plan intérieur, Philippe Auguste collecte plus soigneusement les revenus du domaine royal. Il charge des fonctionnaires royaux, les baillis, d'administrer le domaine royal dans des circonscriptions appelées bailliages. Il vend des privilèges aux communes et aux métiers comme la guilde des marchands de l'eau à Paris. Ces ressources lui permettent de rétribuer des mercenaires et de construire des forteresses comme celle de Gisors. Il fait construire des nouveaux remparts autour de Paris, paver la ville et édifier la forteresse du palais du Louvre à l'extérieur de la ville où sont conservées les archives royales.

[modifier] Louis IX

Article détaillé : Louis IX de France.

Son petit-fils, Louis IX, signe enfin la paix avec les Plantagenêt. Il reste le modèle des grands administrateurs. Il multiplie les enquêtes pour connaître les requêtes de ses sujets et limiter les abus. La justice royale se développe au point qu'une institution spécialisée se détache de la curia regis, le parlement, une cour souveraine, spécialisée dans le domaine de la justice. Fait nouveau, le roi affirme le droit du roi de légiférer dans tout le royaume, y compris dans les grands fiefs quand l'intérêt commun l'exige. Il met en circulation une monnaie royale stable et fiable, le gros d'argent et décide que cette monnaie sera valable dans tout le royaume, même dans les principautés battant monnaie. Il reprend aussi la frappe de monnaie d'or. C'est le premier roi à pouvoir, il est vrai avec l'assentiment du pape, lever de temps à autre un impôt sur tous les roturiers, la taille. Louis IX a le souci de régner au-dessus de nobles. Il favorise tous les groupes qui peuvent faire contre-poids aux puissants qui le concurrencent. Il joue des évêques contre les féodaux, tout en laissant les élections épiscopales se dérouler librement. Il favorise les ordres mendiants contre les clunisiens et les cisterciens, les communes contre les seigneurs… Enfin, il place définitivement la monarchie au-dessus du bien commun. Ses légistes affirment que rien ne peut justifier la rébellion d'un vassal et qu'aucun évêque ne peut excommunier le roi.
Louis IX a été canonisé. Voilà pourquoi il est plus connu sous le nom de Saint Louis. Dans l'imagerie populaire, il garde l'image d'un roi sage et saint (en partie aussi car il racheta à l'empereur byzantin les reliques de la passion du Christ, ce qui fit de lui le roi le plus prestigieux de la chrétienté). Ses actions dans le domaine extérieur y contribuent. Il intervient à plusieurs reprises pour apaiser les querelles entre l'empereur germanique et le pape, le roi d'Angleterre et ses barons. Il se croise par deux fois. Il quitte le royaume pour six longues années, de 1248 à 1254, pour combattre les musulmans en Égypte où il est fait prisonnier puis entreprendre d'améliorer la défense des États latins d'Orient. La seconde fois, induit en erreur par son frère Charles d'Anjou, il fait le siège de Tunis où il meurt d'une épidémie dite de peste (et en réalité de dysenterie) en 1270.

[modifier] Philippe IV le Bel

Article détaillé : Philippe IV de France.

Philippe IV le Bel est le dernier des grands capétiens directs. Il règne de 1285 jusqu'en 1314. Philippe le Bel n'a que peu accru le domaine royal. Il est connu pour le rôle qu'il a joué dans la centralisation administrative du royaume. Il organise définitivement les parlements. Il crée la Chambre des comptes pour gérer les finances royales. Mais les finances royales presque entièrement limitées aux revenus du domaine royal ne suffisent pas aux ambitions du souverain d'un grand royaume. Comme il échoue à instaurer un impôt régulier, le budget de l'État fonctionne au moyen d'expédients : confiscation des biens des juifs, des marchands italiens, diminution du poids en métal précieux par rapport à leur valeur nominale des pièces frappées par le roi. Cette dernière mesure provoque une inflation qui annule les effets escomptés par la manipulation monétaire. Les difficultés financières sont aussi à l'origine de la première réunion de représentants des trois ordres ou états du clergé, de la noblesse et du tiers-état, c’est-à-dire de la bourgeoisie dans le but d'accorder des subsides supplémentaires à la monarchie. Ce type de réunion sera appelé plus tard états généraux.

Le 5 juin 1286, Édouard Ier, roi d'Angleterre rend hommage à Philippe le Bel. La scène a lieu dans une salle du palais royal en présence de la cour. Tiré des Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet

Les conseillers royaux sont de plus en plus des laïcs choisis aussi bien dans la France du Nord, comme Étienne de Mornay, que dans celle du Midi comme Guillaume de Nogaret. La faiblesse de l'armée explique en partie pourquoi Philippe le Bel préfère acheter des alliances que l'affrontement militaire. Mais Philippe le Bel est surtout connu pour son affrontement avec la papauté. Le pape Boniface VIII et le roi demandent toujours plus d'argent au clergé français, ce qui crée un conflit d'intérêt inévitable. La querelle rebondit sur des questions de souveraineté des rois sur leurs États et de pouvoir suprême des papes sur les clergé nationaux et les princes. Le pape est fait prisonnier le 7 septembre 1303. Délivré par ses partisans, il meurt quelques semaines plus tard. Ses successeurs s'installent à Avignon pour échapper aux troubles romains, mettant pour trois quarts de siècle, la papauté sous influence directe de la France. Enfin en 1307, Philippe le Bel fait arrêter et condamner les Templiers pour des motifs encore peu clairs. Quand il meurt en 1314, la monarchie capétienne semble consolidée et forte.

La lignée des Capétiens directs se termine pourtant rapidement par le règne successif de trois fils de Philippe IV. L'ainé, Louis X le Hutin mort prématurément, a un fils posthume, Jean Ier qui ne vécut que quelques jours. Sa fille de quatre ans est écartée du trône et le régent, son frère, devient alors roi sous le nom de Philippe V le Long. Lui-même meurt en laissant une fille écartée de la succession, et la couronne passe au troisième frère, Charles IV le Bel. Lorsqu'il meurt en 1328, c'est la première fois depuis l'élection d'Hugues Capet que le défunt roi n'a pas d'héritier mâle. Il semble que ce qui a été déterminant dans la mise à l'écart des héritières, c'est que le sacre est considéré presque comme l'équivalent de l'ordination et qu'aucune femme ne peut être ordonnée prêtre[1]. Seuls deux prétendants mâles sont en lice, Édouard III, roi d'Angleterre et petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle et Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel et petit fils de Philippe III le Hardi par son père Charles de Valois. L'assemblée des grands du royaume préfère Philippe car il est de France et plus mûr que son jeune rival anglais. La loi salique n'est pas du tout invoquée à ce moment. Le nouveau roi est sacré sous le nom de Philippe VI le 29 mai 1328. Cet évènement marque le début de la dynastie des Capétiens-Valois, branche collatérale des Capétiens directs.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

  1. Article de l'encyclopaedia universalis, les Capétiens, Jacques Le Goff

[modifier] Bibliographie

  • RIALS Stéphane.- Le miracle capétien.- Paris:Librairie Académique Perrin (coll. "Passé simple"), 1987.- ISBN
  • divers articles de l'encyclopaedia universalis, DVD, 2007
  • André Alba, l'âge classique, Hachette, 1959

[modifier] Liens externes

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