Colonne Morris

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Une colonne Morris, tableau de Jean Béraud, vers 1885.

Une colonne Morris est un élément du mobilier urbain initialement parisien, mais présent dans beaucoup de villes françaises. De forme cylindrique, elle sert principalement de support à la promotion des spectacles et des films. Si sa silhouette et son aspect général a peu évolué depuis sa création, des perfectionnements et des fonctions nouvelles sont apparus au cours du temps. Aujourd’hui, par exemple, elle peut être éclairée à la nuit tombée. Elle peut être rotative pour une meilleure exposition des affiches, et celles-ci sont fréquemment protégées des intempéries et des incivilités par un vitrage. L'espace qu'elle abrite en son sein est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage de la voirie, abriter des toilettes ou des téléphones publics.

Historique[modifier | modifier le code]

Les colonnes Morris doivent leur nom à l'imprimeur Gabriel Morris qui en a obtenu la concession à Paris, à des fins publicitaires, en 1868. Déjà en 1839, le préfet de la Seine Gabriel Delessert a fait ériger des colonnes à Paris pour servir de support à l'affichage municipal qui servaient aussi d'urinoir public[1]. Ces colonnes seront améliorées sous Napoléon III par le Service des promenades et plantations dirigé depuis 1854 par l’ingénieur Jean-Charles Alphand, mais leur double fonction provoque des critiques et elles disparaissent progressivement au profit du nouveau contrat d'exclusivité obtenu par Morris.

En Allemagne, l'invention est attribuée au Berlinois Ernst Litfaß (1816 - 1874) qui les introduit dès décembre 1854 afin de lutter contre l'affichage sauvage.

La surface d'affichage des Colonnes Morris est d'environ 4m²[2].

La Compagnie Fermière des Colonnes Morris a été rachetée en 1986 par la société JCDecaux, de l'homme d'affaires Jean-Claude Decaux : les colonnes Morris/JCDecaux sont présentes dans de nombreuses villes d'Europe.

Polémique autour de la destruction des colonnes[modifier | modifier le code]

La décision en 2006 du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, de détruire 223 colonnes Morris, au prétexte de « désencombrer l'espace public » a soulevé une violente polémique.
Les colonnes Morris sont devenues des objets emblématiques de l'image de Paris, au même titre que les fontaines Wallace et les entrées de métro d'Hector Guimard. Les détracteurs reprochent à la municipalité d'utiliser le prétexte du confort visuel pour masquer la nouvelle donne financière (11 M€) négociée avec le concessionnaire[3]. Les diverses associations de défense s'inquiètent de la disparition d'un support consacré aux arts du spectacle au profit de supports publicitaires plus rentables.

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Autres pays[modifier | modifier le code]

Les colonnes d'affichage existent également dans des pays autres que la France. Dans les pays de langue allemande, on parle de Litfaßsäule (« colonne Litfaß »). Il y en également beaucoup dans les rues de San Francisco.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=687 Notice sur le site Histoire-image.org.
  2. Surface d'affichage des colonnes.
  3. La société JCDecaux a racheté en 1986 La Compagnie Fermière des Colonnes Morris et fournit depuis lors les versions contemporaines de ce mobilier (toilettes rotatives, etc.).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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